De "plouc" à cheffe de parti : Marine Tondelier sans filtre | La Parole
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la société commente-t-elle davantage l'apparence des femmes que celle des hommes ?
- 0:40OuverteRéponse directe
Si vous deviez résumer votre vie en une phrase, que diriez-vous ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Que diriez-vous à la petite Marine ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment avez-vous géré les moqueries sur votre accent ?
- 2:33OuverteRéponse partielle
Comment l'accent du Pas-de-Calais peut-il susciter des moqueries ?
- 3:11FerméeRéponse directe
Avez-vous gommé votre accent pour votre carrière nationale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20Fait
« Mon premier mandat en 2014 c'était élu dans l'opposition au Rassemblement national à Élin Baumont. »
- 2:00Fait
« Celles et ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ce qui essaie. »
- 3:47Chiffre
« Les profs en France ont payé 40 % de moins que tous les autres fonctionnaires qui ont leur niveau de diplôme. »
- 4:16Chiffre
« Il y a plus d'un million de personnes qui travaillent dans l'éducation nationale. »
- 8:28Chiffre
« Il y a un français sur qu seul. un français sur qu c'est énorme. »
- 9:01Chiffre
« Il y a 7500 personnes âgées dans ce pays qui sont en situation de mort sociale qui n'existe plus pour personne. »
- 18:43Chiffre
« 10 % des émissions de CO2 au niveau mondial viennent des vêtements du textile. »
- 18:43Chiffre
« 45 % des gens qui achètent de l'Ultrafast Fashion jusqu'à 45 % regrettent leur achat. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On a une société qui pense que c'est OK toute la journée de faire des commentateurs sportifs sur les meufs exposées. Quand tu es une femme, tu te doutes tout le temps. Les hommes eux ne doute de rien. Voilà, je tends ce miroir à la société. Lâchez-nous la grappe. Marine Telier, merci de nous accueillir au siège des écologistes à Paris. Vous êtes une voix montante de l'écologie politique, mais aujourd'hui, au-delà de vos combats, nous souhaitons découvrir la femme derrière les convictions. Qui êtes-vous vraiment ? Marine Taudelier. Mais j'aimerais bien de savoir. Ce que je peux vous dire, c'est que je suis né, que j'ai grandi dans le bassin minier du pas de Calé, un endroit où le jour de sa naissance, vous n'avez encore rien fait, que déjà vous avez 5 ans d'espérance de
vie en moins qu'un Parisien. Mais je ne regrette rien parce que c'est là où j'ai tout appris, c'est là où où j'ai grandi, c'est là où je me suis forgée aussi dans l'adversité parce que mon premier mandat en 2014 c'était élu dans l'opposition au Rassemblement national à Élin Baumont. Je ne vous dis pas que ça a été simple, mais ces coups que j'ai pu prendre et face àquels j'ai dû tenir, finalement, ben on fait la femme politique que je suis aujourd'hui. Donc vous voyez comme je suis quelqu'un de très positif, je leur dis merci. Voilà pour toutes les horreurs qu'ils m'ont dites et qu'ils m'ont faites. Il pensaient me faire craquer mais en fait ils m'ont coaché et c'était gratuit. Si vous deviez résumer votre vie en une phrase, que diraz-vous ? Je dirais, c'est une phrase que j'ai sur
mon bureau à Élin Baumont. Celles et ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ce qui essaie. Voilà. Et ben ici, on essaie. Si vous aviez la possibilité de rencontrer la petite Marine, que lui direz-vous ? Je sais pas parce que j'étais quelqu'un d'hyper scolaire et donc il y a voilà, il y a un côté où j'étais très appliqué et voilà, je lui dirais c'était bien en fait, faut faire ça. Mais c'est vrai qu'après j'ai pas forcément eu confiance en moi dans ma vie en arrivant des nains à Lille puis à Paris quand j'ai commencé à faire la politique au niveau national. C'est c'est d'être vu comme une plou en fait. Voilà, ça je pense que ça va beaucoup construite aussi parce qu'au début vous sentez différente. Beaucoup de conseils voilà pour dire il faut que
tu fasses moins de blagues, faut que tu sois plus ceci, plus sobre et cetera que de toute manière je vais vous mettre à l'aise, je n'arrivais pas à suivre parce que je enfin un moment tu dis si c'est pour ressembler à tous ceux qui m'ennuient, peut-être que c'est pas ça que j'ai envie de faire et peut-être que si j'avais envie, j'arriverais pas à le faire. Donc évidemment que j'ai travaillé euh j'ai travaillé des choses, ça fait partie de de de mon travail de femme politique. Mais tous les conseils que je n'ai pas suivi en gardant des choses qu'on me disait de lycée, c'est ce que les gens aujourd'hui dans la rue me disent. Ça, on adore, ne changez pas. Donc voilà, les meilleurs conseils, ils viennent de la rue. En arrivant à Hippocana à Lille, vous avez découvert que votre accent du pas
de Cala pouvait suscéder des des moqueries. Alors, concrètement, c'est comment l'accent du pas de Calais ? Bah alors, Marie, on se détend. Ah, qu'est-ce que c'est que cette question encore ? Bah encore, et qu voulez que je parle de quoi alors ? Comment justement vous avez fait en sorte de gommer cet accent pour tant qu' est si joli et que vous que vous auriez pu conserver encore aujourd'hui ? Non mais c'est Ah bah je l'ai encore. Alors ne vous inquiétez pas pour moi là-dessus. Il suffit de me mettre dans mon écosystème naturel avec avec ma sœur, on écrase quand on parle. On était là. Ouais ouais. Ah et tout le weekend et quand je revenais le lundi, j'étais retourné en mode 200 % et c'était c'était Ouais. Mais vous l'avez gommé quelque peu, c'est-à-dire on on
vous a dit euh lorsque vous avez pris une dimension nationale de faire attention que l'accent soit pas trop prononcé. Jamais. Ah non. Bah non parce qu'en fait ça les yeux dans les yeux Marine. Non mais un accent ça se commande pas en fait. Là tu vois je je parle avec toi, j'ai pas forcément l'accent mais dès que je retourne à je l'ai. Mais c'est un truc comme ça. C'est ça se maîtrise pas. Vous aviez des rêves de de petites filles. Je parle pas de militante vraiment de petite fille. Et ben oui, je voulais être prof et d'ailleurs ce que j'adorais faire à l'école, c'est quand la maîtresse disait "Bah tiens, toi tu vas expliquer ça à un tel." Et moi, je sais que j'adorer faire ça. J'avais l'impression d'être utile et et c'était vraiment ça que j'avais envie
de faire. Mais du coup, j'en profite euh parce que je je vois aujourd'hui euh à quel point les profs, c'est une profession qui est dure. Les profs en France ont payé 40 % de moins que tous les autres fonctionnaires qui ont leur niveau de diplôme. Des classes seront sont plus chargées en France que dans la plupart des pays d'Europe. Et en fait à la fin l'éducation ça touche beaucoup de monde parce qu'il y a il y a plus d'un million de personnes qui travaillent dans l'éducation nationale. On est en train de laisser sombrer une institution qui est quelque chose qui relie tout le monde. Et je le dis, les enfants c'est hyper important. J'en parle dans le livre. Je pense que derrière chaque adulte qui va pas bien, il y a aussi un enfant qui a pas été bien en réalité et
qu'on prend pas ses soins des enfants dans cette société. Et donc, je pense qu'on doit plus s'adresser aux enfants et je leur dis aux parents, amenez vos enfants en réunion publique et laissez-les parler. Ils ont parfois des idées bien meilleures que les adultes. Que reste-t-il aujourd'hui de l'enfant en vous ? Le rire, je m'en suis un peu rendu compte. Ah voilà. L'humour c'est cohérent. Moi, j'étais plutôt timide. Ouais. Et c'est vrai que quand les gens disent aujourd'hui euh tu es tu es tu es drôle, tu es extraverti, je n'ai pas du tout toujours été comme ça. J'étais plutôt quelqu'un de timide euh qui qui analysait qui euh voilà. Enfin, c'est c'est vrai que le sens de l'humour est venu au fur et à mesure déjà euh avec mon frère et ma sœur parce que je suis
l'aînée de trois et c'est vrai qu'à table, c'était le festival de la vanne tous les midis et tous les soirs. Donc je pense que ça m'a créé un peu de réparti. L'humour était une façon aussi lorsque vous étiez petite d'attirer un peu l'attention. Ouais, mais je suis pas sûre je suis pas sûre que je faisais ça. Mon fils fait ça et il fait bien. Très très drôle. Joseph, on en parlera peut-être mais mais moi je je pense pas enfin faudrait demander à mes parents mais je pense pas que je faisais ça. Et vous savez pourquoi vous étiez si timide à cette époque-là ? Est-ce que vous avez le recul suffisant aujourd'hui pour peut-être nous partager une sorte d'analyse sur cette je suis sur un canapé mais je savais pas qu'on faisait ma psychanalyse. Non non, j'en sais rien
mais je pense que j'étais sérieuse que moi j'étais beaucoup dans les livres. Voilà, j'aimais beaucoup le contact de l'autre mais voyez, si j'arrive à un endroit où je connaissais personne, j'allais plutôt attendre un petit peu quelqu'un vienne me voir. J'étais pas dans le contact permanent. C'est pas quelque chose que je savais faire. Quel héritage moral ou quelle valeur essentielle vous ont légué vos parents ? Très petite, il y avait le truc du rapport à la nature et de la santé. Euh moi, j'ai un papa qui est voilà qui est qui est médecin euh généraliste mais qui est qui fait de l'homéopathie, qui fait de l'ostéopathie, qui fait de l'acupuncture et et qui surtout avait un jardin. C'était manger les légumes du jardin. C'était euh vous savez, on avait très très tôt par rapport à d'autres
familles en France le en fait, on prenait l'eau de pluie et il y avait un un osmose en fait pour pouvoir boire avoir à côté du robinet d'eau du réseau avoir un robinet d'eau potable en fait qu'on qu'on récupérait et qu'on pouvait boire. le compost et le recyclage, tout ça. Enfin, moi je sais quand j'étais petite, je gardais à la fin de l'année, vous savez, vous vous triez un peu toutes les feuilles, les trucs qui traînent et moi et j'étais abonnée à plein de magazines, le mon quotidien, vous savez le quotidien pour les enfants, j'avais des différentes revues que j'avais et donc à un moment bah faut faire le tri et je voulais jamais le mettre dans la dans dans les poubelles normales et je disais mais on peut pas le recycler. Donc ma mère avait trouvé qu'à la déchetterie, il y avait une benù
on pouvait apporter les papiers et donc une fois par an, j'allais apporté tous mes papiers et je sais que quand j'étais étudiante dans les soirées, vous savez ça bois tac tac tac, il y a des et à la fin tu vois toujours des gens qui sortent de ta poubelle, ils mettent tout dedans et moi je suis là qu'est-ce que vous faites ? J'interviens. Ça me faisait mal en fait de voir des bouteilles en verre partir dans une poubelle pas de verre ça m'abîmait et donc j'allais récupérer les les trucs pour les mettre en sortant. Ça voilà, c'est un truc que j'ai vraiment de l'enfance. Quel souvenirs d'enfance souhaitez-vous revivre si vous aviez la possibilité ? Moi, c'était les vacances à Ber, c'était avec ma grand-mère. On allait se faire du trampoline là sur sur la plage 15
jours les 15 premiers jours de toutes les vacances scolaires de toute mon enfance. J'ai perdu ma grand-mère en début d'année. C'est vrai que c'est un souvenir pour mon frère et moi qui reste très marquant. Et en plus ma grand-mère c'était bon c'était l'ancienne époque et donc notamment elle nous l'avait dans une bassine dans le jardin. Non pas parce qu'il y avait pas de douche mais parce qu'il fallait pas abîmer la tuyauterie notamment avec du sable qui quelques grand de sable qui seraiit resté sur nous et donc jusqu'à 10 ans se lavait dans une sorte de bassine et elle avec l'arrosoir et à 10 ans c'est pas qu'elle trouvait qu'il fallait prendre une douche et que elle disait qu'on rentrait plus dans la dans la bassine ce qui était vrai. Donc donc voilà c'est
des souvenirs d'une enfance heureuse. Beaucoup d'amour dans cette famille et je les en remercie. Je sais que tous les enfants n'ont pas cette chance et je le dis aussi euh aujourd'hui ça fait partie des raisons pour lesquelles je me bats pour le droit aux vacances pour tous par exemple. Vous en parlez, vous l'évoquez justement dans votre livre et vous vous notez même et vous appelez ceci une épidémie de solitude. Absolument. Donc si on parle de solitude plus comme on en parle pas dans leur solitude, ils sont encore plus seuls parce qu'ils n'existent pas. Et oui et quand vous avez euh personnellement justement euh pris conscience euh de l'ampleur Moi, j'ai eu un moment euh je sais plus si c'était quand j'étais au lycée ou au début de mes études, il y a une année où
ça n'allait pas du tout, je me sentais très seule alors que je ne l'étais pas. Euh mais j'ai j'ai connu cette vague mais comme je pense tous les tous les ados hein, j'ai vraiment il y a un une année, ça n'allait pas du tout. J'avais tout le temps envie de pleurer. Je sans sans raison en plus tu dis mais pourquoi ? C'était peut-être les les hormones de l'adolescent, j'en sais rien. Mais j'étais très déstabilisée et j'ai j'ai connu une solitude profonde et et après je suis passé à autre chose. J'ai trouvé la ressource comme plein de gens pour passer à autre chose. Et je me suis toujours dit "Mais il y a des gens qui connaissent ça cet état-là toute leur vie et dont tout le monde se fout et qui n'ont pas la capitale le capital social, économique culturel pour pour s'extraire
de ça. Il y a un français sur qu seul. un français sur qu c'est énorme. Et la solitude, c'est pas juste désagréable ou ou qu'on est un peu triste. La solitude, c'est un problème de santé publique. C'est l'équivalent pour la santé de 15 cigarettes par jour. Ça a des conséquences physiques, psychiques. Et il y a un rapport là du petit frère des des petits frères des pauvres qui est sorti avant-hier qui dit qu'il y a 7500 personnes âgées dans ce pays qui sont en situation de mort sociale qui n'existe plus pour personne à part peut-être pour le CCAS ou pour leur caisse de retraite. Enfin, c'est triste en fait, c'est désarmant. et on en parle jamais alors qu'il y a des pays comme le Royaume-Uni ou comme le Japon qui ont mis en place des ministères de la solitude avec des
plans vraiment euh précis sur le sujet. Donc moi, je veux aujourd'hui qu'on ait des mozards de l'empathie au gouvernement et réhabiliter l'amour, la tendresse des euh des des voilà des choses de base en fait du du rapport à l'autre. Plus jeune, vous êtes allé au catéchisme. Alors là, on va vraiment arriver dans le profond. Mais oui, mais c'est ça, c'est ça c'est ça aussi qui est intéressant puisque justement ça va nous donner euh peut-être une autre image de Marine Tolier. Euh qu'est-ce que cette expérience vous a apporté à l'époque ? Alors moi je je raconte dans le livre, il y a un truc qui m'a traumatisé, c'est ma première séance de catéchisme qu'on m'avait beaucoup allé on m'avait beaucoup dit donc est-ce que vous connaissez Jésus ? Donc bon, il y en a qui connaissaient, il y en a qui
connaissaient pas. Puis elle dis bah c'est simple Jésus c'est quelqu'un qui est toujours dans un coin de la pièce vous le voyez pas mais lui toute la journée il vous regarde et moi je me rappelle de voir on était quatre ou cinq enfants et tout le monde était comme ça. Donc là vous voulez dire que ça fait des années que ce mec est dans un coin de la pièce et nous regarde et que personne ne nous avait prévenu. Et je pense tous les enfants pensaient à toutes les bêtises que ça avait pu faire en cachette en disant "OK bah ça aurait été bien de nous prévenir peut-être avant ce jour". Et il y avait un côté ça avait jeté un froid et je me rappelle elle nous avait regardé, elle a dit ça fait froid dans le dos hein et tout. Bon ça c'était la première coup un petit
coup de pression et cette expérience vous a apporté quoi ? Bah alors moi c'est vrai que du coup ce que j'aimais bien en catéchisme c'est qu'on parlait de valeurs que j'aime bien l'amour, l'empathie, la tendresse, prendre soin de l'autre. Et je me rappelle que dans des repas de famille où j'entendais un membre de la famille comme ça arrive dans beaucoup de familles en France dire des horreurs sur l'immigration et cetera. Moi du haut de mes je sais pas jeis avoir 7 ou 8 ans, j'intervenu en discussion pour dire mais en fait tu vas à la messe et au catéchisme on nous a dit qu'il fallait aimer son prochain et euh qu'il fallait que chaque homme était mon frère et que et donc je en fait je ne comprenais pas qu'on puisse être euh aller à la messe dans la religion et tenir des propos
comme ça. Je pense que je suis un peu devenu de gauche au catéchisme. Voilà, j'ai peut-être été avec les bonnes personnes parce que je je vois que ça n'arrive pas tout le monde. Et ce lien avec la religion, est-ce que c'est quelque chose que vous avez conservé ou que vous avez fait évoluer depuis ? Bah ça me regarde ça. Ça me regarde. Bah ouais, mais je le dis parce que je suis pour la laïcité aussi. Donc en fait je respecte toutes les religions et je respecte aussi c de ceux qui ne croient pas. Et je pense qu'il faut pas enfin voilà c'est je pense que ça me regarde. Mais écoutez, c'est très bien. Si si ça et cœur sur tout le monde, faites exactement ce que vous voulez. Montrez-moi le cœur. Cœur. Non mais ce que je ne comprends pas, c'est les gens qui au nom de la religion
se battent, se cherchent des pou, décident que la leure est meilleure qu'une autre. Ça, je n'ai jamais compris. Marine Tourelier, je vous tends le miroir de la parole. Absolument. Ça me fait penser à Blanche-Neige. Exactement. Mais vous n'avez rien d'une sorcière. Ah bah merci. Ben je vous rassure tout de suite. Je sais pas si tout le monde pense ça, mais merci de me le dire, ça me fait plaisir. Que voyez-vous aujourd'hui en vous regardant ? Qu'attendez-vous de moi sur cette question ? Une réponse, c'est déjà c'est déjà pas mal. Non mais que que voyez-vous là tout de suite ? Vous vous regardez ? Que voyez-vous ? Voilà votre première impression vous regardant. Donc je suis une femme jeune écologiste et du pas de calé donc je vois tout ce qui ne va pas. Voilà comme toutes les femmes.
Ah non ça tombe bien. Alors qu'est-ce qui ne va pas chez Marine Pendel parce que beaucoup peuvent s'identifier à ce que vous dites surtout quand on est une femme et pas que je continue à me regarder. Je regarde où alors qu'est-ce qui ne va pas ? Je vais pas me regarder. Voilà je vais je vais le mettre comme ça. C'est agréable. Vous trouvez ça agréable ? Ouais c'est pas mal. C'est un homme. Non mais même si j'étais pas un homme, je trouve que c'est je peux voir je peux voir des côtés positifs. Non mais par exemple, je vois de la certitude. Je vais vous faire l'exercice masculin. Ce que je vois là, c'est vraiment de la certitude. C'est de la confiance et et je voilà, je je comprends pourquoi les gens votent pour moi vraiment quand je me regarde et voilà, je suis beau, je suis fort, je
suis intelligent, j'ai fait les bonnes études, j'ai le bon costard et vraiment voilà, les Français n'attendent que moi. Donc tu vois, je vais pas faire ça, c'est ridicule. Alors justement, justement, qu'est-ce qui ne va pas chez vous ? déposer et le déteste donc qu'est-ce qui ne va pas ? Non mais je pense qu'une femme elle est toujours un peu complexée parce que la société est organisée de manière par quoi ou de quoi ? Ben tu vois par exemple il y a un truc assez intéressant que je raconte dans le livre c'est que donc il y a l'histoire de la veste de la veste verte et quand j'ai commencé à la mettre les gens étaient là mais pourquoi elle a toujours la même veste ? Alors si je la mettais pas bah pourquoi il l'a pas ? Si je la mettais ah bah il l'a encore mise. Et en
fait en tant que nana il y a juste un truc à retenir c'est que ça ne va jamais. Donc tu es trop grosse trop mince trop jeune trop vieille. Tes cheveux ça va pas, ton maquillage ça va pas, tu parles trop vite ou trop lentement. C'est des c'est permanent sur les femmes. On a une société qui qui pense que c'est OK toute la journée de faire les commentateurs sportifs sur les meufs exposées et les hommes, que ce soit politique, en cinéma, en sport ont beaucoup moins de commentaires. Quand tu es une femme, tu doutes tout le temps. Les hommes eux ne doutent de rien. Et moi, ça me préoccupe plus les gens qui doutent de rien parce que du coup, c'est dangereux pour la société. Et et je le constate que Pauline Fervant Prévot qui a gagné là le Tour de France femme, elle
s'est pris toute une polémique sur son poids alors que les mecs qui s'assèchent avant de faire une compétition, c'est ça fait partie de l'entraînement, personne ne leur dit rien. Euh et telle femme qui avait un décolleté trop profond euh et tel autre c'est tout le temps. Donc lâchez-nous la grappe. Voilà. Et sinon, on tend voilà, je tends ce miroir à la société. Lâchez-nous la grappe. Marine, pourquoi parlez-vous aussi vite ? C'est c'est la même réflexion que vos grand-mères que vos grand-mères peuvent vous faire aussi vite parce que je pense vite et que je cours aussi après mes pensées. Il y a un truc comme ça qui s'enchaîne tac tac tac tac tac. Mais c'est c'est c'est compliqué à vous suivre. Non mais c'est une question de tempérament aussi un peu. Vous vous rendez pas compte,
vous arrivez, la caméra s'allume, on vous dit tu as 3 minutes, faut dire ça, ça. Puis en sortant, on dira aussi que tu as oublié de dire ça et ça. Et en voulant bien faire et donc trop faire en fait je faisais pas bien. Et quand j'ai pris conscience qu'en fait ça nuisait à la capacité même de certaines personnes de comprendre ce que je racontais, c'était un problème. Je pense que je m'adapte un peu au public aussi et normalement j'ai appris à ralentir. Alors comment justement hier à cet à vous, vous avez appris à on m'a dit que j'avais parlé à la bonne vitesse. Je me pose, je respire, je me dis que tout va bien et qu'on n'est pas pressé et que si on en dit moins et ben peut-être on dira mieux et ça ira aussi et on respire. Dernière question avec le miroir que
vous allez reprendre. Absolument. Mais oui, c'est une torture. Vous allez vous allez vous poser une question qu'aucun journaliste ne vous a jamais posé. Marine Tourel, je te demande comment ça va. Voilà. Marine Tourelier, comment ça va ? Faut demander aux gens comment ils vont. Marine Tourelier, comment ça va ? Ben moi ça va là. Je suis très contente que vous me posiez cette question parce que personne me la pose jamais et je pense qu'il faut demander aux gens comment ils vont. Vo vous comment allez-vous ? Ah non, ça va parce que je fais en sorte que ça aille. Comment vous faites en sorte pour que ça aille ? Ça se joue au mental, c'est-à-dire mais non mais donnez-nous un petit donnez-nous un petit peu vos astuces. J'ai décidé un jour d'être radicalement positive et optimiste. Et
même si je suis très inquiète par à peu près tout ce qui m'entoure, la vie politique est dure mais la vie socialement est dure, économiquement c'est dure. Entre les commerçants qui sont inquiets pour leur magasins, ceux qui savent pas s'ils pourront remplir leur cadit la semaine d'après et comment payer le loyer et des jeunes qui disent "Mais est-ce que la planète sera encore habitable quand j'auraiis 30 ans ? Est-ce que j'auraiis mon parcours sup ?" Enfin, c'est dur tout le temps. Et en fait, ça c'est notre travail de politique de faire mieux. Mais vu ce que je vois au gouvernement, ça va pas être tout de suite. Donc en fait, on doit trouver la ressource à la fin aussi en nous. Et pour être une femme ou un homme politique aujourd'hui, il faut être vraiment faut être vraiment mazo. Le
le truc qui me terrorise de plus, vous parlez des peurs tout à l'heure, c'est ce moment où tout le monde aurait baissé les bras, la grande résignation générale. Le le fait d'être en action, de s'engager pour moi est un moteur très puissant. Ça ça aide à trouver tout ça supportable parce qu'on essaie de le changer et donc on est en mouvement et ça j'explique dans le livre aussi à quel point le mouvement est le meilleur moment moyen de combattre aussi l'anxiété. Et est-ce que c'est compliqué pour Marine Tourelier de porter un prénom devenir un symbole politique ? Quel enfer de s'appeler Marine ? Dédicace à toutes les Marines. Alors d'ailleurs Marine Le Pen s'appelle Marion Anne Pine, c'est pas son son vrai prénom Marine. Et puis un jour elle débarque à Ain Baumont et donc tout le
monde disait Marine à Baumonton et là c'était très très déstabilisant, très déroutant. Il y avait aussi cette chanson de Diams Marine, je me rappelle dans les soirées parce que oui, j'étais dans les soirées à l'époque où on chantait Diams. Ça ne me rajunit pas. Je me rappelle de tout le monde qui chantait Marine et et c'est 17 fois dans la chanson le prénom Marine où c'était très long. Et j'ai été interrogée il y a pas longtemps par une journaliste qui s'appelle Marine aussi qui fait un podcast que de gens qui s'appellent Marine pour leur demander qu'est-ce que ça leur fait de s'appeler Marine ? Bref, complicated mais parce que Marine Le Pen avait décidé d'insister plutôt sur ses sep chats qu'elle faisait des pétuniaas là dans Ambition Intime. On avait vu que
c'est Pétunia et il fallait tout lisser pour essayer de camoufler cet cet atrissage voilà de d'un parti créé par des vafun SS quand même faut faut le rappeler. Et du coup bah elle a privatisé ce prénom, elle se l' appropriée genre exclusivité Marine c'est moi. Et donc du coup bah voilà il y a une autre Marine, il y avait une autre Marine à Bomon. Il y a une autre marine maintenant au niveau national et elle va faire avec. Je vais essayer de réhabiliter ce prénom. Alors, votre veste verte est devenue un vrai symbole. Quand vous la portez, pensez-vous qu'on vous écoute davantage pour vos idées ou pour votre image ? En fait, pendant longtemps, je me bats contre ça et je commence à y arriver. Mais en fait, tu pouvais faire une émission complète sans qu'on te pose
aucune question sur l'écologie ce matin, par exemple. Mais tu as vu, j'en parle quand même. Bon bah là, c'est pareil. Et donc la veste verte a un avantage, c'est que même si on ne t'interroge pas sur l'environnement, il y a déjà le verre. Ça c'est une première chose très importante. Et à ce en ce moment, on parle beaucoup d'ultrafast fashion de de fringues et tout ça. C'est 10 % de pollution au niveau 10 % des émissions de CO2 au niveau mondial viennent des vêtements du textile et on a tous un/ers de nos vêtements en moyenne dans nos armoires que l'on met jamais. Et 45 % des gens qui achètent de l'Ultrafast Fashion jusqu'à 45 % regrettent leur achat. Donc s'habiller tous les jours pareil, c'est quand même bon pour la planète. C'est bon pour une femme qui de toute façon va toujours se faire
embrouiller sur fring. Donc arrêtez de réfléchir. Ça permet de se concentrer. On gagne du temps et c'est voilà c'est c'est c'est bon aussi pour votre budget. Les gens qui vont en compte dans la rue ont besoin d'avoir un contact avec cette veste verte. Alors racontez-nous une anecdote. Jamais raconter à qui que ce soit quelque chose d'un peu croustillant. Oui. Oui. Croustillant. Ah non mais oui. Ah croustillant c'est une façon de parler. m'a fait rire, c'est un jour j' arrivais dans la cuisine et mon fils avait avait mis ma veste qu'elle traînait qui traînait jusqu'à ses chefilles qui c'est c'est était vraiment beaucoup trop petit pour cette veste. Et il m'avait dit "Tu as vu pour le carnaval, je me suis déguisé en Marine Tondelier." Oh paf, prends-toi ça. C'était rigolo.
Vous avez parlé de de votre fils. Par ailleurs, vous dédiez votre livre à votre fils sur et à tous les enfants d'ailleurs. Oui. Sur vos réseaux sociaux également, vous mettez vos qualités en avant. Qu'est-ce qui vous a le plus surprise dans le fait de devenir mère ? C'est que tout le monde me disait profites-en pour dormir hein, parce qu'après c'est terminé. Et donc il faut savoir qu'en fin de grossesse, tu n'arrives plus à dormir, tu as mal, ça bouge, tu es stressé par l'accouchement parce que tout le monde t'a dit que ça allait été horrible. Et d'ailleurs, on dit que l'accouchement ça être horrible mais on te parle pas des jours d'après. Donc tout va être horrible pendant 5 jours et c'est aussi plein de bonheur. Enfin, c'est génial. Et moi surtout les gens connaissaient la difficulté du
combat de politique à Baumont et il y en a pas mal mais de manière très bienveillante qui me disaient "Tu sais Marine si tu en as marre, si tu es trop dur mais s'il y a un moment où tu as une sortie de secours maintenant." Moi, je disais mais j'ai pas du tout envie d'arrêter. Mais c'était dit avec tellement d'insistances et par des gens dont je sais qu'ils étaient bienveillants qu'à un moment, je me dis bon bah je je vais je vais quand même réfléchir, me confronter à ça parce que s'ils le disent, c'est peut-être qu'il y a un truc c'est moi qui c'est moi qui suis pas lucide quoi. Et je me rappelle être avec ce ce bébé dans les bras qui me regarde. C'était le weekend où commençaient les gilets jaunes et c'était aussi le weekend de la première marche climat. Donc je me rappelle du du
de l'obstétricien qui me ramène la Voie du Nord avec toute la grosse marche climat et puis j'en avais du sealomer entre les barrages pour arriver à la maternité. Enfin bref, c'était un moment particulier comme en fait on est tout le temps en moment particulier depuis des années et je me rappelle elle va regarder cet enfant va dire mais bien sûr qu'on va continuer pour lui et pour tous les autres. On peut pas s'arrêter. Je peux pas lui dire quand il sera quand quand il sera un peu plus grand qui dira mais vous avez fait quoi pour la planète ? Ah bah moi ben j'ai tout arrêté le jour de ta naissance donc voilà remercie-moi. Bah bien sûr qu'il me remerciera pas. Et Marie, ça fait quel effet d'avoir Joseph face à vous comme ça il arrive, il est dans vos bras, il
est il est sur vous puisque moi je n'ai pas cette chance de pouvoir être maman. Bah c'est des moments difficiles he la maternité, rien ne vous prépare à ça sur l'allaitement où en plus on vous donne des conseils différents. Moi je me rappelle, j'avais fini par rappeler la lettre chez en disant "Écoutez, moi je veux allé là, j'ai je j'y arrive pas." On me dit bah du coup mettez du lit artificiel. Moi je voulais vraiment aller. Il y a des femmes qui veulent pas allé, c'est leur droit aussi. Mais on a l'impression de tout faire mal, que rien ne va et on a plein d'amour et on et du coup plein de pression aussi. Enfin voilà. Envisagez-vous d'agrandir votre famille ? Ah bah ça ça me regarde c'est vous allez pas mais Ah bah c'est trop mignon. Vous voulez pas que on fasse une une
cellule de crise familiale aussi pour voir tout ce qui fonctionne parf un enfant c'est génial. Je vous trouve extrêmement indiscret. C'est vrai un peu trop. Bon je vais pas être trop intrusif mais vous vous serez le premier à informer si je prends une décision à la matière. Voilà. Moi je crois tout ce que vous me dites. Je je crois vraiment tout ce que vous me dites. Vous avez raison de croiser dans les promesses des politiques et surtout dans les miennes. Quel souvenir gardez-vous de Gérald Darmanin puisque j'ai appris dans le livre que c'était un camarade de promo ? Alors un camarade un camarade je fais des allergies en ce moment. Voilà c'est c'est pas Darmana qui vous fait tousser quand même. Pas du tout. Vous avez vu que j'étais un peu malade ce matin. Gérald Darmanin, il
était étudié en science polile en même temps que moi mais juste au-dessus dans la promo juste avant. Oui, mais bon, il était pas au-dessus de moi, il était dans la promo au-dessus. Euh et c'est vrai que c'était hyper impressionnant et c'était pas le seul de voir des euh des gens qui euh étaient des sciences poliles en costard tous les jours. Et je me dis "Mais pourquoi il s'habille comme ça ? Rien n'est grave. C'est c'est c'est tu tu es pas obligé de t'habiller déjà comme un banquier ou comme un ministre de l'intérieur alors que tu es juste en première année. Tout va tout va bien tout va bien se passer. C'est une phrase de lui tout va bien se passer. Il avait dit ça à Pauline de Malerbe et donc moi j'étais assez euh de là d'où je venais. J'étais un peu stupéfaite par ça et
surtout je disais bah alors dis donc la politique bah moi c'est sûr j'en ferai jamais parce qu'apparemment faut faut déjà s'habiller comme ça. Faut en vouloir en faire depuis qu'on a 15 ans. Faut avoir des parents qui en faisaient déjà. Donc je regardais ça avec un peu de circonspion et beaucoup de distance. Voilà. Marine Tolier, si vous deviez compléter cette phrase en 2027, si j'étais présidente, que diriez-vous ? Et bien, je pense que j'aurais un grand mémoire, un grand Je pense que j'ur un grand discours de de d'amour et de de réconciliation parce que je trouve que cette société se fracture un peu plus chaque jour et que ça nous envoie tous dans le mur. Donc, je pense que j'aurai un message de Ouais. de tendresse envers les gens qui ont peut-être pas voté pour
moi mais avec lesquels on va devoir travailler. En tout cas, on travaillera pour chacun d'entre eux beaucoup plus que le président actuel. Si vous pouviez adresser un message à celles et ceux qui nous regardent, que diriez-vous à l'objectif de cette caméra ? Et bien écoutez, que vous vous aimiez, que vous ne vous aimiez pas ou que vous ne vous aimiez pas tous les jours et que des gens vous aiment ou que vous ayez la sensation que personne ne vous aime, moi je vous le dis, je vous aime. Tenez bon. Si vous avez plus la force, pas les moyens, on le fait pour vous. On sera là pour vous et moi tous les jours en me réveillant, je pense à vous. Vous n'êtes pas seul. Vous n'êtes pas seul. Marine Tondelier, portez-vous bien et soyez intensément heureuses. Et vous aussi toutes et tous, bon courage.
Marine Tondelier