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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 26 janvier 2026 25 min

Le ministre chargé de la Fonction publique David Amiel est l'invité de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

David Damiel, vous nous avez rejoint. Bonsoir. Euh, vous êtes notre invité pour le grand entretien ce soir, ministre délégué de la fonction publique et de la réforme d'État et vous avez annoncé hier vouloir d je vais arriver désaméricaniser [rires] notre administration publique.

Vous allez nous expliquer comment. Mais avant cela, c'est l'heure du vrai ou faux. Avec vous Léa Soulevic.

Bonsoir. Euh l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans est examinée à l'Assemblée nationale. Il faudra encore qu'elle passe au Sénat.

Mais déjà une piste semble privilégiée par le gouvernement pour vérifier l'âge des internautes. Qui est travaillé, c'est que cela passe par ce qu'on appelle un tiers de confiance, un partenaire, c'est-à-dire un outil qui ne donne ni à l'État ni aux réseaux sociaux les données dont disposera cet outil pour vérifier l'âge des personnes. Alors les a un tiers de confiance pour vérifier l'âge des utilisateurs.

De quoi il s'agit au clair ? Alors déjà, ce sera pas un grand frère ou un cousin plus âgé qui pourra venir certifier par-dessus l'épaule oui, c'est bon. Euh, il a plus de 15 ans.

Voilà, c'était la crainte. Mais c'est pas de ça dont il s'agit aujourd'hui. Pour vérifier l'âge sur internet, il y a plusieurs méthodes qui sont assez connues.

Par exemple, euh envoyer sa carte d'identité et un selfie pour montrer que c'est bien sa propre carte d'identité ou envoyer juste un selfie et l'algorithme s'occupe de déterminer à peu près notre âge. C'est là qu'intervient ce fameux tiers de confiance. En fait, au lieu d'envoyer votre carte d'identité, ben directement aux plateformes comme Facebook, Snapchat, Instagram, vous l'envoyez à un tir de confiance.

C'est un organisme qui est indépendant et qui va faire l'intermédiaire. Il va vérifier votre âge avec la carte d'identité ou le selfie par exemple et il le certifie auprès de Snapchat, Instagram, Facebook sans transmettre les autres données qui vont figurer sur votre carte d'identité. Donc ça va pas transmettre ni votre nom, ni votre adresse et cetera.

Alors, c'est un système qui est pas nouveau, hein. Il existe déjà pour vérifier l'âge de certains utilisateurs sur des sites pornographiques. Et ce tiers de confiance, il est contrôlé, il doit répondre à un cahier des charges assez précis de de l'ARCOM.

Donc, ça protège vos données personnelles vis-à-vis des réseaux sociaux et de son côté l'intermédiaire, il sait pas à quel site vous voulez accéder. Donc, ça fait un double anonymat. Alors, sur le papier, ça paraît clair, mais ce procédé, bien, il fait pas l'unanimité.

Et non, il fait pas l'unanimité parce que outre les questions de défense de la liberté numérique en fait rien que techniquement, il y a déjà des obstacles. Par exemple, c'est un système qui peut être contourné comme on l'a vu avec le problème des sites pornographiques. Par exemple, si on prend la photo ou la carte d'identité de quelqu'un qui lui a l'âge requis, ça peut passer.

Si on prend un VPN, donc une technique qui peut faire croire qu'on se connecte dans un autre pays où là les règles sont pas les mêmes, pareil, ça peut fonctionner. Et puis des chercheurs alertent surtout sur la sécurité. C'est-à-dire que si on centralise toutes les données personnelles, les cartes d'identité des gens chez un même tir de confiance, forcément ça l'expose à des cyberattaques et donc à des fuites massives de de données personnelles.

Comment ça se passe en en Australie avec donc cette loi pionnière qui interdit les réseaux sociaux au moins de 16 ans ? Alors, en Australie, c'est pas tout à fait la même chose. Eux, ils autorisent les réseaux sociaux à contrôler, à vérifier directement euh l'âge des utilisateurs, donc euh à collecter eux-mêmes des données personnelles.

C'est assumé au nom de la protection des mineurs, mais en fait, on pourrait pas du tout l'utiliser dans le droit européen parce qu'en Europe, on a le RGPD, donc le règlement général sur la protection des données et il impose de collecter le moins de données personnelles possibles. Donc si on laissait les plateformes donc des acteurs privés vérifier elles-mêm l'âge des utilisateurs, forcément ça reviendrait à leur donner accès en chemin à plein de données personnelles, ce qui créerait un risque massif pour forcément la protection de la vie privée. Merci beaucoup Léa.

On vous retrouve le vrai ou faux, c'est les rendez-vous sur la chaîne, c'est le samedi à midi et le dimanche à 20h et puis tous les soirs ici à 19h30. Merci beaucoup. David Amiel donc je vous présentais ministre délégué de la fonction publique et de la réforme de l'État. votre partie porte très fortement cette cette réforme, cette limitation des réseaux sociaux pour les mineurs.

On l'entend à l'écoute de Léa que ça fait plutôt l'unanimité, il faut bien le dire, dans la population, mais le problème c'est le principe de réalité. On voit la difficulté que ça représente pour que cette interdiction, même si elle est votée, soit effective. Moi, je crois pas.

Je pense que c'est d'abord, je pense qu'il y a des outils technologiques qui permettent de le faire. D'ailleurs, vous avez dans votre chronique à l'instant évoqué un certain nombre d'entre eux. Il y aura ensuite un dialogue technique pour pouvoir continuer à approfondir les choses et d'ailleurs un nombre de sites internet qui sont d'ors et déjà interdits aux mineurs avec des dispositifs technologiques.

Donc ce qui est toujours ce problème de la protection des données individuelles. Euh on voit que ça fonctionne pas de la même manière dans l'Union européenne en Australie par exemple. Il y a ce sujet-là qui est un sujet important chez nous.

Oui, bien sûr, mais le cadre européen nous permet de le faire et d'ailleurs, on a fait évoluer le cadre européen en la matière. président de la République avait obtenu de haute lutte de pouvoir précisément dans le droit national interdire l'accès aux réseaux sociaux en dessous d'un certain âge. La proposition de loi qui est aujourd'hui débattue vise justement à fixer cet âge à 15 ans.

Il y aura ensuite un dialogue pour la mise en œuvre technique. Il a été rappelé la palette d'outils technologiques qui permet de le faire et je le dis, il y a d'ors et déjà un certain nombre de sites internet qui sont interdits au mineurs. Donc les technologies existent, faut qu'on puisse le mettre en place bien sûr et surtout c'est un enjeu essentiel de santé publique parce que derrière ce qui se joue, c'est non seulement les drames les plus terribles, le harcèlement, les contenus violents, les contenus pornographiques ou pédopornographiques, mais c'est aussi de manière plus générale tous les faits que les réseaux sociaux peuvent avoir sur la santé mentale d'enfants jeunes, très jeunes, qui peuvent passer des heures à scroller comme on dit sur TikTok ou sur d'autres dans ce qu'on a vu depuis plusieurs années, c'estàdire une hausse des dépressions, du mal-être des jeunes préadolescents et enfants.

Est-ce que l'idée il y avait eu l'idée d'un référendum à un moment donné qui avait été évoqué par Emmanuel Macron, c'est maintenant complètement hors de propos ? Il y a une urgence à agir pour les raisons que j'évoquais puisqu'on parle là de la santé des enfants. Nous aurons aujourd'hui l'occasion de voter la proposition de loi à l'Assemblée nationale.

J'espère qu'elle sera adoptée. Elle cheminera ensuite au Sénat et donc je crois qu'on peut effectivement agir rapidement. D'ailleurs, le président de la République a demandé au gouvernement d'engager ce qu'on appelle techniquement la procédure accélérée, ce qui permet d'aller vite par la voie parlementaire.

Vous avez rappelé qu'effectivement beaucoup souhaitent avancer en ce sens. J'ai remarqué simplement que la France insoumise s'y opposait par principe et je dois dire que de voir la France insoumise agir main dans la main avec les grande multinationale privée américaine ou chinois, ça ne manquait pas de sel. On va passer à votre à votre actualité.

Hier dans le journal de la tribune du dimanche, vous app vous avez appelé la France à se libérer des États-Unis, de notre dépendance aux outils américains et dans les services publics. Voilà, vous annoncez une petite révolution à l'œuvre. fini les Skype, les les Teams.

Voilà. Bienvenue un nouveloutil qui s'appelle Visio parce que vous dites qu'il faut, et vos mots sont forts, hein, se désintoxiquer pour assurer la sécurité de nos échanges en toutes circonstances. On est vraiment en danger.

C'est c'est quoi le risque si on utilise pas aujourd'hui une application française ? Bah la bataille pour la souveraineté, vous savez, elle se joue à la fois sur la scène internationale mais aussi dans notre vie quotidienne parce que on peut s'habituer à des dépendances, à des outils qui semblent àedins dans la vie de tous les jours. Exactement.

Mais qui peuvent être retournés contre notre pays brutalement dans une période de tension ou de cris. On parle, nous sommes nous est jamais arrivé au cerveau. Ça c'est maintenant.

Et ben, il y a il y a une prise de conscience effectivement à avoir une révolution. Faut le dit de façon civilisée. Ce que je veux dire, c'est que c'est quelque chose qu' on est un peu étonné que cette prise de conscience n'ait pas été plus prématuré de manière à ce qu'on puisse construire quelque chose.

Vous savez quand on parle non mais quand on parle de souveraineté européenne, quand on parle d'autonomie stratégique, c'est de ça dont on parle. On parle évidemment des questions politiques étrangères, de défense et cetera, mais il faut aussi parler de ces vulnérabilités économiques et industrielles qui peuvent être retourné contre nous pour faire du chantage, pour faire pression à des moments critiques. Président de la République a organisé l'année dernière un grand sommet sur l'intelligence artificielle.

Il est engagé depuis plusieurs années pour l'émergence de ce qu'on appelle le cloud souverain, c'est-à-dire en réalité des dispositifs de stockage des données sensibles en France, en Europe pour qu'elle ne soit pas exploité. On a progressé. On a progressé.

On a progressé dans ce chantier-là, mais effectivement c'est un chantier difficile, c'est un chantier long parce que les dépendances européennes sont profonde et effectivement, j'ai annoncé aujourd'hui une nouvelle étape pour les moyens de communication de l'État. Les visoconférences dans l'État, elles se sont beaucoup développées après 2020 comme partout dans nos vies. Donc ce sera quoi ?

Une application française qui va s'appliquer à toute l'administration. Exactement. C'est pour pouvoir sortir de nos dépendances en matière de communication à des outils non européens.

Vous en avez évoqué certains, on développe cette application Visio qui s'appuie sur d'ailleurs l'excellence du secteur privé français. H scale par exemple, des entreprises qui apportent des éléments d'intelligence artificielle. C'est dispositif de visoconférence.

Exactement. Les nôtres qui permettront par exemple de faire du compte-rendu automatisé de réunion. Et pour quel coût ?

Et pour un coût qui est de l'ordre de 500 à 600000 € mais c'est parfaitement rentable puisque ça permet en réalité d'économiser des millions d'euros qu'on dépenserait sinon en licence acheté à des acteurs non européens. Or, tout ce qu'il faut faire c'est réorienter la commande publique vers les acteurs français européens qui ont besoin de clients davantage que de subvention. Il faut qu'on leur offre un débouché.

C'est ce que j'ai engagé avec de très nombreuses entreprises. Alors là, la souveraineté, ça passe donc par cette application, mais ce qu'il y a derrière et ce que Nathalie soulignait, c'est l'idée que les États-Unis ne sont plus nos alliés et ça c'est une révolution dans notre rapport par rapport aux États-Unis. Je vous pose la question de cette manière-là.

Notre collègue au gouvernement Alice Rufo qui est ministre délégué aux armées, elle a déclaré hier les États-Unis de Donald Trump n'ont pas eu un comportement d'allié et elle complète les États-Unis n'aiment pas l'Europe. Ce que vous faites aujourd'hui, c'est parce que donc je vous repose la question, les États-Unis ne sont plus nos alliés. Je pense que rien n'est acquis dans le monde dans lequel on est.

Et on l'a vu ces derniè mais on l'a vu ces dernières années. Quand on parle de souveraineté européenne, d'autonomie stratégique, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Ça veut dire qu'on se que l'Europe soit capable de se faire respecter dans le monde entier.

Donc c'est vrai ça c'est pas nouveau. On se réveille aujourd'hui en se disant si demain les cartes de crédit sont bloqué elles ne marchent pas on va se retrouver comme des comme des enf Visa et Mastercard c'est 60 % des achats par si on nous avait dit ça il y a 5 ans, on aurait dit aucun risque. Est-ce que sur l'autonomie stratégique et la nécessité pour l'Europe d'être une puissance ? depuis le début la vismanuel Macron.

On est d'accord làdessus, on a l'impression qu'on vous avez raison. Mais d'ailleurs, mais d'ailleurs oui, mais en fait, je pense qu'il faut préciser quand vous dites on, c'est-à-dire que ce qui se passe aujourd'hui avec les États-Unis, particulièrement évidemment avec Donald Trump, permet aussi d'accélérer la prise de conscience dans les autres pays européens parce qu'effectivement, pendant très longtemps, la France a prêché seule en matière de la souveraineté européenne et ça passait un peu comme un archaïsme ou bien une lubie très française. comme le disait il y a une prise de conscience dans l'exécutif Trump c'était pas finalement le le le partenaire ou l'allié comme depuis toujours à qui il fallait en sans arrêt avec lequel il fallait sans arrêt essayer de discuter pour obtenir quelque chose.

Là il y a une fracture. Bah je pense qu'il y a surtout une prise de conscience je le disais chez les autres pays européens et d'ailleurs on parlait là de politique industrielle ce qu'il faut faire pour renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe en matière technologique en matière numérique. La France avec Emmuel Macron plaide pour cela depuis 2017 quand on regarde le discours de la Sorbon de 2018, les grandes orientation y était donné mais effectivement ça paraissait dans d'autres pays comme une sorte de lubi.

Les Français étant toujours perçus comme trop interventionniste, trop insistant sur le rôle de l'État, il y avait pas de raison de s'inquiéter. Et on voit effectivement une prise de conscience en particulier chez les Allemands. Moi j'étais au mois de novembre à Berlin et ben ce qui était organisé sur la souveraineté numérique euh par le président de la République et par le chancelier euh allemand.

On a eu l'occasion avec les Allemands d'avancer ensemble pour orienter la commande publique française et allemande vers un champion français, un champion allemand SAP et c'était une grande nouveauté. Je pense qu'effectivement comme vous Nathalie Saintcric il y a 2 ans ce sommet n'aurait pas eu lieu parce que les Français l'auraient demandé et les Allemands nous auraient probablement dit qu'il y avait des choses plus urgentes. On voit aujourd'hui qu'il y a urgence.

Vous êtes souvent présenté comme un proche d'Emmanuel Macron et à vous entendre. On voit bien que vous êtes assez côtés depuis le début à l'Élysée. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de paradoxal dans sa situation actuel ?

Être à la fois extrêmement affaibli sur la scène française, sur la scène intérieure et puis là à l'international de nouveau depuis cette prise de parole avec ses lunettes de soleil qui a fait le tour du monde, cette manière de s'adresser à Donald Trump. Est-ce que euh c'est devenu euh la scène internationale sa planche de salut et en même temps, il va falloir tenir euh jusqu'en 2027, ça va suffire ? Bah très franchement, je pense surtout que la scène internationale comme vous dites, euh c'est surtout euh la planche de salut de notre pays et de l'Europe parce qu'on voit bien que ce qui se joue en ce moment même est existentiel.

On a parlé de la question de la sécurité. Il y a évidemment toute la mobilisation qu'il faut avoir pour soutenir l'Ukraine. On a eu encore la coalition des volontaires qui s'est réunie à une quinzaine de jours.

Il y a un enjeu majeur économique dont on parle trop peu mais qui est évidemment lié à la question chinoise puisqu'on a aujourd'hui un déferlement de produits industriels venus de Chine qui menace un très grand nombre de filières européennes. Là aussi, on se mobilise donc que l'on regarde la question de la sécurité au sens classique, que l'on regarde la question économique, que l'on regarde question de nos relation internationale dans un monde qui va et vous avez rappelé qu'effectivement des choses qu'on croyait intangibles ne le sont plus. Je pense que comme jamais, on a des enjeux nationaux et internationaux qui sont mêlés.

Et d'ailleurs, la raison pour laquelle on s'est tellement battu pour pouvoir faire adopter ce budget, un budget qui a nécessité des compromis pour ma famille politique, c'était aussi pour pouvoir renforcer les moyens des armées pour pouvoir continuer à augmenter les moyens en faveur de l'innovation à votre programmation pour la recherche en l'occurrence dans cet univers là. Mais est-ce que finalement vous n'essayez pas plus de durer que d'agir ? Je parle pas de vous personnellement, je parle de la majorité en acceptant beaucoup de choses aux socialistes, en finalement réussissant à neutraliser à l'air parce qu'ils ont pas envie non plus que ça se passe trop rapidement.

Est-ce que vous perdez pas votre temps ? Parce que je sais qu'Emmanuel Macron a dit qu'il voulait agir jusqu'au à la fin. On peut imaginer qu'il pourra le faire dans le domaine international mais dans le domaine intérieur, on voit pas très bien.

Vous savez Nathalie Saintcr ne pas avoir de budget c'était pour le coup s'interdire d'agir. Mais c'est très important. Alors, on peut pas on peut pas dire que ce soit un budget qui révolutionne les choses.

C'est en terme de déficit, c'est un budget qui nous permet de continuer, notamment, vous l'avez dit, avec le budget de la défense, d'engager, de commander probablement en euh en en aidant également les collectivités locales qui soient moins moins ponctionnées que moi, mais sur le fond, ça ne règle pas puisque tout le monde dit "On va attendre 2027 pour mettre les choses sur la table." Non, c'est un budget qui permet de continuer à réduire le déficit puisqu'il a été réduit il a été réduit l'année dernière à 5,4 % d'ailleurs avec un objectif qui a été tenu tout au long de l'année. Il vise ce budget une cible de déficit à 5 % pour l'année 2026.

Donc c'est une nouvelle c'est une nouvelle marche de réduction. On aurait souhaité effectivement aller plus loin mais vous avez vu comme moi le débat parlementaire. Vous avez vu d'ailleurs les demandes ne venaient pas que de la gauche, ceux qui ont demandé moins d'économie sur les collectivités locales par exemple.

Et donc tout ça effectivement conduit à une cible de déficit supérieur à ce que le gouvernement avait souhaité mettre dans son texte initial, mais néanmoins une réduction du déficit et des moyens qui sont dégagés. Effectivement, on est dans une situation où on a un parlement qui est divisé, qui est fracturé. Mais être un responsable politique, c'est précisément savoir comment en tout cas proposer de faire avancer le pays dans ces conditions-là. est responsable est-ce que dans vos rangs est-ce que dans vos conversations avec Manuel Macron, il y a la prise de conscience que c'était une une énorme bêtise la dissolution mais vous savez énorme dont on fait encore les fruits aujourd'hui mais la question aujourd'hui essentielle c'est de savoir comment est-ce qu'on avance cette année non mais c'est pas la question que vous pose Nathalie Saintcric est-ce que finalement vous consid qu'on en avait pas vu les conséquences ont pas des journalistes ou l'exécutif que ça a été quelque chose qui handicape totalement le deè mandat d'Emmanuel Macron.

Mais bah est-ce qu'on aurait préféré gagner les élections législatives ? La réponse la question c'est est-ce que je vous la posera clairement David Damiel, est-ce que la dissolution était une faute politique ? Je le redis mais je je le redis.

Moi ce que je trouve frappant dans la période et on va parler de 2027 aussi, c'est que l'Assemblée non mais l'Assemblée nationale elle reflète quelque chose, c'est que aujourd'hui le pays est lui-même fracturé en trois blocs et très franchement on le voit tous autour de nous. Je dire on connaît tous des gens qui votent très à gauche, des gens qui votent très à droite. Non mais c'est mais du coup ce qui est en train de se passer est extrêmement important parce qu'on compris pour 2027, moi je ne garantis pas que prochain président de la République ou la prochaine présidente de la République quelle qu'elle soit et une majorité absolue.

Et donc la question qui se pose à notre pays, c'est de savoir si dans une société fracturée et donc un parlement qui finit par le refléter, on est capable de forger des compromis. C'est lent, c'est douloureux parce qu'on ne s'y était pas habitué au fond depuis le début des années 60 parce que c'était pas le cas la naissance de la 5e République. Mais depuis le début des années 60, on s'était habitué effectivement à un fait majoritaire écrasant qui était confortable pour tout le monde.

C'était confortable pour la majorité qui faisait ce qu'elle voulait et c'était confortable pour l'opposition qui au fond se déresponsabilisait et attendait son tour. Vous n'avez pas voulu y répondre. C'est pas grave, on va aller sur ce compromis.

Donc vous parlez et avec ce budget qui avec ce budget et ses économies à faire. Vous êtes donc ministre délégué de la fonction publique. Est-ce qu'il y a des économies à faire dans votre ministère ?

Est-ce que vous comptez par exemple réduire le nombre de fonctionnaires ? Le budget qui est prévu prévoit une réduction du nombre de postes de 3000. C'est le chiffre qui est ce qui est un non renouvellement d'un certain nombre de personnes part en retraite ou ce qui est un moin un delta par rapport à la à à masse constante.

Oh bah c'est c'est l'évolution. Oui, c'est effectivement c'est un c'est un delta comme vous dites. Mais après si vous voulez mais si vous voulez ma conviction profonde quand on regarde non mais quand on regarde ce qui s'est passé depuis plusieurs décennies où est-ce que les dépenses publiques augmentent ?

C'est pas dans le fonctionnement des services publics, dans le salaire des fonctionnairs. D'ailleurs, l'emploi public en part de l'emploi total, il a plutôt tendance à se réduire alors même que les dépenses publiques augmentent. Ce qui augmente dans les dépenses publiques, c'est d'abord les dépenses de transfert, c'est-à-dire de retraite et de maladie.

C'est ça qui explose depuis plusieurs décennies. Et dans une moindre mesure, les dépenses des collectivités locales, c'est d'ailleurs aussi lié évidemment aux évolutions de la décentralisation. Et c'est très important de le dire parce que ça explique ça explique le sentiment qu' gens d'une part de payer de plus en plus d'impôts, d'avoir une dette important, d'avoir des services publics qui sont parfois à l'oos.

Et d'ailleurs, c'est pas pour rien qu'on ait dû ces dernières années réinvestir dans l'armée, réinvestir dans la justice, réinvestir dans la sécurité et tout ça est vrai. Et donc je pense qu'il ne faut pas se tromper de diagnostic. Vous voulez augmenter les rémunérations dans la fonction publique ? une la carrière dans la fonction publique n'attire plus.

Il y a cette question des rémunérations qui est sur la table. Bah, il y a quelle est votre position ? Oui, moi j'ai lancer un un chantier sur les carrières et les et les rémunérations surtout parce que aujourd'hui on a effectivement ce qu'on appelle un peu techniquement un tassement des grimmes.

Enfin, ça veut dire que non, ben c'est assez simple en réalité. Ça veut dire que on peut passer beaucoup d'années sans progresser. C'est d'ailleurs un problème qu'on a aussi dans le secteur privé et qui doit être moins mais qu'on a aussi parfois dans certaines branches pour réévaluer et donc il faut en tout cas qu'on ait une discussion et d'ailleurs on a eu des mesures d'augmentation ces dernières années pour certaines catégories d'agents publics.

C'était le cas à l'hôpital avec le séure de la santé, c'était le cas pour les recrutements de jeunes enseignants. Et donc moi effectivement, j'ai ouvert une discussion avec les organisations syndicales pour qu'on puisse au cours de l'année mettre tout cela à plat. C'est évidemment un sujet complexe qu'il faut prendre dans toute son ampleur et c'est la raison pour laquelle prendra le temps du dialogue social.

Arrivons au présidentiel, on a l'impression qu'on marche sur les candidats à gauche comme à droite. Quand je dis ça, c'est qu'entre ceux qui envisagent peut-être bien que n'étant pas narcissique comme Gérald Darmana en étant ceux comme Gabriel Atel qui accélère le mouvement avec Édouard Philippe. Enfin bon, on ne sait où donner de de la tête.

Est-ce que vous pensez que c'est une bonne façon d'appréhender les les mois à venir ? Est-ce qu'il faudrait pas plutôt essayer de travailler le programme ? Je sais vous travaillez au côté de Gabriel Atal en partie sur le programme mais on ne voit pas tellement de ligne force ou de lignes de force qui pourraient nous permettre de départager tout le monde.

Bah vous posez la question centrale parce que moi j'avais été très frappé à partir de l'automne. Je me demande même si on a pas eu début janvier mais j'aurais pas dire de bêtises. On a vu des sondages qui sont sortis et qui montraient quand même que dans énormément de configuration le Rassemblement national gagnait au second tour de l'élection présidentielle pour essayer peut-être exactement.

Et il y a eu à l'époque beaucoup de prises de parole pour dire "Vous savez les sondages à 1 an et demi ça veut rien dire et cetera." Moi je pense que ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que le parier sur un vote mécanique de barrage face à l'extrême droite et où du coup la seule question serait au fond celle du premier tour et me semble-t-il complètement dépassé.

Et si on veut pouvoir républicain si on veut ce que je pense c'est que si on veut pouvoir vaincre l'extrême droite en 2010, il faut qu'on puisse avoir un projet mobilisateur susceptible susceptible de le contrer que c'est absolument central. Et d'ailleurs, on a vu aux États-Unis par exemple ce qui s'est passé dans la campagne de Camala Haris. Elle a cru effectivement barrage un barrage mécanique face à Donald Trump.

Ça n'a pas été le cas en clair. Est-ce que si vous si votre but c'est d'éviter que les deux quinquen d'Emmanuel Macron se traduisent par la présidence de Marine Le Pou, Jordane Bardella, est-ce que vous n'avez pas intérêt à dire y compris Gabriel Atal, c'est pas moi qui compte, ce qui compte c'est le pays et on va discuter avec tout le monde. C'est on va discuter avec Xavier Bertrand, on va discuter avec Gérald Armanain, on va discuter avec Édouard Philippe, on va discuter avec tous ces gens pour savoir si on fait du centre droit, centre gauche, gauche, droite, je sais pas quoi et on verra après pour notre petite personne.

Je ne doute pas qu'il y aura un moment de discussion, mais je pense à nouveau que là, on est dans un moment où la préparation du projet, des idées qui sont susceptibles à nouveau de rassembler une majorité au second tour est absolument est absolument clé et central. Et je pense que c'est vraiment ce qui se joue maintenant parce qu'on l'a vu ailleurs dans les autres pays quand les forces modérées abandonnent aux extrêmes le monopole au loin vous êtes loin d'abandonner tous et le monopole desid et des slogans et ben ça se finit en désastre et c'est ce qu'on a vu avec la réélection de Donald Trump que beaucoup pensaient je vous rappelle comment ça se termine comme à Paris bah il y aura un débat sur les modalités de décision mais on voit bien est-ce que vous êtes favorable en clair en clair est-ce que David Damiel est-ce que vous êtes favorable à une primaire Non mais moi ce que je vous dis c'est que aujourd'hui on passe tellement de temps à discuter de ce que disait Nathalie Saintcric de procédure et cetera que je crains qu'on perde de vu l'essentiel c'est-à-dire quel projet quel projet tout le monde t que tout le monde soit ensemble pour travailler dans votre sense. Quel est quel est le projet que l'on croit susceptible de faire reculer l'extrême droite dans les classes moyennes et les classes populaires ?

Et tant qu'on ne mettra pas cette question là au centre et ben je crains que on ne s'avance mal vers la prise on est capté par la la personnalisation des choses. Vous comprenez ? pas nous qui avons envie de de d'entendre tous ces gens qui sont candidats.

Mais c'est mais c'est la Bah vous voyez, je suis sur votre plateau depuis 25 minutes, vous me parlez de candidat de procédur parlé beaucoup de choses depuis 3 minutes. C'est non mais je sais mais c'est la raison pour laquelle je crois pour revenir à nos enjeux que la question de la transformation je suis ministre de la fonction publique pense que la question de la transformation du service public du soutien aux agents de première ligne ces questionsl sont absolument centrales parce qu'on sait très bien que la désertification des services publics le sentiment de déclassement est très fortement alimenté par ça et donc moi en tout cas comme ministre de la fonction publique et de la réforme de l'État c'est pour ça que je me bas. Merci beaucoup David Damiel, merci d'avoir été avec nous.

Tout de suite, on retrouve les informés. Mais avant, c'est l'heure du journal du monde.