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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 4 juillet 2017 58 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéÉducation & rechercheEnvironnement & énergie

Edouard Philippe : « La France est dans les cordes » #cdanslair 04.07.2017

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 53 %Attaque 20 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:07OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il restera dans les annales, Christophe Barbier, ce discours ?

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Comment ce garçon va-t-il réussir à se faire une place dans l'ombre d'Emmanuel Macron ?

  • 6:32OuverteRéponse directe

    À qui parlait-il à votre avis ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures présenter dans ce discours sont censées permettre d'augmenter le pouvoir d'achat des Français ?

  • 16:01OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour les petits retraités ?

  • 19:12OuverteRéponse directe

    Quelle est la priorité de ce gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:43Invité politiqueChiffre
    « 8 milliards d'euros de dépenses non financées. »
  • 8:51Invité politiqueChiffre
    « Notre dette atteint un niveau insupportable. 2 147 milliards d'euros. »
  • 8:56Invité politiqueChiffre
    « Chaque année, mesdames et messieurs, chaque année, la France dépense 42 milliards d'euros pour rembourser ses intérêts. »
  • 9:07Invité politiqueChiffre
    « 42 milliards, c'est plus que l'intégralité du budget que nous consacrons à notre défense nationale. »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Quand nos voisins allemands prélèvent 100 euros en impôts et en dépenses 98, nous en prélevons 117 et en dépensons 125. »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « Le CICE sera transformé en un allègement de charges qui seront nuls au niveau du SMIC. »
  • 10:03Invité politiqueFait
    « L'impôt de solidarité sur la fortune sera resserré autour du seul patrimoine immobilier afin d'encourager l'investissement dans la croissance des entreprises. »
  • 10:37Invité politiquePromesse
    « Les prélèvements obligatoires baisseront de 20 milliards d'euros d'ici 2022. »
  • 10:53Invité politiqueFait
    « Disons la vérité aux Français. Pour atteindre ces objectifs sur la dépense publique, il va falloir agir sur trois leviers. »
  • 33:42Invité politiquePromesse
    « Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros en luttant sans merci contre les trafics qui minent cette politique de santé. »
  • 34:08Invité politiquePromesse
    « L'an prochain, les vaccins pour la petite enfance qui sont unanimement recommandés par les autorités de santé deviendront obligatoires. »
  • 34:20Invité politiquePromesse
    « D'ici la fin du quinquennat, tous les Français auront accès à des offres sans aucun reste à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives. »
  • 34:37Invité politiquePromesse
    « Nous voulons arriver à la neutralité carbone d'ici 2050. »
  • 35:00Invité politiquePromesse
    « Nous diviserons par deux les déchets mis en décharge et recyclerons 100% des plastiques sur tout le territoire d'ici 2025. »
  • 39:37IntervenantChiffre
    « c'est 5 milliards, ça peut rapporter l'augmentation. »
  • 40:09IntervenantFait
    « ne voient pas aujourd'hui ce qui va leur permettre de voir leur pouvoir d'achat améliorer très rapidement. »
  • 41:29IntervenantFait
    « un nombre important de vaccins qui sont packagés et qui vont être rendus obligatoires »
  • 42:10IntervenantFait
    « le paquet de cigarettes à 10 euros, la convergence fiscale d'ISL Essence. »
  • 43:20IntervenantFait
    « un peu de contrôle continu, moins de matière, il va limiter le nombre d'épreuves. »
  • 44:33IntervenantFait
    « le BAC, ça fait gagner beaucoup d'argent aux professeurs. Enfin, un peu d'argent, c'est des primes de correction de copies. »
  • 45:01PrésentateurPromesse
    « le remboursement à 100% et la fin du reste à charge sur les prothèses auditives, sur les soins dentaires, sur les lunettes. »
  • 45:13PrésentateurPromesse
    « retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale en 2021 »
  • 48:37PrésentateurPromesse
    « la France sera au-dessous des 3% en 2017 »
  • 50:40Locuteur 5Chiffre
    « les investissements directs étrangers ont augmenté de 5%. »
  • 51:45Locuteur 5Chiffre
    « Plus 2,8% de croissance au premier trimestre de cette année. »
  • 52:25Locuteur 5Chiffre
    « placer son déficit public sous la barre des 3%, mieux que la France. »
  • 53:58IntervenantFait
    « l'engagement sur les déficits dès 2017, malgré la mauvaise surprise qui était un secret de polichinelle quand même sur l'état des comptes »
  • 54:22IntervenantFait
    « convergence de l'impôt sur les sociétés vers 25% »

Temps de parole

  • Intervenant22 %
  • Présentateur22 %
  • Intervenant 216 %
  • Intervenant 315 %
  • Édouard Philippe11 %
  • Intervenant 49 %
  • Locuteur 54 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. A lui, les sujets qui fâchent, à lui l'annonce des réformes. Edouard Philippe n'a pas joué les effets de manche et le lyrisme, il s'est contenté d'un débit rapide, sec, pour énumérer une liste de réformes. La cheville ouvrière du président n'a pas hésité à entrer dans le détail, évoquant par exemple le prix du paquet de cigarettes ou le remboursement des lunettes. Sans surprise, il a calé ses pas dans les promesses de campagne d'Emmanuel Macron, avec néanmoins un changement de taille.

La réalité, le chef du gouvernement alerte sur l'état d'une France endettée qui danse sur un volcan, alors que certaines réformes emblématiques, comme la suppression de la taxe d'habitation ou la réforme de l'ISF, seront renvoyées à plus tard. Il l'assure néanmoins, les contribuables ne seront pas les variables d'ajustement et promet une hausse du pouvoir d'achat à 20 millions d'actifs. Philippe, la France est dans les cordes, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste à l'Ebdomadaire L'Express. À la une du prochain numéro, Simone Veil, une histoire française.

Citons ce soir votre dernier livre, Les derniers jours de la gauche, publié aux éditions Flammarion. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Le nouveau numéro sorti aujourd'hui est consacré là aussi à Simone Veil. Soazie Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. À la une cette semaine, pas de vacances pour M. Hulot. Votre dernier livre co-écrit avec Alexandre Duyck, L'irrésistible ascension, les dessous d'une présidentielle insensée, est publié aux éditions Flammarion. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos.

Vous publiez dans Le Monde daté d'aujourd'hui la cinquième édition de l'enquête Fractures françaises avec Sopra, Steria, Fondation Jean Jaurès et Sciences Po. Enfin, je rappelle votre dernier livre intitulé « Plus rien à faire, plus rien à foutre, la vraie crise de la démocratie » publié aux éditions Robert Laffont. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On a eu hier le discours d'Emmanuel Macron. On a aujourd'hui le discours de politique générale d'Edouard Philippe. Est-ce qu'il restera dans les annales, Christophe Barbier, celui-là ?

2:10
Intervenant

Pas par ses envolées oratoires. Ce n'était pas son propos. Il ne maîtrise pas tellement cet art de l'éloquence. On se souviendra peut-être de l'eau trouche au lieu de l'eau trouche, puis de l'année 2017 qui était ici évocatrice des déboires fiscaux ou des malheurs des finances publiques. Néanmoins, c'est un Premier ministre qui a le sens du langage simple, des phrases claires et des annonces sans tourner autour du pot. Et celles que vous avez citées passeront dans le grand public, que ce soit le paquet de cigarettes à 10 euros, la vaccination obligatoire. On est vraiment dans la vie quotidienne.

Donc il y a un atterrissage quand même par rapport à hier, le discours d'Emmanuel Macron qui était dans les nuées des principes, de la République, de la philosophie. Là, on est vraiment sur les changements concrets. Ce qui restera peut-être aussi dans les annales, c'est une sorte de coup de bonnes taux sur la répartition, sur le calendrier du quinquennat, des bonnes nouvelles pour les contribuables et pour les épargnants. Ça, c'est plutôt pour la fin du quinquennat. Puis des mauvaises nouvelles ou des bonnes nouvelles pour les recettes de l'État. Ça, c'est plutôt pour l'année 2018-2019.

3:01
Présentateur

Bruno Jeudy ?

3:02
Intervenant

– Oui, effectivement, ce discours, cette déclaration de politique générale est plutôt assez concrète. Il a privilégié le choix de dire les choses simplement, pas d'envolée littéraire. Même si le début était plutôt, je trouve, assez original. Il attaque par une citation de Simone Veil où il parle d'optimisme malgré le destin difficile. Enfin, Simone Veil, il parlait de ça, il prend ça et ensuite, il rend hommage, il fait un hommage en fait aux députés de La République en marche, des gens qu'il connaît peu, mais il rend hommage à leur parcours sans les citer. Mais on voit bien qu'il évoque une jeune femme, Laetitia Avia, qui a été élue dans le 12e et qui est issue de ZEP.

Il parle aussi de Cédric Villani, le matheux. Donc c'est plutôt réussi, c'était plutôt sympa, assez malin. Ça lui permet de mettre sa majorité dans la poche, qui l'a plutôt pas mal applaudi pendant le discours, à de nombreuses reprises. Mais ça, ça avait été sans doute bien préparé par Richard Ferrand. Il fallait applaudir le Premier ministre, éventuellement contrer les huées de la France insoumise.

4:07
Présentateur

– Il y en a eu quelques fois un peu de brouhaha.

4:09
Intervenant

– Ils ont fait leur petit happening avec le code du travail qui a été brandi dans l'hémicycle au moment où il a évoqué la question de la loi travail. Mais globalement, ça a plutôt été assez calme, cette séance en tous les cas, pendant le discours d'Edouard Philippe, qui ne restera peut-être pas dans les annales, mais il était très concret. Et ça, ça change quand même d'hier. Et ça permet surtout de tirer un rédeau sur cette longue séquence de communication, sur cette longue séquence de campagne électorale. On est enfin dans le dur et on voit bien, on va en parler, qu'il y a quand même dans ce discours des choses qui seront sans doute douloureuses pendant ce quinquennat.

4:44
Présentateur

– Et on va en parler naturellement, on va entrer dans le détail des réformes qui ont été annoncées, surtout du calendrier. Mais un mot quand même sur Edouard Philippe, on a suffisamment spéculé pour dire comment ce garçon va-t-il réussir à se faire une place dans l'ombre d'Emmanuel Macron, comment va-t-il réussir à se faire apprécier, adopter par cette majorité en marche. Est-ce qu'à ce titre-là, l'exercice, à votre avis, c'est-à-dire qu'il est réussi ? Est-ce qu'il a imprimé quelque chose qui serait une marque ? Edouard Philippe, il a un peu expédié son discours quand même. Il allait très vite.

5:14
Intervenant

– Vous avez raison, il allait très vite. Et en même temps, on voyait que dans sa façon de se tenir, dans les choix de citations, de références, Jacques Chaband-Elmas, Michel Rocat, c'est quelqu'un qui veut se présenter avant tout comme quelqu'un qui a le sens de l'État. C'est-à-dire qu'on l'a beaucoup comparé par exemple à François Fillon, François Fillon qui avait été traité de collaborateur par Nicolas Sarkozy. Edouard Philippe, il est en train d'expliquer qu'il est dans une situation totalement différente. C'est-à-dire que c'est inespéré pour lui d'être Premier ministre. Il était proche d'Alain Juppé.

Il se retrouve à la faveur d'un retournement de l'histoire qui fait qu'Emmanuel Macron décide d'avoir un Premier ministre de droite et qu'il pense que lui, le maire du Havre, peut faire office de Premier ministre. Mais donc, ce n'est pas quelqu'un qui est là avec des hautes ambitions présidentielles. Alors, on sait que ça naît parfois, Matignon, les ambitions présidentielles. Mais c'est quelqu'un qui est heureux d'être là et de représenter l'État. D'ailleurs, ce n'est pas hasard s'il fait référence aussi à Bernard Cazeneuve. Quoi qu'on pense de Bernard Cazeneuve et de ce qu'il a pu faire, c'était l'incarnation de l'État.

Tout le monde s'accordait pour le dire, que ce soit pendant les attentats quand il était ministre de l'Intérieur ou ensuite quand il est devenu Premier ministre. Donc, il s'installe comme ça. Alors après, il y a ce jeu avec les députés de la République en marche. On voit bien que la claque a été organisée, très bien organisée, puisqu'à chaque mesure, ils applaudissent, ils applaudissent, ils applaudissent. Donc, ça le pousse et ça le pousse sans doute à parler de plus en plus vite, ce qui donne cette impression effectivement de discours mitraillette. Et puis, peut-être qu'il ne fallait pas faire plus long que le président aussi. Donc, une heure et quart contre une heure trente hier.

6:32
Présentateur

Brice Tinturier, à qui parlait-il à votre avis ? Quand on a relu le discours d'Emmanuel Macron hier, on pouvait se poser la question de savoir est-ce qu'il parlait à cette France qui ne s'est peut-être pas forcément déplacée pour aller voter pour lui, à cette France en colère sur laquelle on revient souvent ici même sur le plateau de Cédans l'air. À qui parlait-il ?

6:51
Intervenant

Moi, j'ai le sentiment qu'il y en a pour tout le monde. C'est-à-dire qu'on est dans le dur et qu'il a effectivement pris, non pas le contre-pied d'Emmanuel Macron, mais une position qui est une position tout à fait différente. Il est sur les mesures concrètes et il est sur des mesures qui vont de la vie quotidienne, du domaine de la santé au sujet lourd que sont la fiscalité. Et toutes ces mesures, tout ce qu'il a annoncé, même si effectivement il y a des choses qui sont différées et qui sont lourdes, visent, je crois, à dire aux Français, on ne s'enferme pas simplement dans les grands principes, on n'oublie pas les engagements de campagne.

Maintenant, je ne veux pas dire que la fête est finie, mais on rentre véritablement dans ce qui va être le quotidien, ce qui va être l'enjeu de ce quinquennat. Et j'essaie de m'adresser à peu près à tout le monde. Il y avait les parents, les parents d'enfants à travers les vaccins. Il y a aussi la jeunesse à travers les réformes du bac, tout ce qui relève de l'éducation. Il y a évidemment l'ensemble des salariés à travers tout ce qui va concerner la fiscalité, mais aussi les chefs d'entreprise à travers, là encore, la baisse de la fiscalité d'entreprise.

Donc il y a une espèce de feu d'artifice qui embrasse énormément de sujets et qui fait que chacun peut se dire, il y a une mesure là qui me concerne particulièrement, bonne ou mauvaise, parce qu'il y a effectivement aussi des choses qui sont différées.

7:59
Présentateur

Alors justement, elle et nous aussi, on entre dans le dur. Le gouvernement a préparé le terrain avec le rapport de la Cour des comptes. La France est dans le rouge et certaines promesses vont devoir attendre. Édouard Philippe promet malgré tout que les contribuables ne seront pas les variables d'ajustement. Il assure que les prélèvements obligatoires baisseront de 20 milliards sur la durée du quinquennat et la dépense publique de 3 points de PIB sur 5 ans. Voici les grandes lignes du programme économique et fiscal du quinquennat qui s'ouvre. Morceau choisi par Barbara Steck.

8:29
Édouard Philippe

Mesdames et messieurs, la France est dans les cordes et aucune esquive ne nous sauvera. J'ai conscience d'appeler à l'effort et au courage. Le constat est grave. 8 milliards d'euros de dépenses non financées. Notre dette atteint un niveau insupportable. 2 147 milliards d'euros. Chaque année, mesdames et messieurs, chaque année, la France dépense 42 milliards d'euros pour rembourser ses intérêts. 42 milliards, c'est plus que l'intégralité du budget que nous consacrons à notre défense nationale. Mais la vérité, c'est que quand nos voisins allemands prélèvent 100 euros en impôts et en dépenses 98, nous en prélevons 117 et en dépensons 125. Il y a une addiction française à la dépense publique.

Comme toute addiction, elle ne règle rien du problème qu'elle est censée soulager. Et comme toute addiction, elle nécessitera de la volonté et du courage pour s'en désintoxiquer. Le CICE sera transformé en un allègement de charges qui seront nuls au niveau du SMIC. La réforme entrera en vigueur au 1er janvier 2019. Une économie conquérante, c'est également une économie qui investit dans l'avenir. Il faut donc réorienter l'épargne des Français vers l'investissement productif. L'impôt de solidarité sur la fortune sera resserré autour du seul patrimoine immobilier afin d'encourager l'investissement dans la croissance des entreprises.

La réforme sera votée dès cette année, dans la loi de finances pour 2018 et entrera en vigueur en 2019. Je veux d'abord rassurer nos concitoyens. Les contribuables ne seront pas la variable d'ajustement du budget. Au contraire, les prélèvements obligatoires baisseront de 20 milliards d'euros d'ici 2022. Disons la vérité aux Français. Pour atteindre ces objectifs sur la dépense publique, il va falloir agir sur trois leviers. D'abord, stopper l'inflation de la masse salariale du secteur public, qui représente le quart de nos dépenses publiques. Ensuite, si nous voulons financer nos priorités et ne pas continuer à paupériser l'État, nous devrons choisir et remettre en cause certaines missions.

Faire bien ce que nous devons faire, arrêter de faire ce que d'autres font mieux que nous. Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisée. Partout, nous chasserons la dépense inefficace et le saupoudrage de crédit.

11:32
Présentateur

Alors, nous étions déjà en train de rebondir sur une phrase d'Edouard Philippe. Quand il dit « Partout, nous chasserons la dépense publique », on est bien d'accord qu'on ne sait pas pour l'instant où est-ce qu'il va trouver les économies.

11:47
Intervenant

Non, il ne l'indique pas. Il y a une affirmation. Les contribuables ne seront pas à la variable d'ajustement du budget. Et ensuite, les trois piliers qui vont permettre de réduire la dépense, on voit quand même ce qu'il y a. La masse salariale du secteur public, ça veut dire qu'il y aura, comme elle va augmenter mécaniquement, il y aura forcément une baisse du nombre de fonctionnaires ou une non-reconduction d'un certain nombre de fonctionnaires partant à la retraite. Ça, ça avait déjà été dit, c'est confirmé. Mais on ne sait pas très bien dans quelle proportion, à quel rythme, dans quel secteur. C'est un peu la même chose sur les autres piliers.

C'est-à-dire qu'on voit les principes, là, pour le coup, mais on n'a pas la mesure exacte. Et on se demande quand est-ce que les Français, pour le coup, seront éclairés.

12:26
Présentateur

C'était le moment de le faire ? C'est ça que vous laissez entendre ?

12:29
Intervenant

Il y a la loi de finances rectificatives qui arrivera en septembre, qui est annoncée pour septembre. Mais oui, il pouvait quand même aller plus loin s'il est prêt. Et on peut espérer qu'il soit prêt dans la façon dont il allait opérer ce type de réduction de la dépense. C'est une réduction de la dépense qui est indiquée, là.

12:43
Présentateur

D'autant que le constat, il est très sévère. Il fait penser à une phrase de François Fillon sur « La France est en faillite ». Ils avaient préparé un petit peu le terrain avec le rapport de la Cour des comptes. C'est le point de départ, c'est de dire qu'il y a une addiction française à la dépense publique et au déficit. Et ça, c'est terminé.

12:59
Intervenant

La semaine dernière, il a poussé une colère assez spectaculaire. Il prend le rapport de la Cour des comptes au pied de la lettre. Et contrairement à ses prédécesseurs, cette fois-ci, il en tire les conclusions. Jean-Marc Ayrault aurait voulu le faire avec François Hollande, ne l'a pas voulu. Même François Fillon aurait voulu que, dès le début du mandat, Nicolas Sarkozy lui permette de réduire beaucoup plus drastiquement la dépense publique. Ça n'a pas été possible. Là, cette fois-ci, la semaine dernière, il fait quelque chose qui est assez spectaculaire pour un Premier ministre. Et aujourd'hui, il répète « La France est dans les cordes et aucune esquive ne nous sauvera ».

Donc cette phrase, à mon avis, pose quand même la philosophie du Premier ministre en matière budgétaire. C'est une philosophie qui est quand même plutôt de l'austérité. Et s'il y a une différence avec Emmanuel Macron, on voit qu'il est prêt à endosser ce costume. Après, Brice a raison. Sur les pistes, c'est assez flou. Il y a effectivement l'annulation du dégel du point d'indice qui coûte extrêmement cher. Et on voit bien que pour 2018, il n'y aura pas d'augmentation pour les fonctionnaires. Gérald Darmanin l'a confirmé le soir même du rapport d'audit. Mais aujourd'hui, on attendait d'autres mesures. Elles n'ont pas été données.

Sinon, les habituels, on va revoir les niches, un certain nombre de choses. Mais c'est vrai qu'on a beaucoup plus de dépenses à la fin de cette déclaration de politique générale. Et elles sont très nombreuses. On va sans doute voir un peu... Certaines sont différées, mais elles sont très nombreuses que de... L'économie. L'économie. Et là, les économies, il faudra attendre pour voir. Alors, il y aura le débat d'orientation budgétaire en juillet, qui sans doute donnera une idée un peu de là où le gouvernement veut en venir. Mais c'est vrai que le cap des 3 %, il a dit qu'il le tiendrait.

14:42
Présentateur

Il va falloir le tenir.

14:43
Intervenant

Il va falloir le tenir. Il va falloir être courageux.

14:45
Présentateur

C'est ce qu'il a dit aux Français.

14:45
Intervenant

4 milliards dès 2017. Ça, ça va être possible de le trouver. Après, 8 en 2018. Mais il faut surtout arrêter le cap de l'augmentation permanente des dépenses publiques. Plus que boucher les trous.

14:58
Présentateur

Cette question, quelles mesures présenter dans ce discours sont censées permettre d'augmenter le pouvoir d'achat des Français ? Alors, il explique que le pouvoir d'achat des Français va augmenter pour 20 millions d'actifs.

15:10
Intervenant

Oui, on a quand même cette réforme fiscale qui va être étalée tout au long du quinquennat avec la hausse de la CSG, mais derrière la baisse de la taxe d'habitation. Donc, normalement, il y a une promesse de hausse du pouvoir d'achat pour ces Français-là. Ensuite, la hausse du pouvoir d'achat, c'est aussi essayer d'impulser l'économie vers la croissance. Et qui dit croissance, peut donner à un moment donné l'espoir de hausse des salaires. Et là, vous gagnez un peu de pouvoir d'achat. Si les entreprises se portent mieux, si elles les embauchent plus, s'il y a des tensions sur certains marchés de main-d'œuvre, on embauchera plus cher, on paiera plus cher les Français.

Et ceux qui sont très nombreux à temps partiel et qui échappent parfois aux chiffres principaux du chômage, ceux-là passeront peut-être à temps complet et gagneront aussi du pouvoir d'achat. Donc, c'est tout sur ce jeu-là qu'ils veulent jouer. Avec en plus des dépenses qui seront mieux remboursées. Et si demain, en effet, les soins d'enterre ou les lunettes sont mieux remboursées, pour beaucoup de Français, ça veut dire que l'argent que d'habitude on met dans ces lunettes, on pourra le mettre dans d'autres dépenses.

16:01
Présentateur

Alors, il y a un calendrier qui est un choix du gouvernement, qui va sans doute poser, qui va susciter pas mal de réactions politiques. Ça a déjà commencé, Eric Wörth, le président républicain de la Commission des Finances, qui dit, d'après ce que j'ai compris, la priorité du gouvernement, c'est d'augmenter la CSG. C'est-à-dire, on commence par les mauvaises nouvelles.

16:18
Intervenant

Oui, d'autant que c'était un des angles d'attaque, qu'un des Républicains qui n'avait pas réussi à le mettre sur le devant de la scène politique, justement, de façon efficace, en tout cas, avant les législatives. Ce qui est étonnant, c'est que quand on regarde les deux discours, c'est-à-dire que quand les Français regardent le discours de lundi, ils savent qu'il va y avoir une réforme institutionnelle, c'est dans un an. Donc, finalement, il y a une promesse claire qui est faite.

Et quand on écoute le discours beaucoup plus précis d'Edouard Philippe cet après-midi, finalement, il y a beaucoup de flou, notamment sur cette réduction pour 80%, enfin, suppression pour 80% des foyers de la taxe d'habitation, c'est quand ? Il n'y a aucune réponse là-dessus. Donc, c'est tout le paradoxe de ces deux discours, où un est finalement beaucoup plus précis que l'autre ne l'est réellement.

16:55
Présentateur

Et vous considérez que c'est un problème, après une séquence électorale qu'on vient de vivre, dont on a dit beaucoup, enfin, en tout cas, les oppositions à Emmanuel Macron, pendant la campagne, expliquaient qu'il y avait quand même beaucoup de flou dans son programme. Il y avait la promesse, celle qu'il a faite élire, mais il y avait beaucoup de flou dans le détail de son programme économique. C'est une occasion ratée.

17:14
Intervenant

Je trouve qu'en tous les cas, si la taxe, la réforme, parce que cette proposition d'exonération de la taxe d'habitation pour 80% des foyers, c'est quand même l'une des propositions phares, c'est le marqueur de la campagne d'Emmanuel Macron. Et peut-être même que ça lui a permis d'engranger, notamment, je pense aux personnes âgées, qui étaient évidemment, qui ont compris que la CSG, ça allait beaucoup les impacter, mais que la suppression de la taxe d'habitation pour beaucoup d'entre eux, ça allait sans doute équilibrer la mesure.

Si ça n'a lieu que à la fin du quinquennat, c'est-à-dire à l'horizon 2022, ils se font avoir, en quelque sorte, et ça, ils ne vont pas mettre de temps à le comprendre, les Français. Donc là, il y a un problème d'entrer sur une promesse majeure du candidat Macron, qui, rattrapé par la réalité, se rend compte qu'il ne peut pas la mettre en œuvre. Juste quand même, c'est entre 10 et 15 milliards, cette mesure, le coût de cette mesure qui a été évalué par l'Institut Montaigne. Donc ce n'est quand même pas une paille.

Effectivement, c'est difficile à mettre en œuvre quand vous cherchez 8 milliards par ailleurs et que vous avez décidé, Christophe le disait à l'instant, de tenir d'autres promesses, tout ce qui touche la santé et d'autres mesures qu'on égrènera. Donc effectivement, c'est un problème par rapport à la campagne électorale. En fait, il n'y a pas de reniement sur les mesures. Toutes les mesures qui ont été annoncées, elles sont bien à la proposée et elles vont se faire, nous dit-on. Il y a un jeu, en revanche, sur le calendrier, sur l'étalement de certaines mesures.

Donc si on raisonne sur l'intégralité du quinquennat, on peut dire qu'il réussit son coup et il est dans la continuité de la campagne électorale. Et il fait ce que François Hollande et Jean-Marc Ayrault n'avaient pas fait, c'est-à-dire d'emblée dire qu'il y a un problème majeur laissé par la précédente équipe, même si elle n'est pas nommée explicitement. Et du coup, ça peut permettre de justifier l'étalement dans le temps de certaines mesures. Donc la pilule sera peut-être un peu grosse à digérer pour une partie des Français, mais on ne peut pas dire non plus qu'il y a un reniement. Il y a beaucoup de mesures qui avaient été annoncées et qui vont être lancées.

19:12
Présentateur

Si on fait deux pas en arrière, quelle est la priorité de ce gouvernement ? Ce que vous disiez à l'instant, Sazie-Kamina, il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup, y compris de mesures dans le détail, on va y venir, qui sont annoncées par le Premier ministre. Quand vous lisez ce discours de politique générale, quand vous l'entendez, ce que vous venez de faire à l'instant, Christophe Barbier, vous dites, voilà, la priorité de ce gouvernement, dans les six mois qui viennent, c'est quoi ?

19:34
Intervenant

Elle a été formulée par le Premier ministre, ne pas donner aux Français le regret de leur optimisme. Ils ont été optimistes en choisissant ce président, en choisissant ce programme, en choisissant cette majorité. Il ne faut pas que dans six mois, dans deux ans, dans cinq ans, ils aient des regrets d'avoir été optimistes. Et de ce côté-là, il joue un peu avec le feu, en tout cas, il est un peu funambule.

Ne serait-ce que parce qu'avec certains chantiers, notamment la taxe d'habitation, il est en train de braquer, le pouvoir central est en train de braquer, les collectivités locales qui vont perdre cette recette de la taxe d'habitation, qui voient une carte politique être redessinée avec des députés qui vont représenter 200, 250 000 personnes. Donc ça chamboule l'espace politique, l'écosystème politique français. Et qui vont voir aussi, parce qu'il y aura des économies sur la fonction publique, des services de l'État se désagréger, ne plus faire ce que d'autres font mieux que nous.

Ça veut dire qu'il y aura moins de services de l'État au plus près des Français et que donc les collectivités territoriales à qui on va couper un peu les vivres vont devoir assumer la reprise de ces services-là. Un gros effort va leur être demandé d'économie de fonctionnement, sans nul doute.

20:30
Présentateur

Il a beaucoup parlé des territoires, en laissant entendre qu'on allait beaucoup discuter avec les territoires pour faire passer la pilule.

20:35
Intervenant

Exactement, mais les territoires vont être soumis à un rude régime. Et les ministres, le président considèrent que les dérapages de finances publiques qu'on évoque sont en grande partie le fait, depuis 10-15 ans, des collectivités locales qui ont trop embauché, qui ont trop développé les dépenses de fonctionnement.

20:50
Présentateur

C'était un discours de droite, d'un Premier ministre de droite, ou c'était un discours de, en même temps, la République en marche ?

20:56
Intervenant

C'est quand même un discours de droite, quand même un discours libéral. Oui, c'est quand même plutôt un discours de droite, ne serait-ce que par la tonalité un peu plus d'austérité qu'il donne, même s'il ne détaille pas comment il va boucher les trous et comment il va réduire la dépense publique. On sent quand même que ce Premier ministre, sa pente naturelle, c'est ça. Sur l'élection, c'est de droite aussi. Oui, et puis c'est vrai qu'il est sur cette pente-là. Bon, il marche lentement vers la République en marche, mais bon, c'est le en même temps du président Macron. On a eu les deux discours en deux jours.

21:29
Présentateur

Ce n'est pas rien, parce qu'on a suffisamment parlé ici, même sur ce plateau, de cet attelage. On avait été surpris par le choix d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe, en se disant comment va-t-il faire pour ne pas renier ses convictions. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que c'est un homme qui est sur ses fondamentaux ? D'ailleurs, il a cité Alain Juppé, il a rendu hommage à Alain Juppé. Ou est-ce qu'il est devenu macroniste ?

21:48
Intervenant

À ceci près qu'il manque sans doute pour avoir les deux piliers de la droite, parce que c'est vrai que sur la liberté du monde économique, tout ça, là, on y est. Sur la promesse de bonne gestion, de rigueur, on y est. Sur la sécurité, c'était quand même plutôt faiblard par rapport à ce que la droite avait promis pendant la campagne. Et même sur la laïcité, il y avait un certain flou. Et là, on voit qu'il y a dû avoir, le document de travail a dû circuler entre l'Elysée et Matignon.

22:17
Présentateur

On n'a pas très bien compris ce qu'il voulait dire sur la laïcité. Pas vraiment, non, d'ailleurs.

22:20
Intervenant

Mais sur le strict plan économique, il y a effectivement une attention très forte à la réduction de la dépense publique. Ça, ça peut être un tropisme qui le pousse plutôt vers la droite. Et en même temps, il y a aussi des mesures sur le pouvoir d'achat qui sont très frappantes. Parce que la suppression des cotisations salariales et de maladies et leur remplacement par l'augmentation de la CSG, ça va quand même avoir un impact positif pour des millions de Français. Il y aura des gagnants et des perdants. Mais il y a des gagnants qui vont voir sur leur feuille de salaire une augmentation du pouvoir d'achat net. Les mesures autour de la santé peuvent aussi créer du pouvoir d'achat.

Et c'est ça, je trouve, qui est assez intéressant. C'est qu'à la fois, il y a cette volonté de réduire la dépense et de respecter les 3%. Et en même temps, cette tentative de compenser cela par une hausse de pouvoir d'achat. Alors le réglage, il va se faire dans le temps. Mais les choix, ce n'est pas l'austérité, uniquement l'austérité, me semble-t-il.

23:09
Présentateur

Alors justement, l'un des principaux opposants à Edouard Philippe dans l'hémicycle cet après-midi, c'était Jean-Luc Mélenchon. Je vous laisse écouter sa réaction.

23:17
Locuteur 2

Vous entrez dans le régime du coup de force permanent. Et cela, non pour changer d'urgence les recettes libérales qui nous ont conduits au désastre actuel, mais pour au contraire en élargir sans limite les domaines d'application. Cette ligne moyenne européenne que vous ne cessez d'évoquer, c'est la ligne de flottaison en dessous de laquelle sont tirées les munitions, qui coulent la nation, détruisent son État, ses services publics, étranglent la Grèce, condamnent au sous-développement tout le vieux continent.

23:46
Présentateur

Bon, il avait peut-être écrit son discours avant d'entendre Edouard Philippe. Bon, il tape sur l'austérité, sur un discours de droite.

23:54
Intervenant

Oui, et puis finalement, la façon dont Jean-Luc Mélenchon s'exprime, là, c'est sans surprise. C'est ce qu'il dit quasiment depuis le premier tour de la présidentielle, quand il a su qu'il ne serait pas au second tour. C'est intéressant ce qui est en train de se passer. Il est quand même en train de préempter totalement la place de premier opposant. Alors, parfois en tâtonnant avec cette histoire, vous vous souvenez, un peu ridicule, de cravate, pas cravate dans l'hémicycle, mais il y a eu des choses plus importantes depuis. Là, ce qui est intéressant, c'est que Marine Le Pen n'a pas réussi pour l'instant à constituer de groupe à l'Assemblée. Elle fait partie des non-inscrits.

Donc, c'est lui qui parle, qu'on entend beaucoup, qu'il faut s'y faire. Et puis, les Républicains sont profondément divisés. Ils ont à leur tête quelqu'un qu'on connaît déjà, Christian Jacob. Il était déjà là sous la précédente mandature. Tandis que Jean-Luc Mélenchon, on le voit bien, il aime les caméras de télévision. Il est nouveau dans leur objectif. Il est nouveau au Palais Bourbon. Donc, il joue de ça à plein. Et on va l'entendre beaucoup, beaucoup, beaucoup. Même s'il a réclamé des vacances, on sait qu'il sera là pour la réforme du Code du Travail et qu'il va essayer de se battre pied à pied pour essayer d'agrandir son périmètre politique. Qu'est-ce qu'il voit ?

Il voit le délitement au Parti Socialiste. Il voit qu'il peut prospérer par là. Il voit le départ de Benoît Hamon. Et il voit cette explosion de la gauche sur laquelle il espère prospérer, lui.

24:57
Présentateur

Alors, il y a la France qui tient les déficits à Bruxelles. Et puis, il y a la France conquérante. Il y a la France de l'intelligence artificielle. C'est celle qu'a défendue aussi Édouard Philippe à la tribune à l'instant. Et il parle aussi d'un plan d'investissement de 50 milliards. C'est-à-dire, là, on est sur lui en même temps. C'est pas rien.

25:14
Intervenant

Et c'est 50 milliards appuyés, financés sur de l'endettement. Voilà. Ça veut dire que d'un côté, on nous dit, attention, on arrête les déficits, ce qui est une très bonne politique, pas seulement pour plaire à l'Europe, mais parce que dépenser plus que ce qu'on gagne, c'est déraisonnable, surtout qu'on le fait depuis plus de 40 ans. Mais il y a quand même l'idée qu'en ce moment, l'argent n'est pas cher sur les marchés mondiaux. Et que s'endetter aujourd'hui, pourvu que ça soit pour investir et pas pour le fonctionnement, c'est une bonne affaire. Et donc là, il y a une économie assez souple, assez intelligente, qui est plutôt bonne.

De la même manière que quand il dit, l'État ne doit pas faire ce qu'il ne sait pas bien faire, ça peut augurer d'un plan de privatisation. Est-ce que l'État doit fabriquer des voitures, s'occuper d'avions, d'énergie ? Peut-être que l'État doit se recentrer sur le régalien et vendre les parts qu'il a dans certaines grandes compagnies, grandes parties privées, où l'État n'est plus qu'un partenaire minoritaire.

25:56
Présentateur

Ça, ça va être, à votre avis, ça va cristalliser les critiques, le fait de dire « la France danse sur un vol quand la France est dans les cordes » et dans le même temps, on lance un plan d'investissement de 50 milliards financé par de la dette.

26:08
Intervenant

Non, je ne crois pas. Moi, je crois qu'au contraire, l'idée qu'on puisse simultanément tenter de réduire les déficits, mais ne pas sacrifier pour cela l'investissement, c'est aussi ce que Nicolas Sarkozy avait cherché à faire. Dans des proportions moindres, il avait lancé un plan d'investissement pour l'avenir, qui était moins important. Et ça, c'est quelque chose qui est plutôt bien accepté par la population. Ce qu'elle refuse, c'est l'idée qu'on se serre la ceinture uniquement pour réduire les déficits et, dans l'imaginaire, en tous les cas, que ce soit quelque chose d'imposé uniquement par Bruxelles, par l'Europe.

Mais si vous êtes capable de dire « il faut réduire les déficits, il faut réduire la dépense publique et en même temps, on fabrique de la croissance, on investit pour l'avenir », c'est plutôt quelque chose qui permet de compenser cette idée d'austérité pour l'austérité. Et là, ce n'est pas un grand emprunt auprès des Français, où il faut faire un taux intéressant, c'est sur les marchés apparemment. Donc c'est vraiment pour profiter des opportunités, des liquidités actuelles.

26:55
Présentateur

Donc vous diriez qu'il y a une forme d'équilibre politique qui a été trouvé dans cet exercice-là ?

26:59
Intervenant

Moi, je trouve que c'est plutôt astucieux. À chaque fois, il y a bien cette idée de réduire un certain nombre de déficits et en même temps, pardon de reprendre le... Non, mais ce n'est pas grave, allez-y. Et en même temps, d'essayer de générer de l'activité, du pouvoir d'achat ou de réduire la dépense publique, de privatiser très probablement, on le voit bien sur certains aspects du discours, mais aussi privilégier le rôle de l'État, donc avec de l'investissement qui sera défini plutôt par l'État.

27:23
Présentateur

Un mot quand même sur les entreprises qui s'attendaient à une baisse de charges, notamment sur la question du CICE. Il n'y a pas eu un discours très pro-entreprise, baisse du coût du travail, comme on ne pouvait s'y attendre de la part d'Édouard Philippe ?

27:39
Intervenant

Le « j'aime l'entreprise » de la Néval, par exemple. Non, on ne l'a pas eu. En même temps, les promesses du candidat Macron sont là, s'agissant de l'entreprise, même si, alors il faudra vérifier sur le calendrier, mais enfin globalement, le CICE est transformé en baisse de charges. Mais pas tout de suite. Pas tout de suite, effectivement. La suppression du RSI, la baisse de l'impôt sur les sociétés.

28:07
Présentateur

Pas tout de suite non plus.

28:07
Intervenant

Pas tout de suite non plus. Effectivement, c'est toujours… Mais ça arrête quand même plus vite que la taxe d'habitation, quand même, s'agissant du RSI 2018 et du CICE 2018. Donc, les mesures sont quand même là. Ce qu'avait promis Emmanuel Macron tout y est, j'allais dire. Et ensuite, on voit bien qu'ils ont posé comme base philosophique de leur politique économique la liberté. Donc ça, Emmanuel Macron et Édouard Philippe sont totalement raccords sur ce sujet. Et il n'y aura pas de débat. Et puis, la situation n'est plus la même qu'il y a 3-4 ans. Il y a une légère reprise quand même en ce moment. Les carnets de commandes se remplissent tout doucement.

Donc, on n'est pas obligés de faire un traitement d'urgence auprès des entreprises. Par ailleurs, il y a tout le travail de Muriel Pénicaud qui, sur le droit du travail, va quand même donner satisfaction à bon nombre des revendications patronales. Va assouplir quand même beaucoup de choses si c'est mené à terme. Et puis enfin, le patronat avait promis un peu un million d'emplois quand même. Ils avaient même le badge. En échange, bon, alors peut-être que le gouvernement précédent n'avait pas fait tout le chemin que ce million d'emplois devrait être… – La Hollande ne les a pas vus. – On ne les a pas vus, ces emplois non plus.

Donc, c'est au patronat maintenant de montrer que sur un pacte de confiance avec ce gouvernement et ce président, qui crée d'ailleurs dans le monde des affaires internationales un nouvel attrait pour la France, le patronat français, il est au rendez-vous. Il prend des risques, il investit, il embauche parce qu'il a confiance dans l'économie française de 2018 et de 2019.

29:26
Présentateur

– Un mot, un mot qui était absent du discours du président de la République hier, qui était un peu présent dans celui du Premier ministre aujourd'hui, c'est chômage. La priorité des Français, je me tourne vers vous, Brice Nassoli, on est d'accord que c'est l'emploi. – Ça reste l'emploi. – Comment expliquez-vous que ce soit aussi peu présent dans ces deux exercices de rentrée qui sont majeurs et qui sont censés donner l'impulsion de ce quinquennat ?

29:51
Intervenant

– Parce que je crois qu'Emmanuel Macron, tout comme François Fillon, ne veulent pas s'engager sur le chômage, mais s'engager beaucoup plus sur le déverrouillage de la société française et la capacité à remettre de la croissance dans le pays qui ensuite produira des effets sur l'emploi, avec malgré tout des mesures importantes sur le marché du travail. Mais il n'y a pas ce leitmotiv que les Français ont entendu depuis 40 ans et qui s'est toujours soldé par un échec, du volontarisme pour lutter contre le chômage.

30:16
Présentateur

– On ne s'engage plus. On ne s'engage plus à dire on va essayer au moins de baisser le chômage.

30:19
Intervenant

– On s'engage sur des mesures qui doivent normalement permettre de recréer de la croissance et donc quand même de lutter contre le chômage. Mais on ne prend plus un engagement comme ça dès le départ sur la baisse du chômage. Il est vrai qu'il y a eu de quoi refroidir quand même quelques ardeurs. Souvenez-vous des engagements de François Hollande sur l'inversion de la courbe du chômage. Et puis on pourrait faire la litanie justement des formules depuis 40 ans des présidents et des premiers ministres, de Raymond Barr jusqu'à aujourd'hui, qui vous ont annoncé la sortie du tunnel.

– Et puis surtout pour une fois, en tous les cas, on a tellement entendu dans les discours de politique générale qui se sont succédés depuis tant d'années. On n'a pas le pansement habituel des emplois aidés qui coûte énormément cher. On n'a pas eu le paragraphe, le long paragraphe que les premiers ministres ont presque tous consacré. À l'exception de François Fillon, il est vrai qu'il lui était contre, mais qu'il a quand même eu recours en fin de mandat pour essayer de faire baisser le chômage. Parce que tout ça, c'est toujours artificiel. C'est les fameux emplois aidés qui coûtent très cher. Là, manifestement, c'était absent du discours aujourd'hui.

Donc la philosophie de la création de l'emploi, c'est quand même les entreprises. Comme le disait Christophe, cette fois-ci, on leur donne les moyens, on accède à un certain nombre de mesures qu'elles croient positives pour la création d'emplois. Et maintenant, on verra si ça marche.

31:32
Présentateur

Ça ne peut pas leur être reproché. C'est juste la question qu'on peut se poser. Ça ne peut pas leur être reproché de dire « Bon, on mobilise les Français pendant une heure pour leur dire qu'on va s'atteler aux réformes essentielles » et on ne parle pas de leur principale préoccupation, à savoir le chômage.

31:45
Intervenant

Sur cette préoccupation-là, je ne pense pas. En revanche, je trouve qu'il y a des oubliés dans ce discours. Il y a les oubliés, tout simplement, de la France qui souffre au quotidien. Et là, on n'a pas eu de véritables mesures en leur direction, ni même un plaidoyer, ne serait-ce que rhétorique, mais au sens profond, positif du terme. Donc, il y a beaucoup de choses qui s'adressent à beaucoup de Français.

Il n'y a pas ce que chaque président ou Premier ministre de droite ou de gauche quand même intégrer en général, c'est-à-dire soit une mesure, soit quelque chose en direction de ceux qui ne sont pas dans cette France-là, qu'on essaye de remettre en marche, qui sont la France qui souffre, donc qui est la France au chômage, mais ça va bien au-delà. Aussi, la précarité, la pauvreté, les difficultés, cela, on n'en a pas vraiment entendu parler.

32:26
Présentateur

Christophe Barbier, très vite.

32:27
Intervenant

Il y avait normalement dans le programme d'Emmanuel Macron l'idée d'être un peu plus sévère sur les allocations chômage pour pousser à la reprise d'un emploi. On n'en a pas eu la déclinaison cet après-midi, sauf erreur de ma part, de même qu'on n'a pas la réponse à la demande du président hier, comment aider sans assister, comment sortir de l'assistanat. On a juste eu un moment d'Edouard Philippe sur la mauvaise qualification des Français, les Français qui sortent de l'école sans être assez qualifiés pour trouver un emploi. Mais là, ça reste en effet très fou.

32:50
Présentateur

Alors en tout cas, Edouard Philippe n'a pas hésité à aborder les sujets qui concernent la vie quotidienne des Français. Le remboursement des lunettes, la réforme du bac, le prix des cigarettes ou encore l'accès aux très hauts débits partout en France. Dans ce qu'en discours de politique générale, le Premier ministre n'a pas hésité à mettre les mains dans le cambouis, à lâcher les grands principes et la révolution voulue par Emmanuel Macron pour entrer cette fois-ci dans le très concret. Un inventaire à la Philippe avec Romain Becker.

33:16
Édouard Philippe

En matière de lutte contre le tabac, il nous faut assumer des choix courageux. Chaque année, le tabac en France entraîne plus de 80 000 décès. C'est la première cause de mortalité évitable et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu. Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros en luttant sans merci contre les trafics qui minent cette politique de santé autant qu'ils fragilisent ceux qui respectent la loi. Des maladies que l'on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire. Des enfants meurent de la rougeole aujourd'hui en France. Dans la patrie de Pasteur, ce n'est pas admissible.

L'an prochain, les vaccins pour la petite enfance qui sont unanimement recommandés par les autorités de santé deviendront obligatoires. Enfin, notre stratégie de santé devra rompre le cercle vicieux du renoncement aux soins. D'ici la fin du quinquennat, tous les Français auront accès à des offres sans aucun reste à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives. Nous voulons arriver à la neutralité carbone d'ici 2050. C'est pourquoi nous n'attribuerons plus de nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbures. La convergence diesel-essence sera atteinte avant la fin de la mandature. La montée en puissance de la fiscalité carbone sera accélérée.

Et nous diviserons par deux les déchets mis en décharge et recyclerons 100% des plastiques sur tout le territoire d'ici 2025. Nous conduisons 60%, 60% mesdames et messieurs les députés, de bacheliers à l'échec en licence. Enfin, scandale absolu, scandale absolu, des bacheliers, y compris parmi les plus méritants, se retrouvent exclus par tirage au sort des filières universitaires qu'ils ont choisies. Où est l'égalité ? Où est le mérite ? Où est la République ? Nous ne pouvons plus l'accepter. Quant au baccalauréat, nous le ferons profondément évoluer.

Une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine pour resserrer les épreuves finales autour d'un petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu. Nous aboutirons avant septembre 2018 pour une mise en œuvre complète de cette réforme pour le bac 2021. Fixons-nous un objectif simple, avoir des services publics numériques de même qualité que ceux du secteur marchand. Pour ce faire, nous mettrons en place une plateforme numérique et demanderons à chaque administration d'y loger ses applications. Un compte citoyen en ligne sera le nouveau lien entre les Français et leurs administrations. Certains diront que c'est trop compliqué, trop ambitieux.

J'ai été avec un certain nombre de membres du gouvernement en Estonie la semaine dernière. Eux l'ont fait. Il ne me paraît pas qu'il soit beaucoup plus agile ou que nous soyons beaucoup moins à droit. La révolution de l'intelligence artificielle est devant nous. Elle est en vérité déjà là. Et elle nous touchera tous, dans tous les domaines de la production. Ceux qui font mine de l'ignorer seront les premiers saisis par sa puissance. Nous devons nous y préparer.

36:54
Présentateur

Alors, nous reprenons notre discussion avec cette question. Quelles mesures pour les petits retraités ? Pour l'instant, des mauvaises nouvelles.

37:04
Intervenant

Oui, pour l'instant. Alors, les petits, non, ils doivent être préservés, notamment de la hausse de la CSG. Sur les retraités plus aisés, c'est plutôt des mauvaises nouvelles. Si, ils annoncent quand même à la fois, il a parlé d'une revalorisation de l'allocation pour handicapés et du minimum vieillesse. Et ceux-là sont épargnés en plus de la CSG. C'est les retraités plus aisés qui doivent s'inquiéter. Mais finalement, est-ce que ce n'est pas justice ? Les baby-boomers, comme on les appelle, sont passés à travers toutes les gouttes de la crise économique, ont la chance de bénéficier d'une espérance de vie assez longue, en étant partis très tôt à la retraite, pour certains à 60 ans.

Et donc, c'est sur les générations futures qu'ils font peser cela. Ils ont du capital, encore une fois, pour les plus aisés. Il y en a beaucoup qui ont beaucoup de mal et les petits retraités sont à prendre en compte. Mais sur les retraités les plus riches, il est normal de procéder à du transfert intergénérationnel et de faire en sorte que les jeunes générations qui, elles, font des études tardives, sont au chômage, gagnent peu et sont hyper fiscalisés, récupèrent un peu de cet argent.

37:55
Présentateur

– La question, c'est où vous mettez le curseur ?

37:57
Intervenant

– Ah oui, après, c'est des calculs.

37:58
Présentateur

– Ça aussi, c'est bien gardé de nous dire à partir de…

38:00
Intervenant

– …alchimistes pour qu'il n'y ait pas de colère sociale et pour que ça fonctionne bien économiquement.

38:04
Présentateur

– On l'a vu dans ces extraits sélectionnés pour nous par la rédaction de Cédans l'air, énormément de sujets abordés qui sont des sujets très concrets. Alors, on va les prendre les uns après les autres. Sujet très ambitieux, le bac, la réforme du bac. Alors, est-ce qu'il y avait une urgence là-dessus ? Peut-être pas, en tout cas, c'est un engagement du président de la République et c'est pas rien.

38:25
Intervenant

– Il y a urgence là-dessus. Regardez les palinodiers auxquels on a assisté avec des copies perdues, retrouvées, des épreuves qu'on recommence. C'est devenu ridicule. Et par ailleurs, on sait que ce bac ne sert pas à ce qu'il doit servir, c'est-à-dire la première marche de l'enseignement supérieur, puisqu'après, en effet, on a du tirage au sort et de l'échec. Alors, en revanche, on ne peut pas simplement se contenter de réformer le bac sans penser complètement l'accès à l'emploi de ceux qui n'iront plus vers le bac général, si on le réforme, et qu'il faut mettre dans une politique d'apprentissage plus efficace que ce qu'on a fait.

De la même manière que le tabac, le paquet à 10 euros, c'est très courageux et c'est très bien, mais il faut en même temps, et là, le « en même temps », il manque, avoir une politique de santé qui fait qu'en 10-15 ans, on se débarrasse de ce fléau, sans mettre non plus au chômage et à la ruine les débits de tabac, et puis les gens qui travaillent dans l'industrie du tabac. C'est une politique beaucoup plus globale qu'il faut avoir derrière ces annonces.

39:13
Présentateur

Vous avez raison de parler aussi de la hausse du prix du tabac, qui peut être perçue comme une taxe supplémentaire. Il y a la politique de santé d'un côté...

39:21
Intervenant

Ça, c'est quand même, forcément, c'est un petit peu les couches populaires qui en pâtissent le plus, ça augmente fortement. L'objectif, c'est quand même de faire diminuer la consommation de cigarettes ensemble. Au passage, l'État peut envisager, un spécialiste me disait avant l'émission que c'est 5 milliards, ça peut rapporter l'augmentation. Donc, c'est intéressant pour les caisses de l'État. Oui, mais plus l'économie à terme de ceux qui n'auront pas de cancer. Oui, mais là, je parle simplement en termes de ressources pour l'État sur la seule augmentation à consommation constante, alors que l'objectif est quand même de faire baisser la consommation.

Donc, c'est quand même intéressant, mais c'est quand même une mesure qui va être, pour une partie de l'opinion, prise que ça touche les couches peut-être les plus populaires qui, aujourd'hui, Brice le disait, ne voient pas aujourd'hui ce qui va leur permettre de voir leur pouvoir d'achat améliorer très rapidement.

40:13
Présentateur

Tout comme la convergence dièse à l'essence, c'est écolo, mais c'est des hausses de taxes. Comment ça se passe, la convergence dièse à l'essence ? Ça veut dire quoi ? Il parle de la fiscalité carbone aussi dans la partie sur l'écologie.

40:27
Intervenant

Oui, c'est un autre sujet lié à l'environnement, mais c'est la question du tabac quand même, parce qu'on regarde toujours ces mesures, soit à l'aune d'un objectif de santé publique, soit en prenant en compte l'effet sur le pouvoir d'achat. Mais les catégories populaires, elles sont tout aussi exposées au cancer du poumon que les autres catégories, et même davantage. Donc moi, je crois qu'il faut rester sur l'objectif de santé publique, et ce qui est très volontariste, là, pour le coup, c'est tout le volet santé publique. Parce qu'il y a cette mesure, il y a la mesure des vaccins.

40:52
Présentateur

Obligatoire.

40:53
Intervenant

Obligatoire, qui va aussi faire polémique, qui va créer des tensions, mais il est vrai qu'il y a une méfiance qui s'accroît chez les Français, et du coup, une baisse de la vaccinologie. Donc, sur le volet santé publique, je trouve que c'est quelque chose de très volontariste, et qu'il faut le prendre et raisonner en termes de santé publique beaucoup plus qu'en termes d'effet sur le pouvoir d'achat.

41:11
Présentateur

C'est courageux, au fond, de s'être attelé, comme il l'a fait, à des mesures aussi concrètes, qu'on vient d'évoquer ensemble, ou pas ?

41:18
Intervenant

Là, oui, moi, je trouve, et ce sont des sujets clivants. Parce qu'effectivement, la hausse du tabac va faire des mécontents, et l'obligation aussi des vaccins, d'autant que c'est un nombre important de vaccins qui sont packagés et qui vont être rendus obligatoires, va créer des mécontentements également. Mais c'est là où, à un moment donné, un pouvoir prend des responsabilités, et ensuite, il peut être contesté, mais il prend ses responsabilités.

41:40
Présentateur

C'est ce qu'il a défendu sur la méthode, en disant que ce sont des politiques publiques qui ont l'air longues, fastidieuses, mais qui finissent, à la fin, à donner des résultats. C'est-à-dire qu'il y a ce qu'il y a, sur le fait que le Premier ministre, ça lui a été reproché. Je pense que vous entendrez les uns et les autres des réactions politiques, de Marine Le Pen, notamment, qui dit « C'était un discours au ras des pâquerettes, on n'attend pas ça d'un Premier ministre ». Est-ce qu'à votre avis, les Français qui ont peut-être regardé le discours de politique générale se disent « Au fond, on parle de nos problèmes, on parle des sujets qui nous concernent ».

42:08
Intervenant

Exactement, ils ont entendu tout ce que vous venez de résumer, c'est-à-dire le paquet de cigarettes à 10 euros, la convergence fiscale d'ISL Essence. Ça, effectivement, ça peut poser un problème pour des catégories populaires qui sont souvent excentrées des centres-villes et qui, donc, se déplacent en voiture pour aller au travail. En même temps, on remarque qu'on est quand même à minima sur ce qu'ils pouvaient promettre en matière de transition écologique. On attendait plus que ça, vu les demandes de Nicolas Hulot. On va voir comment ça va se passer, si on n'est que dans une ébauche et si on va aller un peu plus loin.

Mais pour l'instant, c'est quand même un peu juste, je trouve, sur ce volet-là. Mais donc, il y a des choses qui sonnent aux oreilles. 11 vaccins pour les enfants, tout le monde comprend. Tout le monde est allé faire vacciner ses enfants. Au moins un ou deux ou trois vaccins. Enfin, il y avait trois vaccins obligatoires. Donc, effectivement, c'est un discours dans lequel tout le monde peut piocher ce qu'il a envie de piocher. D'ailleurs, c'est intéressant de voir que le sujet le plus ardu sur la dépense publique, il arrive au bout de 45 minutes de discours. Donc, il est un peu camouflé vers la fin. Il a commencé par le facile.

Et puis avant, voilà, on parle, on fait des hommages et c'est nécessaire et c'est beau. On parle des sujets plus quotidiens avec la volonté que les Français gardent. Ils vont garder quoi à l'oreille ? Ils vont garder exactement tout ce que vous venez de dire parce que tout le monde sait de quoi ils parlent. Juste un point quand même sur la réforme du BAC. Comme ça, dit comme il l'a fait cet après-midi, un peu de contrôle continu, moins de matière, il va limiter le nombre d'épreuves. On sait que le BAC, par ailleurs, quelque chose qui coûte très très cher, c'est devenu une énorme machine que l'État, même le ministère, a du mal à maîtriser.

Maintenant, tant il y a de spécialités, d'épreuves, c'est devenu très compliqué. C'est une réforme à laquelle Jacques Chirac et François Fillon s'étaient attelés il y a quelques années. Et ils l'avaient abandonnée parce qu'il y avait eu aussi beaucoup de réticences. La réforme du BAC, c'est assez symbolique. Et il faudra voir comment Jean-Michel Blanquer va se saisir de ce sujet. C'est intéressant parce que je crois que le BAC, Christophe le disait, on est un peu arrivé à la fin de quelque chose où ce n'est plus la première marche vers l'enseignement supérieur. Et c'est vrai que 60% des bacheliers n'arrivent pas au niveau du BAC plus 3. Et c'est quand même un problème.

Ça veut dire qu'il n'y a pas de préparation suffisante au niveau du BAC vers l'enseignement supérieur. Donc c'est une réforme qui sera compliquée. Rendez-vous dans quelques mois. 2021.

44:22
Présentateur

Ah oui.

44:23
Intervenant

On a un peu le temps. S'il s'agit de clore les études secondaires, le contrôle continu est fait pour ça. Plus peut-être quelque chose de symbolique, une ou deux épreuves écrites. Puis surtout un grand oral pour sortir. Ça serait bien. Mais le vrai problème, c'est que le BAC, ça fait gagner beaucoup d'argent aux professeurs. Enfin, un peu d'argent, c'est des primes de correction de copies. Donc ça met un peu de beurre dans leurs épinards. Donc il faudra aussi régler ce problème-là. Comment compenser la perte de revenus que les courageux enseignants qui surveillent et qui corrigent vont devoir endosser ?

44:49
Présentateur

Alors, puisqu'il y a un discours dans lequel il faut piocher, piochons. Dans les mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre, il y a ce qui avait été un vrai argument de campagne pour Emmanuel Macron, à savoir le remboursement à 100% et la fin du reste à charge sur les prothèses auditives, sur les soins dentaires, sur les lunettes. Alors, il dit ça d'un côté. Il confirme cet engagement présidentiel d'Emmanuel Macron. Et de l'autre côté, il dit, attention, retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale en 2021, quelque chose comme ça.

45:19
Intervenant

C'est là où on attend quand même quelque chose de beaucoup plus précis sur comment tout cela va-t-il être financé et quelle est la balance au final. Parce qu'une chose est de réaffirmer ce principe. C'est important. C'était pendant la campagne électorale. Après, ça reste flou aussi sur le type... Il n'y aura aucun reste à charge qui doit être imposé aux Français. Mais on ne sait pas très bien quand même quel type de matériel ils pourront comme cela avoir en termes de lunettes, de soins dentaires ou autres. Donc, il y a beaucoup de précision sur le contenu et également sur le financement global qui manque.

45:50
Présentateur

Alors, est-ce que c'est un faux procès qu'on fait à Edouard Philippe en ce moment même ? C'est-à-dire de demander des détails, de demander des arbitrages plus précis. Est-ce que c'est le genre d'exercice dans lequel on peut aller si loin dans la mise en œuvre et dans le détail des réformes ?

46:06
Intervenant

Il ne peut pas détailler tous les process pour arriver aux éléments qu'il fixe. C'est forcément compliqué. Puis ça relève après d'un débat d'orientation budgétaire. Il y a aussi des histoires de Candrier. Mais c'est vrai, quand il dit notre stratégie de santé devra rompre le cercle vicieux du renoncement aux soins, c'est ce qu'on fait depuis à peu près deux décennies, voire un peu plus. Il ne nous dit pas comment il va arriver à cet objectif puisque finalement, Emmanuel Macron avait fait sensation avec cette proposition pendant sa campagne qui avait surpris, alors que tout le monde sait que c'est ce qui coûte le plus cher. Pour le coup, ça parle vraiment directement aux Français.

Les soins dentaires, les lunettes, tout ça, c'est extrêmement cher. Et là, il ne nous dit pas comment il va renoncer, comment il va rompre cette stratégie du... En gros, la fameuse stratégie du déremboursement. On ne rembourse plus ça pour essayer de sauver d'autres soins. Là, il ne nous dit pas comment. Non, mais c'est effectivement un mauvais procès parce que déjà, ce discours, et on le dit nous-mêmes, il est fait de beaucoup d'annonces de mesures très concrètes qui fait que ça part un petit peu dans tous les sens.

Donc si en plus, on devait avoir le financement précis, détaillé de chacune des mesures, d'abord, ça durerait 4 heures, et ensuite, ce n'est pas le rôle, ce n'est pas la fonction de ce discours inaugural. En revanche, il y aura une demande très rapide et très forte, je pense, dès les semaines à venir et à la rentrée, pour qu'il y ait quelque chose de beaucoup plus précis sur le comment, maintenant.

47:37
Présentateur

On n'a pas parlé de ce qu'il raconte beaucoup de ce qu'est, Emmanuel Macron, le haut débit, l'intelligence artificielle, cette France tournée vers l'innovation. Là aussi, c'est la marque de fabrique d'Emmanuel Macron. Et au final, on se dit, si on cherche qu'est-ce qui est de la plume d'Edouard Philippe dans ce discours, est-ce que vous voyez quelque chose dont vous dites ça, c'est vraiment lui ?

47:59
Intervenant

Comme maire du Havre, il a été extrêmement branché, si j'ose dire, sur ces sujets-là, à travers le forum de l'économie positive qu'il a sans cesse accueilli, à travers le développement des grands flux. Il a fait allusion d'ailleurs à la France des ports et il est persuadé que le transport de marchandises physiques, le transport numérique, les flux d'activité, tout ça peut être cohérent. L'idée d'un grand Paris, d'ailleurs, qui aille jusqu'à Havre, jusqu'à l'embouchure de la Seine, ça le travaille aussi. Donc là, il est parfaitement en phase avec le président Macron.

C'est beaucoup d'incitation fiscale pour que les entreprises fassent ces investissements mais en soient récompensées par l'État. C'est des choix à faire dans les lois de finances.

48:37
Présentateur

Alors, on l'a bien compris, Edouard Philippe, on a fait une priorité, la lutte contre les déficits publics. Il l'assure, la France sera au-dessous des 3% en 2017 et il appelle les Français à avoir du courage. Du courage. Les Portugais en ont eu. Le pays a maintenu à 2% ses déficits et a réussi à faire redémarrer une économie pourtant en pleine crise tout en mettant fin à l'austérité imposée par ses créanciers. Reportage à Lisbonne auprès de ceux qui font du Portugal le nouveau bon élève au sein de l'Union Européenne. Damien Fleurette, Stéphane Lopez et Clotide Mravko.

49:12
Locuteur 5

Des conteneurs alignés à perte de vue et au bout de cet horizon de métal, l'océan Atlantique. Cines est le plus grand port artificiel du Portugal. D'ici, près de 20% des exportations du pays sont expédiées chaque année dans le monde entier. Industrie pétrochimique, fabrique de plastique, la zone d'activité est en plein boom à l'image de l'économie portugaise.

49:38
Intervenant

Ces deux grosses cheminées au loin, c'est la centrale électrique tout au sud du parc avec de la technologie allemande, Siemens.

49:48
Locuteur 5

Francisco multiplie les flatteries. Ce matin, l'ambassadeur d'Allemagne est en prospective dans la région.

49:58
Locuteur 1

Il n'y a pas de projet allemand concrète pour l'instant, mais je crois que ça peut être intéressant vraiment pour des entreprises allemandes aussi. Alors, c'est pour s'informer.

50:09
Locuteur 5

Pour séduire les potentiels investisseurs, le Portugal déroule le tapis rouge. Terrain et bâtiments gratuits, zéro charge sociale, pas de taxes foncières et un SMIC à 600 euros et des poussières.

50:24
Intervenant

Qu'est-ce que nous avons à offrir aux investisseurs étrangers ? Eh bien, nous avons notre localisation, des ressources humaines importantes et qualifiées.

50:37
Locuteur 5

En un an seulement, les investissements directs étrangers ont augmenté de 5%. Une bouffée d'air après des années d'austérité qui ont asphyxié le pays. À genoux après la crise de 2008, le Portugal est contraint d'accepter un plan d'austérité drastique en échange des 78 milliards que lui accorde le FMI pour éviter la faillite.

51:02
Locuteur 2

C'est bon, tout va bien. Pas de problème particulier. Et ça, c'est ce qu'on a fabriqué aujourd'hui, c'est ça ? Ça va être expédié.

51:09
Locuteur 5

Dans cette usine, tout va mieux depuis que le patron est allé chercher de la croissance hors des frontières. L'austérité a freiné la demande intérieure qui peine à reprendre.

51:21
Intervenant

Avant la crise,

51:26
Locuteur 2

on exportait plutôt 20 ou 25% de notre production. On a fait augmenter très fortement nos exportations. Aujourd'hui,

51:33
Intervenant

85% de notre production part à l'étranger.

51:41
Locuteur 5

Un peu partout, au Portugal, l'activité redémarre. Plus 2,8% de croissance au premier trimestre de cette année. Le gouvernement socialiste arrivait au pouvoir avec l'aide de la gauche radicale veut croire que ce n'est pas seulement grâce à l'austérité.

51:59
Locuteur 2

La croissance économique souffre de l'austérité. Plus il y a d'austérité, moins il y a de croissance. Et quand l'austérité a été stoppée,

52:06
Intervenant

soit par des choix politiques, soit lorsque le Conseil constitutionnel a rejeté certaines mesures voulues par le gouvernement de l'époque,

52:12
Locuteur 2

l'économie est repartie.

52:16
Locuteur 5

Sans jamais affronter directement l'Europe, le Portugal a augmenté le salaire minimum et en même temps réalisé l'exploit de placer son déficit public sous la barre des 3%, mieux que la France. Un miracle économique, soutenu à bout de bras par des milliers de Portugais comme Maggie, qui a tout recommencé à zéro.

52:36
Locuteur 6

C'est la journée qui commence au tuc-tuc parce que moi, le matin, je fais des prises de sang dans une clinique.

52:42
Locuteur 5

En 2008, après avoir été 24 ans salariée d'un laboratoire pharmaceutique, cette franco-portugaise est licenciée. Elle décide alors de se reconvertir. C'est le début d'un long apprentissage de la précarité.

52:58
Locuteur 6

Je me suis réinventée. J'ai complètement changé ma vie. Je vis au jour le jour, on va dire. Je me suis fait... parce que j'étais dans mon petit cocon bourgeois. Je ne me rendais pas du tout compte de ce qui se passait autour. Je vois des collègues photographes, des architectes, des profs au chômage et puis qui s'est lancé là-dedans.

53:31
Locuteur 5

Le tourisme a battu tous les records au Portugal l'an dernier. Maggie espère faire un bon été et se verser un peu plus de 1000 euros par mois.

53:41
Présentateur

Et ils ont eu visiblement du courage, ces portugais. Un mot sur Bruxelles. On a dit depuis quelques semaines que le discours de politique générale du Premier ministre serait étudié de très près à Bruxelles où on attend enfin les réformes françaises. Est-ce que Bruxelles va sourire ?

53:56
Intervenant

Oui, la Bruxelles va sourire parce que l'engagement sur les déficits dès 2017, malgré la mauvaise surprise qui était un secret de polichinelle quand même sur l'état des comptes, ça ne peut que contenter Bruxelles. Et plus important que Bruxelles, Berlin. Parce que Macron a quand même inscrit son action dans une sorte de duo avec Angela Merkel où il faut que la France fasse d'abord des efforts ou du moins montre qu'elle fait des efforts pour que l'Allemagne, elle, puisse accepter de voir converger certains modèles.

L'annonce sur laquelle a travaillé Bono Le Maire et qu'a faite Edouard Philippe de convergence de l'impôt sur les sociétés vers 25%, c'est typiquement une stratégie franco-allemande. C'est faire en sorte qu'un investisseur ne puisse plus se dire « Ah, si je vais en Allemagne, c'est beaucoup plus intéressant qu'en France. » Donc là, au moins, on retrouve un avantage qualitatif ou du moins, on revient à l'égalité.

54:35
Présentateur

C'est une caricature de résumer le discours de politique générale en disant que la priorité, là, des 6 prochains mois, ce sera les 3%. Ce sera le rétablissement des comptes publics tel que ça a été résumé aujourd'hui par le Premier ministre ?

54:50
Intervenant

Moi, je n'en ferai pas la finalité. Non, je pense que ça fait partie des prérequis sur lesquels le gouvernement... À court terme ! ...manifestement ne veut pas lâcher, mais que ce n'est pas le point non plus central. Il y a bien un objectif en termes de santé, d'éducation, de nouvelles technologies. Il y a beaucoup de domaines où on voit bien que l'objectif, c'est de remettre le pays en mouvement et d'espérer recréer davantage de croissance et une projection à l'avenir plus heureuse.

55:16
Présentateur

Et pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à lire de priorité dans ce discours de politique générale ? Ça s'est peut-être fait exprès. Peut-être que du coup, ça ne donne que peu de prise à l'opposition, que peu de prise au débat politique.

55:28
Intervenant

C'est le programme un peu en même temps. Donc, il y a un peu de tout. Moi, j'ai le sentiment quand même, une petite divergence avec Brice, qu'Edouard Philippe fait, en tous les cas, pour les derniers mois de l'année 2017, il fait de la priorité des 3%. C'est aussi, pour reprendre ce que disait Christophe, c'est envoyer un message à Bruxelles et à Berlin. Et le déplacement d'Emmanuel Macron, le dernier déplacement d'Emmanuel Macron à Berlin, on voit bien qu'il a accordé ses violons avec Angela Merkel, sur la question budgétaire, pas seulement sur la question budgétaire, mais également sur la question migratoire, mine de rien, dans son discours.

Donc, on voit bien qu'il y a quand même un rapprochement et que ce discours aujourd'hui est dans cette continuité. Et que pour l'instant, c'est vrai que la priorité, c'est les 3%. Après, il pose les bases de son action sur les 2 ans qui viennent, puisque ce gouvernement est appelé à durer, comme l'a dit le porte-parole. Donc, quand il dit « appeler à durer », c'est au moins jusqu'à la première échéance électorale de 2019. Et il y a ensuite matière, effectivement, à l'action du gouvernement, qui est une action tout zézimute. C'est vrai qu'il n'y a pas quelque chose qui ressort plus qu'une autre.

56:33
Présentateur

Mais peut-être que c'est fait exprès, je le disais comme ça, avec un peu de malice, parce qu'au final, c'est plusieurs fers au feu, donc aucune réforme, aucun sujet qui cristallise peut-être les oppositions ?

56:44
Intervenant

Oui, et puis on voit avec ce leitmotiv pendant tout le discours, la confiance, la confiance, restaurer la confiance, donc un ensemble de propositions. Effectivement, il n'y a pas une proposition qu'on va tous retenir et qui sera celle qui marquera ce discours du 4 juillet 2017. Mais en revanche, on retiendra une devise qui veut dire tout et n'importe quoi, qui peut être aussi envisagée comme un message aussi à l'Allemagne, puisqu'on parlait de l'Allemagne juste avant, nous ferons ce qui doit être fait. C'est quand même assez significatif, il l'a dit à un moment dans son discours.

Donc voilà, il est là, effectivement, il est là pour faire ce qu'il faut pour qu'Emmanuel Macron puisse éventuellement envisager une réélection en 2022, puisque Richard Ferrand parle déjà aux députés. Il est là aussi pour rassurer l'Allemagne, il est là pour rassurer Bruxelles. Nous ferons ce qui doit être fait. On est dans un gouvernement de mission, c'est net. Et nous passons maintenant à vos questions. Merci.

57:32
Locuteur

Merci. Merci.

Edouard Philippe : « La France est dans les cordes » #cdanslair 04.07.2017 — Édouard Philippe · Pourquijevote