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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 25 octobre 2022 21 min

Face-à-Face : Éric Ciotti - 25/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Eric Ciotti. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député Les Républicains des Alpes-Maritimes et vous espérez bien devenir président du parti Les Républicains. Vous êtes candidat à la présidence. Hier, vous, vous les députés LR, vous aviez la possibilité de renverser le gouvernement.

0:28
Éric Ciotti

Et puis quoi ? Rien ? Ça aurait voulu dire quoi ? Que M. Mélenchon soit Premier ministre, que Mme Sandrine Rousseau soit ministre de la Police des Mœurs et que Mme Le Pen soit ministre des Affaires étrangères, on ne va pas consillonner un tel atelage. Ce qui s'est passé, cette alliance, non. Ça veut dire, si on censure, c'est qu'il y a une majorité alternative avant de passer aux élections. Donc hier soir, on a assisté à une alliance entre M. Mélenchon et Mme Le Pen. Ça ne nourrit rien de bon pour le pays.

Et justement, si je suis engagé aujourd'hui pour prendre la tête des Républicains, c'est pour qu'on évite demain à la France qu'il y ait ce débat devant les urnes, au second tour d'une présidentielle, entre M. Mélenchon et Mme Le Pen. Moi, je me refuse à avoir ce choix qui serait terrifiant pour notre pays. Et c'est pour cela que dans la responsabilité, dans l'opposition claire au pouvoir actuel, nous voulons incarner demain une vraie alternative responsable sur un projet de redressement et pas sur un projet de démolition que conduirait M. Le Pen. Avant de pouvoir incarner cette opposition. Je les marie entre la carpe et le lapin, Mme Le Pen et M. Mélenchon.

1:44
Présentateur

Mme Le Pen et M. Mélenchon, vous disiez à l'instant M. Le Pen. Justement, j'aimerais bien qu'on l'écoute hier. Ça s'est passé à 16h30. Vous étiez dans l'hémicycle et ça a été un véritable coup de tonnerre. Parce que seul l'intérêt national guide ses paroles et ses actes, le groupe que j'ai l'honneur de présider votera également la motion de censure présentée en des termes acceptables de l'autre côté de l'hémicycle. Craignons pas les menaces de dissolution. Nos places ne nous apportent pas. Est-ce qu'au fond, c'est pas ça la vraie raison pour laquelle vous ne l'avez pas voté ? C'est que vous craignez une dissolution. Vous avez peur, en fait.

2:23
Éric Ciotti

Je crois que le débat, il est très loin de ça. Ce qu'il faut, c'est présenter aux Français un projet alternatif. Il y a des institutions. On est sous la Ve République. Il y a eu des élections il y a quatre mois. Il n'y a pas de majorité dans ce pays. Il n'y a qu'une majorité relative ou une minorité relative. Nous, nous avons à reconstruire une alternative, une alternance. Un projet responsable, sérieux. Je m'y attelle. Nous allons procéder étape par étape. Mais on n'est pas obligé de subir les étapes des autres. D'autant que ces étapes, elles seraient terrifiantes. Je le redis pour le pays. Moi, je ne veux pas voir M. Mélenchon à la tête du pays.

Je ne peux pas voir Mme Le Pen à la tête du pays. Ce n'amènerait rien de bon. Aujourd'hui, nous devons dans la responsabilité. Vous savez, la situation n'est pas facile. Les Français le mesurent. Les questions de pouvoir d'achat, la guerre en Ukraine, l'inquiétude sur l'énergie pour l'hiver.

3:28
Présentateur

Entre-temps, Éric Ciotti, vous avez quand même l'air d'être hors-jeu, de regarder les balles passer.

3:35
Éric Ciotti

Donnons-nous du temps. Voilà. Donnons-nous du temps pour reconstruire. La responsabilité, la raison finissent toujours par triompher. Il y aura... Dans les faits, ça vous donne quand même aujourd'hui

3:47
Présentateur

la position d'une forme de soutien, ou en tout cas de béquille au gouverneur. Vous êtes ceux qui avaient permis au gouvernement hier de se maintenir.

3:53
Éric Ciotti

Absolument pas. Nous ne voulons pas être la béquille de M. Mélenchon, de Mme Rousseau et de Mme Le Pen. Mais vous préférez donc être la béquille d'Emmanuel Martin ?

4:02
Présentateur

Non, mais c'est un choix. Pourquoi vous ne l'assumez pas ?

4:05
Éric Ciotti

Parce qu'il y a un temps pour les élections. Il y a un temps pour le débat parlementaire. Ce temps viendra. Rassurez-vous, nous nous y préparons. Et je le dis très clairement, M. Macron ne pouvant plus être candidat, son bilan étant celui que l'on connaît, c'est-à-dire déplorable. Ceux qui ont participé de près ou de loin à la construction de ce bilan seront tous discrédités. Donc il y aura une alternative. Et elle s'est passée hier. M. Mélenchon, Mme Le Pen, Mme Rousseau pour diriger le pays, au secours. Et il y aura de l'autre un chemin de responsabilité, de redressement, de courage, d'effort.

4:41
Présentateur

C'est celui qu'incarneront les Républicains. C'est le timing, en fait, pour vous. C'est-à-dire qu'hier, c'était trop tôt, mais potentiellement, vous ne vous interdisez pas l'option d'une motion de censure déposée par LR dans les mois ou pendant le quinquennat.

4:56
Éric Ciotti

Si nous avons cette arme entre nos mains, nous l'utiliserons. Si l'intérêt du pays le nécessite, parce que ce qui importe, c'est toujours l'intérêt général du pays. Qu'est-ce qu'on va faire derrière ? Quelle majorité alternative ? Voilà, encore une fois, je le dis, est-ce que vous voulez voir M. Mélenchon gouverner avec Mme Le Pen et Mme Rousseau ? On a compris ça. Les Français doivent se poser cette question. Et vous agitez beaucoup le... Tout ça, c'est pas sérieux. Vous agitez beaucoup l'idée d'une Mme Rousseau. On va revenir à la retraite à 60 ans. On va ruiner nos finances publiques. Comment tous ces gens vont fonctionner ? Ceux qui attaquent les policiers, ceux qui veulent les protéger.

C'est ça ce qui a été fait hier. Cette alliance contre nature, ça c'est de la politique politicienne. C'est contraire à l'intérêt de la France. La France souffre. Les Français sont en difficulté aujourd'hui. Il faut des solutions raisonnables, responsables pour les redresser. On va revenir sur les questions des finances,

5:52
Présentateur

sur la question de la sécurité. Mais je voudrais quand même qu'on revienne aussi sur les propos de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui a donné une interview fleuve au journal du dimanche ce week-end. D'abord, est-ce que vous vous parlez ?

6:05
Éric Ciotti

Nous avons eu un échange très récemment, mais je n'ai plus vu Nicolas Sarkozy depuis le mois d'avril. J'ai lu son interview. C'est une interview qui avait de la hauteur, celle d'un ancien chef de l'État qui a fait de bonnes choses pour la France. Je le dis avec respect. Il y a des analyses que je partage. Son constat, assez sévère, sur la politique d'Emmanuel Macron, parce que ça n'a pas été relevé par la presse. Mais quand il dit, il dénonce quelque part les effets du en même temps, ça veut dire de l'impuissance. Quand il dit que tous ceux qui auront participé à la désagrégation de notre modèle d'énergie nucléaire seront discrédités, M.

Macron est au cœur du démantèlement de la filière nucléaire. Il a été ministre de l'économie de M. Hollande. Pour vous, c'est une manière ? C'est Philippe qui ont décidé la fermeture de Faisenheim. C'est lui qui a fait voter la programmation pluriannuelle de l'énergie. Nous l'avons votée. Enfin, personnellement, je ne l'ai pas votée il y a trois ans à l'Assemblée nationale qui prévoyait de réduire de 50% le nucléaire à l'horizon 2035.

7:09
Présentateur

Vous avez voulu retenir les critiques et en effet, de manière sous-jacente, on peut l'entendre dans la phrase que vous venez de mentionner. Il dit aussi d'Emmanuel Macron qu'il a du sang-froid, de la mesure, de l'expérience. Plutôt élogieux quand même.

7:22
Éric Ciotti

Oui, enfin, c'est nuancé. En tout cas, ce que je ne partage pas et je le dis très clairement... C'est l'idée d'Agnon ? Mais c'était plutôt un message pour M. Macron en disant vous avez échoué avec votre politique, elle est impuissante, le en même temps n'amène à rien, donc il faut conduire une politique de droite et il faut une alliance. L'alliance, pour la faire, il faut être deux et moi, personnellement, je le dis très clairement, je la récuse parce que je ne m'allie pas avec un pouvoir qui a mis la France dans cet État.

Une France endettée, assommée par le poids de l'endettement, des déficits qui sont à Bissau, extérieur, nos comptes publics, des dépenses publiques qui n'ont jamais été aussi hautes, des services publics impuissants et des impôts et des taxes, ce qui crée la crise du pouvoir d'achat. Pourquoi il y a cette crise du pouvoir d'achat ? C'est parce que les impôts, les taxes, n'ont jamais été aussi élevés. On a franchi le record

8:15
Présentateur

des prélèvements obligatoires cette année, vous le savez. Quand Nicolas Sarkozy parle en effet d'une alliance de gouvernement entre la droite et Emmanuel Macron. J'y suis totalement opposé. On a bien compris. Mais vous dites, il faut être deux. Si quand même, Emmanuel Macron, demain, vient vous voir, vous avez entre-temps, imaginons, pris la tête de LR. Il vient vous voir, il vous dit, écoutez, moi, je suis prêt à faire un vrai pas vers ce que vous, vous proposez. En effet, notamment sur les retraites, sur ces choses-là, vous êtes quand même d'accord. Donc, si c'est lui qui vient vers vous, vous fermerez quand même la porte ?

8:47
Éric Ciotti

On ne s'allie pas, je le dis très clairement, ça sera ma ligne, si demain, je suis à la tête des Républicains, avec un président qui a mis la France dans cet état. Il faut tourner la page du macronisme, il faut reconstruire seuls les Républicains. J'en suis profondément et sincèrement convaincu, peuvent le faire dans l'intérêt général du pays. Je l'ai dit tout à l'heure, on a trois alternatives, soit l'héritage du macronisme qui se poursuit, soit le duel Le Pen-Mélenchon, soit cette voie qu'incarne que vont ouvrir les Républicains avec comme candidat Laurent Wauquiez en 2027. Donc, ce chemin pour moi...

9:25
Présentateur

Ça y est, c'est clair, c'est Laurent Wauquiez en 2027.

9:27
Éric Ciotti

C'est celui que je proposerai si je suis élu à la tête des Républicains.

9:30
Présentateur

Mais comment vous pouvez justifier ça ? Ça m'étonne toujours, pardon, mais c'est vrai qu'on se souvient de Dominique Strauss-Kahn qui était parti au bout du monde en disant que du coup, il allait devenir un recours. Là, on a Laurent Wauquiez, alors il n'est pas parti bien loin, il est en Auvergne, mais enfin, il ne parle plus. Alors, je peux témoigner comme journaliste, on l'invite régulièrement à s'exprimer sur la politique nationale. C'est systématiquement non et c'est non depuis des années. Et vous, vous pensez que le fait de s'être retiré, de ne pas mettre les mains dans le cambouis, de ne pas parler de la politique nationale, de s'épargner comme ça, ça fait de lui un recours.

Donc, en fait, quand on ne fait rien, on est un recours.

9:57
Éric Ciotti

Encore une fois, étape par étape. Oui, enfin, quand même.

10:00
Présentateur

Votre étape, vous la grillez. Vous dites déjà 2027, c'est lui.

10:03
Éric Ciotti

Avec tout le respect que je vous dois, ce n'est pas vous qui fixez notre calendrier. Bien sûr, je dis juste que je suis surprise que vous disiez aux Français

10:09
Présentateur

qu'il ne s'exprime pas sur la politique française. Il refuse de participer au débat national et ce sera lui le recours.

10:14
Éric Ciotti

La présidentielle, c'est 2027. Donc, nous allons avancer étape par étape. Il y a une étape majeure, c'est refonder notre famille politique, lui donner un chef. C'est mon objectif. Et donc, le chef,

10:27
Présentateur

il faut qu'il se taise pour être un bon chef.

10:28
Éric Ciotti

Mon ambition, et j'aurai pour mission de préparer cette élection présidentielle. C'est en tout cas la feuille de route.

10:35
Présentateur

Du coup, il ne dit rien, vous prenez tout.

10:36
Éric Ciotti

C'est la feuille de route que je me trace. Un chef, un candidat, une organisation modernisée, renouvelée, et puis un projet, un projet de rupture, un projet de droite, je suis de droite, je l'assume, un projet d'autorité, d'identité, de liberté. Mais les choses sont sur la table. Après, les militants choisiront. S'ils veulent à nouveau les primaires, s'ils veulent à nouveau attendre novembre 2026 pour attendre le candidat providentiel hypothétique, ce n'est pas moi qui dois voter. Il y a un autre ou deux autres candidats pour ça. Mais s'ils veulent un choix clair, une perspective qui a toujours été celle du parti gaulliste sous la Ve République...

11:16
Présentateur

Au moins, la ligne, elle est claire. Jusqu'en 2027,

11:18
Éric Ciotti

avec vous. On prend ou on ne prend pas. Mais en tout cas, c'est ce que je propose.

11:21
Présentateur

Éric, j'ai dit hier, il y avait ces obsèques bouleversantes de Lola, où on a entendu évidemment le témoignage notamment de ses frères qui brisent le cœur. mais vous avez tout de suite fait partie de ceux qui ont considéré que le problème était aussi qui avait commis cet acte et dans quel statut. Vous l'avez dit notamment sur Twitter, l'assassinat de Lola a été commis, je vous cite, par une femme algérienne en situation irrégulière, ayant fait l'objet d'une OQTF, obligation de quitter le territoire. En tant que père de famille, ce laxisme migratoire criminel me révolte. En tant que responsable politique, je m'engage à tout faire pour y mettre fin et vite.

Est-ce que vous considérez que l'État, en n'ayant pas fait appliquer cette obligation de quitter le territoire, a une forme de responsabilité ? Est-ce que vous iriez jusque de dire cela ?

12:09
Éric Ciotti

Il y a naturellement une responsabilité globale. Quand l'État prend une décision et qu'elle n'est pas exécutée, il y a naturellement une faute. J'ai vu d'ailleurs que le post-parole du gouvernement a dit qu'on pourrait faire mieux. C'est une forme quelque part de reconnaissance de responsabilité. C'est factuel. Ce que j'ai dit est factuel. Moi, je n'ai pas voulu faire de fausses polémiques, mais nous voyons bien depuis quelques jours. Il y a eu ce drame qui a bouleversé la France entière, qui touche au cœur une famille qui doit aujourd'hui prouver une douleur indicible. Les circonstances de cet assassinat sont terrifiantes.

Mais quand on est responsable public, moi, je suis parlementaire, je suis député. Il y en a qui, depuis l'extérieur, ont fait de la récupération, qui ont le monopole de la parole, l'achat de sites, de domaines, tout ça. Naturellement, c'est une forme d'indécence. Mais quand on est parlementaire, moi, c'est des sujets que j'aborde depuis des années. Cette question de l'exécution de la parole de l'État, de l'exécution des décisions de justice, souvent 100 000 peines de prison ferme non exécutées par an, en attente d'exécution, ou des décisions administratives. C'est le cas.

Une obligation de quitter le territoire, c'est un préfet ou le ministre de l'Intérieur qui dit cette personne ne doit plus être en France. Obligation, de fait. Aujourd'hui, elles ne sont quasiment... C'est très compliqué. Les mots ont un sens. Les mots ont un sens quand on dit obligation. Ça ne veut pas dire faculté, ça ne veut pas dire loisir, ça ne veut pas dire bonne volonté. Qu'est-ce qu'on met derrière ? Aujourd'hui, on envoie un courrier à ces personnes en disant en gros est-ce que vous auriez l'obligence ou la gentillesse de bien vouloir retourner chez vous ? Naturellement, le caractère dissuasif, il est nul. Ça veut dire qu'il faut tout changer.

Ça veut dire qu'il faut réinstaurer le délit de séjour illégal. M. Valls l'avait supprimé sous la présidence Hollande avec M. Macron comme ministre de l'Économie. Concrètement,

14:09
Présentateur

ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il y a une vérification d'identité et qu'on se rend compte que vous êtes sous l'objet d'une obligation de quitter le territoire. Vous êtes emprisonné.

14:20
Éric Ciotti

Possibilité d'une garde à vue, d'une détention. Et puis, aujourd'hui, dans le droit actuel, il faut qu'on recourt systématiquement pour une OQTF, en tout cas, le plus largement possible, au placement centre de rétention administratif, les CRA. Il y a aujourd'hui, on dit un peu plus de 1 800 places de CRA, 120 000 OQTF qui ont été prononcées en 2021. On voit bien que c'est dérisoire. 107 000, très précisément, vous gonflez un peu

14:47
Présentateur

les chiffres en 2020. Et en 2021, c'est 62 207 OQTF prononcés.

14:52
Éric Ciotti

Et 122 000 en 2019, avant le Covid. C'est juste. 122 000, précisément, j'ai les chiffres sous les yeux. On a été 2021, je ne sais pas si on a les derniers chiffres.

15:01
Présentateur

Et en 2021, il y a eu 5,6% des OQTF qui ont été véritablement exécutés.

15:05
Éric Ciotti

Sur 2021, les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur, c'est 61 000. 61 000 OQTF au premier semestre 2021. Sur le deuxième semestre, on ne les a pas encore. Donc, vraisemblablement... Mais depuis,

15:16
Présentateur

Olivier Véran a promis, a dit qu'il cherchait à obtenir 100% d'application des OQTF.

15:24
Éric Ciotti

C'est M. Macron qui l'a dit. C'est irréaliste. C'est irresponsable. C'était un engagement de M. Macron. C'est irréaliste quand on le dit, mais c'est réaliste quand vous vous le dites. Quand vous dites... Vous vous dites

15:33
Présentateur

je ne vais pas appliquer.

15:34
Éric Ciotti

On les fera appliquer au-delà de 6%. Voilà, on ne peut pas faire appliquer à 5%. Il y a toujours des blocages, des pays qui refusent. Dire 100%, c'était d'ailleurs méconnaître ou prendre les Français pour des idiots. Mais entre 6% et 100%, il y a une absence de volonté. Il y a ceux en même temps qu'on parlait tout à l'heure. Vous voudriez quoi ? De grands discours, des grands mots, on me dit 100% et on réalise 6%. C'est ce que je dénonce dans le macronisme. Donc, ce que je propose, je l'ai demandé à l'Assemblée nationale. C'était mardi soir en séance de nuit de la Commission des lois. Vous savez, le budget consacré à l'immigration au ministère de l'Intérieur, c'est 2 milliards d'euros.

Un peu plus de 2 milliards d'euros. Là-dedans, il y a 170 millions, 169 exactement, pour les expulsions, à peine. C'est-à-dire moins de 10%. 2 milliards, l'intégration, tous les blablas qu'on a en cadre aujourd'hui, l'immigration. Et puis, à peine, 170 millions pour les expulsions. Et pour les cras, on a diminué les centres de rétention, ce qui permettrait réellement d'expulser. Parce que quand on place une personne en cras, le taux de reconduite monte à 40-45%. J'étais vendredi dans un cras à Nice. D'abord, les cras ne sont pas tous occupés. Il y a 5% de places en moins pour le Covid.

Aujourd'hui, ce qui veut dire que sur les 1 800 places, les préfets me disent qu'en réalité, il y en a 1 300, 1 500 opérationnels. Donc, c'est la priorité. Un gouvernement responsable, au lieu de parler, il créerait des places de cras. le ministère en annonce quelques-unes. C'est largement insuffisant. J'ai proposé qu'on triple les crédits. Ça a été refusé. Je suis à voter contre mon amende. Là, c'est concret. Ce n'est pas de la récupération. J'ai bien compris, vous estimez que ce n'est pas suffisant. C'est du travail de parlementaire. Moi,

17:21
Présentateur

je voudrais aussi qu'on parle très concret, qu'on vous donne un exemple. Vous parlez régulièrement de cette question aussi du fait d'attraper ou non les coupables, du rôle aussi de la justice. Je voudrais aussi qu'on parle du rôle des citoyens et où est-ce qu'on doit mettre la limite. Je voudrais vous raconter cette histoire et vous faire écouter ce témoignage. Dans la nuit de jeudi à vendredi, à Rouen, il y a une mère de famille qui a entendu bruit dans la chambre de sa fille, sa fille de 6 ans et qui tombe nez à nez avec un jeune homme qui s'en va. Le jeune homme a 16 ans. Il est mineur isolé. Il a été ensuite retrouvé par le père et les amis du père qui ont mis en place une ronde.

Il s'appelle Anis et je voudrais que vous écoutiez son témoignage de ce père de famille sur AMC.

18:01
Invité

Jeudi dernier, en pleine nuit, un homme s'introduit chez cette famille par une porte laissée ouverte. Il monte, entre dans la chambre de la fillette et aurait procédé à des attouchements. Alerté par des bruits, la mère sort et tombe nez à nez avec l'individu qui prend la fuite. Le père, au travail, rentre dans la foulée. Je suis devenu fou, mais fou, fou, fou. Après avoir déposé plainte, Anis organise une ronde dans le quartier pour retrouver le suspect. On était persuadés que la personne n'était pas loin d'ici parce qu'il a disparu trop vite. La nuit suivante, des voisins surveillent la maison. L'un d'eux interpelle un homme qui tente d'enjamber la barrière et prévient Anis.

J'ai pris la photo de la personne. Je retourne voir ma femme. J'ai à peine le temps de lui faire voir le téléphone. Elle n'a même pas eu le temps de me dire oui, c'est lui. Elle a repris un deuxième choc dans la tête. Mais quand il prévient ses amis, l'individu s'enfuit. J'ai réussi à lui sauter dessus, à le rattraper. Il y a eu des coups qui ont été portés.

18:47
Présentateur

Il y a des coups qui ont été portés. Alors certes, qui s'est fait justice lui-même en quelque sorte. Est-ce que vous aussi vous condamnez ? Est-ce que vous dites à ceux qui nous écoutent que si vous arrive quelque chose, n'agissez pas seul ?

19:03
Éric Ciotti

Mais sûrement pas. Qui peut condamner la réaction de ce père de famille en mesure sa crainte, sa douleur, sa fille qui est agressée sexuellement chez lui ? Il ne devrait pas protéger sa fille tant est que ça ne se reproduise pas alors qu'a priori, la personne revient. Donc je comprends ce raisonnement. Mais ça veut dire quoi ? Vous qui êtes un élu de la République

19:27
Présentateur

que vous compreniez mais que vous ne condamniez pas.

19:29
Éric Ciotti

Excusez-moi, je ne condamnerai pas le père de famille qui protège sa fille. Voilà. Je ne le condamnerai pas. Au contraire, je comprends sa colère, sa peur, la peur de sa maman. Donc un moment, qu'est-ce que ça dit cette affaire ? Ça veut dire... Et on voit qu'il y a eu d'autres exemples où il y a des citoyens qui aujourd'hui, à Nantes, c'est aussi des citoyens qui sont allés chercher un dealer parce qu'aujourd'hui, notre système... Non mais le chercher, oui. Notre système est impuissant. Ça veut dire que l'État, ce pour quoi l'État est fait... Et donc on prend le risque ? On prend le risque de que les Français se fassent justice eux-mêmes ?

Justement, il faut que l'État prenne ses responsabilités. Ne laisse plus cette situation dégénérer. Partout, la violence gagne du terrain. 50% de coups et blessures volontaires en plus depuis 2012. Deux fois plus d'homicides et de tentatives d'homicides. Toutes les heures, un policier ou un gendarme blessé. Toutes les 20 minutes, un outrage qui est proféré contre celui qui porte un uniforme. Donc il faut réagir un moment. C'est pour ça que je souhaite la double peine pour les délinquants étrangers qui sont en cause dans les grandes villes, dans la moitié des faits. C'est pour ça que je souhaite des peines planchées contre ceux qui portent atteinte à un policier. C'est ça la réalité.

Donc soit on parle, soit on fait des dénonciations, c'est l'impuissance, celle-là en même temps, soit enfin on passe aux actes. C'est ce que je demande. Et c'est ce que vous souhaitez visiblement.

20:50
Présentateur

Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes et candidat donc à la présidence des Républicains. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.

Face-à-Face : Éric Ciotti - 25/10 — Éric Ciotti · Pourquijevote