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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 4 mars 2018 53 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Eric Coquerel : "Je souhaite au moins un député de plus pour la France insoumise et de grosses mobilisations le 22 mars"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 42 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:36OuverteRéponse directe

    Comment s'opposer ? Comment faire entendre vos propositions ?

  • 5:48OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a marqué dans la semaine ?

  • 7:12OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut faire de l'écologie à tout prix ?

  • 7:51FerméeRéponse partielle

    Vous êtes opposé à la hausse des taxes sur le diesel ?

  • 8:37OuverteRéponse directe

    Quelle image retenez-vous du zapping politique ?

  • 12:41RelanceRéponse directe

    Le recours aux ordonnances, c'est pire, il y a un chantage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:55Éric CoquerelFait
    « Le 28 février, 30 degrés de plus au Pôle Nord que d'habitude. »
  • 6:56Éric CoquerelChiffre
    « On annonce maintenant 65 centimètres d'augmentation des eaux. »
  • 6:59Éric CoquerelFait
    « On annonce un scénario non plus à plus de degrés, mais à plus 3-4 degrés vers la fin du siècle. »
  • 8:11Éric CoquerelFait
    « En Europe, la seule chose qu'on va faire, c'est le droit à polluer. »
  • 9:58Locuteur non identifiéFait
    « La journée du 22 mars, c'est une journée d'action qui s'annonce comme une journée significative. »
  • 10:06Locuteur non identifiéFait
    « On a un gouvernement qui lance des bombes à fragmentation ici ou là. »
  • 17:50Éric CoquerelFait
    « On a malheureusement le fait qu'il a pu appliquer des mesures extrêmement dures sur le marché du travail, à travers les ordonnances, sur la loi travail. »
  • 18:06Éric CoquerelFait
    « Il a imposé un budget le plus austéritaire et inégal de la Ve République. »
  • 18:29Éric CoquerelFait
    « L'opposition populaire à Emmanuel Macron, ce n'est pas le Front National. »
  • 21:32Éric CoquerelFait
    « On a aux législatives montré que nous étions maintenant une force de deuxième tour. »
  • 21:50Éric CoquerelChiffre
    « Hamon termine à 6%, nous on est à près de 20%. »
  • 31:20Éric CoquerelChiffre
    « Neuf milliardaires détiennent 80% des médias. »
  • 31:20IntervenantChiffre
    « Neuf milliardaires détiennent 80% des médias. »
  • 36:34IntervenantChiffre
    « 436 000 euros de dépense ont été sortis parce que c'était... Non, 336 000 ont été sortis. »
  • 36:40IntervenantChiffre
    « 430 000, ça fait 4%. »
  • 43:10IntervenantChiffre
    « À la fin, il y avait 75% des Français qui soutenaient les grévistes. »
  • 46:01IntervenantChiffre
    « L'ouverture à la concurrence en Angleterre, c'est des prix des trains qui pèsent 14% du salaire au lieu de 2% en France. »
  • 47:13IntervenantFait
    « La raison de la dette de la SNCF, elle est d'abord structurelle. »
  • 47:27IntervenantFait
    « Le LGV, par exemple, tout au Bordeaux, ça coûte énormément d'argent du fait de partenariat public-privé. »

Temps de parole

  • Intervenant73 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Locuteur non identifié 28 %
  • Locuteur non identifié 33 %
  • Présentateur3 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité jusqu'à 13h, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, viendra nous rejoindre dans quelques instants. Vos questions, vos commentaires sont les bienvenus pour intervenir. Le mot-clé, vous le connaissez, Question Paul.

0:25
Auditeur

France Inter, Question Politique, Alibadoui.

0:30
Intervenant

Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Jeff Wittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Alif.

0:35
Présentateur

Françoise Fresseuse du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Alif. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Avant d'accueillir Éric Coquerel, le traditionnel tour de table, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? On commence avec vous Jeff.

0:47
Intervenant

Ce qui a retenu mon attention cette semaine, c'est le succès annoncé des mémoires de Jean-Marie Le Pen.

0:51
Locuteur non identifié

Le premier tirage de 50 000 exemplaires est déjà épuisé, annonce son éditeur. Et le fondateur du FN, qui court de micro en micro, en grande forme, aurait déjà trouvé une occupation pour l'ouverture du prochain congrès du Front National,

1:01
Intervenant

qui doit, vous le savez, acter le changement de nom et la suppression de la présidence d'honneur qu'il occupait. Et bien lui, pendant ce temps, signera son livre dans une librairie parisienne, choc des images, effet garanti, Jean-Marie Le Pen ne boude pas son plaisir. Alors au-delà des petits tracas politico-familiaux que le vieux combattant pourrait encore causer à sa fille Marine, longouement, s'il se confirme pour l'ouvrage de Jean-Marie Le Pen, on dit long, je crois, sur l'état de l'opinion et la santé éclatante des valeurs de la droite pure et dure.

1:26
Locuteur non identifié

Car justifier le recours à la torture pendant la guerre d'Algérie, en précisant qu'on n'y a pas participé, affirmer son respect pour Pétain et faire un carton en librairie, et bien oui, Ali, c'est possible. Après Éric Zemmour et ses 300 000 exemplaires vendus, Philippe De Villiers, 225 000, Jean-Marie Le Pen va donc peut-être devenir best-seller lui aussi. Il faut y voir de la nostalgie, nous explique l'éditeur, à travers ses pages, qui décrivent la France des années 40, 50, 60, celle de Gabin et d'Odiard, celle qui travaillait, réussissait,

1:53
Intervenant

et je cite, ne passait pas son temps en repentance, mais on peut y voir aussi l'adhésion assumée au discours d'extrême droite. Marine Le Pen peut bien refaire le programme, repeindre la façade, et même changer le nom sur l'enseigne. Les électeurs, comme les lecteurs, eux, savent à quoi s'en tenir. Vous allez le lire, Jeff ? Mais je l'ai lu. Vous l'avez lu ? Françoise ? Alors moi c'est un nom. Vous avez lu le livre de Jean-Marie Le Pen ? Pas du tout. Pas encore. Et vous, Karine ?

2:17
Locuteur non identifié

Non plus. Mais je le lirai. Il y a peu de chances que je le lise, je crois.

2:20
Intervenant

Bon, voilà qui est clair. Françoise, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ?

2:23
Locuteur non identifié

C'est un homme. C'est Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui revient en force dans le paysage politique. Il était, sous le précédent quinquennat, l'interlocuteur privilégié de François Hollande. Emmanuel Macron l'a un peu battu froid en disant, les syndicats, oui, mais enfin, ils ne représentent pas l'intérêt général, et c'est moi qui, en tout état de cause, décide. Mais cette semaine, changement de décor, changement de propos. Laurent Berger hausse la voix, et le gouvernement semble enfin l'écouter. Lundi, dans les échos, le syndicalisme pousse un gros coup de gueule. Attention, on chamboule tout. Décider dans la précipitation.

Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l'incendie. Et un fin de semaine, miracle. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, annonce une réforme de l'assurance-chômage qui reprend pratiquement intégralement l'accord conclu entre les partenaires sociaux. Et tant pis s'il a copié très en deçà de ce que le candidat Macron avait annoncé pendant la campagne présidentielle. Samedi rebelote, Laurent Berger hausse de nouveau la voix, cette fois sur la réforme de la formation professionnelle. Et il déclare, il y a des droits qui ont été créés, il faut les garantir pour les travailleurs.

Alors que la ministre du Travail doit annoncer demain ce qu'elle retient de l'accord entre les partenaires sociaux. Alors on ne sait pas encore si Laurent Berger aura sur ce dossier pleinement satisfaction. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il est écouté, sa voix porte. Pourquoi ? Parce que le gouvernement ne peut s'offrir le luxe de créer un front syndical contre lui. Sur la réforme de la SNCF qui s'annonce comme la mère des batailles, eh bien le leader de la CFDT n'est pas opposé à l'évolution du statut. Il l'a dit, on peut discuter à condition bien sûr de ne pas le négliger. C'était l'avertissement de la semaine et visiblement il a été écouté.

3:57
Intervenant

Merci Françoise. Karine ?

3:59
Locuteur non identifié

Je vais rester sur des réformes aussi, en particulier sur celle de la SNCF qui a quand même pas mal marqué la semaine puisque Édouard Philippe a présenté lundi les grands axes de cette réforme. Parmi ces grands axes, il y a un axe qui fait déjà beaucoup parler. C'est évidemment la fin du statut de cheminot. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ceux qui sont cheminots aujourd'hui vont le rester. Ils sont à peu près 130 000. En revanche, les cheminots qui seront embauchés dans le futur par la SNCF après la réforme, si la réforme passe, ne bénéficieront pas de ce statut particulier. Et vous avez sans doute remarqué que cette mesure plaît beaucoup au français.

Ils en parlent beaucoup et ça plaît beaucoup au français. Il y a un sondage notamment au DOXA qui dit, voilà, 72% des personnes sondées, c'est-à-dire 3% des sur 4 quand même, sont favorables à cette idée de suppression du statut de cheminot. Alors il faut quand même rappeler que ce n'est pas la suppression d'un tel statut qui va régler le plus gros des problèmes de la SNCF. Le plus gros des problèmes de la SNCF, c'est quoi ? C'est sa dette abyssale. C'est une dette de 50 milliards d'euros. Et c'est une dette qui progresse chaque année de 2 ou 3 milliards. Donc en fait, on voit bien qu'avec ce symbole, le gouvernement en fait joue politiquement avec l'opinion publique.

Et ça marche puisqu'il réussit en fait le gouvernement à attirer vers lui cette opinion dont il a besoin pour faire passer cette réforme.

5:21
Intervenant

Merci Karine. Et on aura évidemment l'occasion d'en parler avec notre invité. Il va tout de suite nous rejoindre dans le studio 221 de la Maison de la Radio. Il est député La France Insoumise, élu de la première circonscription de Seine-Saint-Denis.

5:33
Présentateur

Éric Coquerel est notre invité. Bonjour à vous. Bonjour. Et bienvenue. Comment s'opposer ? Comment faire entendre vos propositions ? On compte sur vous pour nous expliquer les combats, la stratégie de La France Insoumise. Et puis il y a beaucoup de sujets dans l'actualité. Vous l'entendiez évidemment, la SNCF, l'assurance chômage et j'en passe. On va en parler. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans la semaine ?

5:51
Intervenant

Éric Coquerel. Comme je sais qu'on va parler de la SNCF, j'ai réservé ça pour plus tard. C'est le 28 février, 30 degrés de plus au Pôle Nord que d'habitude. Voilà. Je crois que c'est ça un défaite de la semaine. Parce que la vague de froid actuellement pourrait nous faire oublier qu'on vit une période de réchauffement. Et je pense que si nous n'étions pas suicidaires, nous veillerons à ce que toutes nos politiques publiques, les politiques de l'État, se concentrent principalement sur ce danger climatique qui ne nous menace plus, qui est ici, avec ce genre de phénomène qui dépasse l'ordinaire. Sommes-nous suicidaires ? J'espère que non.

Je pense que les peuples ne le sont pas, mais qu'on a un système aujourd'hui, on parle du capitalisme financiarisé, qui a comme préoccupation au premier le profit, qui dit profit dit gabegie, c'est-à-dire qu'il faut bien, pour le produire, il faut bien faire appel à la croissance, au productivisme. Eh bien, je crois que ce n'est étendu à toutes les activités humaines. On voit bien que c'est quelque chose qui, effectivement, si on le suit, est suicidaire. Parce que, non pas pour la Terre, la Terre continuera à fonctionner, mais je pense que le genre humain, oui, est en menace. On annonce maintenant 65 centimètres d'augmentation des eaux.

On annonce un scénario non plus à plus de degrés, mais à plus 3-4 degrés vers la fin du siècle. Donc, ça devrait, et on va parler sur les transports tout à l'heure, ça a un lien, ça devrait être notre préoccupation première, celle de nos gouvernements. En tout cas, c'est la nôtre. On va y venir, évidemment. Françoise Fresseuse.

7:12
Locuteur non identifié

Il y a quand même, quand vous regardez, par exemple, la taxation du diesel. Vous voyez, c'est très compliqué aussi, parce que ça touche au portefeuille. Ça touche au portefeuille les petites gens. Donc, est-ce qu'il faut faire de l'écologie à tout prix ? Est-ce qu'il faut faire de l'écologie qui peut être vécue comme punitive ? Ou est-ce qu'il faut doser l'effort ?

7:27
Intervenant

Éric Coquerel. Non, il ne faut pas doser l'effort. Mais vous me parlez du diesel. Pénaliser, taxer le diesel pour les particuliers, après avoir fait en sorte qu'ils achètent des voitures au diesel, c'est une chose. Mais d'un côté, développer le fret par le tout camion contre le fret ferroviaire, on va en discuter, comme on l'a fait depuis des années. Ça, c'est une bien autre catastrophe. Donc, j'allais dire qu'on se centre rarement sur ce qui produit le plus de pollution. Mais juste pour comprendre, vous êtes opposé à la hausse des taxes sur le diesel ? Non, je ne dis pas que je suis opposé à la hausse des taxes.

Ce que je pense et ce que je pense qui est nécessaire, c'est de ne pas faire payer toujours au même, j'allais dire, la question de la pollution. D'un côté, par exemple, laisser les industries les plus polluantes, parce que c'est le cas aujourd'hui, continuer à pouvoir polluer. Et d'un autre côté, s'en prendre uniquement aux particuliers sur la question du diesel. Il y a deux points de mesure, et deux points de mesure qui sont en plus inefficaces. Parce que, tant que vous, par exemple, considérez qu'en Europe, la seule chose qu'on va faire, c'est le droit à polluer. On continue à faire le droit à polluer, y compris en achetant, par exemple, des parts à polluer sur les pays défavorisés.

Je pense que c'est des politiques qui nous amènent dans le mur. Et c'est ça, d'abord, ce qu'il faudrait viser. On parle de toutes ces questions dans un instant. Mais d'abord, le zapping politique de la semaine. Il est signé Adrien Toffolet.

8:40
Auditeur

Ce conflit... Pourquoi vouloir encore passer en force ?

8:47
Intervenant

Je ne veux pas passer en force. Je veux avancer. Une réforme de la SNCF, lundi, pour bien commencer la semaine. Rien de mieux pour échauffer les esprits. On nous promet le respect des cheminots, le respect des usagers,

8:58
Présentateur

le respect de la démocratie, jusqu'au moment où le mot est lâché. L'ordonnance, c'est un moyen pour le gouvernement de légiférer plus vite, sans passer par le processus parlementaire habituel. C'est pratique quand le pouvoir est pressé, quand les mesures sont techniques, impopulaires ou fortement combattues par l'opposition.

9:15
Intervenant

Edouard Philippe, au JT du soir de France 2, pour le service après annonce du conflit. Que nenni ! Le discours de la bienveillance est encore à l'œuvre. Mais je ne vais pas au conflit. Je veux bien entendu qu'il y avait un certain nombre de représentants des organisations syndicales qui considéraient que le recours aux ordonnances prévues par la Constitution était un casus belli, comme ils le disent. Moi, je ne me situe absolument pas dans une logique de conflictualité, de guerre, de bras de fer.

9:38
Auditeur

C'est terminé ! Rien n'est terminé ! Rien ! Tout continue à cause de vous ! Ce n'était pas ma guerre !

9:46
Intervenant

Pourtant, pour les syndicats du ferroviaire, la guerre est bien déclarée. Mobilisation, journée d'action, tous sont d'accord pour agir. Le lexique guerrier est déjà employé. Le plan de bataille est prêt. Pascal Pavageau de Force Ouvrière sur le plateau de France Info. Aujourd'hui, en termes de calendrier, la journée du 22 mars, c'est une journée d'action qui s'annonce comme une journée significative en matière de réaction aux attaques distillées par le gouvernement. On a un gouvernement qui lance des bombes à fragmentation ici ou là. Petit cheminot, amie de vous, petit cheminot, ne me laisse pas, chante avec moi. À un peu plus de deux heures de TGV de là, à Bordeaux,

10:28
Locuteur non identifié

c'est un vieux conflit qui se réveille. Deux camps que tout oppose à droite. Tes états de service, tu les revis des fois, mon héros. Tu les as vus, les dates, ça remonte à perpète tes exploits.

10:37
Intervenant

Alain Juppé aura pris une semaine pour répondre aux commentaires de Laurent Wauquiez dérobés lors d'un cours à l'école de management de Lyon.

10:44
Locuteur non identifié

Il a totalement cramé la caisse. Le maire de Bordeaux ne court pas après les excuses. Si vous pensez lui faire quelques excuses, vous vous en tirez seulement avec quelques ruades dans la figure.

10:53
Intervenant

Une semaine de préparation et une belle ruade verbale à la clé. Je ne veux pas alimenter cette polémique stupide et assez lamentable, il faut bien dire, simplement... Respect dans nos paroles et dans nos gestes, C'est l'ultime recours qui reste à celui qui a tout quitté. Je veux rétablir des vérités. Vous savez, dans ce genre de situation, ou bien on réplique sur la même tonalité, et à ce moment-là, tout de suite, on monte aux extrêmes, ou bien on ne dit rien et on laisse circuler des fausses informations. Des fake news, voilà Laurent Wauquiez, comparé à Donald Trump encore une fois, et se prendre une leçon du vieux sage bordelais.

Je n'avais pas imaginé qu'on pouvait faire un cours devant des étudiants

11:31
Présentateur

en leur demandant la confidentialité sur ce qu'on leur dit.

11:35
Intervenant

Ça n'existe pas. Guerre dans une même famille politique et guerre de famille, tout court à ce jeu, les Le Pen sont les grands gagnants de la semaine. Marine Le Pen opposante à la réforme de la SNCF, Marine Le Pen au salon de l'agriculture opposante aux mesures gouvernementales, Marine Le Pen à qui on ne peut s'empêcher de parler famille, dans la matinale de France Inter, Marion refait surface aux Etats-Unis, Jean-Marie sort ses mémoires, l'avenir se ferait-il déjà sans elle ? Je me bats pour mes idées,

12:00
Locuteur non identifié

je ne me bats pas encore une fois pour ma carrière personnelle, et je n'entends pas rester accroché à mon siège jusqu'à je ne sais quel âge vénérable.

12:08
Intervenant

Marine au charbon, papa en promo, l'occasion est trop belle pour le père du Front National d'évoquer les choix de la Présidente, notamment l'abandon en projet du nom FN qui ne passe toujours pas. Quand on perd son nom, on perd sa substance. Je ne vois pas de Front National pouvant exister sous un autre nom, et je ne vois pas quel pourrait être cet autre nom. Mets du respect sur mon nom, mets du respect sur mon nom, mets du respect sur mon nom, mets du respect sur mon nom, mets du respect sur mon nom. Merci Adrien. Quelle image retenez-vous du zapping politique Éric Coquerel ?

Là par contre c'est la SNCF, c'est-à-dire le recours aux ordonnances, c'est-à-dire la menace, le recours aux ordonnances, c'est pire, il y a un chantage. Si vous n'allez pas assez vite, si vous ne débattez pas assez vite, si vous vous opposez trop longtemps, nous aurons cours aux ordonnances. C'est une manière très brutale. Une manière très brutale. Éric Coquerel, il est député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, il est notre invité ce dimanche.

13:11
Présentateur

Karine Bécard a déjà eu l'occasion de faire votre portrait Éric Coquerel,

13:14
Intervenant

deux fois même, mais c'était il y a une éternité pendant la campagne présidentielle, puis la campagne législative. Il fallait donc une mise à jour, Karine.

13:21
Locuteur non identifié

Oui, bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Éric Coquerel, vous avez donc été élu il y a huit mois, député pour la première fois, et sans vouloir vous flatter, vous apparaissez d'ores et déjà comme l'un des piliers de cette nouvelle Assemblée, en tout cas comme l'un des membres les plus actifs. Vous seriez même un peu du genre stakhanoviste. 571 interventions longues dans l'hémicycle, le tout dans un style moins démonstratif, moins intempestif que quelques autres Insoumis. Autrement dit, vous appartenez, Éric Coquerel, à cette catégorie des bons élèves qui travaillent, qui s'investissent et qui respectent les règles. Voilà pour la forme.

Maintenant sur le fond, vous êtes comme Jean-Luc Mélenchon, un ancien trotskiste, mais vous, vous avez longtemps milité dans de petits mouvements, pendant près de 25 ans. Avant de vous embarquer à ses côtés dans l'aventure du PG, le parti de gauche qui, politiquement, Éric Coquerel vous a fait décoller. Vous avez enfin été élu conseiller régional à 52 ans, précisément conseiller régional d'Ile-de-France, et puis vous êtes devenu le conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon, qui a même fini par vous confier les clés du parti que vous aviez, il faut le rappeler, avec d'autres personnalités cofondées.

Aujourd'hui, à 59 ans, Éric Coquerel, vous siégez donc à l'Assemblée, avec 16 amis insoumis, et permettez-moi de vous trouver, vous n'allez pas apprécier, déjà sacrément fatigué, parce que depuis 8 mois, vous vous agitez, vous contestez, vous vous faites remarquer, et puis finalement quoi ? Qu'est-ce que vous avez gagné ? Vous avez, c'est vrai, renforcé votre notoriété, mais quel succès pouvez-vous véritablement afficher, pour vous relancer, pour continuer, pour convaincre les Français que vous êtes d'efficaces opposants ? Vous y avez mis beaucoup d'énergie, mais pour fédérer les mécontentements, cela n'a visiblement pas suffi.

Alors vous conviendrez sans doute, Éric Coquerel, qu'avec 17 députés, la tâche n'est pas aisée.

15:16
Intervenant

Éric Coquerel, une réaction ? On va bientôt le savoir, il y a des partiels. On va bientôt le savoir. Les élections partielles, je ne peux pas trop en parler, je crois aujourd'hui en Guyane, qui est le premier tour, mais il y en a d'autres en Haute-Garonne, vous savez qu'on a des grands espoirs, d'avoir un, voire deux députés de plus, si c'est le cas, ça va montrer qu'on pèse, et qu'on est entendu, voilà, donc on en reparlera à ce moment-là. Moi, je veux dire une chose. Et si ce n'est pas le cas, M. Coquerel ? Eh bien, on regardera, on regardera les résultats. Vous en tirerez des conséquences ? Déjà, ce qu'on veut, c'est progresser partout, d'accord ?

Donc, on a progressé aux deux premières partielles, mais qui n'étaient pas très favorables, parce que c'était une description de droite, ce n'est pas facile dans des partiels de mobiliser, il y a un côté vote utile renforcé. Donc là, on va le voir, voilà, c'est un test. Moi, ce que je constate, vous savez, il y a une chose bien dans votre portrait, cette fois-ci. Merci. Ah bah oui, c'est ça. C'est beaucoup de monde. Non, mais au moins, c'est que vous montrez une chose, c'est que nous, on est des militants.

Moi, je suis dans différents partis, vous avez raison, depuis l'âge de 14 ans, je suis mobilisé, et puis j'ai attendu très longtemps, un jour, pour être élu, parce que j'ai pensé que là, ça pouvait être nécessaire. Autrement dit, j'agis comme un militant. Et vous ne pouvez pas savoir ce que c'est d'avoir des gens, tous les jours, qui viennent vous voir, dans le métro et autres, votre électorat, mais peut-être plusieurs gens, qui nous disent, merci de ce que vous faites à l'Assemblée. On se sent représentés. Donc rien que ça, c'est-à-dire le fait qu'on s'oppose, mais aussi qu'on propose à chaque fois, tout le temps, eh bien, pour moi, c'est aujourd'hui une satisfaction.

Karine le disait, vous êtes l'un des députés les plus assidus à l'Assemblée. Vous connaissez l'adage, Éric Coquerel, aux députés de la majorité, on dit, ferme ta gueule. À ceux de l'opposition, on dit, cause toujours. C'est drôle, c'est peut-être excessif, mais est-ce que c'est juste ? Ça rejoint ce que disait Karine dans son portrait ? Alors, du côté des députés en marche, il y a un côté un peu comme ça, quoi. C'est-à-dire qu'on a des fois l'impression d'avoir une masse en face.

16:56
Locuteur non identifié

Ça, c'est la majorité.

16:56
Intervenant

Oui, c'est la majorité, mais là, je trouve que... Enfin, moi, je ne connaissais pas l'Assemblée avant, mais j'ai l'impression quand même qu'il y a un côté majorité godillot qui est vraiment, vraiment renforcé, comme très certainement... Et dans la minorité ? Il y a quelques personnes. Dans la minorité, c'est toujours un... On joue notre rôle, d'accord ? On joue notre rôle sur deux façons. On a toujours veillé à ça. Je vous donne un exemple. Moi, je me scupe de la commission des finances. C'est aussi une des raisons pour lesquelles on m'a beaucoup entendu.

On a veillé à la fois à s'opposer et on a fait un contre-budget qu'on a proposé qui est, en gros, l'idée qu'est-ce qu'on fait si on gouvernait la France demain. On veille toujours à faire les deux choses. Et très franchement, si je regarde ce qu'il y a sur les réseaux sociaux, vous savez, c'est de plus en plus regarder l'Assemblée, j'ai quand même l'impression que ça sert à quelque chose. Mais vous n'avez pas l'impression de crier dans le désert ? Non, non, non.

17:36
Locuteur non identifié

Si, quand même, quel est votre bilan, finalement ? Ça fait huit mois. J'essayais de le dresser, c'est compliqué. Quelles sont les batailles que vous avez le sentiment d'avoir gagnées ?

17:43
Intervenant

Je vous dirais l'inverse. Si France Insoumise n'existait pas, quelle serait aujourd'hui la situation face à Emmanuel Macron ? Ça serait une catastrophe. Ça serait une catastrophe. Les textes sont... Parce qu'aujourd'hui, le premier bilan, c'est qu'on a malheureusement le fait qu'il a pu appliquer des mesures extrêmement dures sur le marché du travail, à travers les ordonnances, sur la loi travail. Il a imposé un budget le plus austéritaire et inégal de la Ve République. Et nous n'avons pas... Vous voyez, je me mets dans nous, mais c'est aussi les syndicats et autres. L'autre jour, Thierry Martinez le reconnaissait, que la division syndicale avait beaucoup joué.

On n'a pas pu faire face à la hauteur des attaques. C'est un peu l'impact de ce qu'on a dit. Heureusement qu'il y a une voie qui s'exprime de manière politique qui est une voie alternative et qui n'empêche, qui, par exemple, permet une chose. C'est que vous avez remarqué aujourd'hui, l'opposition populaire à Emmanuel Macron, ce n'est pas le Front National. Le Front National, on ne l'entend pas à l'Assemblée. Je ne dis pas qu'ils ont disparu. Mais ils ont quand même eu des échecs lors des élections partielles. On verra la suite. C'est la voie que nous portons, François Soumise. Et rien que pour l'avenir, rien que pour l'espoir que cela suscite, je trouve que, heureusement qu'on existe.

Jeff, puis François. Vous dites, je note un petit paradoxe, vous dites, si on n'était pas là,

18:51
Locuteur non identifié

ce serait une catastrophe. Mais les textes, effectivement, d'Emmanuel Macron et voulus par le gouvernement sont passés sans encombre, sans véritable mobilisation sociale. Au début du mois de février, je crois que vous avez proposé une série de textes. Ils ont été examinés, puis rejetés. C'est la règle de la vie parlementaire. En fait, je reprends un petit peu la question de Karine. À quoi servez-vous, au fond, avec 17 députés ? Est-ce qu'il n'y a pas une règle intangible de la majorité de l'opposition ?

19:16
Intervenant

Que ce soit la règle d'une vie parlementaire. C'est la règle de la Vème République avec un exécutif qui est omniprésent et avec une majorité qui, quoi qu'elle pense, vote comme un seul homme ou une seule femme. C'est ça le problème. Mais en quoi avez-vous été utile ? C'est ça la question. Parce que prenons par exemple les cinq mesures. Il y avait dans ces mesures, on savait, il y avait des députés d'En Marche qui venaient nous dire on est d'accord avec vous. Moi, j'ai porté le récipice et le contrôle d'identité qui disaient ah oui, c'est quand même une bonne idée. Bon, et bien pourquoi ? Pourquoi avons-nous une Assemblée qui à un moment donné ne peut pas avoir des votes différenciés ?

Tout simplement parce que vous avez un aspect de, comment dire, un espèce de manichéisme majoritaire qui est issu de la façon dont le système fonctionne aujourd'hui qui est tout l'inverse d'un système parlementaire. Pour que nous vous dites un contraire combien d'amendements avez-vous proposés qui ont été votés ? Tous les députés de la France Assoumise ? Je ne sais pas. Parce que vous, vous en avez déposé 220. Moi, j'ai dû en avoir quelques... Ça se compte sur les doigts des deux mains. Et encore, certains ont été retoqués par le Conseil Consulé. Mais c'est un problème. Ce n'est pas notre problème. C'est le problème de la démocratie et de la Ve République. Françoise, puis Karine.

20:13
Locuteur non identifié

J'ai des grosses interrogations sur la stratégie. Parce que vous dites d'un 17 députés, bon, on est présents mais on ne peut peut-être pas peser autant qu'on peut. On se dit vous pourriez faire des alliances. Vous pourriez faire des alliances. Or là, cette semaine, vous avez dit non, Benoît Hamon, non au Parti Communiste. Donc, est-ce que vous pouvez avoir une stratégie de splendide isolement et où est-ce que ça vous conduit ?

20:33
Intervenant

Alors, on n'a pas une stratégie de splendide isolement. On a une stratégie qui vise à fédérer le peuple. Vous le savez, depuis le départ. Et nous passons que pour fédérer le peuple, c'est-à-dire tous ceux qui ont des intérêts objectifs pour s'opposer au système financier, notamment parce que ce sont eux qui produisent les richesses, ce sont eux qui, quelque part, peuvent porter l'intérêt général, ça ne passe plus par une addition de cartel politique. Voilà, c'est les conclusions que nous avons tirées du Front de Gauche. On l'a tenté. On a tenté. Moi, j'en ai été un des... Comment dire ? Animateur, confirmateur. Voilà, en tant que je m'occupais des relations unitaires. Donc, on l'a porté.

On a constaté que c'était un échec. On tente une autre stratégie qui est un mouvement citoyen qui peut être soutenu par des partis. Aucun des partis que vous avez cités n'est empêché de venir soutenir comme nous le faisons nous par gauche. Mais pas à vos côtés. Non, c'est l'idée de dire on provoque quelque chose qui permet aux gens de s'impliquer, non pas par dizaines de milliers mais par centaines de milliers voire millions. Je remarque une chose, c'est que pour l'instant ça a quand même été assez efficace parce que Jean-Luc Mélenchon a fait le plus gros score à la présidentielle d'un candidat non-socialiste dans l'espace politique que le nôtre.

On a aux législatives montré que nous étions maintenant une force de deuxième tour. Excusez-moi, il a fait un bon score

21:38
Locuteur non identifié

mais il n'a pas gagné. Et s'il y avait une alliance avec Hamon, attendez, s'il y avait une alliance avec Hamon, est-ce que tout n'aurait pas changé ?

21:44
Intervenant

Demandez-le Hamon. Excusez-moi, mais portez à Hamon la question que le parti socialiste nous a porté pendant des années. Hamon termine à 6%, nous on est à près de 20%. Donc oui, on aurait peut-être pu avoir grappillé les 2-3% qui nous auraient permis de passer. Mais vous savez... Mais alors pourquoi fermer la porte d'une alliance entre les différents mouvements de la gauche qui sont dispersés aujourd'hui ? J'ai entendu Benoît Hamon expliquer qu'il veut bien une alliance à condition qu'on change absolument tout d'autres projets sur l'Europe. C'est-à-dire qu'on adopte le sien, je le dis sans polémique vis-à-vis de Benoît Hamon. C'est des gens avec qui on discute, avec qui on est dans l'action.

Benoît Hamon propose en gros de faire ce qu'ont fait les sociodémocrates dans les années 80. On change l'Europe de l'intérieur, c'est-à-dire dans les traités constants. Nous, on n'y croit pas d'ailleurs parce que la preuve c'est que les sociodémocrates n'ont pas changé l'Europe, ils ont été changés eux-mêmes, ils sont devenus libéraux. Donc Benoît Hamon voudrait que nous allions sur cette ligne-là. Nous n'irons pas sur ce qu'il y a. Par contre, nous avons dit une chose, c'est que les moments où il a ici, on avait l'impression qu'il avançait sur ce que nous nous proposons, le plan A, plan B. C'est-à-dire, le plan A en gros, c'est on arrive à changer l'Europe avec tout le monde.

Le plan B, on change d'Europe avec ceux qui partagent ce que la France pourrait porter si demain nous gouvernions le pays. Bien, Benoît Hamon, quand il nous a semblé qu'il allait vers cette voie-là, on a dit pourquoi pas, parlons. Mais là aujourd'hui, il nous dit faisons l'union mais c'est sur notre ligne. C'est un peu exagéré quand même. Karine ?

23:00
Locuteur non identifié

Non mais malgré tout, vous l'avez très bien rappelé, vous avez fait un score important C, on ne l'entend absolument plus, voire n'existe plus. Et en même temps, ce qu'on constate quand même, c'est que vous n'arrivez pas à les capter en fait.

23:17
Intervenant

On verra bien, on va voir, on va voir dans les partiels si on n'arrive pas à les capter.

23:19
Locuteur non identifié

Écoutez, ça fait 8 mois déjà.

23:21
Intervenant

Attendez, on a, encore une fois, Jean-Luc Mélenchon a eu 20% des voix. C'est le plus, presque 20%. Il les aurait eu, on serait en deuxième temps. Presque 20%. C'est le plus gros score. On a, sur 17 législatives, nous avons gagné tout en ayant pratiquement toujours en face de nous les forces que vous êtes en train d'énumérer, y compris le parti communiste. Ce qui n'est pas vrai, par contre, pour beaucoup de députés communistes à l'Assemblée, la moitié quasiment ont été élus parce qu'on n'a pas présenté de candidats en face d'eux. Les socialistes ont deux fois plus de députés que vous. Donc, ce n'est pas forcément révélateur. Les socialistes viennent de faire 2,6% au partiel.

Donc, on va voir la fin de l'épisode des partiels. Que vous m'expliquez qu'ils aient, parce que c'est un parti institutionnel et qui, en plus, dans certains endroits, a joué sur quasiment une ligne prêche de Macron. Que vous m'expliquez qu'ils ont eu deux fois plus. Moi, ce que je constate sur plus, c'est qu'ils sont en train d'être décimés en termes de militants, en termes de députés. Mais les alliances, c'est fini. Ce n'est pas seulement les alliances.

Pour les européennes, il nous paraît important d'avoir une ligne très claire vis-à-vis des Français sur ce que nous ferions demain si nous gouvernions et ce que feront nos députés à l'Assemblée européenne sur quel programme ils vont s'engager. Ça nous semble déterminant. Bien, d'un tableau, parce que M. Macron, il y a au moins un avantage. Je pense qu'il va défendre sa vision de l'Europe qui est entièrement différente de la d'autre. Mais au moins, avec des scrutins nationaux, je pense que ça dote de la visibilité, on va avoir enfin une vraie élection européenne.

Donc là-dessus, il n'est pas question pour nous de nous allier avec des forces qui veulent refaire ce qu'ont fait les socialistes dans les années 80 parce que ça a échoué. La réponse est claire. Elle est politique. Maintenant, si vous nous dites de manière définitive qu'il ne sera plus jamais question de 100 ans avec d'autres forces, nous vous disons une première chose. Dans l'action, ce n'est pas vrai. Le 23 septembre, la marche qui a été faite par France Insoumise, Benoît Hamon était là. Les communistes avaient choisi d'envoyer une délégation. Ça les regarde. Il y avait beaucoup de communistes qui étaient là. Mais ils étaient là. Donc dans l'action, déjà, c'est notre réponse.

On est vraiment ouvert. On fait par exemple aujourd'hui des mobilisations et des campagnes sur le nucléaire. Dans les porte-parole, il y a quelqu'un comme Noël Mamère, il y a quelqu'un comme Amri Vasi qui ne sont pas à France Insoumise. Donc on est ouvert. Par contre, oui, il nous semble que pour les prochaines élections, on doit continuer la stratégie citoyenne qui est la nôtre sur un programme qui est le nôtre parce qu'on pense que c'est ça la clé pour devenir majoritaire dans ce pays. Karine, puis Françoise.

25:40
Locuteur non identifié

Mais vous n'avez pas répondu à ma question. Vous devriez réussir avec tous vos succès à incarner le leadership de la gauche. Le leadership

25:47
Intervenant

de l'opposition populaire, vous envoyez quelqu'un d'autre l'incarner vous aujourd'hui ? Pourquoi vous ne dites pas gauche ? Vous n'employez pas le mot ? Et vous le savez très bien. Non, non, pas du tout. Franchement, on aimerait être très rédigé sur ce point. Je vous le dis, nos valeurs sont de gauche, notre contenu de programmatique est de gauche telle qu'on l'entendait. Le seul problème, c'est que je ne crois que nous ne sommes pas encore sortis de la période qui, notamment à cause de M. Hollande, a fait en sorte qu'on a saccagé le mot gauche. C'est-à-dire que la gauche était pratiquement le même programme économique, j'entends, que les libéraux de tous les pays d'Europe ou même M.

Sarkozy précédemment.

26:15
Présentateur

Le mot est cramé.

26:16
Intervenant

Le mot est écramé. Voilà, on va le dire. Donc, nous, ce que nous voulons, c'est par rapport à des gens qui se disent « Moi, je suis désolé, je ne me sens pas de gauche parce que je n'ai pas été représenté par M. Hollande ou M. Macron. Il était au gouvernement à l'époque. Nous voulons faire en sorte de ne pas fermer la porte et de dire « Lisez le programme ». Est-ce que vous êtes d'accord avec le programme ? Alors oui, en réalité, nous, on pense à un programme de gauche, mais on ne vous demande pas votre étiquette. Agissons ensemble. Je pense que c'est la bonne manière de reconquérir nos valeurs après des décennies où le Parti socialiste les a saccagés.

26:45
Locuteur non identifié

Mais on voit bien aussi qu'à l'extrême droite, il y a des personnages en difficulté, Marine Le Pen. Est-ce que vous avez envie de récupérer l'électorat de Marine Le Pen ? Et est-ce que c'est pour ça que vous dites finalement « On ne se revendique plus de gauche, mais on va faire la totalité du peuple contre l'élite ».

27:01
Intervenant

On a envie de revendiquer tout l'électorat populaire qui a intérêt à faire en sorte qu'un programme comme la Vire en commun gouverne ce pays dans les années à venir.

27:09
Locuteur non identifié

Donc y compris celui qui a voté Marine Le Pen.

27:11
Intervenant

En vérité, on sait très bien quel est l'enjeu. L'enjeu d'abord, c'est que premièrement, il n'y a pas 20% de fachos dans ce pays. Je ne le crois pas. Donc il y a un électorat, effectivement, on le sait, on l'a vu, qui peut bouger, qui peut se dire « Tiens, là finalement, ils ont raison, etc. On avait peur, mais les solutions proposées par Jean-Luc Mélenchon sont les bonnes. » Deuxièmement, il y a un autre électorat qui est visé aussi par Marine Le Pen, qui sont ceux qui ne votent plus, qui s'abstiennent, qui ont l'impression que tout ça, c'est quelque chose qui ne changera pas leur vie. Mme Le Pen a essayé de le conquérir, notamment au deuxième tour.

Elle n'y est pas arrivée parce qu'en réalité, son programme est celui de la haine et de la division. Donc je crois que c'est ça que entendent heureusement les Français. Nous, évidemment, cet électorat qui ne vote plus, qui depuis des années, nous veillons à le reconquérir parce que c'est notre base sociale naturelle. Donc gauche, droite, c'est fini. Vous jouez peuple contre élite ou peuple contre caste. On verra bien dans les années à venir comment ça se passe. Mais aujourd'hui, nous préférons faire en sorte de présenter un programme et que les gens se sentent à l'aise avec ce programme, se revendiquent de ce programme plutôt que de demander l'étiquette d'un tel ou un tel.

Maintenant, moi, je suis de gauche. Je ne t'ai jamais caché. Mais je n'ai pas envie que les gens se disent tiens, il est de gauche comme Hollande, comme finalement M. Le Folle qui se présente ou autre candidat du Parti Socialiste pour une présidence d'un parti aujourd'hui marginalisé. Encore une question de Jeff. Sur cette désunion de la gauche, est-ce que finalement le fait que vous soyez

28:30
Locuteur non identifié

non pas en guerre mais en disons aujourd'hui désunis avec le Parti Socialiste, avec les communistes ou les écologistes n'est pas la meilleure nouvelle pour le pouvoir, pour le gouvernement ? Est-ce qu'à vous seuls, les Insoumis, vous êtes capables de lancer un puissant mouvement du refus là où vous n'y êtes pas arrivés à l'automne dernier ? Mais vous savez, les Insoumis,

28:46
Intervenant

que ce soit les électeurs, il y a beaucoup de gens qui se sentent communistes, qui se sentent de tradition socialiste. Mais ils ne sont pas derrière vous encore. Mais ils ne sont pas derrière le PS non plus. Vous avez remarqué. Non, mais pas derrière vous non plus. On verra bien. On verra bien. Ils l'ont déjà été beaucoup. Et notre objectif, c'est de faire en sorte que dans les années à venir, ils le soient encore plus. Voilà. Tout simplement parce que ce mouvement, justement, est le leur. C'est un mouvement citoyen et qui vise à faire en sorte de casser, pas seulement, j'allais à la question du cartel politique, mais quelque chose qui a fait son temps. Et ça, je l'assume.

C'est le fait que les partis qui ont, j'allais dire, été la gauche au XXe siècle, ont tous les deux, pour des raisons différentes, je veux dire, achevé leur rôle historique. Du compromis entre le capital et le travail, aujourd'hui, on voit bien qu'à force de devenir libéraux, ce ne l'est plus le cas. Donc, ils n'ont plus de rôle historique. Et puis, du côté du Parti communiste, non pas l'idée communiste. C'est l'idée communiste. Je pense qu'elle reste quelque chose qui est forte et qui est nécessaire dans un processus de recomposition.

Mais en tout cas, la direction du Parti communiste aujourd'hui, ce n'est pas notre fait, a fait en sorte que ce parti ne peut plus avoir vocation à rassembler une majorité autour de lui ou même être le pivot d'une majorité. C'est un fait et très franchement, ce n'est pas nous qui en portons la plus grande responsabilité. 12h35, l'invité de questions politiques cette semaine est le député La France Insoumise, Éric Coquerel.

29:56
Auditeur

Question politique sur France Inter.

30:00
Présentateur

Question de stratégie encore avant d'aborder quelques dossiers d'actualité. Éric Coquerel, c'est toujours pour essayer de comprendre les raisons pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon

30:09
Intervenant

notamment porte un combat, porte le fer contre les médias. Je rappelle ce qu'il écrivait sur son blog le 26 février dernier. Je le cite, la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine. Est-ce que ça ne fait pas justement écran par rapport aux propositions

30:25
Présentateur

sur le fond que vous pouvez porter ?

30:27
Intervenant

Être constamment en train de critiquer les journalistes et les médias, la CIA de la pensée ? D'abord, j'ai l'impression d'une chose. Sur la phrase et autres, comme c'est une phrase qui est au milieu d'un long raisonnement, j'invite vos auditeurs ou téléspectateurs à aller le voir. Maintenant, sur le fond de la question, moi, le problème, c'est pourquoi ce que j'appelle le système médiatique qui n'englobe pas tous les journalistes mais qui est en gros le système... Un peu quand même. Non, non, non, qui n'englobe pas tous les journalistes. Certains, beaucoup même, je veux vous dire, y compris dans vos réactions, en sont victimes et nous le disent. D'accord ?

Parce qu'ils sont précarisés, parce qu'ils se retrouvent avec des contrats de plus en plus difficiles qui font qu'ils sont obligés, y compris de suivre une forme d'information qui n'est pas celle qui les satisfait. Ça se développe de plus en plus. Mais ce que nous observons, c'est que oui, il y a un système médiatique qui, aujourd'hui, s'est emparé du pays. Elle est simple. Neuf milliardaires détiennent 80% des médias.

C'est-à-dire, ce contre quoi s'est opposé le Conseil national de résistance, en disant, c'est un problème, le monopole, en disant, c'est un problème que des groupes qui ne sont pas des groupes de presse s'emparent des médias pour la liberté de la presse, pour la liberté de l'opinion, eh bien, aujourd'hui, nous sommes en plein dedans. Mais le mot de haine, haïr les médias et haïr ceux qui les animent, Eric Coquerel. C'est ça qui m'a l'air tant que lié. Pourquoi ? Parce que ça, ça provoque certaines choses. C'est qu'à un moment donné, je peux vous le dire, la haine, c'est nous qui la ressentons.

Moi, quand je regarde la manière dont, par exemple, sont traités des leaders d'opposition, Jean-Luc Mélenchon ou d'autres à la télévision, et que j'observe, par exemple, ce n'est pas la même manière que M. Macron ou M. Blanquer. M. Blanquer, l'émission politique récemment. Vous trouvez qu'il y a une manière différente de traiter M. Blanquer pour lui apporter la contradiction au débat de la crise.

J'ai regardé toutes les missions de la mer où on lui a passé les plats qui était véritablement, je veux dire, un chemin de plaisir pour lui et à certains moments, comment ça se fait que sur d'autres leaders et notamment pour ce qui nous concerne, eh bien, nous nous retrouvions avec l'impression d'avoir une émission semée de pièges, semée d'obstacles, où on ne revient non pas sur des thèmes d'actualité, mais ce sur quoi on pense que ça va faire polémique vis-à-vis de France Insoumise. Mais la haine, Éric Coquerel. Attendez, je finis. Je vous le dis très clairement. J'estime que la manière dont nous sommes traités ou la manière dont, par exemple, M.

Macron est traité avec le déséquilibre me rappelle la façon dont, non pas tous les journalistes, mais ceux qui ont l'antenne, ceux qui font les éditoriaux ont traité, par exemple, le traité constitutionnel européen, alors que 80% en gros du temps d'antenne nous traitaient de nationalistes étaient comptes et finalement au final 55% des Français étaient comptes. Je pense qu'il y a un vrai problème qui se pose à ce niveau-là, qui est lié à la concentration, qui est lié à la concentration, Non mais qu'il y a une critique des médias, on l'entend,

33:08
Locuteur non identifié

mais le mot de haine, Éric Coquerel, vous ne voulez pas répondre, la haine, ce sont des ennemis qu'on aient, ce ne sont pas des adversaires.

33:16
Intervenant

Nous la ressentons et je peux vous dire qu'à partir de nous où nous la ressentons de ce point de vue-là, ce que nous apprend le parti médiatique, que moi j'appelle le système médiatique, d'accord ? Ou la CIA. Je vous dis la CIA ? Non, non, mais c'est Jean-Luc Mélenchon qui emploie cette façon. Vous voyez la note du blog, je vous parle du système médiatique, je pense que ce système-là à un moment donné, oui, mérite des réflexes haineux. Pourquoi ? Parce qu'il y a des moments où on n'en peut réellement plus en écoutant ce qui est aujourd'hui sur les antennes, la façon dont on parle de manière récurrente, on va considérer que tel ou tel thème, la question du Venezuela par exemple, d'accord ?

J'espère qu'on ne va pas en parler. Non, mais c'est bon de la mérité sur le site. J'ai l'air pas, comme ça s'est imposé dans le débat public. Oui, bien sûr, ça s'est imposé dans le débat public. Oui, ça s'est imposé dans le débat public. Vous ne savez pas que c'est le système médiatique dont je parle qui a imposé le fait de considérer qu'à la présidentielle, ce qui était décisif deux semaines avant le premier tour et qui a eu des conséquences, c'était la position de France Insoumise, supposée d'ailleurs, vis-à-vis du Venezuela ou de l'Alba. Bien sûr que non, ce n'était pas le sujet majeur. Le sujet majeur aurait été parlé du Proche-Orient, du Moyen-Orient, du chômage, de tout ça.

Eh bien, ça a été le sujet majeur qu'on nous a accroché. Je dis là qu'il y a un rôle, effectivement, de formation des esprits, ou plutôt de déformation des esprits, qui est très certainement lié à la manière dont les médias sont tenus aujourd'hui par des grands groupes économiques. Et quant au service public, je pense une chose, franchement, c'est que M. Macron a mis une pression folle sur le service public. Je pense qu'il a une vision très ORTF du service public. Je vous assure en tout cas qu'on s'y sent libre quand on y travaille. Je vous le dis vraiment très sincèrement.

Quand je vois la ministre décider avant le CSA de la démission du directeur de Radio France, quoi qu'ait fait le directeur, je me dis que le cordon, le lien ombilical entre l'exécutif et le service public, excusez-moi, il n'est pas coupé. Mais je vous rassure qu'on se sent libre malgré tout. Peut-être que vous vous sentez humil, mais je ne sais pas à quel niveau le subconscient, lui, ne le fait pas. Ça, il faudrait tous qu'on aille sur des vivants et voir les psychanalystes. Je vous dis et je l'assume. D'accord ? Alors, on ne va peut-être pas dire tout le service public.

L'autre jour, il y a des journalistes de France Bleu qui me disent ne globalisez pas parce que toutes les rédactions ne sont pas les mêmes. Alors, il y a des rédactions. Nous avons à certainement l'impression, oui, qu'il y a un travail de marteau-pilon contre ceux qui aujourd'hui s'opposent à M. Macron. Ce qui n'applique pas, ce qui n'applique pas, et je le répète, l'étendue et tous les journalistes qui, à un certain moment, vient de nous dire qu'on n'aime pas le rôle qu'on nous fait jouer. Voilà. Ce qui est quand même frouvant,

35:30
Locuteur non identifié

c'est que cette campagne d'attaque avec le mot « haine » contre la presse intervient au moment où il y a quand même des questions sur le fonctionnement de votre parti. Je pense notamment au financement de la campagne électorale où vous étiez parti vent debout contre l'auto-entreprise qui était de l'auto-esclavage et puis on s'aperçoit que pour financer la campagne de Jean-Luc Mélenchon, beaucoup se sont mis en auto-entrepreneurs. Donc, est-ce que vous pouvez à ces critiques sans dire immédiatement « CIA médiatique » ? Voilà.

36:00
Intervenant

Je peux répondre. Et récorderait le président de la commission, d'ailleurs, des comptes électoraux qui vient de répondre, d'ailleurs, à toutes les enquêtes qui ont été animées par France Inter et relancées récemment. Il vient de répondre coup pour coup en expliquant qu'il n'y avait pas de désaccord avec le président de la commission. Ce n'était pas vrai. Ça n'a jamais été exercé. Non, mais là,

36:18
Locuteur non identifié

je parle de l'auto-entrepreneuriat. Non, mais attendez,

36:20
Intervenant

vous me parlez globalement. On a fait une affaire, d'accord, de comptes de campagne qui ont été validés entièrement par la commission. On a fait comme s'il y avait des choses suspicieuses derrière, d'accord, sur la foi d'un seul témoignage, d'un membre de la presse en témoignage. 436 000 euros de dépense ont été sortis parce que c'était... Non, 336 000 ont été sortis. 430 000, ça fait 4%. Et pour la bonne raison, c'est que nous avons fait le choix, puisque vous savez que nous avons commencé la campagne bien avant, de présenter absolument tous les comptes. Et sur ces comptes, il y a un certain nombre de comptes qui n'ont pas été repris.

Oui, mais ça fait partie quasiment du traitement normal de tout et de tout. Mais la question est portée

36:55
Locuteur non identifié

sur le double langage, sur l'auto-entrepreneur et puis vous en faites. Non, non, non, ça ne l'a pas porté là-dessus.

37:00
Intervenant

On nous a traité... Non, mais là, c'est la question de Françoise. J'ai entendu. Je vais répondre globalement. On nous a accusé de toute surfacturation. On vous dit surtout de la question de Françoise. Ces comptes sont validés et je suis étonné que par rapport à des comptes validés où à un certain moment, le président de la Commission nationale des cours des comptes estime même que les propos, je cite, de la personne qui a donné toutes les sources aux journalistes puisqu'il n'y en a qu'une peuvent valoir dénonciation calomnieuse et ses propos. Alors, à moins que vous attaquez aussi le président de la Commission. C'est ce qu'il explique bien.

Je vous dis qu'il y a eu de manière très claire tous les dossiers ont été présentés. Sur ces dossiers, comme c'est souvent le cas, il y a une partie qui n'a pas été validée par la Commission, 4% de cette partie-là et au nom de ça, on nous fait tout un pataquès laissant penser qu'en réalité, il y aurait je ne sais quel problème d'arrière-cuisine. Ce n'est pas le cas. Et pendant ce temps-là, on ne s'occupe pas, là par contre, là par contre, des donateurs qui ont manifestement des soupçons d'avoir donné trop d'argent par rapport à la campagne de la Commission. Vous ne vous répondez pas à Françoise. Je vous réponds sur le fond, Éric Ocrel.

Oui, puisque l'auto-entrepreneuriat, Alexis Corbin, par exemple, était auto-entrepreneur pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Par exemple. Oui, alors, on va répondre là-dessus. Prenons le cas d'Alexis. Alexis est enseignant. Il se met en congé militant, d'accord, pour, pendant la campagne, pour, à la demande de Jean-Luc Mélenchon, être porte-parole. Il faut bien qu'il soit payé. M. Griveaux a été payé 6 000 euros. Oui, mais à ce moment-là,

38:18
Locuteur non identifié

il ne faut pas faire des dénonciations absolument. Mais est-ce qu'on continue à faire des dénonciations ? On s'interroge sur votre sincérité. Mais il y a un moment donné,

38:23
Intervenant

vous prenez un statut, le problématique, c'est que quand vous prenez un statut d'indépendant temporaire, qui, effectivement, est aussi lié avec les budgets de campagne, vous savez que les banques ne nous ont pas facilité les choses par rapport à cette campagne, eh bien, vous prenez au plus facile. Donc, le fait que des militants s'engagent de leurs propres faits, parce que nous, on agit toujours aux militants, y compris à accepter des régimes que nous contestons de manière globale, généralisée à la société, c'est vrai.

Quelque part, j'allais dire que pour les quelques militants qui procèdent ainsi et qui permettent ainsi que nous puissions faire une campagne, j'allais dire, au-delà même des budgets qui nous ont été attribués par les banques, c'est parce que nous, nous avons un engagement militant.

Moi, si vous voulez, par exemple, la dernière campagne en 2012, j'ai agi dans la campagne, je n'ai pas touché un euro, c'est mon fait et ma liberté d'estimer que je mets une partie de ma vie là-dedans, eh bien, c'est le fait et la liberté d'Alexis ou d'autres personnes de choisir quelque chose qui les pénalise, certes, mais qui, d'ailleurs, de manière temporaire, c'est aussi parce qu'aujourd'hui, si vous connaissez le monde du travail, il n'y a pas 50 000 systèmes de faire en sorte d'arrêter un statut de salarié pendant quelques mois pour reprendre, ce n'est pas vrai, c'est pas... C'est de la flexibilité. Ben oui, bien sûr, bien sûr, dont nous sommes tous éthiques, mais qui est comme ça.

Donc, je vous dis, par rapport à ça, il n'y a pas d'affaires et la manière de monter cette histoire en... comment dire... de monter cette histoire, la manière dont c'était faite, ça fait partie, justement, je trouve, des campagnes qui sont menées contre nous. Ça s'appelle une enquête, le journaliste. Oui, c'est ça. Ça a été reprendu ce qu'avait dit le mot une semaine avant.

39:49
Locuteur non identifié

Alors, sortons-en de cette histoire et alors, du coup, de manière plus globale, est-ce que, finalement, les propos outranciers, violents, dont on a parlé à l'instant de Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous avez le sentiment, très concrètement, que ça vous fait gagner ou perdre des points ?

40:02
Intervenant

Éric Coquerel. D'abord, je trouve que dans... 12h44, j'espère qu'on va parler de la SNCF quand même. Je réjouis. On y arrive. D'accord, OK. C'est pas que je veux éviter les questions, mais j'aimerais bien parler des choses qui sont véritablement problématiques. D'abord, j'observe une chose, c'est que dans les sondages d'opinion, ça marche pas si mal. Donc, quelque part, j'ai appris que les gens jugent mieux la façon dont nous comportons qu'aujourd'hui, on pourrait le supposer avec ce que disent certains médias. Donc, il faut taper pour faire... Oui, il faut taper le système. Ça, oui. Et nous pensons qu'il y a... Ce que nous appelons le système médiatique fait partie du système.

Je vous le répète. Je vous le répète, ils font partie du système. Voilà. La manière... En fait, quand vous dites ça, vous avez la même... On va se réchanger de sujet parce que, Karine, j'ai juste une question, Ali, si vous le permettez. Je sais, mais il y a tellement de questions à vous poser. On a assisté leur face

40:47
Présentateur

sur la défiance des médias. Mais c'est vrai qu'il faut parler de la SNCF et de l'assurance chômage.

40:50
Locuteur non identifié

Un rapprochement inattendu entre Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez. Il faut juste vous nous expliquer pourquoi, finalement, Jean-Luc Mélenchon a pris sa défense en expliquant qu'on avait empêché la droite de se regrouper derrière lui. Comme si c'était... Est-ce que vous avez la preuve que le gouvernement

41:05
Intervenant

a demandé à l'émission quotidienne d'embêter M. Wauquiez ? Non, évidemment, On n'a aucune preuve. On n'a aucune preuve. Ce que je constate, il y a un tout chaud bizarre. Je vous le dis. M. Macron se comporte à certains moments avec des phrases au vu de tout le monde qui aurait auparavant fait scandale si c'était M. Sarkozy. On le dit ? Je ne pense pas... Oui, d'accord. Ça dure quelques heures. Au salon de l'agriculture, il prend à partie un cheminot en lui disant « Ah, votre retraite, est-ce que vous pensez qu'elle est méritée par rapport aux agriculteurs ? » C'est l'équivalent de casse-toi-pauvre-comte Sarkozy. D'accord ? M.

Macron, face aux salariés de GMS, explique que bordel, ils n'ont qu'à aller travailler. On en a beaucoup parlé, M. Coquerel. Non, on n'a pas beaucoup parlé. Et pendant ce temps-là, M. Wauquiez, ça dure cinq jours. Je pense, oui, qu'il y a un traitement différencié. Je vous le dis, je l'affirme, de la part de certains médias, des leaders de l'opposition, de M. Macron. Voilà, je l'assume et je vous le dis. Le député et la France insoumise, Éric Coquerel, est l'invité de Questions politiques.

41:54
Auditeur

France Inter, Questions politiques.

41:57
Intervenant

Et c'est effectivement la bataille de la SNCF qui se prépare. Question de Françoise Presseuse.

42:03
Locuteur non identifié

Est-ce que vous allez appeler à manifester ou est-ce que vous considérez que ce sont aux syndicats de mener la bataille du rail ?

42:09
Intervenant

À le 22, on appelle à les soutenir. Le 22 mars. On est derrière eux, le 22 mars. Si c'est le 22 mars, ils se revoient le 15 mars. C'est la bonne nouvelle, c'est qu'ils sont tous unis. Donc, on appelle à les soutenir, à les mobiliser, mais c'est eux qui, évidemment, sur cette bataille syndicale, typiquement syndicale, c'est eux qui sont devant

42:27
Locuteur non identifié

parce qu'on a quand même des Français qui sont très favorables à la fin du statut des cheminots. J'en parlais au début de cette émission. Ils ne sont pas tellement contre les ordonnances et ils sont contre se sentir bloqués dans cette bataille, se retrouver les otages de tout cela. Est-ce que vous pensez

42:43
Intervenant

sincèrement réussir ? Alors, on enlève ce mot-là, si vous voulez. Pas de problème.

42:49
Locuteur non identifié

Est-ce que vous pensez vraiment réussir à faire plier le gouvernement ? Et donc, comment ?

42:53
Intervenant

Éric Coquerel. Tout simplement, ce que je ne crois pas, c'est sondage. Voilà, je vous le dis. Il y en a un autre qui explique que 43% des Français pensent qu'il faut qu'il y ait grève contre 38% qui pensent qu'il ne faut pas. Alors, vous voyez, on peut en prendre, etc. Moi, je crois que... Vous les croyez quand on dit que Jean-Luc Mélenchon est le leader de l'opposition ? En 1995, au début de la grève, les sondages étaient à peu près les mêmes, etc. À la fin, il y avait 75% des Français qui soutenaient les grévistes parce qu'au fur et à mesure du débat, ils avaient eu l'occasion de voir ce qu'il en était réellement. On peut comparer la situation d'aujourd'hui avec celle de 1995 ?

À faire en sorte de privatiser la SNCF à terme pour qu'elle s'adapte à cette fameuse ouverture à la concurrence qu'ont décidées tous les partis du gouvernement qui va s'adapter. Oui, mais c'est un mensonge. Voilà, c'est un... Mais oui, quand vous transformez, quand vous faites tout pour faire en sorte que la SNCF devienne une entreprise privée, c'est-à-dire que vous passez par exemple d'un système d'EPIC qui est aujourd'hui un système qui ne permet pas des actions à un système national à capitaux publics, exactement ce qu'a subi France Télicom, où là, vous pouvez ouvrir les actions. Quand vous décidez que vous changez de statut... Elisabeth Borne vous rassure.

Elle est en ce moment chez nos confrères d'RTL. Ils nous ont tous rassurés. Et elle dit qu'il n'est pas question de privatisation. Mais France Télicom, ils nous rassuraient à chaque fois qu'ils privatisent. Ils nous rassurent, ils nous disent qu'il n'y aura pas de privatisation. Et puis 20 ans après, on se retrouve avec une privatisation où il n'y a plus que les yeux pour pleurer. Donc, je n'y crois pas. Voilà, je vous le dis. Pourquoi je n'y crois pas ? Parce que la logique qu'ils ont décidée, celle d'ailleurs qui est pour beaucoup sur les problèmes actuels de la SNCF. C'est-à-dire l'ouverture à la concurrence.

Décidée, encore une fois, par tous les partis de gouvernement à Bruxelles, en France, au Parlement européen depuis des années, contre lesquels nous sommes opposés. Cette ouverture à la concurrence inévitablement induit au bout d'un moment le fait d'avoir une logique de privatisation et de transformation d'une société qui est celle d'avoir le service public comme principale préoccupation à une société qui nourrit la rente des actionnaires. On l'a connu avec les autoroutes, on l'a connu avec France Télécom, on le connaît partout. Et d'ailleurs, le problème que nous avons aujourd'hui, pourquoi la SNCF fonctionne moins bien ? J'aimerais qu'on l'aborde.

Pourquoi par rapport à il y a 30 ans, je crois que la plupart des gens autour de nous peuvent s'en rappeler, pourquoi les trains arrivaient plus à l'heure ? Pourquoi ils desservaient mieux le pays ? Pourquoi on pouvait s'en orgueiller ? Il y a eu deux problèmes. L'ouverture à la concurrence qui a cassé le fret ferroviaire. Catastrophe écologique, je voudrais en dire par rapport à mon introduction sur la question du climat. Catastrophe écologique.

Deuxièmement, parce que cette ouverture à la concurrence s'est faite par exemple avec cette séparation du rail et du roulant que tout le monde aujourd'hui condamne comme une imbécilité qui est pour beaucoup dans les problèmes techniques que nous avons vécu et qui a aussi induit le fait qu'on ferme déjà des lignes. Oui, mais le problème c'est qu'aujourd'hui

45:25
Locuteur non identifié

on a 50 milliards de dettes. Donc vos propositions, quelles sont-elles ? Les dettes,

45:29
Intervenant

ce n'est pas le statut des cheminaux. D'accord. C'est ça pour la réforme. En quoi la transformation de l'entreprise de services publics dans un domaine non concurrentiel permettrait justement expliquerait les dettes ? Ce n'est pas ça qui explique les dettes. Les dettes actuelles. Cette question, pourquoi le maintien du statut des cheminots est-il déterminant pour l'avenir de la SNCF ? Pourquoi il est déterminant ? Parce que nous, nous nous battons. C'est là où il y a deux logiques. C'est pour ça que ça renvoie à la fin ou à la raison pour laquelle c'est fait. C'est que si demain nous gouvernions le pays, on remettra en question l'ouverture de la concurrence.

On désoblierait par rapport aux décisions de Bruxelles. Je vous le dis très clairement parce que l'ouverture à la concurrence en Angleterre, c'est des prix des trains qui pèsent 14% du salaire au lieu de 2% en France. C'est deux tiers des Anglais qui renationalisent le transport. Donc nous ne croyons pas au fait qu'un transport qui répond à l'intérêt général est le plus écologique. Si je vous réponds... Ça ne répond pas à la question. Le statut dérogatoire des cheminots a la possibilité de partir plutôt à la retraite.

Et à partir de là, nous ne voyons pas la nécessité de changer le statut des cheminots en statut privé parce que c'est pour ça que je vous dis qu'il y a une privatisation rampante. C'est ça qui est derrière la question. Au contraire, nous pensons bien nécessaire que dans un mode de transport qui nécessite la question de la sécurité et une haute technicité, eh bien les cheminots... Parce que c'est ça aujourd'hui qui reste de leur statut. C'est l'emploi garanti. Le reste a été quasiment cassé. Les cheminots qui sont rutés depuis quelques années ne bénéficient même plus de la retraite de 52 et 57 ans. Et ceux qui en bénéficient, c'est au bout de 43 ans de cotisation, je le dis aussi.

Donc tout ça a déjà été largement cassé. Mais par contre, nous pensons qu'il faut un statut de cheminot qui soit lié à celui d'une entreprise de service.

46:58
Locuteur non identifié

Vous avez une bataille de l'opinion pendant tout ce printemps. C'est quoi votre plan alternatif sachant qu'il y a une dette de 50 milliards d'euros ? Comment vous faites pour refaire marcher la SNCF comme il faut ?

47:09
Intervenant

Éric Coquerel. Donc maintenant, parlons de la dette. La raison de la dette de la SNCF, elle est d'abord structurelle. Vous savez, c'est le moment où l'entreprise est une entreprise publique et il avait fait les investissements que les entreprises privées d'avant-guerre n'avaient pas fait. Donc il a fallu investir et c'est une des grosses raisons de la dette de la SNCF. La deuxième, c'est le tout LGV. Vous savez que le LGV, par exemple, tout au Bordeaux, ça coûte énormément d'argent du fait de partenariat public-privé, du fait qu'on a voulu... Mais qu'est-ce qu'on en fait aujourd'hui ? Eh bien justement, il faut revenir sur cette politique à un moment du tout LGV.

C'est pour ça qu'on se repose par exemple à Lyon-Turin, à des projets pharaoniques qui ne servent à rien et faire en sorte qu'on revienne à un service public qui n'est pas la question uniquement de la rentabilité financière dans la tête mais à long terme, celui de l'aménagement du territoire, celui de la question écologique. On est pour reconquérir le fret ferroviaire, c'est-à-dire qu'on est pour revenir sur tout ce qui a été fait parce que le tout-cagnon, c'est tout, sauf une solution en matière de sécurité et d'environnement et nous sommes pour faire en sorte que la SNCF garde un monopole, je vous le dis très clairement, et qu'il n'y ait pas d'ouverture à la concurrence.

Voilà nos solutions. Face à la menace de grève, justement, je ne vois pas en quoi ça augmenterait la dette de la SNCF. La dette de la SNCF, je vous le répète, elle doit plus au tout-LGV et à l'ouverture à la concurrence. Exactement. Vous l'avez dit,

48:19
Présentateur

Elisabeth Borne, face à la menace de grève à la SNCF, déclare, s'il y a une grève, on prendra toutes les dispositions nécessaires, on assurera le meilleur service. Fin de citation.

48:28
Intervenant

Écoutez, on verra bien ce qu'ils font à chaque fois, ils menacent de tout, on verra bien.

48:32
Locuteur non identifié

Mais malgré tout, vous avez le sentiment que les cheminots sont prêts à un mois de grève.

48:36
Intervenant

Écoutez, un mois, il faut leur demander. C'est ce qu'ils ont dit. Moi, je les sens très remontés. Pourquoi ? Parce qu'ils s'aperçoivent bien que c'est la fin de ceux dans lesquels ils se sont engagés. Je dis engagés parce que ce n'est pas seulement un travail cheminot, c'est aussi une mission de service public. Ils se sont engagés depuis des années et qu'on est en train de casser un outil qui a fonctionné pendant des décennies et qui a fait la fierté du transport en France. Voilà, c'est ça. Et je pense que du coup, les cheminots se battent d'actualité, c'est l'assurance chômage.

La ministre du Travail a détaillé, c'était vendredi matin, les contours de la réforme de l'assurance chômage avec des mesures qui s'inspirent assez largement de l'accord qui a été trouvé entre les partenaires sociaux. Quel regard portez-vous justement sur cette démarche et ces réformes à venir ? Ah bah écoutez, j'ai cru que... Droit à la démission tous les 5 ans, 800 euros par mois pour les entrepreneurs en liquidation, bonus, malus, prêt à l'emploi contre les contrats courts.

J'ai l'impression qu'il y a une chose qui n'a pas changé par rapport aux annonces, c'est tout ce qui durcit les conditions des chômeurs, c'est-à-dire plus de contrôles, plus d'obligations de reprendre un emploi y compris déqualifié, moins bien payé et qui laisse... Qu'il y ait toujours cette logique s'il y a du chômage c'est à cause des chômeurs, globalement. C'est ça qui aujourd'hui domine parce que pour le reste, ce que j'obtère, c'est que la fameuse ouverture aux démissionnaires, c'est tous les 5 ans et sous réserve d'avoir un projet.

L'ouverture aux indépendances s'est plafonné à 800 euros et c'est seulement en cas de faillite et le bonus-malus dont nous avez parlé de pénalisation du travail précaire, ça sera tout sauf une loi, c'est renvoyé aux discussions de branche. Donc le moins que je veux dire, c'est que les quelques mesures qui semblaient aller dans le bon sens, elles sont rabotées et par contre, toutes les autres mesures, elles sont bien là. Donc c'est la manière dont le gouvernement agit depuis des années, enfin pas depuis des années, pardon, ça sera pas car, mais d'ailleurs pas dans le sens des salariés de ce pays et de ceux qui produisent les richesses. Rapidement.

50:22
Locuteur non identifié

On sent que vous avez envie d'une forte mobilisation à la SNCF, mais est-ce que ce qui s'est passé sur les ordonnances travail vous échoue de pain un peu ? Vous aviez appelé un million de manifestants sur les Champs-Elysées et ça, c'est pas produit. Est-ce que vous allez faire pareil sur la SNCF ou est-ce que vous allez être plus prudent dans vos mots d'ordre et vos appels ?

50:39
Intervenant

Sur la SNCF, d'accord, là encore, sur une action qui est celle d'une entreprise qui peut peut-être faire contagion parce qu'il y a d'autres mouvements actuellement en France en fonction publique, on verra bien. Non, nous allons être derrière les syndicats. Par contre, ça ne nous empêche pas de dire qu'à un moment donné, quand vous avez des attaques inédites et les attaques de ce gouvernement et de M.

Macron sont inédites, il est en train de casser ce qu'il reste de l'État social en France, il faudrait très certainement avoir une réaction inédite et c'est pour ça que nous continuons à mettre dans le paysage pour, par exemple, le printemps, on pourrait imaginer ça, l'idée d'une grande marche qui permettrait à tous ceux qui s'opposent à M. Macron, c'est-à-dire toute l'opposition populaire, syndicats, associations... On ne peut pas commémorer, ça je sais pas. En tout cas, si on parle de 68... Je pose la question parce qu'on sera à 50 ans jour pour jour. Le 22 mars 6, c'est la grande grève des 10 millions de salariés dans ce pays et sur le côté 10 ans de pouvoir réactionnaire.

Maintenant, bien qu'on ait vu les suivants, on peut réfléchir sur le pouvoir de M. De Gaulle. Enfin, sur le pouvoir aujourd'hui de M. Macron, si cette manière était une manière de dire les grandes luttes sociales, c'est ce qui permet à un moment donné aussi de modifier le rapport de force dans un pays et de bloquer un projet conservateur et rétrograde, oui, ça serait une bonne façon de le fêter, mais c'est pas l'objectif premier.

51:53
Locuteur non identifié

En tout cas, la bataille sociale que vous essayez de mener à l'Assemblée et en dehors de l'Assemblée, elle ne prend pas chez les Français. Vous arrivez à comprendre pourquoi ?

52:00
Intervenant

Je ne suis pas d'accord avec vous. Non, non, je ne suis pas d'accord avec vous. Vraiment, ce que je ressens, on est des députés vraiment au contact. Moi, je suis dans Seine-Saint-Denis, ma circonscription, une situation populaire. Je ne ressens pas. Alors, je ne ressens pas d'adhésion au projet de M. Macron, pas du tout. D'accord ? Je ressens plutôt une continuité de contestation. Cette contestation, par exemple, des fois, elle s'exprime. Il y a plein de luttes aujourd'hui qui gagnent.

On en parle peu, mais par exemple, les femmes de nettoyage de l'hôtel Olydéine à Clichy qui gagnent après des semaines de grève, les sous-traitants honnêtes de la SNCF, c'est souvent des gens qui se disent qu'ils n'ont rien à perdre et qui se disent on rentre en grève et on va jusqu'au bout. Ça montre que la grève, ça marche dans ces cas-là. Donc, il y a des gens qui se mobilisent. Par contre, il y a un sentiment, ça c'est vrai, c'est est-ce qu'on peut y arriver ? Qui est marqué par plusieurs choses. La manière où se sont passées les ordonnances, le fait qu'on n'est pas arrivé, on ne soit pas arrivé à combattre la loi travail de Mme El Khomri. Il y a eu plusieurs défaites.

Ça, c'est vrai, c'est vrai que ça reste. Mais à l'époque, il y avait du monde pour la loi El Khomri, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Il ne reste que quelques secondes. On verra à partir de mars. Moi, je souhaite une chose en mars. Plusieurs députés, au moins députés de plus pour France Insoumise. Des grosses mobilisations le 22 mars et un renversement de vapeur. Et je crois que M. Macron, qui le faiblit dans les sondages, pourra commencer à s'inquiéter sur le projet. Voilà ce que je souhaite pour le printemps.

53:15
Présentateur

Merci, Éric Coquerel, d'avoir été notre invité. On vous souhaite un bon dimanche. Merci à tous les trois.

53:19
Intervenant

Merci à Mathilde Clad d'avoir préparé cette émission. Question politique se termine. Je vous retrouve juste après le journal pour le grand face-à-face de France Inter.

Eric Coquerel : "Je souhaite au moins un député de plus pour la France insoumise et de grosses mobilisations le 22 mars" · Pourquijevote