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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 10 juin 2021 12 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéSolidarités & familleNumérique

HYSTÉRISATION DE LA POLITIQUE : ÇA SUFFIT !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « On a cette tradition de violence. Ça a toujours existé dans notre pays. »
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    « Le débat d'idées ne doit pas se faire par la violence. »
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    « C'est peut-être le moment, à travers cette gifle, d'avoir tous collectivement le recul. »
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    « La parole d'extrême-droite se libère. Et avec elle les passages à l'acte. »
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    « Fabien Roussel pointe une autre piste, celle d'une fachosphère toujours plus influente. »
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    « Tout ça, c'est la faute de Mélenchon, affirme en substance le porte-parole de LREM. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ça reflète une époque qui ne respecte plus rien. On a cette tradition de violence. Ça a toujours existé dans notre pays.

Posez vous aussi la question du fait de la surcommunication qu’on peut donner à des événements. Le débat d’idées ne doit pas se faire par la violence. C’est peut-être le moment, à travers cette gifle, d’avoir tous collectivement le recul.

L’extrême fragilité de notre démocratie. Je vois cette hystérisation progressive de la vie politique qui est dramatique. Le président giflé, la vidéo du Youtubeur Papacito et la polémique autour de Jean-Luc Mélenchon, c’est le sommaire du numéro 9 d’un Bourbon Sinon Rien.

Il aura donc fallu qu’une gifle s’abatte sur la joue présidentielle pour que la classe politique s’interroge sur l’état psychologique du pays. Passées les condamnations d’usage sur la violence, chacun y est allé de son analyse sur l’origine ou la signification de l'événement. Une introspection collective.

Je crois qu’il faut passer au-delà, si vous voulez, de cette agression, et la lire comme la traduction d’une très grande tension. Alors, tension dont les racines sont peut-être antérieures à la Covid. Certains vous diront que les racines Gilets jaunes sont peut-être encore là, que certaines racines extrêmes sont encore là.

Mais je crois qu’il y a aussi depuis 16 mois maintenant un bocal. Beaucoup de gens se sont trouvés dans ce bocal, enfermés, entre le couvre-feu, la Covid, le manque de relations sociales, parfois des difficultés de travail, etc. Une colère ancienne combinée à un effet cocotte-minute, ce serait là l’explication du soufflet asséné au monarque.

Pas du tout, répond-on du côté du Modem. On a cette tradition de violence. Ça existe, ça a toujours existé dans notre pays.

Je ne crois pas que ça soit plus maintenant qu’avant. Une tradition de violence… Soit. Mais il a bien fallu un élément déclencheur… Posez-vous aussi la question du fait de la surcommunication qu’on peut donner à des événements, et qui alimente peut-être le passage à l’acte d’autres.

Attention aussi à ne pas jouer au feu avec tout cela. Que les médias en fassent des tonnes, c’est entendu. Mais les politiques ne sont pas les derniers à les gaver de petites phrases et autres punchlines.

On publie n’importe quoi ces temps-ci. Et puis, il y a ceux qui restent dans le classique. Style “Tout fout le camp, mon bon Monsieur.” Ça reflète une époque qui ne respecte plus rien, voilà.

Donc, ça a commencé par les professeurs, ensuite ça a été les policiers, ensuite ça a été les maires, les députés, et maintenant c’est le président de la République. Aujourd’hui ce sont des gifles, demain ce sera peut-être autre chose. Le secrétaire national du PC, Fabien Roussel, pointe une autre piste, celle d’une fachosphère toujours plus influente.

Ce n’est pas acceptable, mais on est dans un climat de violence perpétuelle, et le débat d’idées ne doit pas se faire par la violence. Entre les appels du youtubeur, là hier, qui appelle au meurtre, ça, nous sommes dans une société de violence. Fabien Roussel fait référence à cette vidéo du youtubeur d’extrême droite Papacito qui a été mise en ligne lundi dernier.

Youtube l’a retirée au bout de 24 heures. Sous couvert d’humour, son auteur appelle à la violence contre les militants de gauche. Salut la commu !

Aujourd’hui on va tester si le gauchisme est pare-balles. Je ne suis pas sûr qu’il ait survécu. Je ne suis pas sûr non plus.

On va aller vérifier ça. On va voir. Mercredi, le Parquet s’est enfin décidé à ouvrir une enquête contre le youtubeur pour provocation au meurtre.

Gérald Darmanin, lui, est aux abonnés absents. En d’autres occasions, il s’est pourtant montré très réactif. Ainsi, pour avoir jugé “glaçant” le rassemblement des syndicats policiers devant l’Assemblée nationale, Audrey Pulvar, tête de liste socialiste pour les régionales en Ile-de-France, avait été menacée d’un procès en diffamation.

Visiblement, les fusils du youtubeur impressionnent moins le ministre de l’Intérieur que les mots de la candidate. La parole d’extrême-droite se libère. Et avec elle les passages à l’acte.

C’est le diagnostic que pose Alexis Corbière. Il y a une violence qui monte dans le pays, à laquelle il faut faire face. Et je ne peux m’empêcher aussi de souligner, je ne sais pas si vous l’avez fait, j’ai écouté comme vous la vidéo, l’homme qui frappe le président de la République s’exclame “Montjoie Saint-Denis”, ce qui est une expression courante des royalistes.

C’est un homme manifestement d’extrême-droite qui a frappé le président de la République. Cette menace existe. Aujourd’hui, c’est une gifle.

Mais vous savez que nous avons aussi ces derniers jours attiré l’attention sur une vidéo, aussi de gens d’extrême-droite, qui invite à assassiner tous les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, les insoumis, les communistes, etc. C’est peut-être le moment, à travers cette gifle, d’avoir tous collectivement le recul pour dire : “La confrontation politique, c’est la condition de la démocratie”. Pour ce qui est des insoumis, le combat politique aura lieu fermement contre le projet d’Emmanuel Macron, mais la violence, les coups, les menaces, il n’en est pas question.

Mais voilà, la démocratie est malade. Une affection de longue durée… S’il n’y a que la violence pour exprimer l’opinion, ça veut dire qu’il n’y a plus de démocratie. Et ça nous interpelle sur l’état de notre démocratie.

Voilà. Donc, c’est ça qui est en cause. C’est, comment dire, l’extrême fragilité de notre démocratie.

Les médias sont aujourd’hui formatés par les réseaux sociaux. C’est l’ère du “fight”. Un clash chasse l’autre.

Durée de vie : quelques heures à peine. La parole politique ne peut plus s’embarrasser de nuances si elle veut être entendue. Je vois que tout le monde cherche en permanence à faire le buzz, que le buzz remplace le débat.

Je vois que nous sommes dans une situation où aujourd’hui ce sont les fake news qui remplacent les faits. Je vois cette hystérisation progressive de la vie politique qui est dramatique. Dramatique.

Nous sommes dans une situation de crise sanitaire, de crise économique, de crise sociale, de crise environnementale. Et voilà qu’il faudrait que les uns et les autres jouent, jour après jour, à faire le buzz sur des situations qui sont inadmissibles. La politique c’est fait justement pour remplacer la violence.

C’est fait pour que chacun puisse exprimer ses opinions sans passer par la dague, par le couteau, par le fusil. Dans ce concert d’approches plutôt pertinentes, il y a quand même un couac : les éléments de langage de La République en marche. On se rend bien compte qu’aujourd’hui, dans la classe politique et même dans le débat public, il y a une forme de langage débridé où les mots sont de plus en plus violents.

On sait que les mots violents, en général, engendrent des actes violents physiquement. Moi, je vois des formations politiques qui ont été incapables de condamner la violence physique dans les manifestations ces dernières années qui aujourd’hui poussent des cris d’orfraie. Quand on n’est pas capable de condamner la violence contre les forces de l’ordre, quand on n’est pas capable de condamner la violence contre les autorités quelles qu’elles soient, on voit bien que tôt ou tard ça dérive et on arrive jusqu’à l’agression extrêmement violente d’un chef de l’État qui ne devrait pas avoir lieu en démocratie, c’est absolument intolérable.

Les phrases auxquelles on a assisté ce week-end dans le débat public, à force de les entendre, elles génèrent aussi cette violence physique. C’est pour ça que j’appelle au sursaut républicain, au sursaut démocrate, parce qu’il y a besoin de faire tomber la pression très rapidement sinon on risque de voir peut-être un jour d’autres actes violents. Tout ça, c’est la faute de Mélenchon, affirme en substance le porte-parole de LREM.

Le leader de la France insoumise ne mâche pas ses mots contre le pouvoir ? C’est une incitation à des violences physiques. Il a condamné les violences policières pendant les manifestations des gilets jaunes ?

C’est donc qu’il cautionne les violences des manifestants et la violence en général. Histoire de faire bonne mesure, le député Anglade rajoute à ce procès en sorcellerie une polémique. Celle provoquée par les propos de Jean-Luc Mélenchon, le dimanche précédent, dans l’émission de France Inter, Questions politiques.

Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident, ou un meurtre. Ça a été Mehra en 2012, ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées, vous vous rappelez de tout ça ? C’était la dernière semaine.

Avant on avait eu Papy Voise dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Donc, tout ça c’est écrit d’avance. Le petit personnage sorti du chapeau.

Nous aurons l’événement gravissime qui va, une fois de plus, permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile. Voila ! C’est bateau tout ça. “Tout ça, c’est écrit d’avance” soutient le chef de la FI. “Tout ça” désigne-t-il les événements sanglants ou bien l’instrumentalisation médiatique et politique qui en a été faite à la veille des scrutins décisifs ?

Ou encore, s’agissant des terroristes, le fait que ceux-ci calquent leur agenda sur les échéances électorales ? Jean-Luc Mélenchon ne le dit pas. Cela va être son erreur.

Le propos ne choque pas les quatre journalistes chevronnés qui lui portent la contradiction. Mais sur les réseaux sociaux, les accusations de complotisme vont aller bon train. Dimanche soir, le chef de la France insoumise réplique sur Facebook.

Un post qui dénonce un “coup monté” et rappelle “cette évidence que les meurtriers attendent le meilleur moment pour faire parler d’eux”. À l’appui de cette défense, il invoque un article du Figaro de 2017 listant les faits divers et les attentats qui ont précédé les votes des Français. Si son expression était jugée pas suffisamment claire, les gens qui sont honnêtes se réfèrent à ce qu’il a expliqué sur Facebook ou ses commentaires.

D’accord? Où il a donné l’explication de ce qu’il a dit. L’explication était, non pas l’idée qu’il y aurait quelque chose de prémédité. mais l’idée qu’il y aura malheureusement quelque chose qui aura lieu.

Parce qu’on constate, et on le voit, qu’à partir de là, des gens instrumentaliseront les choses. Comme les gens qui continuent comme ça à agiter cette polémique ne relèvent même pas ce que Jean-Luc Mélenchon a écrit ou dit depuis dimanche, ça veut dire qu’en réalité ils n’ont qu’une envie, c’est d’utiliser de manière politicienne, ces déclarations. C’est trop tard.

Jean-Luc Mélenchon est inaudible. La séquence va alors tourner au calvaire. Le lendemain de l’émission, lundi donc, le député des Bouches-du-Rhône dénonce la vidéo de Papacito qui vient d’être mise en ligne.

C’est cette prise de parole que vise Pieyre-Alexandre Anglade lorsqu'il parle des “cris d’orfraies” de certaines “organisations politiques”. J’ai choisi ce moyen de m’adresser à vous, parce que je n’en ai aucun autre, pour lancer avec l’ampleur que je voudrais qu’elle trouve, l’alerte que je veux lancer après qu’un appel au meurtre ait été diffusé sur Youtube contre les électeurs insoumis, mon nom ayant été cité, et le mot “communiste” figurant sur l’image de départ. Mais cette dénonciation est perçue comme un simple contre-feu.

Pire, elle renforce les soupçons à l’égard du président du groupe parlementaire de la France insoumise. C’est alors que survient l’épisode de la gifle à Macron. En quelques minutes, mardi, Mélenchon disparaît des radars médiatiques.

Sans doute à son grand soulagement. Ainsi va l’information zapping, papillon sans mémoire. Toute campagne électorale s’accompagne de boules puantes.

Et la politique-spectacle ne date pas d’hier. Mais le duo infernal des chaînes d’info et des réseaux sociaux est en train de tuer ce qui restait du débat démocratique. Ce n’est plus de l’information.

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