Florian Philippot était l'invité de RTL
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Vous êtes sur RTL. RTL Matin, Yves Calvi. 7h44, merci beaucoup d'écouter RTL. Elisabeth Partichoux, vous recevez donc ce matin Florian Philippot, président des Patriotes et tête de liste aux élections européennes.
Et merci beaucoup d'être sur RTL. Bonjour Florian Philippot.
Bonjour.
Des bombes ont provoqué un massacre épouvantable au Sri Lanka. 290 morts au dernier bilan, 500 blessés en quelques heures dans 4 hôtels et 3 églises, remplis évidemment le jour de Pâques. Les visées, c'était la certitude de tuer. Pas de revendication, c'est une tragédie pour ce petit pays, pour les chrétiens. Qu'est-ce que la France, comment manifester sa solidarité dans le fond ce matin ?
C'est une tragédie absolument épouvantable. Alors là, on atteint un summum dans l'horreur. Effectivement, c'est un attentat de masse, un carnage de masse. Le jour de Pâques, qui visait des chrétiens. On sait que c'est un pays qui sortait, qui est sorti il y a une dizaine d'années de la guerre civile. C'est très violent. Il y a des tensions entre communautés. On verra bien ce qui s'est passé exactement.
Il n'y a pas de revendication.
Non, il n'y a pas de revendication. On exprime toute notre solidarité, notre compassion avec ce pays. Et si on peut l'aider d'une manière ou d'une autre, il faut le faire.
Vous pensez que Paris, c'est-à-dire le gouvernement, doit prendre une initiative particulière ce matin ou malheureusement ?
Je pense que la France a cette vocation d'être là quand il y a un drame dans notre humanité. Et là, c'est le cas. Honnêtement, c'est terrible. C'est vraiment terrible. Ce sont des images en plus extrêmement fortes.
Florian Philippot, autre titre ce lundi matin. C'est l'enquête ouverte pour outrage après que des manifestants ont lancé à des policiers dans le cadre des manifestations samedi dernier. Suicidez-vous. Que le mouvement des Gilets jaunes, que vous soutenez Mordicus depuis le départ, génère ce type de provocation. Vous en pensez quoi ?
Non, c'est la bêtise humaine de certains qui génère ce type de provocation. Il ne faut pas tout mélanger. On ne peut pas amalgamer un mouvement avec des crétins qui ont proféré des slogans insupportables, infâmes, inadmissibles. Quand on sait en plus le nombre de suicides records dans la police depuis le début de l'année et depuis plusieurs années, tout ça a été épouvantable. Mais ce sont quelques dizaines d'individus qu'il ne faut pas amalgamer, je ne vois pas au nom de quoi, avec des dizaines de milliers de manifestants et des millions de Français qui les soutiennent. Vous dites que je les soutiens à Mordicus. Oui, parce que moi je soutiens ce qui se passe dans notre pays.
C'est-à-dire des gens qui n'avaient plus aucune visibilité et qui demandent la dignité.
Il n'y a plus des dizaines de milliers de manifestants. Il y en avait 20 000 samedi dernier, 9 000 à Paris. Et effectivement, ceux qu'on entend, ce sont ceux-là. Ce sont ceux-là, ceux qui profèrent des propos de haine. Alors, il y a des Gilets jaunes qui se désolidarisent. Mais par exemple, il y a eu des violences encore. Par exemple, Place de la République, samedi, des casseurs. Et puis les manifestants, les Gilets jaunes à côté, qui ne disent rien.
Mais comment ils disent rien ? Mais qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent ? Vous avez des casseurs professionnels.
Mais ils ne condamnent pas, ils ne les empêchent pas. Ils ne les empêchent pas non plus.
Mais si, alors parfois, si vous avez eu des scènes, vous essayez de les empêcher. Et par ailleurs, excusez-moi, ils ne sont pas policiers. Pour le coup, ils ne sont pas ministres de l'intérieur. Vous dites, c'est ça qu'on entend. Non, c'est là où on met le micro. C'est là où on met le micro. C'est là où le gouvernement souhaite qu'on mette le micro.
Il y a des manipulations ?
Oui, évidemment, en communication, il y a des manipulations. Ça s'appelle de la politique. Ça s'appelle de la base politique. C'est-à-dire qu'on va là où ça nous intéresse. Les Black Blocs. Les Black Blocs, ce sont les alliés objectifs du gouvernement. Ce sont des abrutis qui cassent. Et ça fournit de belles images.
On les laisse faire ? On les laisse faire parce que ça arrange le gouvernement ? Assez souvent, on les laisse faire.
Je pense qu'on les laisse faire. Vous aviez un bel article du Canard Enchaîné qui expliquait qu'on avait suivi un casseur pendant 5 heures. Il avait cassé plein de vitrines. Il avait incendié des voitures. Les policiers avaient voulu l'interpeller au début et leur hiérarchie.
Ils ont eu des consignes ?
Oui, vous enirez le Canard Enchaîné. Et à la fin, on leur a dit finalement arrêtez-le au bout de 5 heures. Comme ça, il avait fait ses dommages. Moi, je pense qu'il y a des gens. C'est là où il devrait y avoir le micro.
Christophe Castaner, au niveau politique, instrumentalise les Black Blocs.
Il dit lui-même, on les connaît.
Pour l'objectif, c'est ?
C'est d'avoir de belles images le soir. Mais c'était déjà pareil. Ce n'est pas que les gilets jaunes. Je vous rappelle que le 1er mai dernier, ça va bientôt faire un an. Moi, j'y étais. Il y avait une manif contre la libéralisation du rail. Il y a eu 2000 Black Blocs. Et ils ont tout cassé. Le soir, on ne parlait plus de la libéralisation du rail. On parlait des casses. Mais ça n'a rien à voir avec le fond. Là où on devrait mettre le micro, c'est qu'il y a des gens. Il faut quand même parler d'eux. Des gens, ils ne manifestent pas depuis 23 samedis. Pour le plaisir. Ça leur coûte cher de venir à Paris. Ils se mobilisent. Ils ont des petits salaires. Ils sont au SMIC. Ils sont mal payés.
Mais ils se mobilisent pour quoi ? Pour retrouver de la dignité. De la dignité sociale. Vivre dignement de leur travail ou de leur pension. Que la fin du mois ne commence pas le 15. Mais qu'elle soit bien le 30. Et que parfois, ce sont des mères qui sont seules avec leurs enfants. Je pense à ce cas-là en particulier. Parce que chez nous, aux Patriotes, nous avons laissé notre place au comité de suivi du Grand Débat à Matignon. A une gilet jaune. Gilet jaune que de l'Oise, Nathalie, qui élève seule avec le SMIC ses trois enfants. Eh bien, elle, elle n'a rien à voir avec les Black Blocs. Elle n'a rien à voir avec ces slogans de haine. Et c'est eux qu'il faut entendre.
Ils veulent retrouver de la dignité sociale. Et j'insiste, de la dignité démocratique. De citoyens. Être entendus et être respectés dans leur propre pays.
Pardon. D'après ce que l'on sait, dans les premières annonces qui ont fuité, le gouvernement avait l'intention, effectivement, on en a parlé ce matin sur RTL, d'annoncer des nouvelles mesures pour les mères isolées. Les mères seules qui élèvent leurs enfants, comme Nathalie, que vous venez de citer, je ne connais pas, mais que...
Nathalie Renert, oui.
Qui est sur votre liste aux Européennes ? Oui, elle sera sur la liste. Puisque vous avez fait un appel... Oui, oui, elle sera sur la liste. Et donc ça, c'est une bonne initiative du gouvernement.
Il faut voir ce qu'il y a derrière. Si c'est un mot... Vous savez ce que demandent la plupart du temps ces mères ? Il y a deux choses. D'abord, qu'on augmente leur salaire. Il y a une politique du salaire à mener en France. Et ça ne concerne pas que les mères seules ou isolées. Ça concerne les travailleurs.
Il y a une augmentation de la prime d'activité.
Oui, mais nous, nous défendons une vraie augmentation du SMIC de 300 euros sur le quinquennat. Une augmentation légale. On peut parfaitement se le permettre. Notre pays a pris un retard considérable en matière de salaire. Il y a une inégalité de répartition des richesses en France qui est démesurée. Et puis, il y a des mesures extrêmement concrètes sur le paiement. Quand ça existe, des pensions alimentaires, quand les personnes sont concernées, sur le loyer, sur la précarité énergétique, c'est dur de se chauffer, ça coûte cher. Ce sont des choses comme ça, toutes bêtes, mais qui font partie de la vie d'un pays et de la vie des gens les plus en difficulté.
Un tout petit mot encore sur les manifestations. Nouvelle appel au rassemblement le 1er mai. Vous dites stop ou encore ?
Mais je dis stop !
Ne manifestez pas le 1er mai.
Non, je dis stop au casseur. Et je dis stop à la manipulation du gouvernement. Mais je dis bien sûr encore...
Depuis 5 mois. Encore, vous dites aux gens, venez...
Mais bien sûr. Écoutez, je dis stop au gouvernement qui va essayer, comme le 1er mai dernier, parce que j'en avais parlé, de dénaturer cette manifestation et ses mobilisations. Mais je dis encore, évidemment, aux Français qui se mobilisent, parce qu'ils n'ont pas été entendus. Parce qu'ils n'ont pas été entendus et que leurs revendications n'ont pas été satisfaites.
Emmanuel Macron a eu raison d'y faire ses annonces, compte tenu du drame de Notre-Dame lundi dernier.
Oui, on n'imaginait pas une seule seconde qu'il fasse des annonces, alors que Notre-Dame, qui est quand même le cœur de la France, était en train de brûler. Mais vous savez, vous me parlez du 1er mai, de ce que demandent les gens. Moi, je pense que les Français se sont rendus compte d'une chose. c'est qu'ils sont dans l'avion, mais il n'y a plus de pilote. Et le pilote, normalement, ça devrait être eux, parce que le seul souverain en République, c'est le peuple français. Et là, on va au crash. Donc il faut qu'il y ait un pilote dans l'avion. Et je dis qu'il n'y a plus de pilote parce que notre pays, il est en pilotage automatique vers le crash.
Pilotage automatique, on a laissé les commandes à Bruxelles. On a laissé commandes à une technostructure qui gère notre monnaie, qui gère nos frontières commerciales, économiques, migratoires, qui gère notre budget, qui gère nos lois, puisque le droit européen est supérieur à la moindre de nos lois et même supérieur maintenant à notre Constitution. Et on nous demande de mener des politiques qui permettent aux Français d'aller mieux, mais ce n'est pas possible dans ce contexte.
Florian Philippot, les Français ne veulent pas sortir de l'Europe.
Ils ne le veulent pas. On n'a qu'à leur demander leur avis.
Quand on a demandé, il y a un sondage, il n'y a eu pas tellement longtemps, sortir ou non de l'Union Européenne, 60% dit non. Oui, 40% dit oui. Mais 60% dit non.
Eh bien, 40%, Mme Martichoux, on n'avait jamais eu ce chiffre. 40% aujourd'hui des Français veulent sortir de l'Union Européenne et il n'y a pas grand monde qui le représente.
Il n'y a que vous et M. Asselineau, de tous les candidats qui réclamaient la sortie effective, parce que vous savez très bien que Marine Le Pen a fait campagne sur la sortie de l'euro à la dernière présidentielle. Ça ne lui a pas réussi. Elle est dans une position, disons, plus changement de l'intérieur maintenant. Et ça lui est réussi plutôt dans les sondages. Florian Philippot, Marine Le Pen.
Elle était sur la sortie de l'Union Européenne aux dernières Européennes. Elle était à 25% aux dernières Européennes. Là, ils ne sont pas du tout crédités de 25%. D'ailleurs, elle était déjà largement en tête. Donc, l'histoire de vote utile, il faut qu'il y en ait un qui arrive en tête, ça ne sert à rien. Elle était en tête en 2014, ça n'a servi à rien.
Il n'y a plus de vous, M. Asselineau, qui êtes vraiment très bas dans les sondages, qui réclamaient le Frexit.
Eh bien, moi, je demande, je dis que le Front National qui a abandonné la sortie de l'Union Européenne fait de l'électoralisme et se retrouve dans une situation où il ment aux Français. Je prends un exemple très concret et très simple. Il dit, par exemple, il faut combattre le travail détaché. Moi aussi, je pense qu'il faut mettre fin à cette directive des travailleurs détachés. C'est une épouvante, c'est une concurrence déloyale pour nos travailleurs ici. Et il dit, on va le faire non plus en sortant l'Union Européenne, ce qui était leur discours auparavant, ce qui est mon discours à moi, parce que c'est la seule solution. Il dit, on va le faire parce qu'on a des alliés.
Alors, leurs alliés, c'est la Hongrie et la Pologne. Eh bien, la Hongrie et la Pologne se battent à fond pour le travail détaché. Ils ont même poursuivi la timide réforme du travail détaché devant la Cour de justice de l'Union Européenne tellement ils en veulent plus.
Mais vous aussi, pardon, est-ce que ce ne sont pas des bobards ? Est-ce que ce ne sont pas des bobards, quand vous dites, Florian Philippot, que vous pouvez sortir de l'Europe, décider de sortir de l'Europe ? Vous voyez comment ça se passe pour les Britanniques ?
Non, ça se passe très bien. Ils sont en train de sortir. Excusez-moi, il y a deux chemins. Soit on dit, l'Europe ne me plaît pas, donc je vais la changer de l'intérieur. C'est impossible. Ça, c'est un gros bobard. Ça, c'est un bobard. Et d'ailleurs, ceux qui le disent le savent. France Insoumise, Front National, Nouvelle Version, Debout la France, etc. Tous ceux qui ont changé d'avis sur le sujet savent qu'ils mentent. Il n'y a jamais eu un seul exemple historique.
Dites-moi comment vous sortez.
Il n'y a jamais eu un seul exemple historique en 40 ans de promesses de réforme de l'Union Européenne de l'intérieur. Aucun exemple historique, ça ne s'est jamais fait parce qu'il faut l'unanimité des États membres pour changer. On ne peut pas. Moi, je dis qu'on peut sortir. Là, il y a un exemple historique qui s'appelle le Royaume-Uni. Eux, ils sont en train de le faire. On me dit que c'est l'apocalypse. D'ailleurs, au passage, moi, j'étais à Londres. Là-bas, l'homme du Brexit, Nigel Farage, appelle à voter patriote en France.
L'homme du Brexit qui a dit aux Britanniques pendant toute la campagne du Brexit que 350 millions de livres sortaient chaque semaine de Londres vers Bruxelles. et le lendemain du vote, enfin de la sortie du Brexit, il a dit que ce n'était pas vrai. C'est ça votre modèle ? Vous êtes mal informé. C'est ça votre... Vous êtes mal informé. Vous l'avez vu comme moi. Le lendemain du jour de la victoire du Brexit, il a dit textuellement, c'est une erreur. Alors expliquez-moi pourquoi,
si c'est un gros menteur comme ça, pourquoi il est à 27% dans les sondages largement en tête ?
Mais parce que les Britanniques l'ont cru, Florian Philippot. Mais non, alors il le croirait encore. La moitié des Britanniques croient encore à ce regard.
C'est logique, ce gain d'argent. Pourquoi c'est logique, Mme Martichoux ? Parce que nous donnons beaucoup plus à l'Union Européenne que nous en recevons. Donc oui, effectivement, si on en sort, on fera 9 milliards par an d'économie. Oui, effectivement, nous, le peuple français. Chaque année, on donne 23 milliards et on en récupère 14. 23 moins 14, ça fait 9. Alors oui, on peut en sortir. Quand l'apocalypse, soi-disant, au Royaume-Uni, excusez-moi, c'est un pays dont on a appris il y a 3 jours qu'il était celui qui recevait le plus d'investisseurs dans le monde. C'est bizarre de se précipiter quand on est investisseur vers un pays dont on nous dirait qu'il serait au bord du bouffe.
Ça n'a pas de sens. C'est un pays qui a plus de croissance que la France. C'est un pays qui a 3,9% de chômage en baisse historique. C'est un pays où les salaires augmentent de 3%. On aimerait bien ça en France.
C'est un pays dont le PIB a baissé considérablement.
Et c'est un pays qui perd d'après une agence. Le PIB n'a pas baissé. Il aurait fallu une récession pour cela. Il n'y a pas eu de récession. Et par ailleurs, c'est un pays où l'immigration est déjà en train de baisser. Moi, je veux effectivement que mon pays aille mieux.
Le Brexit coûte à l'économie britannique 600 millions de livres sterling par semaine depuis le référendum d'après une agence Goldman Sachs.
Ah oui, Goldman Sachs, d'accord. Les mêmes qui ont mis la Grèce à genoux, les mêmes qui contrôlent les institutions européennes, les mêmes où vont se recaser les anciens présidents de la Commission, ou les anciens présidents de la République française. Tout cela est ridicule. Non, le mot de la fin, c'est simplement que si vous voulez être libre et prospère et protégé dans votre propre pays, ne croyez pas ceux qui vous disent qu'ils vont faire l'Europe de leurs rêves en la réformant de l'intérieur. Ça n'est pas faisable. Moi, je pense qu'il faut sortir de l'Union européenne et ne pas en avoir peur.
Nous pouvons être un pays libre, un pays indépendant, un pays qui se protège, qui gère ses frontières, qui gère sa monnaie, qui gère sa loi, et qui pourra mener une politique, je finis là, économique, sociale, écologique, de qualité.
On ne peut pas changer l'Europe de l'intérieur. Merci Florian Philippot d'avoir été notre invité ce matin.
Et bien entendu, l'intégralité de l'entreprise est à retrouver sur le site RTL.
Florian Philippot