David Lisnard, candidat à la présidentielle, "souhaite" une primaire de la droite et du centre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:15OuverteRéponse directe
Des menaces de mort ? Un bâtiment qui va fermer jusqu'en début d'année prochaine ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites qu'il faut faire payer les casseurs, ce qui est déjà théoriquement le cas dans la loi, mais aussi leurs parents s'il le faut ?
- 5:35RelanceRéponse directe
Ceux-là aussi, il faut les punir ?
- 6:50OuverteRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que dans votre ville de Cannes, il n'y a pas eu de blocage de lycées ?
- 9:09OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on y voit un peu plus clair sur ce qui s'est passé précisément ?
- 10:35OuverteRéponse directe
Est-ce que vous diriez que ce coup de genou dans la tête est une image qui fait mal à la police ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:43InvitéFait
« Ils vont payer de la TVA, ils vont payer de la fiscalité pour réparer des actes d'abrutis destructeurs. »
- 5:10InvitéPromesse
« Il faut y ajouter une disposition pénale sévère, évidemment. »
- 5:13InvitéPromesse
« Soit on revoit l'excuse de minorité, comme on le propose depuis 4 ans avec Alexandra Martin, et soit les parents assument pour leurs enfants. »
- 14:48InvitéChiffre
« L'affectation de 3 000 professeurs en urgence devrait occuper tous nos débats. »
- 15:42InvitéChiffre
« On dépense 40% de plus dans l'éducation qu'il y a 25 ans. »
- 21:43InvitéFait
« La primaire est encore organisable, et je crois qu'elle est souhaitable. »
- 22:30InvitéFait
« Ce que propose l'ERN, qui est très ambiguë sur beaucoup de sujets, et ce que propose l'extrême-gauche, qui prendra le dessus sur la gauche. »
- 23:27InvitéFait
« Je dis qu'il y a des dérives, oui, néofascistes. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Invité 212 %
- Présentateur12 %
- David Lisnard4 %
- ?3 %
- Invité 32 %
≈ 8,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je le salue, bonsoir. Monsieur Lysnard, on va vous demander vos solutions dans un instant face à la colère des lycéens. Mais d'abord, les images du jour avec Hélène Lecomte. Ces images, elles nous viennent de Nantes. Hélène, je vous laisse le temps, évidemment, de nous rejoindre. Nantes, où une université, l'université a été saccagée par des personnes qui bloquaient les lieux depuis plusieurs jours. Les dégâts sont considérables.
Oui, à l'université de Nantes, une université qui était occupée depuis mercredi, donc depuis plusieurs jours. Et c'est la présidente de l'université qui, au bout de plusieurs jours, a sollicité le préfet pour lui demander que les forces de l'ordre interviennent pour débloquer ce bâtiment. Et les forces de l'ordre sont donc intervenues ce matin. Et d'ailleurs, il y a eu quatre interpellations. C'est ce que dit également la préfecture. La préfecture, on voit ces images, mais la préfecture a posté un certain nombre de photos aussi lorsqu'elle a annoncé ces interpellations. Et on voit en effet que les murs ont été tagués, que des ordinateurs ont été dégradés.
Il y avait un couloir rempli, par exemple, de tas de pavés. Des bureaux ont été renversés. Il y avait des déchets. Et la présidente de l'université dit « J'ai demandé cette intervention des forces de l'ordre au préfet parce que la situation, dit-elle, s'était dégradée et qu'elle a considéré qu'elle devenait inquiétante. »
Je vous propose qu
'on
l'écoute puisqu'elle a parlé aujourd'hui au micro de BFM.
Il
faut vraiment dissocier ce qui s'est passé dans ce bâtiment du mouvement de la jeunesse sur des revendications, me semble-t-il, qui peuvent être légitimes à bien des égards. Mais là, ce qu'on a vécu, c'est autre chose. Il faut prendre la mesure quand même de ce qui s'est passé. Il y a un étudiant, par exemple, un élu étudiant qui a été menacé de mort avec un couteau. On a eu des comportements à risque. Les secours ont dû venir. Des collègues ont dû venir sur les lieux pour voir ce qui se passait. Moi, j'étais extrêmement inquiète. Un bâtiment, en fait, qui est sur plusieurs étages, par sa configuration, il pouvait y avoir des chutes. Il y
aurait
pu y avoir des blessés. Il y aurait pu y avoir des morts.
Voilà.
On précise, lorsqu'il y a ce type de blocus, en effet, c'est le responsable de l'établissement qui passe par le préfet pour obtenir l'intervention des forces de l'ordre et le déblocage. Ce bâtiment, il ne pourra rouvrir qu'en janvier. Alors, c'est un bâtiment au sein de l'université qui, elle, reste fermé. Jusqu'à lundi.
Et
déjà, en 2018, il y avait eu des dégradations et une occupation. À l'époque, les dégâts avaient été chiffrés à un million d'euros.
David Lissner, votre réaction ? Des menaces de mort ? Un bâtiment qui va fermer jusqu'en début d'année prochaine ? Des centaines de milliers d'euros de dégâts. Votre réaction, tout simplement, à ces images ? Si ça se passait chez vous, à Cannes, vous diriez quoi
?
Que ça se passe chez moi ou pas, ma réaction, elle est la même. C'est que c'est insupportable. C'est inadmissible. Vous vous rendez compte ? Les dégâts matériels, mais aussi les dégâts financiers. C'est-à-dire que, mettez-vous à la place de tous les Français qui rament, qui galèrent, qui payent des impôts. Ils vont payer de la TVA,
ils
vont payer de la fiscalité pour réparer des actes d'abrutis destructeurs. Et puis, il
y a
une réalité morale derrière cela. L'université, elle porte bien son nom. C'est l'accès au savoir.
De
quel droit, déjà, on peut bloquer une université ? Il n
'y a
pas le droit de bloquer une université. Alors, la présidente de l'université, je l
'ai
entendue,
je
viens de l'entendre. Très bien. OK, je comprends. Je comprends sa réaction de dépit. Mais, pardon, c'est aussi cette présidente qui avait pris des positions politiques. Il y en a assez de tout ça. L'université, elle doit être impartiale.
Elle
doit être neutre. Parce que, finalement, tous ces gens-là, ils récoltent ce qu'ils ont semé. C'est-à-dire la chandille. Voilà. Donc, c'est inacceptable et c'est insupportable. Et face à cela, évidemment, ils retrouvaient des choses qui me paraissent évidentes et de bon sens. On a le droit de manifester. On a le droit de revendiquer. On n'a pas le droit d'empêcher les autres d'étudier. On n'a pas le droit de dégrader des bâtiments. On n'a pas le droit de faire un blocus. Je pose la question aussi, parce que je le vois dans ma ville, sur les mouvements de lycéens. La police municipale a interpellé plusieurs dizaines de casseurs. On essaie de le faire le plus vite possible.
Et c'est comme ça qu'on arrive un peu à calmer la situation. Je pense qu'il va falloir, outre le fait de soutenir la police, poser la question quand même des protocoles d'emploi et à la prise de décision pour qu'on intervienne au tout début de la crise. Jamais cette université n'aurait dû être occupée pendant plusieurs jours. Jamais on devrait laisser bloquer et incendier des lycées. C'est comme dans toute crise majeure. Moi je l
'ai
vécu, y compris sur les incendies. Plus on intervient vite, et plus on intervient vite de façon ciblée auprès des éléments violents et perturbateurs, moins on laisse s'embraser une situation. Donc c'est tout cela qu'il faut revoir, et je pense qu'il
y
a urgence.
Est-ce que vous dites, David Lissnard aujourd'hui comme certains, il faut faire payer les casseurs, ce qui est déjà théoriquement le cas dans la loi, mais aussi leurs parents s'il le faut
? Oui,
il y
a
longtemps que je le dis, parce que je ne crois qu'à la responsabilité individuelle. Et là, s'il s'agit de majeurs, la loi permet déjà, en tout cas, la réparation civile existe. Je pense qu'il faut y ajouter une disposition pénale sévère, évidemment. Mais il n'est pas normal que les contribuables, que l'immense majorité des gens qui font leur vie, assument des actes de, je le répète, je ne
veux
pas me laisser aller, mais d'abrutis, je ne vois pas d'autres mots. Donc oui, il le faut. Et lorsqu'ils sont mineurs, soit on revoit l'excuse de minorité, comme on le propose depuis 4 ans avec Alexandra Martin, et soit les parents assument pour leurs enfants. Et ensuite, soit les parents sont solvables, et dans ce cas-là, ils payent, soit ils ne sont pas solvables, et on déduit des aides sociales, les réparations. Parce que c'est comme cela qu'on retrouvera de la justice et de l'efficacité, c
'est à
la fois moral et efficace.
Mais vous savez que certains parents disent, je n'y arrive pas, je n'ai plus de contrôle aujourd'hui sur mes enfants. Ceux-là aussi, il faut les punir
?
Alors, deux choses. Je ne
suis
pas sûr qu'on soit avec des enfants dans le cas de l'université de Nantes, je n'en sais rien. Une université, pour moi, ça me semble renvoyer à des individus plutôt majeurs. Mais pour revenir à votre question, j'ai des enfants, évidemment. Les enfants peuvent faire des bêtises,
ils
en font tous, on en a fait nous-mêmes. Mais quand je faisais une bêtise, c'était mes parents qui devaient assumer, je venais d'un milieu très simple. Et chez moi, j'assumais vis-à-vis de mes parents, croyez-moi. Et je vous assure que ça ne marchait pas si mal que cela. Donc, ça me paraît tellement évident. C'est-à
-dire,
je ne comprends pas l'autre argument. Pourquoi, malgré toute la difficulté qu'il y
a
dans la vie, parce qu'on dit que
c
'est la société qui doit assumer, c'est nous tous. Donc, si mes enfants font des bêtises, j
'ai
un lycéen et ça peut arriver, j'en serais extrêmement désolé, mais je ferais tout pour assumer. Mais en revanche, pourquoi vous, moi et nous tous, nous paierions pour des personnes qui n'assument pas leurs enfants ? Et si on rétablissait une vraie responsabilité individuelle, je pense objectivement qu'on aurait des évolutions de comportementales assez rapides. Hélène Lecomte a une question pour vous. Bonsoir, David Lysnard.
J'en
reviens à ce que vous disiez au début. Vous dites qu'il faut intervenir dès le début. Est-ce que ça veut dire que dans votre ville de Cannes, il n'y a pas eu de blocage de lycées ? Ou qu'il y a eu des blocages, mais que, par anticipation peut-être, en voyant le mouvement qui était en train de naître, vous aviez discuté avec les chefs d'établissement et que vous avez demandé aux chefs d'établissement, alors libre à eux de le faire ou non, de faire débloquer tout de suite.
Et puis, on a aussi vu, il y a ces dégradations à Nantes et qui rendent effectivement les cours impossibles, mais notamment à Paris, on a aussi vu sur des blocus des jeunes gens qui mettaient des poubelles et puis qui allaient les ramener là où ils les avaient prises. On en
a
même vu qu'ils balayaient pour nettoyer lorsque le blocage était terminé en fin de journée.
Oui,
c'est une très bonne question. Après, tout dépend des rapports de force. Et justement, il faut que le rapport de force, il soit beaucoup plus favorable à la police. Donc, c'est pour ça qu'il faut intervenir très vite. C'est exactement le même phénomène lorsqu'il
y a
des émeutes urbaines ou lorsqu'on a eu les victoires du PSG. Moi, je pense qu'il y
a
un vrai problème, surtout dans les zones comme chez nous, où on a très peu de police nationale, en réalité, sur le terrain. Paris, c'est différent.
Il
y a beaucoup de police nationale. Mais on l
'a
vu. Moi, je l'ai vu devant les lycées. Enfin, les policiers nationaux sont très bien. C'est des gens extrêmement bien formés. Mais ils étaient très peu nombreux. Et ils restaient à 100 mètres du portail du lycée qui étaient bloqués. La police municipale, et il n'y avait pas d'ordre d'intervention. Et donc, quand la police nationale intervient, c'est très souvent après de longues minutes où les jeunes s'agrègent. Et c'est souvent avec des bombes lacrymaux et des moyens extrêmement violents. Alors que lorsque l'on arrive à cibler tout de suite les malveillants, ceux qui détruisent, on les extrait du groupe et on libère l'accès. Nous, les lycées ont été fermés. Ils ont été rouverts il y
a
trois jours. On a fait dans les deux lycées, il y a huit lycées, mais il y avait deux lycées particulièrement concernés. Comme on a créé un rapport de force d'emblée, très tôt, on a réussi à faire un couloir qui permettait à une majorité de lycéens d'entrer dans le lycée et d'aller étudier. Et
on
le fait effectivement en lien avec les proviseurs ou les principaux quant à l'agriculture de collège parce qu'on a eu des dégradations aussi sur des collèges. Il faut qu
'on
se rende compte du délitement dans lequel est notre pays quand même. De voir des gamins qui sont en troisième et en quatrième et qui se permettent de faire grève. Le concept de grève pour recevoir du savoir,
c
'est déjà un drôle de concept.
David Listin, on voulait aussi recueillir votre réaction sur ce qui s'est passé ces derniers jours à Paris. Hélène Lecomte,
c
'est-à-dire cette image qui a fait le tour des réseaux sociaux, de ce policier qui donne un coup de genou dans la tête d'un manifestant. Il
y
a une enquête qui a été confiée à la police des polices. Est-ce qu'on y voit un peu plus clair, Hélène, sur ce qui s'est passé précisément ?
Il y a plusieurs choses. Il y
a en
effet cette enquête qui a été confiée à l'IGPN. Et puis, ce jeune homme, il a aussi été placé en garde à vue pour participation à un attroupement. Et il sera jugé ultérieurement. Donc, il y a plusieurs enquêtes en parallèle. Et par ailleurs, il a lui-même porté plainte. Ce qu'il dit, on sait ce qu'il dit, lui, dans sa plainte. Il dit qu'il a reçu plusieurs coups de matraque, notamment sur le crâne. Et ensuite, effectivement, ce coup de genou, il a été examiné par un médecin. Et il porte deux plaies au cuir chevelu, des plaies de 4 cm. Il a vu un médecin précisément dans le cadre de cette garde à vue. Il a eu des douleurs au tibia. Et au genou droit, ce que l'on a, c'est qu'on a cette image.
Il y a une enquête qui est ouverte. Hier, le préfet de police de Paris a dit « Attention, il faudra regarder au-delà de cette image le contexte dans lequel ces faits se sont déroulés. »
Ce
qui est intéressant, c'est que tout à l'heure, Marc, l'ancienne patronne de la police des polices de l'IGPN, était avec nous. Et elle, ce qu'elle dit, c'est quand même très intéressant. Elle dit « Ce coup de genou, ce n'est pas un geste technique. »
Ça
ne s
'apprend pas à l'école de police.
Et ce n
'est
pas ce qu'on apprend à l'école de police. Elle dit « Le contexte est important, mais le contexte, ça ne change pas non plus ce qui s'est passé.
» Cette image, David Lissnard, que beaucoup de manifestants ont vue et relaient en ce moment sur les réseaux sociaux, est-ce que vous diriez, ce coup de genou dans la tête, est-ce que vous diriez que c'est une image qui fait mal à la police
?
Bien sûr que ça fait mal, évidemment, à tous les sens du terme d'ailleurs. Mais ce qu'il faut quand même regarder aussi, c'est ce qui s'est passé avant. Ça n'excuse pas si le geste n'est pas un geste, j'allais dire, académique, et c'est ce qui semble être le cas. Mais moi, je ne
vais
pas rendre jugement comme cela. Vous comprenez ? Juste deux ou trois choses qui me paraissent être du bon sens. D'abord, quand la police intervient, ce n
'est
pas en primo-intervention, c'est qu'elle est en réaction à des phénomènes de violence. Premier élément. Deuxième élément, on est dans un état droit,
il
doit y
avoir
de la proportionnalité, donc il faut qu'une enquête interne, et qu'on ne puisse pas se laisser aller à ses instincts lorsqu'on est dépositaire de l'autorité publique, c'est une évidence. Et il faut penser à ces centaines et ces milliers de policiers et de gendarmes qui ont été blessés ces dernières semaines et qui ne se sont pas laissés aller. Troisième élément, quand on s'attaque à un policier, parce que j'ai vu d'autres images où on voyait les fins d'intervention et qui étaient violentes, effectivement, contre les manifestants, qui sont des casseurs, qui ne sont pas des lycéens, ils sont là en tant que casseurs, manifestement, qu'ils soient lycéens, étudiants ou qu
'ils
fassent autre chose dans la vie. Et en l'occurrence, pareil, je veux
dire,
il ne
faut
pas excuser la bavure, on est heureusement une démocratie et un état de droit. Mais quand vous vous attaquez à un policier, quand vous vous attaquez à un policier, vous devez vous attendre à avoir mal au tibia ou au genou. C'est quand même des choses qui me paraissent là aussi évidentes. Donc il ne
s
'agit pas d'excuser d'éventuelles déviances si elles sont confirmées de policiers. Il s'agit de rappeler, effectivement, le contexte et de dire qu'on ne s'attaque jamais à un représentant des forces de l'ordre, même s'il nous exaspère. Ce qui nous est arrivé à tous en voiture ou autre chose. On ne s'attaque pas à un représentant des forces de
l
'ordre, de même qu'on ne s'attaque pas à un professeur ou à un proviseur. J'ai vu ce professeur qui a été aspergé d'essence à côté d'un incendie. J'ai vu ces 40 proviseurs qui ont été secoués. Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas analyser ces faits-là et qu
'ils
ne doivent pas être jugés par la police et police. Je ne me permettrai pas de tomber là-dedans. Mais objectivement, on doit aussi apporter un soutien aux représentants de l'ordre. Il en doit apporter un soutien à tous nos enseignants qui sont dans des situations infernales aujourd'hui.
David Lissnard, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, est sous le feu des critiques. Certains lui reprochent d'être trop laxiste. D'autres, au contraire, de donner des consignes trop fermes, trop dures, y compris quand il s'agit de jeunes et de lycéens. Question très simple. Est-ce que vous considérez qu'il fait le job, qu'il fait bien son travail aujourd'hui ?
Je répète, moi, je pense qu'il fait ce qu'il pense devoir faire. C'est sûr que ça ne
va
pas être facile pour lui quand il
y a
un président de la République qui n'a rien dit sur le mal-être des lycéens et des manifestants et qui s'est contenté de dire depuis l'étranger qu'il faut que la police fasse preuve d'empathie. C'est formidable l'empathie, mais quand vous êtes en maintien de l'ordre, c'est une notion assez étrange et assez relative, si vous voulez, que vous avez des black box en face de vous. Donc, je vous imagine que ce n
'est
pas facile pour le ministre de l'Intérieur. Je répète ce que j'avais déjà dit, moi, à d'autres occasions. C'est que je crois qu'il faut revoir totalement la doctrine d'intervention de la police et en particulier la capacité d'intervenir vite et fort et très rapidement au début des événements. Parce que plus on laisse pourrir les situations, plus la répression, elle est massive et moins elle est efficace et plus elle peut créer ce type de problème. Donc, l'urgence, c'est de rétablir l'ordre et sans du tout nier les difficultés qu'il peut y avoir, les mal-être de certains lycéens, le manque de projection qu'on leur donne.
J
'aimerais qu'on parle... Il y
a
besoin de leur donner de l'espoir aussi aux jeunes.
Alors,
justement... Aujourd'hui, on leur dit que la planète s'écroule, se casse la
gueule. Ils ont
un classement PISA qui fait qu'on est les cancres de l'Europe. Enfin, voilà.
Oui,
je vous écoute.
Justement, vous dites qu'il faut donner de
l
'espoir aux lycéens. Il y a beaucoup de revendications aujourd'hui. Les principales, on veut de l'argent en plus. Certains demandent la modification ou même la suppression de Parcoursup. Vous, président David Lissard, vous faites quoi demain pour éteindre cette colère ? Sur quelles mesures concrètes vous agissez
? D
'abord, ce n
'est
pas un manque de moyens. C'est une mauvaise affectation des moyens. L'affectation de 3 000 professeurs en urgence devrait occuper tous nos débats. Dans un pays sur-endetté comme la France et un pays sur-fiscalisé,
on
se permet d'avoir, et 3 000, c'est-à
-dire
qu
'il
y
en
a beaucoup d'autres, de payer des gens qui sont certainement très bien, mais à rester chez eux sans travailler. Et parce qu'il y
a
des mouvements de la rue, tout d'un coup, on trouve 3 000 professeurs. Je
précise qu'elles ont des heures à faire dans les établissements à côté de
chez eux quand ils ne sont pas appelés en renfort, David Lissard.
Oui,
bien sûr.
Vous n'y croyez pas ?
Bien sûr. Mais bien sûr que non, parce que je le sais de l'intérieur, parce qu'il n
'y
a même pas de DRH. Il y
a
une direction des ressources humaines, mais qui commande et qui manage et qui donne du sens à toutes les missions qui sont faites. Et puis, je rappelle qu'une des revendications de certains lycéens, c'était de dire qu'on n'a pas de prof dans la classe. Et moi, je le vis, je le sais. Il y a beaucoup d'absentéisme, il y a beaucoup de manque dans le pays qui dépense le plus. On dépense 40% de plus dans l'éducation qu'il y
a
25 ans. Donc, le problème, c'est un problème d'efficacité. C'est un problème, comment on a pu dépenser plus d'argent et devenir les cancres de l'Europe ? Donc, on doit redevenir une superpuissance éducative. Et c'est ce que j'exposerai, que j'ai déjà commencé à exposer depuis plusieurs mois, notamment par, évidemment, de revoir les programmes et de libérer les programmes de toutes les idéologies qui perturbent tout dans les programmes, de faire en sorte que le finance, de créer de la liberté scolaire et que le financement public suive le choix des parents pour créer de
l
'émulation entre établissements, que les enseignants puissent choisir un statut, que les chefs d'établissement,
il
faut... Tout ça montre l'échec de la centralisation, du centralisme, dont l'éducation nationale est une des expressions les plus tragiques. On fait des cancres et on dépense plus qu'ailleurs et on a une désorganisation totale. Donc, il faut que les chefs d'établissement aient un vrai pouvoir de management, de commandement, de recrutement. Et c'est tout cela qui doit être remis en place parce que les gamins, là, il va falloir vraiment qu'on les forme intellectuellement à s'élever, à résister et à dominer la montée de la machine, de la robotique, de l'IA, parce qu'on va être encore plus dans la fabrique des crétins. Or, nos gamins,
ils sont
intelligents, nos gamins, évidemment. Et c'est la première des missions que l'on a, c'est de donner une espérance éducative.
On va parler politique dans un instant, même si évidemment tout ça est très, très politique, mais on va parler de votre candidature.
On n'est pas obligés.
Si, si, on va le faire. Quand vous dites que ce n
'est
pas une question de moyens, la crise actuelle dans les lycées et dans les facs, est-ce qu'il faut comprendre que si vous êtes élu président, il y aura moins d'enseignants et qu'on pourra faire mieux, selon vous, avec moins de
profs ?
Ce n
'est
pas du tout ce que j'ai dit. J'ai dit que
les enseignants, c'est une question.
Qu'il y aura des vrais plans de rémunération, des vrais plans de management. Enfin, vous savez, moi, à la mairie de Cannes,
c
'est ce que l'on fait, qui est une ville qui a ses grosses difficultés, on a baissé la dette de 83 millions d'euros. Chaque année, on a baissé la dette, on a augmenté l'investissement. Et parce qu'on a modernisé les services, on essaie de donner des missions et du sens au travail des agents. Il y en a moins et mieux payés. Bref, enfin, du vrai management participatif dans tous les services de l'État. Le problème aujourd'hui, c'est qu'il y
a
eu un affaiblissement des contenus, des agendas, et je trouve que c'est une des revendications, d'ailleurs, très compréhensibles de certains lycéens, où on voit qu'il
y
a parfois 4 heures de trous entre des cours, ce qui n'est pas normal. Et ça, ça vient de la réforme des lycées de 2019, avec toutes ces options qui ont créé des trous énormes dans les
plannings. Qui était la réforme de Jean-Michel Blanquer. Qui sont totalement
abandonnées, comme le sport.
À
l'époque. Est-ce que pour vous, la question
de la démission d'Edouard
Geffray... C'était à l'époque, oui. David Listin, est-ce que pour vous, la question de la démission d'Edouard Geffray se pose
? Non,
mais j'allais dire qu'importe. Il y a eu, je ne
sais
pas combien de ministres, il y en a tous les 6 mois. C'est le système qu'il faut changer, c'est la gouvernance du système, et c'est l'organisation de
l
'éducation nationale. Donc, l'enjeu, il est évidemment... On voit bien qu'on a un gouvernement dont la seule mission est de faire durer la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Donc, que ce soit M. Geffray qui a des qualités comme d'autres, enfin, ce n
'est
pas le sujet. Le sujet, c'est que l'on doit revoir totalement l'organisation de l'éducation, analyser ce qui a fonctionné ailleurs, comme en Finlande, comme dans les États baltes et dans d'autres États, et dire que la France n'a pas une vocation à être les plus mauvais de l'Europe, à mettre toujours plus d'argent et moins de moyens sur le terrain, parce que la bureaucratie a tout bouffé. Mais c'est pareil dans l'hôpital, c'est pareil dans la police,
c
'est pareil... À l'hôpital, on dépense plus d'argent qu'avant, il y a eu le Ségur, et on attend aux urgences plus qu'avant. Donc, c'est véritablement un énorme changement organisationnel et rationnel qu'il faut proposer, et moi, c
'est
le sens de ma démarche.
David Lissnard, on dit parfois que dans une campagne présidentielle, il y
a
toujours un moment où le candidat ou la candidate fend l'armure. Je vais tenter la question. Est-ce qu'il vous est arrivé, vous, de faire grève, de bloquer votre collège, votre lycée ? Est-ce qu
'il
y
a
eu des moments où David Lissnard s'est rebellé pour obtenir quelque chose
? Moi,
j'ai passé ma vie à me rebeller pour obtenir quelque chose.
Mais pas au collège ou pas au lycée ?
D'ailleurs, je suis en train de me rebeller pour que... Si, je vous dirai si vous voulez, mais qu'importe, peut-être que mes enfants m'écoutent, donc ça m'embête un peu, si vous voulez. Pourquoi
?
Vous
avez peur qu'ils aient... J'avais un esprit
de contradiction qui fait que quand il y avait les grèves, moi, j'étais uniquement, peut-être par esprit de contradiction second degré, j'étais le seul à ne pas faire grève alors qu
'il
m'est arrivé de sécher les cours le reste du temps. Mais je n'aurais pas dû le dire. Mais aujourd'hui, je me rebelle et j'ai très, très envie de faire gagner tous les gens qui veulent s'en sortir et qui veulent que la France s'en sorte. Je me rebelle alors que je suis un élu local, je viens du monde du petit commerce pour gagner la présidentielle et les législatives que nous préparons aussi à Nouvelle Énergie. Voilà, comme ça, j'aurais parlé.
Alors,
la présidentielle, justement, on espère que chez vous, on a coupé le son de la télé, je ne voudrais pas être à l'origine d'un problème familial. David Lissnard, Thierry Arnaud est là pour vous interroger sur l'élection présidentielle.
Bonsoir, David Lissnard, vous êtes donc candidat à cette élection présidentielle depuis le mois de mars dernier, crédité de 3 à 5 % des intentions de vote dans les sondages. Vous êtes aussi favorable, et vous le dites très clairement, à une grande primaire de la droite et du centre. Le problème est que jusqu'ici, plusieurs des participants potentiels, et en particulier Édouard Philippe et Bruno Retailleau, ils sont opposés. Est-ce que vous continuez à penser ce soir qu'une primaire comme celle-là est possible ? Et si Édouard Philippe et Bruno Retailleau vous écoutent ce soir,
qu
'avez-vous envie de leur dire pour les convaincre
?
Ce que je dis depuis deux ans, et on en est dans la situation que j'évoquais,
d
'ailleurs Marc Fauvel le sait, parce que je l'avais évoquée sur son plateau, c'est-à-dire que la primaire est encore organisable, et je crois qu'elle est souhaitable, parce qu'elle permet d'éviter deux choses. Elle permet d'éviter la division qui peut faire perdre, et elle permet d'éviter aussi les compromissions et les arrangements de notables. Moi, si vous voulez, j'ai envie de faire gagner mon projet, j'ai envie que les gens puissent le découvrir, et au-delà du projet,
de
la personnalité, enfin bref, ce que l'on peut faire pour redresser notre pays. Et rien n'est mieux que la démocratie, quoi. Donc, vu qu'il n'y a pas de leader naturel, vu que je pense qu'il faut que ceux qui nous ont gouvernés ne gouvernent plus, c'est aussi simple que ça, et notamment depuis dix ans, et ceux qui étaient dans les gouvernements de M.
Macron, vu que je pense qu'il faut proposer un autre changement, un changement très fort, et une autre alternative que ce que propose l'ERN, qui est très ambiguë sur beaucoup de sujets, et ce que propose l'extrême-gauche, qui prendra le dessus sur la gauche, et avec les néofascistes de LFI, qui sont extrêmement dangereux pour notre pays, et bien que cette radicalité raisonnable, la radicalité, c'est la racine des choses, est le meilleur antidote à l'extrémisme, et elle est surtout, surtout, la meilleure façon de faire gagner notre pays. Il faut gagner les élections,
mais... Pardon, néofasciste ? Néofasciste de LFI ?
Encore, matériellement... Oui, je le
pense profondément, parce que quand vous prenez la violence,
ça veut dire que le fascisme, vous savez, c'est quand vous êtes très étatiste, d'ailleurs, historiquement, c'était le cas, c'est des mouvements qui venaient souvent de la gauche, et contrairement à ce qu
'on
nous a raconté pendant des décennies, et lorsque vous prenez la violence, et que vous opposez les personnes selon des origines, par exemple, quand j'entends LFI qui théorise, et son leader qui dit tout blanc, tout moche, pour moi, c
'est
une forme de racisme. Lorsque je vois l'antisémitisme débridé qu'il y a dans ces mouvements-là, je dis qu'il y
a
des dérives, oui, néofascistes, et je pense qu'il voit des fascistes partout, il traite tout le monde de fasciste, mais il ne
voit
pas le premier des fascistes, qui est Jean-Luc Mélenchon. Mais
au-delà de cela,
on ne peut plus gouverner avec ceux qui nous ont dirigés,
et
dont de la Macronie, et donc je propose un changement puissant, par un projet puissant et avec
des
personnes nouvelles. Si cette primaire n'a pas lieu, quand et comment est-ce que la droite et le centre désignent leurs champions ? Est-ce que c'est uniquement en fonction des sondages ? Jusqu'à quand la compétition interne peut se prolonger sans risquer une destruction mutuelle de ces candidatures ? Quel est le calendrier ? Quelles sont les modalités que vous avez en tête ? Est-ce qu'il s'agit simplement de désigner, à un moment donné, de reconnaître que c'est celui qui est le plus haut dans les sondages, qui doit être le candidat et porter les couleurs de la droite et du centre ? Et à quel moment, selon vous, ce choix doit-il se faire
?
Si c'était les sondages, Jacques Delors, Édouard Balladur, et Raymond Barre, à l'époque, auraient été élus. Ça ne marche pas comme ça.
Deuxièmement, je pense qu'il faut poser la question à ceux qui refusent
la primaire. Quels sont les bons arguments qui s'opposeraient à cette compétition ? Qui, je le répète, visent à faire une présélection, c
'est
-à
-dire
un quart de finale avant la demi-finale. Parce que tout le reste, ce ne serait que des arrangements. Et le problème des arrangements,
c
'est qu'ils génèrent, du en même temps, ils génèrent un projet qui ne peut pas redresser le pays. Le pays,
c
'est comme une mairie,
c
'est comme une entreprise. Moi, je viens du monde de l'entreprise. Il faut être cohérent dans l'action. On sait que tout est difficile,
on
sait que les choses sont toujours plus compliquées, mais il n'empêche qu'on doit avoir de la cohérence et avec de la constance, on peut redresser le pays. Quand
faut-il trancher ? Quand faut-il trancher avant que ça ne devienne trop dangereux et trop tard ? On
verra
où on
en est. Non, mais pardonnez-moi, mais je me permets de dire qu'il se passe quelque chose aujourd'hui au temps de ma candidature. et que je vais continuer, je vais encore accélérer, à moi d'être meilleur dans les sondages, à moi de faire les efforts qu'il faut et je veux faire gagner ce projet. Donc je propose une primaire, si les autres refusent la primaire,
ils
nous diront ce qu'ils proposent eux, mais moi, je n'irai pas vers des arrangements. Et ma rupture, elle est non seulement avec les propositions que j'évoquais tout à l'heure de l'extrême-gauche et du RN, mais elle est aussi avec tous les conformistes technocrates qui nous expliquent la vie tout le temps, qui nous disent qu'ils sont le corps de la sagesse, mais qui ont planté le pays. Donc je veux proposer, je souhaite aller jusqu'au bout de cette proposition. Et aujourd'hui, je suis dans la course, moi. Donc quand vous êtes dans la course, vous courez, quoi. Donc je cours.
Voilà, quand on est dans la course. Merci beaucoup, David Listard. On verra ce que devient de cette proposition de primaire qui
aujourd'hui ne
semble pas faire l'unanimité chez les autres candidats. Merci beaucoup, David Listard.
Merci à mes
Tipeurs. C
'est parti.
David Lisnard