Allocution Macron : "Il n’y a pas une dramatisation de l’état de la France ce soir" (N. Saint-Cricq)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Fait
« une demande au préfet d'agir localement jusqu'à si c'est nécessaire interdire des rassemblements »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Nous ressentons tous ce soir de la colère et de la honte, a dit le chef de l'État. Ceux qui ont détruit doivent payer. Emmanuel Macron qui dans l'ensemble fait peu d'annonces si ce n'est Nathalie Saintcrite, dites-nous ce qu'il faut en retenir. Une demande au préfet d'agir localement jusqu'à si c'est nécessaire interdire des rassemblements. C'est qu'il y a pas de dramatisation hein. Il y a ni dramatisation avec des annonces fortes ni dramatisation. Il y a simplement un point, c'est-à-dire la distinction que finalement tout le monde fait entre les casseurs et ceux qui ont des récriminations, des revendications qui semblent juste. Et là, il est revenu sur le carburant en montrant bien qu'il y avait plusieurs choses là-dedans. Mais il se contente si je dire et je dis ça
non pas parce que c'est mon opinion et par c'est les demandes de personnes comme Bruno Retailler ou d'autres qui s'attendaient à l'état d'urgence ou des mesures assez radicales finalement il donne la possibilité au préfet donc chacun au vu de la situation locale d'interdire des manifestation voire des des regroupements. C'est-à-dire en gros c'est au préfet de voir de jaoger en fonction de la situation ce qu'il est nécessaire. Donc il y a pas une dramatisation de l'État de la France ce soir comme s'il était intégré que ça allait se résorber sous quelques jours. Le deuxième vol c'est le volet politique. C'est il annonce effectivement des réunions. C'est-à-dire qu'en gros Sébastien Lecnu est chargé de réunir les associations, les partis politiques, les syndicats de lycéens, ce
qui est toujours problématique parce que les syndicats de lycéens ne gèrent pas forcément l'ensemble des lycéens et que ce qui s'est exprimé dans la rue est quelque chose difficilement difficilement appréhendablement. Enfin, il y a un petit côté du côté de la négociation sans que ce soit précis. C'est-à-dire que c'est juste se voir. Et deuxièmement, quelque chose qui est plus euh comment dire politiquement un peu non pas euh peut-être un petit peu plus facile de dire en gros j'attends de vous tous là les syndicats, les partis politiques, il les met devant leur responsabilité en leur disant "J'attends que vous fassiez un appel au calme." On peut imaginer que c'est un appel qui est dirigé directement par Jean-Luc Mélenchon qui a été beaucoup mis en cause hier par Laurent Nunz en
considérant qu'il soufflait sur les braises tout ayant l'air de pas y toucher. Et à partir de là, ils leur dit ce que tout le monde pense. Il y a des présidentiels, c'est à ce moment-là que ça se fait. Vous choisirez. Ayons une belle élection. Le le pays mérite une belle élection. Le pays mérite une belle élection. Mais si j'ose dire, c'est beaucoup pour pas beaucoup. C'est-à-dire que la locution présidentielle a toujours quelque chose de très solennel et finalement c'est on mélange pas les pilleurs et les Ça aurait presque pu être dit il y a une semaine. Ouais. Tout ça pour ça. Est-ce que vous êtes d'accord ? Il y a Gos. Oui. Oui. Allocution modeste pour président conscient de son état de faiblesse en fin de mandat. En fait, on est dans la figure imposée. Il ne
pouvait pas ne pas réagir, vu l'état des violences plus fortes encore que le 1er décembre 1900 2018 lorsqu'il y a eu la le sac de l'Arc de Triomphe. Donc là, vous avez vraiment euh un président qui a conscience de marge de manœuvre réduite avec presque une forme de regret quand il dit la campagne maintenant si on veut une belle élection présidentielle, ça doit se faire avec les partis avec les journaux pas dans la rue, je met dans le désordre qui est dans la constitution mais les partis n'ont jamais été aussi faibles que depuis bah cette fracturation créée évidemment c'était l'objectif du dépassement d'Emmanuel Macron en 2017 de dépasser le Parti socialiste, de dépasser les Républicains. Aujourd'hui, vous avez des partis atomisés qui n'ont plus aujourd'hui le rôle de régulateur
démocratique qu'ils avaient. Donc, il y a presque une forme de regret. Il faut revenir à ça. Mais le il faut il faut l'injonction, c'est pas en quelques semaines qu'on refait une démocratie vivante. Donc voilà, il expose lui-même son propre nouvelle en même temps. Entendre la colère, agir sur ses causes tout en faisant respecter l'ordre républicain. Voilà sa sa mission de chef de l'État désormais. Et puis euh euh pour la jeunesse effectivement l'envie de d'associer davantage alors c'est pas une convention citoyenne, c'est une réception à l'Élysée, mais encore une fois Nathaladie il disait qui sont les vrais porte-paroles euh pour tous les domaines, pour la vie chère aussi, qui est aujourd'hui euh dans les manifestations qu'on a vu hier, qui aujourd'hui a le a leadership. Et puis
un piège politique qui se referme peut-être pour Jean-Luc Mélenchon et là c'est très c'est moins le chef de l'État qui parle que le politicien, c'est que demander à Jean-Luc Mélenchon et à son parti et à Manuel Bompard, la France insoumise de dire "Nous condamnons ce qui s'est passé le 17 octobre". Je suis pas sûr que les insoumis entrent dans ce schéma là aussi facilement qu'Emmanuel Macron l'espère. C'est une manière de les cornéiser, de dire "Ah, vous ne vous ne condamnez pas ce qui s'est passé 17 octobre." et les journalistes poseront forcément tous la question. le chef de l'État qui appelle, je cite, les partis politiques, les organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguité les Ils ont condamné les insoumis mais avec toujours le mais
mais vous savez c'est toujours la même chose, c'est on condamne un mais on ne peut pas ne pas voilà donc c'est que c'est effectivement l'ambiguité qui est présente sur toutes les tous les sujets d'ailleurs. Nous vous accueillons sur ce plateau. Olivier Rouan, bonsoir. Politologue, enseignant, chercheur en sciences politiques et chercheur associé au FERSA et Sopianlou qui nous a rejoint. Bonsoir Sopiane, éditorialiste économie France info canal 16. Que retenez-vous de cette brève allocution présidentielle ? Un président rattrapé finalement par les mêmes questions qu'il y a 10 ans ? Oui, je dirais que c'est une intervention nécessaire parce qu'elle correspond à l'institution et au devoir de l'institution dans le moment très
désordonné. Évidemment, les Français ont pris pour habitude d'attendre quelque chose du chef de l'État. Donc, on aurait peut-être pu penser qu'il qu'il invite plutôt les lycéens à l'Élysée au tout début pour essayer de limiter la suite des événements. Il le fait maintenant. Donc, c'est une une obligation presque pour lui que de se prononcer. L'institution n'est pas vide, le président est là, mais la parole par contre, elle est un peu vide, c'est-à-dire que euh il y a pas d'annonce ni pour rassurer les étudiants, ni pour euh par exemple reposer une doctrine du maintien de l'ordre parce que il y a quand même un problème d'efficacité de l'État sur cette question récurrente. Donc, il y a pas de de nouvelle
orientation politique. Vous qui avez la mémoire de de la 5e République, les les présidents sur le départ surtout quand évidemment ils peuvent pas se représenter, ils sont toujours en disgrâce. Il y a toujours un moment quand même assez crépusculaire mais à ce niveau-là ou pas ? Oui. Les les seconds mandats sont rarement réussis. H euh donc là ce qui se passe, c'est que quand même depuis 25 ans, on a un présidentialisme de fait affaibli, mais finalement cette fois-ci c'est aussi un présidentialisme symbolique qui est faible. pas simplement les moyens, c'est aussi la parole, c'est la représentation, l'incarnation et c'est dans des proportions assez inédites. Ouais. C'est comme si elle ne comptait plus cette parole. Elle ne pesait plus du tout. Oui. C'est-à-dire qu'on a vu un Jacques
Chirac affaibli lors de son second mandat. Les deux dernières années étaient très difficiles, mais là c'est les 5 ans qui sont difficiles et la dissolution donc les trois dernières années assurément. Et et donc on voit bien que les ressorts même je dirais presque au-delà de l'incarnation de la fonction sont un peu usées. Donc c'est une intervention nécessaire mais forcément et tout le monde l'avait dit avant c'est il y a même il y a aucune surprise ce sera insuffisant ce sera déceptif et et ça ça risque de l'être en effet et et sur les réparations. Alors, j'ai peut-être pas été assez attentive, Sopiana Clouf, mais il m'a pas semblé que les choses étaient précises sur à la fois le le chiffrage des dégâts.
Peut-être n'était-il pas dans son rôle à le à le faire lui, c'est pas son niveau et l'assurance au fond que les les victimes et je pense aux commerçants évidemment en premier lieu seraient tous indemnisés. Et ben vous avez pourtant été très attentif, c'est juste qu'il ne l'a pas dit. cette phrase effectivement qu'on peut retenir ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pied doivent rembourser. C'est presque une incantation dans les faits. Il laisse le gouvernement faire. Il précise quand même tout de même, si on regarde bien, que le Premier ministre va euh va mener une cellule de crise pour aider les commerçants. D'ailleurs, le le ministre du commerce, Serge Papin, demain à 9h va recevoir les organisations, les grands groupes, la distribution notamment, mais
aussi les commerçants pour essayer justement de trouver des solutions. Tout à l'heure enfin ce matin plus exactement il y a Alexandre Alexandre Bonpar le PDG de Carrefour qui représente les enseigne de distribution qui disait justement et bien on a besoin de faire comme quand on on déclenche l'état de catastrophe naturelle finalement pour avoir beaucoup de magasin qui ont été détruits. Tout à fait. J'en parlais justement avec le le patron de Lumi qui représente les restaurateurs et qui me disait tout à l'heure que lui est à Bordeaux et que dans la rue Sainte Catherine, la très grande rue, il compte une cinquantaine de commerces détruits. C'est du jamais vu. Il disait mais en 2018 avec les gilets jaunes, on avait pas ça du tout. Donc le chiffrage est déjà beaucoup plus
élevé. J'ai regardé juste le chiffrage pour les gilets jaunes. France assureur parler de 260 à 270 millions d'euros. Là, ce matin, le le commerce et la distribution disent on est déjà à plusieurs centaines de millions d'euros. Donc, ce serait quasiment déjà l'équivalent en une journée pour qu'on se rende compte vraiment de ce qui s'est passé dans le pays. Effectivement, bah il va falloir y répondre mais ce soir, il y a une promesse mais pas encore d'annonce. Mais vous qui avez un temps d'avance, Sopiana Akouf, qui va payer ? Bah, le problème, c'est que ce serons nous les c'est nous tous qui allons payer, c'est nous les français. il va trouver il va falloir trouver de l'argent dans ce budget, ça veut dire le compenser euh où où il y a les moyens de l'État dans des des conditions d'urgence
qu'on ne connaît pas. Alors le problème c'est qu'il y a les assureurs qu'on peut mettre à contribution. Il y a plusieurs systèmes, on est en train de les faire cotiser les assureurs. Il y a un fonctionnement, le fond émeut qui est en train d'être mis en place où on demande aux assureurs de mettre de côté une part de cet argent qu'on y répisait en cas de situation comme celle-ci des meutes urbaines. Le seul problème, c'est que bah il y a un moment donné qui va payer ce fond, c'est évidemment nous qui faut avancer enfin avancer c'estd en terme même financier. C'est dire qu'on peut pas, j'entendais tout à l'heure un commerçant qui il y en a qui peuvent pas en terme de trésorerie, en terme d'ursaf à payer, il y en a qui peuvent pas à la fois reconstruire, réparer ce qu'ils et et
continuer ou alors ils vont mettre la clé sous la porte. Donc il y a une fonction des collectivités locales et de l'État d'essayer de leur permettre de faire le la soudure comme si c'était une catastrophe naturelle. Ouais. beaucoup d'incantation. Il y a la question de la réparation, il y a la question du retour de l'ordre aussi qui est très présente dans cette allocution qui est martelée, mais on a par encore beaucoup d'éléments pour savoir comment au fond le président sera intraitable puisque c'est son terme avec ceux qui ont cassé mis à part ces ces préfets qui vont pouvoir agir localement. C'est presque, je dirais, la seule annonce très concrète de la soirée. Oui. Oui, absolument. Et qui pose beaucoup de questions en réalité, hein. Moi, j'aimerais bien avoir des
précisions parce que si les préfets, chacun à leur discrétion dans leur département, peuvent considérer que telle ou telle manifestation ne peut pas avoir lieu parce qu'il y aurait un risque de de casse de troubles à l'ordre public et de de désordre et d'émeutes. Dans ce cas-là, toutes les manifestations désormais de type jonction gilets jaunes, gilets jaunes seront catégorisés. administratif quand même c'estàd que ça sera pas l'arbitraire de chaque préfet de décider qu'on va interdire un tel un mais ça peut aussi créer de les moi chez ceux qui défendent le droit de manifester à tout prix la démocratie large et compris dans la rue puisque là il y a vraiment une attaque de la part du président sur le fait que cette campagne ne doit pas avoir lieu dans la rue.
Ça c'est un grand débat philosophique. La légitimité des urnes ou la légitimité de la rue, on l'a vécu en 2023 sur la réforme des retraites. La question à Olivier Rouan. Là encore, je fais appel à votre mémoire, un mouvement social doublé d'une crise sécuritaire et de pillage massif si proche d'une élection présidentielle. On est à un peu plus de 6 mois. Est-ce que est-ce que c'est du jamais vu ? Comment vous expliquez au fond que les Français ne puissent pas attendre ce grand rendez-vous des urnes ? Il me semble que ce qui est inédit, c'est l'affaiblissement du présidentialisme. Et à partir de là, euh dans un contexte notamment euh social, économique où c'est le pays aujourd'hui qui prend conscience du fait que euh il n'est plus
celui euh qu'il pensait être, c'est-à-dire que nous n'avons plus les moyens, la société est fracturée, les perspectives d'avenir pour nombre de ménages sont insuffisantes, ne correspondent pas au standard attendus. Donc c'est ce qu'on appelle le déclassement. Et cette prise de conscience, elle se fait en effet alors que une campagne est en cours de de déroulement, de fabrication comme si le prochain élu était déjà impuissant. Au fond, autant renverser la table tout de suite. C'est c'est on rejoint la la question de l'affaiblissement du présidentialisme et on finit par se demander quelle est l'élection la plus importante à venir. Est-ce que c'est celle du futur président ou est-ce que ça va être les moyens politiques d'agir pour ce nouveau président, c'està-dire les législatives ?
La réponse est dans votre question. Voilà. Alo.
Emmanuel Macron