Philippe Ballard : "Marine Le Pen n’abandonnera jamais le combat politique !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03FerméeÉludée
Cette condamnation n'est-elle pas tout simplement la conséquence de ces actes ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Marine Le Pen était-elle abattue ou combattante ?
- 3:08RelanceRéponse directe
La question de la censure a-t-elle été abordée ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Est-ce que ça modifie la clémence envers François Bayrou ?
- 4:44FerméeRéponse directe
Si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, Jordan Bardella amoindrit-il vos chances ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Pensez-vous qu'il peut y avoir une issue favorable d'un point de vue judiciaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Locuteur 4Chiffre
« une personne qui si on se réfère au sondage IFOP paru ce week-end réunit dès le premier tour entre 34 et 37% des suffrages »
- 0:53Locuteur 5Chiffre
« Marine Le Pen a été reconnue coupable, coupable de détournement de fonds, 4,5 millions, c'est lourd. »
- 1:14Locuteur 4Fait
« On n'a pas la même conception du tout du travail d'un attaché parlementaire. »
- 1:42Locuteur 4Fait
« Et alors après, il faut quand même revenir sur la récidive et le trouble à l'ordre public. »
- 2:10Locuteur 4Fait
« Sauf que Marine Le Pen va faire appel. Donc là, c'est retour à la case départ. Présomption d'innocence avant que la chose soit jugée. »
- 11:56Locuteur 4Fait
« La France a critiqué à raison ce qui se passe en Russie. »
- 20:27Locuteur 4Chiffre
« Marine Le Pen fait entre 34 et 37% des intentions de vote »
Temps de parole
- Locuteur 446 %
- Locuteur 518 %
- Locuteur 115 %
- Locuteur 29 %
- Locuteur 37 %
- Locuteur 65 %
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Ah oui c'est un jour sombre pour la démocratie, on a eu une réunion en début d'après-midi avec Marine Le Pen et Jordan Bardella et c'était évidemment la tonalité des phrases qui étaient prononcées, c'est un jour extrêmement sombre parce qu'il faut vraiment comprendre que les gens comprennent ce qui se passe, une personne qui si on se réfère au sondage IFOP paru ce week-end réunit dès le premier tour entre 34 et 37% des suffrages, c'est-à-dire c'est pas à vous commentateur politique que je vais l'apprendre on a une grande chance d'accéder à l'Elysée.
Et bien aujourd'hui cette personne est tout simplement interdite si les choses en restent là et malheureusement ça pourrait être le cas de se présenter et donc d'être élue à une élection présidentielle. Aujourd'hui la France n'a plus aucune leçon à donner en matière d'état de droit et en matière de démocratie.
On va y revenir parce qu'il y a des réactions. Elon Musk, Donald Trump Jr, le Kremlin et on va voir tout ça en détail dans quelques instants. Simplement Philippe Ballard, Marine Le Pen a été reconnue coupable, coupable de détournement de fonds, 4,5 millions, c'est lourd. Cette condamnation n'est-elle pas tout simplement la conséquence de ces actes ?
Non, on peut refaire le procès, mais je pense que là maintenant il faut essayer d'avancer. On n'a pas la même conception du tout du travail d'un attaché parlementaire. Je vais être concret, je suis député français donc. Moi, il y a quelques semaines, j'ai demandé à mes attachés parlementaires d'arrêter tout le travail législatif. C'est-à-dire, vous ne travaillez plus nos propositions de loi, vous ne travaillez plus nos amendements parce que j'ai une usine en difficulté, donc je leur ai dit, vous allez me faire un tract et après vous allez venir le distribuer avec moi. Moi, j'ai appelé le déontologue de l'Assemblée, je lui ai dit, ça pose un problème ? Il m'a dit, non, non, pas du tout.
Donc voilà, ça, au Parlement européen, visiblement, si on en croit le jugement d'aujourd'hui, ça aurait été complètement interdit. Et alors après, il faut quand même revenir sur la récidive et le trouble à l'ordre public. Pourquoi ? Qui motive l'exécution provisoire. Qui motive l'exécution provisoire. Récidive, parce que la Présidente a estimé que Marine Le Pen et les autres prévenus s'étaient défendus. Donc, s'ils se sont défendus, ils pourraient recommencer. C'est l'interprétation de la Présidente. Mais enfin, pardon, si on est dans un procès dans le box des accusés, la moindre des choses, c'est de se défendre quand même.
Ou alors, tout le monde arrive en disant, oui, oui, je suis coupable, allez-y, donnez-moi la peine, et puis je repars. Et puis le trouble à l'ordre public, c'est parce que la Présidente considère qu'une personne condamnée ne peut pas être candidate et être élue présidente de la République. Sauf que Marine Le Pen va faire appel. Donc là, c'est retour à la case départ. Présomption d'innocence avant que la chose soit jugée.
– Vous étiez à cette réunion du Rassemblement national. Combien étiez-vous ? Une dizaine, une quinzaine ?
– Oui, un peu plus, parce qu'il y en avait en visio, parce que c'est lundi, donc il y a encore des députés qui reviennent de circonception. – Marine Le Pen était-elle abattue ? Était-elle sonnée ? Était-elle gaillarde ? – Combattante. Et moi, je crois que c'est un petit peu là, parce qu'évidemment, on nous demande, voilà, comment est-elle ? Elle est combattante. Voilà, on va voir la suite. Et on nous dit même, ah, du coup, là, vous n'allez peut-être pas voter la censure, parce que si vous votez la censure, il pourrait y avoir des législatives au mois de juillet, enfin plutôt septembre, et là, il pourrait peut-être plus concurrence. Non, pas du tout. Ça, ça a été abordé.
Je peux vous dire que ceux qui pensent ça, franchement, il ne faut pas qu'ils parient cher là-dessus. – Vous dites que la question de la censure a été abordée ? Qu'est-ce qu'elle vous a dit ? – On a voté la censure pour M. Barnier, et depuis des semaines, voire des mois…
– Non, vous dites que la question a été abordée tout à l'heure.
– Oui, parce qu'il y a des journalistes qui, aux quatre colonnes, à l'Assemblée nationale, m'interrogèrent…
– Ah non, pas avec Marine Le Pen.
– Ah non, non, non, c'est les journalistes qui nous posent la question. Donc, quand ils se posent cette question, je pense qu'ils font fausse route. Notre seul guide, c'est qu'est-ce qui va dans l'intérêt de la France et des Français. S'il faut voter une censure, on votera une censure.
– Justement, on avait senti qu'il y avait eu un changement d'ambiance après le réquisitoire, à l'automne dernier, souvenez-vous, à l'époque, c'était Michel Barnier, et tout de suite après, le RN avait durci ton et il y avait effectivement eu ce vote de la censure. Est-ce que ça veut dire que, du point de vue de ce jugement, ça modifie aussi la relative clémence dont vous avez fait preuve jusqu'ici avec François Bayrou ? On a senti que ces derniers jours, le ton, le jeu se durcissait un petit peu. Ça veut dire que, oui, vous pourriez tout à fait voter cette censure, faire tomber le gouvernement, au risque, effectivement, de voir Marine Le Pen ne pas pouvoir se représenter à la députation.
– Oui, parce que nous, on n'est pas dans le calcul, nous, on a une seule boussole. Moi, ça me rappelle la première réunion de groupe qu'on avait en juillet 2022 autour de Marine Le Pen. Elle nous avait dit, peu importe le texte, d'où qu'il vienne, on a voté, ça s'appelait la NUPES. On a voté des textes qui venaient de la NUPES, de la Macronie, des LR, dans le sens, c'est jamais vrai. Mais nous, notre seule boussole, c'est ça. Voilà. Est-ce que ça va dans l'intérêt de la France et des Français ? Donc si, je ne sais pas quel sera le facteur déclenchant, mais on est amené à déposer une motion de censure ou la voter avec d'autres groupes, nous le ferons sans aucune hésitation. – François.
– Si, comme on peut le penser, Marine Le Pen ne peut pas se présenter à l'élection de 2027, ça devrait être Jordan Bardella. Est-ce que ça amoindrit vos chances de victoire en 2027 ? – Alors, je comprends que vous me posiez la question, parce que j'aurais posé exactement la même question,
sauf que nous, on n'est pas du tout dans cette optique. Nous, aujourd'hui, encore une fois, c'est vraiment, enfin, il faut se rendre compte de ce séisme politique et démocratique qui vient de se produire dans le pays. Donc, à chaque jour suffit sa peine. Nous, on alerte sur les conséquences de cette décision de justice complètement inique et qui met à mal la démocratie en France et l'État de droit, d'ailleurs.
– Attendez, pardon, Ruth, mais c'est-à-dire que vous pensez qu'il peut y avoir une issue favorable pour vous d'un point de vue judiciaire ? Ça veut dire quoi ? Vous allez demander à la Cour d'appel, par exemple, de se réunir en urgence plus rapidement ?
– Marine Le Pen, je pense qu'elle va vous le redire tout à l'heure dans le 20h, elle va utiliser toutes les voies de recours possibles. Oui, bien sûr, absolument. Mais nous, on insiste sur le fait qu'aujourd'hui, on est le 31 mars et que c'est une date terrible pour notre démocratie. Après, le calendrier va s'écouler et on verra. – Mais qu'est-ce que vous cherchez dans ce cas-là ?
– D'accord, non mais concrètement, j'entends ce que vous dites, mais quelle est la stratégie derrière, c'est-à-dire mettre un peu le feu au pays en lui disant « il faut vous révolter ». Allons au bout de votre raisonnement. Vous allez vers quoi ? Vous allez vers… je ne sais pas, vous voulez que les gens descendent dans la rue pour protester ? Vous souhaitez… quelle est la manière ? Vous alertez et vous dites « il y a un problème démocratique », j'entends, mais comment voulez-vous que ça se manifeste ? Comment voulez-vous que ça puisse changer les choses ? Est-ce que vous voulez la prise du capital ? Est-ce que vous faites… qu'est-ce que vous voulez ?
– Non, justement… – Qu'est-ce que vous voulez ? – C'est justement ce qu'on veut éviter. On a une pétition qui est lancée, là. Donc on engage les personnes à la signer. Pourquoi une pétition ? Parce que c'est ce qu'il y a de plus démocratique. Il ne risque pas d'y avoir de débordement. On va faire également des tracts et on va les distribuer… – Elle demande quoi cette pétition, pardon, exactement ? – Ah, je ne l'ai pas… écoutez, là, je passe mon temps dans les médias, j'ai pas eu le temps de la lire, très honnêtement. Donc, enfin, on la trouve facilement sur le site du mouvement. – Mais elle s'adresse à qui ? – Aux Français, à tous les Français. Voilà. Voilà ce qui s'est passé aujourd'hui.
– Pour les prendre à témoin. – Donc, pour les prendre à témoin et pour faire en sorte qu'il y ait un vaste mouvement populaire qui dise… – Qui dise quoi ? Qui dise « les juges ont tort,
on se révolte contre la justice ». – Non, mais je n'ai pas eu la pétition. – D'accord, non, mais je veux dire, quel peut être l'objectif, très concrètement ? On refuse la décision judiciaire ? On refuse la décision de la justice ?
– On refuse, oui, on la refuse, donc on met par définition. – Bien sûr, bien sûr, mais je parle au-delà de la peine. – Et après, il faut montrer qu'il y a un vrai mouvement populaire. Moi, si on a des boucles WhatsApp, y compris de militants, dans ma circonscription, moi, je n'ai jamais vu ça. Ça n'arrête pas, ça n'arrête pas. Donc, quand vous disiez manifestation, débordement…
– Je n'ai pas dit débordement, j'ai dit manifestation. – Non, non, mais potentiellement… – Enfin, le Capitole, si.
– Oui, le Capitole. Non, mais si on organise une manifestation, bon, c'est… enfin, voilà, je ne vais pas lire dans le mar de café, mais il peut y avoir, oui, des débordements, et puis des provocations. Enfin, je ne sais pas si les Black Blocs restent chez eux le jour où il y a une manifestation organisée par l'Assemblée nationale pour protester contre ce qui vient d'arriver à Marine Le Pen.
Donc, c'est une menace contre le gouvernement. Marine Le Pen quitte le quartier général du Rassemblement national à Paris, foule de journalistes, évidemment, qui l'attend. Alors, il est 19h21, vous avez compris, Marine Le Pen prend sa voiture pour se rendre ici même, là où nous nous trouvons, c'est-à-dire au siège de TF1 et de LCI, où elle va prononcer ses premiers mots consécutifs à cette décision de justice qui, rappelons-le, les cartes, alors sauf circonstances très, très particulières, les cartes de la présidentielle de 2027 ou d'une présidentielle anticipée. L'enjeu est important. Marine Le Pen sera dans les locaux dans une vingtaine de minutes, le temps de passer au maquillage.
Et puis, on l'entendra, et vous l'entendrez sur cette antenne, évidemment, vous entendrez cette interview avec Gilles Boulot. Vous vouliez ajouter quelque chose ? Parce que moi, je voudrais qu'on voit les réactions internationales qui sont stupéfiantes. Non, mais juste, ce que vous voulez comme mouvement populaire de soutien à Marine Le Pen, ça vise à renforcer votre parti, ou en tout cas à montrer qu'il n'est pas mort, entre guillemets, avec cette condamnation, et donc, pour être une forme de renforcement d'une candidature potentielle de Jordan Bardella, pour pas que, justement, il y ait une forme de handicap pour Jordan Bardella, et qu'il reste aussi fort.
J'essaye d'aller au bout de votre raisonnement, d'essayer de comprendre.
Nous, on est, écoutez, on est depuis 13 heures, à peu près, voilà, on est lugement. Vous n'étiez pas prêt avant, vous n'avez pas réfléchi
à ce scénario avant ?
Si, si, si. Ah bon ? On n'a pas l'impression, hein ? On n'a pas l'impression. Vous n'imaginez pas celui-là. Vous avez été pris au décor. Non, mais on n'imaginait pas celui-là. Voilà, quand on vient de parler de danger de récidive, de le trouble à l'ordre public, il y a quand même, on prend en compte, dans le droit français, la personnalité de la personne que l'on juge. Regardez ce qui s'est passé à Shintingham, où il y avait un individu qui a renversé un policier, et il est condamné avec sa voiture à 150 euros d'amende. Alors je pense, je n'ai pas lu les attendus du jugement, mais que le magistrat a regardé sa vie, son oeuvre, en quelque sorte. Donc là, ce n'est pas le cas.
Là, voilà, il y a 37% des Français qui peuvent voter pour une candidate à la présidentielle, qui est quand même l'élection suprême, et on dit, hop, on la zappe.
Quelques réactions internationales, et qui, c'est vrai, ont de quoi leur faire sourire pour certaines, ou étonner pour d'autres. Commençons par le Kremlin. Réaction du Kremlin. De plus en plus de capitales européennes empruntent la voie de la violation des normes démocratiques. Donc violation des normes démocratiques. Et voilà, le Kremlin qui disait un peu plus tôt, on ne se gêne pas du tout là-bas, sous-entendu dans ces capitales européennes, sous-entendu Paris, pour dépasser le cadre de la démocratie lors d'un processus politique allusion à la présidentielle. Deuxième réaction, Victor Orban, le dirigeant de la Hongrie, je suis Marine.
Bon, là, c'est une déclaration de solidarité entre deux alliés au Parlement européen, enfin, pas Marine Le Pen, mais au RN, et ça peut se comprendre plus facilement. Plus symptomatique, peut-être. Elon Musk. Lorsque la gauche radicale ne peut pas gagner par le vote démocratique, sous-entendu contre Marine Le Pen, elle abuse du système juridique pour emprisonner les opposants. Et puis, Donald Trump, alors pas le président, mais son fils, Donald Trump Jr., mais on voit qu'il a quand même une certaine place à la Maison-Blanche. La France envoie Le Pen en prison et lui interdit de se présenter. Essaye-t-il simplement de prouver que G.D. Vance avait raison sur tout ?
Allusion, bien sûr, au discours de Munich quand G.D. Vance avait fait la leçon aux démocraties européennes sur le thème « La principale menace pour vos démocraties, c'est vous-même. C'est vous-même parce que vous ne respectez pas les principes et notamment la liberté d'expression. » Philippe Ballard, est-ce que d'une certaine manière ça accrédite l'idée que le Rassemblement national est l'allié de G.D. Vance, est l'allié d'Elon Musk,
est l'allié du Kremlin ? Alors je retiens déjà la première action de la Russie. La France a critiqué à raison ce qui se passe en Russie. Mais là, c'est l'effet boomerang. C'est-à-dire qu'on ne peut pas critiquer un pays quand dans le propre pays qui critique, on emploie les mêmes méthodes que celui qui critique, à savoir les méthodes qui ont lieu en Russie. Donc c'est l'effet boomerang. Donc encore une fois, je vous disais tout à l'heure, la France n'a plus aucune leçon de démocratie et d'état de droit à donner à la Terre entière. Voilà, c'est la leçon de ce soir. Mais est-ce que ça veut dire que vous mettez la Russie et la France sur le même plan du point de vue des valeurs démocratiques ?
Non, je vous dis que c'est un boomerang qui... Ah bah oui, enfin là, sur ce qu'on vient de voir quand même, sur la démocratie en France, oui, oui, il y a un gros problème là. Parce qu'en Russie, et on les critique, et à juste titre, on emprisonne des opposants, on les empêche de se présenter à des élections. Mais enfin là, on empêche Marine Le Pen de se présenter à une élection. Et puis elle a quand même une peine, elle va faire appel, de prison. Donc... Alors on peut prendre ses distances
avec cette décision et tout le monde, enfin beaucoup ici, pas vous David, mais c'est le débat, il est libre, beaucoup ont regretté un titre ou un autre de cette décision. pour autant, est-ce qu'elle nous met en situation de ne plus pouvoir dire à la Russie « la démocratie est très loin de vous » ?
Ah bah on ne peut plus la critiquer comme le fait la bien-pensance en France. Je pense que ça va leur revenir en boomerang à la figure. Oui, absolument, oui.
Mais quand même, mets-toi de côté, puisque vous l'avez dit, David, c'est un allié du Rassemblement National au niveau européen. « Ah mais, Elon Musk, Donald Trump Jr., le Kremlin, c'est quand même, avec des amis comme ça, c'est quand même, avec des soutiens comme ça, c'est quand même un peu embarrassant, non ? » Un, ce n'est pas des amis.
Deux, ce n'est pas des soutiens. Je vois Elon Musk. Ils vous soutiennent sur ce coup. En réunion de groupe, Marine Le Pen dit « Nous, on n'est pas plus Elon Musk que George Soros. » Pour ceux qui suivent un peu l'actualité et les débats d'idées.
En tout cas, ils vous apportent un soutien clair, net et précis.
On ne va pas l'empêcher de tweeter. Mais, c'est pas... Enfin, voilà, on n'est pas plus Musk que Soros, si vous voulez. François, est-ce qu'ils ont raison ?
Pour faire le tri, ce que dit Donald Trump Jr. est vrai. Moi, je l'ai pensé moi-même. C'est exactement la légitimation du discours de Gilly Vance, qui est un personnage odieux. Mais, de ce point de vue, la décision de la justice rendue aujourd'hui légitime ce jugement épouvantable du vice-président américain. Je ferai une différence avec la Russie. Et je ne vous suivrai pas sur le fait que France et Russie s'équivalent. Parce qu'en Russie, c'est le pouvoir politique qui embastille ses opposants. Chez nous, c'est le système judiciaire qui se fonde sur le droit. On peut considérer qu'il y a un abus de droit. C'est un débat légitime.
Contrairement à François Hollande, je ne suis pas un ancien président, je comprends sa réserve, mais je ne l'ai pas. Et je marche dans les pas de Noël Lenoir. On peut considérer qu'il y a un abus de droit et qu'il est probablement motivé par des raisons politiques très problématiques.
– Moi, je crois qu'il y a eu une contestation…
– Alors que Marine Le Pen arrive dans nos locaux. – Est-ce qu'il n'y a pas une justice politisée ?
– Alors que la justice a été très critiquée ces dernières années, qu'elle est un peu sous le feu des projecteurs et qu'à chaque fois qu'elle donne une décision sur les politiques, il y a des critiques. On reviendra sur le fait que ce sont les politiques eux-mêmes qui ont voté ces lois. Ça, c'est vrai. Mais c'est vrai que, j'ai envie de dire, je vais y aller toute la traque, la présidente, elle aurait dû penser au discours de J.D. Vance. Voilà, c'est ce que je pense. C'est-à-dire, elle aurait dû… Peut-être que c'est inacceptable, mais on est aujourd'hui dans une situation dans laquelle, oui, les juges doivent aussi faire attention à le calibrage et à l'atterrissage d'une décision judiciaire.
Ça n'est pas totalement évanescent et en dehors du réel. Je sais que c'est peut-être inacceptable, mais je considère que dans la situation d'aujourd'hui, il y avait des conséquences. Et donc, oui, ça donne prise à ce type de critique. Effectivement, je ne parlerai pas des Russes de la même façon. Arthur, ça vous fait rire ? Ça vous indigne ? Ou vous dites, on leur a donné un bâton pour se faire battre ?
Non, d'abord, je crois que tous ces gens-là font de la diplomatie et qu'en réalité, c'est surtout à Emmanuel Macron qu'il s'adresse. En lui disant un peu ce que vous disiez, d'ailleurs, Philippe Ballard, Emmanuel Macron, qui est un donneur de leçons de démocratie de par le monde qui avait dénoncé l'international réactionnaire, voyez ce qu'il se passe dans votre propre pays. En réalité, on avait vu Elon Musk non pas faire de l'ingérence, parce que je trouve que le thème n'est pas approprié, mais interférer en tout cas dans les élections dans plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne.
Ça avait été le plus visible pendant la campagne des législatives où il avait soutenu l'AFD, le parti très clairement d'extrême droite là-bas. Et on s'était demandé qu'est-ce qu'il attendait pour venir se mêler de nos affaires en France. Eh bien voilà. En tout cas, l'occasion lui en a été donnée. Il a saisi la balle au bon. Et à tous ceux qui s'interrogeaient sur le fait de savoir quand est-ce qu'Elon Musk allait s'intéresser à la France, eh bien désormais, c'est le cas. Elon Musk s'intéresse à la France. Et donc c'est plutôt pour se ranger du côté de Marine Le Pen. A tort ou à raison, ça je laisse ce débat à Philippe Ballard et David. Très juste, l'occasion a fait le larron.
En revanche, fallait-il pour autant considérer la situation politique pour le fait que toutes ces personnalités, Musk, le Kremlin, Orban, allaient nous tomber dessus ? Juste un point. C'est vrai que le juge doit prendre en compte dans sa décision la personnalisation, la personnalité, vous le disiez. Et dans la personnalité de Mme Le Pen, incontestablement, il y a sa part en parcours politique et le fait qu'elle ait trois fois candidate, deux fois finaliste de la présidentielle et potentiellement prochaine candidate. Pour autant, fallait-il intégrer cette dimension-là politique dans le droit ?
Fallait-il prendre en compte les critiques des opposants sur le plan diplomatique, sur le plan intérieur ? Je ne crois pas. Je crois que ce n'est pas du tout... Même si vous avez raison sur l'effet désastreux que ça produit à l'arrivée, je crois qu'il ne fallait pas du tout le prendre.
Il y a aujourd'hui un combat entre l'État de droit et le libéralisme. Dans ce combat, il ne faut pas donner des arguments aux adversaires de l'État de droit. Et donc, ça veut dire que les juges eux-mêmes ne doivent pas se compromettre à se retrouver dans des situations où ils sont critiquables. Donc, il y a une question autour de ça. Le combat profond, aujourd'hui, il est là. Et donc, s'il y a des gens qui sont critiquables et qui défendent en même temps et qui portent cette État de droit, il y a un problème. Il y a un problème. Voilà.
Ça veut dire que vous considérez que ces juges n'ont pas dans leur décision respecté l'État de droit ? Ça veut dire que vous considérez... Vous accordez finalement qu'on dise quand on est représentant du Rassemblement national, c'est normal. Mais on peut aussi considérer que les juges...
Je ne le suis pas. Ça ne vous a pas échappé.
Non, mais bien sûr. Mais on peut aussi considérer que les juges se fondent sur leur droit, sur la justice et pas forcément sur des convictions politiques. Ils exposent l'État de droit. Eh oui. De façon spectaculaire et très problématique. J'en reviens à mon propos liminaire tout à l'heure. Derrière cette affaire, c'est l'État de droit et notre lien à l'État de droit, c'est-à-dire celui des Français, qui peut être fragilisé. Et c'est là où le risque de l'illibéralisme se matérialise.
Philippe Ballard, dernière question. Est-ce que cela vous conduit dans votre programme, qui sera défendu peut-être par Jordan Dardella, peut-être par quelqu'un d'autre, ou peut-être, si les circonstances particulières s'y prêtent par Marine Le Pen, à revoir, comment on dira, à envisager une réforme de la justice d'une autre manière,
vous ? Je pense que l'école de la magistrature, on est plutôt partisans pour qu'il y ait un tour extérieur, pour pouvoir faire rentrer des gens qui n'ont pas forcément de cursus habituel. Je pense par exemple à des commissaires de police qui ont envie de se reconvertir dans la magistrature pour donner un petit peu d'air. Parce que vous, on parlait de la justice politisée, mais enfin, tout le monde a encore en mémoire le mur des cons, le syndicat de la magistrature, qui réunit quand même plus de 20% des voix lors des élections professionnelles. Donc, il faut quand même avoir présent tout cela. Qui avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen.
Oui, lui, c'est aussi l'union syndicale des magistrats. Mais un, une loi, mais elle est interprétée par les magistrats. Elle est, ils l'ont interprétée dans le sens qui leur convient. Et quand on suit le procès depuis le début, on avait très bien vu, Marine Le Pen l'a dit, j'ai très bien compris où tout ça, ça allait nous emmener. Et puis on parle de l'état de droit, très bien, nous on est tout à fait favorables et partisans même, mais il y a aussi l'état de droit du peuple de pouvoir se choisir les représentants qu'il souhaite.
Et encore une fois, quand on voit que Marine Le Pen fait entre 34 et 37% des intentions de vote, l'état de droit, c'est aussi de respecter le droit d'un peuple à disposer de lui-même. Mais on va en ressortir plus fort. Parce que rien ne peut arrêter un peuple qui veut retrouver à la fois sa liberté et sa souveraineté. Non mais on retient donc une possible diversification du recrutement
des magistrats.
Oui mais c'était dans le programme, je sais que ça c'est quelque chose d'évoqué, mais je pense que vous pouvez rechercher très vite et retrouver dans le programme de la présidentielle de 2022 tout cela. Un dernier mot, route ?
Non, 34 ou 37% ou 5%, ce n'est pas le problème. Le problème c'est quand on est avant une élection présidentielle, on essaye de faire en sorte que le jeu électoral et le jeu de la souveraineté populaire puissent exercer le mieux possible. Et à partir de là, on essaye de concilier le respect de la loi et l'application de la loi et l'exercice souverain du peuple. C'est une forme d'équation difficile mais il me semble qu'elle aurait été mieux inspirée de le faire.
Parce que des fois la justice peut se tromper. Tout à l'heure, je regardais vers 19h, vous passiez des personnalités qui ont été, même cas de figure que Marine Le Pen, vous parliez de la maire de Montauban, Madame Barège, élue locale, le mode d'emploi si je puis dire est un petit peu différent mais la justice s'est trompée. En tout cas, elle a perdu sa mairie, elle a été relaxée et elle a retrouvé son poste. Voilà ce que ça peut provoquer une erreur de justice. Merci beaucoup Philippe Ballard d'avoir été notre invité.
Marine Le Pen