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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 9 février 2019 15 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Nord Stream 2 : le « couple » franco-allemand

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:19Invité politiqueFait
    « M. Macron avait décidé de signer ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle à l'occasion du 56e anniversaire du traité franco-allemand de l'Élysée. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « il était également question de bâtir une espèce d'approche fusionnelle en matière de défense et en matière d'industrie de défense, et en matière d'armement entre les deux pays. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « la France va exercer la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pendant 6 mois. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « la France se faisait fort de faire une espèce de codirection du Conseil de sécurité avec l'Allemagne. »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « Macron a décidé de revenir sur l'engagement qu'il avait pris pour soutenir l'Allemagne face au projet de gazoduc dit Nord Stream 2. »
  • 7:34Invité politiqueFait
    « les États-Unis d'Amérique et le président Trump en particulier ont fait des pressions considérables depuis plusieurs mois pour essayer de torpiller ce projet Nord Stream 2. »
  • 8:11Invité politiqueFait
    « les Américains sont déjà parvenus à tomber d'accord sur la vente de ce GNL à la Pologne. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Trump veut à la fois vendre du GNL américain à l'Europe de l'Est mais veut également couper les liens qu'il peut y avoir entre l'Europe de l'Est et la Russie. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « Macron vient de donner un coup de poignard dans le dos à Mme Merkel sur cette affaire. »
  • 10:49Invité politiquePromesse
    « nous, quand nous serons arrivés au pouvoir, nous supprimerons ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle qui est une indignité et une haute trahison pour le pays. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

(Générique) Mes chers compatriotes. J'ai fait juste auparavant une allocution pour décrire les problèmes posés par l'alliance entre les activités ferroviaires du français Alstom et des activités ferroviaires de l'allemand Siemens, et les problèmes posés, soulevés par le refus de la Commission européenne de donner son accord à cette alliance, et en fait non seulement les problèmes posés mais également tout ce que ça révèle sur la construction européenne. Ce que je voudrais faire maintenant, c'est élargir cette affaire au contexte des relations franco-allemandes.

Vous vous rappelez que voici quelques semaines à peine, j'avais fait deux vidéos : une courte et une plus longue pour décrire le projet de traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle que M. Macron avait décidé dans le dos des Français et dans le dos des représentants français, c'est-à-dire des députés et des sénateurs... M. Macron avait décidé de signer ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle à l'occasion du 56e anniversaire du traité franco-allemand de l'Élysée.

J'avais insisté auprès de vous sur le fait que la France cédait des choses extraordinaires à l'Allemagne, par exemple que la France disait que l'objectif de sa diplomatie, de la diplomatie franco-allemande était d'obtenir un siège au Conseil de sécurité pour l'Allemagne. Formule assez curieuse où la France se comporte comme un larbin en disant : « Je dois absolument vous apporter un siège permanent au Conseil de sécurité », alors que l'Allemagne ne donnait rien. Dans le même traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle, il était également question de bâtir une espèce d'approche fusionnelle en matière de défense et en matière d'industrie de défense, et en matière d'armement entre les deux pays.

À aucun moment, il n'était précisé dans ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle l'existence du traité de Moscou dont l'article 3 interdit à l'Allemagne de disposer de forces nucléaires. Et donc il y avait un risque que derrière ce traité franco-allemand se cache progressivement le transfert de l'armement nucléaire français qui est l'autre joyau de la géopolitique française avec son siège permanent au Conseil de sécurité. Il se cachait le risque de transférer notre armement nucléaire au niveau prétendu européen, mais en fait au bénéfice de l'Allemagne.

On voyait dans ce traité franco-allemand qu'il allait falloir également avoir un ministre allemand au Conseil des ministres français, etc., etc. En quelques jours, changement de décor complet. D'abord, la France va exercer la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pendant 6 mois. Et l'on a appris ces jours-ci que la France se faisait fort de faire une espèce de codirection du Conseil de sécurité avec l'Allemagne. Ça a semé un certain émoi parmi un certain nombre d'observateurs internationaux, qui se sont dits : « De quoi s'agit-il ? ». La Charte des Nations unies n'a pas été modifiée.

Mais en tout cas, un certain nombre de pays du monde ont quand même vivement tiqué devant cette affirmation. En réalité, ce qu'il faut savoir, c'est que la France est membre permanent du Conseil de sécurité. Je pense que tous ceux qui suivent mes analyses le savent. Mais ce qu'il faut savoir aussi, c'est que pour 2 ans – depuis quelques mois –, l'Allemagne a été élue comme membre non pas permanent mais membre temporaire du Conseil de sécurité des Nations unies. Je crois qu'il y a 23 membres au Conseil de sécurité des Nations unies.

Ce nombre a d'ailleurs augmenté au cours des décennies par des amendements à la Charte, preuve donc que l'on peut modifier la composition du Conseil de sécurité des Nations unies par des simples amendements. Et donc il y a tout à craindre à l'approche de Macron qui promeut la présence de l'Allemagne au Conseil de sécurité, lui promet un siège permanent. Mais il faut donc savoir que pour les 2 ans que nous avons sous le nez, la France a son siège permanent et l'Allemagne a un siège temporaire. En fait, c'est ça que les partisans de cette affaire ont fait valoir, ont magnifié. C'est qu'au cours des prochains 6 mois, la France va exercer la présidence du Conseil de sécurité.

Et comme l'Allemagne a un siège temporaire, eh bien la France, de façon ostentatoire, va essayer de prendre les décisions conjointement avec l'Allemagne au Conseil de sécurité. En réalité, c'est un habillage, c'est une présentation fallacieuse, puisque rien n'empêchait auparavant – d'ailleurs – la France d'avoir des discussions avec l'ensemble des autres membres du Conseil de sécurité, qu'ils fussent permanents comme les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Angleterre ou qu'ils fussent temporaires comme l'Allemagne ou la Bolivie, Paraguay, l'Arabie saoudite, l'Inde ou que sais-je.

Ce qui est quand même inquiétant, c'est cette volonté délibérée des dirigeants français de toujours aller de l'avant pour se mettre à 4 pattes devant l'Allemagne et devant le monde entier pour faire comprendre que la France est tout à fait disposée à partager son siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Je suis désolé de revenir sur ce sujet mais ces derniers événements qui viennent d'avoir lieu montrent que l'ensemble des pays du monde, beaucoup – en tout cas – d'entre eux sont assez offusqués de constater cela et sont assez effarés de voir que la France est dirigée par quelqu'un qui serait dans tout autre pays du monde traduit devant une cour martiale pour haute trahison.

Lorsque nous serons arrivés au pouvoir – et le plus tôt sera le mieux –, eh bien si Macron est toujours de ce monde, et si Macron est toujours en France, je peux vous assurer que nous, nous lancerons une procédure inquisitoriale pour voir dans quelle mesure Macron a trahi la France et quels avantages il a pu obtenir en échange. Mais la politique de Macron est par ailleurs totalement illisible, parce que l'on a appris aujourd'hui même 7 février 2019 que le dénommé Macron a décidé de revenir sur l'engagement qu'il avait pris pour soutenir l'Allemagne face au projet de gazoduc dit Nord Stream 2 qui avait pour objectif de faire venir du gaz depuis la Russie jusqu'en Allemagne.

Sauf erreur de ma part, l'ancien chancelier d'Allemagne Gerhard Schröder, après avoir quitté le pouvoir, s'était justement fait embaucher pour avoir une retraite très bien rémunérée par les services des promoteurs de ce gazoduc Nord Stream 2. Alors cette affaire dans les chancelleries diplomatiques fait grand bruit parce qu'en réalité, c'est de la très haute politique et géopolitique notamment en matière énergétique. L'Allemagne avait avantage à avoir du gaz venu de Russie. Et la Russie y trouvait avantage également. Entre l'Allemagne de l'Est et la Russie, les distances ne sont pas considérables.

La Russie fournit du gaz à l'Allemagne à un tarif très intéressant et à un tarif qui permet de satisfaire les deux parties. Seulement voilà, les États-Unis d'Amérique et le président Trump en particulier ont fait des pressions considérables depuis plusieurs mois pour essayer de torpiller ce projet Nord Stream 2 et pour essayer de vendre à la place le GNL, le gaz naturel liquéfié américain dont il se trouve que les Américains estiment qu'ils en ont actuellement en abondance, de façon donc excessive. Les Américains sont déjà parvenus à tomber d'accord sur la vente de ce GNL à la Pologne.

Pourtant, la Pologne étant située entre l'Allemagne et la Biélorussie, donc encore plus près de la Russie que l'Allemagne, la Pologne, normalement, aurait intérêt à acheter du gaz aux Russes. Seulement voilà, les Polonais ne veulent plus du tout dépendre de leurs voisins russes, ce qui va dans le sens de ce que souhaite Trump, puisque Trump veut à la fois vendre du GNL américain à l'Europe de l'Est mais veut également couper les liens qu'il peut y avoir entre l'Europe de l'Est et la Russie. C'est un objectif géopolitique dur de l'ensemble des élites américaines depuis des années.

Il suffit de lire le livre de Zbigniew Brzeziński : « Le grand échiquier », qui explique justement que l'objectif des États-Unis est de grignoter le glacis géopolitique russe en Europe de l'Est. Alors l'Allemagne était donc déjà très embarrassée par la position de la Pologne. Mais l'Allemagne pouvait compter sur la France. Seulement voilà, Macron vient de décider de retirer son appui à l'Allemagne, de souscrire à des amendements et à des pouvoirs supplémentaires conférés à la Commission européenne ayant pour objectif en définitive de torpiller le projet Nord Stream 2. Alors comprenne qui pourra. En réalité, il semble qu'il y aurait eu des pressions sur le Français Engie. Bon...

Mais en attendant, Macron vient de donner un coup de poignard dans le dos à Mme Merkel sur cette affaire. Alors on apprend ce soir même 7 février 2019 que Macron devait rencontrer la chancelière Merkel à Munich très prochainement pour un sommet sur la sécurité. Les observateurs en étaient restés à ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire au traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle où Macron s'était transformé en larbin, en serpillière absolue de l'Allemagne. Et voilà qu'il fait complètement volte-face et que maintenant, le voilà brouillé avec Mme Merkel. Alors si on comprend bien ce zouave qui est à l'Élysée, il signe un traité qui n'a pas de limitation de durée.

Nous, quand nous serons arrivés au pouvoir, nous supprimerons ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle qui est une indignité et une haute trahison pour le pays. Mais M. Macron est capable à quelques jours d'intervalle de signer un traité comme ça qui donne à l'Allemagne des avantages énormes et quelques jours après de se brouiller avec l'Allemagne sur un sujet stratégique comme Nord Stream 2. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la maison France est un bateau ivre, qu'elle est dirigée par M. Macron dont on se demande s'il a tous ses esprits. M.

Macron devrait savoir qu'en matière politique de façon générale, comme notamment en matière économique et financière, mais plus encore en matière stratégie, géopolitique, diplomatique et militaire, ce qui est extrêmement important, c'est la constance des positions, la prudence, la réflexion préalable. Un chef d'État, c'est quelqu'un qui réfléchit longuement et préalablement avant de prendre une décision, puis qui ensuite s'y tient contre vents et marées. Sinon, il est perçu comme un rigolo, comme quelqu'un qui est sans foi ni loi, auquel on ne peut accorder aucune confiance. Tel est pourtant ce qu'est Macron. Macron est en train de se ridiculiser sur la scène internationale mondiale.

On croyait savoir qu'il avait au moins trouvé ses marques, c'est-à-dire d'être le larbin de Mme Merkel. Voilà-t-il pas qu'il arrive à être à la fois le larbin de Mme Merkel et se fâcher avec elle. Il est grand temps, il est vraiment grand temps que les Français chassent cet imposteur qui est à l'Élysée, qui s'est fait élire par une manipulation médiatique dont on ne trouve un précédent peut-être qu'en Corée du Nord, par une mobilisation générale de tous les médias en sa faveur. Je rappelle que nous avons demandé aux députés et aux sénateurs de lancer une procédure de destitution de M. Macron.

Nous redemandons et nous ne lâcherons pas les députés et les sénateurs, notamment ceux de la prétendue opposition. Nous voulons qu'ils lancent la procédure de destitution de Macron. La France est un très grand pays. Comme le disait Confucius : « On doit gouverner un grand pays comme on fait frire un petit poisson ». C'est une maxime chinoise connue depuis 2 500 ans qui signifie que pour faire frire un petit poisson, il faut être très prudent, très doux pour ne pas transformer ça en bouillie. Eh bien la France, c'est exactement la même chose.

Elle a besoin d'être dirigée par un homme d'État qui connaît l'histoire de France, la géopolitique mondiale, les rapports de force internationaux, un homme d'État qui réfléchit avant d'agir et qui, une fois qu'il a pris une décision mûre, réfléchie qui va dans le sens des intérêts nationaux, des intérêts du peuple français, sait s'y tenir. M. Macron doit dégager, parce qu'il n'est pas capable de faire cela et de tenir le char de l'État. Malgré Macron et son incompétence, nous ne devons pas perdre espoir. Nous devons au contraire nous mobiliser pour que vive la République et vive la France. (Générique) Ne manquez pas la prochaine allocution de François Asselineau demain soir à 20 h.