Apolline Matin du 5 octobre - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:09OuverteRéponse directe
Là, notre but, c'est de tenter la semaine noire, c'est-à-dire de bloquer toute la semaine pour montrer notre mécontentement et notre colère jusqu'au bout.
- 2:07OuverteRéponse partielle
À quoi ressembleront les cours en distanciel dans les lycées fermés ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
Un adolescent de 15 ans a été placé en détention à Marseille après une agression. Que pensez-vous de cette décision ?
- 8:11OuverteÉludée
Faut-il bloquer les réseaux sociaux pour calmer les débordements lors des manifs lycéennes ?
- 8:35OuverteRéponse directe
Couper les réseaux sociaux serait-il une atteinte grave à l'État de droit ?
- 13:08OuverteRéponse partielle
Les candidats à la primaire socialiste ont-ils raison de soutenir les lycéens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurChiffre
« Entre 400 et 500 lycées sont fermés ce matin. »
- 1:15AuditeurFait
« La base du problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'argent dans le service public. »
- 2:43InvitéFait
« En 24 heures, c'est pas possible. »
- 3:31InvitéFait
« Sébastien Lecornu a érigé cinq chantiers majeurs pour les lycées. »
- 5:30InvitéChiffre
« Plus de 18 millions de barils exportés par jour en moyenne pendant plusieurs jours d'affilée la semaine dernière. »
- 33:25PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon l'a dit, il faut s'habiller en blanc et aller dans les manifs. »
- 35:35PrésentateurFait
« La France c'est mille ans de jacquerie. »
- 36:03PrésentateurFait
« Je ne négocie pas, je ne négocie pas, je ne négocie pas, ça casse de partout, je négocie, je lâche tout. »
- 39:21PrésentateurFait
« Vous avez des amateurs de la manifestation et de l'occupation qui sont gérés par des amateurs du maintien de l'ordre. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Présentateur 220 %
- ?4 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
≈ 12 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez RMC.
Il
est 8h, excellente journée sur RMC. RMC, Apolline Matin. Le journal de Quentin Vinet, bonjour. Bonjour Apolline, bonjour à tous. C'est une nouvelle semaine sous tension qui commence dans les lycées. Entre 400 et 500 sont fermés. Là ce matin, les blocus recommencent, on sera en direct de Paris dans un instant. Et les courants distanciels se mettent péniblement, vous verrez en place. Est-ce bientôt la fin de la crise des carburants ? Les exportations de pétrole, on l'apprend ce matin, retrouvent leur niveau d'avant la guerre au Moyen-Orient. Et puis à quoi ressembleront les bleus ce soir en football ? Zinedine Zidane va encore faire tourner son équipe ce soir face à la Belgique.
Les blocages recommencent ce matin dans les lycées. Oui, comme au lycée Turgot de Paris. C'est dans le troisième arrondissement de la capitale.
C
'est pas loin de la place de la République pour vous situer. Alfred Orange, vous y êtes en direct ce matin pour RMC. Le lycée donc est bloqué là au moment où on se parle. Oui, ils sont une grosse centaine à bloquer l'entrée de ce lycée. On
est
debout sur les poubelles à danser et à chanter, mais surtout déterminé à montrer que la mobilisation ne faiblit pas. Julia est élève en terminale au lycée Turgot.
Là, notre but, c'est de tenter la semaine noire, c'est-à-dire de bloquer toute la semaine pour montrer notre mécontentement et notre colère jusqu'au bout. La base du problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'argent dans le service public. Des postes d'enseignants qui sont supprimés, un lycée qui tombe en ruine.
Et
donc juste, nous, on ne va pas rester là, les bras croisés, à regarder Macron qui préfère mettre tout cet argent dans l'armée plutôt que nous aider à l'école.
Un rassemblement qui continue de grossir grâce à l'arrivée d'élèves venus d'autres établissements parisais enfermés aujourd'hui. Un début de blocus qui se déroule dans le calme, sous l'œil discret de la police. Manière aussi pour ses élèves de se compter avant la grande manifestation prévue demain à 300 mètres d'ici, place de la République à Paris. Oui, on va en reparler dans un instant, Alfred Orange en direct ce matin de Paris pour RMC. Entre 400 et 500 lycées sont fermés ce matin partout en France et 160, rien qu'en Ile-de-France, c'est plus d'un lycée sur trois en région parisienne.
Et alors dans tous ces établissements, le ministre de l'éducation, Edouard Jeffrey, a demandé à ce que les cours soient faites en distanciel. Notamment là où il y a de la casse, Rachel Duceppe.
À Nantes, par exemple, les flammes ont ravagé le lycée Nelson Mandela jeudi. Les élèves ne retrouveront pas leur classe avant la Toussaint dans deux semaines. En attendant, les cours sont donnés en ligne.
Ce qui nous, en tant que lycéens et lycéennes, ne nous convient pas.
Un élève de terminale au lycée Nelson Mandela.
On a vécu le confinement, ce qui a été un peu traumatique pour certains et certaines. On va au lycée aussi pour avoir du lien social qui sera de fait tué si nous faisons ces cours en distanciel.
Dans ce lycée, les professeurs doivent se réunir aujourd'hui pour organiser les cours, mais basculer en distanciel.
Ça,
honnêtement, en 24 heures, c'est pas possible. Assure Nicolas Bonnet, secrétaire national du syndicat des personnels de direction. Pour lui, les cours en ligne, ce n'est pas une bonne solution, ni d'urgence, ni à long terme. Depuis la période Covid, il y a eu l'IA qui est arrivée entre temps. Trois jours, ça va. Si ça dure, on va avoir du décrochage scolaire. Pour Mathieu Maéau, secrétaire académique du syndicat d'enseignants SNES-FSU Bretagne, demander d'enseigner en
visio.
C'est une méconnaissance totale de ce que c'est que d'enseigner. On est dans un effet d'annonce qui permet de justifier la fermeture des états-espoirs. Avec l'idée d'essayer de casser le mouvement des lycéens.
L
'intersyndical de l'éducation nationale appelle à la grève demain pour soutenir la mobilisation lycéenne.
Demain, les lycéens qui seront rejoints par les syndicats, par une fédération de parents d'élèves également. Face à cette colère, Romain Cluzel du service politique à RMC, le Premier ministre Sébastien Lecornu a érigé cinq chantiers majeurs pour les lycées. Il les a rédigés sur ce qu'on appelle une feuille de route.
Sébastien Lecornu veut montrer que le gouvernement est à la manœuvre pour répondre aux revendications des lycéens. Il souhaite par exemple rendre plus efficace le remplacement des professeurs, notamment pour les absences de longue durée. Autre mission confiée aux ministres, proposer des solutions concernant l'organisation des journées de cours, l'amélioration de la plateforme Parcoursup, une plus grande place au dialogue dans les lycées et sur la rénovation des lycées. Sébastien Lecornu demande notamment un plan pour adapter les bâtiments à la chaleur.
D
'ailleurs, il reçoit les présidents de région demain à ce sujet. Mais tout cela risque de ne pas suffire à calmer la colère. D'abord parce que le chef du gouvernement renvoie les décisions concrètes à plus tard. Il attend des propositions de ses ministres d'ici la fin du mois. Et puis ces problématiques sont déjà abordées depuis plusieurs années sans solution à ce stade, que ce soit sur le remplacement des professeurs ou la rénovation des lycées. Pendant la canicule en juin, le gouvernement avait même débloqué une enveloppe de plus de 50 millions d'euros pour adapter les établissements scolaires à la chaleur, avant de réduire très largement ce budget quelques semaines plus tard.
Alors
je vous signale qu'un adolescent de 15 ans a passé la nuit en prison à Marseille, placé en détention hier soir après avoir été mis en examen pour l'agression avec un spray inflammable d'une passante qui s'interposait pour éviter de la casse au niveau d'un abribus. C'était la semaine dernière. Vous avez certainement vu passer les images. Et à Tours, la famille du jeune de 16 ans, éborgnée certainement par un tiers de LBD, annonce qu'elle porte plainte. Alors cette colère lycéenne, elle est légitime. Ça c'est ce que disaient hier soir les candidats à la primaire socialiste, les cinq lors de leur ultime débat sur BFM TV avec Apolline, avant le premier tour vendredi et samedi.
La campagne continue d'ailleurs ce matin sur RMC. Raphaël Glucksmann sera l'invité des GG. Ce matin sur RMC, tout à
l
'heure, sera à 11h. Ce mouvement lycéen, il fait passer au second plan la crise des carburants. Il y a pourtant une bonne nouvelle ce matin, Romain Haugues, vous allez nous détailler tout ça. Les exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient qui ont retrouvé et même dépassé leur niveau d'avant la guerre dans la région. Ce sont en fait les données d'une société spécialisée dans le suivi maritime qui cartographie
en temps réel les flux de pétrole. Oui, plus de 18 millions de barils exportés par jour en moyenne pendant plusieurs jours d'affilée la semaine dernière. Ce chiffre n'avait plus été atteint depuis le lancement des frappes israélo-américaines contre l'Iran, c'était il y a un peu plus de sept mois. Et ça, c'est en grande partie grâce aux voies de contournement. L'Iran impose toujours un blocus dans l'étroit d'Hormuz. Alors, de plus en plus de pétroliers empruntent d'autres chemins et notamment en passant par la mer Rouge.
L'Arabie Saoudite, par exemple, a pu remettre en état le grand oléoduc qui traverse le pays d'est en ouest et qui était fermé depuis près d'un mois après une frappe iranienne ayant endommagé. Et puis, il faut ajouter à cela que de plus en plus de navires parviennent tout de même à franchir le détroit d'Hormuz malgré le blocage iranien sous escorte américaine. Et ça aussi, ça permet une remontée des volumes de pétrole exportés.
Et
on verra combien de temps ça met à se répercuter à la pompe, si ça se répercute. Alors, pour l'heure, les prix sont à la hausse. Le gazole à 2,34 euros. Le sans-plomb 95 à 2,11
euros.
Ce sont les moyennes du site carbur.com avec un baril toujours au-dessus des 100 dollars ce matin sur les marchés financiers. Il y aura un second tour à l'élection présidentielle au Brésil entre le président sortant de gauche, Lula, et le conservateur Flavio Bolsonaro. C'est d'ailleurs lui qui est arrivé en tête du premier tour. 47 contre 45% des voix dans ce pays plus que jamais divisé. C'est le plus grand d'Amérique latine, continent qui est touché par une vague conservatrice depuis des années. Flavio Bolsonaro n'est autre que le fils de l'ancien président d'extrême droite, actuellement en prison.
Les Bolsonaro d'ailleurs font un carton électoral puisqu'en plus de Flavio, l'épouse et un autre fils ont été élus au Sénat. On va revoir les bleus de Zinedine Zidane ce soir au Stade de France en football contre la Belgique. C'est déjà le quatrième match de la Ligue des Nations, la fin de ce premier rassemblement pour l'ère Zizou. Tiens Zidane qui devrait faire tourner son équipe avec encore de nombreux changements attendus ce soir.
Sincèrement, c'était top de pouvoir être avec mes joueurs ces 15 jours. Là,
je
suis un peu frustré parce que ça va s'arrêter, mais c'est le jeu. Il y
a
ce dernier match à faire, dernier coup de colis à donner. Pour sortir de ce stage tous contents, je le suis de toute façon. Les joueurs ont vraiment bien travaillé. C'est la chose la plus importante maintenant. Ce serait bien de terminer par une victoire.
20h45 ce match sur RMC. Évidemment, on se demandait s'il y avait un effet Zinedine Zidane. Visiblement oui. Les bleus cartonnent en termes d'audience. Plus de 7 millions de téléspectateurs vendredi pour le match nul contre l'Italie. Et puis alors la colère des supporters de Toulon en rugby. Toulon qui est avant-dernier du top 14. Là, ce matin, 13ème. Les Toulonnais battus 28 à 0 contre Montpellier. C'était là-bas à Montpellier hier soir. La quatrième défaite depuis le début de la saison pour les joueurs du RCT. C'était le journal de Quentin Vinaillet. Et 8h08 sur RMC.
Est-ce qu'il faudrait bloquer les réseaux sociaux pour empêcher les débordements, les rassemblements lors des manifs de lycéens ? Écoutez ce qu'en pense le maire de Salon de Provence.
Ils
ont coupé l'accès à ces images, à ces appels qui incessamment défilent sur les écrans des jeunes. Je crois qu'on pourrait apaiser aussi ce mouvement et éviter qu'il s'amplifie et qu'il s'extrémise.
Couper
les réseaux sociaux. Bonjour Fabrice Eppelboin. Vous êtes entrepreneur et enseignant et spécialiste des réseaux sociaux. Pour vous couper les réseaux sociaux, ce serait une atteinte grave pour l'état de droit. Voilà votre parti pris. Dans un instant, on vous fera réagir, mais on vous attend aussi au 32-16. Vous êtes peut-être parent, commerçant.
Est
-ce que vous estimez qu'il faut couper les réseaux sociaux pour tenter de retrouver le calme ? 8h09 sur RMC. RMC. Jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe. Il est 8h12. Vous êtes bien sûr RMC et RMC Story. Après l'incendie dans la nuit de vendredi à samedi d'un lycée de sa ville, le maire LR de Salon de Provence lance le débat. Est-ce qu'il ne suffirait pas de couper les internets, de couper les réseaux sociaux pour les mineurs, pour calmer le jeu ? C'est sur les réseaux sociaux que souvent les appels, les rassemblements, les dernières minutes, où se retrouver, à quel moment, comment, ont été lancés par les lycéens. Fabrice Eppelmoin, vous n'êtes pas du tout d'accord avec cela.
Vous êtes entrepreneur et enseignant, spécialiste des réseaux sociaux. Vous estimez que couper les réseaux sociaux, ce serait une atteinte à l'État de droit
?
Je n'ai pas que moi qui estime. Le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État estime la même chose. On a déjà eu ce type d'épisode en Nouvelle-Calédonie. La justice s'est déjà prononcée à travers ses plus hautes instances. Ce n'est pas moi dans une position particulièrement extrémiste. C'est vraiment les institutions françaises qui considèrent ça. Au-delà de ça, il faudrait peut-être regarder les choses en face,
regarder les débordements qui ont été faits à travers le numérique sur l'État de droit et puis poser une bonne fois pour toutes en dehors d'une situation
de crise où forcément, personne n'a véritablement l'esprit clair et regarder la disparition de la vie privée, typiquement, qui est quand même un fondamental des droits de l'homme. Mais sur la question de l'État de droit, lorsque vous voyez, par exemple, la semaine dernière, des appels à tuer une proviseure, ça a été créé par l'intelligence artificielle en quelques clics, une affiche qui appelle à tuer une proviseure et même avec des... Alors, il y a eu des appels à tuer puis il y a eu des appels à taper avec rançon également. Ça, c'était pour le lycée Simone Veil et ça passe par les réseaux sociaux. Est-ce que ça, c'est l'État de droit ?
C'est-à-dire que État de droit contre État de droit, pardon ? C'est ça, c'est ça. On est vraiment État de droit contre État de droit et à la fin, c'est l'État de droit qui perd. Donc, plutôt que d'attendre la succession des crises pour constater cet effondrement de
l
'État de droit, il serait sain, en dehors d'une situation de crise comme celle qui nous occupe aujourd'hui, de regarder ça en face. Et effectivement, on a un recul net de l'État de droit. On a un effondrement de la plupart des droits de l'homme qui sont très liés au numérique. Mais alors, attendez. Moi, j'ai une question assez simple. J'ai regardé en préparant cette émission ce que faisait la Chine dans le détail, d'accord ? Non,
mais
il
y a
des trucs aussi intéressants. La Chine, elle soumet les réseaux sociaux à la société. Donc, en gros, les réseaux sociaux, ils doivent accompagner ce dont on a besoin et ne pas accompagner ce dont on n
'a
pas besoin. Et par exemple, maintenant en Chine, vous n'avez pas le droit de faire un tuto sur un réseau social si vous n'avez pas produit un diplôme qui prouve que vous êtes qualifié pour faire ce tuto, cette vidéo, y compris d'ailleurs généré. Ah non, mais c
'est ça.
Ça, c'est la
Chine. Ben voilà, ça, c'est la
Chine. Vous avez
regardé. Vous êtes
légitime, quoi. Exactement. Moi, j'ai envie de vous dire, si les réseaux sociaux, ça produit du désordre, des bagarres, de la violence, des incendies de lycées, des choses qui ne sont pas, justement, qui ne cadrent pas avec la paix civile, pourquoi est-ce que nous, en France, on se poserait vraiment la question de couper les réseaux sociaux pendant un après-midi
pour éviter à des lycéens
? Vous rejoignez mon point. Dans un autre point de vue, mais vous rejoignez mon point. L'État de droit est effectivement en train de s'effondrer. Les droits de l'homme sont en train de s'effondrer. Nous avons la Chine qui fait ce type de mesures, mais qui aussi dirige son économie avec des résultats qui sont spectaculaires. Pourquoi ne pas adopter un régime à la chinoise, effectivement ? C'est une question qui se pose, c'est une question que vous posez. Évidemment, on n'a pas la même réponse, vous et moi, mais c'est ce débat-là qu'il faut avoir désormais. Et en dehors d'une situation de crise...
Parce qu'il y a
aussi autre chose, c'est qu'on oublie qu'on contrôle absolument tous les contenus, les livres, les films, les séries télé. Pourquoi est-ce que les réseaux sociaux échapperaient à ce contrôle ? Ça n
'a
pas de sens.
On
est dans une démocratie, et pourtant,
effectivement, il y a
quand même un certain coup.
C
'est extrêmement discutable. Votre démocratie repose sur un socle qui sont les droits de l'homme. Une bonne partie de ces droits de l'homme se sont effondrés.
Mais c'est au nom de la
démocratie et des droits de l'homme que vous refusez de couper les réseaux sociaux. Absolument, je suis un nostalgique droit de l'homiste là-dessus, je vous conseille de volontiers ce point. Mais ça veut dire quand même que vous vous dites, il vaut mieux, tant pis, on laisse
tout
flamber, mais
au
moins on aura...
En même temps, j'ai vu des études.
Il vaut mieux avoir un débat au calme, de façon raisonnée et dans une temporalité qui n'est pas celle d'un événement dramatique qui nous aurait unis au-dessus, sur l
'évolution de
nos
études droits, sur l'évolution de nos systèmes démocratiques.
Mais je voudrais d'abord qu'on accueille Méziane, qui nous appelle de Créteil. Bonjour Méziane. Bonjour. Vous, vous seriez d'accord pour couper les réseaux sociaux, au moins temporairement
?
Oui, mais même plus, quand je serais pour le plus les surveiller. On sait très bien que c'est sur ces trucs-là que se diffusent des vidéos. On a l'impression que ça devient des trucs normaux d'envoyer des vidéos où les gens se font tabasser, les gens... bref.
Votre fils est
au lycée
? Oui,
de là où
c
'est parti. Comment vous gérez, là
?
En se prêtant, en se demandant tous les matins est-ce qu'on va recevoir un appel, est-ce qu'ils montent des vidéos où ils se font tirer dessus au mortier dans le lycée. Donc, ça commence à devenir inquiétant.
Votre fils, il
est parti au lycée, il a boule au ventre, là
?
Ah bah lui, en fait, d'un côté, il veut faire un peu le kéké en disant «
Ah,
c'est marrant !
»
D'un autre côté, quand il vous en parle, on voit bien que s'il en parle autant, etc., c'est que ça l'angoisse un peu, quand même.
Et
ça passe pour vous par les réseaux sociaux aussi, Médiane
?
Largement. Et là, ce matin, il m'a dit, comme je disais à la personne que j'ai eue avant, il me disait que ce matin, tu sais, ils sont en train de créer des groupes, etc. Et sur les groupes, on sait qu'il
y a
des policiers qui se mettent dedans, qui créent des fausses pages, etc., pour prendre la température, arroguer un peu les jeunes. Et pour moi,
c
'est n'importe quoi, ce truc. N'importe quoi. Mais Médiane, je voudrais justement que vous puissiez réagir là-dessus, Fabrice Eppelboin.
Alors,
il faut bien comprendre qu'on a affaire à une génération qui est née avec ça. Et donc, qui traverse son adolescence, une période où on fait de l'expérimentation avec son identité, avec des outils qui permettent de projeter une multitude d'identités sur un processus itératif pour essayer des choses, se planter, recommencer. Le propre de l'adolescence. Mais terriblement augmenté par rapport à ce que nous, autour du plateau, on a connu. Enfin, vous, peut-être.
Sauf Arthur Chevalier, peut-être. Sauf
Arthur. Mais ce que nous,
on
a connu où fondamentalement, on n'a pas eu une adolescence assistée par ces outils
-là. Un
minimum. Et on est sortis de là très différemment. Le paradoxe, c'est qu'il
y
a des études internationales qui montrent que si vous coupez les réseaux sociaux pendant les manifestations d'étudiants, ça aggrave, au contraire, les risques de violence au lieu de les limiter. D'autant plus qu'il y a des technologies qui permettent de parer à ça, qui sont des systèmes de messages alternatifs. Il n
'est
pas impossible qu'ils aient déjà été mis en place. Donc, effectivement, ce n
'est
pas forcément une solution.
Merci
beaucoup, Fabrice Eppelbouin, d'être venu réagir ce matin. Entrepreneur et enseignant spécialiste des réseaux sociaux. Et merci à Méziane pour son témoignage. 8h19, Arnaud Demanche. C
'est
tous les jours Demanche. Et bonjour. Salut
Arnaud.
Bonjour les amis. Alors, ça
va Apolline ?
Comme vous avez
l'air
rose
et fraîche ce
matin, reposez. Il faut dire que vous avez eu un
excellent somnifère hier soir. Vous animiez le troisième débat de la primaire de la gauche. Et alors, on a tous fait le même constat.
Ils se détestent. Ils
se haïssent.
J'avais l'impression d'être à un repas de Noël en famille. Ils font tous semblant de s'entendre et pas du tout. Alors, le débat avait commencé poliment avec Ségolène Royal. Écoutez, je voulais dire à mes trois concurrents, ainsi qu'à cet aimable monsieur qui a une tête de fromager. Je m'appelle Emmanuel Morel. Oui, pardon, Emmanuel Morel. On peut mettre un petit post-it sur votre veste avec votre nom parce qu'on ne va pas le retenir. Puis dans huit jours,
ça
ne servira plus. Et alors après, ça s'est vraiment tendu. Et en plus, moi, j'avais sorti les pop-corns parce que ce week-end, il y avait une vidéo qui avait fuité où on voit Raphaël Luxman dire « Moi, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, je leur pisse dessus. » Je m
'étais dit « Waouh ! » « Waouh ! » « On va se régaler quand il y en aura eu une belle gueulade en plateau avec
les autres.
» Madame
Royal, c'est à vous. Écoutez, monsieur Glucksmann prépare déjà sa vente à la droite. Madame Royal, avec tout le respect que j
'ai pour vous,
je vous urine dessus. Sur vous et vos propos, je défèque sur ta grand-mère. Mais monsieur Glucksmann,
restons
courtois. Non ! Allez tous faire l'amour à vos mamans.
On
va
peut-être plutôt prendre les questions des
Français. Il y a un
panel de Français qui pouvait intervenir. Raphaël Glucksmann, une question de Léa de Paris 8e. Bonsoir, bonsoir. Alors Raphaël, c'est bon, t'as perdu. Je peux reprendre mon travail aux 20 heures. Mais Léa, t'es censé m'encourager. Eh ben, je t'encourage à arrêter tes conneries. Ah ouais ? Eh ben, je t'urine dessus.
Ça se tend à
la maison.
Ils sont vachement courageux ces candidats. Il faut du mental pour se lever chaque matin et se dire, allez, je vais gagner la primaire pour avoir le droit de me faire éliminer fin avril. Le PS, c'est un peu l'OM en Ligue des Champions. Non mais ils savent qu'ils vont perdre. La question, c'est juste
quand
? Quand ? Mediapart, Arnaud, a publié les captures d'écran des échanges antisémites attribués à Jordan Bardella. Ouais, au RN, la semaine dernière, ils avaient demandé des preuves. Il y a eu les preuves, authentifiées par Facebook et par un huissier. Maintenant, ils veulent des preuves que les preuves sont vraies. Alors, Jordan Bardella, dans le prochain Face à Face, il va nous sortir une stratégie totale Donald Trump, fake news, en respirant très fort. Parce que vous
avez
remarqué quand Jordan Bardella n
'est
pas content, il hyperventile,
il
respire fort.
Il
fait, Madame de Malherbe, j'aime les Juifs. Pardon, c'est mon portable.
C
'est mon rabbin qui m'appelle.
J'ai ma circoncision à 10 heures. Écoutez, les Français ne sont pas dupes. Les documents de Mediapart sont des faux grossiers. Cette opération est téléguidée par les proxys de LFI, le Hezbollah, le Hamas et les outils du Yémen. Mais ces échanges Facebook ont été authentifiés, M. Bardella ? Eh bien, Facebook fait partie du complot. D'ailleurs, Zuckerberg,
on s'est compris. Non, il a rechuté, merde !
Marine Le Pen a apporté son soutien à Jordan Bardella. Elle est tout le parti, d'ailleurs. Alors, vous avez vu, il y a trois échelons dans la défense. Un, ce n
'est
pas lui. De toute façon, il était jeune. Et en plus, il a un peu raison, quand même. J
'exagère à peine parce qu
'il
y a
un parlementaire RN cité par Le Monde qui a déclaré,
authentique, c'est une vraie déclaration.
Oh, ça va ! Au lycée, qui n'a jamais gravé une croix gammée sur sa table avec un compas
? Vous avez vu ce truc ? Mais oui, il y a un parlementaire cité par Le Monde. Par moi, déjà, vous recommencez. Vous, je pense que vous avez gravé des croix gammées quand vous étiez jeunes.
Moi, j'étais à Saint-Jean-et-Hulst, à Versailles, école privée catholique non mixte. Les élèves ne dessinaient pas des croix gammées sur leurs affaires.
C
'était nos profs qui faisaient ça.
Je déconne. Pas tous,
ça va ! À la puberté, qui ne s'est jamais laissé pousser une petite moustache noire et une mèche ? Qui
n
'a
jamais demandé à sa mère de lui coudre une cagoule blanche pointue pour sortir avec les potes ? On n'a pas eu la même jeunesse qu'eux.
Du tout, du tout, du tout.
Les syndicats lycéens, Arnaud, appellent à poursuivre la mobilisation et le blocus d'établissement. Oui, mais alors, point positif, le week-end a été plus calme. Et si c'était ça la solution ? Des week-ends plus longs
! Édouard Jeffrey
il va convoquer la presse.
Les
enfants, bonne nouvelle ! Les vacances de Noël, c'est demain ! On va le
voir. Installer des sapins
et
décongeler Maria Carey. Ça commence tôt cette année. Édouard Jeffrey peut compter sur le soutien de plusieurs anciens ministres de l'éducation,
comme
Jack Lang, par exemple. Monsieur Lang, vous soutenez monsieur Jeffrey ? Écoutez, je ne vais pas renier mon ami Jeffrey. Un
homme cultivé que
j'ai rencontré chez Woody Allen. Je crois qu'on ne parle pas du mec Jeffrey. ne m'imprompez pas.
Formidable, Jeffrey soit
devenu ministre de l'éducation. Un poste pour lui.
Lui qui aime tant les enfants.
Et je lui dis en toute amitié, tu vas te régaler.
Allez,
à demain.
sur
RMC BFFTB, mon invité, c'est le spécialiste des questions de sécurité. Alain Boer, à tout de suite. RMC, Apolline Matin. Et le rappel des titres, Victor Pourchet. Nice, Paris ou encore Lille, déjà des blocages de lycées. Certains
entre
400 et 500 établissements sont fermés aujourd'hui. Dans ce contexte, Sébastien Lecornu a adressé une lettre à ses ministres hier soir avec cinq chantiers prioritaires parmi lesquels mieux remplacer les profs absents ou encore améliorer parcours sup. La présidentielle au Brésil, Flavio Bolsonaro en tête du premier tour. Le fils de l'ancien président condamné pour tentative de coup d'État culmine à 47% des voix. Le sortant de gauche, Lula, à 45%. Et puis en foot, dernier match du premier rassemblement de Zidane sélectionneur, France-Belgique, ce soir, 20h45.
La météo, encore de fortes pluies près de la Méditerranée, surtout sur le Roussillon et l'Est de la Corse, côté température, compté de 23 degrés à Lille jusqu'à 29 à Ajaccio. Il est 8h29, tout de suite, le face-à-face. Apolline de Malherbe reçoit Alain Bauer. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin.
Face
-à-face. Apolline de Malherbe.
Il
est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Alain Bauer. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes professeur émérite de criminologie, spécialiste des questions de sécurité, de terrorisme, de renseignement. Il y a évidemment ces craintes de débordement à nouveau ce matin qui ont conduit. Le ministère de l'Éducation nationale a décidé de laisser fermer 4 à 500 lycées ce matin en prévention d'éventuels débordements. Et quand on fait les comptes, 170 lycéens blessés, 78 personnel de l'éducation, 24 lycées qui ont été saccagés, incendiés et 5000 jeunes qui ont été interpellés les derniers jours. est-ce que ça peut se calmer ?
Pas
avant demain. Il y a toujours dans un mouvement social un moment où il part, l'étincelle, celle qu'en général l'État ne voit jamais dont il considère que ce n
'est
pas très grave et que ça va passer, puis l'embrasement, puis un moment culminant qui sera probablement demain, à la suite de quoi ? Si le processus est mis en place, le dialogue, la négociation, une ouverture, bref quelque chose et s'il n'y a pas de morts ni de blessés trop graves, ce que évidemment j'espère, alors à ce moment-là, le mouvement passe de la revendication radicale à une forme de négociation, de compromis et de dialogue. C'est le moment où il faut passer à la repolitisation parce qu'en général, un mouvement de ce genre dépasse toujours les forces politiques.
Un mouvement social, il accouche d'une génération, puis d'une avant-garde à la fin d'un mouvement politique en évitant la réaction autoritaire.
Ce que
je trouve très intéressant dans ce que vous dites, Alain Boer, c'est qu'il y a presque un prêt-à-penser sur la question des révoltes, de ces colères. Est-ce que ça veut dire que ce mouvement, en réalité, est un mouvement comme les autres ? Quand on écoute le gouvernement, il laisse entendre que non, ça n'est pas un mouvement lycéen comme les autres, qu'il a été cette fois-ci en quelque sorte chauffé à blanc ou accéléré, que la violence est plus rapide, plus forte. Vous, vous dites non, c'est un classique. Il y a 40 ans, il y a 40 ans, je suis désormais un très vieux, très vieillier meutier. Je voulais ce
dire, je ne dirais rien.
J'étais vice-président de l'UNEF et rocardien. Chacun sait que c'est l'étape ultime du gauchisme révolutionnaire. Et déjà, le gouvernement de l'époque, devant un mouvement lycéen et étudiant considérable, avec des exactions, des violences, des morts, Malik Ousekine, disait que tout ça était manipulé, je pense, depuis le bureau de Michel Rocard, où il y avait un bouton avec marqué émeute, puis ensuite,
il
y avait un bouton marqué négociation. Tout ça, c'est quand on ne comprend rien, on raconte n'importe quoi. Vous avez été un des leaders des mouvements étudiants, l'UNEF. Est-ce que vous vous dites qu'aujourd'hui, ça ressemble en réalité à la même chose ? Alors, ça ressemble à l'Empire. Ça ressemble, parce que ça parle de la même manière. Un lycée à Créteil, personne ne voit rien, huit jours d'intermoiement. Évidemment, toutes les organisations politiques, notamment de gauche, y compris le député de la circonscription, parce que c'est chez lui, arrivent pour à la fois dialoguer, discuter, surfer sur le mouvement, un mouvement, quand vous vous opposez à lui.
Surfer ou agiter, parce que quand on écoute le gouvernement, il laisse entendre que les renseignements généraux auraient décelé, dès les tout premiers jours du mouvement, une volonté, pas de récupération, mais quasiment d'organisation de la part de ce qu'ils appellent LFI et ses proxys de gauche. Alors, c'est la même chose, sauf que, surfer dessus, encadrer, bouger, en fait,
c'est quand la
gauche essaye d'être débordée par plus radicale qu'elle-même. Un mouvement, pour qu'il puisse déboucher, il faut donc déboucher. C'est un processus dé-stop, pour qu'on comprenne. C'est-à-dire que, si vous ne voulez pas être débordé, si vous ne voulez pas perdre le contrôle de quelque chose qui vous a échappé au début, d'abord,
il
faut feindre d'en être, si ce n'est l'initiateur, en tout cas l'organisateur, et ensuite, lui permettre d'arriver à un espace de négociation. Ce que Jean-Luc Mélenchon, mais pas seulement, il y a beaucoup de députés socialistes qui sont allés avec M. Glucksmann, qui n'est pas connu non plus pour être le gauchiste le plus révolutionnaire que je connaisse, explique qu'il faut être dans la rue demain. Et tous ces gens-là ont parfaitement compris. tous les cinq candidats à la primaire socialiste qui étaient face
à nous hier
soir, effectivement, et n'ont pas demandé aux lycéens d'arrêter de manifester. Non,
parce
qu'ils ont tous compris comment ça marche. Les seuls qui n'ont visiblement tout oublié et pas tout compris, alors le seul qui avait tout compris, je tiens à lui rendre un hommage, c'est Jacques Chirac qui, au moment de la loi de Vaquet, était le premier à dire qu'il
fallait
la retirer tout de suite et c'est son gouvernement qui s'est opposé à lui et ça s'est terminé dans une église à Saint-Etienne-du-Mont avec Charles Pasquois qui a dit bon, allez, on va retirer et puis on passera à autre chose. Sur la montagne Saint-Geneviève dans
le quartier.
Devant la Sorbonne. La question centrale aujourd'hui,
elle
est est-ce que le gouvernement qui n'a pas vu arriver la brindille, qui voit arriver l'embrasement est capable de dire trouvons une voie de discussion, de négociation avec des revendications qui sont très différentes de 86 et là où je réponds aussi à votre question, c'est qu'en 86 il suffisait de retirer un projet. Là ? Là,
ce
sont des revendications locales disparates pour certaines qui sont nationales sur la question du remplacement des professeurs mais pour d'autres,
c
'est des questions aussi de bâtiments, de difficultés
à avoir des
agendas corrects,
d'angoisse
du futur avec Parcoursup. Quand vous les écoutez, vous avez des enfants, moi j'ai des filloles, c'est pas exactement la même chose mais la relation est à peu près du même niveau. Franchement, vous trouvez quelque chose à redire aux revendications ? Pourquoi est
-ce qu'il y a ce
problème ? Alors par contre, il y a des opérateurs qui eux aussi surfent sur ça. Les casseurs, les narcos, parce que eux c'est un...
Les
narcos ? Bien sûr.
Alain Boer, on nous dit que les
narcos sont présents là quelque part d'une manière ou d'une autre ? Ils font quoi ? Ceux qui ne sont pas du lycée, ceux qui ne sont pas des étudiants, ceux qui ne sont pas des lycéens et qui viennent s'affronter durement avec la police qui attaquent les institutions de l'État, ils le font pour des questions de territoire. Ils ne
les
font pas pour des questions de revendications. Il y a évidemment des lycéens et des étudiants violents, on ne va pas tout généraliser mais il y a derrière tout ça... Des individus extérieurs, plutôt de
la
mouvance narco, qui profitent en quelque sorte de cette situation... Pour montrer à l'État qui s'est le patron ? Et pour gagner des territoires
? En
tout cas, pour dire à l'État, on vous explique, l
'extension de
notre zone de chalandise est aujourd'hui un enjeu et donc on en profite à la fois pour montrer à la police qu'elle n'est plus chez elle, elle l'était déjà difficilement mais là elle les demande... Et puis vous avez un effet qui s'appelle la génération Naël.
La
génération Naël, elle a durablement marqué les esprits parce que, soi-disant, ces émeutes lycéennes sont inédites. Alors, 86, c'était pire, c'était pire. Et 2023, génération Naël, c'est pire. Alors, je renvoie tout le monde à la commission d'enquête du Sénat sur les événements de 2023, y compris pour que le gouvernement lise
les documents
de sa propre majorité sénatoriale.
Qu'est-ce qu'il y
avait dans ce rapport qui vous paraît éclairant pour aujourd'hui ? Le nombre de bâtiments brûlés, le nombre d'écoles brûlées, le nombre de bâtiments pillés, le nombre d'interpellations, le nombre de personnels de la fonction publique agressés. Certes, policiers et pompiers, ça fait déjà longtemps. On m'a ressorti l'autre jour une émission d'il y a 10 ans avec Natacha Poleni où je m'affrontais avec un jeune homme barbu et très sûr de lui expliquant que c'était normal de caillasser ou d'agresser les pompiers. Ce n
'est
pas nouveau-nouveau. Le problème,
c
'est l'intensification de cette violence. Le fait de passer directement non pas de l'affrontement avec quelqu'un qui n'est pas là et est là au mauvais endroit au mauvais moment, mais d'aller à l'agression directe sur des personnels, sur cette jeune femme brûlée au chalumeau, sur ce collègue...
Alors qu'elle
tentait de protéger un abribus et
qu'un jeune... Ou ce collègue qui
essaye d'arrêter l'incendie d'un arbre. Je précise
quand même.
Puisque vous évoquez ces scènes qui ont été quand même particulièrement emblématiques, arrêtons-nous un instant notamment sur la Ciotat et sur Belfort. Pourquoi je voudrais qu
'on
s'arrête un instant là-dessus ? C'est parce que deux jeunes ont été arrêtés. L'un, parce qu'il serait celui qui a tenté d'asperger un professeur. C'est la scène que vous décriviez à l'instant. Un professeur qui tente d'éteindre l'incendie qui commence à se propager sur un arbre. Et alors qu'il s'en approche pour tenter de l'éteindre, un jeune, on le voit, lui jette un jet d'essence dessus. Il a porté plainte. Il s'agit d'un mineur 16 ans, lycéen. Et il a donc été arrêté. Belfort, c'est un policier qui est à terre et qui se fait littéralement rouer de coups, tabasser, des coups de pied notamment dans la tête. Là, ce sont deux jeunes qui ont été arrêtés.
Mais le plus jeune des deux, 15 ans je crois, lui-même porte plainte de l'autre côté, disant que ce policier a tenté de le noyer. Plainte contre plainte. Toutes ces images, je voudrais qu'on prenne un instant pour essayer de les décrypter avec vous. Vous avez un phénomène qui s'est développé massivement depuis quelques années qui est le retour à ce qu'on appelle l'instinct de mort, la capacité à ne plus comprendre que la vie humaine a une valeur parce que l'univers est devenu un univers viral, un univers tiktokisé.
C
'est-à-dire que plus rien n'a jamais de conséquences. Il n'y a pas d'après le moment et un moment d'un temps jouissant sur le moment. Comme le disait l'avocat du jeune homme ou le procureur parlant de ce que le jeune homme aurait dit. Il y a eu
l'avocat
et il y
a
eu le procureur. Mais qui dit j'ai été submergé par l'adrénaline. Voilà. Donc en général on fait du sport, ça permet de décompenser. Mais la question centrale aujourd'hui c'était que le passage à l'acte, le passage à l'acte violent, le niveau d'homicidité en France, homicide et tentative d'homicide, par exemple l'année dernière, était le plus élevé des 50 dernières années. le niveau de la violence physique et pas seulement des agressions sexuelles qui est déjà un autre sujet, sont des éléments absolument majeurs et moteurs de ce qui est en train de se passer dans le pays.
Et
donc la jeunesse n'y échappe pas. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'habitude de la violence génère la violence ? Oui, bien sûr. L'habitude de la violence subie et l'habitude de la violence émise et parfois même les deux. Je raconte ça en matière sexuelle dans le livre qui paraît...
Je vais le citer évidemment mais je ne voudrais pas que ça crée de la
confusion. Il se trouve que votre livre il s'appelle Il faut sauver nos enfants mais ce n'est pas sur la question là des enfants au sens des lycéens, c'est sur la pédocriminalité en France et le fait qu'il faut sauver
nos enfants de la pédocriminalité.
Ça concerne aussi beaucoup de très
jeunes
qui reproduisent la violence subie en matière sexuelle. Je veux dire par là, la référence que je fais n'est pas aussi éloignée qu'il n'y paraît. La violence subie c'est souvent de la violence émise et de ce point de vue-là, notre incapacité impulsion de violences, le retrait général de l'État dans toutes ses dimensions sociales, éducatives, familiales, le fait que les parents ne sont pas démissionnaires, beaucoup d'entre eux sont licenciés, ce n
'est
pas la même chose, qui ont peur de leurs propres enfants et qui sont dans une immense difficulté à les gérer. Moi j'appelle par exemple demain à ce que tous les parents sortent. Vous faites partie de ce... Et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon l'a dit, il faut s'habiller en blanc et aller dans les manifs. Il y a
certains députés qui disent
les parents doivent descendre dans la rue.
On
l'avait dit en 1986 pour faire tomber la pression après la mort de Malik Ousekine, nous avions fait les casques blancs. C'est les casques de chantier,
c
'est assez facile, on en trouvait un peu partout et nous avions réussi à sortir de la spirale de la violence à la fois dans l'émotion de l'événement qui était le décès de Malik Ousekine mais surtout
en
faisant sortir des dizaines, des centaines, des milliers de personnes pour... Lors des émeutes après la mort de Naël, des parents ont fait des cordons pour protéger Bâtiment Pic, pour aller chercher leurs enfants, y compris en leur reprenant l'oreille ou en les mettant dans le coffre d'une voiture ce qui était peut-être un peu excessif mais assez efficace. La question aujourd'hui c'était pour qu'on redonne leur espace aux parents pour protéger leurs enfants, les personnels enseignants
et
aussi les policiers paradoxalement qui défendent les institutions, il faut que les parents redeviennent un élément central de l'autorité parentale. On leur a beaucoup enlevé, le moment est venu qui la reprennent. Remettons les parents au devant de la scène ? Oui, au cœur de la scène, au devant, au-dessus, à côté, bref, ce sont des parents. Les enfants sont des mineurs et la minorité est une minorité, tant qu'elle est à 18 ans, elle est à 18 ans, c'est ainsi fait. Mais donc la responsabilité aujourd'hui, leur responsabilité c'est de sortir demain pour faire en sorte qu'il y ait le moins de blessés possible
de
toute part. Le préfet de police de Paris dit l'inverse, il dit ne sortez pas et gardez vos enfants chez vous. C'est l'option inverse, ça ne me dérange pas. Oui, mais vous vous dites s
'il y a des manifestations, il
faut y aller et il faut que les parents reprennent toute leur
place. Si
les parents n'arrivent pas à tenir les enfants à la maison, je suis pour qu'ils aillent les protéger
à l'extérieur. Et je
précise que Jean-Luc Mélenchon qui doit se souvenir comme vous des manifestations de 86 lance le même appel que vous aux parents et il les appelle soit avoir un casque blanc soit avoir un brassard blanc. On ne sait pas concerter mais je pense qu'il a les mêmes souvenirs. Alain Boer, vous dites aussi la brutalité politique crée la brutalité sociale qui crée de la violence. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous avez en tête dans cette violence politique, sociale et ensuite physique ? Alors la France c'est mille ans de jacquerie. Mille ans de jacquerie. Pourquoi ? Parce que la France c'est un État qui a créé la nation. Ce n
'est
pas la nation qui a créé l'État. L'État a créé une nation avec des diversités, des Basques, des Bretons, des Corses, des Alsaciens qui n'ont rien en commun si ce n'est d'être devenus français. Nous avons inventé un magnifique roman national pour dire ce qu'était devenu la France. Mais l'État ne sait pas négocier. Il ne sait pas. Il sait négocier quand il y a un rapport de force et donc il donne toujours cet exemple horrible dont le dernier était avec les gilets jaunes. Je ne négocie pas, je ne négocie pas, je ne négocie pas, ça casse de partout, je négocie, je lâche tout.
Donc on parle de rien
à tout. Les enfants aujourd'hui disent ça. Ils disent mais on fait comme les gilets jaunes. La démonstration par l'absurde de l'incapacité de préempter les choses est ça. Ricard a essayé de faire l'inverse en expliquant que vous pouvez négocier avec les infirmières, avec les étudiants, avec tout le monde et d'ailleurs on a eu relativement peu de casse, y compris avec une très bonne maîtrise du budget. Je le rappelle pour l'époque d'ailleurs. Tout n'est pas...
Pour vous, tout est lié. Oui, bien sûr. Pour vous, tout est lié. La
politique, c'est un
art particulier et difficile. Est-ce que ça veut dire aussi et
d'ailleurs les étudiants, enfin les lycéens et les quelques étudiants qui les ont rejoints disent aussi nous de toute façon on ne peut pas se projeter, on sait qu
'il
n
'y
a plus d'argent, on sait qu
'il
n
'y a
plus d'avenir. Pour vous, c'est aussi ça qui génère cette violence ? C'est un phénomène qui est quand même la désespérance en général ne produit pas la bonté ni la sagesse. Donc à partir du moment où on explique que l'IA qui est à la fois un outil, un drame, une espèce d'outil Frankenstein, un apprenti certier, un golem comme dirait d'autres, on sent bien que tout le monde a bien compris que tout ce qui était le modèle du travail historique est en train de disparaître de sous-nausier et que le principal victime sont les classes moyennes supérieures et pas les classes populaires.
D'habitude, les classes populaires, on leur disait c'est de votre foot, vous n'êtes pas assez formés, vous n'avez pas été assez à l'école, allez aux arts et métiers où on vous redonnera un
professeur comme Alain Boer
et de nombreux autres collègues. Moi, je suis maintenant un peu hors du jeu. Mais en fait, on leur redonnait cet espoir-là. Aujourd'hui, on leur dit vous êtes très formés mais l'IA va vous remplacer. Et d'ailleurs, vous êtes en train de créer pour les codeurs l'outil qui est en train de vous remplacer. Donc, il faut bien leur redonner un espoir, une capacité.
Vous
savez, dans mes fillules, je disais tout à l'heure, j'ai des générations Z et des Y qui sont très différents. La génération Y, elle se projette dans l'avenir. Elle veut acheter un appart, se marier, avoir des enfants. Tardivement, mais quand même. La génération Z, on n'a plus d'espoir, il faut vivre intensément tout de suite. Il y
a
à la fois un côté extrêmement émouvant et désespérant et en même temps, il faut les remotiver vis-à-vis de quelque chose. Mais ça n'est pas seulement une activité des parents ou des enseignants. C'est une activité globale d'une société qui doit prendre en compte ce qui est en train de se passer, y compris écouter ce que disent les principaux promoteurs de l'IA sur on est en train de comprendre ce que nous sommes en train de faire un peu tardivement et
il va falloir les organiser ensemble. Et on se dit
qu'il faut peut-être mettre sur pause. Alain Boer, les images que l'on voit pour ceux qui nous suivent sur BFM TV, mais je les décris évidemment pour ceux qui nous écoutent sur RMC, ça se passe à Lille et ce sont des dégradations alors qu'on a vu tout à l'heure des pavés qui étaient jetés sur des camions de pompiers. Là, c'est visiblement des abribus qui sont en train d'être cassés par un certain nombre d'individus qui sont cagoulés. Alain Boer, avant d'essayer de comprendre comment on sort de cette situation, un mot aussi sur la question de la riposte ou non proportionnée ou non des forces de l'ordre.
Il y a un débat quasiment politique désormais entre la violence, est-ce que c'est la faute de ces jeunes casseurs ou est-ce que c'est la faute des policiers ? Elle est venue d'où ? C'est-à-dire qu'un certain nombre de politiques la semaine dernière, plutôt de gauche, disent au fond le problème, c'est la police. D'autres disent le problème, c'est les jeunes. L'œuf et la poule, je leur dis toujours ça parce que je n'ai pas d'autres expressions qui puissent vous poser la question aussi franchement. Alors, d'abord,
il
faut savoir que désormais vous avez des amateurs de la manifestation et de l'occupation qui sont gérés par des amateurs du maintien de l'ordre. Car la plupart des Robocop que vous voyez en train de faire le maintien de l'ordre un peu partout en province ne sont pas des CRS ou des gendarmes mobiles.
Ils en ont la
tenue mais ils ne
le
sont pas ? Non, ce n
'est
pas la bonne couleur. Donc, il faut être très bon pour les repérer.
Couleur jaune, couleur
bleue. En fait, la plupart de ces gens-là sont des gens de la sécurité publique ou des compagnies départementales d'intervention qui ne sont pas structurellement formées ou maintiennent l'ordre. Ils n'ont ni la patience ni la résistance ni la résilience des CRS et des gendarmes mobiles dont on a beaucoup réduit le nombre et la quantité et du coup...
Mais ça veut dire qu'ils ne sont pas
du tout prêts pour ça qui ne sont pas formés pour ça ?
Ils
sont peu formés ou pas assez formés mais ils gèrent un mouvement d'une intensité considérable comme la question de l'affaire Naël avait nécessité des moyens considérables et surtout avec des unités moins spécialisées que les autres. Ceci pose un problème. Deuxièmement, ceux qui sont en phase 2 les lycéens qui sont entraînés par le mouvement habituel des faits de masse et qui se disent chouettes pourquoi ne pas envoyer tout et n'importe quoi sur les policiers parce
que
moi j'écoute bien ce que disent les jeunes. Je voudrais qu
'ils
se mettent une heure à la place d'un policier statique qui ne fait rien devant un lycée pour voir ce que ça fait. Au bout d'une heure après avoir pris des boules de pétanque des extincteurs des cailloux des cocktails Molotov je pense que leur vision du maintien de l'ordre va peut-être un peu changer. Donc il y a dans ces deux affaires deux extrémismes. Quelques policiers qui sont l'alli de la profession protégée par les autres beaucoup de policiers qui sont tellement qui ne savent plus quoi faire qu'à la fin ils provoquent des exactions des exactions des délits parfois même des crimes en tout cas c'est
à la gine. Comment ils
les provoquent ? Pardon, c'est-à
-dire
quoi ils les provoquent ? Au bout de trois heures où vous en prenez plein la figure entre insultes et objets divers il vous arrive d'avoir un geste qu'on va qualifier de plus que malheureux puisque c'est soit un délit soit un crime. Et puis de l'autre côté vous avez des gens dont c'est le métier des casseurs professionnels qui sont là. Vous savez en 86 vous voyez ça dans le rapport de la commission d'enquête s'embrouissent nos peltries contre les casseurs c'était nos ennemis communs. Vous voulez dire que les manifestants et les policiers ensemble contre les individus qui voulaient en quelque sorte perturber les manifestations ?
Pas perturber ils y étaient allés il y a eu 10% du service d'ordre central l'UNEF est parti à l'hôpital et ça a été une opération commune parce que nous avions des intérêts communs la liberté du droit de manifester et le respect des institutions. Alain Boer vous vous dites que malgré tout s'il y a dialogue
ça
peut se calmer d'ici la fin de la semaine ? S'il n'y a plus de masse mouvante énervée par pas de prof trop chaud quand il fait chaud trop froid quand il fait froid tout ce qui est compréhensible à ce moment-là le mouvement naturellement doit déboucher sur une issue politique et c'est là d'ailleurs où les politiques ont un rôle à la fois d'accompagnement et d'orientation pas pour prendre la main sur les lycéens et les étudiants ils ne sont pas stupides ils savent très bien ce qu'ils veulent beaucoup plus que les générations précédentes par contre pour leur dire voilà le mode d'emploi le mode d'emploi le mode d'emploi c'est qu'il
y a
une crise il faut qu'elle débouche et qu'il y
a
une sortie de crise mais le mode d'emploi il doit aussi être relu par le gouvernement
merci
beaucoup merci
beaucoup
Alain Bauer d'avoir répondu à nos questions ce matin je rappelle effectivement votre livre il faut sauver nos enfants le livre noir de la pédocriminalité en France ça donne le vertige il faut les sauver des prédateurs et parfois il faut les sauver d'eux-mêmes
merci
Alain Bauer d'avoir répondu à nos questions sur RMC et BFM TV il est 8h49
dans
un instant les GG sur RMC jusqu'à midi vous allez pouvoir débattre de l'actu quel est le programme Alain Marchand ? on va rebondir un peu sur ce que disait Alain Bauer il y a quelques minutes à propos des parents ils doivent sortir mais sortir pour quoi faire ? pour soutenir leurs enfants être aux côtés d'eux sur les blocages des lycées les parents ou au contraire sortir pour dire aux enfants ce n'est pas votre place rentrer ça peut chauffer il y a des professionnels de l'agitation donc on va parler bien sûr de ce mouvement dans les lycées encore avec vous est-ce que vous êtes d'accord avec ce que dit le syndicat de la magistrature ?
aussi ils estiment que les forces de l'ordre sont là pour réprimer la jeunesse et la faire taire on en parlera avec Raphaël Glucksmann il est candidat à la primaire socialiste il viendra face au GG dans un instant et puis on évoquera aussi une autre mesure le téléphone au volant la suspension du permis maintenant généralisé à travers toute la France c
'est
-à
-dire
si vous êtes chopé avec le téléphone au volant
la
durée retenue c'est généralement 15 jours mais ça peut aussi être un mois et ça peut monter jusqu'à 6 mois suspension immédiate du permis généralisé à toute la France en cas de téléphone au volant et bien vous venez en parler dans les GG dans les grandes gueules vous avez le programme il ne manque que vous au 32 16 nous sommes ensemble en direct sur RMC La Radio et RMC Story La TNL c'est le canal 23 de la TNT en direct jusqu'à midi
à la TNT