Attaque raciste dans les Yvelines, présence de l'ultradroite en France, mobilisation du 24 octobre... Le "8h30 franceinfo" d'Othman Nasrou
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 30 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Quelle a été votre première réaction après l'attaque à Trappes ?
- 3:10FerméeRéponse directe
Est-ce que, chez les Républicains, vous vous sentez en partie visé par les critiques ?
- 3:52FerméeRéponse directe
Une instrumentalisation politique, c'est ce que vous dénoncez ?
- 4:49RelanceÉludée
Est-ce que par ces demandes, vous avez alimenté un discours stigmatisant des musulmans français ?
- 6:29RelanceRéponse partielle
Bruno Retailleau n'était pas ministre de l'Intérieur à l'époque, est-ce qu'il a réagi à la hauteur des événements ?
- 7:38RelanceRéponse directe
Vous entendez par là, quand vous parlez de la gauche, qu'elle essentialise les Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:44Invité politiqueFait
« crois que ce drame, ce crime absolument abject nous a tous terrifiés, nous a tous profondément choqués. »
- 2:01Invité politiqueFait
« il fait peu de doute, malheureusement, que la motivation du tueur était à connotation raciste. »
- 3:13Invité politiqueFait
« Chez les Républicains, à droite, nous avons toujours défendu l'idée que l'appartenance à la communauté nationale, ce n'était pas une question de religion ou de couleur de peau. »
- 3:34Invité politiqueFait
« mettre en garde tous ceux qui veulent instrumentaliser précisément cette tragédie, ce crime abject, pour nourrir de nouvelles tensions identitaires et pour opposer les uns aux autres. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Nous avons eu dans notre pays beaucoup d'actes anti-chrétiens, beaucoup d'actes antisémites. »
- 5:13Invité politiqueFait
« Est-ce qu'en interdisant les signes religieux, le voile en l'occurrence, les signes de religion générale à l'école en 2004, vous pensez qu'on a nourri une haine envers qui que ce soit ? »
- 5:30Invité politiqueFait
« interdit, et c'était ma famille politique, et je le revendique, le port du voile intégral dans l'espace public, là, ce n'était plus des mineurs. »
- 6:51Invité politiqueFait
« crois très franchement que ce sont de mauvaises polémiques, et je crois que ces polémiques-là sont indignes du moment que nous sommes en train de vivre. »
- 8:27Invité politiqueFait
« J'étais moi-même secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, et nous avons constamment condamné les actes racistes, quels qu'ils soient, anti-chrétiens, anti-sémites, anti-musulmans, avec la même fermeté. »
- 8:45Invité politiqueFait
« il y a dans notre pays deux conceptions qui s'opposent. L'une qui voit les gens comme d'abord appartenant à une communauté, une origine, et une autre qui voit des citoyens égaux, en droit et en devoir. »
- 10:36Invité politiqueFait
« un certain nombre d'individus d'ultra-droite font l'objet de fiches S, parce que souvent, on a tendance à l'oublier, et donc sont identifiés. »
- 11:56Invité politiquePromesse
« ce qu'il fallait faire, c'est décréter l'état d'urgence. »
- 12:20Invité politiqueFait
« L'état d'urgence aurait donné à nos forces de l'ordre, à nos préfets, des outils supplémentaires, comme les perquisitions administratives, comme la possibilité d'éloigner des individus identifiés pour leur dangerosité. »
- 15:53Invité politiqueFait
« Je vous parle des pilleurs et des casseurs et je ne mélange pas les deux. »
- 17:17Invité politiqueFait
« moi je ne veux pas vivre dans une société où chacun doit assurer sa propre protection »
Temps de parole
- Invité politique58 %
- Présentateur19 %
- Invité13 %
- ?6 %
≈ 25,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France
Info.
Bonjour
Camille. Bonjour Benjamin. Bonjour Aude Madnassrou. Bonjour. Secrétaire général du parti des Républicains, premier vice-président de la région Île-de-France. On va évoquer avec vous les mobilisations du jour importantes attendues en France contre la vie chère. Mais avant tout, cette attaque à Trappes hier. Un mort et cinq blessés dans les Yvelines, dont une enfant de 12 ans grièvement blessée par balle. Le parquet national terroriste sait rapidement ses idées faites. Trappes,
c
'est une ville Aude Madnassrou que vous connaissez bien. Vous avez été élu municipal dans cette ville pendant deux mandats. Quelle a été votre réaction, votre première réaction hier
? Je
crois que ce drame, ce crime absolument abject nous a tous terrifiés, nous a tous profondément choqués.
Je
veux bien sûr avoir d'abord une pensée pour les victimes, leurs proches.
Il
y a cinq blessés aujourd'hui, dont une jeune fille de 12 ans. Je veux avoir une pensée bien sûr aux habitants de Trappes, aussi de la Verrière.
Ce
sont des territoires que je connais bien et je sais que les habitants de Trappes sont aujourd'hui profondément choqués et meurtris par ce qui s'est passé
hier. Et on entend leur émotion depuis ce matin sur France Info. Le président de la République s'est rendu rapidement sur place hier soir à Trappes. Emmanuel Macron qui a dénoncé un attentat raciste.
Ce
qui s'est passé aujourd'hui est
un
tournant dans la vie
de
notre République et de notre nation.
Ce
qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste raciste.
Un
homme a été tué
par
un de
nos
compatriotes sur la base d'une idéologie raciste. Ces personnes, elles ont été visées
à
raison de leur couleur
ou
de la religion supposée.
Un
crime raciste en raison de leur couleur de peau, dit le président de la République. Vous dénoncez aussi cette attaque hier en ces termes.
Je pense
qu'il fait peu de doute, malheureusement, que la motivation du tueur était à connotation raciste. Ce sera l'enquête de déterminer exactement les choses. Mais il y a un certain nombre d'éléments qui laissent penser que la motivation est effectivement de cet ordre. Et il est important de rappeler que dans notre pays, personne ne devrait être pris pour cible en raison de sa couleur de peau, de sa religion réelle ou supposée d'ailleurs. Et ce sera l'enquête de bien déterminer les choses. Mais il faut rappeler ces principes élémentaires et en tout cas condamner extrêmement
clairement
cette attaque si c'est bien la motivation qui est retenue par la justice.
Alir Abbé, le maire de Trappes, dénonce la première tentative de tuerie de masse à caractère raciste et islamophobe. Et il pointe les discours de certains politiques qui stigmatisent les arabos musulmans. C'est aussi le sentiment de plusieurs habitants de Trappes. Écoutez cet habitant de la Verrière, la ville à côté, mais visé également par les tirs. Et recueilli par le service reportage de France Info, il s'appelle Ali et il en veut à une partie du personnel politique.
On
se dit que ça peut arriver à notre soeur, à notre maire. Je ne
sais
pas, moi ma mère qui est voilée, elle peut se faire rentrer du travail et se faire shooter par un mec parce qu'il est raciste, parce qu'il n'aime pas les arabes ou il n
'aime
pas les voilés. Il y a
des
années que ça dure quand on entend le voile par-ci et les arabes par-là et ça finit comme ça.
Vous
entendez ces mots de cet habitant. Est-ce que, chez les Républicains, vous vous sentez en partie visé
?
Certainement pas.
En
aucun cas. Chez les Républicains, à droite, nous avons toujours défendu l'idée que l'appartenance à la communauté nationale, ce n'était pas une question de religion ou de couleur de peau.
Et
qu'être français, c'était l'amour de la France,
c
'était le respect des règles,
c
'était l'appartenance à un destin commun, bien sûr. Ça n'était jamais rien d'autre. Nous nous sommes pour l'universalisme républicain et je veux tout de suite, d'ailleurs, dans ce drame terrible que nous avons connu hier à Trappes, une ville que je connais très bien, mettre en garde tous ceux qui veulent instrumentaliser précisément cette tragédie, ce crime abject,
pour
nourrir de nouvelles tensions identitaires et pour opposer les uns aux autres.
Une instrumentalisation politique, c'est ce que vous dénoncez ?
Moi, je vous dis simplement qu'il n'est pas question qu'on rentre dans notre pays dans un affrontement de communautés. Moi, je ne le souhaite pas. Nous sommes traversés de tensions identitaires. Il faut rappeler qu'en France, il n'y a qu'une communauté nationale et protéger tous ceux, tous ceux qui sont pris pour cible en raison de leur origine ou en raison de leur religion. Nous avons eu dans notre pays beaucoup d'actes anti-chrétiens, beaucoup d'actes antisémites. Nous verrons hier si c'était un acte anti-musulman, c'est la terminologie d'ailleurs appropriée, officielle, j'étais au ministère de l'Intérieur, au gouvernement, on parle d'actes anti-musulmans,
ce sera à l'enquête de le dire. Autant la
motivation raciste semble faire peu de doute, autant le caractère anti-musulman, ce sera à l'enquête de l'établir. Et tous ceux qui voudront instrumentaliser ce drame, à mon avis, se rendront coupables de quelque chose que je considère être contraire au pacte républicain.
Mme Anastrou, je vous posais cette question parce que notamment on entendait cet habitant qui parlait du voile, Bruno Retailleau, le patron de votre parti Les Républicains et candidat à la présidentielle, demande une restriction du port du voile en France, notamment que les accompagnatrices, par exemple, des sorties scolaires ne le portent pas, qu'il soit aussi interdit à l'université ou dans certaines pratiques du sport. Est-ce que par ces demandes, vous avez alimenté un discours stigmatisant des musulmans français ?
C'est exactement le piège dans lequel il ne faut pas qu
'on
tombe. Est-ce qu'en interdisant les signes religieux, le voile en l'occurrence, les signes de religion générale à l'école en 2004,
vous
pensez qu'on a nourri une haine envers qui que ce soit ? Je crois rigoureusement le contraire.
Il s'agissait de mineurs, là, quand on parle des accompagnatrices,
c'est clairement les mamans. Et quand en 2010, nous avons
interdit, et c'était ma famille politique, et je le revendique, le port du voile intégral dans l'espace public, là, ce n'était plus des mineurs, est-ce que vous considérez que cela, au contraire, crée les conditions de la concorde, parce que la règle commune, elle s'applique à tout le monde, elle n'est pas une affaire précisément de couleur de peau ou de religion. Donc, je le dis tout de suite, il faut qu
'on
défende tous nos concitoyens, quelles que soient leurs religions ou leurs couleurs de peau. Il y a une égale dignité, c'est ça la République française, j'y crois, j'y crois particulièrement, c'est ce que nous défendons à droite, et je me méfie de tous ceux précisément qui instrumentalisent, parfois, le repli identitaire à des fins électorales, et je ne veux pas que ce drame leur donne cette occasion-là, donc il faut qu
'on
soit extrêmement clair sur nos principes et nos valeurs, et je le redis, je veux dire toute ma solidarité aux habitants de Trappes que je connais bien.
Otman Nasseron a évoqué les discours racistes, il y a aussi eu des crimes racistes déjà dans notre pays, c'était le cas encore l'an dernier, en 2025, à Boubacar Sissé, par exemple, tué dans une mosquée à la Grand Combe, dans le Gard à l'époque, Bruno Retailleau, toujours lui, le président des Républicains, était ministre de l'Intérieur, il ne s'était pas déplacé sur place, il avait été beaucoup critiqué pour ça à l'époque, encore ce matin, Dominique Sopo, le président des SOS Racisme, a rappelé cet événement en disant qu'on n'avait pas assez réagi à l'époque, est-ce que quand il était ministre de l'Intérieur, il n'a pas réagi à la hauteur des événements
? Je
crois très franchement que ce sont de mauvaises polémiques, et je crois que
ces
polémiques-là sont indignes du moment que nous sommes en train de vivre.
Est-ce qu'on a pris conscience de ce risque ?
Je vous rappelle d'ailleurs qu
'il
s'est déplacé dans le Gard. À
Alès, à la sous-préfecture, il n'a pas été sur
les lieux du
crime. Il n'y a pas été le
jour même, parce qu'il fallait que les circonstances soient claires. C'est comme hier, nous avons tous d'abord attendu de comprendre ce qui s'était passé avant de réagir. Emmanuel Macron s'est déplacé très vite, en l'occurrence hier
soir.
Oui, très bien. Bruno Retailleau n'est plus ministre de l'Intérieur, et en l'occurrence le président de la République a eu raison de se déplacer. Donc moi, tous ceux qui profitent de cette situation pour régler des comptes, je pense, montrent leur vrai visage. Encore une fois, je vous le dis, à droite, nous sommes attachés à une conception de la République, et Bruno Retailleau le dit constamment, qui n'est pas une affaire de couleur de peau ou de religion. Par contre, je note que, de part et d'autre de l'échiquier politique, y compris d'ailleurs à l'extrême gauche, il y a des gens qui font de la couleur de peau ou de la religion un fonds de commerce électoral.
Ce n'est pas notre cas, et nous nous n'essentialisons pas
les Français. Vous entendez par
là, Otman Nassrou, quand vous parlez de la gauche
?
Moi, je veux être extrêmement clair avec vous là-dessus. Il m'est arrivé d'avoir le sentiment que du côté de l'extrême gauche, il y avait une façon de voir notre société comme étant une juxtaposition de communautés. Moi, je ne partage pas cette vision racialiste,
essentialisée. Il n'y a pas vraiment de
rapport avec ce qui s'est passé hier à Trappes ou à la Verrière. Mais tout comme ça n'a pas de rapport avec Bruno Retailleau, mais vous me parlez des positions des uns et des autres.
C'est-à-dire que Bruno Retailleau était en responsabilité, ce qu'on a suffisamment
condamné
de
précédents crimes
racistes par le
passé pour
prendre conscience de ce risque et ne pas arriver à ce que ça se reproduise comme aujourd'hui.
J'étais moi-même secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, et nous avons constamment condamné les actes racistes, quels qu'ils soient, anti-chrétiens, anti-sémites, anti-musulmans, avec la même fermeté. Et ils appellent de notre part la même condamnation, et j'espère la même condamnation de la part de la justice. Je vous dis simplement qu'il y a dans notre pays deux conceptions qui s'opposent. L'une qui voit les gens comme d'abord appartenant à une communauté,
une
origine, et une autre qui voit des citoyens égaux, en droit et en devoir. Et c'est de cette seconde conception universaliste, qui appartient d'ailleurs aussi à une partie de la gauche républicaine, malheureusement pas toute la gauche, que je revendique pour ma famille politique.
Outhmane Nassrou, vous venez de le dire, vous avez été secrétaire d'État rattaché au ministre de l'Intérieur. Il y
a
la question de la menace de l'ultra-droite qui se pose aussi aujourd'hui, au lendemain de cet attentat. Est-ce qu'il y a une difficulté à suivre, à repérer ce genre de profil violent, comme celui qui a frappé hier à Trappe et à la verrière
?
L'enquête nous en dira plus, quelle est l'idéologie exacte, peut-être, qui a armé, qui a poussé cet individu à passer à l'acte. Nous verrons ce qu'il y a dans ses ordinateurs, dans ses fréquentations.
Mais si on suit la
piste qui, aujourd'hui, est en train de se dessiner, c'est donc un crime raciste d'avoir visé des Français en fonction de la couleur de leur peau, donc se dessine derrière la menace de l'ultra-droite. Je vous repose la question, est-ce que cette menace, elle est aujourd'hui sous-estimée en France
?
Et je vous dis très clairement que le caractère raciste ne laisse, aujourd'hui, aucun doute.
Et sur la menace de l'ultra-droite ?
Sur la menace de l'ultra-droite, tout comme la menace de l'ultra-gauche, elles font l'objet d'un suivi extrêmement précis de la part de nos services de
renseignement. Mais là, on est
sur l'ultra-droite, Haute-Mann-Massro, et avec un attentat terroriste commis hier sur le sol français.
Oui, mais je vous réponds. Peut
-être
que ma réponse ne vous convient pas.
Je vous dis que nos services de renseignement... Je demande
des précisions.
La précision que je vous le dis, c'est que nos services de renseignement traitent ces individus-là dangereux, des mouvances radicales, quelles qu'elles soient, qui sont susceptibles de passer à des actes violents, avec beaucoup de rigueur. Je le sais, j'ai travaillé avec la Direction Générale de
la
Sécurité Intérieure. En l
'occurrence, il n'était pas... Si vous
me
le permettez,
puisque je suis questionné, un certain nombre d'individus d'ultra-droite font l'objet de fiches S, parce que souvent, on a tendance à l'oublier, et donc sont identifiés. Celui-ci, visiblement, n'était pas fiché S, n'était pas connu pour cette idéologie-là, pour ce risque de passage à l'acte-là. Donc l'enquête nous dira ce que nous devons savoir sur lui, et chaque chose en son temps. Mais je voudrais être extrêmement clair, nous devons et nous avons toujours été d'une très grande intransigeance, avec évidemment ces mouvements d'ultra-droite, qui sont également violents, dont un certain nombre d'ailleurs ont été dissous par le passé. Voilà.
Haute-Mann Nassrou, secrétaire général du Parti des Républicains, premier vice-président de la région Île-de-France, vous restez avec nous, on va évoquer cette journée de mobilisation, aujourd'hui en France, contre la vie chère, et les risques de débordement à nouveau.
Haute
-Mann Nassrou, secrétaire général du Parti des Républicains, et premier vice-président de la région Île-de-France, vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France-Info. Aujourd'hui se tient donc l'acte 2 de la mobilisation, des mobilisations pour le pouvoir d'achat, une semaine après les scènes de chaos, de pillage, que nous avons pu voir dans plusieurs villes de France. Est-ce qu'il fallait autoriser les manifestations aujourd'hui, Haute-Mann Nassrou
? Ce
qu'il faut absolument, c'est de ne pas revoir les scènes de chaos que l'on a connues la semaine dernière.
Et
ce qu'il fallait faire, et je vais être extrêmement clair, comme j'ai essayé de l'être depuis tout à l'heure, sur votre plateau, c'est l'état d'urgence. Ce qu'il fallait faire, c'est décréter l'état d'urgence.
C
'était ce que nous avons demandé.
Qu'est-ce que ça aurait
changé ? Il y a de nombreuses restrictions de manifestations qui sont déjà en place, il y
a
eu de nombreux couvre-feux également prononcés par les autorités. Qu'est-ce que l'état d'urgence changerait ?
L'état d'urgence aurait donné à nos forces de l'ordre, à nos préfets, des outils supplémentaires, comme les perquisitions administratives, comme la possibilité d'éloigner des individus identifiés pour leur dangerosité. Et donc, ces outils-là, évidemment, nous ne les avons pas, y compris d'ailleurs pour fonder juridiquement les interdictions de manifestations, d'une manière qui soit plus solide juridiquement. Ce choix n'a pas été retenu.
L'état d
'urgence, c'est ce qui avait été utilisé après les attentats terroristes, par exemple, en 2015. On est à ce niveau-là, selon vous ? Alors,
l'état d'urgence,
c
'est aussi ce qui a été utilisé lors des émeutes, par exemple, de 2005. Et donc, oui, malheureusement, je crois que ce que nous avons vu la semaine dernière, et ça a été admis d'ailleurs au plus haut sommet de l'État, a été de ce niveau-là, c'est-à-dire au niveau d'une situation qui nous a échappés, qui a échappé à l'autorité de l'État. Et donc, ça appelle à des mesures exceptionnelles. Ce choix n'a pas été fait. J'espère que tout va bien se passer. Et donc, à partir de là, les aménagements qui sont choisis, eh bien, on verra s'ils sont de la nature, je l'espère, à éviter, évidemment, le chaos. Je vois que le dispositif est renforcé.
Je vois que, comme nous l'avions demandé également, l'utilisation d'un certain nombre d'outils, comme les centaures, est aujourd'hui envisagé, ce qui n'était pas le cas la semaine dernière. Oui,
on peut préciser tout de même, Mme Nassrou,
sur le dispositif. Le gouvernement a renforcé le dispositif de maintien de l'ordre de 70 000 forces de l'ordre contre 60 000 la semaine dernière. RED, GIGN, BRI mobilisés en soutien. Et Laurent Nunes qui dit qu'on sera intraitable et qui promet beaucoup de fermeté. C'est suffisant
?
Eh
bien,
nous le verrons tout à l'heure, je l'espère. Oui,
c
'est en tout cas, ça va dans le sens de ce que nous demandons, dans le sens de ce qui aurait dû être fait la semaine dernière. Nous verrons si c'est suffisant. Moi, je pense, encore une fois, que l'état d'urgence aurait donné des garanties supplémentaires. J'espère que tout se passera dans le calme, parce que je veux le dire aussi, moi, je suis attaché au droit de ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement. Voilà, c'est quand même important dans notre pays. Et le fait d'interdire des manifestations, si nous n'avons pas le choix pour assurer la sécurité, il le faut, je n
'ai
pas de problème avec ça, mais c'est un aveu d'échec quand même que d'avoir à empêcher ceux qui souhaitent de manifester pacifiquement de le faire pour éviter des troubles à l'ordre public. Mais le plus important aujourd'hui, c'est d'éviter les troubles à l'ordre public. Et donc, s'il faut interdire des manifestations, eh bien, ça me paraît malheureusement légitime.
Je vous demandais, est-ce que c'est suffisant selon vous ? Parce que Bruno Retailleau, donc le parti de votre parti, Les Républicains, cette semaine, a accusé le gouvernement de jouer petit bras. On a quand même le sentiment que le dispositif de sécurité a été largement musclé pour la journée d'aujourd'hui.
Parce qu'il était effectivement totalement insuffisant la semaine dernière. Et puis, au-delà du dispositif lui-même, les messages, les instructions, l'affichage qui était celui du gouvernement était à l'évidence pas le bon la semaine dernière. Puisque aujourd'hui, le message de fermeté est là. Et nous avions raison de dire qu'il fallait être beaucoup plus ferme. Quand Bruno Retailleau a géré le mouvement en bloquant tout à l'époque, il y avait une conférence de presse avant.
Mais qui n'avait pas pris cette ampleur.
Il y avait eu une inquiétude sur le nombre de manifestants et ce que ça pouvait entraîner comme blocage du pays.
Mais
ça n'avait pas été traité. Non,
ce que je vous disais,
c'est
que quand Bruno Retailleau dit qu'on a joué petit bras, c'était par rapport à la semaine dernière où effectivement, le dispositif qui avait été choisi est le message de fermeté surtout. Parce qu'avoir dit à nos policiers quelques jours avant qu'il fallait qu'ils fassent preuve d'empathie, je crois que ça a contribué à leur donner le sentiment qu'ils n'étaient pas soutenus
dans
un moment où, quand ils vont au contact, quand ils interviennent, ils prennent un risque.
Vous avez le sentiment que les forces de l
'ordre le week-end dernier ont fait marre de trop d'empathie et pas assez de fermeté face aux manifestants
?
Je
pense qu'il faut qu
'on
soit extrêmement clair sur le soutien face aux manifestants. Je vous parle des pilleurs et des casseurs et je ne mélange pas les deux. Mais je pense qu'il faut qu'on dise à nos policiers que nous les soutenons quand ils interviennent et qu'on leur demande bien sûr ce qu'ils font. Mais il faut qu'ils aient l'impression d'être soutenus par leur hiérarchie d'intervenir pour empêcher ceux qui cassent et ceux qui pillent de nuire aux biens et aux personnes. Et je crois que oui, on leur a donné le sentiment qu'on ne les soutenait pas suffisamment. Et le
ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a reconnu des défaillances et il a dit être responsable et c'est pourquoi il a décidé d'un dispositif plus massif pour la journée d'aujourd'hui ce qui ne rassure pas forcément les commerçants. 3000 commerces pillés attaqués la semaine dernière. Écoutez ce témoignage recueilli à Rouen en Normandie.
On
s'attend potentiellement à ce qui passe et à ce qu'il y
ait
potentiellement des dégâts. Donc je me pose aussi la question de savoir si en fait tout bêtement j'ouvre le magasin parce que moi je n
'ai
pas de rideau de fer où
ça
se fait casser.
Et
on se pose des questions aussi de savoir moi je suis ouvert le dimanche matin de savoir comment est-ce qu
'on
va retrouver le magasin le lendemain. Certains commerçants ces derniers jours se sont préparés pour pouvoir se défendre parfois eux-mêmes face à de potentielles attaques. Ça vous inquiète cette tentation de l'autodéfense et ce risque d'affrontement ? Oui ça m'inquiète.
J
'ai dit lors de précédents passages médiatiques que le risque si l'État donnait le sentiment de ne pas être en capacité d'assurer la sécurité
des
commerçants mais globalement des biens et des personnes et bien c'est que les gens pensent qu'ils doivent aujourd'hui se protéger eux-mêmes et moi je ne veux pas vivre dans une société où chacun doit assurer sa propre protection et je dois dire que de ce point de vue-là le message qui a été envoyé à un certain nombre de commerçants leur indiquant que c'était une bonne idée d'avoir recours à de la sécurité privée vous
faites
référence au préfet de police
de Paris qui a indiqué en effet aux commerçants qu'ils pouvaient avoir recours à des forces de sécurité privées oui
je crois que ce message a été
rectifié il a précisé ensuite en disant que l'État serait là pour les
protéger mais il
leur a quand même dit que c'était une solution de
Paris il fait le travail qui est attendu de lui mais je crois que ce message en tout cas a été maladroit et a contribué à nourrir ce sentiment d'angoisse moi je le veux encore une fois c'est la responsabilité de l'État la main de l'État ne doit pas trembler la sécurité elle doit être assurée l'autorité de l'État ne doit pas être négociable et voilà ce que nous avons un peu perdu de vue je crois ces dernières années et singulièrement le week-end dernier
Merci C
'est moi qui vous remercie Secriter
Général du Parti des Républicains Premier Vice-président de la région Île-de-France et invité du 8.30