Le pouvoir est-il désemparé face à la colère de la jeunesse ? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:55OuverteRéponse directe
Feris Barcad, vous dites que la jeunesse est la catégorie sociale la moins docile. Pourquoi cette révolte ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Ce triptique "ni entendu, ni considéré, ni respecté" est-il partagé par les lycéens ?
- 4:11OuverteRéponse directe
Vous évoquez un lycéen sur cinq avec des pensées suicidaires. Comment expliquer cette situation ?
- 4:45RelanceRéponse directe
Delphine Girard, vous condamnez la violence des lycéens. Pourquoi cette inquiétude ?
- 5:22RelanceRéponse directe
Feris Barcad, vous parlez de violence stratégique. Comment la justifiez-vous ?
- 6:57RelanceRéponse directe
Noé Girardo Champsor, la violence symbolique de l'État est-elle équivalente à la violence physique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Chiffre
« 5000 jeunes ont été interpellés ces derniers jours. »
- 2:55Feris BarcadFait
« C'est pas des gens qui sont réveillés un matin de nulle part en disant c'est une dinguerie ce qui se passe. »
- 4:11Feris BarcadFait
« Les lycéens ils ont pas attendu les bloquistes pour certains pour se faire martyriser par la police. »
- 4:45Delphine GirardFait
« Laisser entendre à toute une partie de la jeunesse que la violence, c'est un mode d'expression qui est acceptable voire honorable, c'est à mon avis extrêmement dangereux. »
- 5:22Feris BarcadFait
« La violence, elle est pas là. La violence, c'est la première violence. »
- 5:50Feris BarcadFait
« On brise des vies. Il y a des gens qui vont se sentir foirés à vie. »
- 7:32Noé Girardo ChampsorFait
« Si on compare par rapport à ce qui s'est passé en 2006 où il y a eu 3 semaines de mobilisation puis des négociations, là c'est quelques jours les CRS de demander lycées. »
- 8:37Noé Girardo ChampsorFait
« Quand il y a de la violence qui arrive avec les gilets jaunes, c'est là où le gouvernement répond. »
- 19:37Feris BarcadFait
« On a fait notre propre école parce qu'on estimait que l'école avait humilié trop des nôtres. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Près de 600 lycées perturbés aujourd'hui. C'est moins que vendredi dernier, mais les lycéen demeurent mobilisé. Parti le 17 septembre d'un lycée de banlieu parisienne pour dénoncer les conditions d'enseignement, le mouvement de protestation a gagné toute la France. Aujourd'hui, on est là pour bloquer parce que on en a marre des manques de professeurs, des manques d'infirmières et on est également là pour parcours sup parce que ça nous met une pression de dingue. Sur fond d'image de violence et de dégradation comme ce lycée incendie à Nant, l'exécutif a opté pour une réponse sécuritaire. 5000 jeunes ont été interpellés ces derniers jours. On voit qu'il y a une montée en puissance de la violence, prise à partie des fonctionnaires, j'ai de projectiles, tentative de de mise à feu et ce qui
s'apparente à ce qu'on appelle des violences urbaines. Un discours dénoncé par des lycéens qui craignent que leur revendication ne passe au second plan. Les lycées qui brûlent, c'est pas nous. Nous, nous ce qu'on veut, c'est la paix, hein. On va pas faire brûler des lycées alors qu'on en demande plus. Le ministre de l'éducation a tenté d'amorcer le dialogue en recevant syndicat représentant d'élèves et de parents. Mais sans annonce concrète, la mobilisation nationale prévue demain est maintenue. Des organisations étudiantes s'y joindront. Comment le gouvernement va-t-il sortir de cette nouvelle crise de la jeunesse ? En 1986, face à l'ampleur de la mobilisation, la loi de vaquer réformant l'université avait été abandonnée. Même chose en 2006 pour le
contrat premier embauche. Contrat. Cette fois, lycéens et étudiants ne ciblent pas une réforme mais l'état général de l'éducation nationale. Alors, l'exécutif est-il en mesure de répondre aux angoisses et aux revendications plurielles de la jeunesse ? Pourquoi les pouvoirs publics semblent-ils toujours si désemparer face au mouvement lycéens et étudiants ? Nos trois invités pour ce débat, Delphine Girard, bonsoir. Vous êtes professeur de lettrre classique dans un collège du Valde Marne et vous avez cofondé le collectif Vigilance collège lycée. Vous êtes également l'auteur de l'ouvrage Madame, vous n'avez pas le droit défendre la laïcité après le choc Samuel Pati aux éditions Latess. Et selon vous, Delphine Girard, cette
colère lycéenne est d'abord une crise de l'institution scolaire. Les lycéens portent leur doléances depuis plus d'un an, mais sans être entendu en revanche, vous, j'ai fait une mauvaise liaison, sans être entendu, en revanche, vous avez peur que certains jeunes ne se disent désormais que la violence est acceptable dans l'expression démocratique publique. À côté de vous, Feris Barcad, bonsoir. Vous avez 24 ans, on peut le dire. Vous avez passé le bac en 2020. Vous êtes activiste, cfondateur de l'association banlieu climat et selon vous, la jeunesse est la catégorie sociale la moins docile. Il y a une forme d'innocence dans la révolte qui fait peur au pouvoir. C'est d'autant plus le cas que ce mouvement a démarré dans les lycées de banlieu avec des enfants pour la plupart, pas pour tous,
issus de l'immigration. Et à côté de vous, Noé Girardo Champsor. Bonsoir. Expert associé à la fondation Jean Joris, spécialiste des mouvements sociaux. Dernier essai, organiser la victoire aux éditions le bord de l'eau. Selon vous, il faut recréer du dialogue avec ce mouvement des lycéens. Le problème, ajoutez-vous, c'est qu'on est dans une forme d'impasse parce qu'il y a parce qu'on est à 8 mois de la présidentielle, les marches sont limitées et puis il y a une question de fond. Quel avenir propose-t-on aux jeunes ? Et ben justement, on va en débattre mais d'abord la tribune du jour Benjamin. Oui, c'est celle publiée dans le monde par un lycéen de Loire Atlantique. Nous demandons que trois choses, explique Nicolas Bouau Bialchuc. Être entendu, être considéré et finalement être
respecté. Nos manifestations ne sont pas le signe d'une crise d'adolescence incontrôlable, ajoute ce lycée terminal mais d'une colère trop longtemps contenue. Feris Barcat, vous qui côtoyez beaucoup qui côtoyez beaucoup de lycéens, ce triptique est très partagé. Ni entendu, ni considéré, ni respecté. Vous l'entendez beaucoup ? Ouais. Ou ouais. Je pense que ça date pas des blocus. Ce qui est aussi important de de dire, c'est que c'est pas des gens qui sont réveillés un matin de nulle part en disant c'est une dinguerie ce qui se passe. C'est que ça fait longtemps il y a un lycéen sur 5 qui a des pensées suicidaires. Ça veut dire qu'en fait il y a la question de l'avenir, il y a la question de économique, la question écologique, il y a tout ça qui se rassemble et qui se cristalise
plus la question de l'école. Bien sûr que tu peux être un plan. H vous dites un lycéen sur 5 dépensé suicidaires et beaucoup en burnout ou beaucoup menacé par des burnout. C'est ça aussi. Donc ça dépasse vraiment les des blocus et en fait les lycéens ils ont pas attendu les bloquistes pour certains pour se faire martyriser par la police. Ça date de bien avant. Alors martyr ça ce sont vos mots mais Delphine Gérard c'est vrai que il y a un mode d'expression qui qui est la violence qui est condamné par ce même lycéen dans cette tribune. Mais en même temps, c'est vrai que les pouvoirs publics c'est à ce moment-là qu'ils réagissent. On a l'impression qu'ils réagissent quand il y a des violences. Oui. Naturellement. Naturellement, ce lycéen condamne euh le le les violences
lycéennes puisque elles font du tort à son message et que s'il est comme moi attaché euh au bien de l'éducation nationale, à euh et aux revendications qui sont les siennes, il ne peut que condamner la violence qui porte ombrage à son message. Et moi ce qui m'inquiète là-dedans, c'est que d'une part, je suis attachée effectivement au revendation des lycéens que je fais également mienne en tant qu'enseignante. Et d'autre part, je suis attaché à à l'avenir de notre démocratie, aux citoyens que nous formons. Et laisser entendre à toute une partie de la jeunesse que la violence, c'est un mode d'expression qui est acceptable voire honorable, c'est à mon avis extrêmement dangereux. Barcad, vous vous dites que c'est à ce moment-là qu'on qu'on entend la colère,
mais c'est surtout à ce moment-là que on n'est pas censé rentrer dans un débat moral ou pas. C'est pas une question de bien ou mal. Ça veut dire que on n'est pas censé euh on est censé enlever notre axe morale et voir l'axe stratégique. Est-ce que stratégiquement c'est intéressant d'utiliser tel ou tel moyen d'action ? S'il faut brûler une poubelle, le matériel c'est remplaçable. Le matériel il se remplace. Par contre la vie des jeunes, nous on a des jeunes qu'on a accompagné parce qu'ils sont en conseil disciplinaire cette semaine, il passe mercredi, jeudi, hein. Ils vont plus avoir de lycée. Le rapport dans le regard des parents, issu de l'immigration, l'école, c'est important. Tu as trop les nerfs là, tu as plus d'école. Bien sûr que c'est hyper important. On brise des vies. Il y a des
gens qui vont se sentir foirés à vie. Et là, on vient parler de violence. La violence, elle est pas là. La violence, c'est la première violence. Épisode 1, on nous casse. Épisode 2, on réagit. D'accord. Mais si là vous avez un couteau dans le bras, madame et que vous mettez une grande siflante dans la bouche, le problème c'est la réaction. Est-ce qu'elle a fait exprès de mettre une claque ? Est-ce qu'elle me met un coup de pied ? Est-ce qu'elle met un coup de Est-ce que vous équez couteau, vous évoquez les violences policières institutionnelle de base ? La la la répression, c'est encore un autre sujet mais les violences de base, pardonnez-moi, c'est des choses qui sont très différentes. Si vous me parlez de la répression policière, on peut en parler en en étant en se mettant
d'accord sur le fait qu'elle est absolument insupportable. Elle ne justifie en rien euh une réponse violente. Euh une violence n'appelle pas la violence dans un dans un dans un état démocratique. Une violence n'est pas censée répondre à une autre violence. Vi cré elle est dans elle est dans l'absolu cette réponse policière. Elle est dans l'absolu insupportable tout comme les concomitamment dans l'absolu insupportable la violence contre les lycées la violence des révoltes lycéennes contre le les lycées de la Républi. À la base, il y a pas de l'état de base. En fait, c'est comme si vous partez du principe que l'état de base des non violents. Perenz-moi, vous parlez de la violence symbolique de l'État, la parle des injustices sociales. Si vous commencez à laisser entendre à mes élèves que la
violence euh sociale et que l'injustice sociale, c'est-à-dire en fait le sentiment d'injustice qui par nature et subjectif euh est équivalent à la violence tout court, à la violence tout court, alors pardonnez-moi, mais euh vous formez des générations de de de terroristes, c'est-à-dire des gens qui considèrent qu'ils peuvent se faire justice eux-mêmes physiquement quand ils se sentent victimes d'une injustice. Noé Gérardo Champs sur cette question et puis sur la réponse Ouais. Pour revenir sur cette question de là, on parle beaucoup de la violence, on peut quand même revenir au d'abord à la manière dont le mouvement a été géré. La première chose, c'est que si on compare par rapport à ce qui s'est passé en 2006 où il y a eu 3 semaines de mobilisation puis des négociations, là
c'est quelques jours les CRS de demander lycées. Donc c'est pas du tout la même manière de gérer le mouvement. Ça c'est la première chose. La deuxième c'est comment ça s'est passé. les lycs, il y a aussi beaucoup beaucoup d'images d'une mobilisation qui est hyper joyeuse, euh des parents d'élèves qui se mobilisent, des professeurs, euh d'autres membres du corps de l'éducation nationale et en face, il y a une répression qui est très forte avec des violences qui viennent parfois de l'extérieur. Donc je pense que c'est quand même une nuance importante à apporter là-dessus et qui en plus sert le gouvernement qui en fait des tas de contrefeu au lieu de se concentrer sur des revendications qui sont extrêmement clair sur les classes surchargées, sur le manque de moyens sur
le fait de demander un truc qui est assez simple prof devant soi le matin quand on va c'est vrai que les violences ont été beaucoup plus précoce dans 2006 avec au moins de l'instauration du CP. C'est pour ça aussi que l'État réagit vite non ? Bah ce qu'on alors on peut aussi le voir, on peut aussi considérer que la manière dont ça s'est passé c'est que il y a une différence dans la manière dont on gère les mouvements sociaux aujourd'hui. Et si on prend d'ailleurs les 10 dernières années et la manière la la politique de de rapport à l'ordre avec Emmanuel Macron sur les 10 dernières années, c'était que globalement quand on dit on écoute les gens, ça a été le cas du grand débat. La convention citoyenne pour le climat, il se passe pas grand-chose. Quand il y a de la violence qui arrive
avec les gilets jaunes, c'est là où le gouvernement répond. Donc c'està dire que c'est aussi un rapport au maintien de l'ordre qui est extrêmement spécifique. Alors on va évoquer justement avec vous trois et avec Anna la manière, les pistes, les circuits qui relèent la parole des lycéens auprès des pouvoirs publics. Ben le gouvernement devait lancer aujourd'hui même une nouvelle plateforme de concertation en ligne un petit peu façon cahier de doléance avec deux questions à destination des lycéens. La première, quelles sont vos difficultés ? La seconde, quelles sont vos attentes ? à la clé une restitution nationale promise par le ministre de l'éducation nationale courant novembre. Mais en réalité, avant d'en arriver là, il existe d'autres instances qui permettent
de faire remonter les préoccupations des lycéens comme le CNVL, le Conseil national de vie lycéenne. 64 représentants lycéens sont élus pour 2 ans par leurs camarades et se réunissent au minimum deux fois par an. Leur rôle, c'est de transmettre les inquiétudes, par exemple sur les programmes scolaires ou sur les conditions d'étude directement auprès du ministre de l'éducation nationale. Il y a aussi les organisations et les syndicats lycéens qui défendent les droits des jeunes et peuvent organiser des mobilisations pour porter leurs revendications. Il en existe plusieurs en France comme l'Union syndicale lycéenne, le MNL, le mouvement national lycéen ou encore l'association renouveau lycéen. Et puis il y a une dernière instance de dialogue, le COJ, le Conseil d'orientation des politiques
de jeunesse qui existe depuis 10 ans et fait directement réfère directement pardon au Premier ministre, c'est 119 membres, essentiellement des élus, des associations et des représentants de ministère réfléchissent à toutes les politiques qui touchent les 16 30 ans et parmi eux 45 jeunes dont son président Hugo Huette qui a 25 ans. Donc on peut se dire Feris Barca avec tous ces comités, on se pose un peu la question de savoir comment on n pas pu empêcher, on n pas pu voir la colère, monter la colère des jeunes. Mais c'est pour ça que c'est n'importe quoi. Ça veut dire que c'est pas un conseil d'orientation de je sais pas quoi. Aller sur un n'importe quel groupe snap, allez sur Twitter, allez Snapchat, hein. Je traduis pour anciens. Allez où vous voulez, vous allez
entendre les revendications, elles sont là. Le problème, il est pas là. Le problème, c'est que c'est des jeunes. Et généralement dans ce pays, on a l'habitude d'avoir des jeunes. Donc ils ont tort. avoir tort c'est vous pensez qu' une condescendance voir un mépris ou une malad en plus quand c'est des jeunes noirs ou arabes là on se dit mais en fait eux ils ont encore plus tort comment ça se fait qu'il parlent donc eux ils parlent en plus ils ont raison parce que sur le débat des idées tu as raison donc quand tu as raison dans l'esprit la seule manière qui reste c'est quoi c'est le corps. Mais vous quand vous étz lyéen quand vous étiez lycéen vous ne vous sentiez pas entendu vous étiez dans une de ces associations ou de ces organes institutionnels. Est-ce que quand vous
parliez à ceux qui étaient vos interlocuteurs, vous avez l'impression que personne vous entendait ? Moi j'ai de la chance un lycée très très privilégié. Hm hm. C'était à Strasbourg, j'avais un lycée qui qui avait tous les moyens qu'il fallait, j'avais aucun problème. Par contre, le sujet il était pas là. C'est que là, si vous regardez bien les revendications, il y a la question des lycées, il y a la question parfois de la Palestine qui a abordé, il y a la question de la mobilisation en général sur des injustices qui traitent au-delà des lycéens. Ça veut dire que là, il y a un mouvement qui se réveille. il y a une flamme et vous bien sûr en tant que média il y a une responsabilité parce que la responsabilité médiatique de la violence médiatique de comment on va les
qualifier on parle des meutes on parle de on les criminaliste toute l'année donc au bout d'un moment c'est comment les jeunes vont se construire aujourd'hui dans le rapport au monde en disant on a des revendication est-ce qu'on est en mesure plus ou moins de se faire entendre et d'avoir un impact est-ce qu'on peut mettre un rapport de force ou pas et pour moi se faire justice soi-même quand l'État fait pas justice et ben on peut se faire justice vous pensez vraiment que quand l'état fait pas justice on peut se faire justice comment fait comment les mouvements on fait est-ce que vous avez écoutez É le débat ça se cons mais ça s'apprend aussi ça s'apprend et justement moi je suis là pour apprendre je suis là pour former des citoyens mon travail c'est d'instruire mes élèves mais c'est aussi
de former des citoyens et former des citoyens c'est leur apprendre aussi à vivre en démocratie et dans une démocratie on doit se battre mais vous avez raison pardon pardon mais comme professionnel est-ce que vous aviez eu le la sensation vous aviez l'impression que les revendications étaient remonté vous qui êtes au contact du terrain est-ce que vous avez l'impression attaché au revend revendication des lycéens qui touchent à l'école celles que vous évoquez qui sont parallèles à vos revendications d'ordre pédagogique, disons, ne me concerne pas nécessairement. Et comment voulez-vous faire adhérer euh tout un pays à des revendications qui mêlent des des comment dire des doléances parfaitement justifiées, étayé et légitime sur les manquements de l'école et des questions
qui ont trait à d'autres sujets plus politiques, plus polémiques comme euh la Palestine ou comme des injustices sociales qui sont qui sont parfois perçus différemment par les uns et les autres selon la sensibilité politique. Et ce que vous dites justement est très intéressant parce que la manière dont vous mêlez tout dans un espèce d'insurrection générale, elle est propre à la jeunesse. Mais nous en tant qu'enseignant, notre métier c'est d'essayer d'y apporter un discernement. et discernement que j'ai envie en tant qu'enseignante mais avec toute la bienveillance qui est la mienne de de vous de vous communiquer, vous en ferez bien ce que vous voulez parce que vous êtes maintenant un citoyen majeur, c'est que il faut absolument se garder à mon avis de dire à la jeunesse que la
violence symbolique et la violence tout court sont une même chose et que par conséquent la seconde est justifiée par la première. Elle est pas symbolique déjà la première pour commencer. Ensuite vous les former à quoi les étudiants ? À à s'intégrer dans un monde ou à le changer ? Là, le problème, c'est que généralement, on les apprend juste à accepter. Que répondrez-vous à un militant d'extrême droite qui s'estime juste justice d'une injustice victime, pardon, d'une injustice intolérable et qui va agresser moi un migrant en disant qui s'est fait justice humaine parce que pour vous restour comment vous expliquez que c'est un dialogue de sour, on a l'impression éternelle entre nos dirigeants et les jeunes depuis des années. Qu'est-ce qu'est-ce qu' l'explique ? Je pense que
ça a été dit très justement à ma gauche juste avant, c'est qu'en fait on a cité une palanquée de sigles d'institution d'organes qui seraient là pour semble des quoi qui creuse. On nous explique que c'est là pour nous écouter. Moi j'ai fait partie d'une partie de ces organes quand j'étais lycéen. J'étais pas marqué par le fait qu'on nous écoute. Et par ailleurs les revendications qu'on a aujourd'hui sur des classes surchargées, le fait de pouvoir étudier dans des endroits où c'est pas la canicule et on crève pas de chud avec des profs, c'est pas des trucs complètement hallucinants et c'est pas des revendications qui sont nouvelles. Donc c'est une crise de confiance vous diriez ? Bien sûr qu'il y a une crise de confiance. dépasse largement la jeunesse. Par ailleurs quand enfin quand
vous demandez aux Français, il y a 80 % des Français qui ont plus confiance dans la politique ni dans le gouvernement. Et évidemment puisque on passe notre temps dire on va vous écouter et à la fin dès qu'il y a des instances d'écoute, c'est jamais suivi. Donc c'est super de dire on écoute les gens. Si c'est pour pas les suivre, ça n'a aucun intérêt. Et pour une fois, c'est des jeunes qui vont montrer la voix. C'est eux qui vont à toute cette vieillesse qui a pas un peu abandonné pas vous, avec tout le respect en tout cas qui a qui a merveilleux mais qui a un peu abandonné. Qui sont dans un monde figé, ils remettent pas en question. Bah là, il y a une jeunesse qui montre l'exemple, qui montre la voix, qui dit que pour chaque goutte de 100 versé, ils vont pas se laisser
faire. Et ça veut pas dire qu'on appelle à la violence. Ça veut just dire que vous venez te dire pour chaque goutte de 100 versé, il y en a il y aura l'appareil. Non non, ils vont demander des compes, ils vont dire "C'est pas normal. Moi, j'ai un jeune en face de mon école, il s'est pris un tiers de de LBT. On est une école, on est une école de de on fait des formations sur l'écologie nous à la base. On est sur le climat, on accompagne des jeunes toute la semaine. Aujourd'hui, on ouvre l'école à tous ceux qui sont virés parce qu'ils ont des conseils de discipline. Ils savent pas comment faire. On appelle des mamans, les mamans pleurent parce que leurs enfants vont être virés." Qu'est-ce qu'on en fait ça Justement, ça justement Fis Barcade, vous évoquez
d'une formation à propos de l'écologie et de l'environnement plus large. Est-ce que vous considérez, et ça la question vaut pour vous deux aussi, que qu'il y a quelque chose autour de l'écoanxiété, d'une problématique d'un avenir bouché qui mobilise et qui suscite aussi cette angoisse, cette colère et cette peur et que tout s'entremêle ? Alors oui, naturellement, il faut penser aussi que c'est c'est la génération Covid hein, c'est des jeunes gens qui ont grandi aussi avec l'angoisse du Covid, avec une perspective économique qui est extraordinairement morose, avec par rapport à celle de leurs aînés. même de moi qui viille que ça et puis bien sûr avec une écoanxiété qui est parfaitement justifiée avec une prise de conscience de la jeunesse sur la question écologique qui est très
supérieure à celle de génération précédente et du par conséquent effectivement l'avenir à tout point de vue semble menaçant plus que bouché menaçant la violence est-elle la réponse avec nous le Non je suis d'accord avec vous c'est ça que vous semblez pas comprendre le combat est nécessaire la violence desser votre combat que le but le but c'est pas de dire en fait le but c'est pas de forme important je suis pas en train de dire que il faut que la l'expression se fasse d'une manière ou d'une autre juste on doit accepter qu'elle elle ressort comme ça c'estàd que il faut enlever l'axe moral de c'est bien c'est pas bien et regarder stratégiquement un homme ça s'empêche ilar pas s'empêcher c'est chose les caé chose sur laquelle on peut être d'accord
c'est le fait qu'il y a une jeunesse politisée qui s'engage pour des choses qui semblent tout à fait légitim et ensuite Moi, je dirais au-delà de l'angoisse. Je trouve que l'angoisse, c'est un sentiment presque réducteur et individualiste. En fait, c'est une colère qui est collective génération génération Z comme on dit. Et en fait, cette génération là, c'est une colère qui est collective et qui s'entend. Enfin, qu'est-ce qu'on leur propose comme avenir ? On leur propose un avenir où ils vont galérer pour trouver du travail, où l'héritage va compter plus que le mérite social qu'il peuvent avoir et le fait de d'étudier et cetera. Ça n'a pas de sens. Donc évidemment qu'il y a une colère qui est collective. Évidemment que ce mouvement il arrive et en fait d'ailleurs ça
dépasse largement la jeunesse. Là il y a le prix de l'essence, il y a le prix du gaz, les difficultés à se loger. C'est quelque chose qui est en train de devenir très collectif et on va voir ce qui se passera d'ailleurs dépense et ça dépense ça dépasse même la France l'an dernier à la même époque des mouvements de révolte de gène avaient agité plusieurs pays de la planète des jeunes de la Genè Z donc de 14 à 29 ans. Regardez au Népal début septembre la jeunesse descend dans les rues de Katmandou. Le parlement est en feu. En quelques jours, elle se débarrasse du gouvernement. Dans plusieurs pays autoritaires, la génération Z née dans les années 2000 se révolte au Maroc. Depuis quelques jours, les étudiants manifestent pour dénoncer l'état des services publics. Les
manifestants ne veulent pas conquérir le pouvoir mais réclament un avenir meilleur au cœur de ses mouvements, un nouveau phénomène. Les protestataires mettent en scène leur mobilisation sur les réseaux sociaux avec leur propre code. Des images virales partagées partout dans le monde. No et Gérardo Chamson, vous voyez des des points communs avec le mouvement français actuel et est-ce que le numérique, on pensait que justement c'était une manière de de faire remonter les messages ? On se rend compte qu'en fait pas tant que ça le numérique c'est une manière d'organiser des mouvements sociaux. Il y a un exemple qui me donne beaucoup d'espoir et on va voir ce qui va se passer avec le mouvement français ensuite, c'est ce qui s'est passé en Serbie. Il y a 2 ans en Serbie, il y a
une gare qui est rénovée et puis qui s'écroule quelques jours après. Il y a 16 morts. C'est un scandale corruption manifeste. Les étudiants font la grève, il y a des manifestations monstrueuses et les forces de le répriment très violemment. Bon, qu'est-ce que font les étudiants ? Ils se mettent à bloquer toutes les faces du pays et pendant 2 ans de mobilisation, ils disent "OK, vous voulez pas nous écouter ? Voulez pas écouter nos revendications qui sont simples, très bien, ben en fait, on va les mettre nous-même en politique." Ils ont fait un truc génial. Ils ont fait une liste avec 250 personnes de médecins, de personnes qui représentent la Serbie, d'étudiants, vraiment une liste de la société civile. Aujourd'hui, ils sont à 44 % dans les sondages et ils pourraient renverser le pouvoir.
Alors Ferisberka, ça veut dire que la politique c'est la solution, c'est l'engagement politique. Ça peut être en fait moi je me refuse il n'entendent pas aujourd'hui. Exactement. Mais moi je me refuse juste de dire quelle est la bonne voix en fait généralement avoir une position extérieure de dire voilà la bonne voie à à suivre voilà la bonne stratégie adopter c'est lesquel par exemple très concrètement moi je pense que ce qu'on essaie de faire concrètement nous c'est essayer de donner du savoir gen tu peux te faire exclure de ton lycée et pas être exclu du savoir. Donc apporter encore de la connaissance à des jeunes. OK, on peut se dire que on doit payer les frais d'avocat être là pour eux parce que on n'est pas tous réprimés de la même manière et il faut faire attention à ça.
Maintenant quelle est la stratégie ? Est-ce qu'il faut passer par la politique par tel ou tel moyen d'institution ? parce que les institutions parfois elles sont foirées, donc est-ce qu'il faut pas les recréer ailleurs ? Tout ça c'est des réflexions que nous on a. On a fait notre propre école parce qu'on estimait que l'école avait humilié trop des nôtres parce qu'en fait au bout d'un moment quand à 13 ans était obligé de rappelez-nous votre école h comment rappelez-nous le principe l'école populaire du climat qu'on a à Saint-toi on accueille des jeunes qui sont très souvent éloignés de des schémas scolaires. On les accompagne, on les forme, on les accompagne. Finalement vous essayez de changer le monde avec les armes de la démocratie. Nous disons la même chose. Euh les armes
de la démocratie c'est les seuls qui peuvent aboutir à un monde dans lequel on a tous envie de vivre. un monde où les rapports de force euh sont sont légitimés par des discours politiques. Euh et et c'est c'est c'est un monde don dont vous ne voulez pas, même pour vos propres enfants. Vous êtes jeune, vous pouvez vous projeter euh peut-être difficilement mais vous avez pas envie. Mais vous voyez bien que la démocratie, ça fait longtemps qu'elle a écouté personne. Que ce soit les retraités, peu importe la catégorie, vous prenez n'importe quelle catégorie sociale dans cette planète à part les bourgeois, ils sont pas écouter les gens. Au bout d'un moment, comment on fait ? Alors, il faut qu'il y ait davantage de jeunes comme vous qui s'encagent en politique pour
essayer d'influer sur les votes de et et faire évoluer la déme à force de vouloir essayer changer un système de l'intérieur, souvent c'est le système qui te change. C'est pour ça que cré à la marge des espaces où les jeunes peuvent s'organiser à avoir un rapport de force. Un rapport de force c'est n'importe quel moyen par tous les moyens nécessaires essayer de se faire entendre. Mais ça veut pas dire qu'il faut être violent. Ça veut dire faut accepter le rapport de force. Une question pour Noé Gérardo Champsor et après vous réagirez. Euh euh on est à 8 mois de la présidentielle. Cette défiance, cette colère, comment ça peut se manifester ? Bah c'est ça qui va être difficile à à voir et à observer, c'est qu'en fait le gouvernement est à la fois en train de
commencer à annoncer des choses. Donc ce qui est quand même intéressant, c'est que la réaction de le cornus, ça montre qu'il y a une évolution dans la crise. On dit d'abord c'est juste de la violence, les revendications pas claires. Et ensuite on y répond. Et en même temps, on a 8 mois d'une présidentielle où le pouvoir pourrait changer complètement de couleur. Donc en fait, on a aucune idée de ce qui va se passer ensuite. Et d'ailleurs, on va voir à quel point ce mouvement perturbe ou non la prochaine période. Est-ce que ça va être au cœur des débats de de la primaire là pour les dernières semaines à gauche ? Est-ce que c'est quelque chose dont on s'en emparé la droite ou l'extrême ? On nen sait rien. En revanche, ce qui marque, c'est la réaction des porte-paroles de Gabriel
Atal ou d'Edouard Philippe qui ont eu une réaction extrêmement méprisante à la garde de la jeunesse comme si les revendications étaient pas claires, dépolitisé et cetera. et je pense que c'est une grave erreur on dit aussi que la France insoumise instrumentalise mouvant donc des deux côtés on voit bien que la campagne est lancée oui mais ça j'y crois pas ça ça sert le gouvernement mais par ailleurs c'est un contrefeu parfait en fait d'expliquer que le gouver enfin que le gouvernement vienne expliquer que la France insoumise serait à l'origine de ça non mais enfin c'est ridicule que un mouvement est-ce que la pré ça peut être une caisse de résonance à tout ce que vous dites là est-ce que vous pensez que à cette occasionl ça peut faire émerger vos les revendications et apporter des solutions
bien sûr que les périodes électorales Elles sont toujours intéressantes pour faire remonter des besoins. Mais là, les besoins élection ou pas élection, les jeunes ça fait ils ont ils ont mal au cœur. Ils ont mal. C'est que tu sens que quand les institutions elles t'aiment pas, tu sens quand la police elle t'aime pas, tu le ressens. Donc forcément ça se traduit dans cette haine là. Maintenant répéter comme vous l'avez fait que LFI serait en train de manipuler un mouvement, c'est très dangereux pour deux choses. La première, c'est que ça discrédite le mouvement en disant les gens seraient pas assez intelligents pour eux-mêmes s'organiser. Bah oui. Ben non. Et deux ça vise ce qu' a dans le c'est ce qu' a dans le débat. Ça vise aussi à criminaliser LFI. il faut là on parle de dissolution de
voulez un motci merci le le le l'idée selon laquelle les extrêmes euh se se réjouissent de cette violence elle est évidente qu'ils orchestrent la violence non qu'ils en jouent dans des dans une visée électoral laissoi parler c'est vous avez 10 secondes et simplement non la la violence policière d'un côté qui est absolument insupportable et la violence de certaines manifestations lycéenes notamment contre les enseignants et contre les les lycées, elle est tout aussi insupportable et elle est la traduction elle est la traduction d'une montée des extrêmes qui est très inquiétante à tous les trois vous avez des battu. Voilà, la vieille vous remercie. Yeah.