Intervention ministérielle - Françoise GATEL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:49Invité politiqueChiffre
« l'ensemble de l'investissement c'est 9 millions d'euros. Euh c'est énorme quand je disais que c'est beaucoup d'ace et l'État était présent à hauteur de 4800000 €. »
- 15:39Invité politiqueFait
« nous sommes le pays européen le mieux couvert en très haut débit et en fibre. »
- 16:11Invité politiqueChiffre
« si on prend les communes de 3500 à 10000 habitants, c'est pas celles qui ont une ingénierie la plus développée, 14 % d'entre elles ont engagé un projet d'IA alors qu'aucune ne l'avait entamé en 2000 en 2023. »
- 16:35Invité politiqueFait
« cet outil basé sur l'intelligence artificielle générative permet donc un traitement des questions des citoyens 24h sur 24, 7 jours sur 7 »
- 16:45Invité politiqueChiffre
« cela a coûté ou coûte 10000 € par an. »
Temps de parole
- Françoise Gatel99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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[Musique]
On va clore cette matinée avec le discours de Françoise Gatel, ministre délégué chargé de la ruralité du commerce et de l'artisanat de France. Monsieur le président, cher Stéphane de l'autre et je cherche du regard cet homme qui a une parole extraordinaire. Démerdez-vous, c'est gratuit. J'étais sûr qu'on allait me resservir euh la phrase. C'est fait. Euh voilà. Très bien.
En tout cas, monsieur monsieur Lema, monsieur le président du pays de de Morlet, madame la vice-présidente de cette association que vous représentez qui va me donner l'occasion euh non pas de surfer sur le démerdez-vous, c'est gratuit, mais la sérieusement sur la capacité innovée à se rassembler euh et à trouver des des solutions pour avancer. Je veux saluer les représentants du conseil départemental et régional naturellement et puis je veux saluer les parlementaires qui sont ici. Il y a trois dames euh qui sont qui sont là dans cet endroit où travaillaient des femmes dans cette manufacture de tabac.
Avant de parler de ce sujet euh qui est celui de l'IA, je voudrais juste euh vous dire ce que je ressens en étant ici. D'abord, cher Stéphane, de l'autre qui vient de la Haute Vienne, il faut que tu t'habitues à cette idée que tout vient de l'ouest
[Applaudissements]
et pas que la pluie. En fait, en fait, vous vous rendez compte qu'il pleut quand chez nous c'est terminé. C'est c'est comme ça. Voilà. Mais en tout cas, je crois que c'est très vrai et je vous ai entendu dire que vous alliez à Roskov. Vous avez parlé, monsieur le président de la ceinture légumière, l'île de bas est dans votre territoire et moi je suis toujours fascinée. Je raconte ça quand j'étais au Sénat. On me disait parfois que les Bretons ça suffit parce que on a une forme collective.
Je racontais l'histoire extraordinaire de ces paysans qui ont inventé la première compagnie maritime française, la Britanniferis pour avoir un avenir et pour avoir un avenir dans leur territoire en trouvant des solutions euh et en innovant. Euh et ici nous sommes dans une manufacture et c'est une histoire extraordinaire crois. C'est l'affirmation que les territoires ne cessent de se réinventer, que ça ne sert à rien d'être nostalgique, de se cramponner à son passé. Comme on se cramponne un rocher. Quand en mer, c'est un peu agité. La vie, elle est faite de mouvement, c'est l'histoire. Et moi, je constate la capacité euh des hommes et des femmes dans ce territoire en Bretagne.
Pardonnez-moi, c'est particulièrement vrai parce qu'on a pas d'autres choix. Quand vous êtes péninsulaire et périphérique, vous êtes bien obligé d'innover, de compter sur vous-même et ici dans ce qui a été une manufacture de tabac euh qui a marqué profondément l'histoire, l'identité, la vie sociale, y compris parfois un peu éruptive de ce territoire, mais qui a aussi fait sa prospérité à un moment. Euh cette manufacture a a connu des épisodes douloureux. On pouvait écrire sur cette histoire et sur ce pays le mot fin.
Ici, il y a eu dans un territoire qui est un territoire rural, hein, je rappelle que la ruralité, c'est 88 % des communes de France dans leur diversité parce qu'il y en a plusieurs ici. Il y a eu une audace, il y a eu une envie d'avenir et ça s'est créé dans un lieu qui est celui d'une identité, d'une histoire marquée par une architecture remarquable mais industrielle également. et on a osé euh ici inventer euh un univers culturel et scientifique qui montre d'abord que dans la ruralité, il y a de l'excellence et que dans la ruralité, on peut s'ouvrir à à la culture et à la science d'une manière extraordinaire et faire aussi un lieu un lieu de vie et de réflexion.
et tu parlais de l'accompagnement de l'État. Je te remercie parce que je n'aurais pas osé sinon euh répondre parler parce que là je suis obligé de répondre à ta question. Il faut savoir que dans un lieu comme celui-ci euh l'ensemble de l'investissement c'est 9 millions d'euros. Euh c'est énorme quand je disais que c'est beaucoup d'ace et l'État était présent à hauteur de 4800000 €. Ça veut dire que quand il y a un territoire qui peut inventer un avenir qui dessert tout un territoire, l'État est là dans une ambition qui donne, on va dire une écriture d'une nouvelle page d'une d'une nouvelle page à un territoire.
Et moi, je m'en réjouis parce que les uns et les autres, vous n'êtes pas pour rien euh dans ces pôles territoriaux et ses pays. Alors, j'ai lu avant de venir un article dans un quotidien régional, je sais pas si vous l'avez lu, un excellent quotidien régional au demeurant mais apparemment tout le monde ne connaît pas les pôles territoriaux et tout le monde serve sur la complexité de l'organisation territoriale et tout le monde trouve que soudainement ce cette Bretagne et ce pays de Morlet est devenu the place to be. Et bien oui et moi je suis fière d'y être. Et en plus si une ministre de la ruralité ne quitte pas le faubour Saint-Germain, je pense qu'il y aurait quelques papiers à raison.
En tout cas moi je suis là parce que vous êtes ce que nous pouvons inventer là où nous sommes parfois trop petits pour avoir beaucoup d'ingénierie. Et donc vous êtes, je prends souvent cette image là en mer, vous avez ces gros requins, ces gros orques puissants. Puis à côté, vous avez ces band de poissons, les poissons qui se regrouent parce qu'ils savent qu'ensemble ils vont être protégés, ils vont pouvoir faire des choses. Et vous, vous êtes une association volontaire de territoire car vous savez que on ne peut pas rester à l'échelle de sa commune. Il faut être sur des échelles de partenariat efficace.
C'est parfois l'intercool, le département et puis il y a des alliances de territoire et vous êtes qu'est-ce qu'il y a de mieux dans un moment où dans notre pays on peut douter que d'être une alliance de territoire de projet ? Et la ruralité que je défends, c'est la ruralité de projet. On n'est pas simplement sur un regard un peu misérabiliste ou de compassion ou de charité à l'égard de la réalité. Ça vous intéresse pas, ça m'intéresse pas. Vous êtes ensemble pour inventer les territoires de projet, des territoires de demain pour nos concitoyens.
Et je pense que cette alliance de territoire de projet, on doit vous accompagner, on doit vous aider et vous montrer que les sujets qui vous préoccupent sont des sujets essentiels voire existentiels. C'est l'intelligence artificielle. Et l'intelligence artificielle, on a longtemps pensé que c'était un sujet qui concernait pas les collectivité, c'était un sujet pour les très grands. Il se trouve que j'étais précédemment présidente de la délégation aux collectivités territoriales du Sénatal, l'homologue de Stéphane et que j'ai proposé aux collègues sénateurs il y a 2 ans de nous intéresser à Lia.
Alors, j'ai eu malgré la grande qualité de tous les sénateurs comme de tous les députés, on m'a dit "Ah oui, tu crois ?" "Ah ouais, tu dis "Non, non, c'est pas que je crois, c'est que je suis sûre. Il faut qu'on y arrive." Et il y a eu un excellent rapport que je vous invite à lire sur le sujet. Et je crois que nous avons compris que il y a avec toutes les réserves que l'on l'on prend, c'est-à-dire l'envie que nous avons de ne pas devenir le meilleur des mondes et de devoir considérer que George Joell, il a bien décrit les choses.
pas ça, c'est que l'intelligence artificielle qui doit être maîtrisée, sécurisée, et j'étais très heureuse des interventions qui ont eu lieu, cette intelligence artificielle, elle a une vraie valeur ajoutée pour nos territoires et je pense parfois aux collectivités les plus petites. Par exemple, il existe une start-up qui a développé un process qui est juste génial. Je vous rappelle que dans beaucoup de nos petites communes, il y a une secrétaire de mairie à temps très partiel qui doit préparer des délibérations extrêmement sécurisé pour le conseil municipal.
ce que vous soyez dans une grande collectivité, une petite, vos délibérations qui portent sur l'urbanisme au d'autres sujets, elles sont aujourd'hui à haut risque en matière de contestation et de et de recours. Et donc cette société a eu l'idée de pouvoir à partir de l'IA proposer au secrétaire de mairie, au maire ou à d'autres une sorte de banque de données thématique naturellement de délibération extrêmement sécurisé d'un point de vue juridique. Ça veut dire que là on a une aide à la procédure qui est assez remarquable.
Nous avons eu aussi, vous avez cité euh des exemples vu et cela existe dans des petites communes, je vais vous donner euh le nom et son nombre d'habitants où les élus, toute petite commune où les élus se sont dit euh toutes les questions que nous avons à traiter de nos concitoyens qui nous appellent pour connaître l'heure de la collègue des heures de eménagé, enfin toutouses ces questions, les heures d'ouverture de la mairie, les heures d'ouverture du chaque coin, quelle est la valeur ajoutée d'une personne parce que monsieur vous l'avez dit quand une personne est au téléphone qu'elle a 50 fois par jour la même question à la fin il y a une assitude dans le temp on peut pas lui en vouloir et donc a été développé un mode de de réponse extrêmement qualitative extrêmement je vais dire convivial courtois plein de bienveillance qui traite à peu près 90 % des questions des des gens qui appellent ce qu'on appelait entre guillemets l'accueil ou le standard et qu'à un moment l'intelligence artificielle permet euh d'arrêter euh le niveau de réponse et de considérer que la situation est très particulière et qu'il faut inviter la personne à prendre un rendez-vous.
Donc on a là quelque chose qui est qui est assez fabuleux de la même manière que l'on a vu dans certaines euh station d'épuration l'intelligence artificielle qui permet de détecter en amont des fuites et qui permet ainsi d'intervenir extrêmement rapidement et et donc de réduire de réduire les dépenses. Je pense que cette intelligence artificielle, il nous faut l'appréhender, la maîtriser parce que cela a été dit, c'est un outil, un outil qui peut être menaçant si on ne s'en empare pas en amont comme vous le faites et un outil qui peut être extrêmement utile. Donc maintenant, à quelle échelle euh à quelle échelle convient-il d'intervenir ? Je rejoins les interlocuteurs des des tablerontes.
Je pense que ici chacun sait que la plupart des collectivités ne vont pas s'aventurer à inventer des outils d'IA. Parce qu'à un moment les métiers des collectivités comme les métiers essentiels ou les plus importants du secteur privé vont faire l'objet d'outil qu'il suffira en quelque sorte d'adapter. Maintenant, il y a une échelle de pertinence de réflexion qui est à définir. Moi, je crois beaucoup d'abord à ce que vous faites. Il y a ce gros travail de sensibilisation, de compréhension et d'échange avec les les professionnels parce qu'il faut qu'on maîtrise le sujet et qu'on comprenne.
Il faut qu'on partage, il faut qu'on sensibilise tous ceux qui ne le sont pas et moi, je souhaiterais qu'on ait la même démarche que celle que l'État a eu avec la cybersécurité où aujourd'hui en matière de cyber, je je vois madame que vous opinez du chef, madame la la sous-préfet, vous savez que l'État met à disposition de toutes les collectivités un dispositif d'information, de sécurisation en matière de cybersécurité, y compris pour la plus petite commune et je pense qu'aujourd'hui sur l'IA, il faudra qu'on en parle à ma collègue Chapas qui est très sensible à ça, j'ai déjà l'occasion de le faire. Il faut vraiment que l'on que l'État puisse accompagner et sécuriser, vous l'avez dit.
Et puis ensuite, je pense qu'il y a des échelles euh de comment dire comme la vôtre à l'échelle d'un pays, à l'échelle aussi d'une interco où on doit mutualiser l'ingénierie parce que je crois et cela ét dit enfin moi je crois pas qu'une collectivité a forcément besoin d'un service de des si tout le temps le besoin n'est pas là on a besoin d'une sécurité on a besoin d'une mutualisation et de coût abordable et je crois euh beaucoup enfin je je le dis et moi qui je suis une élu territorial, je sais l'intelligence territoriale va faire que vous allez comme vous le faites ici à des échelles travailler ensemble, il faut qu'on gagne du temps parce qu'il faut organiser beaucoup d'échanges sur les pratiques et les réflexions pour qu'on nit pas les uns et les autres à réinventer le monde là où nous sommes.
En tout cas, sachez que cette question que vous prenez est une initiative assez remarquable et qu'il nous faut maintenant partager tout ça et voir avec l'ensemble des acteurs comment l'État peut venir accompagner. Sachant, je lisais avec Stéphan de l'Rette que dans notre pays avec des diversités euh nous en tout cas nous sommes le pays européen le mieux couvert en très haut débit et en fibre. Alors et c'est sans doute vrai parce que j'ai visité 38 départements nulle part on ne m'a parlé de ce sujet-là et en général on sait quand on est élu local quand les gens nous parlent pas d'un sujet c'est que ça marche.
Alors il y a des zones blanches, il y a encore des territoires un peu difficiles mais en tout cas les infrastructures pour permettre un maillage territorial. Les infrastructures sont là et je pense que nous devons pouvoir avancer. Alors, je voudrais juste vous donner quelques chiffres intéressants puisque si on prend les communes de 3500 à 10000 habitants, c'est pas celles qui ont une ingénierie la plus développée, 14 % d'entre elles ont engagé un projet d'IA alors qu'aucune ne l'avait entamé en 2000 en 2023.
Enfin euh la commune dont dont je vous parlais, c'est dans la Drôbe, ce qu'on appelle un agent conversationnel, pas trop ça, mais ça peut servir pour les mots croisés ou le scrap sans doute. Donc voilà, cet outil basé sur l'intelligence artificielle générative permet donc un traitement des questions des citoyens 24h sur 24, 7 jours sur 7, c'est quand même quelque chose d'exceptionnel et cela a coûté ou coûte 10000 € par an. Donc l'échelle n'est pas l'échelle n'est pas n'est pas inaccessible. Et enfin euh dans l'orne à Saint-Denis sur Sarton, petite commune rurale de 1078 habitants.
On a déjà avancé puisque l'intelligence artificielle vient en appui au secrétaire de mairie pour alléger leur charge administrative. Donc je pense que il y a de l'idée dans tous les domaines, compris en matière de prédiction et je et de prévision, je citerai l'exemple de Lyon où il y a un outil d'analyse prédictive qui permet d'identifier des zones de fragilité euh y compris dans le domaine social et de non recours aux aides. Donc voilà, l'IA, je crois que c'est de l'intelligence pour nos territoires, c'est aussi de l'intelligence et de la solidarité sociale.
Et en tout cas, moi ça me réjouit que dans tous nos territoires et particulièrement en Bretagne, on aille de l'avant et qu'on pense qu'il nous faut inventer. Ça n'est pas gratuit mais il faut déjà y mettre du sien, de la volonté, le faire ensemble. Je vous remercie et je vous souhaite de très bons travaux.
[Musique]
Françoise Gatel