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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 24 janvier 2024 15 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

"Durant la période des émeutes, on a été terriblement seul" dénonce Vincent Jeanbrun, maire de l'Haÿ-les-Roses

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que la colère des agriculteurs et les violences urbaines sont les deux versants d'une même France divisée ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est aussi un marqueur d'un manque d'unité, de fraternité dans notre pays ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    Racontez-nous ce qu'il s'est passé la nuit du 2 juillet où votre domicile a été attaqué.

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Vous aussi, vous vous sentez désespérément seuls ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Il faut tout de même parler des sources de ce chaos, des sources de cette violence.

  • 11:15OuverteRéponse directe

    Que faut-il faire ? Vous êtes responsable politique, porte-parole des Républicains, maire de l'Île-les-Roses. Est-ce que vous n'êtes pas désespéré en disant, en fait, nous, les politiques, on n'y arrivera pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10Invité politiqueFait
    « ce qui est fou pour nous, c'est que c'est grâce à eux qu'on mange, mais à force de nous donner à manger, ils en crèvent. »
  • 3:12Invité politiqueChiffre
    « ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on dit qu'il y a deux suicides par jour dans le monde agricole. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « La première, c'est que les agresseurs sont des enfants de la République. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « L'État ne répond plus. »
  • 7:32Invité politiqueFait
    « j'appelle les préfets, j'appelle les préfets de police pour dire juste qu'on voudrait des munitions, juste quelques munitions de flashball, c'est tout. »
  • 8:30Invité politiqueFait
    « Il y avait vraiment le corps expéditionnaire de la troupe ambiance Black Blocks qui était vraiment là pour détruire »
  • 9:44Invité politiqueFait
    « Il est devenu quasiment impossible dans certains quartiers de parler des droits de la femme. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Quand vous avez dans certains quartiers les mafias, les gangs et les caïds qui font la loi à la place de la République »
  • 13:12Invité politiqueChiffre
    « il y a plus de 500 000 élus locaux en France »

Temps de parole

  • Vincent Jeanbrun80 %
  • Invité18 %
  • Présentateur2 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois.

0:19
Présentateur

Votre invité ce matin, Pierre-Hugues et Vincent Jambrun, porte-parole des Républicains et maire de la ville de La-Île-et-Rose, en banlieue parisienne. En juillet dernier, sa maison a été incendiée avec une voiture bélier et sa famille attaquée. Six mois plus tard, il raconte cette terrible nuit d'été dans les Deux-France, publié aux éditions Albain-Michel.

0:38
Invité

Bonjour Vincent Jambrun. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin en studio. Des campagnes jusqu'au quartier, la République semble se disloquer, elle qui se vante d'être indivisible dans le premier article de sa constitution. Violence urbaine l'été dernier et colère des agriculteurs maintenant. Est-ce les deux versants d'une même France ? Une France profondément, irrémédiablement divisée.

0:58
Vincent Jeanbrun

C'est en tout cas le cœur de la France qui travaille, la France qui a envie que notre pays avance, celle qui produit pour l'intérêt général. C'est au fond ce que sont nos agriculteurs. Et ce qui est fou pour nous, c'est que c'est grâce à eux qu'on mange, mais à force de nous donner à manger, ils en crèvent. Et ça, c'est évidemment inacceptable, douloureux, d'autant plus que l'actualité a été endeuillée par ce drame terrible. Je dois avoir une pensée pour la famille et tous les proches de cette agricultrice Alexandra qui est si injustement décédée avec sa fille.

J'entends beaucoup de gens qui disent qu'on ne peut pas laisser faire, il faut rendre hommage à ce qui s'est passé, il faut donner un sens. Eh bien, donnons un sens en faisant en sorte qu'il n'y ait plus deux agriculteurs qui perdent la vie chaque jour dans notre pays, qui se donnent la mort. C'est inentendable parce qu'on est au cœur de ce qui fait la France. Il n'y a pas de pays sans paysage et sans paysans, pardon. Il n'y a pas de pays sans paysans, il n'y a pas de paysage de France sans nos paysans qui le labourent chaque jour. Et on est au cœur de quelque chose qui montre, vous avez raison, une dislocation du pacte social.

Parce qu'en fait, quand on donne plus à des gens qui n'apportent pas qu'à des gens qui se battent tous les jours pour que notre pays avance, effectivement, on voit que la fin est proche.

2:14
Invité

Il y a six mois, il y avait ces violences urbaines, là, c'est la colère des agriculteurs. Est-ce que c'est aussi un marqueur d'un manque d'unité, de fraternité dans notre pays ? La fraternité, c'est un des piliers de notre type triptyque républicain. Où est la fraternité quand on voit les agriculteurs en colère, quand on voit ces violences urbaines l'été dernier ?

2:32
Vincent Jeanbrun

En fait, ce n'est pas la colère des agriculteurs qui fait qu'il n'y a pas de fraternité. C'est parce qu'il n'y a pas de fraternité qu'il y a la colère des agriculteurs. Parce que justement, il y a un côté, on ne veut pas voir, on ne veut pas accepter. Moi, je suis assez choqué de voir qu'un certain nombre de parlementaires LFI aujourd'hui ont des larmes de crocodile sur les agriculteurs, en disant, oh ben les pauvres, ce sont les mêmes qui les montrent du doigt tous les jours, comme des tortionnaires d'animaux ou comme des pollueurs de la planète, alors que, encore une fois, c'est les derniers à être les pieds dans la nature et à essayer de la protéger et de la faire vivre.

Donc, c'est très difficile à entendre. Et je crois que cette absence de fraternité, au sens où on les a laissés mourir, parce que ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on dit qu'il y a deux suicides par jour dans le monde agricole. Ce n'est pas d'aujourd'hui. C'est inentendable, ça. Et en fait, une fois, deux fois, une année, deux années, et au bout de tant d'années, ils se disent, en fait, arrêtez de nous parler de fraternité. Vous nous laissez mourir. Vous nous laissez crever. On vous nourrit, vous nous laissez crever. C'est inentendable, ça.

Et c'est pour ça que je pense que ceux qui ont parlé, commenté l'archipélisation française, c'est-à-dire que finalement, c'est chacun dans son coin, la ville, non plus à côté de la ruralité, mais contre la ruralité, c'est quelque chose qui nous fracture. Et c'est un grand danger, parce qu'en fait, au bout de cette histoire-là, c'est plus de république, plus de société française, et de fait, plus de France. Parce que la France, vous avez raison de le rappeler, c'est la fraternité.

3:59
Invité

Cette dislocation, pour reprendre vos mots et dont vous parlez ce matin, vous la racontez dans Les Deux France, un livre publié aux éditions Albert Michel, où vous racontez ce déferlement de violence aussi, dont vous avez été la cible en juillet dernier. Le 2 juillet, votre domicile est attaqué par des émeutiers. Racontez-nous ce qu'il se passe cette nuit-là.

4:20
Vincent Jeanbrun

Je le raconte dans le livre, et puis c'est vrai que je vous l'ai beaucoup dit, mais ce qui est le plus fort, peut-être, c'est ce qui se passe toutes les nuits avant. C'est-à-dire qu'en fait, on voit la République attaquer, nuit après nuit. C'est la cinquième nuit que mon domicile et ma famille sera attaquée. On est dans quelque chose qui est terrifiant, parce qu'à ce moment-là, il y a deux choses qui vous viennent à l'esprit, il y a une prise de conscience terrible. La première, c'est que les agresseurs sont des enfants de la République. Ce sont des petits Français élevés sur notre sol, qui vont prendre les armes contre les symboles de la République.

Parce qu'avec des haches, des piolets, des mortiers d'artificiers, des cocktails Molotov, et ils vont s'attaquer aux pompiers, ils vont s'attaquer aux bibliothèques, ils vont s'attaquer aux mairies annexes, ils vont s'attaquer à la mairie, aux marchés. Ces premières prises de conscience, elles sont terribles. C'est qu'on n'est pas juste sur une violence urbaine, on est sur une émeute insurrectionnelle qui a une cible, la République. Et je le dis simplement, beaucoup de collègues maires qui ont connu ces émeutes ont fait ce constat. Vous aviez deux bâtiments similaires côte à côte. Celui qui était attaqué, c'est celui qui était pavoisé, celui qui avait les drapeaux tricolores.

Et ça, c'est une prise de conscience qui est terrible. La deuxième, c'est que pendant cinq nuits, l'État ne répond plus. L'État ne répond plus. C'est-à-dire que vous avez cette menace terrible, et je me souviens d'avoir débriefé au milieu de ces quelques nuits avec la police municipale de l'Aile-et-Rose. D'ailleurs, je veux leur rendre hommage, parce que sans eux, sans leur courage, on n'aurait plus d'hôtel de ville, et il y aurait eu bien plus de dégâts dans notre commune. Mais imaginez, appeler le 17, appeler la police, et plus personne ne répond. C'est ça qu'on a connu pendant ces nuits d'émeute. C'est ça qui a été aussi terrifiant.

6:03
Invité

Et vous le racontez dans ce livre, c'est des situations de guerre. Vous avez quelques policiers municipaux, une poignée, qui sont bien insuffisamment équipés pour faire face. Ils appellent le 17, personne ne répond, ils se sentent désespérément seuls. Vous aussi, vous vous sentez désespérément seuls ?

6:19
Vincent Jeanbrun

Dans cette période, on a été terriblement seuls, non pas encore une fois parce qu'on aurait des policiers nationaux qui n'auraient pas fait leur travail. Je ne voudrais surtout pas qu'il y ait de confusion sur ce point. Ils étaient eux aussi face à cette insurrection, avec détermination et courage. Mais on voit bien que collectivement, tout le monde était dépassé par le phénomène. La police nationale sur l'Aile-et-Rose, elle était en poste au commissariat national pour le défendre. Non pas qu'ils ne sont pas allés se cacher, ils étaient aussi sur la brèche. Mais on voit bien qu'on était dépassés.

Ce mot de solitude, il est vrai pour les élus locaux, il est vrai pour nos policiers municipaux, il a été très vrai pour nos concitoyens. Et c'est vrai que c'est les mots qu'a prononcés mon épouse quand on a eu le président Emmanuel Macron au téléphone. Elle était dans sa chambre d'hôpital et elle lui dit « Je me suis senti bien seul ». Évidemment, elle parle de cette nuit-là, mais elle parle surtout des jours qui ont précédé.

Parce que quand on fait le constat que notre mairie n'a plus de protection, que les portes d'entrée sont brisées et qu'on ne tiendra pas la nuit suivante, notamment parce qu'on n'a plus de munitions, je fais le tour des plateaux télé, j'appelle les préfets, j'appelle les préfets de police pour dire juste qu'on voudrait des munitions, juste quelques munitions de flashball, c'est tout. Et on voit qu'en fait, l'administration qui a ses règles, en temps normal, a été incapable de prendre acte qu'il y avait une urgence en fait. Non, il nous faut un formulaire, il nous faut un certificat de la préfeture.

Et c'était fou en fait de se dire « Mais comment on peut ne pas prendre la mesure du chaos qu'on est en train de vivre ? »

8:00
Invité

Il faut tout de même parler des sources de ce chaos, des sources de cette violence. C'est aussi une colère extrême de la part de jeunes qui ne se sentent désespérément pas écoutés, qui ne se sentent désespérément pas entendus.

8:13
Vincent Jeanbrun

Écoutez, moi je serais curieux d'échanger avec ces jeunes désespérés parce qu'en réalité, ce n'est pas vraiment le profil des émeutiers qu'on a rencontrés. Quel est leur profil ? Je ne vais pas parler pour toute la France, je ne peux parler que de ce que j'ai vu et constaté sur ma commune. Il y avait vraiment le corps expéditionnaire de la troupe ambiance Black Blocks qui était vraiment là pour détruire et encore une fois qui ciblait les représentations du pouvoir. Ceux-là n'avaient absolument pas d'ambition de voler quoi que ce soit, ils sont juste venus massacrer, massacrer.

8:48
Invité

Mais s'ils ciblaient les représentations du pouvoir en particulier, il n'y avait plus de raison.

8:51
Vincent Jeanbrun

Et puis vous avez des jeunes qui derrière venaient effectivement grossir les rangs et qui étaient parfois complètement inconscients de ce qu'ils faisaient là et pourquoi ils n'étaient plus là pour s'amuser. C'était rare, mais c'était possible. Ce phénomène-là, pardon, on a vu des... Moi j'ai grandi dans une cité HLM, des phénomènes de colère qui amenaient à de la violence ou à la dégradation. J'en ai vu, j'avais des amis, entre guillemets, des camarades de classe qui pouvaient y participer. On avait ce sentiment de... On vit dans un quartier où personne ne voudrait vivre. On est en colère, c'est injuste. Et on lance un cri d'alarme.

Ce n'est pas une bonne méthode, mais il y avait ce mobile-là. Là, la volonté, elle est autre. Elle est de dire, votre modèle de société ne nous intéresse pas. La fraternité dont on parlait tout à l'heure, elle ne nous intéresse pas. On a un autre modèle à porter aujourd'hui. On veut un autre modèle. Il est devenu quasiment impossible dans certains quartiers de parler des droits de la femme. L'égalité homme-femme n'est plus un modèle de société partagé dans certains quartiers de notre République aujourd'hui. C'est aussi ça qui est en jeu. On a les lois de la République, l'ordre républicain, qui est contestée aujourd'hui.

Quand vous avez dans certains quartiers les mafias, les gangs et les caïds qui font la loi à la place de la République, à force de se sentir les plus forts, ils viennent attaquer l'adversaire. Moi, quand j'étais gamin, il y avait beaucoup de guerres de gangs, de petits gangs. Il y avait la cité 1 qui affrontait la cité B. Chez moi, c'était les Tourmarrons face à la Martine. Petit à petit, les trafiquants ont pris le contrôle des cités, ce qui fait que maintenant, il y a une forme d'unité. Et même s'il peut y avoir encore des conflits d'une ville à l'autre, globalement, il n'y a plus vraiment d'adversaire.

Donc d'un coup, il y a comme si cet historique de combat de gangs avait besoin d'un nouvel adversaire, et donc sort de son quartier pour aller attaquer la République. Moi, j'entends que dans nos quartiers, il y a de la colère. Et cette colère, elle n'est pas uniquement celle des jeunes. Elle est celle de 5 à 6 millions de Français qui vivent dans ces quartiers. Et qui aujourd'hui, s'ils en avaient la possibilité, quitteraient ces quartiers. Parce que ce n'est pas des quartiers où aujourd'hui, il fait bon vivre. Ces gens-là, ils sont honnêtes. Ces gens-là, ils ont envie de travailler, ils ont envie de s'en sortir, ils ont envie que leurs enfants s'en sortent.

Mais c'est devenu extrêmement compliqué, parce qu'il y a une minorité dans ces quartiers qui les tient quasiment prisonniers.

11:15
Invité

Mais alors, que faut-il faire ? Vous êtes responsable politique, porte-parole des Républicains, maire de la Île-les-Roses. Est-ce que vous n'êtes pas désespéré en disant, en fait, nous, les politiques, on n'y arrivera pas ?

11:27
Vincent Jeanbrun

Non. Non et archi non. C'est compliqué, c'est difficile, et ça va demander beaucoup de courage politique. Mais il y a deux choses à vous dire là-dessus. La première, le politique a sa part, toute sa part, et il faut la prendre.

Je fais des propositions dans le livre, je fais des propositions dans cette tournée promotionnelle du livre, parce que ça me tient à cœur, et j'en ai besoin pour que ce qui est arrivé à ma famille fasse sens, qu'on se dise que c'était injuste, c'était douloureux, mais c'est pas grave, on se relève, et on va de l'avant, et aller de l'avant, c'est essayer de faire en sorte que ça s'améliore, parce que je ne veux pas que mes enfants grandissent dans un pays où ça peut recommencer à tout moment, ce qui est le cas aujourd'hui. La deuxième chose, c'est qu'effectivement, la responsabilité, elle est dans le politique, mais pas que.

Il faut, et c'est aussi l'appel que je lance à votre micro, il faut que chacune et chacun se prennent aussi en main. On ne peut pas attendre d'un président de la République, d'un gouvernement, d'un responsable politique, de tout gérer. On a aussi une part de responsabilité. Je le disais tout à l'heure, il y a des adversaires de la République, je les nomme, c'est la France du chaos, les caïds, les gangs, les séparatistes, ces gens aujourd'hui veulent abattre notre modèle de société, et donc il y a un combat qui est à livrer. Face à eux, il y a la France du sursaut, ceux qui se battent déjà sur le terrain, sur la brèche.

On a des pompiers courageux, on a des enseignants, on a des bénévoles associatifs, on a des gens qui donnent tous les jours sans désespérer, et au milieu, il y a les Français qui doivent maintenant choisir leur camp, et je veux le dire, regarder ailleurs, ne pas participer au débat, c'est déjà choisir le camp du chaos, parce que c'est aider le camp du chaos. Le mal ne triomphe que quand les hommes de bien regardent ailleurs. Je pense qu'on ne peut plus regarder ailleurs. Et je le dis vraiment avec conviction, il n'y a pas de petits gestes quand on est 67 millions à les faire, et donc si on se mobilise, on gagnera.

Parce que 67 millions, face à une peut-être centaine de milliers de voyous et d'ennemis du chaos dans notre pays, on va gagner, il faut juste y croire.

13:22
Invité

Il y a plus de 500 000 élus locaux en France, donc il y a quand même une certaine mobilisation. Parmi eux, les maires dont vous faites partie, des maires qui sont de plus en plus attaqués aussi. Les violences à l'égard des édiles se multiplient. Est-ce que ce n'est aussi pas un risque qu'il y ait de moins en moins de personnes qui veulent y aller ? Vous vous appelez ce matin à l'engagement. Quand on voit votre témoignage, Vincent Jeanbrun, on n'a pas tellement envie d'y aller. Votre domicile a été attaqué, votre famille attaquée, pas envie d'y aller quand même.

13:46
Vincent Jeanbrun

Vous posez une bonne question. Est-ce que quand c'est difficile, c'est le moment de renoncer ? Quand on attaque sa propre famille ? Moi, je vais vous dire, évidemment, vous imaginez, dans mon cas très personnel, j'ai douté. Je comprends que des collègues qui ont subi des attaques de cette nature, beaucoup de collègues ne le disent pas d'ailleurs. Il y a une vraie omerta, en fait. On se dit, je ne vais pas en parler. Je ne veux pas que ça donne envie à d'autres de recommencer, etc. C'est vrai que j'ai une pensée pour le maire de Marc-en-Barol, qui découvre que les capes de sa voiture sont sectionnés à la pince.

Ou encore pour un collègue qui a vu des animaux qu'il avait dans son jardin égorgés par un fou, etc. C'est ça aussi maintenant un peu le quotidien des maires. Mais pour moi, c'est parce que l'enjeu est aussi fort, aussi transcendant, c'est parce qu'on est maintenant entre la France du chaos et la France du sursaut que s'engager est plus beau que jamais. Et moi, je suis d'une famille politique de tradition gaullienne. Est-ce que c'est au moment où les bottes nazies foulent le pas de la France ? On se dit, ça va devenir difficile de s'engager là. Ouh, aïe, aïe. On risque gros. C'est le moment de baisser les armes, au contraire, de prendre le maquis et de rentrer en résistance.

Et moi, je pense que c'est parce que l'enjeu est incroyablement terrifiant et que l'enjeu est incroyablement fort, parce qu'il en va de l'avenir de notre pays, de notre société, de notre République, de l'avenir de nos enfants, qu'il faut s'engager.

15:13
Invité

Il y a une résistance aujourd'hui à engager.

15:15
Vincent Jeanbrun

Il faut engager la résistance. Engagez-vous.

15:18
Invité

Merci beaucoup, Vincent Jambrun, d'avoir été ce matin l'invité de la matinale de RCEF. Merci à vous. Je rappelle que vous publiez Les Deux France. C'est publié aux éditions Albain Michel, livre dans lequel vous racontez cette nuit et plus largement vous fait des propositions sur la façon d'éviter aussi qu'une telle nuit, une nuit de violence où votre famille est attaquée, ait lieu comme ce qui a pu avoir lieu en juillet dernier. C'est parti.

15:40
Locuteur

Merci.