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interviewFrance Culture — Sens politique· 19 février 2022 39 min

Valérie Pécresse : "J'ai traversé une tempête mais je repars dans la campagne"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Un podcast de France Culture. La primaire organisée chez les Républicains et a été désignée candidate officielle du parti pour la présidentielle. Auparavant, elle a été députée, plusieurs fois ministre sous Nicolas Sarkozy. Et depuis 2015, elle préside la région Île-de-France. Valérie Pécresse qui est légèrement en retard, sans doute à cause des embouteillages et peut-être des départs en vacances. Mais elle sera avec nous dans quelques minutes, me dit-on. C'est pour ça que je vous accueille tout de suite Nicolas Rousselier. Bonjour. Oui, bonjour Grégoire. J'avance un petit peu votre chronique. Pas de problème. Et je suis sûr que Valérie Pécresse l'entend dans sa voiture.

Il y a quelque chose de notable chez cette candidate, c'est qu'elle a un temps quitté le parti Les Républicains avant de le réintégrer. Et justement, aujourd'hui, vous vous posez une question. Que se passe-t-il du côté des partis politiques ? Eh oui, Grégory. Alors, je vais vous prendre à témoin. Je vous demande d'imaginer, Grégory, que vous habitez en quelque sorte, que vous venez des années 1970. Et que vous débarquez aujourd'hui dans nos années 2020. Alors, comme vous venez des années 1970, il est probable que vous avez une vision de la politique plutôt simple. C'est-à-dire, vous avez une vision de la politique avec quelques grands principes.

Vous connaissez à peu près quatre grands partis politiques, assez bien identifiés. Chacun de ces grands partis présente un leader. Et Grégory, donc, vous avez le choix entre Georges Marchais, François Mitterrand, VGE, Giscard donc, et Jacques Chirac. Maintenant, vous débarquez aujourd'hui, dans les années 2020. Probablement, vous allez être assez perdus. Vous n'allez pas reconnaître le paysage politique. D'abord, parce que les noms des partis ont beaucoup changé. Il va falloir aller chercher assez loin dans le classement actuel des intentions de vote pour retrouver des partis que vous connaissez. Par exemple, le Parti communiste. Et puis, surtout, vous voyez des candidats.

Alors, c'était Emmanuel Macron en 2017. Cette année, c'est Éric Zemmour. C'est-à-dire, vous voyez des candidats qui sont portés par un mouvement, par une trajectoire personnelle, beaucoup plus que par un parti politique. Votre diagnostic, Nicolas, c'est donc qu'il y a bien une crise des partis. Eh oui, j'allais dire, même si c'est le moins qu'on puisse dire, il y a beaucoup de symptômes qui montrent cette crise des partis politiques. Je vais en retenir simplement deux. Un premier, il est fortement d'actualité, la multiplication des défections. C'est une sorte de vaste mercato entre certaines personnalités politiques.

Alors, ça fait contraste avec ce que faisaient autrefois les partis politiques. La moindre des choses pour un parti politique autrefois, c'est qu'il était une sorte de fédération, il regroupait ses troupes. Et disons le mot, il avait une capacité à discipliner ses cadres. Aujourd'hui, à l'évidence, ça ne marche plus. En quelque sorte, chaque personnalité politique préfère dessiner une trajectoire personnelle au détriment parfois de son parti. Donc, on peut entrer dans un parti, on peut en sortir, on peut y entrer à nouveau. Ça a été le cas de Mme Pécresse, mais aussi de beaucoup d'autres.

Donc, si on peut prendre une métaphore des Jeux Olympiques actuelles, je vous dirais, si vous voulez, que le parti traditionnel, vous savez, ça ressemble à ce sport, je ne sais pas si vous l'aimez, Grégory, ce sport qu'on appelle le curling. Oui, je ne suis pas un passionné de curling. Je vous comprends. Vous voyez une grosse boule, et puis cette grosse boule avance lentement, mais sûrement. Et puis, vous voyez tous les membres de l'équipe faisant tous la même chose, si j'ai bien compris, frottant la glace pour que la boule avance.

A l'inverse, aujourd'hui, la vie politique, la métaphore est facile, ressemble plutôt à un jeu de fléchettes avec des cibles qui sont placées aux quatre coins du bar. Alors, le deuxième symptôme actuel, et là peut-être que c'est plus sérieux, c'est le flou de la doctrine. C'est-à-dire que dans les années 70, vos années 70, Grégory, un parti ouvre sa campagne, en fait, avec un programme déjà ficelé. C'est-à-dire un programme déjà ficelé. Pourquoi ? Parce qu'il faut que le programme incarne, reflète une doctrine. C'était vrai pour le socialiste, le communiste, mais c'était vrai aussi pour le gaullisme. Donc, aujourd'hui, c'est très différent.

Aujourd'hui, on a une sorte de logique, on pourrait dire, je ne sais pas s'il faut dire scénaristique, scénarisée, où on entre en campagne, non pas avec un programme ficelé, mais c'est un programme qui va se découper, se découvrir au fur et à mesure. Pourquoi ? Parce qu'il faut, justement, que la campagne ressemble à une trajectoire personnelle. On s'adapte, par exemple, aux attaques venues des adversaires. On s'attaque aussi aux surprises qu'il peut y avoir tout au long de la campagne. Donc, c'est la logique du salami. On découpe le programme plutôt que de le livrer clé en main au début de la campagne. Alors, ce n'est pas bon pour l'identité politique de chaque parti.

Mais alors, Nicolas, et j'accueille Mme Pécresse qui vient d'entrer dans ce studio. Bonjour. Merci d'être avec nous. On termine vos explications. Une fois qu'on a entendu cette démonstration sur la crise des partis politiques, y a-t-il lieu de s'inquiéter ? Alors, eh bien, là, je vais peut-être vous prendre un contre-pied parce que je vous répondrai pas forcément. Il n'y a pas forcément raison de s'inquiéter outre mesure de la crise des partis. Alors, il est vrai que la France, dans cette crise des partis, ce grand chamboulement, se distingue de pas mal d'autres démocraties européennes. Vous regardez d'autres démocraties européennes, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne aussi, par exemple.

Les partis traditionnels, certes, il y a des changements, il y a des évolutions, mais les partis traditionnels tiennent le coup. Ils sont même au pouvoir. Mais, pour la France, et c'est le point principal, cette instabilité, elle n'est pas du tout nouvelle. Si on revient dans vos années 70, je disais tout à l'heure, elles étaient marquées par des grands partis assez solides. Tout est relatif, parce que dans les années 70, en 74, vous avez eu une fraction du parti gaulliste qui a soutenu Giscard d'Estaing, et puis, à d'autres moments, d'autres formes de division.

Si je regarde l'histoire du gaullisme, des partis du gaullisme, j'ai compté, en 70 ans d'existence, neuf non, neuf partis différents. Ça fait à peu près un non ou un parti gaulliste à peu près tous les huit ans. En fait, si je peux me permettre, je pense qu'il faut rester zen, aussi bien pour Mme Pécresse que pour n'importe quel autre candidat ou candidate. Il faut rester zen, parce que nous avons une façon française de faire de la politique depuis très longtemps, qui est justement cette instabilité des partis. Les partis politiques en France, historiquement, c'est plus vrai à droite et au centre, ne sont pas stables. Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle ? Pas forcément.

C'est peut-être la marque française d'une vie politique très riche, instable et donc riche. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour la démocratie. Merci Nicolas Rousselier. Valérie Pécresse, vous êtes avec nous. On vous pardonne pour ce léger retard, mais la campagne a un rythme de plus en plus fou, on le voit bien. Un mot sur ce que vient de dire Nicolas. Est-ce que vous constatez aussi une crise des partis politiques ? Vous aviez quitté par exemple un temps les Républicains pour y revenir avant d'être candidate à la présidentielle.

8:07
Valérie Pécresse

Ce que je crois surtout, c'est que dans la jeunesse, et c'est là le cœur du sujet, la notion même de parti politique est une notion qui suppose une forme de renoncement à de la liberté de penser, une forme d'embrigadement. Et donc il y a un désamour de l'engagement politique.

8:29
Présentateur

Dans un cadre structuré ?

8:30
Valérie Pécresse

Dans un cadre structuré. Les jeunes sont sympathisants. Ils likent. Ils likent et ils s'agrègent. Alors évidemment, on a tous dans nos partis politiques des mouvements de jeunesse, mais l'important c'est vraiment l'intérêt pour telle mesure, pour tel aspect. Et vous l'avez très bien dit, finalement on peut aimer telle chose chez l'un, telle chose chez l'autre. Donc il y a un côté zappeur aussi. Et ça, ça va participer de la crise des partis politiques. Parce que les partis politiques se sont structurés sur, j'allais dire, des adhérents qui ont la foi vraiment du charbonnier, des convictions vissées, chevillées au corps.

Et ces grandes oppositions idéologiques, aujourd'hui, elles n'existent plus. Et moi, à chaque fois que je rencontre des jeunes, alors encore plus dans cette France post-Covid, où ils ont été confinés, ils ont été en distanciel pendant des mois, ils ne se sont même pas vus entre eux, ils n'ont pas vu leurs enseignants. Donc en fait, ces jeunes, ils se font une opinion sur les réseaux sociaux, et ils prennent des choses, c'est une mosaïque.

9:37
Présentateur

Ils picorent.

9:38
Valérie Pécresse

Ils picorent. Et le clivage droite-gauche, les clivages habituels, libéral, pas libéral, interventionniste, ces clivages-là sont devenus très flous pour eux.

9:53
Présentateur

Alors Valérie Pécresse, on va essayer de prendre du temps, on a jusqu'à 13h30, j'aurai avec vous qu'on parle de politique étrangère, d'éducation. Mais d'abord, on va commencer par les sondages qui, au terme d'une semaine difficile pour vous, vous situent maintenant à la quatrième place, derrière Emmanuel Macron, derrière Éric Zemmour, derrière Marine Le Pen. Est-ce que ça commence à vous inquiéter vraiment ?

10:14
Valérie Pécresse

Écoutez, vous savez, dans une campagne, il y a parfois des bourrasques et des tempêtes. J'en ai connu une cette semaine. Mais hier, j'étais au Canet, avant-hier en Vendée, à la rencontre des Français pour présenter la vérité de mon projet de Nouvelle-France, qui est un projet à la fois d'ordre, mais qui est aussi un projet humaniste, un projet qui va libérer les énergies des Français. Et c'est à travers ce projet que je repars dans la campagne plus déterminée que jamais.

10:46
Présentateur

C'est possible de relancer la dynamique avec, effectivement, on a vu des défections au sein de votre camp, Éric Woerth, par exemple. On a entendu des critiques en interne aussi sur votre positionnement. On ne va pas revenir sur la polémique liée au grand remplacement, mais comment relancer la dynamique ?

11:01
Valérie Pécresse

C'est une absolue fausse polémique, parce que ce que j'ai dit, c'est que je ne me résigne ni à Emmanuel Macron, le grand déclassement, ni à Éric Zemmour, le grand remplacement. Donc, en réalité, c'est une totale fausse polémique qui a été montée cette semaine. Mais le sujet, c'est aujourd'hui de remobiliser tout le monde. Et c'est ce que j'ai fait hier au Canet, avec un format de meeting totalement différent, acapella, et dans lequel j'ai donné à voir vraiment le projet de Nouvelle-France. Et je crois que ce projet, il répond aux urgences de la France post-Covid.

C'est un projet qui met fin, j'allais dire, à cinquandèrement d'Emmanuel Macron, que ce soit sur ces questions de souveraineté, de frontières, que ce soit sur la question de l'ordre et de la sécurité, que ce soit sur les grands services publics qui sont en train de s'effondrer, l'école, la santé, que ce soit sur la désindustrialisation. Sur tous ces sujets-là, il y a besoin de reconstruire la France, de réparer la France. Et puis une France post-Covid, c'est une France qui redécouvre ses territoires, qui a besoin de liberté.

Et dans mon projet, il y a la déburocratisation, la décentralisation, le réinvestissement de la ruralité, et puis une dynamique de politique familiale, des nouvelles solidarités qu'on réinvente. Donc je crois que c'est un projet qui est très riche et qui doit être vraiment popularisé à la rencontre des Français. C'est ce que je vais faire dans les semaines qui viennent.

12:25
Présentateur

J'ai suivi à distance votre meeting du Canet. J'ai entendu Éric Ciotti, par exemple, qui dénonçait les commentateurs de l'intérieur. Et puis vous, vous avez parlé du bal des hypocrites. Qui sont ces commentateurs de l'intérieur ?

12:40
Valérie Pécresse

Pardon, le bal des hypocrites, ça visait Emmanuel Macron et La République En Marche, qui depuis janvier ne cible qu'une seule personne, c'est moi. Une seule personne, alors que, soi-disant, leur adversaire, ce sont les extrêmes. En réalité, ils veulent se face à face avec les extrêmes, avec Marine Le Pen et avec Éric Zemmour, parce que ça garantit la réélection d'Emmanuel Macron. Et celle qu'ils veulent abattre, c'est moi, parce que justement, je suis la tenante, contrairement à toutes les caricatures qu'ils essaient d'en faire, d'une droite qui est une droite d'ordre, très ferme sur le régalien, mais aussi une droite humaniste et une droite sociale.

13:16
Présentateur

Et les commentateurs de l'intérieur, alors, qui sont-ils ? Ce sont ces gens qui, à la tête du parti, critiquent votre positionnement, par exemple, je ne sais pas, Xavier Bertrand ?

13:26
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, sur cette polémique du meeting du Zénith, je crois que l'affaire est close, définitivement. J'ai expliqué la phrase, et aujourd'hui, personne dans mon équipe ne pense une seule minute que nous ne tenons pas, j'allais dire, un discours qui rassemble l'ensemble des valeurs de la droite.

13:51
Présentateur

Vous en avez la garantie aujourd'hui, que personne ne joue contre votre camp ?

13:54
Valérie Pécresse

Mais écoutez, c'est ma candidature, c'est moi qui me présente face au peuple français, et le peuple français, c'est avec moi qu'il doit dialoguer. J'ai une formidable équipe, mais c'est moi qui la dirige.

14:04
Présentateur

Est-ce que vous attendez encore le soutien de Nicolas Sarkozy ?

14:07
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, j'ai la conviction qu'il me soutiendra, parce que je défends ses convictions. Vous savez, Nicolas Sarkozy m'a beaucoup appris. Il m'a beaucoup appris, j'ai été sa ministre, et il m'a donné cette chance. Et aujourd'hui, je ne serai sans doute pas devant vous si Nicolas Sarkozy ne m'avait pas confié le ministère le plus difficile de son gouvernement, qui était le ministère de l'université, et dans lequel j'ai fait mes preuves, puis ensuite le ministère du budget, en pleine crise des dettes souveraines, où j'ai dû sauver l'épargne des Français.

14:39
Présentateur

Mais pourquoi votre avis attend-il alors de vous apporter de manière ouverte et officielle un soutien ? Qu'est-ce qui se passe ?

14:45
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est son choix, c'est à lui de faire ce choix, mais ce soutien, il me paraît naturel.

14:51
Présentateur

Valérie Pécresse, le psychanalyste Sigmund Freud décrivait un lapsus comme une erreur verbale ou écrite qui apparaît comme une manifestation de l'inconscient. Est-ce que ça, c'était un lapsus ?

15:05
Valérie Pécresse

Moi, je suis une cinévore absolue.

15:07
Présentateur

Même en ce moment ?

15:09
Valérie Pécresse

En ce moment, c'est un peu plus dur, je ne vous cache pas. Dans deux mois, je me rattraperai.

15:13
Présentateur

Voilà, dans deux mois, je me rattraperai. C'était mercredi soir lors d'un échange sur Twitch avec les téléspectateurs de France 2. Était-ce un lapsus, dans le sens où, au fond, vous pensez que vous n'irez pas au deuxième tour ?

15:22
Valérie Pécresse

Mais attendez, il y a une magnifique salle de cinéma à l'Elysée et vous pensez vraiment qu'un président de la République n'a jamais aucune de ses soirées pour lui ? Je pense qu'aujourd'hui, le sujet n'est pas du tout celui-là. Le sujet, c'est de voir, de donner à voir ce que c'est qu'une campagne électorale. Une campagne électorale, c'est se coucher dès qu'on rentre, se poser. On n'a plus, même pas, un moment pour allumer un poste de télévision, pour regarder un film, pour prendre deux heures pour soi. Voilà, le marathon, c'est maintenant. Et ensuite, reprendra la vraie vie, une vie de présidente, mais une vraie vie.

16:05
Présentateur

Sur le fond, je ne veux pas revenir sur cette polémique parce que vous êtes beaucoup expliqué et puis, comme vous dites, l'affaire est close. Mais est-ce que ça ne traduit pas chez vous une difficulté à rallier deux camps de la droite qui sont opposés ? La droite, on va dire, centre droit modéré.

16:27
Valérie Pécresse

Mais aujourd'hui, le sujet ne se pose plus. Le sujet ne se pose plus. Je suis leur candidate. Je suis leur candidate. Ils m'ont désigné à l'issue d'une primaire dans laquelle toutes les sensibilités de la droite se sont exprimées. Ils m'ont désigné comme leur candidate. Je suis la personne, la personnalité qui fera le projet Nouvelle-France. Ce projet Nouvelle-France, il a des aspects extrêmement puissants sur le retour de la sécurité, de l'ordre, dans la rue, à nos frontières, dans l'école. Et c'est indispensable. Nous sommes un pays qui est totalement en crise d'autorité. Nous sommes un pays dans lequel la nation est en risque de se disloquer.

Donc oui, il y a des aspects très puissants dans mon projet. Mais il y a aussi des aspects extrêmement puissants sur les services publics. Je vous l'ai dit. Moi, je veux un sursaut national pour l'école. Je veux sauver notre système de santé. Je veux réindustrialiser la France parce qu'il n'y a pas de France qui rayonne. Il n'y a pas de Français prospères sans une industrie forte. Et puis, il y a la revalorisation du travail qui est au cœur de mon projet. Je suis la candidate à la fois de la feuille de paye et du pouvoir d'achat avec une proposition très forte qui est celle de 10% de hausse des salaires nets sur un quinquennat.

Et parce qu'il faut qu'on fasse enfin la préférence pour le travail.

17:48
Présentateur

D'un mot, comment vous faites pour augmenter nos salaires, les salaires de tout le monde de 10% ?

17:52
Valérie Pécresse

Et puis, pardon, je finis, mais il y a aussi la réinvention de toutes les solidarités, et notamment les solidarités familiales, mais pas que. Et comment est-ce qu'on relève ce défi important du grand âge ? Augmenter les salaires de 10% ? Et tout ce projet, il est fait avec un fil rouge. Réussir à sauver la planète. Et donc, la transition écologique est un fil rouge sur l'ensemble de mon projet.

18:18
Présentateur

Là, on voit bien l'intégralité du projet, mais sur les salaires, 10% d'augmentation sur 5 ans, c'est compliqué. C'est-à-dire qu'il va falloir ou que l'État mette la main à la poche, ou que les entreprises jouent le jeu.

18:29
Valérie Pécresse

Mais bien sûr, moi, je vais faire un certain nombre de réformes courageuses qu'on aurait dû faire depuis longtemps, qu'il va falloir faire. Réformes des retraites, réformes de l'assurance chômage, réformes de l'État, décentralisations massives, pour supprimer tous les doublons, pour supprimer toute cette bureaucratie qui nous étouffe. On a besoin aujourd'hui de libérer toutes les énergies. Et ça va nous permettre de faire des économies. Ces économies, je vais les réutiliser. Je vais les réutiliser pour baisser les cotisations sociales des salariés. 3% dès cet été. 3% d'augmentation de salaire dès cet été. Donc ça, c'est la part de l'État.

C'est la première part de l'État, premier acte de l'État. Ça veut dire que quelqu'un qui gagne 1 400 euros net aura 500 euros de salaire en plus sur une année. C'est pas négligeable. En baissant les charges. C'est important. C'est un premier effort de pouvoir d'achat. Mais au-delà de ça, je vais aussi permettre de libérer le travail. Ça veut dire que les heures sub seront totalement défiscalisées sans plafond. Les salariés qui ont des RTT et qui préfèrent du salaire pourront changer leur RTT en salaire. Les retraités qui voudront cumuler leur retraite avec un emploi pourront le faire librement.

Et puis, j'autoriserai les PME aussi à verser des primes défiscalisées à la fin de l'année aux salariés, comme ça a pu être le cas pendant la prise Covid. Mon objectif, c'est de faire vraiment un bouquet de pouvoir d'achat pour que les Français puissent ne plus compter dès le 10 du mois à l'europrême.

20:01
Présentateur

Et d'un mot, on va passer à l'éducation, mais comment on arrive à 10% ? Parce que là, on était à 3%.

20:05
Valérie Pécresse

Alors d'abord, on est à 3%. Ensuite, on fait une grande conférence avec les entreprises sur les salaires. On voit avec elles de combien elles sont prêtes, elles, à augmenter les salaires. Elles le font en ce moment.

20:14
Présentateur

Il faut qu'elles jouent le jeu.

20:16
Valérie Pécresse

Oui, mais elles le font en ce moment parce que l'inflation est là. Et puis, j'ajoute qu'elles doivent recruter, qu'elles doivent convaincre, qu'elles doivent fidéliser. Donc, il y a déjà une part qui sera prise par les entreprises. Et puis, on va faire un dialogue. Moi, je veux débureaucratiser, je veux dénormer. Ça va leur faire gagner beaucoup d'argent. Je veux aussi baisser ce qu'on appelle les impôts de production des entreprises pour les rendre plus compétitives. Et donc, en échange, je pense qu'elles prendront une part à cette augmentation de salaire.

Et si elles ne l'apprennent pas, je le dis, une partie des économies que je vais faire tout au long de mon mandat sera redonnée en baisse de charge.

20:58
Présentateur

Valérie Pécresse, je voudrais qu'on prenne du temps pour parler de votre projet en matière d'éducation. Et je rappelle, vous l'avez dit, que vous avez été ministre de l'enseignement supérieur de 2007 à 2011, si je ne me trompe pas. Quand on prend votre programme, parmi les mesures, il y en a une qu'on remarque. C'est la mise en place d'un examen, d'un concours d'entrée en sixième. Non, pas un concours. D'un examen, en tout cas. Expliquez-moi.

21:21
Valérie Pécresse

De quoi parlez-vous ? Non. Ce que je souhaite, aujourd'hui, c'est que nous ne soyons plus une école de l'inégalité scolaire. Les inégalités scolaires en France sont parmi les plus criantes d'Europe. Alors, comment est-ce qu'on fait ? Eh bien, on se dit qu'il faut d'abord donner les fondamentaux. Il y a toute une série d'inégalités en France scolaire. La première, c'est entre ceux qui ont les fondamentaux et ceux qui ne les ont pas. La deuxième, c'est entre les parents qui ont de quoi payer des petits cours à leurs enfants et ceux qui ne le peuvent pas.

21:55
Présentateur

Les cours particuliers.

21:56
Valérie Pécresse

Et la troisième, oui, des cours particuliers. Et puis la troisième, c'est celle entre les familles qui connaissent les bonnes orientations et celles qui ne les connaissent pas. Et moi, je ne veux plus d'une école de la sélection par l'argent et par l'échec. Alors, comment est-ce que je fais ? Eh bien, je mets l'accent sur le français et les maths aux primaires. Deux heures de français de plus, une heure de maths de plus. Et l'objectif, c'est quoi ? C'est de faire du français et des mathématiques la grande cause éducative du quinquennat. Et cet examen, en fin de CM2, c'est un examen pour vérifier que les fondamentaux sont acquis.

22:30
Présentateur

Mais est-ce qu'il conditionne l'entrée en sixième ?

22:31
Valérie Pécresse

Non, il ne conditionne pas l'entrée en sixième. On rentre en sixième. Mais si on a échoué à cet examen, on rentre dans un module ou une classe, selon la taille du collège, de consolidation. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pendant trois mois, pendant six mois, éventuellement pendant un an, on refait des maths et du français d'abord. Pourquoi ? Parce que ça ne sert à rien d'apprendre l'anglais et la physique à des enfants qui ne savent pas lire, écrire, compter correctement. Et ensuite, cette sixième de consolidation leur permet de revenir dans le parcours du collège normal et d'y réussir, pas de se retrouver en échec dès l'entrée en sixième. C'est la différenciation scolaire.

Parce que je crois que le collège uniforme, ça a généré d'immenses inégalités. Et j'ajoute que pour la tranquillité des classes, c'est aussi très important. Parce que ces jeunes, adolescents qui arrivent en sixième, sans maîtriser vraiment les fondamentaux, c'est eux qui vont devenir les perturbateurs de la classe. Et c'est eux qui vont se retrouver aussi absentéistes et à traîner dans la rue.

23:35
Présentateur

Donc on crée des classes de consolidation à côté des sixièmes classiques ?

23:39
Valérie Pécresse

On crée des classes de consolidation, soit dans la classe de sixième, on a des jeunes qui sont en module de consolidation. C'est ce qu'on fait aujourd'hui avec la réforme du lycée. On a dans une classe des élèves qui ne sont pas forcément dans le même groupe de niveau.

23:56
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire que vous créez des postes d'enseignants en plus pour ce dispositif ?

24:01
Valérie Pécresse

Alors j'ai prévu dans mon programme, vous le savez, de supprimer un certain nombre de postes dans l'administration administrante. 150 000, 200 000. 200 000 postes supprimés dans l'administration administrante, en simplifiant, en débureaucratisant, en décentralisant. Et puis je recrée 50 000 postes supplémentaires par rapport à aujourd'hui, 25 000 dans l'hôpital, 15 000 dans la justice et 10 000 effectivement dans l'éducation.

24:27
Présentateur

Je ne sais pas si vous avez vu passer cette semaine le...

24:29
Valérie Pécresse

Mais le cœur de mon projet éducatif, ce n'est pas ça. Le cœur de mon projet éducatif, c'est l'autonomie. L'autonomie donnée aux établissements, aux collèges, aux lycées. Une autonomie à la carte avec la possibilité pour les principaux et les proviseurs d'avoir des recrutements, des recrutements pour pouvoir avoir de l'initiative pédagogique, la possibilité aussi de moduler les horaires. Donc vraiment, j'ai fait l'autonomie des universités, je veux faire maintenant l'autonomie des collèges et des lycées.

Et puis je veux aussi des écoles 100% innovantes dans les quartiers les plus difficiles, des écoles 100% innovantes où là, tout le projet pédagogique sera revu et adapté pour la réussite des élèves.

25:13
Présentateur

Sur l'autonomie des établissements, on a vu que Jean-Michel Blanquer envisageait cette expérimentation et que ce n'était pas évident à faire accepter aux syndicats enseignants.

25:19
Valérie Pécresse

C'est certain que ce ne sera pas évident, mais vous savez, dans ma région, j'ai fait déjà des budgets d'autonomie. C'est-à-dire que j'ai donné des budgets aux proviseurs de lycée pour qu'ils puissent prendre un certain nombre d'initiatives pédagogiques. Et je me suis heurtée à, effectivement, plein de problèmes bureaucratiques, puisque les proviseurs ont finalement peu de pouvoir pour exercer une autonomie pédagogique dans le cadre, évidemment, d'un dialogue avec la communauté éducative. Donc il ne suffit pas de mettre de l'argent, il faut aussi déverrouiller tous ces verrous, mais on en a besoin.

Et puis je créerai une réserve éducative nationale, une réserve éducative nationale, comme il y a une réserve de la gendarmerie nationale. Je rémunérerai des professeurs retraités, des étudiants, pour venir faire du soutien scolaire gratuit. Parce que mon objectif, c'est que chaque enfant de France ait les mêmes chances. Et sur l'orientation, je la confierai aux régions, parce que je considère, là encore, que l'orientation va se faire dans un territoire donné.

Et que si on veut revaloriser, notamment, les filières professionnelles, il faut le faire avec les acteurs du territoire, parce que les élèves pourront visiter des entreprises, pourront voir des réussites, et sentiront que cet univers professionnel n'est pas un univers, j'allais dire, dans lequel on s'engage parce qu'on ne peut pas faire du général, mais c'est un univers épanouissant en lui-même.

26:36
Présentateur

Est-ce qu'il faut, comme y réfléchissent en ce moment les équipes d'Emmanuel Macron, fusionner ministère de l'Éducation, Enseignement supérieur et Culture ? On parle même du nom de Bruno Le Maire, s'il y avait un deuxième quinquennat, qui pourrait diriger cet énorme ministère.

26:50
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est un ministère, ce serait un ministère intéressant, si on mettait, c'est une vieille idée de Nicolas Sarkozy, de fusionner enseignement supérieur, éducation et culture. C'est une piste qu'on peut tout à fait envisager de suivre.

27:07
Présentateur

Sur la culture, parce que vous êtes ici à France Culture, est-ce que vous avez déjà pensé à votre première décision dans le domaine culturel, ou votre première priorité ?

27:16
Valérie Pécresse

Alors justement, sur la culture, ce que je veux, c'est que je veux faire de l'éducation artistique et culturelle à l'école le pilier de ma stratégie culturelle. Pourquoi ? Parce qu'il faut que dès la maternelle, dès le primaire, nos jeunes puissent avoir accès à la culture. Et vous savez, il y a eu le passe culture d'Emmanuel Macron, qui était une mesure essentiellement consumériste.

On donne de l'argent aux jeunes pour qu'ils puissent aller acheter des biens culturels, ou profiter d'une offre culturelle, mais on s'aperçoit que ce passe culture, il n'a pas corrigé les inégalités d'accès à la culture, parce que chaque jeune achète en réalité des biens en fonction aussi des déterminismes sociaux qui sont les siens. Donc on a vu que d'ailleurs, ça profitait essentiellement au manga, puisque il y a eu un bilan de ce passe culture qui a été fait.

Donc le vrai sujet, si on veut ouvrir les jeunes à tous les aspects de la culture, le vrai sujet, c'est vraiment l'éducation artistique et culturelle, dès la maternelle, la possibilité avec des budgets très conséquents, je veux tripler les budgets de l'éducation artistique et culturelle, l'objectif, c'est d'emmener chaque enfant voir de la culture, ou de faire venir la culture dans l'établissement scolaire, et de rémunérer aussi, par le biais du budget d'autonomie, les enseignants qui se mobiliseraient pour des projets culturels, qui aujourd'hui le font la plupart du temps, j'allais dire sur leur temps libre, et de manière totalement bénévole.

28:49
Présentateur

Valérie Pécresse, je vous présente Nora Amadi, qui juste avant cette émission présente Sous les radars, vous parliez ce samedi, Nora, de la résilience des villes face aux catastrophes, qu'elles soient climatiques, sanitaires, etc. Et vous avez une question pour la candidate LR, et faut-il le rappeler, présidente de la région Ile-de-France.

29:04
Invité

Oui, bonjour Valérie Pécresse, vous évoquez justement en début d'émission, ces urgences post-Covid, et vous les connaissez bien au titre de votre mandat en Ile-de-France. Alors les catastrophes climatiques, les canicules, les tempêtes, les catastrophes sanitaires, on a traversé une pandémie, révèlent, exacerbent les inégalités, et produisent de la surmortalité. Par exemple, dans certaines communautés d'agglomérations d'Ile-de-France, les plus pauvres, la surmortalité, pendant le premier épisode de confinement, a pu produire 2,5 fois plus de morts dans certaines villes.

Alors, on parle d'isolement social, de maladies chroniques, de déserts médicaux, d'un manque d'infrastructures, de réseaux d'aide, notamment chez les citoyens qui sont restés en première ligne. Comment, vous, présidente, vous repensez nos villes, nos territoires, pour faire face justement à ces défis climatiques et sanitaires ?

29:51
Valérie Pécresse

Il faut repenser la ville pour qu'elle soit beaucoup plus résiliente face au réchauffement climatique. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va falloir construire différemment. Il va falloir construire mieux. Mais je le dis, il faut construire aussi davantage. Et ça, c'est un message que je veux porter auprès d'un certain nombre de Français qui ne sont pas convaincus de ça, qui pensent qu'aujourd'hui, eh bien, il faut, dans les villes, construire moins. Pourquoi il faut construire davantage ?

Parce que la crise Covid a montré que le mal-logement était, j'allais dire, endémique en France et qu'on avait des centaines de milliers de familles qui étaient mal logées dans des logements trop petits et qui n'avaient pas l'espace suffisant. Et le confinement l'a révélé. Donc, il va falloir continuer à construire, construire plus, mais construire mieux. Alors, construire mieux, c'est quoi ? C'est construire des quartiers qui sont des quartiers à la fois innovants et écologiques, dans lesquels on désimperméabilise les sols, on met des îlots de fraîcheur, on remet de la nature en ville et on met des nouveaux matériaux pour permettre l'isolation thermique des bâtiments.

Parce que là aussi, vous le savez, il y a une immense injustice, c'est que plus on est pauvre, moins on a un logement isolé correctement. C'est-à-dire, plus la facture énergétique est importante. Donc, cette question des nouveaux quartiers innovants et très clés dans mon projet. Et des quartiers de vraie mixité sociale, de mixité sociale réelle, dans laquelle on trouvera tous les types de logements. Du logement social, bien sûr, mais à plus de 30%. C'est ce que j'appelle le plafond anti-ghetto et il y aura dans ces quartiers du logement intermédiaire pour les classes moyennes et de l'accession à la propriété.

31:34
Présentateur

France Culture, politique, Grégory Philippe. Valérie Pécresse, passons rapidement à la situation internationale. Et d'abord, l'Ukraine, avec encore l'intensification des bruits de bottes dans la région. Ce midi, les chefs séparatistes pro-russes des deux régions de Donetsk et de Lugansk appellent tous les deux à la mobilisation générale. Question simple, est-ce que Poutine va envahir l'Ukraine et que peut-on faire pour empêcher la guerre ?

32:00
Valérie Pécresse

Je ne connais pas les intentions de M. Poutine et je pense que personne ne les connaît réellement à ce stade. Moi, ce que je note, c'est que c'est encore une fois un camouflet infligé à l'Europe. Emmanuel Macron a fait le déplacement. Olaf Scholz, le chancelier allemand, a fait le déplacement à Moscou. Et aujourd'hui, la désescalade promise n'a pas lieu. Donc, on a aujourd'hui une Russie à laquelle il faut tenir un discours qui soit d'une fermeté d'acier. Si les actes d'agression vis-à-vis de l'Ukraine se poursuivent, il faudra des sanctions drastiques. Il faut du dialogue, mais il faut aussi du rapport de force.

32:44
Présentateur

Emmanuel Macron doit reparler à Vladimir Poutine demain. Si vous étiez à l'Elysée, que diriez-vous aux dirigeants russes ?

32:50
Valérie Pécresse

Exactement ce que je viens de vous dire. Faire la guerre à l'Ukraine est une erreur majeure. Rompre les accords de Minsk, c'est une faute. Et aujourd'hui, il faut que la Russie se retire. Si la Russie se retire, tout redevient possible. La négociation d'une vraie conférence de sécurité sur la sécurité en Europe et le fait de dire à l'Ukraine que son adhésion à l'OTAN n'est pas à l'ordre du jour. Mais ça nécessite une désescalade immédiate et un retrait.

33:21
Présentateur

Sur un autre terrain, le président de la République française a confirmé cette semaine la fin de l'opération Barkhane au Mali. La France était là-bas depuis 2013. Est-ce que c'était la seule chose à faire se retirer maintenant ?

33:32
Valérie Pécresse

D'abord, la lutte contre l'islamisme au Sahel, cette mission dans laquelle la France s'est engagée, elle n'est pas terminée. Nous ne sommes pas allés au Mali par hasard. Nous y sommes allés avec un mandat et nous y sommes allés aussi avec des alliés, des alliés européens. Je crois qu'il faut que nous maintenions la présence de nos militaires au Sahel. Le problème là encore au Mali, qu'est-ce qui s'est passé ? Emmanuel Macron a annoncé de manière unilatérale il y a quelques mois le retrait des troupes françaises.

A partir de ce moment-là, la junte au pouvoir au Mali n'a eu de cesse que d'insulter la France, de faire venir des mercenaires russes, les mercenaires Wagner et de maltraiter nos soldats, nos troupes et de les empêcher de faire leur travail. Ils ont même empêché, vous savez, des renforts de la force Takouba, des renforts européens de venir sur site. Donc, on ne peut pas payer le prix du sang avec 58 militaires tués pour un pays qui ne veut pas de nous. Donc, la décision de réorganiser notre intervention au Sahel, elle est dictée par ce comportement du Mali.

Mais là encore, je le dis, tout est parti d'une maladresse du président Macron qui a annoncé le retrait unilatéral de la France du Mali sans, je crois, du tout avoir préparé cette déclaration.

34:52
Présentateur

Troisième dossier diplomatique important, le Proche-Orient. Considérez-vous que la France doit...

34:57
Valérie Pécresse

Et je m'inquiète, pardon, sur le Mali quand même, de voir que la France en Afrique aujourd'hui n'a jamais eu aussi mauvaise presse et n'a jamais été aussi critiquée parce que je crois que le destin de l'Afrique et de la France sont totalement liés et je veux que la France garde une vraie influence positive sur le co-développement de l'Afrique. C'est pour ça que l'Agence française de développement aujourd'hui doit complètement réorienter son aide et que cette agence doit être mise vraiment au service d'une politique de co-développement de l'Afrique et pas de l'ensemble du monde. L'AFD finance aujourd'hui la Chine, la Turquie. Est-ce bien raisonnable ?

Nous avons besoin aujourd'hui d'une vraie politique de développement de l'Afrique complètement différente de celle que nous avons aujourd'hui et en partenariat gagnant-gagnant avec les pays africains. quand on voit que certains pays de l'Afrique francophone envisagent de rejoindre le Commonwealth on se dit qu'il y a quelque chose qui a été raté. Emmanuel Macron est dans la diplomatie de la posture il faudrait qu'il soit dans la diplomatie de l'action.

36:04
Présentateur

Le Proche-Orient considérez-vous que la France doit reconnaître Jérusalem comme étant la capitale unie et indivisible d'Israël ? Je vais vous dire pourquoi je vous pose la question.

36:13
Valérie Pécresse

Je crois que nous devons nous n'avons pas d'autre solution aujourd'hui que de défendre deux états et je vois aujourd'hui que la question de la Palestine est une question très délicate parce que l'autorité palestinienne est totalement discréditée c'est totalement discrédité et aujourd'hui le conflit israélo-palestinien le règlement de ce conflit est un impensé aujourd'hui de la politique étrangère de la France mais aussi des Etats-Unis Je pense qu'il faut reprendre ce flambeau d'un vrai processus de paix même si je vois que se passent en Israël des choses très importantes et très intéressantes comme ces accords qui permettent aujourd'hui de nouer des liens diplomatiques entre Israël et les pays arabes ça va dans le bon sens et moi je veux que évidemment la sécurité d'Israël soit assurée soit garantie

37:11
Présentateur

Je vous posais la question parce que l'un des artisans de votre programme diplomatique est le député Meir Habib qui est un défenseur de Jérusalem capitale Mais écoutez

37:21
Valérie Pécresse

tout le monde est libre d'avoir ses propres opinions dans un grand parti un grand rassemblement de la droite et du centre vous savez que Meir Habib est un membre du parti centriste

37:34
Présentateur

D'un mot quelle serait la définition de votre politique étrangère si vous êtes élu président de la république

37:40
Valérie Pécresse

ce sera vraiment une stratégie qui rendra à la France son influence sur le monde aujourd'hui je ne me résigne pas à voir la France subir camouflet sur camouflet que ce soit en Australie que ce soit au Mali que ce soit en Russie même sur la présidence de l'Union Européenne aujourd'hui on voit bien c'est les allemands qui décident en Europe on le voit sur beaucoup de sujets on le voit sur l'énergie où ils ont réussi à faire passer leur centrale au gaz dans le plan de relance alors que nous avons eu beaucoup de mal à y inscrire le nucléaire on le voit sur la taxe carbone qui devait produire 15 milliards de recettes et qui n'en produit que 800 millions donc ce leadership pourquoi nous l'avons perdu nous l'avons perdu parce que notre rayonnement extérieur dépend de notre force intérieure et qu'on ne respecte pas un pays qui a 85 milliards d'euros de déficit de sa balance commerciale un pays qui n'est plus une grande puissance économique un pays qui dans les relations avec le monde est donneur de leçons alors qu'il n'est pas exemplaire chez lui il est surendetté il est déficitaire

38:53
Présentateur

Merci Valérie Pécresse le temps de cette émission a été un peu réduit par les embouteillages parisiens mais on était ravis de vous avoir c'était Politique une émission que vous pouvez réécouter quand vous le souhaitez en podcast sur franceculture.fr et l'application Radio France comme chaque semaine programmation Anne-Claire Bazin préparation Brice Garcia prise de son Dimitri Paz je vous dis à samedi prochain ...

39:19
Locuteur

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