Françoise de Panafieu - On n’est pas couché 5 avril 2008 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Est-ce que tout va bien, Madame de Panafieu ?
- 0:14OuverteRéponse directe
L'UMP a conservé les 8 arrondissements qu'elle avait déjà. Vous faisiez la course pour gagner Paris ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Vous avez digéré la défaite, Madame de Panafieu ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Quand est-ce que vous avez su que c'était foutu ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Vous vous levez le matin vers 6h30, vous vous dites, j'ai une heure pour être parfaite ?
- 1:50OuverteRéponse directe
Vous vous sentez plus libérés aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« L'UMP a conservé les 8 arrondissements qu'elle avait déjà. »
- 1:00Françoise de PanafieuFait
« Ce combat-là, je l'ai vraiment livré. Et surtout, si c'était à refaire, je le referais. »
- 4:33Françoise de PanafieuFait
« C'est pour la première fois d'avoir des médias omniprésentes comme on n'en avait pas l'habitude. »
- 5:54Françoise de PanafieuFait
« Son combat est le plus difficile. La présidentielle se compare à aucune autre chose en politique. »
- 6:50Françoise de PanafieuFait
« Bertrand Delanoë n'est pas perçu comme un mauvais maire. »
- 10:25Françoise de PanafieuFait
« Il m'a dit, voilà, j'ai entendu le message, et bien voilà, le rendez-vous, on prend un rendez-vous. »
- 11:52Éric ZemmourFait
« La sociologie des grandes villes est de plus en plus difficile pour la droite. »
- 20:51Françoise de PanafieuPromesse
« Je vais aller regarder comment se pratique la diversité dans nos entreprises. »
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Présentateur 215 %
- Présentateur 314 %
- ?8 %
- Invité6 %
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Tout
à l'heure, en début d'émission, je vous demandais, Madame de Panafieux, si tout allait bien, parce que c'est vrai que c'est toujours difficile de se remettre d'une défaite, même si, effectivement, vous avez gagné dans votre arrondissement, dans le 17ème. Après tout, l'UMP a conservé les 8 arrondissements qu'elle avait déjà. Bon, en même temps, au départ, vous faisiez la course pour gagner Paris. On est d'accord ? Oui, bien sûr. Aujourd'hui, c'est digéré, c'est oublié, déjà.
Là,
je prends la technique Béart. Allez. Oui. Metsiez-vous, parce que
vous
n'avez pas vu la totalité avec Emmanuel Béart. J'insiste beaucoup dans ce cas-là, beaucoup. Je suis très têtu, vous savez, je suis normand. Alors, vous avez digéré
la défaite,
Madame de Panafieux ? Oui. Oui.
Oui,
c'est une... à la fois, c
'est
vrai que c'est une défaite, puisque je ne suis pas maire de Paris, mais quelque part, ce combat-là, je l'ai vraiment livré. Et surtout, si c'était à refaire, je le referais. Voilà, je n'ai pas à en rougir. Quand est-ce que vous avez su que c'était foutu ? Est-ce que vous le saviez avant le premier tour ? Oui. Oui
? Oui.
Dans ces cas-là, c'est ce qu'il
y a
de plus difficile, j'imagine, c'est de continuer à se battre en sachant que c'est foutu. Mais je l'ai su en janvier, je crois, quelque chose comme ça. Et donc, je me suis dit, il reste 4 mois. Et là, il va falloir que personne ne
s
'en doute. Voilà. Donc, vous vous levez le matin vers 6h30,
puis
vous vous dites, j'ai une heure pour vraiment être parfaite.
Puis
à partir de là, on n'en démore pas pendant 14h dans la journée. Voilà. On y va.
C
'est dur, une campagne électorale. On est épiés, surveillés. On doit faire attention à tout ce qu'on dit. Tout. Vous vous sentez plus libérés aujourd'hui, plus tranquilles, finalement. C'est ce que moi, je pense.
Je
pense que si je devais choisir là, aujourd'hui, je préférerais être à la place de Françoise de Panafieux qu'à celle de Bertrand Delano. Et parce que c'est lui qui va les avoir les emmerdes maintenant. Vous êtes tranquilles, là.
Mais est-ce que vraiment... L'arrivée est
plus agréable. Est-ce que vraiment, vous vivez les uns et les autres pour être franchement tranquilles et plan-plan ? Non. C'est pas ça
?
Au fond, c'est... Non, bien sûr que j'aurais aimé... Être
maire de Paris. Être
maire de Paris, parce que quelque part, on porte en soi sa ville et on a envie de lui apporter le meilleur.
Donc, je
suis quand même passée à côté de quelque chose. Faut quand même le reconnaître. Mais à la fois, peut-être aussi, vous voyez, au fond, on livre un combat et puis après ça, on se voit. On est entre gens, j'allais dire, normaux, civilisés. Et donc, cet après-midi,
j
'ai passé... Bertrand Delano et m'a appelé, après cette campagne. Il m'a dit, ben, c'est vrai qu'on s'est pas vus pendant 7 ans.
Ben,
je lui ai dit, je suis très contente de voir votre bureau.
Il
m'a dit, vous venez. Et puis, on s'est vus cet après-midi calmement.
Et
on a continué une conversation, mais pas sur le mode de la confrontation. J'allais dire, c'était... Voilà, on parlait chacun. Ça
fait du bien. C'est la manière
dont on voyait Paris. Et voilà, c'est une bonne chose. Au fond, de temps en temps, il y a la concurrence forte.
Et
puis, de temps en temps, sans parler de complicité pour autant, il y a cette sorte d'échange qui est quand même très enrichissant. Vous doutiez que j'allais vous poser la question. Il n'est donc pas un tocard, Bertrand Delano
et... Non. Bon,
j'ai dit tocard. Et si ça l'a blessé, je l'ai dit, je retirerai ce mot.
C
'est la victimisation que je ne comprends pas. Et quand son porte-parole a dit de moi, c'est une femme sous tutelle.
Ou
je cite, entre guillemets, elle a un programme de merde. Comme ça a été écrit, donc, dans Libération, pour bien citer les sources. Ça ne m'a pas fait entièrement plaisir. Mais à ce moment-là, je me suis dit, est-ce que je me victimise ou pas ? Puis je me suis dit, oh, non.
J'en verrai d
'autres. J'en verrai d'autres. Et là, vous, vous pensiez qu'effectivement, il n'avait pas de raison de relever spécialement cette insulte de
mon effort. Ceci dit,
si ça fait de la peine, on retire. Ça ne vaut vraiment pas la peine de faire de
la peine. Mais alors, pourquoi vous l'aviez
dit
? Bon,
il passait très vite. Il allait voir des caméras et des journalistes qui étaient là. Et donc, il s'y précipitait. Et donc, j'ai dit, ah, ça, c'est vraiment tocard, quoi. Mais c'était dans une situation particulière. Et
puis
après ça, là, ça me fait venir à quelque chose de précis. Ça, c'est vrai que, et je vous le dis, ce dont j'ai probablement pas mal souffert dans cette campagne, c'est pour la première fois d'avoir des médias omniprésentes comme on n'en avait pas l'habitude. Internet, particulièrement.
Voilà. C
'est-à-dire que vous êtes tout le temps pris. Au fond, jamais, si vous voulez, on est libre. Il y a tout le temps un petit micro qui est au-dessus de notre tête et qui pioche ici ou là des paroles qu'on peut dire. Un téléphone portable. Un téléphone portable qui enregistre votre photo. Et puis, un quart d'heure après, vous êtes sur Dailymotion.
Et
ça, ça a profondément modifié le rapport que nous avons eu, nous le sommes tous dit après, avec les médias ou même avec l'autre.
C
'est-à-dire qu'on est beaucoup plus obligés de se contrôler en permanence. Parce qu'il
y
a des choses qu'on se dit et qui ne sont pas là pour être redonnées dans les médias, comme tout le monde le fait, présent
dans cette salle. On a vu tout à l'heure Zemmour et Nono. C'est pour ça que la démonstration
de Jean-Luc Lemoyne était probante. Et on se retrouve piégé.
Et
on se retrouve piégé. Et ça,
c
'est compliqué parce que ça change complètement notre rapport à l'autre. Ça m 'amène à la question suivante parce que vous êtes une femme candidate à Paris qui a perdu. Sébouane Royal est une femme qui était candidate à la présidentielle qui a perdu. Est-ce que, comme pour elle, pour vous, finalement, ça vous a nuit, le fait d'être une femme
? Je
ne pense pas.
Et
je pense d'ailleurs qu'il ne faut pas confondre son combat et le mien. Son combat est le plus difficile. La présidentielle se compare à aucune autre chose en politique. C'est clair. Donc il faut arrêter là et en se disant, je me desserre quelque part. Mais je veux être honnête. L'exercice qu'elle a fait est beaucoup plus difficile que l'exercice que j'ai fait. C'est clair. Deuxièmement, on arrivait sept mois après la présidentielle. Et ça, quel que soit le gouvernement en place, on sait, nous, les politiques, que c'est la grande période de creux. Qu'il y
a
quatre, cinq mois à traverser qui sont quand même compliqués à gérer. Un tournant compliqué à gérer. Et on tombait pile dedans.
Et
quand j'ai vu le président de la République, il y
a
quelques jours, dans son bureau, il m'a dit, tu étais venu me voir avec Michel Barnier pour me dire, attention, on va être au septième mois, tu sais ce que ça veut dire. Et il était allé à ce moment-là devant le congrès des maires de France. Et les maires de France avaient dit, non, on ne change pas le calendrier électoral. Mais nous, nous le savions qu'on était dans la période qui était vraiment, vraiment
dure. Vous avez
préféré que ce soit à la rentrée prochaine. Et puis probablement aussi, parce qu'il faut reconnaître aussi à César ce qui est à César, au fond, Bertrand Delanoé n'est pas perçu comme un mauvais maire. Il est perçu plutôt comme un bon maire par les Parisiens. Et surtout, il était en bout de premier mandat. Et c'est vrai à Paris. Mais alors, comme en France, au fond, son maire, on peut commencer à s'enlacer à peu près mi-deuxième mandat. Éric Nolo et Éric Zemmour. Nolo d'abord.
Avec mon camarade Zemmour, on vous en veut un peu, Madame de Panaffieux, parce qu'on avait reçu Bernard Debray avant vous, il y a quelques mois. Et on vous avait défendu auprès de lui. Ce qu'il avait dit, en gros, Françoise de Panaffieux n
'a
pas le niveau. Elle va dans le mur. Éric était venu à votre secours. Il avait dit, vous vous en prenez à elle parce que c'est une femme. Vous bafouez les valeurs féminines en politique qui me tiennent tant à cœur. Ça avait été très, très émouvant et un peu inattendu, il
faut
bien le dire. Et moi, j'avais dit, non, au respect de la démocratie, vous avez été désigné tout à fait démocratiquement. Alors, je commence de manière un peu plaisante, parce que vous avez fait un peu le point entre le local et le national, ce qui a joué au plan national et au plan local. Moi, maintenant, je voudrais, dans votre idée, que vous nous disiez ce qui relève d'un échec personnel et d'un échec collectif
dans
cette défaite.
Parce
qu'on voyait bien que vous n'étiez pas soutenu à 100% par tout votre parti.
Vous avez
raison de dire ça. Même
si
vous n'avez pas été lâchée, en revanche, par le président de
la République.
Oui, mais vous avez raison de dire ça. C'est vrai que vous avez cité Bernard Debré pour en parler. Au début, il a fortement contesté parce qu'il estime toujours que c'est lui qui doit. Ça, c'est son caractère, c'est son tempérament. Et puis après, il faut faire avec.
Et
ce n
'est
pas moi qui le changerais. Et puis,
de
toutes les manières, je crois que passer la quarantaine, on ne se change pas trop. Bon, alors voilà.
Disons
qu'il a passé la quarantaine.
Ce que
je voudrais peut-être dire aussi, c'est que c'est compliqué une élection municipale parce que contrairement à l'élection des députés législatives, c'est quelque chose qu'il faut jouer complètement en groupe.
On
est des listes avec des têtes de liste, des tempéraments très difficiles
parce
qu'on a tous un égo très fort.
Et
les politiques ont un égo très fort. Donc, il faut savoir composer avec les uns, avec les autres, essayer d'aplanir ici et là les difficultés. Alors, qu'est-ce que j'ai fait, moi, comme erreur
? Je
pense que j'ai essayé d'aller sur des choses que moi, je trouvais essentielles.
Mais
que les Parisiens, aujourd'hui, ne veulent pas trop entendre.
Par
exemple ? Par exemple, le logement insalubre.
En
disant, mais écoutez, on a mis tellement d'argent, 1,8 milliard d'euros sur la voirie, il reste encore 700 immeubles insalubres où les gens peuvent cramer comme des allumettes
d
'un instant à l'autre. Alors, qu'est-ce qu'on fait, là
? Vous
ne croyez pas qu'il faut mettre de l'argent là-dessus ? Parce que ce n
'est
pas possible que les gens visent de manière aussi indigne. Et je pense qu'aujourd'hui, la population n'est pas complètement prête à entendre ce message. – M. Delannoye, puisqu'on vient à l'apprendre, vous nous l'avez dit, c'est gentil, que M. Delannoye, vous avez reçu cet après-midi dans son bureau. Ça veut dire que comme M. Sarkozy, peut-être qu
'il
vous a proposé une ouverture
? – Non,
je lui
avais
fait le reproche, c'est vrai, pendant la campagne. Je lui avais dit, ça fait 7 ans que vous êtes maire, et jamais vous n'avez reçu aucun maire d'arrondissement
d'opposition,
de droite. Or, il faut savoir aussi l
'échanger
normalement. Enfin, je veux dire, ce n
'est
pas parce qu'on a des opinions politiques différentes qu'on ne
peut
pas se parler les uns et les autres. Donc je lui avais dit, mais attention là, parce que c'est trop d'ostracisme, quoi. Et donc après, il m'a téléphoné, et il m'a dit, voilà, j'ai entendu le message, et bien voilà,
le
rendez-vous, on prend un rendez-vous. Et donc il a eu lieu cet après-midi. – Mais il ne
vous
a pas proposé d'adhérer au Parti Socialiste ? – Pas encore. – Pas encore,
ce n'est pas
dans
votre idée. – Moi,
je vous y verrai bien,
parce
que vous avez un trait commun avec les socialistes, c'est que les idées vous viennent après les défaites. – Moi,
c
'est... – Oui,
le PS n'avait pas une idée
pendant la campagne électorale. Maintenant, on les a tous reçus. Ils fourmillent d'idées, ils font des livres épais comme ça. Et puis même vous, vous avez eu des déclarations un peu étranges qui ont été reprises par Jean-François Lamour, en disant, oui, au fond, on n'a fait que s'opposer à Delanoé, dénigrer son action sans assez proposer. Donc voilà pourquoi je vous trouve un point commun avec le PS, c'est que les idées vous viennent après. Vous êtes très bonnes dans l'opposition, peut-être que les idées vous viennent un peu trop tard.
– Non,
mais je vous enverrai mon projet.
–
Dans la gueule, non, non.
– Et
avec la
voix la plus soave au monde,
parce qu'il est
tard
ce
soir.
– Éric Zemmour. – Alors, moi d'abord, Éric a rappelé notre entretien avec Bernard Debray dans cette émission il y a à peu près un an, je pense.
–
Un an, oui. – Un an, et j'avais dit à l'époque, de toute façon, c'est plié, Delanoé a gagné.
Donc
je ne m'étais pas trop trompé. – Et en revanche, dans la troisième dimanche dernier. – Oui.
–
Non, mais je disais ça pas seulement pour vous. Je pensais que vous n'étiez pas forcément la meilleure candidate face à Delanoé, mais je pense plus profondément, et là, ce n
'est
pas de votre faute, que la sociologie des grandes villes est de plus en plus difficile pour la droite, parce qu'il y a la fuite comme ça des petites classes moyennes qui sont chassées par la hausse des logements. et il y a uniquement maintenant ce qu'on appelle le fameux électorat bobo. – Ce n'est
pas vrai. – Attends, je n'ai pas fini. – Ce n'est pas
vrai. – Si, si, c'est largement vrai. Il y a un électorat populaire, justement, je vais y venir. Mais laisse-moi finir. – Faites attention, ça va faire partie du prochain actuel.
– Absolument.
– Alors, justement,
tout l'angle,
alors, ce vieux ménage, là,
ce vieux coup. – Vous n'avez pas vu les enfants. –
Alors, moi, ce que je vous reprocherais, justement, ce n
'est
pas d'avoir dit tocard et d'avoir été... Moi,
je
trouve qu'au contraire, vous ne l'avez pas assez attaqué. Je ne me permets pas de donner des leçons. Je n
'ai
jamais fait de campagne électorale et je sais que c'est difficile. Mais vu de l'extérieur, vu comment...
– Il aurait
fallu assumer le tocard.
–
Oui, assumer le tocard et taper plus Delanoé. – Super
tocard. –
Mais oui, mais oui. – Non,
mais
moi, vous savez, ça fait 15 ans que je suis journaliste politique. J'en ai suivi, des campagnes. Et je vous assure que c'est très dur. Moi, j'ai vu,
c
'est beaucoup de... C'est très, très dur. Et ceux qui sont durs gagnent. C'est comme ça. Je suis désolé de le dire, mais c'est comme ça. Donc, bon. Deuxièmement, je trouve que, justement, on parlait des bobos et on parlait de l'électorat populaire. Madame de Panafieux a été choisie pour... C'est le complexe, justement, bobos de la droite qui veut essayer de récupérer ces électeurs-là, qui, donc, présente une femme, qui, donc, présente une femme qui dit « Moi, je suis moderne. Je regrette de ne pas avoir voté le Pax. » Et du coup, oui, qui passe son temps à s'excuser d'être de droite, qui passe son temps à essayer de séduire un électorat qui, de toute façon, vote à gauche.
Et vous n'avez absolument pas dragué l'électorat populaire. Ce que je veux dire, c'est que vous êtes contentes d'avoir sauvé vos 8 arrondissements. D'abord, c'est grâce à Tibérie, en particulier. Donc, comme preuve de féminisation et de renouvellement, c'est limité. Deuxièmement...
Ah, il y a Xavier, vous oubliez. Xavier. Ah
oui, Xavier. Moi,
j'aime
beaucoup Tibérie, mais reconnaissez que c'est grâce à lui que, finalement, la défaite a été moins outrageante qu'elle aurait pu l'être. Mais c'est grâce aux 8 ? Non, non,
non.
Attendez.
C'est
-à
-dire...
Après... Non, non, pas du tout. Ensuite... C'est grâce aussi à Philippe Meilleur. Et
c'est grâce à Jean
-François Leclerc.
Non, non, mais ensuite... En premier, c'est grâce à... Mais non, mais non, mais non, mais non.
Ensuite, vous oubliez... Non, mais vous oubliez que, en 2001, Delanoé est encore minoritaire. Qu'il ne gagne que parce qu'il y a deux listes. Vous êtes d'accord avec moi, quand même. Qu'il y a Séguin et qu'il y a
Tibérie. Et que là, vous étiez tout seul. Alors, je veux bien
que vous n'ayez pas été soutenu comme il fallait, mais ça,
c
'est toujours comme ça. Ségolène aussi, hein. Ceux qui avaient été bâtis au PS. Bon. Mais au moins, vous étiez tout seul. Et dans une ville qui est à droite depuis la fin du 19e siècle. Donc, si vous voulez, vous aviez quand même des atouts. Donc, ce que je veux dire, c'est que vous devriez, d'après moi, vous poser des questions sur votre campagne.
Vous n'allez pas la
faire pleurer maintenant, enfin,
écoutez. Je ne veux pas la faire
pleurer.
Vous êtes en train de lui dire
que c
'est
de sa faute. Non, je... Oui, ben oui. Ben oui, je pense qu'il y
a
une partie de sa faute.
Ah.
Je
pense que...
Ah.
Bon.
Non, mais attendez, sûrement. Simplement, là, ça s'est passé il
y a
une dizaine de jours. Et donc, je n
'ai
pas fait une sorte de bilan de ce que j'avais fait de bien et de
ce
que j'avais fait de mal. Mais enfin, quand il y a eu une défaite, on ne peut pas dire... Si ça avait été une victoire, ça aurait été ma victoire. Voilà. Si c'est une défaite, c'est ma défaite. Enfin, je veux dire, allez, on ne va pas se raconter d'histoire. Juste. Bon.
On est bien
d'accord. Justement, vous pouvez fermer les yeux si vous n'avez pas envie de revoir ça. Mais on vous a vu pleurer à la télévision. Non, non, je
n
'ai pas vu.
Là, quand
même, l'ampleur de ce qui s'est passé est telle que... Ce qui est compliqué, c'est de se dire. Un, j'ai fait le job. Deux.
Ben
voilà, j'ai perdu. On a perdu.
Ben,
la première semaine, j'en ai un
an, ça, ceci.
La deuxième semaine, j'en ai
un an,
ça, cela. Ça, c'est compliqué.
Mais
au fond, une fois que c'est fait, c'est fait.
Alors, vous étiez malheureuse tout de même. Très malheureuse. C'est touché. Je pense qu'au contraire, on devrait les montrer encore plus souvent. Parce que là, avec
des images
comme ça, en 2014, vous gagnez.
Là,
ce qui s'est passé,
c
'était le lendemain du premier tour. Exact.
Et
ça, ce sont des nuits où on ne dort pas. Puisque jusqu'à une heure du matin, on attend. Et après ça, on refait les calculs. Et on voit pourquoi et pourquoi pas. Et on reçoit les uns et les autres. Et on passe des coups de fil à ceux qui se sont fait rétamés. Donc, c'est un passage qui est compliqué quand on n
'a
pas le vent en poupe. Bon, c'est une nuit difficile.
Et
puis, c'était une journaliste, Vanessa Schneider, qui faisait très bien son job. Enfin, elle m'avait dit, est
-ce
que je peux vous filmer ? Je vous promets, je ne ferai rien passer avant le deuxième tour. C'était pour Canal+. Et je savais que je pouvais avoir confiance dans cette fille qu'elle ne ferait rien avant le deuxième tour.
Et
quand je suis arrivée le lundi matin, après ce premier tour, elle était là.
Et
je lui ai dit, Vanessa, pour l'instant, je n
'ai
pas beaucoup parlé. Parce que c'est vrai que ça faisait quelque temps que j'avais intégré le fait qu'on avait perdu à Paris. Et je ne pouvais rien me laisser comme champ. Donc, j'étais complètement... Je me conditionnais le matin, puis j'y allais. Et pour que les journalistes disent, elle est extraordinaire. Et pour que les gens que je rencontre dans la rue disent, oh, ben, elle est vraiment super et courageuse, etc. Voilà. Je me disais, quelque part, je porte un peu de l'honneur de mon camp. Un peu. Bon. Donc, j'y allais.
Mais
là, c'était le lendemain du premier tour.
Et
donc, elle est arrivée. Elle m'a dit, alors, c'est difficile. Ben, j'ai dit, ouais, c'est compliqué.
Et
elle m'a dit, et dimanche prochain, c'est fini. Ah ben, j'ai dit, non, c'est pas fini dimanche prochain.
Parce
que là, j'entame une deuxième étape.
C
'est-à-dire que, eh bien, dans la semaine suivante, il faudra que je laisse
la
présidence du groupe à l'hôtel de ville.
Et
puis, je vais installer à la mairie du 17e arrondissement une
fille
formidable, qui a 45 ans, qui est très proche du terrain. Et c'est elle qui se présente aux législatives. Il faut qu'elle ait vraiment cet atout et cette chance en main. Puis maintenant, c'est la génération qui arrive, quoi. Il y a 45 ans qui arrive. Voilà, c'est bien. C'est ça qui est porteur d'avenir. Et tout à l'heure, vous disiez à juste titre, tous les deux, que Paris change beaucoup, a beaucoup changé de population. Et cette génération-là, il faut qu'elle ait sa chance.
Et
puis moi, mais je ne me mets pas à la retraite. On ne
me
demande pas de partir. Je vais aller à l'Assemblée nationale. Je vais m'investir dans mon travail de député, parce que je reste député. Et je me représenterai à la députation. Je vais rester conseiller de Paris. J'ai ma permanence. Je vais tenir mes permanences toutes les semaines. Donc, je serai très proche de la population. Vous
avez voté pour
vous
? Mais voilà.
C'est pour vous qu'ils avaient voté
? Non, pas pour
moi. Ils ont voté. Écoutez,
je veux bien avoir un égo
surdimensionné. Enfin, ils ont voté
pour une liste... C'est votre nom
sur le bulletin. Ce
n
'est pas une question d'égo. C'est
la démocratie. Je vais
voté pour une liste qu'ils ont vue sur l'affiche et que je dirigeais. Et je mets en place le renouvellement. Vous ne pouvez pas à la fois dire « Oh là là, c'est quoi ces élus qui ont 80 ans et qui ne laissent pas la génération suivante s'exprimer ? » Et puis, j
'ai
huitement vous étonné lorsque il y a les 45 ans qui débarquent. Et
vous vous
présentez... C
'est
normal. Vous vous
présentez, vous
êtes élu et vous ne voulez pas être maire. Ça, je ne comprends pas.
Je comprends très bien
votre réaction. Vous craquez,
vous êtes fatigué. Ça, c'est bon. Je reste une
personne responsable. Simplement, je ne me mets plus tête de groupe, mais je suis dans le groupe.
Vous êtes sûr que vos électeurs
prennent la chose
comme ça ?
Et je leur ai écrit une lettre. Je peux vous dire que vous pouvez vous promener maintenant dans le 17ème avec moi. Ils me disent « Chapeau l'artiste ! » Voilà ce qu'ils disent. C'est tout.
Vous
n'aviez plus envie. Non ? J'ai envie. Ah oui. Vous êtes vous
?
Non, mais j
'ai une tête...
C'est
même
uniquement par générosité. J'ai une tête de pas envie. Je ne vous fais pas envie. Non. Le panafieux, tout à l'heure, il parlait des bobos. Je ne vous trouve pas bobos.
Je
vous trouve belle
-belle. Moi non plus. Je ne vous trouve pas
bobos. Voilà. Je
vous trouve
belle-belle. Non, mais on peut s'interroger. Il a raison. Non, non. On peut s'interroger. Moi, je ne pense pas que les électeurs soient... C'est trompé. Ça, peu importe. Ce n
'est
pas ça. La question, c'est pourquoi vous n'avez pas eu envie de rester maire du 17ème alors que
vous étiez... Parce que je
me suis dit qu'à un moment, il fallait que je passe un témoin.
Et
je me suis dit là, mais qu'est-ce que je vais faire ? Je vais rebeloter, refaire la même chose, ne pas apporter plus que ce que j'ai apporté aux habitants. Alors que je peux mettre en avant une fille qui a 45 ans. Elle n
'est
plus toute jeune, à 45 ans. Elle est dans la
force de l'âge. Je vous en prie. Ah, vous voyez
! Elle
n'a
pas 20 ans. Elle est dans la force de l'âge. Et à ce moment-là, elle se prépare, elle, pour de nouveau aller aux législatives, pour assurer la suite. Et puis moi, je suis derrière. Et en cas de besoin, je suis toujours là. Et puis je tiens mes permanences. Et puis je fais attention à mon arrondissement. Et puis je défends les gros dossiers. Et puis je
suis députée. Et puis je m
'investis dans mon travail de députée.
Et
puis est-ce que vous serez ministre ? Voilà la question que j'ai envie de vous poser. Pour l'instant, qu'est-ce que je fais ? J'ai accepté une mission que m'a confiée le président de notre groupe, Jean-François Copé. Et je vais aller regarder comment se pratique la diversité dans nos entreprises. Parce qu'il semble que certaines entreprises pratiquent cette diversité, fassent attention uniquement aux critères professionnels pour embaucher, à l'embauche. mais que d'autres peuvent faire intervenir d'autres critères qui ne sont pas souhaitables. Donc je vais aller regarder ce qui se passe. J'ai deux mois pour rendre un
rapport là
-dessus.
C
'est une belle mission. Et pour regarder ce que l'on peut faire, non pas sous forme de loi, mais peut-être pour promouvoir les entreprises qui font un vrai travail dans
le domaine. Et favoriser l'égalité
des chances
à l'embauche. Et favoriser
l'égalité des chances à l'embauche. Ben ça, ça me passionne. Bon,
très bien.
Parce que c'est vrai, ça manque. Dans votre CV, Eric Zemmour, qui connaît votre parcours aussi bien que moi, mieux sûrement, même, c'est que vous avez été jupette très peu de temps, ça veut dire. Ministre, pendant combien de temps, jupette ? Presque six mois. Six mois, voilà, ça c'était quand même la grosse déception. Vous n'êtes plus fâchée avec Alain Juppé. Non, pas du tout. C'est fini cette affaire. Ah non, mais je vais vous dire, et on s'est reparlé la semaine dernière au téléphone.
Enfin,
j'ai dit, non, non, c'est terminé, ça. Zemmour, pour conclure, là-dessus. Je pense que les gens qui ont un peu d'expérience politique, et j'en connais d'autres, à part Mme de Panafieux, n'ont pas du tout envie de devenir ministre dans ce gouvernement. Ah oui ? Oui, tout simplement parce que les ministres n'ont aucun pouvoir dans ce gouvernement. Je ne parlais pas de celui-là, je parlais du prochain, moi, évidemment. Oui, mais c'est la même chose avec...
Ça sera la même chose. Ben, je
le crains. Mais d'être ministre n'est pas une fin en soi, pour moi. Ben,
surtout dans le gouvernement d'Arcogène. Mais ce n'est
même pas ça. C'est que ça n'est pas une fin en soi. Moi, j'estime qu'il n
'y
a rien de plus passionnant que d'essayer d'anticiper, de comprendre les mouvements de la société dans laquelle on vit, d'aider les gens qui ont eu... Non, mais
d'accord, mais ça, on ne fait pas de politique. ...de vous
avoir remarqué. Et honnêtement, je me satisfais très bien de ce que j'ai en ce moment. C'est quand même une consécration. Je vous dis ça, pourquoi ? Parce qu'on a retrouvé des images qui vont certainement vous émouvoir, des images où votre papa apprenait la nomination de votre maman dans un gouvernement, parce qu'elle n
'a
pas été ministre. Votre maman aussi. Et regardez comment il était fier et comment il réagissait au fait que son épouse devienne secrétaire d'État elle aussi. Immanquablement, si l'on évoque le nom de Missov, on songera au ministre du général de Gaulle, à l'ambassadeur de France au Japon. Pourtant, ce n'est pas de François Missov dont il sera question aujourd'hui, mais de sa femme, Hélène, nommée secrétaire d'État auprès du ministre de la Santé et de la Sécurité sociale.
Bonjour, ça va bien
? J
'ai la chance d'appartenir à une famille très nombreuse, très unie. C'est pas
sa voie. Si vous voulez, si bien qu'on
trouve
dans
la vie une amitié, une chaleur, une affection,
une
entraîne, qui sont vraiment à bien précieux et qui vous suivent tout au long de votre existence. Je crois que quand on est adulte, le poids de l'enfance est très très important, au fond, de quitte jamais tout à fait son enfance. C'est la grande responsabilité des parents vis-à-vis de leurs enfants. Eh bien, c'est beaucoup de joie pour elle puisqu'elle était très contente. Et puis, pour moi, beaucoup de fierté aussi parce que ça semble peut-être ridicule, si vous voulez, de dire qu'on a épousé la femme qu'on trouve la plus intelligente du monde. Eh bien, pour mon cas, c'est ce que je pense. Donc, je pense qu'elle réussira très bien.
Voilà pourquoi je vous pose la question à vous aussi. Ce serait une fierté. Je vais vous raconter quelque chose. Lorsque je suis arrivée dans mon bureau
de
ministre du Tourisme,
la
première chose que j'ai faite,
ça
a été de décrocher mon téléphone. Je l'ai appelé. Et je lui ai dit, tu sais d'où je t'appelle
? Eh
bien, moi aussi, j'y suis. Alors, à ce moment-là, il m'a dit, écoute, Françoise, un, bravo, parce que tu l'as mérité, et deux, tu n'oublies jamais que tu seras beaucoup plus ancien ministre que ministre. Il ne savait pas comme il avait raison. Oui, cinq
ou six mois, à cause des Jupètes, tu dirais du
gouvernement Alain Juppé.
On
va vous remercier d'avoir accepté. Merci. Cette invitation, d'abord parce que c'est toujours un plaisir de vous recevoir, et c
'est
sincère.
Ensuite, parce que
ce n
'est
pas toujours évident, je dois le dire, quand on a perdu une élection, puisque c'est le cas, un, de le reconnaître, parce qu'on a vu des gens sur les plateaux quand même dire tout le contraire à plusieurs reprises, et deux, de venir sur un plateau, s'exposer et l'expliquer. Alors, deux fois, bravo et merci. Merci beaucoup. Merci.