Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 19 juin 2026 22 min

LFI : décrié, le concert... finalement autorisé - 19/06

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Mais d'abord, cette toute dernière information que nous vous avons appris en fin de journée. La série de concerts organisée par la France Insoumise, place de la République à Paris, dimanche, aura bel et bien lieu de 18h à minuit. Elle avait été interdite tout d'abord par arrêté préfectoral, mais le tribunal administratif de Paris en a décidé autrement aujourd'hui. Bonsoir Manon Aubry, vous êtes députée européenne de la France Insoumise, co-présidente du groupe de la gauche au Parlement européen. Merci d'être là ce soir pour en discuter avec nous et avec Charles Sapin. Bonsoir éditorialiste politique au point et Aurore Malval.

Bonsoir Aurore, grand reporter au service politique de Marianne et avec nous à distance. Yann Asioma, superviseur du syndicat de police Alliance. Le tribunal estime donc Manon Aubry que les risques de troubles à l'ordre public invoqué par l'arrêté pour justifier l'interdiction pas suffisamment justifiée de votre série de concerts. Finalement, ces troubles ne sont pas justifiés. La venue des rappeurs Médine et Sosso Manès, notamment, on en reparlera. Les deux rappeurs qui posaient problème n'étaient pas prévus. Ce soir, c'est une victoire pour vous ?

0:58
Invité politique

Je crois d'abord que ce soir, c'est un énorme camouflet pour le préfet de police de Paris et derrière, manifestement, les ordres politiques macronistes qui sont venus de plus haut. Et dans notre pays, l'état de droit prévaut. Et je crois que les raisons invoquées pour interdire cet événement, cette fête de la musique, ont été démontées en main par le tribunal administratif qui a juste fait primer le droit. Parce que les raisons invoquées pour interdire cet événement... J'invite tout le monde à aller lire la décision du tribunal administratif. Elle n'est pas très longue et il justifie le rejet de cet arrêté préfectoral pour trois raisons.

La première, d'abord, cet arrêté était tellement loufoque qu'il mentionnait des personnes, des artistes. Je pense à Manès et à Médine qui n'étaient même pas prévus de jouer dans cet événement. Donc la première des choses, quand vous êtes préfet, apprenez à lire, regardez qui était prévu à notre événement. Et d'ailleurs, ils disent qu'en bien même, ils seraient prévus, il n'y a pas de risque de trouble à l'ordre public.

2:10
Présentateur

Ce sont des rappeurs, précisons, qui vous soutiennent régulièrement, qui peuvent apparaître aussi dans des meetings à la FI, je pense à Médine notamment.

2:16
Invité politique

Qui n'ont jamais été condamnés de quelque manière que ce soit. Ça, c'est la première raison pour laquelle le tribunal administratif a débouté le préfet.

2:23
Présentateur

Ce sont Manès, on rappelle qu'il avait dit que tout le monde déteste la police quand il avait chanté à la fête de l'Huma. Ah, mais il n'a pas été condamné.

2:28
Invité politique

Exactement. Vous aviez un documentaire juste avant sur M. Bruel qui lui est mis en examen pour des faits extrêmement graves. Je ne crois pas d'ailleurs que sa tournée ait été supprimée ou annulée d'une manière ou d'une autre. Et je pense que les troubles qui causent à l'ordre public sont bien plus importants. Je termine juste sur la décision administrative parce qu'elle est très importante. Première raison, non, il n'y a pas de trouble à l'ordre public. Et en plus, les décisions, ce sur quoi ça se fondait, c'était loufoque.

Deuxième raison, et je cite, il ne résulte pas de l'instruction que les organisateurs aient été impliqués dans des violences entre groupes antagonistes de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite. Donc il n'y a aucune raison de penser qu'il y a quelque violence que ce soit. Et d'ailleurs, la France insoumise n'a jamais été impliquée dans quelque violence que ce soit. Et troisième raison, sur la sécurisation, le juge confirme que la préfecture a les moyens de sécuriser cette fête de la musique. Bref, ce qu'il faut retenir ce soir, c'est que dans un état de droit, toute tentative de censurer des événements, à fortiori des événements festifs, comme la fête de la musique, n'ont pas leur place.

Et je regrette qu'on doive en arriver là. Mais je terminerai parce que j'ai envie d'être de bonne humeur, qu'il est vendredi soir, qu'on est tous écrasés par la chaleur et qu'on va avoir une bête fête de la musique dimanche. J'ai envie de dire merci au préfet de la police parce qu'il nous a fait une pub incroyable. Maintenant, il n'y a pas un parisien qui n'aura pas entendu parler de cet événement. Donc rendez-vous dimanche place de la République à 18h et vous verrez que ce sera une belle fête.

3:53
Présentateur

Alors on y reviendra, c'est ce que disaient certains de la gauche. Ça a fait un cadeau à la France insoumise. C'était un article du Monde qui révélait les coulisses, justement, de ce qui s'était passé à la majorité à Paris après cette interdiction. Comment n'est-on arrivé là ? On va regarder, on va récapituler pour ceux qui n'étaient pas au courant. Maintenant, Manon Aubry, cette semaine, il y a eu ce tweet de Yonatan Arfi, le président du CRIF, qui s'étonnait de la tenue de votre fête de la musique. Voici ce qu'il disait. Pourquoi laisse-t-on LFI s'approprier la place de la République un soir de fête de la musique ? La place de la République est le cœur battant de la fête de la musique.

Pour LFI, la musique n'est pas une fin, c'est un moyen au service d'un agenda politique. Mercredi soir, j'invite tout le monde à lire le tweet de Yonatan Arfi. Mercredi soir, la décision d'interdire est tombée. Voici comment hier soir, Jean-Luc Mélenchon, lors d'une prise de parole devant ses militants, a réagi.

4:36
Invité

Alors, M. Arfi, le lundi, dit, il me semble que c'est légal, mais est-ce que c'est pertinent pour la démocratie ? Nous sommes plus d'un millier d'élus dans ce pays, hein ? Non, ça compte pas. Mais M. Arfi, ça, ça compte. Alors, l'autre claque des talons et pouf, il interdit. On a alerté la préfecture de police au mois d'avril et ensuite, on a redemandé à six reprises. Évidemment, le juge va nous donner raison parce qu'on nous reproche des propos tenus par des gens qui seront même pas là.

5:11
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon qui fait donc, vous venez de l'entendre, le lien entre l'interdiction de la préfecture et le poste sur X de Yonatan Arfi. Yonatan Arfi qui lui a répondu, c'était ce matin, sur notre antenne, chez Apolline, de 9 à 10, avant la levée de l'interdiction de votre série de concerts. Écoutez-le.

5:27
Invité

Le concert prévu dimanche soir est posé un problème de principe républicain parce que je ne veux pas que la fête de la musique puisse être privatisée par un parti politique, quel qu'il soit, de considérer que le préfet de police de Paris prendrait ses décisions non pas en fonction de la loi, non pas en fonction de l'intérêt général des Français, mais en fonction d'un tweet du président du CRIF. C'est un complotisme putride dont Jean-Luc Mélenchon fait preuve et c'est une accusation grave contre le préfet de police de Paris.

5:57
Présentateur

Anna Oubry, il y a un lien évident pour vous à la France Insoumise de cause à effet entre l'interdiction et le poste sur X de Yonatan Arfi, pardon.

6:06
Invité politique

Qui a demandé l'interdiction de cet événement ? Yonatan Arfi a demandé l'interdiction de cet événement. Et à la suite de sa demande, manifestement, le préfet a donné suite à sa demande, y compris en basant de manière, d'un point de vue juridique, de manière complètement loufoque et absolument pas solide, cet arrêté qui a ensuite été débouté. Je regrette que le président du CRIF s'en prenne à une fête de la musique. Je regrette que le président du CRIF s'en prenne à une fête de la musique.

6:39
Invité

Il s'en prend à un événement militant, c'est-à-dire la confiscation politique.

6:43
Invité politique

Mais vous savez, la fête de la musique, si vous voulez organiser, c'est le principe même de la fête de la musique, tel qu'elle a été créée.

6:48
Invité

Je ne suis pas un parti politique.

6:49
Invité politique

Tout le monde, mais vous comme d'autres, tout le monde peut organiser un événement de la fête de la musique. Et d'ailleurs, nous l'avions déjà fait l'an dernier, sans que ça pose de problème, à qui que ce soit, j'étais présente, c'était au canal Saint-Martin.

7:00
Présentateur

Ça pose un problème de principe républicain sur la place de la République qu'un parti politique organise un concert. Est-ce qu'il fallait organiser ce concert ?

7:08
Invité

Non, mais si vous voulez, en effet, on peut rigoter longtemps sur une discussion de justice. Le problème n'est pas tant juridique, il est sociétal. Pourquoi ? Parce qu'on assiste à la confiscation politique d'un événement festif, qui a été conçu, imaginé, créé, justement, pour être apartisan. Alors, je sais que dans la tradition marxiste, tout est politique.

Mais là, le problème, c'est que ce détournement d'un événement qui est fait pour réconcilier les gens, pour qu'il y ait une forme de communion, le problème, quand on le transforme en moment militant, qui plus est sous l'aune de l'antifascisme, alors, voilà, en sachant que vous avez une conception quand même du fascisme très extensible, c'est-à-dire que c'est tout ce qui est à la droite d'Olivier Faure, en comprenant Raphaël Glucksmann, ça pose un problème. Pourquoi ? Parce qu'on est à la veille d'une élection présidentielle. Jamais le pays, à la veille d'une élection présidentielle, n'a été aussi fracturé. On est face à un événement de polarisation identitaire inédit.

Les antidotes sont très, très rares. Vous avez des moments de réconciliation qui sont le 14 juillet, le 31 décembre, j'ose plus dire les victoires sportives et la fête de la musique en éteint. Le problème, c'est qu'à partir du moment où il est accaparé par des partis politiques, il n'y a plus de réconciliation et de conciliation possible. Fermez les yeux et imaginez que tous les partis politiques se mettaient à faire leurs propres concerts à Paris. On aurait un Paris, un peu comme Berlin en 1945, avec des zones et des gens qui font quoi ? En fait, qui ne célèbrent plus la musique ensemble. Et c'est un vrai problème. Vous pouvez le dire, mais c'est un vrai problème.

8:40
Présentateur

C'est hallucinant ce que vous dites, monsieur. C'est absolument pas hallucinant. Est-ce que vous êtes d'accord avec Charles Sapin quand il explique que la France insoumise, finalement, a profité de cet événement populaire apolitique pour le capter et en faire un événement politique ?

8:53
Invité

Alors, je pense que la France insoumise fait un événement politique. D'ailleurs, c'est une bataille culturelle. Elle s'inscrit, enfin, cette manifestation s'inscrit aussi dans ce cadre-là. C'est un événement festif et militant. Ceci étant, moi, je ne partage pas tout à fait l'opinion de Charles sur la fête de la musique. Tout à fait. Mais la fête de la musique, pour moi, a quand même été conçue par le gouvernement de François Mitterrand, vraiment sous l'égide du Parti Socialiste, avec un ministre emblématique qui était Jack Lang. Si on n'est pas de gauche, on ne peut pas participer à la fête de la musique.

Ce n'est pas ce que je dis, mais ça correspondait à un programme politique porté par la gauche. Mais je ne suis pas militant, je ne peux pas venir. C'était un événement qui a été créé avec une empreinte politique. Ça ne veut pas dire qu'il vise à exclure les autres. D'ailleurs, a priori, une manifestation antiraciste ne devrait pas être excluante, puisque c'est peut-être des valeurs sur lesquelles il peut faire encore consensus.

Donc, il y a quand même dire que la musique est apolitique, dire que c'est quelque chose de festif, où en fait, le politique n'aurait pas du tout sa part, sachant que même dans ces années-là, la fête de la musique a été beaucoup accompagnée par des mouvements tels que SOS Racisme. Et je pense, Charles, que vous serez d'accord avec moi pour dire que c'était un mouvement qui faisait aussi de la politique et qui a imprimé durablement une certaine vision de la politique sur la gauche française. Donc, on ne peut pas déconnecter tout. Et effectivement, c'est aussi pour ça que le fait de l'interdire posait tout d'un coup un problème.

Et d'ailleurs, à gêner, on voyait bien, et c'est aussi là où c'est un coup politique pour la France insoumise, parce qu'il y avait un côté un peu, pile je gagne, face tu perds. C'est-à-dire que l'événement était autorisé, c'est une victoire pour la France insoumise. L'événement est interdit, c'est une censure. Et donc, la France insoumise avait beau jeu de s'en prévaloir et de dire qu'on cherchait. Et ce qui a d'ailleurs un peu gêné à la mairie de Paris, tous les élus n'étaient pas d'accord, tous les élus de la majorité d'Emmanuel Grégoire n'étaient pas d'accord pour cette interdiction. Et enfin, pour l'interdiction, ça a divisé la gauche.

Et le parallèle qui a été fait dans un article du Monde, par une source interne d'ailleurs à la mairie de Paris, qui disait, et si on avait, si reconquête, organisé un concert nazi au Trocadéro, effectivement, ça montre bien l'ambiguïté et la gêne au sein, en tout cas, des socialistes de la mairie de Paris.

11:02
Présentateur

On vous donne la parole tout de suite, Manon Ombry, mais j'aimerais qu'on aille faire un tour du côté de la région parisienne pour vous retrouver. Yvan Asciomar, vous êtes responsable Île-de-France du syndicat Alliance Police Nationale. Votre réaction, M. Asciomar, ce soir, à la levée de l'interdiction de toute cette série de concerts, dimanche ?

11:17
Invité

Écoutez, bonsoir. La levée de l'interdiction nous concerne peu ou prouve. Je dirais ça, c'est une décision administrative qui a eu lieu. Maintenant, ce qui va nous concerner, c'est effectivement de prendre en charge, que mes collègues, la police parisienne, va prendre en charge la sécurisation, je dirais le dispositif de sécurité qui va être mis en place autour de cet événement, qui va venir en plus de ce qui était, de ce qui est déjà prévu ailleurs, notamment comme à la place de la République de la Bastille, pardon.

11:46
Présentateur

Mais M. Asciomar, je voulais...

11:47
Invité

Et comme d'autres, d'entre autres événements à Paris.

11:49
Présentateur

Je vous lis ce qu'a dit le tribunal administratif. Il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de police ne serait pas en mesure, eu égard à la nature, à l'ampleur et à la localisation des événements des manifestations prévues le 21 juin, d'assurer le maintien de l'ordre public en prenant les mesures de nature à garantir l'exercice de la liberté de réunion. Donc, pour le tribunal administratif, vous avez les moyens de gérer.

12:09
Invité

Mais le dispositif n'est pas encore établi. En fait, je crois que tout le monde était dans l'attente, justement, de la décision de ce tribunal administratif. Le dispositif policier de dimanche soir va effectivement maintenant s'adapter en fonction des événements qui sont prévus. Nous, la crainte qu'on a, effectivement, c'est simplement d'avoir... J'espère me tromper. Mais la crainte, c'est qu'effectivement, encore une fois, il y ait des violences et des gens qui viennent place de la République pour s'en prendre aux forces de l'ordre.

Parce que, bien évidemment, que sous-entendu, il y a une connotation politique de cet événement avec, comme on le sait, des sous-entendus de violences policières qui sont générées par la France insoumise, donc la crainte, elle est là. C'est d'avoir, encore une fois, une population qui vient se greffer là et avec des hostilités envers les forces de l'ordre.

13:04
Présentateur

– Mais justement, Manon Aubry est avec nous sur ce plateau. Est-ce que vous pouvez rassurer, peut-être, ce syndicaliste d'Alliance et lui dire qu'il n'y aura ni débordement dimanche soir ni slogan politique anti-police ?

13:17
Invité politique

– Écoutez, il suffit de voir, pour cela, je pense, l'historique des événements organisés par la France insoumise. Il n'y a pas besoin de remonter très loin. Il y a à peine de cela deux semaines, nous organisions un grand rassemblement sur la place de la mairie de Saint-Denis. Il y a eu plus de 26 000 personnes, soit un type d'affluence qu'on peut attendre pour dimanche pour la fête de la musique. Ça s'est extrêmement bien passé. Avec notre service d'ordre, en bonne collaboration avec les forces de l'ordre. Et je crois qu'on n'en est pas à notre premier coup d'essai. On a déjà organisé des événements place de la République. C'était le cas lors des dernières campagnes présidentielles.

Et si vous me le permettez, je pense que la notion d'ordre public est ici instrumentalisée. C'est précisément ce que dit la décision du tribunal administratif à des fins politiques. C'est une forme d'arbre derrière lequel se cacher pour tenter de censurer un événement. Et enfin, je voudrais répondre à M. Sapin pour lui dire que je crois qu'on ne vit pas dans le même monde. Oui, la France Insoumise organise une fête populaire. Et je crois, au fond, que c'est ça qui vous dérange. Pourquoi vous faites le soir de la fête de la musique ? Ce dimanche, parce que c'est précisément la fête de la musique. Mais c'est une fête populaire en soi, déjà.

Manon Brissette, j'ai une fête populaire, la fête de la musique. Dans notre pays, et donc parce qu'on est un mouvement politique, il ne serait pas interdit d'organiser des fêtes à destination des jeunes pour faire de la musique. Mais vous vous rendez compte ? Non mais arrêtez de prendre les gens pour des neiges. Je termine ma phrase, je ne vous ai pas interrompu, M. Sapin. Précisément, à la veille d'une présidentielle, il doit être possible de pouvoir faire la fête et pouvoir faire de la politique. Et je le dis d'autant plus que cette semaine, je reviens de Strasbourg, où de la même manière, nous avons organisé un événement, un meeting concert que la mairie de Strasbourg a tenté de censurer.

Et de la même manière, nous avons trouvé un lieu alternatif, nous l'avons organisé dans des très bonnes conditions, et il y a eu une affluence record. Donc je veux aussi sonner l'alerte à tous ceux qui tentent de restreindre les libertés fondamentales. Je pense que vous perdez à deux niveaux. D'abord, vous perdez parce que, sur le fond, vous nous renforcez. Vous renforcez dimanche, il y aura aussi des gens dans la rue qui vont être là, pas que pour la musique, mais pour défendre aussi les libertés fondamentales, en disant, oui, on a le droit d'organiser des fêtes. Est-ce que vous laisseriez le Rassemblement National ou Reconquête organiser sa propre fête de la musique ?

Mais ils l'ont déjà fait à plein de reprises d'organiser des fêtes populaires. Et vous aviez protesté ?

15:35
Présentateur

Non, mais sa propre fête de la musique.

15:36
Invité politique

Moi, je proteste quand il y a des libertés fondamentales qui sont atteintes. Donc quand il y a des manifestations avec des slogans néo-nazis. Mais par ailleurs, quand le Rassemblement National organise, je ne sais pas, ces fêtes de Jeanne d'Arc ou je ne sais quoi, personne ne les interdit. Moi, vous voyez, madame, le Rassemblement National, je le combat sur le terrain des idées. Et j'invite tout le monde, dans le cadre de cette campagne présidentielle, à nous combattre sur le terrain des idées plutôt que sur l'atteinte aux libertés fondamentales. Parce que sinon, ça va faire glisser notre pays sur une dérive autocratique qui est extrêmement grave.

Aujourd'hui, on interdit des meetings et des concerts qui sont organisés par la France Insoumise. Demain, c'est quoi ? On va interdire à la France Insoumise d'exister ? Et je le dis en regardant la caméra droit dans les yeux. À tous ceux qui pensent qu'ils vont nous affaiblir de cette manière-là, au contraire, je pense qu'ils nous renforcent parce que ça démontre la nécessité encore plus forte d'une grande mobilisation populaire pour l'année 2027 pour défendre nos libertés et pour tourner la page du Macronisme.

16:32
Présentateur

Est-ce que vous pouvez nous assurer qu'il n'y aura aucun artiste qui va chanter « Tout le monde déteste la police » comme Sosso Menes l'avait fait justement à la fête de l'humanité ? Vous savez quoi, madame ? Venez dimanche. Vous verrez, il y aura une belle fête populaire.

16:41
Invité politique

Vous verrez, les gens chanteront, communions. C'est ça aussi notre pays qui fait France.

16:47
Présentateur

Ce qui différence avec une fête populaire, c'est-à-dire qu'une fête de la musique, il y a des concerts, il n'y a pas de prise de parole. Là, on parle d'une fête avec des concerts et des prises de parole. On est de fait sur un événement politique le soir de la fête de la musique. Mais vous pensez vraiment que la musique n'est pas politique dans notre pays ?

17:01
Invité politique

Vous écoutez les chanteurs, leurs chansons, le contenu de leurs chansons ? Oui, il y a des artistes qui souhaitent encore s'engager dans notre pays. Et franchement, je voulais saluer parce que ce n'est pas facile. Et l'emprise sur le secteur culturel qu'on voit s'exercer de la part de l'extrême droite, vous avez peut-être vu, il y a eu mille artistes qui ont signé une tribune cette semaine, précisément en disant « laissez-nous notre liberté ». Et c'est aussi pour défendre cette liberté qu'on organise ce concert ce jour.

17:25
Présentateur

Quand Sosso Manès avait dit « tout le monde déteste la police » et que ça avait été repris en cœur, ça avait fait polémique. Est-ce que vous l'aviez regretté ? Alors d'abord, ce n'était pas dans un événement qui était organisé par la France.

17:32
Invité politique

Non, c'était à la fête de l'UMA, mais est-ce que vous l'aviez regretté ? Donc, interrogez les responsables de la fête de l'UMA. On l'avait fait à l'école. Un événement politique pour le coup. Moi, ce n'est pas un slogan, mais je n'ai pas à regretter des propos que je n'ai pas tenus. Non, non, non, mais parce que... Non, non, non, c'est pas ça ma question. C'est quand même hallucinant. Non, ma question est... Il y a des questions qui nous sont posées.

17:48
Présentateur

Non, ben non, je vous explique mon raisonnement. Il devait venir, selon le préfet de police. Je ne sais pas comment son nom a été annoncé, vous allez certainement me le dire.

17:56
Invité politique

Finalement, il n'y a aucune affiche qui affichait son nom. C'est quand même hallucinant. Il devait venir.

18:00
Présentateur

On l'interdit sur la base de personnes qui n'ont jamais prévu d'être là. Mais la France Insoumise, c'est des rappeurs comme Médine. Vous étiez avec lui hier lors d'un rassemblement. Médine n'est pas non plus prévu dimanche. Non, il n'est pas prévu. Mais si un rappeur avec qui vous aviez des incointances venait et disait ça, par exemple, ce dimanche, tout le monde déteste la police, est-ce que vous le regretteriez ?

18:15
Invité politique

Est-ce que je vous relis le premier paragraphe de la décision du tribunal administratif qui parle de Sosso Manès et qui dit, en parlant du rappeur Médine et Sosso Manès, non seulement ils n'ont pas prévu d'être là, et ensuite, je cite, d'autre part et en tout état de cause, que le préfet de police ne justifie pas au regard des pièces produites au dossier du risque de troubles matériels à l'ordre public. Donc, ce que dit le tribunal administratif, c'est combien même ils avaient prévu d'y participer. Ce que je dis, de nouveau, n'était pas le cas. Il faut que le préfet...

18:39
Présentateur

Mais alors comment leur nom s'est retrouvé là ?

18:41
Invité politique

Mais demandez au préfet de police, je ne sais pas, interrogez-le. C'est pour ça que je vous dis, tout est hallucinant dans cette histoire. On interdit un événement sur la base de personnes qui n'ont pas prévu d'être là. Et en plus, le tribunal administratif dit, combien même ils auraient prévu d'être là, ça ne pose pas de troubles à l'ordre public. Dès lors, l'événement doit être maintenu. Donc, on ne devrait même plus être à discuter là. Moi, je n'aurais jamais imaginé qu'en 2026, je sois là sur un plateau télé à défendre juste la possibilité d'organiser une fête où on va chanter, on va danser, on va communier. Et juste laisser les gens faire la fête.

Si j'ai un message pour ce vendredi soir, peut-être qu'avec cette chaleur... Donc, on laisse les slogans, on laisse n'importe quel slogan. Mais s'il y a des gens qui ont des slogans qui sont racistes, antisémites, tout ce que vous voulez, ça tombe sous le coup de la loi. Et ils peuvent être poursuivis en justice. Jusqu'à preuve du contraire. Y compris, les artistes qui sont incriminés ici n'ont jamais été condamnés, madame. Je peux vous citer, en revanche, d'autres artistes qui sont poursuivis en justice pour des faits bien plus graves. De nouveau, M. Patrick Bruel. Et je n'entends pas une grande vague d'annulation des préfets de police. Si, si, si. On a reçu.

Est-ce que le préfet de police a décrété l'annulation de la tournée de M. Patrick Bruel parce qu'il est poursuivé en justice ? Il lui-même a annulé une série de concerts. Avec nous encore. C'est lui-même qui l'a annulé.

19:55
Présentateur

Yvan Asioma du syndicat de police Alliance Nationale. Cambod Bréjean rappelle qu'il y aura pour la police dans la capitale plus d'une cinquantaine de zones à sécuriser dimanche soir dans des conditions pas faciles en raison de l'affluence. Et en raison, on va en parler dans quelques minutes, de cette chaleur. Est-ce que vous vous dites que ça sera quand même compliqué de sécuriser la place de la République ?

20:16
Invité

Écoutez, ça va être encore une fois pour dimanche soir. On va rappeler plus de 1000 policiers de la préfecture de police, notamment de la direction de l'agglomération parisienne. Plus de 1000 policiers qui vont être rappelés ou décalés. Ça veut dire qu'encore 1000 policiers vont avoir leur dimanche de repos supprimé pour assurer la sécurité de tous les citoyens qui vont venir ce soir-là à la fête de la musique. Parce qu'effectivement, comme vous venez de le dire, il y a tout un tas de sites. Il y a énormément de sites à Paris où il va y avoir des événements.

Donc encore une fois, bien sûr que le concert qui va être organisé Place de la République va demander un effort supplémentaire dans l'organisation de l'ensemble de la sécurisation de la capitale. Mais bon, on a entendu ce que Mme Aubry a dit et on va l'apprendre au mot. Elle nous assure qu'il n'y aura aucune violence ni seulement anti-police ce soir-là. Qu'il n'y aura pas de... J'espère qu'il n'y aura pas de...

21:10
Présentateur

C'est ce que nous a dit effectivement... C'est ce que nous a dit ce soir Martin... Manon Aubry. On sera là effectivement lundi pour le dénoncer dans le cas contraire. Évidemment. Et on vous invitera pour le dénoncer dans le cas contraire. Merci beaucoup. Merci à vous. Manon Aubry.

21:24
Invité politique

Rendez-vous dimanche. On a aussi une marche contre le racisme à 14h. Place Barbès. Donc vous aurez un beau dimanche après-midi.

21:28
Présentateur

Venez passer votre dimanche avec la France Insoumise et faire la fête de la musée. Ce sera un chouette dimanche. Merci Manon Aubry.

21:32
Invité politique

Merci Charles Sapin. Merci à vous.