Discours d'Olivier Faure au #RDVGaucheApres
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, merci de ces mots, Luc, Marie. Je pense que vous avez un peu été au-delà du cahier des charges. La réalité, c'est que ces victoires, elles sont d'abord votre résultat. Elles sont d'abord le travail militant de toutes celles et ceux qui sont ici, sont ici dans cette salle et celles et ceux auprès dequels on s'excuse parce qu'ils ne peuvent pas être dedans mais doivent suivre sur des écrans à l'extérieur.
Donc je veux vous dire mon immense gratitude, vous dire à quel point je suis un Premier Secrétaire fier, heureux d'être accompagné, soutenu à tout moment de l'année par celles et ceux qui ne demandent rien, n'exigent rien, n'attendent rien mais sont toujours là, m'ont toujours accompagné depuis Aubervilliers. Vous êtes la sève, la force, le talent de ce parti. Je vous en remercie. Merci donc d'être venu aussi nombreux dans des conditions que nous dictent le risque de reprise épidémique. Je suis tellement heureux de vous retrouver après de longs mois de contacts interrompus ou si souvent limités à des visioconférences.
Depuis plusieurs jours, je suis au milieu de vous, d'abord avec les élus et je salue leur président, François Rettamène. Et nous sommes accueillis dans cette magnifique ville de Blois avec un maire exceptionnel dont toutes celles et ceux qui ont travaillé avec lui depuis plusieurs semaines me disent le professionnalisme. Mais ils me disent aussi qu'il est un maire qui est plus que ça, qui a su nouer ce lien affectif avec sa ville et qui est élu cette année pour la troisième fois. Après avoir été celui, l'homme de la reconquête, après Jack Lang qui avait perdu et donc il est celui qui a redonné ses couleurs, son lustre à la gauche dans cette ville et il l'a fait avec une gauche rassemblée.
Je veux évidemment remercier de tout mon cœur Marc Grigaud. Merci à François Bonneau. Merci à Karine Blanet-Morin. C'est votre région. Et je dois dire que je suis aussi très heureux d'être ici parce que dans ma vie militante, ma première carte, mes premiers pas, c'était dans la Fédération du Loiret, dans cette région. Et à l'époque, quand j'allais au région du Conseil fédéral, je ne dirais pas dans quel courant j'étais, ni dans celui dans lequel traînait François Bonneau, mais on y était ensemble. Et ce sont ces débats, ces joutes parfois qui m'ont aussi appris qui j'étais. Et donc je veux vous remercier chaleureusement à votre tour. Merci à tous les membres de la Fédération du Loiret-Cher.
Merci Frédéric Horin. Merci à tous les bénévoles qui vous ont accompagnés. Parce que je l'ai dit, je le redis, je le redirai, mais il y a quelque chose de formidable dans la vie politique. On salue toujours celles et ceux qui sont au premier rang. On salue toujours les premiers secrétaires, les grands élus. Mais nous ne serions rien, ni les uns, ni les autres, sans votre persévérance, sans votre courage. Et parfois, vous ne le savez pas.
Mais quand on finit par se demander, et je regarde les élus dans la salle, que je connais, que je vois, et parfois, quand le doute nous prend, et ça nous arrive, ne croyez pas que nous soyons totalement invincibles, quand le doute nous prend, il suffit de vous retrouver, de voir dans vos yeux l'espérance d'une victoire pour qu'à nouveau la machine reparte. Et donc, merci aux militants du Loir-et-Cher et les bénévoles qui vous ont accompagnés. Je veux aussi remercier la direction du parti qui a préparé cet événement avec nos permanents et en lien avec mon cabinet. Vous dire ma gratitude. L'équipe que nous constituons depuis deux ans est une équipe à laquelle je tiens énormément.
Parce que nous avons traversé des époques difficiles, mais vous avez toujours été là. Et je veux saluer, évidemment, en particulier, et à travers eux, celles et ceux qui les incarnent, Corinne Rassidien, qui a coordonné cet événement, Éric Arbouig, qui est permanent et qui est l'une des pierres sur lesquelles repose ce parti. Et je sais qu'ils ont passé souvent de longues journées pendant l'été, pendant leurs vacances, à essayer d'appeler les uns et les autres, vérifier que tout se passait bien. Et donc, ils ont aussi ma reconnaissance. Et à travers eux, toutes celles et ceux qui les ont accompagnés. Je veux aussi et enfin remercier deux catégories de personnes.
D'abord, nos intervenants, les 200 qui ont participé à cet événement, qui ont accepté de venir délivrer leurs convictions, d'accepter la confrontation et de faire vivre un débat riche, puissant. Et je suis certain que chacun d'entre vous repart d'ici, riche de ses différents apports. Ce n'était pas évident, ni pour les uns, ni pour les autres, mais ils l'ont fait. Et je souhaite que ce premier rendez-vous, on appelle d'autres, que la gauche se retrouve. Nous nous sommes tellement manqués. Il faut maintenant nous retrouver. Et je finis par le service d'ordre. Ils sont là, tout autour de vous. Je finis toujours par eux. Je devrais commencer par eux. Ils ont mon admiration depuis toujours.
Mais vous vous rendez compte que pour qu'on tienne un événement comme celui-là, il y a des gens qui, pendant des après-midi entières, pendant que nous sommes ici, rassemblés, à discuter, ils sont là pour garder une porte, veiller à un accès, faire en sorte que chacun sa chemine au bon endroit, respecter les règles de sécurité. Et ils le font, je le rappelle, à titre bénévole, souvent sur leurs vacances, et sans avoir jamais attendu la moindre récompense. Je vois que Boris, qui a l'esprit vif, lui, il a tout de suite été salué le plus grand et le plus fort.
Parce qu'il s'est dit que, peut-être, mais non seulement ils sont tout ce que j'ai dit, mais en plus, ils sont absolument charmants et ne distribuent de claques qu'en s'est mérité. Chers amis, chers camarades, Je suis aujourd'hui devant vous au moment d'une rentrée sanitaire économique et sociale inédite. Elle sera excessivement difficile. La France est entrée en récession.
Et au moment où nous nous parlons, des millions de salariés, de parents, de professeurs, d'entrepreneurs, sont tenaillés par une angoisse sourde, une angoisse qui est celle du calme avant la tempête, lorsqu'on ne sait pas encore l'ampleur que celle-ci prendra, si ce sera un orage violent ou bien un ouragan, une angoisse que trop de condateurs, trop de responsables politiques confondent avec de l'apathie, de l'acceptation ou même de la résignation. Mais nous, nous savons, nous qui connaissons bien les Français, dans nos territoires, que l'eau ne dort qu'en apparence, que la colère n'est pas loin, qu'il suffirait d'une étincelle pour que tout s'embrase, comme ce fut encore le cas récemment.
Face à ce climat, il faut faire preuve de constance, de solidité, de sang-froid. Nous avons, depuis les premiers jours de la crise, toujours conservé la même attitude. Nous avons cherché à alerter, à ne jamais jeter inutilement de l'huile sur un feu déjà vif. Nous avons proposé à chaque étape nos solutions, que ce soit par mon intermédiaire ou par celui de nos présidents de groupe, Valéry Rabault et Patrick Cannaire.
Dès le mois de juin, dans la bouche de Boris Valot, nous avons présenté notre plan de rebond parce que nous savons que chaque jour, chaque semaine perdue, a et aura des conséquences tragiques pour des dizaines de milliers de salariés, d'artisans, de commerçants, pour lesquels la perte d'activité pèse comme l'épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Après une brève reprise de l'activité au sortir du confinement, celle-ci a de nouveau chuté. L'épargne dite de précaution n'a jamais été aussi importante parce que la confiance n'existe pas.
Et il est de ce point de vue incroyable que ce gouvernement qui se présentait comme celui de la réactivité, qui voulait même transformer la nation en start-up, mette trois mois pour enfin présenter son projet. Et quand le pouvoir livre ses premières propositions, où croyez-vous qu'il le fasse ? C'est devant le MEDEF, comme si la source de sa légitimité venait du patronat et pas du Parlement, qui, pendant ce temps-là, n'a absolument aucune information ni n'est jamais concertée. Voilà ce qui devrait provoquer la colère de chacune et de chacun, mais je ne m'étends pas. D'abord, parce que nous nous retiendrons la semaine prochaine.
Ensuite, parce que la vraie attente depuis le succès des municipales est moins la critique que la présentation d'une offre politique alternative. Souvenez-vous, il y a deux petites années, le débat politique se résumait à un face-à-face entre des nationaux populistes et un camp pseudo-progressiste incarné par un président néo-libéral. La tendance ne s'est pas encore totalement inversée, soyons lucides, mais les Français ont exprimé avec force ce qu'ils espéraient. Et la gauche incarne à nouveau un chemin possible. Ce que je suis donc venu vous dire aujourd'hui, c'est que nous n'allons pas nous arrêter là.
Alors, je sais, on me souffle, parfois même on me souffle très fort, ici ou là, que certains ont la jambe qui traîne, que d'autres, au contraire, veulent galoper, mais en solitaire. Que d'autres encore pensent qu'avancer ensemble, c'est bien, mais à la condition exclusive d'être devant. Tout cela n'est pas nouveau. Si j'étais désabusé ou cynique, je vous dirais même qu'il y en a toujours été ainsi, que c'est le jeu politique. La politique a toujours envoyé des agendas personnels, des intérêts de boutique, des tactiques parfois si compliquées qu'elles perdent jusqu'à leurs hauteurs. Mais je ne suis ni désabusé, ni cynique. Surtout, je ne joue pas.
Je ne fais pas de la politique pour me contempler. Je ne la vis pas comme un supplément d'âme, pas davantage comme un sport de combat. Comme vous, je la vis exclusivement comme une urgence. Parce que, comme vous, je sais que derrière chaque décision, chaque indécision, il y a des souffrances qui attendent d'être apaisées, des inégalités qu'il faut corriger, des paroles, des cris qui s'impatientent d'être entendus, les crises sociales à répétition, les crises financières qui témoignent des dérèglements de l'économie capitaliste, les phénomènes climatiques extrêmes qui bouleversent notre quotidien. Je vois l'angoisse monter.
Je vois les Français perdre leurs repères, s'interroger sur leur avenir. Et le risque, c'est celui d'une société sans boussole qui perd le contrôle d'elle-même et qui sombre peu à peu dans une grande dépression. Alors non ! Nous n'avons plus le temps, plus le temps pour les calculs médiocres, plus le temps pour les stratégies individuelles, plus le temps pour les revanches qui appellent des belles et qui conduisent toujours à la défaite. Si nous n'en commençons pas maintenant une dynamique nouvelle, celle engagée avec le bloc social et écologique, alors nous serons tous réduits au rôle de spectateurs.
Et cette perspective n'est pas acceptable car notre mission, notre rôle, notre responsabilité, c'est d'agir, oui, d'agir pour changer les choses. Chers camarades, chers amis, la crise du Covid nous place devant une responsabilité historique. Historique, oui. Celle de réhabiliter ce que les droites avaient réussi à dévaluer dans l'esprit public. L'État-providence pour amortir la brutalité de la crise. L'impératif écologique pour éviter de nouvelles pandémies. les services publics pour prendre soin des autres. La protection de nos biens communs pour préserver l'essentiel de la cupidité.
La réduction des inégalités pour enfin reconnaître le labeur des premiers de corvée, des premiers de tranchée. Alors, nous avons le devoir, oui, le devoir de saisir toutes ces aspirations nouvelles, à vivre autrement, à donner un autre sens à nos existences, à organiser une trajectoire collective différente. Mais, nous serions naïfs, oui, naïfs, si nous pensions que, parce que la crise a permis des prises de conscience, que le jour d'après sera inéluctablement un jour social et écologique. Rien, en effet, n'indique l'inexorabilité de notre politique. D'abord, parce que le changement est toujours un effort sur soi que n'exige pas la paresse conservatrice.
Ensuite, parce que les mêmes événements peuvent conduire à des conclusions diamétralement opposées. La droite néolibérale n'a pas vu dans la crise d'invitations à changer de modèle. Elle continue même à dénoncer le sortilège social-démocrate, figure épurée du dirigisme. Emmanuel Macron, lui, qui a tenu tous les discours pendant le confinement, a une seule constante qui peut se résumer d'une phrase. On ne touche pas aux grandes fortunes, quoi qu'il en coûte à tous les autres.
L'extrême droite, elle, elle voit dans la crise sanitaire une nouvelle occasion de plaider la fermeture des frontières, la fermeture au reste du monde, avec justement des frontières érigées en mesure barrière contre le virus, mais aussi contre l'étranger, suspect toujours de préparer le grand remplacement. À ses yeux, le clivage mondialiste contre localiste arrive à pleine maturité. La bataille est donc engagée entre des visions antagoniques de l'avenir. et cette bataille, il faut la mener et personne ne sera de trop.
Et dans cette bataille, chacun de vous, ici, aura son rôle, comme depuis deux ans, depuis que vous m'avez confié cette tâche légère de prendre la responsabilité de notre formation. Nous étions tombés si bas que tous, ou presque, expliquaient que notre pronostic vital était engagé. Nous avons reconstruit une équipe, réappris à travailler ensemble, sans nous soucier de nos votes de congrès. Nous avons mené en lien avec la Fondation Jean Jaurès, et je salue Gilles Finkelstein, un travail important d'inventaire, et j'en ai tiré publiquement des enseignements.
Nous n'étions pourtant pas les seuls à avoir perdu, mais nous sommes les seuls à avoir eu le courage de nous regarder dans un miroir et à chercher à tirer les leçons de nos défaites. Je me suis employé avec vous à remettre notre parti au cœur du débat à gauche. D'abord, en reprenant le chemin et notre place dans le mouvement social, puis à l'occasion des élections européennes, en sortant des débats qui nous paralysent depuis des années, en adoptant à l'unanimité notre projet européen. Je vous ai alors proposé de nous engager dans une démarche d'ouverture avec Place Publique, Nouvelle Donne et le PRG. Cette élection était celle de tous les dangers, et nous l'avons traversée.
Et nous avons obtenu six élus au Parlement européen. Et quand je regarde les rôles qu'ils tiennent dans le débat parlementaire européen, leur influence au sein du PSE, les combats, je pense notamment aux Uyghours que popularise Raphaël Glucksmann, quand je vois ce que les uns et les autres ont fait sur la question migratoire avec Sylvie Guillaume, avec la question agricole avec Eric Andrieuz, sur la question du New Green Deal avec Aurore Laluc et Pierre Larouturou, eh bien, je dois vous dire que je les remercie et que je n'ai aucun regret et que je remercie Sylvie de faire vivre cette délégation au Parlement européen. Nous avons ensuite engagé la préparation des élections municipales.
Nous l'avons fait en nous appuyant sur notre ancrage territorial, sur la légitimité et la qualité de l'action publique conduite par nos maires. Nous avons abordé ces élections en faisant le choix du rassemblement, de l'ouverture à la société civile, de l'invention et de l'audace, là où nous pensions que nous n'étions pas les mieux placés pour gagner. Nous avions choisi de contribuer à des rassemblements derrière d'autres que nous. C'est ainsi que de nombreux maires écologistes ont été élus grâce à la dynamique enclenchée dès le premier tour.
Et là encore, je n'ai aucun regret et aucune hésitation et je le referai demain s'il fallait le refaire parce que ces victoires, nous pouvons les revendiquer toutes, ensemble. Elles sont celles du rassemblement, elles sont celles de notre mobilisation militante et personne ne peut, ne doit l'oublier.
Aujourd'hui, rendons-nous compte Paris, Lyon, Marseille pour la première fois à l'écroi, première ville de France toutes ensemble dirigées par la gauche et par les écologistes et toutes les autres et toutes les autres que Marie et Luc ont essayé de citer même s'ils ont oublié ma ville, Savigny-le-Temple, gagnée au premier tour et même s'ils ont oublié la ville de Patrick Cannaire et de Martine Aubry, Lille, et s'ils ont oublié beaucoup d'autres villes encore comme Avignon et Céphiel, bref, il y a tant et tant de villes gagnées de plus de 30 000 habitants, ce serait trop long d'en faire la liste ici.
Mais je veux saluer toutes et tous, saluer toutes celles et ceux qui maintenant vont prendre part à l'action municipale, ils sont la vitrine de ce bloc social et écologique. à vous toutes et tous, maires élus de métropole et d'outre-mer, élus de grandes villes ou de villages, en zone urbaine comme en zone rurale, vous êtes les actrices et les acteurs de cette renaissance possible à travers cette action de terrain du bloc social et écologique. Et ces victoires viendront en septembre renforcer notre groupe au Sénat autour de Patrick Cannaire et permettront à nos partenaires communistes de consolider leur position et aux écologistes chers Éric de reconstituer un groupe parlementaire au Sénat.
Alors oui, je suis fier de cette trajectoire et ce bilan, mes camarades, c'est le vôtre. Oui, le vent s'est levé et cette fois, cette fois, pour la première fois depuis huit longues années, la victoire était au bout du chemin. Une décennie que je n'avais plus croisé vos sourires lors d'une soirée électorale. mais c'est fait. À nouveau, nous sommes là au combat, nous n'avons plus peur, nous sommes à nouveau de retour et nous allons nous battre à chaque échéance pour faire entendre cette voix du bloc social et écologique. mais je veux aussi tempérer vos enthousiasmes. Vous et moi savons que rien n'est jamais acquis.
Alors, quelles sont plutôt désormais notre responsabilité et notre rôle à nous socialistes ? On exige de nous de la clarté, parfois même des clarifications. Eh bien, je vais être clair. La promesse initiale pour nous et qui découle de cette belle idée de fraternité qui permet de donner tout son sens à la République, eh bien, la promesse initiale c'est celle de Jean Jaurès. C'est la République jusqu'au bout. Voilà notre moteur depuis l'origine. Voilà pourquoi vous et moi nous sommes engagés. voilà notre moteur depuis l'origine. Voilà la raison pour laquelle nous sommes ici, vous et moi. Cette République, elle n'est pas allée jusqu'au bout. Elle a déçu souvent. Elle a trahi parfois.
Elle n'a pas comblé toutes les inégalités de destin. Ces valeurs universelles ne sont pas encore toutes appliquées. La République jusqu'au bout n'est pas encore advenue. C'est vrai. Oui, elle n'est pas parfaite. Et à bien des égards, elle reste lacunaire. Mais c'est parce que, justement, nous n'avons jamais cru qu'elle serait l'œuvre d'un seul jour, qu'elle ne pourrait jamais donner tout son sens, toute sa force dès le départ. Que nous sommes ici, aujourd'hui, à devoir la prolonger, donner tout son sens, faire en sorte qu'elle redevienne le creuset d'une nation.
Je sais que parce que cette République a déçu, parfois trahi, certains sont tentés de se replier sur une culture, une identité, une religion. Et notre pays se fragmente et je souffre de le voir se dissocier. Ça me touche, y compris intimement, parce que je suis je suis le fruit de la rencontre entre deux cultures. Ma mère est née à 10 231 kilomètres de Blois. On lui a appris que ses ancêtres étaient gaulois sur une terre pourtant dont la Saint-Gétorix ignorait jusqu'à l'existence.
Son père, mon grand-père, s'est battu contre la colonisation française et pourtant et pourtant j'aime passionnément ce pays, j'aime passionnément la France, ce sol fertile sur lequel nos aînés ont pensé la liberté, l'égalité, la fraternité et ils ont fait ces trois mots la devise de notre pays. Bien sûr, je sais bien que la fraternité est bien théorique pour les jeunes noirs ou d'origine maghrébine qui subissent les discriminations à l'emploi, au logement, qui subissent le contrôle au faciès. Mais la question est moins de savoir quel statut déboulonner que de savoir si la République a manqué ou non ou pas à son devoir de fraternité.
La question est de savoir si la République a manqué ou pas à certains de ses enfants. La question est de savoir si la République a masqué et ignoré son passé colonial esclavagiste. Eh bien oui, chers camarades, nous savons toutes et tous que cette République, notre République, n'a pas tenu toutes ses promesses et c'est la raison pour laquelle il nous revient maintenant de la tenir, de faire en sorte que tous ces quartiers, tous ces jeunes, toutes celles et ceux qui doutent, eh bien, il nous revient à nous de faire revivre cette République, de faire en sorte qu'elles redeviennent le creuset commun.
Mais rien, mais rien, mais rien ne justifie le fait d'établir des listes de soignants noirs pour les noirs. D'être soigné et d'être soigné, cette histoire m'a été signalée il y a quelques jours sur Twitter. Peut-être ne devrais-je pas lire Twitter ? Nous sommes d'accord. mais c'est vrai que cette histoire m'a heurté, choqué. Je comprends qu'il y ait aujourd'hui des femmes ou des hommes noirs qui finissent par penser que seul celui qui leur ressemble, qui est leur semblable, qui partage les mêmes origines, la même culture, peut les comprendre.
mais rien, rien ne serait pire que de considérer que l'on ne peut être compris que par celui qui nous est tellement proche qu'il est presque notre identique. Comment irez-vous demain lutter contre les discriminations si les origines deviennent des barrières infranchissables ? Alors, à toutes celles et ceux qui ont d'autres origines, eh bien, je leur dis, refusez d'être considérés comme des indigènes, refusez de vous vivre comme racisés, faites valoir vos droits comme Français parce que ce que vous êtes, portez et excatez votre singularité, mais refusez, refusez le ghetto. La France de métropole et de l'eau d'outre-mer est une nation métissée.
La France n'a pas de couleur de peau, la France n'a pas de religion et elle n'a qu'un seul souverain. La France est un peuple civique, le peuple démocratique et c'est parce que nous sommes un pays laïc que chacun peut trouver sa place. Ici, vous pouvez croire au ciel ou penser qu'il est vide. C'est ça la République française et cette idée-là, cette idée-là, elle n'est pas négociable parce qu'elle fonde notre capacité à vivre ensemble. il y a bien entendu des communautés d'origine, des affinités culturelles ou religieuses, mais il n'y a qu'une seule communauté de destin, c'est la communauté nationale.
Et c'est pourquoi il n'y a pas de place sur notre territoire pour un affrontement entre ces mêmes communautés. C'est pour cela qu'il n'y a pas d'excuses à trouver à des parents qui humilient leur fille en la tondant parce qu'elle a eu l'audace d'aimer un jeune homme qui ne priait pas le même Dieu. Parce que la République jusqu'au bout, c'est aussi l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est le combat contre les violences faites aux femmes. Et la première des réparations, c'est de ne pas ajouter à l'agression ou au crime en ajoutant à cela le mépris de leurs paroles. Et de ce point de vue, l'exemple donné par le gouvernement n'est pas le bon, il est même le pire que l'on puisse produire.
Je ne sais pas si Gérald Darmanin est coupable ou innocent, mais ce que je sais, c'est que la parole d'une potentielle victime a déjà été dédigrée et que les conditions d'un jugement équitable ne sont plus réunies. Et quand j'entends la défense de Gérald Darmanin plaider le fait que cette femme était une « call girl », mais qu'est cette idée curieuse qu'il y a des femmes qui seraient moins femmes que les autres ? Le combat féministe, nous devons le porter après Gisèle Halimi avec toutes ces femmes qui depuis MeToo se sont levées. Et ce que je vous dis, pour les autres, vaut pour nous-mêmes. Quand je dis pour nous-mêmes, je le dis pas gratuitement, comme trop souvent dans la vie politique.
On en a tellement parlé pendant les élections municipales à plusieurs reprises avec l'ensemble de la direction. Nous avons dû prendre des décisions qui étaient difficiles, douloureuses parfois, parce que le doute existait, mais nous n'avons voulu laisser placer à aucun moment la place au doute. Nous avons pris la décision qui était peut-être la plus brutale, mais nous l'avons fait aussi, parce que la loi du silence a assez duré et qu'elle a assez emporté sur la nécessaire humanité. Et donc, oui, le temps des femmes aussi est venu. Et donc, nous devons être les porteurs et le faire avec courage, parce que c'est la vérité de l'humanité, parce que nous sommes socialistes, donc féministes.
Ce combat ne doit pas s'arrêter à la question des violences. Il doit aussi viser la question du partage du pouvoir, des inégalités de revenus, faire en sorte que toutes ces questions impensées sur la charge mentale, sur les congés parentaux, sur tout ce qui fait notre quotidien, toutes ces questions-là doivent être posées et elles ne sont pas des questions sociétales. Elles sont aussi des questions qui rythment nos vies, qui rythment vos vies et qui rythment d'abord la vie des femmes qui ne peuvent pas être considérées simplement comme les supplétifs des hommes.
Et j'ai une pensée particulière pour ces femmes dont nous avons dit pendant tout le confinement qu'elles étaient des héroïnes et que nous avons depuis oublié parce qu'elles travaillent dans des professions qui sont des professions invisibilisées parce qu'elles sont majoritairement féminines. Ces caissières, ces auxiliaires de vie, ces aides-soignantes, ces infirmières, ces sages-femmes, ces résistantes maternelles, toutes ces femmes qu'on ne reconnaît pas parce que leur profession est majoritairement féminine et dont on pense qu'elle peut être réduite à pas grand-chose.
Toutes ces femmes sont gés et que dans le Ségur de la santé on a parlé de toutes les professions médicales mais qu'on a oublié les aides-soignantes, qu'on a oublié ces femmes qui sont là, qui sont souvent avec des niveaux d'études très élevés et qu'on a oublié, méprisé, négligé. Alors oui, le temps des femmes est venu. Elles sont là. Vous vous rendez compte que, en fait, même le nombre, on dit toujours où sont les femmes et on se demande toujours si un jour elles arriveront à faire quelque chose aussi bien que nous, les hommes, et vous vous rendez compte du nombre de villes qui sont dirigées aujourd'hui, de villes et d'agglomérations dirigées par des femmes et ce n'est pas...
Vous pourriez vous dire que c'est la première fois et donc on ne sait pas encore ce qu'elles vont commettre et donc peut-être qu'on s'est trompé mais on s'en rendra compte plus tard. Non, il y a aussi toutes ces femmes qui ont été réélus et parce que je les vois, je pense à Nathalie, à Johanna et à toutes les autres, vous dire mon immense fierté devant ce que vous avez accompli et je suis tellement fier de la reconnaissance que vous ont accordé vos citoyens.
La promesse, je sais que j'ai pris un risque énorme en faisant ça, c'est parce que, je précise, parce que hier soir j'ai déjà commencé à saluer celles et ceux que je voyais et je n'ai cité que celles et ceux que je voyais et donc après je me suis s'engueulé par tous ceux que je n'avais pas vus et donc je le dis c'est parce que je vois Nathalie ici et parce que je vois Johanna là mais je pourrais citer certainement Olivia que je vois aussi qui est, j'en reparlerai plus tard. Bon, je continue. La république jusqu'au bout mais le socialisme c'est aussi la promesse d'une vie meilleure. Cet objectif n'a pas changé même si sa traduction doit évoluer.
Le monde a changé sous l'effet de l'action humaine de son génie. Les distances ont été abolies la production à l'échelle industrielle a permis de satisfaire des besoins massifs. Nous communiquons sans frein d'un bout à l'autre de la planète. Une planète à laquelle nous demandons aujourd'hui plus qu'elle ne peut nous offrir. Et nous sommes en train de programmer nous-mêmes l'obsolescence de nos ressources naturelles. Et notre approche de l'humanisme doit donc se renouveler en intégrant notre relation à la nature et aux technologies. Nous sommes parvenus à une situation paradoxale où la puissance technique permet le contrôle de la nature mais nous ne maîtrisons plus la technique.
Et il est devenu impératif impératif de créer une éthique qui encadre ce pouvoir technologique et de tisser à nouveau un lien avec la nature. Notre vision du progrès elle-même doit évoluer. Qu'est-ce qui fait la richesse ? Qu'est-ce qui améliore notre vie ? Et qu'est-ce qui nous permet d'aller au bout de nous-mêmes, de nous émanciper, de nous construire ? Déjà, les premiers socialistes avant l'avènement du marxisme avaient proposé des réponses à cette question.
Ils avaient mis en avant la coopération et l'entraide, l'accès à la connaissance et à la culture et la réponse aux besoins humains fondamentaux du temps pour les siens, du temps pour participer à la vie de son quartier et de sa ville, bref, d'être citoyen. La liberté de l'homme, sa capacité à réaliser ses aspirations ne peuvent plus reposer sur un mouvement d'accumulation ininterrompu des richesses intérieures tout simplement parce que ces richesses elles-mêmes ont une base matérielle et que cette base, ce sont les ressources de la planète et que nous avons dépassé ses limites.
C'est un défi et une clarification que nous devons aux Français a été construit sur une répartition des richesses dont la production était fondée sur l'exploitation sans fin de la planète et de ses ressources. Au cours du siècle dernier, la gauche avait en commun le productivisme avec les capitalistes et le débat portait exclusivement sur la répartition du gâteau. C'est terminé. C'est terminé parce que c'est le gâteau lui-même qui menaçait de disparition et parce que les premières victimes de l'anthropocène ce sont les classes populaires et les générations futures. et c'est le sens de notre combat pour le climat.
La volonté que nos enfants et leurs enfants après eux ne connaissent pas les conséquences de notre irresponsabilité, que la vie vivable ne devienne pas le privilège de quelques-uns, de ceux qui ont les moyens de se protéger des aléas climatiques et des désordres écologiques. Alors oui, la justice écologique est et sera le cœur de notre combat. L'écologie sans la justice sociale se saline par les Gilets jaunes. Mais je le dis aussi, je le dis aussi, notre écologie ne sera jamais la déification d'une nature idéalisée dont il faudrait accepter qu'elle devienne le fondement de notre ordre social. Au bout de cette logique, il y a le darwinisme social.
La loi de la nature, c'est aussi la loi du plus fort. Et nous avons, c'est notre histoire, inventé les droits humains contre cette idée d'ordre naturel immanent. Nous lui avons opposé un ordre humain toujours en construction. Notre écologie est un humanisme. L'homme n'est pas un intrus dans la nature. et c'est pour permettre aux humains d'y vivre que nous voulons préserver la planète. Il s'agit d'articuler nos besoins et nos capacités à les satisfaire. C'est cette vision globale, cohérente de la personne humaine dans tout ce qui fait sa vie, son épanouissement, sa capacité à prendre place dans le monde, à le comprendre et à le transformer qui est le cœur de notre combat.
L'environnement, l'école, l'éducation populaire, la culture, la santé doivent être pleinement reconnus comme des enjeux majeurs pour la personne humaine. La réponse exclusivement matérielle aux besoins humains, le culte de la performance, de la productivité, la diffusion non maîtrisée des technologies ont alimenté un puissant mouvement de déshumanisation de notre société. réhumaniser le monde. C'est le fil conducteur de notre action. Réhumaniser le monde. Humaniser au 19e siècle, c'était sortir des régimes héréditaires et autoritaires. Et le débat qui a structuré à cette époque le débat public, c'était celui de savoir si on était pour ou contre la démocratie.
Au 20e siècle, le mouvement ouvrier a imposé la question sociale et c'est Jaurès qui a opéré la synthèse entre la République et la question sociale. Et bien, au 21e siècle, il nous appartient à nous tous, à nous toutes, de faire en sorte qu'il y ait une nouvelle synthèse à produire entre République sociale et écologie. Je dis synthèse, pas substitution, parce que la lutte pour le climat, pour la biodiversité, n'efface évidemment pas la lutte contre les inégalités et rien ne se fera sans approfondissement démocratique. Et c'est cette synthèse qui doit nous conduire à construire ensemble un État et la providence sociale et écologique.
Mais ce qui donne son sens à l'idée même de progrès, c'est le choix des réponses collectives et c'est l'importance donnée à l'expression des citoyens dans la vie démocratique. L'un des premiers enjeux, c'est justement de redéfinir avec eux ce que sont les biens communs, ceux qui doivent échapper à la logique du marché parce qu'il s'agit des ressources essentielles qui permettent d'organiser les réponses collectives face aux nouveaux enjeux et aux risques qui nous menacent. La question de l'accès à un possible vaccin contre le Covid a redonné une actualité et une visibilité à ce combat. Ce combat, il est aujourd'hui porté à l'extérieur de nos partis par deux femmes.
L'une est socialiste, l'autre est écologiste et elle le porte depuis de longues semaines, de longs mois et je veux saluer évidemment le combat que mènent aujourd'hui Najat Vallaud-Belkacem et Cécile Duclos. Ce combat, elles ont raison de le mener. Elles ont raison de le mener pour une raison simple. Vous avez peut-être entendu, vu, lu qu'il y avait une formidable nouvelle qui venait de tomber. L'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, vient d'annoncer cette formidable nouvelle pour nos frères et sœurs africains que la polio est enfin éradiquée de ce continent après 30 années de combat.
Mais si ce combat a pu être mené, c'est parce que celui qui avait découvert le vaccin, Jonas Solk, avait lui décidé de refuser de breveter ce vaccin pour le rendre accessible à l'humanité entière. Alors oui, il n'y aura pas toujours des philanthropes et il faut mener ce combat. Les vaccins peuvent devenir des biens communs, mais ils ne peuvent rien si chacun n'a pas le souci du commun en se protégeant pour protéger les autres. Je le dis aussi, cela fait partie des débats que nous avons parfois entre nous.
Et ce matin, j'ai été heureux d'entendre dire par Yannick Jadot qu'il revendiquait pour son mouvement l'obligation vaccinale, le fait que nous devons nous entraider et faire en sorte que chacun d'entre nous prenne soin des autres en prenant soin de lui-même. Il y a aussi un bien commun qui, plus que d'autres, mérite notre attention. Il s'agit de la démocratie. La vie politique est malade, oui, malade de l'excès de personnalisation qui a pour corollaire l'insuffisante association de nos concitoyens et l'affaiblissement continu de leurs représentants. Et la gauche a depuis peut-être trop longtemps endossé les excès de la Ve République.
Et quand je vois refleurir les ambitions personnelles, les écuries présidentielles, avant même l'élaboration d'un projet collectif, je m'inquiète pour notre capacité à sortir de la logique jupitérienne. Oui, nous devons ensemble faire évoluer nos institutions, en finir avec le président monarque, le premier ministre collaborateur, le parlement croupion, citoyen impuissant. La démocratie, ça ne peut pas être une lettre de mission donnée tous les cinq ans à un seul. et la gauche, ce n'est pas le culte de la femme ou de l'homme providentiel, ce n'est pas le bonapartisme, ce n'est pas le césarisme. La gauche, c'est la volonté, oui, la volonté de faire en commun.
Voilà, chers camarades, voilà, chers camarades, quelques éléments d'identité pour redéfinir à la fois la place que nous occupons et la contribution qui peut être la nôtre à la construction de la gauche et du bloc social et écologique. Nous sommes bien loin de l'effacement, nous sommes dans le choix conscient et délibéré d'une nouvelle aventure collective, celle du rassemblement autour d'une autre nouvelle sociale, écologique, démocratique, féministe et européenne. J'entends dire que c'est impossible. C'est en général ce que disent ceux qui n'y croient pas, ceux qui ne le souhaitent pas, pardon.
Je ne nie pas les difficultés, les cicatrices, les rancœurs, les méfiances, les ambitions, les désaccords supposés mais aussi parfois bien réels. Je n'ignore rien de tout cela. Mais si la politique a encore un sens pour nous, alors notre première réflexion doit relever de l'éthique. Nous avons une responsabilité d'abord vis-à-vis des femmes et des hommes qui attendent de nous des réponses et une espérance nouvelle. Une responsabilité vis-à-vis du pays lui-même, déchiré par les politiques menées depuis trois ans, fragilisé par les crises à répétition, angoissées par un avenir toujours incertain.
Sommes-nous capables les uns comme les autres de faire ce constat lucide qu'aucune aventure personnelle ne triomphera de l'élection présidentielle, qu'aucune composante de la gauche et de l'écologie ne soumettra les autres, qu'aucun n'acceptera de suivre aveuglément l'un de ses partenaires comme s'il s'agissait d'une réédition. Si projet commun il doit y avoir, il s'abreuvera à toutes les sources de la gauche et de l'écologie et sera le résultat d'une construction collective nouvelle. Pour le climat, tout doit changer. Je prends nos pas opposés la fin du monde et la fin du mois. Je prends aussi nos vies valent mieux que leurs profits. Je prends encore l'humain d'abord.
Je prends encore ce que nous devons partager. C'est l'état d'esprit, une montée de dialogue et un respect mutuel. Il ne s'agit pas de fusionner les formations existantes ni même de simuler une fausse unanimité. Il s'agit de se mettre d'accord uniquement sur un programme de gouvernement pour les cinq prochaines années. Pour les cinq prochaines années dans les départements, dans les régions et peut-être après pour le pays. Parce que pour la première fois en France, il peut s'agir de construire une véritable coalition et de construire un programme d'action. Ce projet, ce contrat, je ne souhaite pas qu'il ne soit alimenté que par les partis politiques.
Il passerait alors à côté de ce qu'est aujourd'hui la société française et la vie politique dans notre République. Ce sont aussi les syndicats, les associations, les ONG, l'ensemble du mouvement non lucratif, les think tanks, les citoyens engagés dans des causes et dans des combats locaux. C'est l'ensemble de ces forces qu'il nous faut mobiliser, l'ensemble de ces énergies dont nous avons besoin pour construire une force suffisamment puissante pour prétendre arriver à la tête du pays, du pacte du pouvoir de vivre jusqu'au collectif plus jamais ça. Notre ambition doit être à ce niveau-là.
Parce qu'il ne s'agit pas seulement de gagner l'élection présidentielle, il ne s'agit même pas de disposer ensuite d'une majorité parlementaire. Certes, c'est indispensable, mais ça n'est pas suffisant pour transformer, pour agir, pour faire en sorte que nous ne soyons pas simplement là à occuper le pouvoir, mais à le transformer, à faire en sorte que ce monde puisse changer, pour ancrer le changement dans les têtes, dans les réalités locales, nationales, européennes. Alors, nous avons besoin, certes, d'un président, d'une majorité parlementaire, mais nous avons aussi besoin d'une mobilisation sociale, citoyenne, des territoires, sans cette mise en mouvement de toutes les sociétés.
Il n'y aura pas de transformation sociale, il n'y aura pas de transformation écologique et nous échouerons. Oui, nous échouerons. Alors, oui, c'est ce rassemblement-là, large, vaste, qui comprend toutes ces forces qui disent, qui tout ensemble, disent vouloir la même chose qu'il faut maintenant rassembler, faire travailler ensemble, parce que, oui, c'est la seule façon de parvenir à la fin au résultat. Tout à l'heure, je vous ai cité Olivier Fortin, qui est là, que vous ne connaissez pas forcément, même si certains d'entre vous l'ont entendu s'exprimer et certainement vous rappeler ce qu'a été l'itinéraire collectif du printemps marseillais.
Se mettre ensemble, autour d'une table, sans exclusives et sans préalables, partir des combats du quotidien, rappelez-vous la rue d'Aubagne, partir des questions qui se posent dans la ville, dans la société, pour construire collectivement un projet politique, c'est la seule méthode possible. À Marseille, je dois le dire, ma fierté n'est pas petite, d'avoir été le seul parti à y avoir cru dès le premier jour, parce qu'elles sont là les conditions de la réussite.
Et c'est pour cela que nous devons maintenant réaliser au niveau national ce que vous avez fait au niveau local lors des élections municipales, plonger nos racines dans la société, faire en sorte que les expérimentations des mouvements innovants soient reprises, dépasser le cadre des partis, s'appuyer sur les citoyens, mobiliser une opinion élargie. Et ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de lancer ensemble le printemps de la gauche et de l'écologie. Une démarche collective dont je ne revendique aucune organisation d'internité. Je souhaite le partager avec toutes celles et ceux qui voudront s'y joindre, faire en sorte que ce soit ouvert à toutes et tous.
Parce que, vraiment, et je vous demande de m'accorder ce crédit, depuis que je suis devenu votre premier secrétaire, je n'ai jamais, jamais considéré que mon intérêt propre devait primer sur l'intérêt collectif. Et comme président secrétaire des socialistes, je n'ai jamais même considéré que l'intérêt socialiste devait primer sur celui de l'ensemble de la gauche et de l'écologie. Et donc, je veux effectivement réaliser ce rassemblement. et je lui vois trois horizons pour réussir cette démarche. D'abord, animer dans chaque région du pays cette démarche de printemps pour préparer les élections régionales et départementales. Ces échéances seront un premier test de notre maturité.
Si nous partons divisé lors de ces échéances de mars 2021, alors, nous aurons peu de chance de partir unis à l'élection présidentielle. Comment espérer un candidat unique aux présidentielles quand on n'est même pas capable d'avoir des candidats communs aux élections régionales et départementales ? Inversement, inversement, chaque victoire commune servira de point d'appui pour gagner les présidentielles et les législatives. Ensuite, je souhaite que, dès les prochaines semaines, et je sais que nos partenaires écologistes que j'ai rencontrés aujourd'hui, m'ont tous dit y être prêts et depuis de longues semaines, nous en parlons.
Que nous puissions ouvrir dès les prochaines semaines, ouvrir le débat sur le projet dont notre pays a besoin face aux crises économiques, sociales, écologiques, démocratiques, renitaires qui sont aujourd'hui notre quotidien. J'ai esquissé dans mon propos quelques pistes. D'autres amèneront de nouvelles perspectives, d'autres idées que celles que je propose et c'est bien l'intérêt de ce débat. Enfin, nous aurons à affronter la question de la désignation d'une candidate commune ou d'un candidat commun pour l'élection présidentielle de 2022. Cette question se posera en réalité au lendemain des élections régionales et départementales.
Les conditions dans lesquelles même elle se posera dépendront très évidemment à la fois de la manière dont nous aurons géré collectivement ces échéances et de leur issue favorable ou non pour notre camp politique. Alors, qui sera-t-il ? Qui sera-t-elle ? D'où viendra-t-il ? D'où viendra-t-elle ? Je vais vous livrer ma conviction. Il ne sera pas écologiste. Il ne sera pas socialiste. Il ne sera pas communiste. Il ne sera pas insoumis. Il ne sera pas radical. mais il portera tout cela à la fois ou alors il n'y aura pas, il ne sera pas le candidat commun et surtout il ne gagnera pas.
La construction d'une nouvelle aventure collective, d'un nouvel espace commun de la gauche et des écologistes ne peut évidemment passer que par la coopération, que par le consentement, que par la construction progressive d'une volonté collective. Voilà, chers camarades, les convictions que je voulais porter devant vous et vous dire que c'est le pari que je vous propose de faire aujourd'hui. C'est le pari dans lequel je vous propose que nous mettions toutes nos forces parce que nous sommes par essence les militants et le parti du rassemblement de la gauche.
nous l'avons toujours été et parce qu'il est surtout temps de répondre à celles et ceux qui attendent et qui espèrent une alternative sociale, écologique, démocratique, féministe et européenne à la politique aujourd'hui conduite par Emmanuel Macron.
Alors je sais que ce chemin celui du rassemblement est toujours il a toujours été le plus difficile il a toujours été le plus exigeant il a toujours été celui qui a demandé le plus à chacun d'entre nous et je sais que chacun d'entre nous est d'abord persuadé que c'est chez lui que ce sont les bonnes idées que c'est chez lui qu'il existe le bon candidat et souvent c'est vrai pour chacun pour chaque parti pour chaque candidat pour chaque échéance mais ce qui est vrai aussi c'est que aucun d'entre nous aucune force parmi nous n'est en mesure aujourd'hui de l'emporter et il serait vain d'espérer la reddition de tel ou tel que l'un d'entre nous vienne et dise devant un micro je suis la république je suis le rassemblement je suis le projet je suis le changement non ce que je souhaite ardemment c'est que celui ou celle que nous désignerons puisse dire nous sommes ensemble la république nous sommes ensemble le changement nous sommes ensemble la convergence nous sommes ensemble le rassemblement nous sommes ensemble la force qui va oui je souhaite de toutes mes forces parce que comme le proclamait quelqu'un qui m'a dit aussi qui j'étais qui a écrit la peste mais aussi qui a aussi écrit qui l'imaginait scisif heureux Albert Camus l'allusion à scisif vous comprendrez qu'elle peut être parfois extrêmement éloquente quand on cherche le rassemblement et bien chers camarades cet auteur inspirant je sais que nombre d'entre vous ont relu la peste pendant cette période de Covid ça a été l'un de mes livres de jeunesse comme beaucoup d'entre vous et je dois vous dire que dans ces moments où à la fin de l'adolescence on se cherche encore on se cherche encore à comprendre qui on est ce que l'on veut pourquoi on s'engage il y a quelques mots qui m'ont inspiré à jamais pour le laïc que je suis pour les laïcs que vous êtes il y a ces mots incroyables qui sont prononcés par ce docteur Rieux et qui dit si nous ne pouvons être des saints soyons des médecins et bien ce que je vous souhaite à tous être non pas des saints mais des médecins faire en sorte de venir au secours de ce pays faire en sorte que ce pays soit à nouveau fier d'être à l'avant-garde d'une aventure nouvelle que nous puissions inspirer non seulement l'Europe mais le monde faire en sorte que cet avenir social écologique démocratique féministe puisse être regardé partout comme une fierté pour cela il y a besoin et je cite encore Albert Camus non pas d'âmes tièdes mais de cœur brûlant et bien chers camarades je sais que vos âmes ne sont pas tièdes et je sais aussi déjà pouvoir compter sur vos cœurs brûlants vive la gauche vive la république et vive la France avec la France
avec la France avec la France
Olivier Faure