LFI FAIT PREUVE DE SECTARISME ! - E. DIAZ (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 14 %Attaque 65 %Défensif 21 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Edwige Diaz, bonsoir. Vous êtes députée et reine de la Gironde. C'est le pire feuilleton de l'été ?
- 0:47OuverteRéponse directe
Sébastien Delogu. Donc, ce n'est pas forcément pour ce soir. L'hypothèse Bertrand qui tenait l'accord, visiblement, semble être un peu remis en cause.
- 1:42OuverteRéponse directe
Vous irez manifester le 7 septembre à ce week-end ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Anne Jontey, ça a trop duré. Vous le dites vous-même, alors que vous représentez l'ancienne majorité. Vous dites à Emmanuel Macron, maintenant il faut siffler la fin de la récré.
- 3:18OuverteRéponse directe
Il y a déjà des premiers sondages qui sont sortis, où les Français ont quand même un regard très dur sur la classe politique dans son ensemble, par rapport à ce qui se passe depuis…
- 3:48FerméeRéponse directe
Une question rapide, M. Delogu et Mme Diaz. Bertrand, vous censurez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Puisqu'il avait dit « on fait une petite trêve pendant les Jeux olympiques, pas de politique ». »
- 0:26Invité politiqueFait
« Les Jeux olympiques se terminent. On entend peut-être maintenant qu'il veut attendre la fin des Jeux paralympiques. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Il y a toujours autant d'insécurité. On manque toujours de pouvoir d'achat. Les services publics sont dans un état catastrophique. »
- 33:23Invité politiqueFait
« chaque année, il nous a raconté n'importe quoi sur les prévisions de déficit, de dette et de croissance. »
- 33:50InvitéFait
« de réduction des dépenses qui permettaient également de commencer à avoir une trajectoire de réduction du déficit public. »
- 33:57InvitéFait
« J'aurais voulu vous voir aux manettes dans une période Covid. »
- 11:24Invité politiqueFait
« tout le monde sait, tous ceux qui connaissent les arcanes savent très bien que quand on vote une motion de censure, on ne vote pas nécessairement sur le texte. »
- 12:38Invité politiqueFait
« On considère qu'avoir Xavier Bertrand comme Premier ministre serait une mauvaise chose pour le pays, parce qu'il a affaibli le service public, que ce soit l'hôpital quand il était ministre, que ce soit le TER depuis qu'il est président de la région Hauts-de-France. »
- 13:39InvitéFait
« nous, on a été très clairs sur le fait que nous ne votons pas, parce que nous ne reconnaissons pas le fait que l'extrême droite, aujourd'hui, rentre dans les institutions de notre pays. »
- 13:50InvitéFait
« l'extrême droite a gouverné notre pays, on était en guerre, et donc, du coup, on n'a pas envie de retourner là-dedans. »
- 14:07InvitéFait
« c'est la droite qui arrivée en premier, c'est la gauche qui gouverne, parce qu'elle réussit à dégager une majorité. »
- 19:40InvitéChiffre
« aujourd'hui, 80 députés ont signé d'ailleurs, je crois, la demande de destitution qui est proposée par la France Insoumise. »
- 26:56InvitéFait
« chaque mois, on débloque pour l'État les ressources correspondant au 12ème du budget. »
- 27:23InvitéFait
« C'est prévu par Constitution. »
- 33:36InvitéFait
« Ils ont servi pendant la crise Covid à sauver des entreprises, à sauver des artisans, à sauver des emplois »
- 34:21InvitéFait
« moi, ministre de la Culture, on n'en faisait jamais assez pour les fanfares, pour les artistes au chapeau dans les cafés, etc. »
- 34:39InvitéFait
« je ne regrette pas ces 1 000 milliards, je regrette sur le plan budgétaire évidemment, mais je ne regrette pas que nous ayons pu sauver un certain nombre d'entreprises, d'artisans, de grandes entreprises petites et moyennes et d'emplois »
- 34:59InvitéFait
« C'est les marchés qui dirigeaient notre pays. »
- 35:01InvitéFait
« Quand on est endettés, oui, quand on est emprunté, les États-Unis sont endettés et leur économie, elle va trivler. »
Temps de parole
- Invité21 %
- Invité 220 %
- Invité 312 %
- Edwige Diaz12 %
- Invité 412 %
- Invité 511 %
- Présentateur9 %
- Invité 63 %
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Edwige Diaz, bonsoir. Vous êtes députée et reine de la Gironde. C'est le pire feuilleton de l'été ?
Oui. En tout cas, je pense que l'impatience légitime des Français a laissé place à l'exaspération, voire même au dégoût. Moi, j'étais ce week-end sur ma circonscription et les Français ont clairement l'impression que le président de la République se moque d'eux. Puisqu'il avait dit « on fait une petite trêve pendant les Jeux olympiques, pas de politique ». Les Jeux olympiques se terminent. On entend peut-être maintenant qu'il veut attendre la fin des Jeux paralympiques. Sauf que pendant ce temps-là, les problèmes ne sont pas réglés. Il y a toujours autant d'insécurité. On manque toujours de pouvoir d'achat. Les services publics sont dans un état catastrophique.
Et donc, il n'y a pas de capitaine à bord. La France n'a pas de cap. Donc, en effet, c'est une plaisanterie qui n'a que trop durée. Et j'espère qu'elle va bientôt s'arrêter.
Sébastien Delogu. Donc, ce n'est pas forcément pour ce soir. L'hypothèse Bertrand qui tenait l'accord, visiblement, semble être un peu remis en cause.
– Moi, tout ce que je vois, c'est que plus il perd le pouvoir, plus il s'accroche au pouvoir. Ça, c'est quelque chose qu'on a pu regarder dans la story que vous avez pu commenter des milliers d'heures sur l'ensemble des médias. Moi, ce qui m'intéresse surtout, c'est la stratégie qu'il souhaite mettre en place et comment il voit les choses. C'est-à-dire, où aujourd'hui, il peut nommer un gouvernement du Nouveau Front populaire et s'arranger avec sa majorité pour que cela tienne et essayer de trouver des compromis. Ou alors, nommer un gouvernement de droite et s'arranger avec le Front national.
Et donc, du coup, ça remet en cause toute la légitimité de l'élection législative, où le Nouveau Front populaire est arrivé devant. Et ça me fait beaucoup poser de questions en me disant est-ce qu'il n'est pas en train de s'accrocher au pouvoir alors qu'il le perd face aux urnes.
– Vous irez manifester le 7 septembre à ce week-end ?
– Bien sûr, bien sûr, j'allais peut-être le dire un peu plus tard, mais j'irai manifester samedi, donc 7, dans la rue, parce que la rue a aussi son mot à dire, parce qu'on espère aussi, comme notre slogan c'est l'Union populaire, on espère qu'il va y avoir une mobilisation populaire pour mettre une pression. Ça suffit, on a besoin de répondre aux attentes des Français et de travail. Là, on est en train de payer des députés à parler sur les plateaux télé. On n'est pas en train de faire du travail législatif. Et ça, c'est important de faire du travail législatif, c'est ce pourquoi les impôts des Françaises et des Français payent pour qu'on puisse justement travailler.
Là, on ne le fait pas, c'est quand même important. – On n'était pas en session. – Eh non, on pourrait demander… – Heureusement que les députés, heureusement pour vous, monsieur, que j'espère que vous ne travaillez pas qu'à l'Assemblée nationale.
– Anne Jontey, ça a trop duré. Vous le dites vous-même, alors que vous représentez l'ancienne majorité. Vous dites à Emmanuel Macron, maintenant il faut siffler la fin de la récré.
– Je ne lui parle pas directement, la séparation des pouvoirs, ce n'est pas à moi de lui dire ce qu'il doit faire. Moi, je note simplement qu'on voit bien que la situation est compliquée, il n'y a aucun doute là-dessus. Et que l'ambition, en tout cas, ce que porte le Président, c'est d'essayer d'assurer cette fameuse continuité du fonctionnement de l'État, comme le dit l'article 5, et que pour ça, il a besoin aussi de s'assurer que l'ensemble des partis politiques et des groupes politiques à l'Assemblée pourront permettre au gouvernement…
– Mais là, tout le monde est au bord de la crise d'Onerre. On n'en peut plus, là. On n'en peut plus.
– Non, mais on n'en peut plus.
– Oui, enfin, je n'ai jamais vu 50 jours.
– Non, mais parce que vous êtes suspendu à une annonce éventuelle.
– Non, mais sincèrement, les Français vont vous juger terriblement, sincèrement. Il y a déjà des premiers sondages qui sont sortis, où les Français ont quand même un regard très dur sur la classe politique dans son ensemble, par rapport à ce qui se passe depuis…
– Non, ce n'est pas forcément récent uniquement sur cette situation actuelle, et ça fait un petit moment que ça dure, hélas. Non, non, je crois qu'il faut rester concentré sur le fait que ce serait certainement terrible pour le pays de nommer un Premier ministre et que derrière, rapidement, il soit renversé. Franchement, ce n'est pas l'ambition. Encore une fois, j'entendais Mme Diaz tout à l'heure dire qu'il y a en effet des sujets qu'il faut pouvoir aborder rapidement, et ce n'est pas en commençant par renverser un gouvernement qu'on va y parvenir. Donc il faut en effet, je crois, s'assurer qu'on puisse avoir un gouvernement qui puisse tenir dans un contexte de la finance qui va arriver.
– Une question rapide, M. Delogu et Mme Diaz. Bertrand, vous censurez ? – Évidemment. – Oui.
– Oui, évidemment, on regarde son bilan, il n'y a pas de sujet.
– Mais Roselyne Bachelot, vous avez été ministre, vous n'auriez pu être ministre des émissionnaires si vous étiriez ces ministres. – Oui, oui, c'est ça. – Et alors rester 50 jours, ministre des émissionnaires, ça vous aurait plu ? – De toute façon… – Vous avez une pensée pour aux petits camarades qui attendent finalement que ça se termine ?
– Oui, oui, je ne vais pas les plaindre, ils font leur boulot, c'est très bien. – Il y a d'autres gens à plaindre que les ministres des émissionnaires. – On fait quoi quand on est ministre des émissionnaires ? – Non, mais vous savez, un ministère, c'est toutes sortes de choses à gérer. On voit évidemment dans les médias l'écume des choses, les gros dossiers importants, mais on gère, on est le chef d'une administration, de plusieurs administrations. Quelquefois on a toutes sortes de choses à gérer, on ne s'ennuie pas, ils ne sont pas là en train de jouer aux dames ou à faire de la broderie.
Non, mais simplement la difficulté qui est posée, c'est la difficulté de la restructuration du paysage politique dans notre pays. Tout vient de là et d'ailleurs cette restructuration, ces élus qui ont été élus à l'Assemblée nationale reflètent la restructuration du paysage politique français en trois forces à peu près égales, le tripartisme, et c'est ça qui pose une difficulté à Emmanuel Macron, comme la difficulté qui serait posée à n'importe quel président de la République. – Il s'est mis lui-même dans cette situation, puisqu'il a exclu deux forces tout de suite. – C'est pas lui qui s'est exclu. – Le nouveau Front populaire, c'est une restructuration qui existe, c'est pas lui qui l'a créé.
– Oui, on fait l'exclu des forces politiques. – C'est pas lui qui l'a créé. – Comment vous expliquez, Madame la Ministre, que partout en Europe, à chaque fois dans les élections legislatives, lui qui arrive en tête, le président attenant du pays, nomme le Premier ministre et après il s'essaye au point de vue… – Je vais vous arrêter avec un exemple très précis qui vient de se passer, en Espagne. majorité relative, c'est le Parti Socialiste, c'est le PSOE qui arrive en tête. Il doit faire la preuve qu'il est capable de constituer une majorité, une majorité qui va le soutenir.
Il est incapable de faire cette proposition et on passe le relais au deuxième, en l'occurrence, le Parti de Populaire de M. Sanchez. Donc, partout, partout… – Vous n'aviez pas la majorité ? Vous n'apportiez pas une majorité ? – On n'a pas la majorité absolue, mais c'est nous qui avons gagné les élections, nous avons le plus de députés. – Mais nous avons le plus de députés. – Xavier Bertrand n'apporte pas de majorité non plus. – Mais c'est pas comme ça que ça marche, monsieur. Il faut une majorité qui va vous soutenir et qui ne va pas vous envoyer dans le mur. Et ça, ça existe en Allemagne, ça existe en Espagne. – Mais Xavier Bertrand n'apporte pas non plus une majorité.
– Mais je ne défends pas Xavier Bertrand. Monsieur Delegui me dit que dans tous les pays européens, ça se passe comme ça. Ce n'est pas vrai.
– En Pologne, c'est le cas aussi. C'est le deuxième qui a été nové Premier ministre pour connaître le mécanisme institutionnel européen. – Attendez, pardon, c'est le deuxième. Enfin si, on prend Xavier Bertrand, c'est le cinquième.
– Là, on prend quelqu'un qui est hors champ.
– Non, qui sera soutenu par le cinquième groupe de l'Assemblée nationale. C'est baroque quand même. – Sauf s'il arrive à monter une coalition, mais je ne la vois pas trop. – On prend quelqu'un issu d'une famille politique qui est cinquième à l'Assemblée nationale.
– Ce qu'explique madame la ministre, c'est qu'il faut pouvoir apporter des éléments qui permettent de s'assurer qu'une majorité puisse le soutenir. Peut-être que monsieur Bertrand l'a fait, je n'en sais rien. J'en ai aucune idée, je ne suis pas là pour le soutenir. Peut-être l'a-t-il fait. Nous ne sommes pas dans le secret des conversations. – On est dans une situation qui semble inextricable, là, au moment où on se parle. – Mais je pense qu'aujourd'hui, il y a deux choses. Il y a les problèmes que les Français ont sur le dos, les problèmes du pouvoir d'achat, de sécurité, etc. De toute façon, quel que soit le Premier ministre, il ne va pas régler ces problèmes-là en 30 secondes.
On le sait très bien. C'est une question d'années. Donc on n'y arrivera pas comme ça. En revanche, il y a des problèmes qui, eux, sont immédiats, énormes, et devant lesquels on est pour l'instant désemparés, qui sont d'une part le fait de devoir voter un budget extrêmement sévère au moment où les Français ont des attentes totalement opposées aux nécessités financières. Et d'autre part, les engagements qu'on va être obligés de prendre sur 10 ans vis-à-vis de l'Europe pour, là encore, essayer de faire passer le sérieux avant le souhaitable. C'est ça la situation et c'est ça l'urgence. Et pour essayer de régler ça, il n'y a tout simplement pas de majorité possible à l'Assemblée nationale.
On va avoir un Premier ministre un jour ou l'autre. Je pense que ça devient ridicule d'attendre à ce point. Ridicule, dangereux et très mauvais pour l'image de la politique en général, du président de la République en particulier, mais de tout le monde, y compris du journaliste, d'ailleurs. Bon, il y aura un Premier ministre, il y aura un gouvernement. C'est là où on verra quel est le véritable équilibre que représentera ce Premier ministre. Il y aura ensuite, inévitablement et très vite, une session extraordinaire. Il prononcera son discours et il y aura forcément une motion de censure, d'une manière ou d'une autre. Ce sera bien adopté.
Non, mais il peut y avoir de toute façon un gouvernement de 15 jours ou un gouvernement de 3 mois et puis ensuite, en sens inverse, un autre gouvernement de 15 jours ou de 3 mois. Et pendant ce temps-là, la nécessité de donner des réponses budgétaires immédiates, pas des réponses budgétaires dans un trimestre ou dans deux trimestres. Et la gravité de la situation actuelle, c'est pas tellement le fait qu'on n'est pas un Premier ministre comme image, ça c'est de l'épinal, mais c'est le fait qu'on a un problème immédiat, financier, gigantesque devant nous et que, bien sûr qu'il faut le régler, mais qu'on n'a pas de majorité pour le régler.
Néla Latrousse, pourquoi il y a encore une heure, ici même sur ce plateau, on était en train de se dire « ça va être Bertrand et ça sera sans doute ce soir ». Et là, visiblement, c'est beaucoup moins sûr. Moins sûr sur Bertrand et moins sûr sur le timing. Qu'est-ce qui coince au service politique ? Quelles sont les dernières infos ?
Alors, d'après nos informations, au sein de l'ancienne majorité du camp présidentiel, il y a de très fortes, très très fortes réticences sur la personne de Xavier Bertrand, avec une bonne partie des députés qui, par exemple, durant la journée, a fait fuiter, nous a écrit pour dire que la figure d'un David Lysnard, maire de Cannes, restait toujours dans la course, piste qui s'est dégonflée aussi rapidement qu'elle nous avait été suggérée, puisque personne à ce stade à l'Élysée ne nous évoque le maire de Cannes, qui se trouvait par ailleurs président de l'Association des maires de France, et que certains jugeaient être un bon profil, parce que représentant précisément les territoires.
Restait donc celle de Xavier Bertrand, poussée, là aussi, par un certain nombre de députés de l'ancienne majorité du camp présidentiel, avec, au fond, l'idée qu'il serait suffisamment habile pour certes faire face à des motions de censure, mais que M. Delogu et Mme Diaz, par exemple, ne pourraient pas voter le même texte, et que donc, de ce fait, cela ne ferait jamais les 289 voix, rien n'est moins sûr de ce qu'on peut prendre.
– On peut poser la question ? – Oui, des échanges ? – Si vous déposez une motion de censure, est-ce que M. Delogu, vous la votez ? – Oui. – Non. – Non. – Donc, elle ne passe pas. Inversement, si c'est M. Delogu qui dépose une motion de censure, est-ce que vous la votez ?
– Oui, nous l'avons déjà fait, en fait. – Donc, ça passe que si c'est la France insoumise qui dépose ? – Non, mais tout le monde sait, tous ceux qui connaissent les arcanes savent très bien que quand on vote une motion de censure, on ne vote pas nécessairement sur le texte. On vote dans l'objectif de renverser un gouvernement.
– Pourtant, tous les deux, vous dites, on censure Xavier Bertrand, on est d'accord.
– Oui, mais nous, en fait, on fait passer l'intérêt, si on ne veut pas Xavier Bertrand… – Oh, M. Delogu.
– Si on ne veut pas Xavier Bertrand… – Attendez, M. Delogu, Mme Diaz vient juste de vous toucher l'épaule. – Oui, elle ne me touche pas. – Si je la touche et puis après, elle fait un scandale parce que… – Vous êtes un homme du sud, M. Delogu. – Non, mais je suis d'accord. – Non, on ne fait pas de cinéma, si vous voulez, on parle sérieusement, on ne fait pas de cinéma. – Non, mais je ne fais pas de cinéma, j'ai juste dit, on ne me touche pas, mais je n'ai rien dit. – Mais c'était juste un geste comme ça.
– Je vous voyais bondir, prêt à me couper la parole, avec l'indélicatesse qui vous caractérise, et donc je vous ai juste demandé poliment de me laisser terminer. – Non, mais là, vous confirmez simplement. – Je ne vous ai pas fait une petite caresse sur l'épaule.
– Vous confirmez qu'effectivement, la motion de censure ne passera pas forcément, puisqu'elle peut passer que si vous deux, finalement, vous votez la même.
– En fait, voilà, là, M. Delogu a fait la démonstration de son sectarisme. Ça veut dire qu'en fait, il passe en priorité le fait de ne pas voter avec le RN, plutôt que le fait de renverser Xavier Bertrand qui serait Premier ministre. Nous, on n'est pas du tout dans cet état d'esprit. On considère qu'avoir Xavier Bertrand comme Premier ministre serait une mauvaise chose pour le pays, parce qu'il a affaibli le service public, que ce soit l'hôpital quand il était ministre, que ce soit le TER depuis qu'il est président de la région Hauts-de-France. Donc nous disons, dans l'intérêt des Français, il ne faut pas qu'il y ait Xavier Bertrand Premier ministre. Et donc la fin justifiera les moyens.
On votera une motion de censure, même si elle vient. – Alors M. Delogu, expliquez pourquoi.
– On a hâte qu'il y ait une réforme qui crée la motion de censure constructive, parce qu'on voit bien que c'est en fait la fusion des extrêmes à l'allemande ou à l'espagnol. – C'est quoi la motion de censure constructive ? – C'est-à-dire que quand on vote une motion de censure et qu'on fait tomber un gouvernement, il faut présenter une solution alternative avec un gouvernement et une majorité. – On ne peut voter la motion de censure que si on présente d'abord la majorité de rechange.
– Là, il n'y en a pas.
– Alors, explication sur cette motion, M. Delogu, alors. – Non, déjà, nous, on a été très clairs sur le fait que nous ne votons pas, parce que nous ne reconnaissons pas le fait que l'extrême droite, aujourd'hui, rentre dans les institutions de notre pays. – Donc, du coup… – Elles y sont, elles sont à l'Assemblée nationale. – Oui, mais on ne va pas les banaliser. – C'est les électeurs qui décident. – Oui, très bien, madame, mais l'extrême droite a gouverné notre pays, on était en guerre, et donc, du coup, on n'a pas envie de retourner là-dedans.
Peut-être que vous avez votre aspect, madame la ministre, que je respecte, même si vous vous êtes trompé tout à l'heure en disant que l'Espagne, c'est la gauche qui est arrivée en première ligne, en premier aux élections initiatives, or, c'est la droite, je vous invite à aller le vérifier, mais je ne vous ai pas coupé, parce que je vous laisse parler. – C'est la droite qui arrivée en premier, c'est la gauche qui gouverne, parce qu'elle réussit à dégager une majorité. – Non, non, parce que ce n'était pas la bonne chose. Moi, ce que je dis, c'est que je ne veux pas banaliser l'extrême droite.
Donc, nous n'allons rien voter, et j'ai même, je suis allé même plus loin, c'est-à-dire que, dans ma circonscription, sur le territoire où je suis élu, j'ai demandé, moi, aux gens autour, est-ce que si jamais, par exemple, ce qui n'a pas été le cas, mais le Front National appelle à augmenter les salaires, est-ce que je dois le voter ? On m'a toujours dit de ne rien voter avec eux, donc je ne le ferai pas. Mais le sujet n'est pas là, là, c'est du blabla qu'on essaie de faire. – Ah si, parce que ça peut aider un Xavier Bertrand, finalement, à rester en place.
– Mais Macron, il ne peut pas diriger, puisque vous avez deux oppositions, aujourd'hui, donc c'est juste la question, c'est de savoir vers qui il se tourne. Est-ce qu'il reconnaît les élections, ou est-ce qu'il se tourne vers l'extrême droite ? C'est ça, la question qui pourrait être posée.
– Vous ne reconnaissez pas les électeurs, en tout cas, puisque vous ne voulez, a priori, même pas avoir de la considération pour les électeurs RN de votre circonscription. Vous êtes leur député, vous devriez être le député de tous les habitants de votre circonscription, y compris ceux qui ont voté dans le gouvernement national. Et j'espère qu'ils seront plus nombreux la prochaine fois pour vous battre.
– Alors, je vais gagner du premier tour, madame.
– Moi aussi, monsieur Fassal.
– Bravo à tous les deux, bravo à tous les deux. – Je vais donner un mot de circonscription à la prochaine fois. – De l'état actuel des choses.
– Néa La Trousse, revenons sur les réticences exprimées dans la Macronie. C'est plutôt les proches de Gabriel Attal qui émettent des réserves sur le choix de Xavier Bertrand ?
– Oui, on entend dire qu'effectivement, autour de Gabriel Attal, on n'est pas enchanté de passer la main à Xavier Bertrand, et ils ont été quelques-uns à le faire savoir en plus haut lieu. La difficulté d'Alexander Bertrand, on entend dire aussi beaucoup dans ce qu'on appelle l'aile gauche de la Macronie, qu'il arriverait avec un programme de gouvernement assez dur, qui respecterait le pacte législatif posé par la droite, plus de régalien, plus de fermeté, moins de laxime, je reprends tous les termes qui ont pu être mis dans le débat par la droite républicaine ces derniers temps, et que cela n'irait pas forcément à une partie des députés ensemble pour la République.
L'un d'eux avec lequel j'ai changé avant d'entrer dans ce plateau, il disait qu'au final le risque c'est que ce soit exactement comme la loi immigration, qu'on finisse par se faire à quelque chose qui ne correspond pas à notre ADN. Et donc ces réticences-là à l'égard de Xavier Bertrand conduisent, de ce que l'on comprend, Emmanuel Macron a allé jusqu'à envisager, à faire un nouveau cycle de concertation avec de nouveaux noms mis sur la table. Sans compter que sur le plan sociétal, il y a eu des prises de position de Xavier Bertrand, il ne faut pas oublier que Catherine Vautrin avait été éliminée aussi. Alors un nouveau cycle de concertation ?
Attendez, on va tester de nouveaux noms là ? Donc ça peut durer encore des jours et des jours.
Voilà, ce sont des bruits qui nous parviennent, qui ne viennent pas de l'Elysée, qui ne viennent pas de l'entourage de chefs de l'État, qui viennent de personnes qui échangent avec lui, qui sont à l'Assemblée, qui sont au Sénat, et qui disent, bon voilà, si blocage... C'est la moquette là, ça. Non, non, non, ce sont globalement des gens qui ont réussi vraisemblablement à bloquer jusqu'à ce stade la nomination de Xavier Bertrand. Donc ça reste des figures qu'Emmanuel Macron écoute et qui disent, bon ben si, il n'y avait pas de solution...
Plus l'hypothèse Bertrand s'éloigne, parce que s'il s'était mis d'accord sur Xavier Bertrand, ça ne sert à rien d'attendre, il faut donner le nom.
Vous avez tout résumé, Olivier.
Mais attendez, mais pourquoi... Alors attendez, parce que quand même Alain, Alain il fait la boue.
Non, ben je... Il dit, je ne suis pas couché. Ah voilà, il y a peut-être de ça, mais la vérité c'est qu'on spécule sans savoir. C'est la seule chose qu'on sait, c'est qu'on ne sait pas. Exactement. Mais tester de nouveau ou non, est-ce que ça vous choquerait qu'Emmanuel Macron... Vous revenez à des noms déjà testés ? Écoutez, je trouve qu'on a trop tardé. D'abord je trouve qu'on a eu tort de dissoudre, ensuite qu'on a eu tort de prendre notre temps, et que maintenant c'est ridicule, et on tourne en rond. Et on connaît très bien ce que sont les rapports de force au sein du Parlement. Donc il faut se décider, et puis voilà.
Et puis s'il y a une motion de censure, il y aura une motion de censure. Et ben on essaiera quelqu'un d'autre. Si les choses se passaient de façon logique, comme c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête, et ben ce serait la candidate du nouveau Front Populaire qui devrait se présenter, on devrait voter, il y aurait une motion de censure, ensuite ça serait le représentant de la droite, on voterait, il y aurait une motion de censure, et ensuite on choisira un troisième sur un programme minimal fait pour durer le temps du budget. Edwige Diaz ?
Oui, j'apprends sur votre plateau, qui veut organiser peut-être un autre cycle de concertation. Il dit que ça fait partie des options sur la table. Oui, mais honnêtement, c'est pas sérieux. Depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, il n'a fait que proposer aux Français des simulacres de concertation. Quand vous avez dit ça, j'ai tout de suite pensé au cahier d'oléances des Gilets jaunes. Ensuite j'ai pensé aux concertations, la grande concertation citoyenne pour le climat. Pareil, ça n'a abouti sur pas grand chose. Ensuite il y a eu les rencontres de Saint-Denis, auquel Jordan Bardella s'est rendu à plusieurs reprises.
Et là maintenant les consultations, un premier tour de consultation, deuxième tour, troisième tour, par téléphone. Honnêtement, c'est pas sérieux. Si Emmanuel Macron admet qu'il est dans l'impasse, nous au Rassemblement National, nous lui suggérons de remettre sa démission.
C'est la seule façon de leur sortir ?
Bah écoutez, je... L'Assemblée sera toujours la même ? S'il est... Bah non, on pourra voter pour un président, ça changera beaucoup de choses. Mais je doute qu'il est toujours la même chose. Mais le président pourra procéder à la dissolution de l'Assemblée nationale.
Aujourd'hui, 80 députés ont signé d'ailleurs, je crois, la demande de destitution qui est proposée par la France Insoumise. Oui, bien sûr. Mais comme vous, vous dites qu'il doit être acculé à la démission. Et vous, vous voulez qu'il parte, quoi, avec la demande de destitution. Oui, et ça serait super qu'on arrive à le faire. Parce que si vous voulez, je vous explique pourquoi. Puisque à ma droite, j'ai une personne qui s'insurge de la situation que nous vivons dans le pays avec la politique d'Emmanuel Macron, alors que c'est véritablement l'assurance-vie d'Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale.
Quand vous arrêtez de regarder la télévision, excusez-moi, je ne vous ai pas coupé, j'ai eu le respect de ne pas vous couper. Vous ouvrez juste un ordinateur, vous allez sur le site de l'Assemblée nationale, vous allez voir qu'ils ont voté plein de choses main dans la main, comme l'augmentation du SMIC, l'augmentation de la retraite, etc. Donc ces personnes-là vont être au pied du mur parce qu'ils vont devoir ou destituer Macron ou pas. Et en fait, là, on va pouvoir vraiment y voir plus clair.
Parce que, comme je vous le dis, à l'Assemblée nationale, tout ce qu'on peut voir, c'est qu'ils votent main dans la main des choses qui ne vont pas, qui d'ailleurs ne sont pas en relation avec le programme du Nouveau Front Populaire. Donc du coup, si aujourd'hui, le président de la République, il se tourne à gauche, ce qu'il ne fera pas, il va se retrouver, comme le dit M. Duhamel, à essayer de bloquer les institutions. Donc on est dans une crise institutionnelle. Donc il n'a qu'un seul choix, c'est se tourner à droite vers les gens qui, depuis le départ, depuis la dernière mandature, l'aident à faire passer ses lois à l'Assemblée nationale et au Sénat. C'est tout ce qu'il va faire.
Donc on peut en parler pendant 10 heures. Il mettra un Premier ministre de droit, j'en suis persuadé.
Il y a juste une différence entre les élus de la France Insoumise et du Nouveau Front Populaire en général, et les élus du Rassemblement national, c'est que nous, nous n'avons pas permis l'élection d'Emmanuel Macron, pas une seule fois, mais trois fois, en 2017. Voilà, donc en fait, vous êtes fiers d'avoir permis l'élection d'Emmanuel Macron. Donc c'est bien beau de vouloir essayer de faire croire aux Français que vous pouvez le destituer. Ça n'est pas possible. Avant de penser à destituer Emmanuel Macron, il aurait peut-être pensé à ne pas le faire élire. Il aurait peut-être voulu penser à ça.
Anne Jeunet, l'information n'est la trousse, qui demande confirmation, mais peut-être qu'Emmanuel Macron est en train d'ores et déjà de tester de nouveaux noms, donc avec un nouveau cycle de consultation. Vous en pensez quoi ?
Je vais être très franche. Je vais rejoindre aussi M. Duhamel. Je pense que là, je comprends qu'il faille assurer la continuité, qu'il veuille éviter des censures successives, mais là, il y a un moment où il vaudrait mieux pouvoir avancer. Moi, je pense comme parlementaire, surtout au projet de loi de finances qui va arriver le 1er octobre sur le bureau de l'Assemblée. Je pense aussi au mois d'octobre, où il va falloir que la France lève l'emprunt sur les marchés financiers pour pouvoir payer ce qu'elle doit, notamment la dette que nous avons. Donc tout ceci engage une responsabilité qui impose, maintenant, je pense, de trouver un Premier ministre au plus vite.
Et la responsabilité des uns et des autres, moi, ce que je vois surtout, c'est qu'au-delà du casting, il y a quand même des positions arque-boutées d'un certain nombre de responsables politiques. Je dis responsables, j'aurais peut-être pas dû utiliser ce mot-là. D'ailleurs, ils ne sont pas responsables. À partir du moment où ils se bloquent et ils n'acceptent pas une ouverture qui permette... Enfin, là, on a quand même une loi de finances et l'emprunt sur les marchés financiers.
Il ne fallait pas dissoudre, dans ce cas-là.
Ça, ce n'est pas ma responsabilité. Ça ne nous aura pas échappé.
C'est votre champion. On parle de destitution, de démission. Aujourd'hui même, Édouard Philippe, qui annonce sa candidature pour 2027, qui semble enterrer lui aussi Emmanuel Macron. C'est la fin d'Emmanuel Macron ? Non, ça, c'est...
La position d'Édouard Philippe aujourd'hui, pour moi, me semble totalement décalée. Elle est hors propos. Ce n'est pas le sujet du jour. Ce n'est pas ce que nous demandent les Français. On ne va pas... Vous avez une fan. Non, ça, c'est... Oui, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure. Je ne vous ai pas entendu. Je ne le savais pas. Comment vous n'écoutez pas le pâle de l'éditorial ? Non, non, cette affirmation me semble totalement décalée, hors de propos. Voilà. Ensuite, la question du président, il l'assure... Enfin, pour moi, quand je lis la Constitution, il me semble respecter absolument à la lettre ce que nous dit la Constitution. On peut la retourner dans tous les sens.
On peut la lire comme on veut. Il la respecte. Ça peut exaspérer plein de gens. Et il n'est pas tenu par le temps.
Malgré tout, ce qui nous tient par le temps... Attendez, ce qui nous tient par le temps
dans la Constitution, c'est le 1er octobre. Ça, ce n'est pas le président, c'est la... Donc là, il sera bien obligé de faire quelque chose et d'avoir prévu ça. Donc il est quand même obligé d'aller plus vite. Je me permets juste de faire un rappel parce que c'est vrai que j'ai senti que la possible ouverture de nouvelles consultations a apporté un peu d'ébullition sur ce plateau. Dans la méthode, il n'y a rien de franchement nouveau par rapport à la pratique des institutions ou de la politique qu'a un Emmanuel Macron. Souvenez-vous de l'épisode de la réforme des retraites. Jusqu'à la dernière minute, Emmanuel Macron se laissait le temps de réunir son camp.
Il y avait eu notamment 3 ou 4 réunions dans les dernières 12 heures avant le vote qui était prévu de mémoire un jeudi à 15h. À 14h30, il convoque à nouveau ses troupes en disant « est-ce qu'on a le compte ? Est-ce qu'on ne l'a pas ? » Et il se résout à la toute dernière minute à utiliser le 49-3. Mais alors qu'il avait consulté pendant des semaines et Olivier Dussopt, ministre du Travail, Elisabeth Borne, première ministre, Aurore Berger à l'époque présidente de groupe, les uns lui disant « on a le compte », les autres disant « on n'a pas le compte », il s'était laissé le temps jusqu'à la dernière minute là où il ne pouvait plus décaler la décision pour décider du 49-3.
Donc ce que je veux dire par là...
Oui mais il se met une pression supplémentaire.
Absolument.
Parce que il va faire un choix et si ce choix est censuré dans deux semaines, ou trois semaines, on dirait que c'est la faute d'Emmanuel Macron qui a fait un mauvais choix. Je suis d'accord,
mais je suis simplement en train de rappeler que dans la méthode, tant qu'il n'est pas dos au mur, Emmanuel Macron n'est pas du genre à se précipiter pour annoncer quelque chose. À 50 jours, ce n'est pas possible. Non mais le paradoxe de cette situation, c'est que alors qu'il est le plus présidentialiste de tous les présidents qu'on ait eus, en même temps, il a une pratique qui est ultra-parlementaire dans tous les autres pays européens. C'est complètement contradictoire. Les parlementaristes ne vont pas s'en... Désolés. Non mais d'ailleurs, c'est pour ça que les correspondants étrangers ne réagissent pas comme les journalistes françaises dans ce qui se passe.
Mais le fond des choses, c'est que d'abord, chaque jour qui passe, les taux d'intérêt qu'on doit payer pour rembourser ce qu'on doit, augmentent. La différence avec les Allemands, ce qui est le grand critère, c'est l'argile. Donc, perdre du temps, aujourd'hui, c'est perdre de l'argent public. C'est-à-dire notre argent à nous tous. C'est en octobre. Bon. On doit lever la... Oui, non mais c'est... C'est en octobre. Il n'empêche qu'on se complique encore les choses. Et puis d'autre part, on ne peut pas attendre le 1er octobre pour prendre des décisions en matière budgétaire. C'est une date butoir. Oui, non, non, mais on ne peut pas attendre.
Il y a tout simplement une question de fond qui se pose aujourd'hui, qui est, est-ce que, malgré l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, on continue, contre le nouveau Front populaire et contre le Rassemblement national, à mener une politique budgétaire, appelons-la comme on veut, de rigueur, pour faire face ? Est-ce qu'on essaye ça ? Ou bien est-ce qu'on dit, bon, ben, alors maintenant, système provisoire jusqu'à la fin de l'année, on fera ce que... Sous la 4ème année, Alors, il faut expliquer ce que c'est. Il faut expliquer ce que c'est. Alors, on fera des 12ème provisoires. Voilà. Il faut expliquer ce que c'est, Alain. Non, non, mais c'est pas très compliqué, en réalité. Justement.
Ça veut dire que, à ce moment-là, chaque mois, on débloque pour l'État les ressources correspondant au 12ème du budget. Et c'est obligatoire, pour une raison très simple, c'est qu'autrement, en décembre, il y a toute une série de corps de l'État qui ne seraient pas payés. Bon. Donc, Ça, c'est prévu par Constitution ? Oui, oui, c'est prévu. On paie quand même les gens qui seraient pour l'État. C'est prévu, mais c'est aussi un État lamentable. Oui, c'est pas une belle image qu'on donnera de la France. Et c'est un échec gigantesque. Franchement, les points de comparaison du passé ne sont pas à l'honneur de la situation actuelle.
Et puis, si je puis ajouter également, ça veut dire que nous aurions des notations qui s'aggraveraient pour la France et que les taux d'intérêt montraient encore et qu'on aggraverait encore la dette. Ça serait encore plus cher. Si on peut reconnaître juste l'élection législative, augmenter les salaires comme ça a été... qu'on a été élu pour cela, parce qu'on a gagné... Ça donnera pas l'argent. Oui, mais alors, vous êtes assez paradoxal, pardon, du côté de la France insoumise. Dites-moi. Parce qu'au deuxième tour de la dernière élection présidentielle, vous avez dit à Emmanuel Macron « Vous n'avez pas été élu sur votre programme.
Vous avez été élu parce qu'on a fait barrage au Rassemblement national. » Tout à fait. On peut retourner l'argument en vous disant « Mais excusez-nous, la France insoumise ou le nouveau fond populaire, vous n'avez pas été élu avec votre programme, vous avez été élu pour faire barrage au Rassemblement national. » Oui, mais en attendant, l'effet, c'est qu'aujourd'hui, c'est pour ça que nous expliquons, et c'est très bien de me poser cette question, c'est pour ça que nous expliquons que les quatre composants du nouveau fond populaire se sont rendus à l'Élysée et on dit « On peut trouver des compromis, pas des compromissions, des compromis. » Parce qu'il avait dit Jean-Luc Mélenchon.
Non, non, mais Jean-Luc Mélenchon, excusez-moi. Il avait dit « Le programme est le programme. » Non, mais... Vous me parlez de Jean-Luc Mélenchon, mais aujourd'hui, je vous parle des composants, c'est-à-dire des chefs de parti et des chefs des parlementaires, des présidents et des présidents de groupe. Ils sont arrivés, ils se sont exprimés. La personne qui s'est exprimée, c'est Mme Casté. Elle a dit qu'elle chercherait des alliances, qu'elle tendrait la main. Donc, vous avez les choses en main. La majorité qui représente moins d'un tiers à l'Assemblée nationale, la majorité du camp présidentiel, a juste à savoir vers qui ils vont se tourner.
Est-ce qu'ils vont se tourner à gauche ou est-ce qu'ils vont se tourner vers la droite et l'extrême droite ? C'est tout. En réalité, on en est là. Ou on reconnaît les élections législatives, ou on ne les reconnaît pas et on essaie de garder le pouvoir, ce qu'il est en train de faire Emmanuel Macron. Et en quelque sorte, on cristallise le pays et les institutions.
Quand on vous propose une personnalité de gauche comme Bernard Cazeneuve, vous la rejetez. Mais Bernard Cazeneuve, il est tout sauf de gauche.
Il est tout sauf de gauche. Il faut arrêter. C'est un social-démocrate. Non, non, pas du tout. C'est un social-démocrate. Il a été au Parti Socialiste en 30 ans. Alors, monsieur, j'ai gagné l'élection. Jean-Luc Mélenchon aussi a été au Parti Socialiste. Très bien, mais moi, j'ai gagné l'élection. Je suis au Nouveau Front Populaire et Bernard Cazeneuve était contre le Nouveau Front Populaire. On peut être de gauche et pas pour le Front Populaire. Il n'y a pas que le Nouveau Front Populaire. Vous êtes le détenteur de la loi. Non, non, mais... Bernard Cazeneuve, il a été au Parti Socialiste en 30 ans.
Mais moi, madame, je ne peux pas accepter quelqu'un, pardonnez-moi, je ne peux pas accepter quelqu'un qui était contre le programme sur lequel je me suis battu et sur lequel les Françaises et les Français ont le plus voté. Et vous voyez ? Donc, vous n'êtes pas pour la coalition. Vous n'êtes pas pour l'ouverture. Vous n'êtes pas pour un travail d'intérêt général pour les Français. Mais c'est des composants que dit madame Castet au président de la République, c'est qu'elle est prête à faire des compromis. Donc, prête à faire des compromis avec des gens qui ont voté contre le programme des Nouveau Front Populaire.
La seule chose que vous oubliez, c'est qu'Emmanuel Macron, s'il prenait Bernard Cazeneuve, c'était pour dire « Les ministres, c'est moi qui l'ai choisi. Xavier Bertin, les ministres, c'est moi qui l'ai choisi. » C'est ce qu'il dit. Mais si ! C'est pas faux non plus. Ça a été révélé par la presse. C'est pas moi. Vous ne connaissez pas Bernard Cazeneuve. Oui, mais lui, il a dit non. C'est pas le genre à dire. Il aurait dû choisir
Lucie Castel.
Moi, je pense qu'il aurait dû la nommer et qu'elle aurait dû constituer son gouvernement et puis qu'on aurait dû voter. Et puis à ce moment-là, elle aurait été battue et on serait passé. Ou pas forcément, s'il y avait eu des compromis. Mais non, il n'y aurait pas... Avec l'aide gauche de la Macronie. Avec un petit risque. Il y a une ambiguïté sur le mot compromis. S'il s'agit de trouver des mesures symboliques en disant « Bon, on ne va pas augmenter le SMIC de 200 euros ou de 20 euros, on va l'augmenter de la moitié, le quart, etc. » et sur les finances publiques, on va augmenter les impôts de ceci. Il est plus riche. S'il s'agit de mesures symboliques, il y a des arrangements possibles.
Mais s'il s'agit du fond, c'est-à-dire de la logique économique et financière qui est celle des convictions que vous avez. Là-dessus, sur le fond des choses, sur les vraies convictions, il n'y a pas de compromis possible. Vous dites qu'il y avait quand même un risque. Oui, il y avait en effet un risque à la nomination de Mme Casté. C'était qu'à nouveau, je suis désolée de revenir à ça, les marchés financiers s'emballent à ce moment-là et tout de suite renchérissent le coût de l'emprunt que nous devons faire pratiquement tous les mois et donc renchérissent la dette avant même qu'elle prenne les premières mesures qui étaient annoncées dans le programme.
C'est peut-être ça aussi que le président avait à l'esprit en disant « On ne va peut-être pas prendre ce risque tout de suite. » Non, c'est tout à fait possible à ceci près que ce risque-là existe aujourd'hui encore plus fort. encore plus fort. C'est encore plus inquiétant pour les marchés financiers. Le risque financier, on ne l'évacue pas du tout. Et c'est pour ça que je dis qu'on peut toujours essayer de trouver des aménagements symboliques sur ceci ou sur cela mais qu'il y a une question qui se pose et qui est la question de fond qui est est-ce qu'on a choisi pour une politique budgétaire exigeante, difficile et très impopulaire ou bien est-ce qu'on accepte un arrangement quelconque.
Et qu'on aggrave notre dette. Si on accepte un arrangement quelconque, on sait très bien qu'on aura tous les marchés financiers contre nous le lendemain matin et qu'il y aura des fuites dégueulées. Enfin, ce sera... Madame Diaz.
Oui. Toujours drôle d'entendre des leçons de rigueur, d'économie, de bonne gestion de la part de ceux qui ont quand même effondré les finances publiques. Avec Emmanuel Macron, c'est 1 000 milliards. C'est 1 000 milliards d'euros de dettes en plus. Et en plus, vous avez masqué les chiffres puisque si vous reprenez toutes les déclarations de Bruno Le Maire qui est quand même ministre de l'économie depuis 7 ans, chaque année, il nous a raconté n'importe quoi sur les prévisions de déficit, de dette et de croissance. Donc moi, je vous appellerai juste à un petit peu d'humilité en la matière.
Alors, si je peux vous répondre sur ce sujet, les 1 000 milliards de dettes, n'oublions pas, supplémentaires, qui sont une réalité que je ne conteste absolument pas, à quoi ont-ils servi ? Ils ont servi pendant la crise Covid à sauver des entreprises, à sauver des artisans, à sauver des emplois, à renflouer des groupes qui ont son prévoyé d'énormément d'emplois. Donc ça, il ne faut pas l'oublier. Ensuite, il y avait des mesures d'économie qui avaient été prises, de réduction des dépenses qui permettaient également de commencer à avoir une trajectoire de réduction du déficit public. Hélas, le Covid est arrivé derrière. J'aurais voulu vous voir aux manettes dans une période Covid.
Vous inquiétez pas, ça va arriver bientôt.
Moi aussi, j'aimerais nous voir en manette. Nous ne demandons que ça d'être en manette. Donc c'est pour ça.
Moi, je suis confronté à des oppositions au banc du gouvernement avec des gens qui n'arrêtaient pas d'exiger des dépenses supplémentaires. Exactement. Alors de toute façon, et y compris sur vos bancs, on n'en faisait jamais assez, moi, ministre de la Culture, on n'en faisait jamais assez pour les fanfares, pour les artistes au chapeau dans les cafés, etc. Vous en faisiez beaucoup trop pour l'immigration. Il fallait toujours leur donner plus d'argent. Alors, il faudrait savoir aussi, on est en plein paradoxe sur la gestion des dépenses publiques.
Je conclue en disant que je ne regrette pas ces 1 000 milliards, je regrette sur le plan budgétaire évidemment, mais je ne regrette pas que nous ayons pu sauver un certain nombre d'entreprises, d'artisans, de grandes entreprises petites et moyennes et d'emplois. Et personne à l'époque ne s'en plaignait. Absolument, personne à l'époque n'était à nous donner des sons de rigueur budgétaire. Non, le gouvernement n'en faisait pas assez. Exactement. Moi, je me rappelle très bien sur les banques de l'Assemblée, c'était jamais assez. C'est les marchés qui dirigeaient notre pays. Quand on est endettés, oui, quand on est emprunté, les États-Unis sont endettés et leur économie, elle va trivler.
Ils ont le dollar. Ils ont le dollar, ça fait une grosse différence quand même, il ne faudra pas l'oublier. Merci messieurs, dames. Merci.
Edwige Diaz