L'invité politique Sud Radio - Benjamin Haddad, Ministre délégué chargé de l’Europe, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 2:07OuverteRéponse directe
Comment pensez-vous convaincre Vladimir Poutine d'arrêter cette guerre ?
- 5:56OuverteRéponse directe
On donne 6 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine depuis 4 ans et demi. Est-ce que vous assumez de dire aux Français qu'on donne 6 milliards à l'Ukraine et rien aux Français à travers le carburant ?
- 9:08OuverteRéponse directe
Abordons la question de Donald Trump. Vous avez réagi officiellement auprès des États-Unis ?
- 10:27OuverteRéponse directe
Edouard Philippe piétine dans les sondages. Ça vous inquiète ?
- 14:07OuverteRéponse directe
Le Premier ministre demande la baisse des indemnités de fonction de ministre. Vous y êtes favorable ?
- 15:30OuverteRéponse directe
Pourquoi le sommet de l'espace est-il important et qu'est-ce qui se joue en ce moment ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« l'avion de Zelensky qui aurait pu être percuté par un drone selon la Norvège. »
- 2:15Invité politiqueFait
« On pensait qu'enfin un processus de paix pouvait s'enclencher en Ukraine, avec cette visite des deux émissaires en début de semaine. »
- 2:34InvitéFait
« nous avions nous-mêmes des représentants français à Kiev avec les Américains et avec le président Zelensky. »
- 3:39InvitéChiffre
« Il produit 21 millions de munitions en 2026, Benjamin Haddad. »
- 3:48InvitéChiffre
« C'est 40% de son économie. »
- 4:37InvitéChiffre
« les Européens aujourd'hui qui ont repris l'initiative et qui sont les premiers soutiens de l'Ukraine, avec le prêt de 90 milliards d'euros notamment qui a été finalisé par le Conseil Européen »
- 6:17InvitéChiffre
« nous avons fait la loi de programmation militaire où nous avons doublé le budget de défense de la France sur les deux mandats d'Emmanuel Macron »
- 6:37InvitéFait
« les démocraties européennes se sont reposées sur la garantie de sécurité des États-Unis »
- 14:51InvitéFait
« l'essentiel de la maîtrise des dépenses publiques, il pose sur les dépenses de l'État, sur la dette sociale. »
- 15:04InvitéChiffre
« Ça ne présente que 900 000 euros d'économie. »
- 16:44InvitéFait
« Nous pensons à des programmes comme Galileo et Copernicus qui permettent par exemple dans votre iPhone d'avoir un système GPS qui est européen. »
- 18:22InvitéFait
« C'est le soutien à la solution à deux États. Et avec un État palestinien sans le Hamas, qui est un Hamas désarmé, qui ne fait pas partie de la gouvernance des territoires palestiniens, et qui reconnaît le droit des Israéliens à vivre en sécurité. »
- 20:46InvitéFait
« On a vu ce qui s'est passé à l'université d'été de la France insoumise, avec M. Salah Amouri, quelqu'un qui avait plaidé coupable de l'assassinat, de la tentative d'assassinat d'un rabbin en Israël qui a été invité »
Temps de parole
- Invité72 %
- Benjamin Haddad16 %
- ?4 %
- Invité 24 %
≈ 18,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze.
Tout
juste 8h30 sur Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
Benjamin Haddad, bonjour. Bonjour. Alors l'actualité, on l'a appris ces dernières heures, c'est l'avion de Zelensky qui aurait pu être percuté par un drone selon la Norvège. Zelensky lui-même a tendance à minimiser. Il ne communique pas, alors que d'habitude il communique beaucoup sur les réseaux sociaux. Que sait-on ? Écoutez, pour l
'instant, moi je veux être très prudent sur cet incident. Vous avez vu que les Ukrainiens ont nuancé ce qui s'est passé.
La
vérité, c'est qu'on le sait que le président ukrainien a pu être ciblé dans le passé. On le sait qu'il y a régulièrement des incursions de drones russes dans le ciel européen. On a vu récemment les ingérences, les attaques hybrides de la part de la Russie. Ce qui s'est passé, on est passé à deux doigts d'un drame à l'aéroport de Leipzig, avec ce drone aussi qui s
'est
attaqué à un avion qui allait vers l'Ukraine. Donc, dans toutes ces configurations, je pense qu'il ne faut pas céder à l'intimidation. Il faut rester calme et puis il faut continuer notre soutien aux Ukrainiens. Mais
à
travers ce drone, est-ce que vous pensez que la Russie essaye de l'atteindre
?
Encore une fois, je ne
veux
pas spéculer sur cet incident.
Ce
que je constate, de toute façon, depuis quatre ans et demi, le début de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, c'est que les Russes continuent leur escalade meurtrière contre les civils ukrainiens. Les Russes avaient déjà tenté de s'en prendre à la vie du président Zelensky, on s'en rappelle, dans les tout premiers jours de la guerre et de l'invasion. On voit aujourd'hui la multiplication des attaques hybrides contre nos démocraties européennes, que ce soit les incursions de drones, que ce soit les attaques cyber, les ingérences dans notre espace informationnel, des tentatives d'assassinat contre des dirigeants d'entreprises.
Le PDG de Rheinmetall, cette entreprise de défense allemande qui avait été ciblée aussi. Donc, encore une fois, on est face à une nouvelle réalité auquel il faut qu'on soit préparé. La première ligne de défense de la sécurité européenne, c'est l'Ukraine. Et donc, nous devons continuer notre soutien aux Ukrainiens parce que c'est aussi nos intérêts de sécurité.
Alors
justement,
on
va en parler, mais Benjamin Haddad, les Français souffrent du pouvoir d'achat et les sujets qui sont les vôtres, l'Ukraine, l'Iran, sont directement liés au prix de l'énergie. On pensait qu'enfin un processus de paix pouvait s'enclencher en Ukraine, avec cette visite des deux émissaires en début de semaine. Et puis, patatras, les tirs ont repris aussitôt. Comment pensez-vous convaincre Vladimir Poutine d'arrêter cette guerre ? Bon, déjà, il faut le dire,
toutes les éventuelles reprises de dialogue, il faut les saluer et les accompagner. Et d'ailleurs, nous avions nous-mêmes des représentants français à Kiev avec les Américains et avec le président Zelensky. Moi, je me rendrai en Ukraine ce week-end aussi pour rencontrer à nouveau les dirigeants ukrainiens, pour parler de notre soutien aussi bien sur le plan économique, humanitaire et militaire.
Mais
la vérité, c'est qu'effectivement, celui qui tourne le dos à la diplomatie depuis 4 ans et demi aujourd'hui, c'est le président russe.
Il ne veut pas mettre fin à toute guerre. C'est
lui qui continue à avoir des demandes maximalistes et inacceptables, comme celle, par exemple, de récupérer des territoires qui n'ont même pas été conquis sur le plan militaire, ce qui est évidemment inacceptable pour les Ukrainiens à représenter un précédent catastrophique dans les relations internationales. C'est lui qui continue son escalade meurtrière. Cet été a été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis le début de la guerre,
avec des
attaques de drones et de missiles balistiques régulièrement sur les villes comme Kiev. La seule façon de mettre fin à cette guerre,
c
'est de faire monter la pression sur le régime de Vladimir Poutine, que ce soit sur le plan économique, en continuant l'effort de sanctions.
Ça
ne marche pas. Les sanctions, ça ne fonctionne pas. Non, c'est faux. C'est faux parce qu'on voit au contraire... Il produit 21 millions de munitions en 2026, Benjamin Haddad. Mais parce qu'aujourd'hui, il a une économie, évidemment, qui est toute entière tournée vers la
guerre et vers l'agression. C'est 40% de son économie.
Mais de fait, on a pu voir l'impact que ça
peut
avoir
sur
des importations.
On
a pu voir l'impact... En
tous les cas, ça ne le fait pas
plier. Et ce qu'on voit surtout, c'est qu'aujourd'hui, ce sont les Ukrainiens qui reprennent l'initiative sur le plan militaire. Mais rappelons-nous, on était quand même il y
a
un an et demi. Après la rencontre entre le président Trump, le vice-président Vance et le président Zelensky dans le bureau Oval. Tout le monde se rappelle de ces images. On nous explique à ce moment-là que ça y est, c'est fini. L'Ukraine va être forcée à la capitulation. Les Américains et les Russes vont négocier un accord sur le dos des Européens. Et que nous ne pourrons rien y faire. Donc on
se réjouit
qu'il n'y ait pas eu capitulation.
Mais
en tous les cas... Mais naturellement.
Mais
en
tous les cas, on n'arrive pas à faire arrêter cette guerre.
Ce que nous avons vu, c'est que ce sont les Européens aujourd'hui qui ont repris l'initiative et qui sont les premiers soutiens de l'Ukraine, avec le prêt de 90 milliards d'euros notamment qui a été finalisé par
le Conseil Européen, pour
donner de la visibilité sur le plan militaire, sur le plan économique aux Ukrainiens. Nous avons, avec la France, avec le Royaume-Uni et nos partenaires, créé la coalition des volontaires pour coordonner le soutien à l'Ukraine et la coalition anti-balistique cet été pour pouvoir accélérer aussi le soutien aux Ukrainiens dans les défenses anti-aériennes. Et aujourd'hui, ce sont, grâce à leur ingéniosité, grâce à leur innovation dans les drones, dans les capacités de frappe en profondeur, ce sont les Ukrainiens qui reprennent du terrain. Ce sont les Ukrainiens.
Et on voit aujourd'hui cette guerre qui maintenant a un impact aussi sur la société russe, sur les prix de l'énergie en Russie, sur les capacités de raffinage de
la Russie.
Sauf que c'est
plus unique à les clés,
quoi qu'il arrive. Moi, vous savez, je n'aime pas ce type d'expression. La vérité, c'est que je vois aujourd'hui un régime russe qui est sous pression, avec pour la première fois d'ailleurs un mécontentement qui s'exprime ouvertement de la part de sa population, des vidéos virales sur les réseaux sociaux qui se plaignent de la stratégie du Kremlin. Maintenant, c'est un test de résilience, de ténacité. Donc ce sera long. C'est long de toute façon.
Donc ce sera long. Est-ce
que, et on le voit bien à travers Benjamin Haddad, à travers le débat, aujourd'hui qui s'installe en France ? Et vous entendez probablement cette petite musique que ça coûte trop cher aux Français. C'est 6 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine depuis 4 ans et demi. Est-ce que vous assumez ce matin de dire aux Français, on donne 6 milliards à l'Ukraine et rien aux Français à travers le carburant ?
Ce
sont nos intérêts de sécurité qui sont en jeu. Depuis 4 ans et demi, non seulement nous soutenons l'Ukraine, avec nos partenaires, avec nos alliés, mais nous augmentons le budget de défense de la France.
Nous
avons fait la loi de programmation militaire où nous avons doublé le budget de défense de la France sur les deux mandats d'Emmanuel Macron et nous accélérons le déploiement de ce qu'on appelle la loi de programmation militaire,
c
'est-à-dire l'augmentation de ce budget de défense. Parce que nous rentrons dans un monde qui est plus conflictuel, qui est plus dangereux et
qui
a changé. Puisque pendant très longtemps, les démocraties européennes se sont reposées sur la garantie de sécurité des Etats-Unis. Alors, nous moins que d'autres. Parce que, général de Gaulle, nous avons aussi investi dans notre autonomie stratégique et nous avons toujours cherché à avoir une voie indépendante. Mais de fait, les dividendes de la paix,
c
'est terminé. Pour beaucoup,
on est les banquiers de l'Ukraine et c'est un peu tout.
Et on voit aujourd'hui les Etats-Unis qui progressivement tournent le dos à l'Europe, qui se concentrent sur d'autres priorités comme l'Asie. Nous devons en tirer les conséquences. La vérité, c'est qu
'il
faut quand même être très clair. Le coût de l'inaction,
ce
serait d'avoir une Russie agressive, revancharde, qui ferait sa loi aux portes de l'Europe. Ce serait menacer directement nos alliés, comme les Pays-Bas, comme la Pologne, comme la Roumanie, avec des conséquences qui pourraient être catastrophiques pour l'architecture de sécurité européenne, et donc pour la sécurité des Français. Encore une fois, on voit aujourd'hui une Russie qui se comporte de façon menaçante vis-à-vis des Européens, qui agresse l'Ukraine. J'entends, mais pour
le
moment,
le constat que font
les Français,
c'est que nous sommes
les
banquiers de l'Ukraine, et rien de plus,
parce que même en
termes de négociation, on n'avance pas.
Ne parlez pas à la place des Français. Moi, je vois depuis 4 ans et
demi...
Je les entends tous
les jours, alors, les
Français. Je vois depuis 4 ans et demi que les Français font preuve d'une grande lucidité sur cette situation, de solidarité vis-à-vis de l'Ukraine, y compris d'ailleurs dans l'accueil des réfugiés, dans le soutien humanitaire au quotidien. Et qu'ils voient, effectivement, la menace que représente la Russie. Que tous ceux, comme le Rassemblement National, qui nous avait expliqué en 2022 qu'il fallait faire l'alliance avec la Russie de Vladimir Poutine, qui nous avaient expliqué qu'il n'y avait aucun risque pour l'Ukraine, qui après se sont opposés à toutes les mesures de soutien, que ce soit les livraisons d'armes ou les sanctions, se sont trompés et auraient mis notre pays en danger.
Et auraient
mis la sécurité
des Français en
danger.
Ils le feront
peut-être dans 8 mois.
Eh bien, écoutez, moi, je pense que ce serait dangereux pour la sécurité des Français et de l'Europe.
Et
puis, je suis fier que notre pays ait joué un rôle de leadership précisément pour que les Européens prennent en charge leur propre sécurité. Je reviens à ce que je vous
disais. Je pense
que c'est faire ce type de proposition. Déjà,
dire
qu
'on
va couper le robinet à l'Ukraine, ça démontre une fois de plus la réalité du Rassemblement National,
qui
a essayé de le masquer, quand même de le mettre sous le tapis ces dernières années, qui s
'est
effectivement opposé à toutes les mesures de soutien, qui disait qu'il fallait faire l'alliance avec la Russie en 2022, mais qui ne voulait plus trop le mettre en avant parce qu'ils savent encore une fois que les Français sont lucides sur la situation internationale et sur la menace que peut représenter le régime de Vladimir Poutine. Ce serait mettre, encore une fois, la sécurité des Français en danger.
Abordons la question de Donald Trump. On a été évidemment surpris, j'imagine, que vous aussi, de voir cette nouvelle map-monde avec un certain nombre de pays qui passeraient sous la bannière des États-Unis. Et surtout, on y voit la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon représentés sous le drapeau américain. Vous avez réagi officiellement auprès des États-Unis ?
Vous
avez vu notre ministre des Outre-mer qui a réagi notamment. Qui a eu raison de le faire. Bon, si on commençait à réagir à chaque tweet de la Maison-Blanche et de Donald Trump, on n'aurait plus le temps de travailler. Donc, je
crois
qu'il ne faut pas trop commenter et surréagir à chaque extravagance. Cela étant dit, nous, nous sommes évidemment très, très attachés à nos Outre-mer, au rôle qu'il joue pour notre pays.
Et puis, je vous rappelle que lorsqu'on a eu des épisodes comme le Groenland, là, on avait vu des menaces ouvertes répétées de la part de l'administration américaine contre la souveraineté du Groenland, donc du Danemark, les Européens ont su réagir de façon unie, de façon ferme, en mettant notamment tous leurs instruments économiques sur la table, ce qu'on appelle l'instrument anti-coercition, qui permet d'aller, par exemple, frapper les entreprises numériques américaines, et que l'administration avait reculé.
Benjamin Haddad Abordon, 2027 et l'histoire d'un rassemblement qui semble impossible à droite. Vous soutenez Edouard Philippe, qui semble piétiner dans les sondages. Ça vous inquiète
? Je
crois que c'est plutôt l'inverse, d'ailleurs. Je pense qu
'on voit une
petite
progression de Gabriel Attal.
On
voit, au contraire, d'ailleurs, je pense, l'écart qui s'est creusé. Edouard Philippe, qui est le mieux placé pour rassembler le centre et la droite, et qui a fait preuve, je crois, de responsabilité, d'un comportement d'homme d'État ces derniers jours, en voulant mettre la politique politicienne de côté, en disant qu'il faut qu
'on
puisse se rassembler. Sauf
que ça ne marche pas. Parce que
le danger qui nous guette, c'est d'avoir un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Bruno Retailleau a dit qu'il ne voulait pas participer à une réunion de macronistes. Je ne
le souhaite pas pour notre pays. Je ne le souhaite pas, je ne pense que ce n'est pas ce que les Français souhaitent. Et je crois que c'est extrêmement important, d'engager une logique de rassemblement, chacun avec ses sensibilités. Moi, j'ai été au gouvernement avec Bruno Retailleau. J'ai de l'estime pour lui.
Il y a bien sûr des différences, mais je pense que si on peut se mettre d'accord sur l'autorité de l'État sur le plan régalien, et j'ai entendu de la part d'Edouard Philippe des propositions fortes, par exemple sur la question migratoire et la question du narcotrafic ces derniers jours, sur le fait de continuer de réformer notre État, de réduire la dépense publique et de travailler plus longtemps. Et
l
'attachement à la construction européenne, je pense que nous pouvons réunir le centre et la droite, et qu'Edouard Philippe est effectivement le mieux placé pour le faire. 70% des sympathisants de droite veulent une primaire. Alors, vous savez, moi j'ai fait partie de ceux qui pendant longtemps ont plaidé en faveur d'une primaire. Moi, je vais vous dire deux choses. Philippe l'a refusé. Si on se parle très franchement, premièrement, là, d'un point de vue matériel,
je pense
que malheureusement, on arrive quand même sur une période où ça devient de plus en plus compliqué.
Donc c'est trop tard.
Mais au-delà de ça, une primaire, il faut qu'elle repose quand même sur des règles qui sont acceptées de tous. C'est-à-dire que quand vous vous engagez dans une primaire, vous acceptez de soutenir celui qui gagne la primaire, si vous la perdez. Et là, de fait, personne n'a pu se mettre d'accord sur le périmètre. Est-ce que M. Attal veut participer à une primaire avec Bruno Retailleau
? Est-ce que certains disent qu'il faut que ça aille jusqu'à
une forme d'extrême droite ? Donc, je crois que, encore une fois, tout le monde est en campagne. On va voir les dynamiques des uns et des autres. Aujourd'hui, il est clair qu'Edouard Philippe est le mieux positionné pour rassembler. Il fait des propositions, parce que là, on parle de politique politicienne, mais il continue ses propositions sur le régalien,
sur l'économie, sur l'Europe. Mais il a fait une proposition qui n'a pas été suivie d'effet,
puisque même Gabriel Attal a dit qu'il ne voulait pas en entendre parler, qu'il voulait, dit-il, une vraie campagne. Mais je pense qu'en tout
cas, il fait preuve de responsabilité, de comportement d'homme d'État, celui qui veut rassembler, qui tend la main et qui précisément comprend... Donc,
à l'inverse, ils sont irresponsables, Retailleau et
Attal
? Mais moi, je ne
vais
pas me lancer dans ça. Vous ne me ferez pas dire du mal de gens pour qui j'ai de l'estime et du respect. Mais, en revanche, j'ai peur de ces divisions. Je pense que ces divisions peuvent mener à un second taux entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Et donc, effectivement, j'espère que nous saurons nous rassembler, nous unir sur un programme ambitieux pour transformer le pays, pour continuer à porter, d'ailleurs,
la
politique de l'offre, une politique de soutien aux entreprises, parce que moi, je ne veux pas d'un débat de second tour entre quelqu'un qui dit qu
'on
va brûler la dette française et quelqu'un qui dit qu'on va faire la retraite à 60 ans.
On va se retrouver dans un instant pour la deuxième partie de cet entretien avec le hashtag de Benjamin Gleize. Et puis, on abordera, on aura une question d'un auditeur également qui veut vous faire parler d'Israël et de la position du gouvernement français sur ce sujet. Et puis, il y aura votre carte blanche juste après. Et là, on va parler de la bataille de l'espace. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz.
Benjamin Haddad est l'invité de Sud Radio, ministre délégué à l'Europe. Dans un instant, ce sera votre carte blanche. J'ai juste une petite question d'actualité pour vous, Benjamin Haddad. Le Premier ministre demande la baisse des indemnités de fonction de ministre. Vous y êtes favorable ? Vous lui dites oui ?
Je ne sais pas si c'est une demande qui est confirmée dans le cadre des arbitrages budgétaires. Mais moi, j'ai toujours cru à l'exemplarité de l'État, à
l
'exemplarité du personnel politique. Nous avons d'ailleurs déjà fait des efforts, vous le savez, avec par exemple la baisse des moyens de communication de l'État. Donc, on est dans un moment où on doit maîtriser nos dépenses publiques. Et donc, il est naturel que chacun fasse
un effort. Ce n'est pas des
magots
? Il
est naturel que chacun fasse un effort. Encore une fois, l'essentiel de la maîtrise des dépenses publiques, il pose sur les dépenses de l'État, sur la dette sociale. Et
vous
verrez des propositions en ce sens par le ministre des Comptes publics. Mais on a déjà montré, à travers par exemple, les avantages des anciens ministres ou des anciens premiers ministres, à travers les budgets des capitales ministérielles ou de
communication de l'État. Ça ne présente que 900
000 euros d'économie.
C'est pour ça, c'est vous qui me posez la question. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y aura, bien sûr, un effort de maîtrise et de réduction de la dépense publique qui doit porter dans beaucoup de domaines. Parce que nous faisons face à un moment où nous devons réduire la dette du pays. Il y a une
pression sur les taux d'intérêt, non seulement pour la
France, mais pour nos voisins. Mais chacun doit faire preuve d'exemplarité.
Alors, on passe à votre carte blanche. Très intéressante, parce qu'on en parle peu. qu'il s'agit du sommet de l'espace. Et vous allez nous expliquer pourquoi c'est important et qu'est-ce qui se joue en ce moment.
Oui, nous avons en ce moment à Paris, puis hier, un sommet international de l'espace qui est organisé sous l'égide de la France avec 2000 participants, 120 pays qui sont représentés. La présidente de la Commission européenne qui sera présente aujourd'hui.
C
'est un enjeu de souveraineté absolument fondamental pour l'espace et pour l'Europe. Pourquoi ? On voit à quel point le
domaine
de l'espace a été bousculé par l'émergence de nouveaux acteurs ces dernières années, en particulier SpaceX, les acteurs privés américains. Et nous ne pouvons pas accepter une situation dans laquelle nous devrions demander à des acteurs privés la permission pour avoir un accès autonome à l'espace. C'est un sujet stratégique pour l'Europe si nous voulons pouvoir continuer à avoir des communications sécurisées dans l'espace, si nous voulons pouvoir continuer à avoir des accès GPS, nos propres données dans la science, dans la météo, dans des domaines de
cartographie. Donc tout ça est fondamental. Sauf que l'Allemagne fait cavalier seule et a plutôt envie d'aller voir les Américains.
Alors, c'est pour ça que nous défendons
dans
ces débats la préférence européenne, les investissements européens. Personne ne pourra y arriver seul. C'est un domaine dans lequel l'Europe a déjà eu des grandes réussites. On pense par exemple à la fusée Ariane. Et maintenant, nous avons notre propre lanceur avec Ariane 6. Nous pensons à des programmes comme Galileo et Copernicus qui permettent par exemple dans votre iPhone d'avoir un système GPS qui est européen. Si on veut pouvoir passer à l'échelle,
si
on veut pouvoir par exemple déployer des programmes comme Iris Carré, qui est le programme de satellites, une constellation de satellites de communication sécurisée, qui sera fondamentale notamment sur le plan militaire, il faut pouvoir avoir des investissements massifs de la part des Européens. On aura des annonces. On a déjà beaucoup de partenariats, de contrats qui sont signés entre entreprises européennes, entre entreprises aussi du New Space, c'est-à-dire les startups de l'espace. Moi, j'ai assisté à plusieurs signatures de contrats entre des entreprises françaises et italiennes par exemple hier.
Il y aura aujourd'hui des annonces de la part de la Commission européenne précisément sur Iris Carré pour pouvoir accélérer le déploiement de ces constellations. C'est un enjeu qui est passionnant. C'est un enjeu évidemment qui est très inspirant quand on pense aussi à l'exploration de l'espace, au vol habité, à toutes les nouvelles frontières qu'il y a à dépasser, mais aussi à un enjeu de sécurité et de souveraineté. Donc la France porte une voix forte sur ces sujets. C'est pour ça que nous hébergeons ce sommet spatial hier et aujourd'hui.
Enjeu face aux Etats-Unis. Alors Benjamin Haddad, on passe à la question d'un auditeur qui souhaite vous interroger au sujet d'Israël.
Bonjour M. Haddad, Xavier de Bordeaux. Je voudrais vous interroger sur la question suivante. Finalement, ce ne serait pas plus judicieux compte tenu du contexte de proposer d'aller vers une suppression des relations commerciales entre l'Union européenne et l'État d'Israël, évidemment les colonies dont il est question. Merci.
Vous
connaissez la position de la France historique sur ce sujet et qui n'a jamais dévié. C'est le soutien à la solution à deux Etats. Et avec un Etat palestinien sans le Hamas, qui est un Hamas désarmé, qui ne fait pas partie de la gouvernance des territoires palestiniens, et qui reconnaît le droit des Israéliens à vivre en sécurité. Notre pays s'est beaucoup mobilisé ces dernières années, précisément pour pouvoir maintenir le dialogue politique, pour continuer à parler avec toutes les parties, pour lutter... Là, l'information, c'est qu'on met fin au commerce
avec les
colonies
israéliennes. Vous le
confirmez. Pour lutter... Ça a été l'annonce, effectivement, qui a été faite par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, puisque la France, vous le savez, s'est aussi toujours mobilisée pour la solution à deux Etats, et donc contre la colonisation. Moi, je pense que c'est très important que la France continue à porter une voie de paix. Il y aura d'ailleurs des élections en Israël dans les prochaines semaines, qui peut-être, je l'espère, créeront aussi une nouvelle dynamique dans le dialogue entre nos deux pays. Et donc, c'est cette ligne, toujours, d'équilibre, de dialogue, que défend notre pays.
M. Ruffin veut aller plus loin et souhaite qu'Israël soit interdit des compétitions sportives et des rencontres culturelles. Vous y êtes favorable ? Moi, je ne suis pas favorable à ce type
de mesures, de boycott. Je ne suis pas favorable au fait de cibler tout un peuple, tout un pays, toute une population. Ce n'est pas notre façon de faire. Et encore une fois, je crois que la voie de la France, c'est la voie de la paix, c'est la voie des deux Etats, c'est la voie d'un Etat palestinien sans le Hamas, avec le Hamas qui serait désarmé, qui ne fait pas partie de la gouvernance, et un Israël qui peut vivre en sécurité dans son environnement régional et auprès de ses voisins. C'est la voie que portera toujours la
France. Une réaction d'actualité, cette DJ Barbara Butch, qui est interdite de concert aujourd'hui à Amiens à la suite de pressions et d'appels au boycott. Est-ce que c'est normal ça
aujourd'hui en France
? On a le sentiment, pardon de le dire comme ça, qu'il
y a
une forme de chasse aux juifs qui ne dit pas son nom. Malheureusement, je
crois que le terme que vous utilisez, il est correct. Je suis consterné par, il faut être plus, cette pression antisémite qui empêche une DJ de pouvoir faire son travail, de pouvoir exprimer son art. D'ailleurs, je voudrais saluer les maires de France qui ont fait le choix, par exemple le maire d'Annecy, Antoine Armand, au contraire d'invité, Barbara Butch, pour s'opposer à ce type de boycott. On a vu une accélération des menaces, des violences cet été, qui a quand même été largement soutenue et amplifiée aussi par la France insoumise. On a vu ce qui s'est passé à l'université d'été de la France insoumise, avec M.
Salah Amouri, quelqu'un qui avait plaidé coupable de l'assassinat, de la tentative d'assassinat d'un rabbin en Israël qui a été invité, qui a menacé, en tout cas insulté le CRIF et les organisations juives dans sa prise de parole. On voit, encore une fois, qu'il y a une force politique en France qui a décidé de faire de l'antisémitisme, son carburant électoral, c
'est
la France insoumise.
Alors, on continue justement avec la France insoumise, mais cette fois avec vous, Benjamin Gleize. Vous avez regardé l'actualité de ces réseaux sociaux, c'est notre rubrique hashtag, et il y a cette décision radicale, la France insoumise, boycott BFM TV.
Oui, on l'a appris hier soir à travers un communiqué publié par LFI sur ces réseaux sociaux. Nous ne répondrons à aucune invitation de BFN cette semaine, peut-on y lire. Parmi les raisons évoquées, des déprogrammations de dernière minute, des thématiques d'interviews changées au dernier moment, parfois directement sur le plateau, mais aussi des intervenants ajoutés en plein direct pour, je cite, « transformer une interview politique en débat surprise ». LFI dénonce ici des méthodes intolérables, irrespectueuses. Ce n
'est
pas la première fois que la France insoumise a maillé à partir avec BFM TV. En 2023, déjà, souvenez-vous, Jean-Luc Mélenchon s'était emporté jusqu'à quitter le plateau. Il avait été invité à la base pour parler des retraites, de
sa
maison toute fin d'interview. Le journaliste lui avait posé une question sur Adrien Quatennens. Ce
que vous faites est moralement répugnant. Vous auriez pu me prévenir. Vous auriez pu me prévenir. Vous ne l'avez pas fait, exprès. Parce qu'il y a chez vous une jouissance sadique. Avoir des gens souffrir.
Vous
aimez ça. Non, monsieur. Si,
monsieur. Sinon, vous auriez pas une
séquence plus brève. Pour faire du buzz, vous êtes prêt à n'importe quoi. Je regrette de vous avoir fait confiance. Vous êtes des gens sans principe.
En 2023, hier, la France insoumise a pris la décision de boycotter BFM TV jusqu'à la fin de la semaine. Dans son communiqué, LFI affirme sa volonté de créer les conditions d'un débat digne de qualité, accusant au passage BFM d'accorder une place prépondérante à des thèses racistes et climato-sceptiques. Benjamin Dade, que pensez-vous de ce boycott de la part de LFI
? Mais
je pense qu'on est vraiment dans la recette classique des populistes illibéraux, c'est-à-dire la remise en question de la liberté de la presse, les attaques, souvent personnelles d'ailleurs, contre les journalistes, et que la France insoumise, une fois de plus, en a aussi fait son carburant. L'extrait que vous venez de passer, la virulence des propos de l'attaque personnelle de Jean-Luc Mélenchon contre un journaliste, on voit régulièrement des raids numériques aussi contre des journalistes. Pourquoi ? Parce qu'ils font leur travail, qu'ils posent des questions. Je crois que ces méthodes n'ont pas lieu d'être. Moi,
en
tout cas, vous savez, ma ligne, c'est toujours de parler à tout le monde, de répondre aux invitations des médias, et de laisser les journalistes et
les médias faire leur travail. C'est une forme de terrorisme intellectuel, ce qui se passe avec la France insoumise. Effectivement, vous faisiez référence à des raids numériques. Il y en a un actuellement contre Arnaud Gallet. Comment vous réagissez à ça
? Là,
je ne connais pas cet épisode dans l'État, mais ce que j'ai vu régulièrement, encore une fois, ce sont des attaques ciblées contre des journalistes, contre des personnalités. Vous avez mentionné d'ailleurs souvent des personnalités d'origine juive, de confession juive. On parlait tout à
l
'heure de la DJ Barbara Bush, mais aussi de journalistes. Et encore une fois, ce sont des remises en cause permanentes. Est-ce que ce
climat vous inquiète ? Est-ce que la LFI n'est pas en train d'installer
un
climat
anti
-juif
en France
? LFI est en train d'installer un climat anti-juif, et la LFI est en train d'installer un climat anti-républicain, un climat de chaos, parce qu'ils souhaitent prospérer sur la violence. Et encore une fois, à travers ces intimidations et ces attaques contre des journalistes, le but, c'est précisément de faire peur. Le but, c'est d'intimider les journalistes qui font simplement leur travail en posant des questions, en enquêtant. Encore une fois, ce climat, cette volonté de violence est inacceptable.
Merci beaucoup Benjamin Haddad d'avoir été l'invité ce matin de Sud Radio et du Grand Entretien. Tout à l'heure, ce sera le grand face-à-face et la libre antenne. Tout à l'heure, à 9h30, on va reparler du carburant, bien entendu, et auparavant, les informations. A tout de suite.
Benjamin Haddad