Guillaume Balas : "L'élection de Benoît Hamon n'est pas un fait anodin"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Ce matin, Benoît Hamon va rencontrer François Hollande à l'Elysée. Pourquoi faire ?
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Est-ce que dans le camp Hamon, vous attendez un soutien ferme du chef de l'État, de François Hollande ou vous préférez qu'il reste plus discret ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Est-ce que Benoît Hamon va défendre le bilan du quinquennat Hollande comme le lui a demandé Bernard Cazeneuve ?
- 2:14OuverteRéponse directe
En ce qui concerne les troupes, est-ce qu'il ne s'agirait pas de me remettre un peu de l'ordre dans les rangs après ces députés qui ont mis en avant leur droit de retrait ?
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Dimanche, ce sera l'investiture de Benoît Hamon avec pas mal d'absents, Manuel Valls. Et excepté Montebourg et Péillon, les autres candidats se sont fait excuser. Vous prenez ça comment ?
- 3:31RelanceRéponse directe
Mais ma question, en son sens, c'était celui de l'unité. Si on se rappelle de la photo d'investiture de François Hollande en 2011, il y avait autour de lui tous les autres candidats qui avaient participé à la primaire.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le chef de l'État qui a été désigné par la primaire de 2011 organisée par le Parti Socialiste va rencontrer celui qui a été désigné par la primaire de cette année et qui a été organisée par le Parti Socialiste. »
- 2:25Invité politiqueChiffre
« 17. »
- 2:58Invité politiqueFait
« l'élection de Benoît Hamon, ce n'est pas un fait anodin »
- 3:46Invité politiqueFait
« Si Benoît Hamon était un homme qui avait été choisi par l'appareil socialiste, ça saurait. »
- 4:18Invité politiqueFait
« Il a mis des conditions. »
- 5:45Invité politiqueFait
« Ce n'était pas le but d'avoir des avancées concrètes. »
- 7:04Invité politiqueFait
« il vaut mieux s'abstenir »
- 7:29Invité politiqueFait
« Il a dit qu'il ne le ferait pas, donc je pense que là, ça ne pourra pas tenir. »
Temps de parole
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France Inter. Catherine Boulet. Éric Delvaux. Le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est l'eurodéputé PS Guillaume Ballas en charge du programme du candidat Benoît Hamon. Bonjour Guillaume Ballas. Bonjour. Ce matin, Benoît Hamon va rencontrer François Hollande à l'Elysée. Pourquoi faire ?
Le chef de l'État qui a été désigné par la primaire de 2011 organisée par le Parti Socialiste va rencontrer celui qui a été désigné par la primaire de cette année et qui a été organisée par le Parti Socialiste. C'est quand même la moindre des choses et le chef de l'État le souhaite. Benoît Hamon le souhaite et notamment Benoît Hamon compte évoquer avec lui un certain nombre de grands dossiers. On vient de parler de Trump, Poutine évidemment, la question russe, la question du Moyen-Orient et aussi la question climatique et notamment les suites de la conférence de Paris sur lesquelles on peut être un petit peu inquiet dans les réalisations concrètes.
Est-ce que dans le camp Hamon, vous attendez un soutien ferme du chef de l'État, de François Hollande ou vous préférez qu'il reste plus discret ?
Le président s'est rendu libre à partir du moment où il a décidé de ne pas se représenter. Donc il fera exactement ce qu'il veut. Mais vous, vous souhaitez quoi ? Nous, on ne souhaite rien du tout dans le sens où évidemment un soutien de François Hollande est toujours mieux à prendre que le fait qu'il ne dise rien. Mais dans le même temps, le président de la République, encore une fois, s'est rendu libre et donc nous, nous avons un projet, nous le défendons. Et le président de la République fera ce qu'il voudra, appréciera comme il le souhaitera, cette candidature, ce projet.
Est-ce que Benoît Hamon va défendre le bilan du quinquennat Hollande comme le lui a demandé Bernard Cazeneuve ?
C'est une fausse question, cette affaire. Elle a déjà été réglée dans la primaire un nombre de fois incalculable, puisqu'il a toujours dit qu'évidemment, sur l'orientation globale du quinquennat, il avait un désaccord. C'est pour ça qu'il est parti du gouvernement. Et qu'en même temps, il y avait des éléments dans le bilan qui étaient appréciables et qui avaient été désavancés. Donc, il faut être nuancés. Cette histoire de dire qu'il faut défendre un bilan intégralement ou alors, au contraire, le désinguer de manière totale, je crois que c'est vraiment de la vieille politique. Il faut être nuancé, mais en même temps, attention à une chose.
Les Français s'attachent assez peu à la question du bilan. En réalité, ce qui les intéresse, c'est l'avenir.
En ce qui concerne les troupes, est-ce qu'il ne s'agirait pas de me remettre un peu de l'ordre dans les rangs après ces députés qui ont mis en avant leur droit de retrait ?
Oui, ils ne sont pas si nombreux que ça. 17. Oui, voilà, ce n'est pas énorme. Ils peuvent peut-être en entraîner d'autres ? Oui, je ne le crois pas. Franchement, je ne le crois pas. En revanche, il est vrai que pour une partie des militants socialistes qui a été très attachée à François Hollande, il faut trouver les mots. Mais les mots, ça ne peut pas être un reniement par rapport au vote de plus de 2 millions de Français.
Dimanche, ce sera l'investiture de Benoît Hamon avec pas mal d'absents, Manuel Valls. Et excepté Montebourg et Péillon, les autres candidats se sont fait excuser. Vous prenez ça comment ?
Très sincèrement, là aussi, on peut comprendre. C'est vrai que l'élection de Benoît Hamon, ce n'est pas un fait anodin. Et c'est vrai que c'est une forme de transition forte pour la famille socialiste. Et il est normal que pour un certain nombre de responsables, la chose soit encore incomprise. Mais très sincèrement, ce n'est pas tellement ça qui nous préoccupe. Ce qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est de faire en sorte que cette campagne puisse encore mieux se développer qu'elle ne l'a fait. C'était une primaire. Il faut maintenant s'adresser à tous les électeurs français. Et ce sera le sens de la convention de dimanche.
Mais ma question, en son sens, c'était celui de l'unité. Si on se rappelle de la photo d'investiture de François Hollande en 2011, il y avait autour de lui tous les autres candidats qui avaient participé à la primaire.
Vous savez, l'unité, c'est celle des électeurs qui nous ont soutenus. Si Benoît Hamon était un homme qui avait été choisi par l'appareil socialiste, ça saurait. Ça n'a pas été le cas. Son élection est la preuve d'ailleurs que la primaire est un formidable instrument de renouvellement. Et oui, ça change, ça transforme. Il y a des gens qui ont des difficultés à l'admettre, à le comprendre. On ne les juge pas. On leur tend la main. Mais après, Benoît Hamon a toujours dit qu'il était un homme libre, qu'il n'était pas un homme providentiel. On ne va pas demander aux autres de ne pas être libre.
Jean-Luc Mélenchon a répondu à Benoît Hamon et à sa main tendue hier. Et il a dit non.
Oui, alors l'argumentation... Il a mis des conditions. Oui, c'est ça. Si j'ai bien compris, il fallait que d'abord on change nos candidats aux législatives. Après, il voudra qu'on repeigne nos locaux, qu'on mette la couleur qu'il lui faut. Bon, on voit bien que c'est de l'argumentation pour ne pas répondre, justement, favorablement. Non, ce n'est pas ça.
Ce qu'il vous dit, Mélenchon, c'est que c'est ou Valls et ses troupes ou lui.
Non, ce n'est pas ce qu'il nous dit. Parce que quand on veut sincèrement aujourd'hui progresser, on sait très bien qu'on parle d'abord du fond. C'est-à-dire qu'est-ce qui nous rassemble, y compris on peut commencer à discuter de voir quelles sont les différences. On ne commence pas à mettre des préalables. Moi, je n'ai jamais vu une discussion qui puisse s'engager en disant d'abord tu changes, d'abord tu fais ça et puis après on discute. On ne demande pas à Jean-Luc Mélenchon de retirer ses propos sur Poutine. On ne demande pas à Jean-Luc Mélenchon de changer son orientation sur l'Europe aujourd'hui pour commencer à discuter avec lui.
On pourrait le faire si on ne voulait pas discuter avec lui.
Ça veut bien dire que la porte est définitivement fermée avec Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, je n'y crois pas du tout. Je pense qu'il n'y a jamais de porte définitivement fermée. Nous sommes dans un moment de transformation de la gauche, de transformation de tout le système politique français. Et je crois qu'à un moment, il y aura des discussions avec Jean-Luc Mélenchon. Et en tout cas, je vois qu'un certain nombre de ses électeurs veulent déjà cette discussion.
Et avec les Verts. Interview d'Yannick Jadot dans Le Monde de ce jeudi. Question du journaliste. Y a-t-il eu des avancées concrètes durant le déjeuner hier avec Benoît Hamon ? Réponse du candidat écologique, non. Ça veut dire qu'il n'y a pas d'avenir commun ?
Ce n'était pas le but d'avoir des avancées concrètes. C'était un premier contact pour discuter un petit peu politique, globalement, de comment la situation était appréciée. Il ne s'agit pas d'aujourd'hui, là encore, dire à Yannick Jadot, voilà, tu dois te rallier, sans condition, sans discussion. Non, non, pas du tout. C'est un chemin, aujourd'hui, de conviction. C'est-à-dire de discuter avec Yannick de quelles sont les convergences potentielles, quel sens on donne à cette élection présidentielle. Ça prend un petit peu de temps et c'est normal. Et Yannick Jadot fera là aussi ce qu'il souhaite, c'est un homme libre, nous ne forçons personne.
Vous ne forcez personne, mais comment créer l'unité, le rassemblement, l'alliance ? Ça peut encore se faire, avec Mélenchon on a compris que ce serait compliqué, mais avec Yannick Jadot, ça peut se traduire comment ?
Moi, je crois qu'aujourd'hui, une très grande partie des électeurs et des citoyens écologistes, les mouvements associatifs, on a vu la tribune excellente d'ailleurs, de Nicolas Hulot notamment, ou de Mélanie Laurent qui est parue il y a deux jours, veulent cette unité. Ce qu'a fait Benoît Hamon est un pas très important dans l'histoire de la gauche, c'est qu'il a fusionné l'histoire traditionnelle du socialisme et la question écologique, c'était attendu depuis longtemps.
Question sur la droite maintenant, le plan B pour vous, éventuellement, ce serait qui ?
Alors, vous savez, il y a une chose que je crois qu'il faut qu'on arrête en politique, c'est la prévision, c'est comme en économie, il vaut mieux s'abstenir. Donc je n'en sais absolument rien. Je pense que François Fillon peut rester candidat et que, notamment, c'est sa tactique depuis hier, c'est de faire de ce qui lui arrive, entre guillemets, et des suspicions légitimes à son endroit, un élément tactique de rassemblement de son camp.
Il peut rester candidat, même mis en examen, éventuellement ?
Il a dit qu'il ne le ferait pas, donc je pense que là, ça ne pourra pas tenir. Mais s'il ne l'était pas, je pense que vraiment, sa volonté est de le rester. Est-ce que ça tiendra ? J'en sais rien. Très sincèrement, nous, ce n'est pas ce qui nous préoccupe aujourd'hui.
Merci, Guillaume Ballas, eurodéputé socialiste et chargé du programme de Benoît Hamon. Merci et bonne journée. Merci.
Guillaume Balas