Municipales 2026 : Le grand test avant 2027
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Au lendemain du second tour des élections municipales, le Rassemblement National fait une percée nette partout en France. Le RN et ses alliés ont remporté 36 communes en plus des 18 déjà acquises au premier tour. Pour Jordan Bardella, ces victoires confortent les ambitions nationales du parti d'extrême droite.
Jamais le RN et ses alliés n'ont compté autant d'élus sur le territoire français. Dans plusieurs dizaines de communes, nous sommes appelés à faire nos preuves et à améliorer la vie quotidienne des Français. Nous serons au rendez-vous de cette espérance.
La droite met aussi en avant ses conquêtes lors de ses élections. LR fait tomber dans son giron des bastions de gauche comme Brest, Clermont-Ferrand ou Besançon. Bruno Rotaillot, candidat déjà déclaré à l'élection présidentielle, se pose en défenseur d'un projet de rupture.
Il faudra renverser la table et assumer une rupture radicale, calmement mais fermement. C'est le projet que je porte, c'est le combat que je mène et rien ne m'en détournera. J'y suis prêt pour la République que nous servons et pour la France.
Renaissance revendique 200 maires élus sous son étiquette. L'ex-premier ministre Gabriel Attal se réjouit de l'implantation locale de son parti.
Nous voyons une progression de la France insoumise dans des villes de plus de 100 000 habitants et du Rassemblement national dans un certain nombre de villes en France. Évidemment que c'est un signal d'alerte. Il faut très vite que nous nous remettions à parler de la France aux Français.
À gauche, des fusions. Des alliances techniques ou pas entre PS et LFI n'ont pas toujours été payantes, d'après le secrétaire général du Parti socialiste.
Ce qui est certain, c'est qu'à un an de l'élection présidentielle, ce qui fonctionne, c'est le rassemblement de la gauche et des écologistes tel que nous l'avons fait au premier tour des élections municipales. Ce que ce soir, je constate, c'est que la France insoumise ne gagne rien. Et pire, c'est que la France insoumise fait perdre.
Pour la France insoumise, cette élection a montré que le mouvement s'ancre à l'échelle locale avec des victoires à Saint-Denis au premier tour, ou à Roubaix, ou au tampon à La Réunion au deuxième tour. Manuel Bompard, lui aussi, voit en ses victoires un tremplin vers la présidentielle.
Ce soir, nous avons fait la démonstration que rien ne peut résister à la mobilisation populaire. C'est pourquoi j'appelle le peuple de France à s'engager à nos côtés dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. L'année prochaine, la Nouvelle-France peut balayer la Macronie et ses politiques de malheur. L'année prochaine, la Nouvelle-France peut battre l'extrême droite.
Dans les jours à venir, les conseils municipaux vont s'installer. Une nouvelle échéance va mobiliser les Français, l'élection présidentielle.
A tous ces discours. Et on entame la seconde partie de cette émission lors de notre débat politique. Je vais vous présenter dans quelques instants nos quatre invités. Mais d'abord, seconde partie de cette émission. Et on est toujours dans nos cinq villes. À Paris, avec Thibaut Enoch, à Marseille, avec Alexandre Poussard. À Lyon, avec Stéphanie Depierre. À Toulouse, avec Stéphane Duguay. Et puis à Bordeaux, avec Guillemette Allard. Et puis on sera également avec la presse régionale, du côté de Nîmes, dans quelques instants, avec Vincent Coste du Midi Libre. Et puis du côté de Poitiers, avec Luc Bourriane de la Nouvelle-République.
Et vous le voyez, les municipales qui font bien évidemment ce matin la une de tous vos journaux régionaux. Et nos quatre invités politiques, je vous les présente. Bonjour Alain Joyandais. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous, sénateur LR de la Haute-Saône. Bonjour, Chloé Rydal. Bonjour. Merci également d'être avec nous, députée européenne, partie socialiste. Vous étiez candidate à Nîmes. Nîmes qui a donc basculé à gauche. On va en parler. Mathieu Vallée, bonjour. Merci également d'être avec nous, députée européenne, porte-parole du Rassemblement national. Vous étiez, vous, candidat à Lille. Et puis, Lord Arcos, merci également d'être là, sénatrice de l'Essonne.
Vous représentez le camp présidentiel. Vous êtes membre d'Horizon. Merci beaucoup d'être là. Alors, on a entendu les réactions de vos chefs de partis respectifs. On a un peu l'impression que tout le monde a gagné. Bruno Retailleau, il dit, les Républicains, première force, politique locale. Vous voyez plutôt le verre à moitié plein, Alain Joyandais ?
Écoutez, il faut être lucide. Si on regarde les grandes villes, on ne peut pas dire que nous avons gagné. Sur le terrain, beaucoup, beaucoup de maires sortants ont de sensibilité de droite. LR, Horizon, donc, je crois que le premier renseignement que je tire, c'est que partout sur le terrain, où il y a une alliance entre LR, Horizon, le modem, c'est-à-dire tout le bloc central un peu élargi, ça gagne. Partout où on n'a pas fait ça, ça perd. Et si on tire les enseignements, les enseignements que nous tirons, c'est pour la prochaine élection. Donc, la prochaine élection, c'est l'élection présidentielle.
Donc, si on ne rassemble pas, et pour moi, c'est vraiment évident dans ce que je lis au municipal, si on ne rassemble pas dès le premier tour, dès le premier tour, la totalité de ces forces-là pour les élections présidentielles, c'est-à-dire qu'il ne nous faut qu'un seul candidat, et je dis bien LR, Horizon, Modem, le parti, enfin, tous les partis qui sont actuellement au gouvernement, plus LR, je pense que nous n'avons absolument aucune chance de figurer au deuxième tour de l'élection présidentielle. Pour moi, c'est évident, c'est tellement évident que ça vient d'être confirmé par ces élections municipales.
– Alors, rassemblés, mais comment ? Lors d'Arcos, vous représentez Horizon. Édouard Philippe l'a emporté hier dans sa ville du Havre, il y a d'autres victoires. Christophe Béchut l'a emporté à Angers, Arnaud Robinet l'a emporté à Reims. Est-ce qu'Édouard Philippe, pour vous, il est le candidat naturel de votre camp ? Ou est-ce qu'il faut discuter avec les Républicains, parce que Bruno Retaille aussi, il est candidat ?
– Alors, je bois du petit lait en écoutant Alain. Évidemment, alors déjà, en effet, on était quand même tous très contents de la victoire d'Édouard Philippe. C'était le seul candidat au président, enfin, présidentiable en fait, qui était en jeu au municipal cette fois-ci. Je ne vais pas vous dire le contraire, je pense qu'en effet, c'est le plus rassembleur. On le voit, enfin, Bruno Retailleau, dans sa dernière saillie pour Nice, déjugeant quand même Dominique Estrosi-Sasson, va devoir, j'imagine, clarifier…
– Et déjugeant Christian Estrosi-Horizon.
– Et contre Christian Estrosi-Horizon, on peut dire ce qu'on veut, parce que c'était un mandat de trop, etc. a montré en tout cas qu'en effet, il aurait à clarifier sa position vis-à-vis d'autres qui sont en effet pour ces alliances. Moi, je vais vous prendre l'exemple en Essonne, où on a vraiment eu une très belle soirée hier. Ça fait un an qu'on prépare avec des réunions de renaissance au LR pour avoir des candidats communs partout. On a repris des bastions de gauche incroyables comme Corbeil-Essonne, Riss-Orangis avec une gamine de 27 ans, 35 ans de bastions de gauche, parce qu'on était rassemblés.
Donc je suis entièrement d'accord avec Alain, il va falloir discuter, mais il faut, à mon avis, qu'on aille assez vite et pas attendre le début d'année prochaine.
– Assez vite, c'est quoi ? Avant l'été ?
– Moi, j'aimerais bien qu'en effet, en tout cas, pour la rentrée, que tout soit clair et qu'on soit en ordre de bataille.
– Chloé Riedel, on va évidemment revenir sur les alliances à l'FIPS, on sera à Toulouse, mais quel enseignement vous retenez de ces municipales pour votre partie ?
– Très bon. Je pense que la gauche, que nous représentons au Parti Socialiste, a démontré sa force en gardant des villes comme Paris, Marseille, Montpellier, Nantes, Lille, mais aussi en allant chercher des conquêtes à la droite. Je pense à Amiens, je pense à Saint-Étienne, je pense à Pau, je pense à Bar-le-Duc, je pense à Mont-de-Marsan. – Et en en perdant. – C'est l'union de la gauche derrière les socialistes qui a montré cette efficacité hier soir. – Socialiste de les 80 ans.
– Comparé aux conquêtes que nous avons, je suis désolée de vous le dire, la soirée était très bonne pour nous hier soir, et confirme la force d'une union de la gauche menée par les socialistes, et voilà, une gauche qui ne passe pas son temps à excommunier dans tous les sens, mais qui rassemble autour d'un projet ambitieux, joyeux. Animes, c'est ce qu'on a fait derrière un candidat communiste, j'étais candidate, vous l'avez dit, nous avons ravi cette ville après quatre mandats de droite, et face à l'extrême droite, et donc nous avons montré que le barrage, c'était cette gauche derrière les socialistes.
– Mathieu Vallée, un mot rapidement, parce qu'on va revenir sur les enseignements, mais vous, vous voyez quoi, le vert à moitié plein, le vert à moitié vide, vous avez remporté des villes, des villes moyennes, mais il y a un plafond de vert à Toulon, à Marseille, à Nîmes.
– Oui, vous êtes comme dans la doxa de tous les jours, hier soir, qui était quand même désagréable vis-à-vis de mon parti, on a remporté Menton, on a remporté Nice, on a 70 villes qui ont été gagnées, pardon, on ne va pas s'excuser, on va d'abord remercier nos électrices et nos électeurs, et celles et ceux qui nous ont fait confiance, mais on ne va pas s'excuser face à Louis Sarkozy, à Menton, qu'Alexandre Masson a gagné, mais aussi Christophe Barthès à Carcassonne, mais aussi dans le Pas-de-Calais, six nouvelles villes, Billy Montigny, il y est 20 avec des jeunes élus qui ont entre 20 et 25 ans, vous avez aussi Nice qui a été remporté par Éric Ciotti, donc on a des victoires, 70 villes, on passe de 1 500 conseils municipaux à 3 000, regardez mon regard, parce que c'est ici au Sénat qu'on va peut-être faire des élus supplémentaires, vous nous attendez peut-être pas au rendez-vous, mais on espère avoir de nombreux septembre.
– Pour vous, vous aurez un groupe en septembre, avec les résultats de ces villes ?
– On espère convaincre les collectivités locales et évidemment toutes celles et tous ceux qui veulent un groupe au Sénat que le Rassassonne soit représenté, parce que c'est important.
Maintenant, oui, Marseille avec Franck Alizeau qui a fait une superbe campagne, une campagne de terrain, une campagne d'idées, une campagne seule face contre tous, mais aussi Laure-la-Vellette à Toulon, et on reviendra aussi sur les LR et les enseignements, j'imagine, sur votre plateau tout à l'heure, mais on a la victoire heureuse, on a aussi des raisons d'espérer et de porter une espérance pour le pays, et après, il y a des villes où on est passé pas très loin de la victoire, à Douai avec Thierry Tesson, mais par exemple aussi à Lens avec Bruno Clavé, donc il y a des villes où ça se joue à quelques centaines de voix, donc c'est pas pour aujourd'hui, mais ça sera sûrement pour demain.
Allez, on va aller à Paris où on retrouve Thibaut Henoch à l'hôtel de ville de Paris, Paris où le candidat socialiste Emmanuel Grégoire écrase Rachida Dati, Thibaut. Remporter la capitale, une victoire très nette, 50,5% des voix pour Emmanuel Grégoire
qui a gagné 118 000 voix entre les deux tours grâce à une participation en hausse et des reports de voix.
La candidate et les filles, Sophia Achikirou, ayant perdu trois points entre les deux tours, reports de voix aussi partiels des électeurs du candidat du centre. Pierre-Yves Bournazel, Paris gagné donc pour Emmanuel Grégoire qui a tenu la ligne d'une gauche unie sans LFI. Paris perdu en revanche pour Rachida Dati avec 40,5% des voix. La candidate LR a bénéficié de scores favorables dans l'Ouest parisien, mais elle ne sera pas parvenue à combler l'écart creusé dès le premier tour par Emmanuel Grégoire. Le nouveau mode de scrutin
qu'elle pensait tailler pour elle, c'est en partie retourner contre elle certains électeurs de droite ayant découplé leur vote entre la mairie d'arrondissement et la mairie centrale. Signe d'une forme de rejet personnel, ni l'alliance avec le centre de Pierre-Yves Bournazel, ni le désistement de Sarah Knafo n'auront suffi. Sur les 177 000 suffrages
qu'elle pouvait espérer dans ce report de voix entre les deux tours, Rachida Dati n'en a rassemblé que 138 000. La candidate LR a reconnu les larmes aux yeux
de ne pas avoir réussi à convaincre. Emmanuel Grégoire, lui, a fêté sa victoire
ici place de l'hôtel de ville hier soir avec Anne Hidalgo.
Une image de réconciliation entre la mère sortante et son successeur.
Merci beaucoup. Merci Thibault. Alain Joliendais, je me tourne vers vous. L'écart est énorme entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. C'est quoi ? C'est la défaite d'LR ou c'est une défaite personnelle de votre candidate ?
Ce n'était pas la bonne ? Ce n'est pas surprenant. On a fait à Paris, une fois de plus, tout ce qu'il fallait faire pour perdre. On a exclu Rachida Dati. Après, on l'a remis en place. On a fait deux listes. Ma chère collègue, on est parti en premier tour en ordre dispersé avec M. Bournazel d'un côté, Mme Dati de l'autre. Après, il y a eu des négociations qui n'en finissaient pas. M. Bournazel a dit je fais la fusion mais je ne suis plus candidat. Pendant ce temps-là, Mme Dati a passé des heures et des heures à faire la liste du deuxième tour pendant que la gauche était unie avant. C'est ce que je disais tout à l'heure.
Comment c'est possible qu'à Paris, franchement, tout le monde regarde Paris et nous, la droite la plus bête du monde, on part en ordre dispersé au premier tour. Comment se rassembler au deuxième tour ? Franchement, on a fait tout ça. Tout à l'heure, chacun donnait ses trophées. Nous, on a pris Besançon. On a gardé Belfort. On a gardé Vesoul, la ville dont j'ai été le maire pendant 17 ans. On a fait 66% au premier tour avec cinq listes. Bon, qu'est-ce qu'on a fait ? On s'est rassemblés, on a travaillé ensemble et il faudrait surtout que les leaders nationaux nous laissent faire à un moment donné.
Parce que, aussi bien votre leader à vous que notre leader à nous, pourquoi ils n'ont pas causé avant ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas eu avant les municipales des accords de premier tour ? C'est une faute lourde. Et donc, ce n'est pas Mme Dati qui est en cause. Je ne sais pas si c'était la meilleure candidate ou pas, je n'en sais rien. Je ne porte pas de jugement de valeur. Mais en termes de stratégie politique, on n'a qu'à faire comme ça pour les prochaines élections présidentielles et nous, on n'ira pas coller les affiches. C'est sûr.
Est-ce que la personnalité de Rachida Dati, elle a empêché l'union dès le premier tour, Lord Arcos ? Oui.
Pour connaître très très bien les deux personnes en question, alors je ne dis pas que toutes les fautes soient de son côté. Moi, je regrettais en effet que Pierre-Yves n'ait pas cherché aussi... Pierre-Yves Bournazel qui est membre d'Horizon. Pierre-Yves Bournazel à faire l'union, mais de l'avis de son propre camp, elle n'est pas fédératrice. Il y avait eu des humiliations répétées. Ça s'était très mal passé il y a six ans quand il était son porte-parole. Donc c'est vrai que c'était très très compliqué. Et donc je pense...
Si je peux me permettre d'interrompre juste une seconde. Juste une seconde. Parce que si après les municipales, on dit qu'il faut qu'on s'entende pour gagner les présidentielles et qu'on commence à peine quelques heures après les municipales à dire que M. Hintel est meilleur que M. Hintel pour les municipales et dire que Mme Dati... Mme Dati n'est pas bonne. À ce moment-là, on est mal barrés. Donc il faut qu'on essaie de rassembler. Et ce n'est pas en tirant des scudges qu'on va y arriver. Donc il faut vraiment qu'on se mette ensemble.
Je réponds à la question et je dis bien qu'il y avait des fautes des deux côtés. On n'est pas arrivés rassemblés dès le début.
La faute stratégique est beaucoup plus lourde de ne pas avoir fait l'union au premier tour que le choix de la candidate. Ah non. Parce qu'en fait,
sur des villes comme Paris, la personnalité compte énormément. Bien sûr. Elle a été ministre de la culture. Mais ce n'est pas l'essentiel. Elle est très soi-disant comme tremplin. Elle n'a rien fait pendant deux ans à la culture. Je veux dire, à un moment donné, il faut aussi et elle est franchement à chaque fois, même dans son propre camp, les gens se pinçaient pour pouvoir être derrière elle. Même hier. Quand j'entends ça,
je ne bois pas du petit lait.
Ah non, mais...
Qui connaissait M. Grégoire ? On est en train d'amuser le plateau là parce qu'on n'est pas prêts de s'associer.
Allez, on va aller dans une autre ville. Très vite, Mathieu Vallée.
Pardon. Très vite, non mais... C'est surtout que... On va l'animer. Le casting à la Star Academy qui a-t-elle été bon ou pas bon, c'est les parisiennes et les parisiens aujourd'hui qui sont perdants. Le scandale du périscolaire. Pardon. Le scandale du périscolaire de M. Grégoire avec ses suspicions d'agressions sexuelles d'animateurs et d'encadrants qui, sur les enfants, n'ont aucun compte à rendre. C'est incroyable qu'ils puissent être élus sur plus d'insécurité, plus de pollution, plus de saleté, plus de commerce qui ferme, plus de camps de migrants. Non, mais c'est ça le bilan... Non, mais c'est incroyable.
La droite n'aurait jamais dû perdre à Paris, surtout qu'il y avait un front unique face à l'extrême-gauche. Un pour cent à Paris,
la capitale de la France.
Oui, mais on a été responsable, Madame Rydal. Nous, on ne s'occupe pas de nos carrières personnelles. On s'occupe de l'intérêt des Parisiens.
Allez, on va aller dans une autre ville où la droite était divisée. C'est la ville de Nîmes. Nîmes, qui était la plus grosse ville dirigée jusque-là par les Républicains. Vincent Coste, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste au Midi Libre. Nîmes, qui a donc basculé du côté des communistes.
La droite était divisée, effectivement, a fait l'union tardivement lors de l'entre-deux-tours. Et finalement, elle est arrivée troisième hier soir, comme lors du premier tour. Lors du premier tour, c'était le candidat du Rassemblement National, Julien Sanchez, et le candidat d'une liste d'union de la gauche, Vincent Bouget, qui était au coude à coude. Comme le montre votre infographie d'hier soir, la liste d'union de la gauche hors LFI l'a emporté de 2 000 voix environ. Ils étaient à égalité au premier tour. Vincent Bouget a gagné 8 000 voix entre le premier et le deuxième tour.
Julien Sanchez n'en a gagné que 2 000, alors que la liste d'union de la droite composée lors de cette semaine d'entre-deux-tours a perdu quelque chose comme 5 000 à 6 000 voix. Donc, c'est une vraie victoire pour la gauche. C'est un candidat communiste qui est élu à la tête d'une ville de plus de 100 000 habitants. Et on se souvient qu'en 1995, un candidat communiste, Alain Clary, à la tête d'une liste d'union de la gauche également avec les socialistes et les écologistes, l'avait déjà emporté à Nîmes avant le long règne de Jean-Paul Fournier et des Républicains. C'est une défaite pour la droite républicaine hier.
C'est également une défaite pour le Rassemblement national dans un département où il est très fort. On rappellera que le département du Gard compte 6 députés. Les 6 députés sont des élus Front National et c'est un échec pour un promatoulant dans une ville de plus de 150 000 ou de plus de 150 000 habitants.
Merci beaucoup. Merci Vincent Coste. La une du Midi Libre dans son édition de Nîmes Bouger. Et la gauche, triomphe à Nîmes. C'est à la une de votre journal. Chloé Riedel, parle à vous puisque vous étiez candidate à Nîmes. C'est quoi ? C'est une bonne surprise ?
Oui, c'est une magnifique victoire qu'on a obtenue autour de Vincent Bouger avec Nîmes en commun et je veux revenir sur quelques enseignements parce que Nîmes, c'est une ville qui finissait quatre mandats de droite. C'était la dernière ville de plus de 100 000 habitants en France détenus par les Républicains avec un risque très fort d'extrême droite.
Donc c'est une ville qui ressemble à beaucoup d'autres en France et où la gauche unie, parti socialiste, communiste, écologiste, a pu malgré tout l'emporter et ça, c'est grâce à une campagne bien particulière qui est une campagne qui a démarré très tôt, il y a un an, qui était une campagne citoyenne où nous avons fait à travers toute la ville des réunions publiques pour co-construire notre programme avec la société civile qui était aussi intégrée dans notre liste et où nous avons fait une campagne heureuse, joyeuse, je crois que ça compte, face à une droite qui donnait à voir une guerre des clans en face où nous avons formulé des propositions très concrètes aussi pour les Nîmoises, pour les Nîmois et où on a réussi à mobiliser dans cet entre-deux-tours des gens qui s'étaient abstenus, notamment dans les quartiers populaires, dans la jeunesse et c'est tout ça qui fait la victoire de la gauche autour de Vincent Bouget hier, c'est quelque chose d'historique pour la ville de Nîmes et maintenant, il n'y a plus qu'à.
Oui, Mathieu Vallée, c'est clairement un échec
pour le Rassemblement National, ça faisait partie de vos cibles,
D'abord, Julien Sanchez a été un candidat courageux, il a fait aussi une belle campagne, il a lancé un maire de Boker, 10 ans de Boker et qu'est-ce qui se passe ? Nézane Chandon, son successeur, a été réélu brillamment comme quoi la gestion RN dans le Gard, ça fonctionne, dans des places à M. Cos, le journaliste de Midi Libre mais ce que je veux dire c'est qu'on paye aussi la lâcheté des LR à ne pas vouloir faire un soutien et un barrage anti-gauche et extrême-gauche. On a eu le cas à Marseille avec Franck Alizot où Martine Vassal est aussi responsable du fait que la droite n'est pas de retour aux affaires, à Toulon c'est la même chose.
Marseille, Mathieu Vallée, pardon, Martine Vassal a fait 5%, il y a plus de 5 points d'écart entre Benoît Payan et Franck Alizot.
D'accord, mais moi je dis simplement que quand on fait aussi un front uni lorsque le candidat RN est en tête, on a plus de chances de gagner. À Nîmes, 150 000 habitants, mais Amaridelle le sait puisqu'elle est une élue désormais du Conseil municipal pour le Parti Socialiste, face à la gauche et à l'extrême-gauche, nous aurions pu gagner si les LR n'étaient pas restés maintenus au second tour et ça c'est une réalité factuelle. Donc on a quoi aujourd'hui ? Des champs antifascistes devant la mairie, des drapeaux palestiniens, est-ce que l'insécurité qui gangrène la ville c'est ce qui va faire office de politique municipale ?
On avait un candidat Julien Sanchez qui pouvait incarner 7 millions de droits. D'ailleurs M. Jandé nous donnera peut-être son avis mais il y a beaucoup de LR de l'ex-équipe du maire sortant qui avaient rejoint Julien Sanchez parce qu'ils sentaient que la dynamique et les idées que nous portions c'était celle Et précisément
c'est ce qui a déclenché un front républicain contre le Rassemblement National à Nîmes où nous avons reçu le soutien de beaucoup de gens qui ne votaient pas à gauche issus du centre et de la droite qui ont soutenu la liste portée par Vincent Bouget pour éviter précisément que notre ville ne tourne dans les cartes On est désormais Mme Riedel Ils ont préféré l'union, la solidarité à la division et la haine que vous Et Alain Jandé
Nîmes juste Nîmes il y avait des divisions de la droite au premier tour alors que l'LR dirigeait la ville Juste avant de vous entendre on va écouter ce qu'ont dit l'ancien premier ministre Michel Barnier il était ce matin sur TF1 Je pense que nous n'avons aucune raison ni aucun intérêt mais aussi des raisons morales ou politiques de servir de béquille à l'extrême droite Quitte à perdre Je dis que nous n'avons aucune raison et nous devons gagner sur nos propres idées nos propres valeurs et dans un rassemblement j'en dirai un mot si vous le souhaitez avec les familles centristes et la famille de la droite républicaine et vous parliez de Nîmes on peut parler d'autres cas où nous n'avions pas de raison de laisser nos électeurs assez nombreux sans choix sauf de voter pour l'extrême droite ou pour l'extrême gauche La réponse à ce que disait Mathieu Vallée le RN est-ce que les républicains auraient dû s'allier au rassemblement national pour empêcher la gauche de prendre
En tout cas ce que l'on voit c'est que là où la gauche est unie nous sommes divisés la gauche gagne quand nous sommes nous-mêmes unis et la gauche divisée nous gagnons donc déjà c'est une évidence donc il faudra bien à un moment donné que les républicains et là je parle pour ma famille politique je vais donner les raisons en partie à monsieur Vallée il va bien falloir qu'à un moment donné on soit capable de faire quelque chose on ne peut pas dire qu'on ne veut pas l'union des droites et pas être capable de faire l'union de la droite et du centre c'est l'un ou c'est l'autre il faut choisir et si mon ami Michel Barnier a fait tout ce qu'il fallait pour maintenir un candidat et faire gagner la gauche parce qu'on ne veut pas aller vers le rassemblement national il faut que monsieur Barnier qui est mon ami fasse tout ce qu'il peut pour qu'au moins on rassemble la totalité de la droite et du centre on ne peut pas rien faire si on continue comme ça à être vu ni sur l'union des droits ni avec l'union de la droite et du centre je pense qu'on n'a pas de solution or on voit dans ces résultats on voit dans ces résultats qu'il y a un vrai espace si on additionne la droite le centre en gros les républicains un peu élargis quand je mets les républicains avec un petit r j'inclus évidemment horizon si on met tous ces gens là ensemble on voit clairement qu'il y a un espace politique entre le rassemblement national et la gauche si on ne veut pas le faire ça donne raison à ceux qui veulent faire l'union des droites notre famille politique elle est traversée par les deux courants monsieur Jandé votre coeur de patriote ne saigne pas quand il voit Marseille rester aux mains de l'extrême gauche et de la gauche face à une ville gangrénée par les narcomicides par le stupéfiant face à un printemps marseillais qui en 2020 a fait un moratoire sur les camions de protection n'a pas recruté plus d'agents de police municipales voit la ville livrée aux narco-trafiquants avec des assassinats comme Soukaina dans les quartiers sud de Marseille comme on va aller à Marseille
Mathieu Vallée comme ça vous vous avez entendu comme ça vous aurez le temps d'en parler
un vassal à ce maintien pour des comptes d'apothicaires vous êtes devenus des boutiquiers c'est pas possible vous avez entendu ce que je viens de dire je n'ai rien à ajouté aujourd'hui Marseille est aux mains de la gauche et de l'extrême gauche qui est pour la dépénalisation du cannabis et qui ne va pas lutter contre la sécurité qui est la première préoccupation des marseillaises et on va sur le vieux port
à Marseille Alexandre Poussard vous êtes à nouveau sur le vieux port et Benoît Payan qui garde donc la ville à gauche
et oui Oriane Benoît Payan qui l'emporte largement grâce à un front républicain formé contre le rassemblement national sa liste du printemps marseillais qui rassemble notamment socialistes écologistes et communistes à récolter à 54,3% des voix devant la liste du RN et de Franck Alizio avec 40,3% des suffrages et en troisième position la liste de la droite et du centre de Martine Vassal à 5,3% des voix le RN n'a donc pas pu conquérir la deuxième ville de France mais il réalise un score historique dans la cité phocéenne plus de 40% des voix c'est deux fois plus que son résultat aux dernières élections municipales de 2020 le tête de liste Franck Alizio a mené une campagne orientée à droite mais non clivante et il a pu ainsi siphonner l'électorat historique de la droite marseillaise
et Alexandre l'autre enseignement c'est le score de Martine Vassal très faible score pour la droite marseillaise
et oui la liste de Martine Vassal pour la droite et le centre passe in extremis au-dessus du seuil des 5% qui lui permet de conserver quelques sièges au conseil municipal à Marseille ce résultat c'est un coup dur pour la droite marseillaise qui on le rappelle a gouverné la cité phocéenne entre 1995 et 2020 avec Jean-Claude Godin et d'ailleurs hier soir Martine Vassal en a tiré les premiers enseignements elle a annoncé qu'elle ne brigueraient pas de nouveau la présidence de la métropole ex-Marseille et ce résultat il aura aussi des conséquences pour les élections sénatoriales de septembre prochain puisqu'on le rappelle ce sont les conseillers municipaux qui élisent les sénateurs et avec un tel score à Marseille les républicains devraient perdre quelques sièges au Sénat et le Rassemblement national en gagné 2 dans ce département des Bouches-du-Rhône
Merci beaucoup Alexandre on regarde la Une de la Provence je ne sais pas si vous l'avez encore en main la Une de la Provence c'est Payan dans un fauteuil qui est donc à la tête du journal marseillais un mot Chloé Ridel Benoît Payan qui concerne qui n'est pas socialiste c'est printemps marseillais mais quand même la deuxième ville de France qui reste à gauche avec aussi peut-être des leçons à tirer on va en parler puisqu'on va aller à Toulouse dans quelques instants des leçons à tirer sur la clarté de Benoît Payan qui dès les premières heures qui ont suivi le premier tour a dit pas d'alliance avec la France Insoumise il est allé déposer sa liste immédiatement
Mais écoutez c'est la clarté de Benoît Payan c'est aussi la force de son projet moi j'ai du mal à tirer des conclusions ce matin sur ça a marché ça n'a pas marché avec la France Insoumise parce que vous avez des cas différents comme à Lyon à Grenoble à Tours ou à Nantes où ça fonctionne et à Toulouse où ça ne fonctionne pas à Limoges etc ce qui est sûr c'est que si à Limoges et Toulouse il n'y avait pas eu la tentative de réunir les gauches ça n'aurait pas fonctionné non plus si vous voulez donc faisons attention avec les conclusions hâtives moi j'observe que ce qui fonctionne à gauche c'est des projets qui rassemblent c'est d'arrêter de se mettre sur la tronche en permanence et c'est de parler du fond de faire avec la société civile d'avoir des démarches citoyennes ambitieuses c'est ça qui marche et c'est ce que Benoît a fait à Marseille et ça a fonctionné et c'était une élection à fort enjeu puisqu'il y avait l'extrême droite en face mais Benoît comme Emmanuel Grégoire à Paris nous offre de très très belles victoires et je crois que ça augure de bons pour la suite en tout cas ça doit nous conduire à éviter des conclusions hâtives vis-à-vis de l'EF etc il ne faut plus en parler moi j'observe juste une chose c'est que la France insoumise peut faire des bons premiers tours dans les villes de gauche mais dans le reste du pays notamment dans les villes où il y a un risque de droite et d'extrême droite au second tour il s'effondre et c'est nous la gauche que nous représentons au Parti Socialiste qui arrive à faire barrage et à même être en conquête ça c'est un enseignement fort me semble-t-il de ces élections municipales
Leçon aussi pour le Rassemblement National c'est Marine Le Pen elle-même qui l'a dit hier soir déception à Marseille avec Franck Alizio déception à Toulon aussi avec Laure Lavallette autre porte-parole avec vous Mathieu Vallet ça montre quoi du Rassemblement National ces échecs à Toulon et à Marseille ?
Non mais moi Franck Alizio est un ami Laure Lavallette pareil c'est des gens entiers animés par leurs villes qui sont marseillaises et toulonnais et donc on espérait évidemment gagner ces deux villes qui sont deux grandes villes effectivement la deuxième ville de France et la première ville du Var maintenant c'est que partie remise on n'est pas des grincheux et on n'est pas des rageux et on n'est pas encore moins des envieux donc on continuera à travailler le terrain ce sont des députés qui agissent pour leur territoire Franck contre l'insécurité à Marseille Laure aussi pour redresser la ville notamment à Toulon qui est une partie de la circonscription donc je dis simplement que soyez patient il y a encore 7 ans ou 6 ans on n'a pas encore la durée exacte en fonction de la présentielle mais nous continuera à défendre il y a des chances que ça s'est fait on va continuer à défendre nos idées et encore une fois on ne lâchera rien et on était à quelques centaines de voies où il est de voies de la victoire et donc c'est très encourageant par rapport à 2020 même s'il y avait le contexte du Covid et celui politique que vous connaissiez à l'époque donc on y croit encore et on a des sujets à défendre et je suis désolé dans ces villes-là de le dire mais c'est plus les LR qui incarnent la sécurité l'autorité la souveraineté ce sont nos candidats les électrices et les électeurs se sont exprimés en tout cas en ce sens en les plaçant en première opposition de ces villes qui ont basculé soit à la gauche électrique soit à la droite pour un massif qui a été réélu à Toulon hier soir
Coup dur quand même pour le camp présidentiel Laure d'Arcos à Marseille on voit le score de Martine Vassal un tout petit peu plus de 5% à Nice on l'a dit Christian Estrosi Horizon qui perd sa ville face à Éric Ciotti est-ce que là aussi on voit une stratégie d'Éric Ciotti qui a fonctionné celle d'un début de l'union des droits
oui alors c'est pareil Nice est un cas à part parce que c'est quand même un combat j'allais dire fratricide de deux personnes qui ont travaillé ensemble non ce qui me frappe c'est que bien évidemment on est là aussi pour parler politique nationale mais je le vois pour Édouard Philippe vous ne l'avez pas entendu pendant toute la durée de la campagne d'ailleurs même nous on lui foutait la paix sur les boucles Whatsapp tous les candidats à horizon se sont focalisés sur des campagnes de proximité et ce qui m'a frappé dans les installations de conseils municipaux que j'ai pu faire ce week-end de ceux qui avaient gagné au premier tour où il y avait en fait une gauche quand elle même dans l'opposition quand elle prenait la parole disant on était le seul barrage antifasciste et ça gagnera une prochaine fois de l'extrême droite qui nous disait on est le seul barrage islamo-gauchisme et en fait j'ai l'impression et ça c'est pas une polémique quand je lance ça c'est que les gens même dans des grandes villes des habitants ont besoin juste d'avoir des politiques de proximité sur leur quotidien c'est en effet la sécurité qui est en un c'est la propreté c'est même un truc idiot mais l'estangiratoire des villes savoir combien il y aura de collèges et d'écoles et de crèches et en fait je trouve qu'on a extrêmement politisé cette campagne municipale alors qu'au fond il fallait faire du terrain du porte-à-porte et que ce soit les municipalités sortantes ou des challengers en fait ceux qui ont gagné sont ceux aussi qui se sont retrouvés à parler de politique de proximité et je pense qu'en fait c'est normal c'est le jeu de la presse des médias mais au fond je pense que c'était ça aussi on peut en tirer plein de conclusions mais je pense que c'était important et d'avoir sur-interprété et sur-politisé certains combats en fait ça les a fait perdre les uns et les autres
est-ce que quand même Alain Joyandais ce qui se passe notamment dans le sud-est on parle de Nice on parle de la Seine-sur-Mer de Menton de Marseille est-ce qu'on voit là un électorat LR qui est grignoté par le Rassemblement National
ça dépend des zones je voudrais revenir sur ce que disait Laure une élection municipale je la compare un peu à une élection présidentielle c'est-à-dire que vous avez trois éléments qui font l'élection vous avez le contexte local quand c'est l'élection présidentielle c'est le contexte français vous avez la personnalité évidemment de celui qui tire la liste mais vous avez aussi ce qu'on appelle la configuration de l'élection qu'est-ce que ça veut dire configurer une élection ça veut dire c'est comment vous y allez au premier tour parce que même si vous avez un super candidat et même s'il parle des crottes de chiens et des giratoires s'il a en face de lui deux listes du même camp que lui il a quand même assez peu de chances de faire 55% au premier tour donc la configuration de l'élection c'est quelque chose c'est quelque chose de capital et effectivement l'ambiance générale il faut le reconnaître dans le sud dans le sud-ouest il y a une ambiance générale qui est plutôt plus favorable au Rassemblement National qu'en région qu'à Paris intramuros bon voilà et puis comme l'ouest de la France historiquement a toujours été un peu plus favorable à la gauche que l'est qui était traditionnellement une terre industrielle plus favorable à la droite au travail etc mais je pense que la configuration de l'élection et ça doit nous faire réfléchir pour la présidentielle la configuration de l'élection est capitale le RN nous appelle on lui dit non on lui dit non c'est pas qu'on vous appelle c'est que quand vous êtes derrière il faut vous rassembler sur celui qui est plus à même vous nous appelez à désister à enlever nos candidats à préférer des gauchistes ou des patriotes on dit non et si on dit non au RN il faut qu'on dise oui aux autres et qu'on s'associe avec les autres voilà l'extrême gauche c'est la gauche c'est Gaza c'est la sécurité c'est des champs antifachistes aujourd'hui qui n'ont plus lieu d'être mais non
allez on va voir ce qui se passe à gauche justement parce que c'est aussi l'un des enseignements qu'on attendait de la soirée d'hier est-ce que les alliances entre la France Insoumise et le Parti Socialiste ont marché on va aller à Toulouse justement qui était l'un des symboles de ces alliances Stéphane Duguay on vous retrouve à Toulouse quelle leçon on peut tirer de ce scrutin c'était un test Toulouse pour cette alliance entre la France Insoumise et le Parti Socialiste en vue notamment de la présidentielle la première leçon c'est que Toulouse se réveille avec le même maire qu'hier Jean-Luc Moudin qui entame un troisième mandat je vous rappelle sa victoire avec 53,87% des voix et surtout un record de voix pour celui qui est donc maire depuis 2014 ici plus de 90 000 voix hier face à lui l'union de la gauche LFIPS a échoué à faire basculer la mairie même si mathématiquement l'ajout des voix du premier tour de la liste insoumise et de la liste socialiste aurait dû faire basculer l'élection mais la politique ce n'est pas des mathématiques voilà Toulouse en est un exemple de plus il y a eu un surplus de participation hier ici à Toulouse et puis Jean-Luc Moudin qui avait fait de la lutte contre le mélanchonisme qu'il juge dangereux un enjeu de cette campagne pour lui ça dépassait le clivage gauche-droite classique et ça les Toulousains l'ont compris dit-il hier François Picmal lui a répondu qu'il était le candidat de la droite radicale hier et selon lui un nouvel espoir est né à Toulouse un nouvel espoir en tout cas peut-être pas celui des performances des alliances LFIPS puisque cette fusion à Toulouse a aussi beaucoup clivé à gauche avec des défections d'élus socialistes communistes qui n'ont pas voulu figurer sur cette liste d'union alors ce que signifie ce résultat c'est aussi que des électeurs de gauche ont pu préférer voter pour Jean-Luc Moudin que le candidat dit vers droite des leçons qui doivent être prises qui sont en train d'être prises et qui vont mettre un peu plus de tension au PS je vous rappelle qu'ici la présidente de la région Occitanie Carole Delga était opposée à cette alliance avec LFI elle a le plaidé pour la clarté Olivier Faure lui a dit que s'il était à Toulouse il voterait François Picmal mais ce matin Olivier Faure déclare que Jean-Luc Mélenchon est un boulet pour la gauche à qui il attribue notamment la défaite à Toulouse Toulouse qui n'est donc toujours pas une ville de gauche bientôt la troisième ville de France Toulouse et qui reste pour les sept prochaines années à droite avec la victoire de Jean-Luc Moudin Merci beaucoup merci Stéphane puisqu'on parle de la gauche on a appris on apprend à l'instant le décès de celui qui était l'artisan des gauches plurielles c'est Lionel Jospin ancien Premier ministre qui est décédé à l'âge de 88 ans on vient de l'apprendre on va faire évidemment une réaction avec vous Chloé Rydel qui représentait le parti socialiste sur ce plateau
comment vous réagissez ?
C'est une grande émotion parce que c'était un grand homme de gauche moi c'est le grand homme de gauche de mon enfance je suis née en 1991 et j'ai des tendres souvenirs même de l'époque où il était Premier ministre c'est quelqu'un qui a mené de grandes réformes de gauche pour ce pays je pense notamment au 35 heures qui a incarné les gauches plurielles je me souviens aussi en 2002 les premiers souvenirs pour moi de l'élection présidentielle où Lionel Jospin avait réagi avec une dignité très rare et qu'on ne croise plus beaucoup dans l'époque qui est la nôtre au résultat de l'élection présidentielle je crois que sa défaite à se qualifier au second tour avait aussi déclenché beaucoup d'envie d'engagement pour toute une génération de militants de gauche dans sa suite donc c'est un grand homme un grand socialiste qui nous quitte aujourd'hui et qui continuera de nous guider pendant longtemps et au nom de tout le parti socialiste je veux saluer ici sa mémoire et le remercier pour tout ce qu'il a donné à notre parti et à la France aux Français Alain Joyandet qu'est-ce qu'il représentait pour vous l'ancien Premier ministre ?
Au moment où l'homme disparaît on ne peut que s'incliner présenter ses condoléances à sa famille à ses amis politiques partager la tristesse la peine parce que c'est un moment de rupture pour les proches et pour les proches aussi bien familiaux que les proches politiques mais sur son action politique sur la façon dont le parti socialiste à cette époque a servi la France a abîmé la France beaucoup mais ce n'est pas le moment le moment ne pas de faire son bilan politique c'est de rendre hommage à l'homme engagé très engagé qui venait de très loin qui venait d'une gauche d'une gauche très radicale n'est-ce pas ?
Le bilan politique les historiens politiques le tireront plus tard mais c'est vrai qu'à titre personnel moi je n'ai pas des souvenirs tendres de la gauche plurielle lorsqu'elle est arrivée au pouvoir et je pense qu'il y a eu un certain nombre de décisions qui ont été prises dont on paye encore aujourd'hui les conséquences pour notre pays je ne veux pas faire de langue de bois mais je m'incline respectueusement et je présente vraiment mes condoléances à notre collègue je comprends sa peine
Bernard Coche Oui moi aussi je suis très touchée mais en plus j'avais eu le loisir de le voir beaucoup plus ces dernières années puisque son épouse Sylvain Gansiski avait été élue à l'Académie Française auprès de mon mari donc je l'ai voyée régulièrement je le revoyais donc voilà je pense à elle aujourd'hui moi j'ai un souvenir et que j'ai partagé avec Alain c'est qu'en effet 2002 alors moi je suis beaucoup plus âgée que vous on était obligé de campagne de Jacques Chirac je peux vous dire que ce n'était pas la fête chez nous et j'aurais toute ma vie le souvenir de ce cri d'effroi que tous les militants autour de lui au QG ont poussé quand il a dit qu'il se retirait très dignement en effet de la vie politique ça reste pour moi un des moments forts de bascule en fait quand on apprend que Jean-Marie Le Pen est au deuxième tour lui-même d'ailleurs est à mon avis le premier étonné et c'est pas du coup la fête non plus chez nous j'ai un souvenir de Seguin en train de bouffer des chips devant la télé de manière assez automatique on est tous autant bouleversés de ce renversement politique et de la dignité qu'il a eu ce soir-là
avec Jacques Chirac qui avait refusé le débat d'entre deux tours pour le rassemblement national qui était le Front National à l'époque Mathieu Vallée et j'imagine qui a ce souvenir de 2002 Lionel Jospin arrivé troisième derrière Jean-Marie Le Pen qui se qualifiait pour la première fois au second tour d'une présidentielle
quand un homme décède d'abord on salue sa mémoire on présente ses condoléances et le temps n'est pas la polémique c'est le respect qu'on doit à nos morts ce qui n'a pas prévalu d'ailleurs pour le décès de Jean-Marie Le Pen de la part d'une certaine extrême gauche et donc oui moi étant né en 86 pas six mois de Mme Riedel pour le parti socialiste comme quoi il y a certains âges peut-être qui rapprochent mais simplement dire que moi j'avais été quand même admiratif de voir qu'en politique quand on a un échec on puisse partir face au sentiment d'insécurité qui a coûté beaucoup à M.
Jospin face finalement à ces cinq ans de socialisme qui ont amené à ce qu'il ne soit pas au second tour je me souviens de ce discours assez fort où il disait je quitte la vie politique je pense qu'aujourd'hui peu de responsables politiques auraient le courage de prendre cette décision quand ils ont subi l'échec des urnes et ça moi c'est quelque chose qui me souhaitait c'était la fameuse phrase l'État ne peut pas tout face au désarroi des salariés de la désindustrialisation et de la crise économique qui frappait déjà notre pays donc moi je salue la mémoire d'un homme qui a été premier ministre et qui aujourd'hui je lui souhaite de reposer évidemment en paix
Chloé Riedel Lionel Jospin on le disait c'est l'artisan des gauches plurielles alors avec ses succès la gauche plurielle avec aussi ses échecs en 2002 cette multiplication de candidates gauche qui a conduit la gauche
à être absente du second tour oui mais Lionel Jospin avait su unir par son charisme par son autorité par sa générosité les gauches plurielles dans le cadre de son gouvernement et puis après à l'issue de 5 ans de gouvernement vous avez toujours des gens qui veulent partir de leur côté parce qu'il y a des éléments de bilan qui sont là mais il faut retenir que Lionel Jospin a su pendant 5 ans présider un grand gouvernement de gauche qui a apporté beaucoup de réformes progressistes toujours en vigueur dans notre pays notamment les 35 heures mais aussi la parité femmes-hommes voilà c'est les emplois jeunes et je crois que ça doit nous guider le quinquennat et je crois que ça doit nous guider dans la façon dont la gauche pourra revenir au pouvoir dans ce pays c'est-à-dire s'unir autour de grands marqueurs que nous promettons pour Français bien sûr qu'elle peut encore revenir elle peut encore revenir si on rassemble à gauche ceux qui veulent bien se rassembler et si on met de côté les irréconciliats
à l'époque par exemple Jean-Luc Mélenchon il était à côté de Lionel Jospin ce matin vous avez Olivier Faure qui dit Jean-Luc Mélenchon c'est un boulet pour la gauche ça peut revenir
Jean-Luc Mélenchon est un boulet pour la gauche oui quand vous le mettez au second tour face à n'importe quel candidat il perd même face à M. Zemmour donc oui c'est un boulet pour la gauche
mais comment on peut dire ça pardon
et c'est ce que je dis il faut mettre de côté les irréconciliables et M. Mélenchon fait partie de cela
comment est-ce qu'on peut dire ça enfin bon là on touche quand même au sommet de l'hypocrisie parce que comment on peut dire M. Mélenchon est un boulet pour la gauche et puis comment on peut dire en même temps et c'est M. Fort entre les deux tours je trouve ça normal qu'au niveau local ils se mettent d'accord entre eux parce qu'on fait des accords techniques donc là je vais dire M. Mélenchon était-il candidat à Toulouse ? On veut totalement écoeurer les Français de la politique alors continuons comme ça
Non monsieur je crois que les Français comprennent que aux élections déjà qu'à la France insoumise tout le monde n'est pas M. Mélenchon et qu'aux élections municipales ça n'est pas M.
Mélenchon qui se présente à Nantes quand il y a un accord PS-LFI ou à Toulouse et je suis désolée il fallait faire ces alliances-là parce que peut-être que ça n'a pas fonctionné à Toulouse ça a marché à Nantes mais la vérité c'est que si nous ne l'avions pas fait il n'y avait non plus aucune chance de victoire et quand on peut l'emporter à gauche face à la droite il faut le faire parce que la gauche au niveau municipal c'est des transports publics moins chers ou gratuits des cantines moins chères ou gratuits des logements modérés et en fait c'est la vie quotidienne des gens on ne peut pas laisser tomber les gens
Peut-être qu'on devrait réfléchir à faire des accords techniques avec le Rassemblement National on pourrait faire des accords techniques alors imaginez dans l'opinion imaginez médiatiquement si nous on disait
on va faire des accords techniques avec le Rassemblement National où LR est avec le Rassemblement National c'est vrai que vous faites beaucoup la morale c'est quand même le haut niveau sur un rapprochement potentiel par rapport à la morale bref je ne sais pas vous je crois que
un mot Mathieu Vallée le débat n'est pas digne là par rapport Mathieu Vallée un mot
alors moi ce que je reconnais à Madame Riedel comme à Monsieur Jouvet c'est qu'on peut faire des débats sains et sereins ce qui n'est pas tout le cas avec la France insoumise j'ai une vraie question Madame Riedel je sais que vous êtes une républicaine convaincue et vous associez avec des gens qui disent la police tue ou que toute la session policière est raciste et violente est-ce que c'est finalement la dernière de votre parti d'insulter celles et ceux qui nous protègent ou d'associer pour des postes électoraux pour gagner des sièges au conseil municipal ou à la députation avec des gens sulfureux qui mènent une politique anti-flic et qui font de nos policiers et de nos gendarmes des véritables boucs émissaires et mettent une cible dans leur dos
je ne vais pas réagir à ces outrances je vais simplement rappeler que nous n'avons aucune leçon de maintien à recevoir de vous et que je suis très heureuse que Johanna Roland ait pu être réélu mère de Nantes
donc ça ne vous gêne pas
de vous associer avec des gens qui disent la police tue
on va revenir à l'information de cette matinée on l'a appris il y a quelques minutes on est en direct on l'a appris il y a quelques minutes la mort de Lionel Jospin l'ancien premier ministre et sa famille qui l'a annoncé à l'agence France Presse l'ancien premier ministre décédé à l'âge de 88 ans on va revenir sur son portrait son parcours c'est signé Fabien Réquer
j'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après après la fin la fin de l'élection présidentielle 21 avril 2002 une date historique et un séisme à gauche éliminé au premier tour de l'élection présidentielle Lionel Jospin annonce qu'il quitte la scène politique la politique qui pourtant le berce depuis l'enfance à Meudon dans une famille protestante militante à la SFIO je me souviens je me souviens d'une perquisition de la Gestapo dans notre appartement j'ai le souvenir que de l'importance du silence qu'il fallait savoir se taire parce que si on ne se taisait pas on pouvait faire courir des risques immenses à des personnes et je suis sûr qu'après coup y compris dans la vie politique j'en ai gardé une certaine horreur des bavardages passé par le trotskisme Lionel Jospin adhère au parti socialiste en 1971 proche de François Mitterrand il lui succède à la tête du PS quand la gauche prend le pouvoir en 1981 dans les années 80 il gère l'écurie socialiste et ses différents courants apparaissant parfois comme un premier secrétaire isolé mais Lionel Jospin nourrit déjà d'autres ambitions je ne peux pas me confondre avec mon parti ou avec un appareil l'homme avec sa caruse son existence sa couleur propre doit exister je pense qu'il apparaîtra de plus en plus aux prises avec Laurent Fabius lors du congrès de Rennes en 1990 il s'impose comme le leader de son camp et porte les couleurs de la gauche à la présidentielle de 1995 deux ans plus tard Jacques Chirac dissout l'Assemblée Nationale la gauche gagne les législatives c'est la cohabitation Lionel Jospin débarque à Matignon à la tête d'un gouvernement de gauche plurielle il mène plusieurs chantiers emplois jeunes pax couverture maladie universelle et réduction du temps de travail nous avons pour perspective que la durée légale soit à 35 heures pour tous avant la fin de l'actuelle législature en 2002 en 2002 Lionel Jospin est de nouveau candidat à la présidentielle mais rate sa campagne un traumatisme le 21 avril 2002 a été pour moi une épreuve cruelle désormais en retrait de la politique il continue néanmoins de peser à gauche soutenant Ségolène Royal en 2007 un quinquennat plus tard François Hollande lui commande un rapport sur la modernisation de la vie publique Lionel Jospin appelle à mettre fin au cumul des mandats nous devons renoncer à cette exception française en 2014 il entre au conseil constitutionnel un sage demeuré fidèle à sa famille politique comme ce jour-là en compagnie de parlementaires socialistes je suis dans un temps où je n'ai aucune raison d'avoir des déplaisirs
c'est ce que vous leur avez dit moi rien c'est ce que vous leur avez dit
premier ministre de la plus longue cohabitation sous la 5ème république l'homme du 21 avril 2002 était une figure tutélaire à gauche
le parti socialiste qui perd l'une de ces figures Chloé Rydel on imagine évidemment que le parti socialiste organisera un hommage à Lionel Jospin
absolument nous organiserons un hommage là c'est le temps de l'émotion parce que encore une fois c'était une figure tutélaire pour notre parti et même ces dernières années il n'a pas cessé de militer alors qu'il était frappé par la maladie il soutenait nos candidats il a soutenu Emmanuel Grégoire à Paris il avait soutenu la liste sur laquelle j'étais candidate aux élections européennes en 2024 il continuait de se mobiliser pour les idées auxquelles il croyait il était resté militant malgré son retrait de la vie politique et sa mémoire vivra et nous continuerons de la faire vivre
et puisqu'on parle aussi beaucoup des territoires dans cette émission élue de Sainte-Gabelle également en Haute-Garonne
de conserver
Lionel Jospin exactement Lionel Jospin associé évidemment à Sainte-Gabelle merci beaucoup merci à Riedel merci Lord Arcos Mathieu Vallée Alain Joyandais d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on reviendra évidemment sur le décès de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin décédé à l'âge de 88 ans dans nos éditions spéciales à 12h30 et à 18h merci à tous de nous avoir suivis très bonne journée sur nos antennes
Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Matthieu Valet