David Amiel : « Quand il y a des profits exceptionnels, il faut une contribution exceptionnelle »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour David Amiel, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord.
Bonjour Julien. Bonjour Auriane, bonjour Monsieur le Ministre. Bonjour.
David Amiel, on va parler évidemment avec vous des conséquences économiques de cette crise au Moyen-Orient. Les Français les voient dans leur porte-monnaie l'augmentation des prix à la pompe peut-être aussi des vols annulés. Comment l'État va les aider ?
Vous allez nous aider à répondre à toutes ces questions. Donald Trump qui renonce provisoirement à ouvrir le détroit d'Hormuz. Le cours du pétrole qui est en baisse avec l'espoir d'un accord entre les États-Unis et l'Iran mais en France, les prix à la pompe sont au plus haut.
Est-ce que ça va durer ? On voit que tout est suspendu à ce qui se passe dans le golfe Persique et les mouvements du prix du baril qui précèdent toujours les mouvements du prix à la pompe sont extrêmement erratiques parce que la situation diplomatique est extrêmement volatile. On a vu depuis le début de semaine l'hypothèse de la reprise des frappes, le bras de fer autour du détroit d'Hormuz lundi-mardi.
On a vu ces nouvelles annonces dans la nuit. Honnêtement, qui sait ce qui se dira d'ici demain ? Et c'est la raison pour laquelle il faut qu'on puisse se préparer à faire face en tout état de cause, en plus de notre mobilisation diplomatique. – C'est-à-dire que vous ne pouvez pas rassurer les Français sur le plus duré derrière vous ? – Ah ben non ! – Ça peut encore augmenter ? – Bien sûr, on ne sait pas ce qui se passera demain sur le front militaire.
Et donc il faut effectivement qu'on puisse préparer notre économie et à tous les scénarios possibles. Est-ce qu'il faut les préparer aussi à devoir continuer de payer très cher, à dépenser encore plus ? Ou est-ce que vous allez les rassurer très rapidement pour dire l'Etat va leur venir en aide ?
Nous sommes face à une guerre, une guerre que nous n'avons pas voulu, une guerre que nous n'avons pas déclenchée, une guerre qui bloque les approvisionnements mondiaux en pétrole qui passe par le détroit d'Hormuz et tout une doctrine simple qui est qu'il faut des aides, des aides ciblées vers les travailleurs des classes populaires et des classes moyennes, vers les entreprises qui sont les plus en difficulté et des aides qui soient financées. Et évidemment ce n'est pas le plus facile à dire, on voit toute la pression qui est émise sur le gouvernement pour dire après tout vous pourriez encore laisser exploser la dette publique, laisser à vos successeurs le soin de régler la facture mais ce serait contraire à notre devoir. Et donc nous sommes depuis le début dans cette recherche d'un équilibre entre la maîtrise des finances publiques pour éviter l'explosion des impôts demain et les aides d'aujourd'hui qui sont...
Juste, pardon David Damiel pour qu'on connaisse bien, c'est quoi aujourd'hui le coût de cette crise au Moyen-Orient pour les finances publiques ? Nous avons chiffré à plus de 6 milliards d'euros le coût aujourd'hui de la guerre au Moyen-Orient pour les finances publiques. Pourquoi ?
Parce qu'il y a environ 4 ,5 milliards d'impact économique directs. C'est le ralentissement de la croissance, c'est la hausse de l l'inflation, c'est la hausse des taux d'intérêt sur la dette publique. Il y a des coûts qui sont liés à l'intensification de nos opérations extérieures, du déploiement de nos forces militaires, à peu près 1 milliard d'euros.
Et puis il va falloir les 470 – 460 millions, 460 millions. – Les tenants des cordons de la bourse, d'une certaine rigueur budgétaire, c'est 6 milliards, où est-ce qu'on les trouve ? – C'est la raison pour laquelle, dès que nous avons eu la connaissance du chiffre, nous avons rendu public, et j'ai dit qu'effectivement, toute euro que nous coûterait cette crise devrait se traduire par un euro stoppé dans la dépense publique.
D'accord, mais il y aura 4 milliards d'euros au sein de l'État, 2 milliards d'euros pour les dépenses sociales. Oui, mais ça c'est large, ça c'est des grandes enveloppes, on l'entend un petit peu, mais dans le détail, où est-ce que vous prenez l'argent ? Les arbitrages sont en cours, parce qu'il ne s'agit pas de faire n'importe quoi, et donc dans les prochains jours, nous pourrons les rendre publics.
C'est-à-dire dans les prochains jours et quand ? Dans les prochains jours, nous rendrons public le détail effectivement de ces ajustements, et c'est comme ça le Ce sera transmis au Parlement. C'est une guerre dans laquelle nous nous adaptons en temps réel, ce qui n'avait pas été prévu au moment du vote du budget.
Dans les prochains jours, ça veut dire la semaine prochaine ? Dans un mois – Ce sera dans les prochains jours, nous aurons l'occasion très prochainement de rendre cela. – Mais il y a quand même des secteurs que vous visez particulièrement.
Par exemple, dans une lettre au Média Fier, Sébastien Lecornu dit que l'exigence de redressement appelle à des responsabilités partagé, il attend la mobilisation de l'ensemble des acteurs économiques. De quelle manière ? – Évidemment qu'il y a un rôle des acteurs économiques pour pouvoir aussi soutenir… – Mais qu'est-ce que vous attendez du MEDEF, des patrons ? – Pour pouvoir soutenir les filières aussi les plus en difficulté, il y a évidemment une mobilisation générale, il y a des soutiens qui peuvent être apportés aussi par les entreprises à leurs salariés qui ont le plus de difficulté pour se déplacer mais je le redis la situation est difficile pour tout le monde et elle évidemment difficile par les entreprises au premier chef comme pour l'état c'est à dire excusez moi mais les sociétés vous leur dites il faudrait aider davantage la première chose que nous disons c'est que nous soutenons des secteurs économiques qui sont touchés par cette crise, nous soutenons les agriculteurs, nous soutenons les agriculteurs, nous soutenons les transporteurs, nous soutenons le secteur du BTP, nous soutenons le secteur de la pêche.
Mais vous pourriez élargir les secteurs que vous soutenez à l'heure actuelle ? Ça c'est à l'étude ? Bien sûr !
Quel secteur pourrait être concerné Nul ne sait combien de temps va durer cette crise. Et donc en fonction de l'évolution de la crise, il faut qu'on puisse évidemment s'adapter dans la raquette à l'heure actuelle. D'ailleurs c'est pour ça que Sébastien Lecornu a annoncé qu'il y aurait de nouvelles aides probablement annoncées en semaine prochaine des aides ciblées.
Ils sont où les trous dans la raquette à l'heure actuelle ? Sur quel secteur vous regardez ? Mais d'abord il y a des secteurs que l'on aide aujourd'hui.
Ça vous l'avez dit. Pour lesquels il pourrait être nécessaire de prolonger ou d'intensifier les aides en fonction de la durée de la crise. On parle de l'agriculture, on sait l'impact que la crise a non seulement sur le carburant agricole mais aussi sur le prix des engrais.
On a un dialogue permanent avec le MEDEF, les organisations patronales. – Et les aides, elles sont quoi ? Elles sont dans le projet de loi d'urgence agricole qui est examiné en ce moment au Parlement ? – Non, ce sont des aides financières qui sont débloquées par voie… – Donc en plus ? – Les aides agricoles, elles sont débloquées par voie réglementaire en ce moment même.
On n'a pas besoin d'une loi pour cela, on a besoin de réallouer des crédits, mais c'est la raison pour laquelle il faudra aussi faire du choix dans le budget de l'État. Qu'est-ce qu'il veut dire par changer d'échelle ? Est-ce que ça veut dire vraiment élargir à plus de français, l'aide gouvernementale ?
Il faudra évidemment pouvoir continuer à élargir un certain nombre d'aides en fonction de la durée de la crise. Et le Premier ministre a dit précisément qu'il aurait l'occasion, je crois, en début de semaine prochaine, de faire des annonces en ce sens. Est-ce que les collectivités seront mises à contribution ?
Les collectivités locales sont aussi touchées par la crise comme par l'État. Il n'y a pas aujourd aujourd'hui de projets, de revenir sur les dotations et ce qui avait été tranché dans le cadre du projet de loi de finances. Donc pas de ponction supplémentaire des collectivités ?
Non mais il y a un effort des collectivités qui subissent aussi l'impact de la crise comme l'ensemble de la sphère publique. Plutôt que de geler dans les dépenses, puisque c'est ce que vous prévoyez, pourquoi vous n'allez pas chercher du côté des recettes ? Pourquoi vous n'acceptez pas de taxer les super-profits, notamment des énergéticiens En ce qui concerne les énergiciens, votre question porte sur TotalEnergie.
Il n'y a jamais eu de tabou. Les entreprises ont une patrie. La France a de la chance d'avoir Total.
Beaucoup de pays, non pas de pays européens, n'ont pas de grandes compagnies pétrolières. Mais Total a aussi de la chance d'avoir la France. C'est ce qui lui a permis de se développer, de se projeter pendant de très nombreuses décennies.
Donc bien sûr, quand il y a des profits exceptionnels qui sont liés à un contexte exceptionnel, comme ceux que réalise Total Energy en ce moment. Il faut qu'il y ait une contribution exceptionnelle. Cette contribution peut prendre plusieurs formes.
Il y a un débat sur la question fiscale, mais il y a aussi une contribution immédiate, qui est le plafonnement des prix à la pompe, qui a le mérite d'avoir un impact direct pour les Français. – Le patron de TotalEnergie, il dit, vous ne pouvez pas avoir les deux, vous ne pouvez pas avoir le plafonnement et puis en plus la supertaxe. Voir même, il dit, dans une forme de chantage, si vous nous supertaxez, si je puis dire, nous on ne met pas au plafonnement des loyers.
Des loyers ? Au plafonnement des prix. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Il y a une décision de l'entreprise Total Energy de faire un plafonnement des prix. Il n'a fait qu'en France Total, alors qu'ils sont présents dans de très nombreux pays. Ça montre au passage l'importance d'avoir une compagnie française.
En fonction de la durée de la crise, en fonction de la durée du plafonnement, je l'ai dit, aucune option n'est à bout. Ce qui compte, c'est que quand il y a des profits exceptionnels, il y a une contribution exceptionnelle pour aider les Français dans cette période difficile. – Mais pardon, mais c'est Sébastien Lecornu qui disait qu'il fallait un plafonnement plus généreux.
Est-ce que vous pensez que Total fait suffisamment dans le plafonnement des prix Il y a un dialogue avec Total Energy qui est mené par ma collègue Maude Bréjon, par Roland Lescure. Le degré du plafond, il dépend aussi de l'intensité de la crise. On a évoqué là l'évolution du prix du baril.
C'est pour ça qu'il y a des points d'étape très réguliers pour s'assurer évidemment que ce soit à la hauteur des besoins du pays. Mais comme vous le dites, Total Energy, c'est une entreprise qui a bénéficié du contexte français. Est-ce qu'il n'y a pas une forme ?
C'était les mots de Jérôme Gage, député socialiste, qui disait qu'il y a une forme de patriotisme à retrouver aussi du côté de Total l'énergie. Est-ce que vous pensez également ? C'est ce que je viens de vous dire, que les entreprises avaient une patrie.
Donc effectivement, il y a besoin d'avoir un patriotisme de la part des entreprises. Mais là, c'est ce qu'a dit le PDG Total, vous ne l'avez pas pris comme du chantage à l'État ou au gouvernement Cela peut prendre plusieurs formes. Je le redis, rien n'est tabou.
Nous sommes dans une guerre qui évolue jour après jour. Vous avez commencé par m'interroger dessus. Et donc évidemment, nous ne fermons aucune porte.
Ce qui compte, c'est de pouvoir aider les Français dans cette période difficile. Vous ne l'avez pas pris comme du chantage ? Nous le prenons de la manière la plus pragmatique qui soit.
Comment est-ce qu'on peut aider les Français le plus possible ? Et je le redis, rien n'est tabous, à profit exceptionnel. Il faut dans tous les cas une contribution exceptionnelle.
Est-ce que Total Énergie est un profiteur de la crise ? C'est les mots d'Olivier Faure, le Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Non mais parce qu'il y a une connotation morale dans ces termes.
Ce n'est pas Total Énergie qui a déclenché la guerre. Ce n'est il ya cinq milliards de bénéfices peut-être peut-être que je peux aller au bout de ma réponse c'est pas total énergie qui a déclenché la guerre au moyen-orient mais il est évident qu'à partir du moment où il ya une guerre au moyen-orient il ya un blocage du détroit d'ormuz il ya des prix du pétrole qui flambent bah quand vous êtes un producteur de pétrole ça vous donne des résultats exceptionnels et c'est le cas de total énergie en ce moment et c'est pour ça je le redis que quand il ya des résultats exceptionnels il faut qu'il y ait une redistribution exceptionnelle juste un mot puisque on On parle des marges des distributeurs. Le gouvernement a publié des chiffres hier.
Il n'y a pas de marge, en tout cas de marge excessif des distributeurs au cours de cette crise ? C'est ce que montrent les chiffres qui ont été publiés par le gouvernement depuis le début de la crise. Je crois que c est précieux dans ces temps troublés.
On doit faire preuve d'une transparence totale. Ça a été le cas sur les recettes fiscales. Vous vous rappelez, au début de la crise, certains venaient sur vos plateaux de télévision dire que l'État allait gagner des milliards et des milliards liés à la hausse de la TVA sur les prix du carburant.
Ce qu'on a fait, c'est que dès qu'on a eu des chiffres, on les a rendus publics. Je les ai rendus publics pour le mois de mars, dès que j'en ai eu connaissance, puis ensuite tous les 10 jours et le Premier ministre a eu encore l'occasion de le faire. Ce qu'on voit, ce qu'on voit...
Je parle là de la transparence que nous avons pour l'ensemble des acteurs. Nous l'avons fait pour nous-mêmes, pour l'État, et on s'est rendu compte de quoi ? Eh bien qu'il n'y avait pas de cagnotte, puisque quand l'État gagnait des millions d'une part, il en perdait des milliards de l'autre.
De la même manière pour les carburants, nous faisons la transparence sur les marges des distributeurs. Ces chiffres ont été rendus là aussi publiques. Et c'est cette méthode que nous aurons aussi dans la préparation du budget 2027, celle d'une transparence totale.
Juste un mot, puisque vous nous disiez tout à l'heure, on s'adapte quasiment au jour le jour, ce n'était pas prévu dans le budget. Est-ce que vous envisagez un budget rectificatif ? À ce stade, il n'est pas nécessaire un budget rectificatif puisque nous disposons dans le cadre du budget qui a été voté de marge de manœuvre pour pouvoir précisément faire face à cette crise.
C'est ce que prévoit aussi la loi organique. Donc 6 milliards, c 6 milliards, ça ne nécessite pas un projet de loi rectificatif de finances. Non et nous pouvons continuer à apporter des soutiens sans avoir besoin d'une loi de finances rectificative.
C'est ce que prévoit la loi organique. Mais à quel moment il y aura besoin ? Mais c'est tous les précédents gouvernements, on l'a vu sous François Hollande, sous Nicolas Sarkozy.
Il y avait aussi en cours d'année, quand il y a eu des chocs extérieurs, des réallocations de la dépense publique et c'est bien normal. On va parler du numérique notamment des cyberattaques, Julien. Oui parce qu'on ne les compte plus ces cyberattaques sur les services publics.
Dernière en date, c'est celle sur l'Agence nationale des titres sécurisés, la NTS touchée par une fuite massive de données, 12 millions de comptes touchés. Ce dernier méfait a conduit à l'interpellation d'un adolescent de 15 ans qui, selon les enquêteurs, n'avait pas de compétences techniques particulièrement sophistiquées. C – Sérieusement, monsieur le ministre, l'État est-il totalement incompétent en matière de cybersécurité ? – Les cyberattaques se multiplient pas seulement en France, en Europe.
Et elles ne concernent pas seulement l'État. – Mais 15 – Elles touchent aussi des entreprises privées. Elles sont le fait, vous l'avez dit, de mineurs.
Et on sait par ailleurs qu'avec l'intelligence artificielle, les risques ne vont cesser de croître. Puisque ça va précisément donner à davantage de personnes les moyens de pouvoir conduire des attaques sophistiquées. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre s'est rendu d'ailleurs la semaine dernière à la NTS et a annoncé une réorganisation complète du numérique de l pour pouvoir nous mettre au niveau.
Le terme est important, se mettre au niveau. C'est-à-dire que visiblement, d'après ce qu'on croit comprendre de ces attaques, c'est que les ministères fonctionnent en silos, n'ont pas une cybersécurité qui soit au niveau. Bref, on est en train de rattraper le retard et ça va prendre encore des mois.
On arrive après la bataille. Ah ben non, on est devant Devant nous, on a devant nous une très grande bataille puisque précisément il faut pouvoir à la fois corriger les faiblesses actuelles mais aussi éviter les vulnérabilités au futur. Il y a effectivement ce qu'on appelle la dette technique des ministères, c'est-à-dire des logiciels anciens, et vous avez raison, qui souffrent de la fragmentation entre les ministères, entre les opérateurs.
Il faut pouvoir mettre au niveau, et c'est le but de ce que le Premier ministre a annoncé avec la création d'une autorité nationale pour l'intelligence artificielle et le numérique de l'État, qui aura la charge de mutualiser, de coordonner, de se mettre au niveau, mais aussi de pouvoir anticiper les menaces futures. J'évoquais la question de l'intelligence artificielle. Il ne faut pas seulement sortir des dépendances et des vulnérabilités anciennes il nous faut aussi éviter de tomber dans des dépendances et les vulnérabilités futurs parlait de l'il ya on sait très bien que ce qui est devant nous c'est l'explosion de ce qu on appelle l'IA clandestine c'est à dire que vous allez avoir beaucoup de personnes dans les entreprises d'ailleurs privées, dans les médias sans doute ici aussi, dans les administrations qui vont avoir recours à des outils d'IA qui ne sont pas souverains et qui ne sont pas souverains et qui ne sont pas sécurisés. 4GPT pour donner un exemple, j'ai moi-même pu conduire une enquête auprès de 2000 agents publics qui utilisent l'IA on s'aperçoit que plus de 50 % d'entre eux ont recours à des outils d'intelligence artificielle hors de tout cadre.
Et c'est la raison pour laquelle je travaille à un plan massif pour développer une IA d 'intelligence, une IA d'intérêt général. Quel est le but ? C'est de donner à tous les agents publics des accès à des outils performants, comparables à ce qu'ils trouvent dans leur vie personnelle, sécurisés et souverains.
C'est le cas pour l'agent conversationnel. L'équivalent en gros de Tchad GPT. On a lancé une expérimentation auprès de 10 000 agents publics avec ministre Alaï.
On va pouvoir généraliser ça pour l'ensemble des agents publics. C'est le cas, par exemple, pour des outils d'enregistrement et de transcription. En gros, permettre à des agents publics d'avoir accès à des outils qui permettent de retranscrire directement, ce qui est dit à l'oral pour éviter d'avoir à taper, à écrire à la main, faire gagner beaucoup de temps de manière souveraine.
Là aussi, dans les prochaines semaines, on ouvrira un outil sécurisé et souverain à 1 million d'agents publics. C'est le cas pour la visioconférence. Là aussi, nous sommes en train de déployer un outil souverain pour l'ensemble des agents qui en ont besoin pour sortir de nos dépendances à Teams, à Zoom.
Ce sera le cas aussi en matière de traduction et donc tout cet effort qui est fait pour reconquérir notre souveraineté numérique. Elle est en marche et l'État doit évidemment être à la première ligne. Vous dites, en effet, on va réinternaliser pour éviter les fuites de données, mais chaque ministère s'élu devra consacrer 5 % de son budget dédié au numérique et à la sécurité. 'imagine que ce que vous dites est compris dans ces 5%.
Sauf que la ministre du numérique, elle dit elle-même que le seul minimal pour assurer une cybersécurité efficace, ce serait 10 % du ministère. Ça va au-delà de la stricte cybersécurité. Parce qu'il y a la question des attaques, celle dont on parlait.
Mais il y a aussi la question des fuites de données. Il y a la question de la pression qui peut être mise demain sur la France par des acteurs extérieurs. C'est la raison pour laquelle il faut se sevrer de nos dépendances à des outils extra-européens.
Évidemment, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais cette reconquête de notre souveraineté numérique, elle est en marche. Et j'en ai donné là des exemples très concrets.
C'est une très grande accélération. C'est des investissements importants, mais ils sont indispensables. On voit bien le contexte géopolitique dans lequel on est. – Et l'intelligence artificielle qui va également s'inviter dans la politique, notamment dans la campagne présidentielle, c'est un atout ou c'est un risque ? – Les deux.
Évidemment que c'est un risque. Évidemment qu'on risque d'avoir la prolifération de fake news, peut être qu'on nous verra, nous trois sur le plateau, dire absolument n'importe quoi pendant la campagne présidentielle parce qu'une intelligence artificielle aura permis de le générer. Et donc il faut qu'on puisse se préparer à cela.
L'intelligence artificielle… – Par exemple, dans l'actualité hier, Giorgia Meloni, la dirigeante italienne qui a été victime de fausses photos. Elle les a partagées sur les réseaux. Est-ce qu'il y a un risque aussi que l'intelligence artificielle ne fausse cette campagne, ne fausse le scrutin ? – Oui, bien Bien sûr, c'est un risque démocratique important.
C'est la raison pour laquelle il faut qu'on ait un trial. Le président de la République l'a également lancé. Le rôle des médias va être absolument essentiel dans cette campagne pour précisément pouvoir voire aussi détecter les fausses informations, informer nos compatriotes.
Il faut qu'on soit extrêmement vigilants. Si on prend un pas de recul, l'intelligence artificielle est ce qu'on en fait. Il peut y avoir des usages délétères, il peut y avoir des usages extraordinaires.
L'intelligence artificielle elle peut nous aider à faire des progrès médicaux incroyables, elle peut nous aider, je parlais de la fonction publique, à gagner beaucoup de temps et à permettre aux agents publics, aux fonctionnaires de se débarrasser de tâches chronophages de tâches abrutissantes pour se concentrer sur leur coeur de métier pour la relation humaine mais elle peut aussi on le voit bien avoir des effets catastrophiques et puisque vous parlez de la campagne présidentielle au delà du déroulement simple de la campagne j J'espère que les candidats à l'élection présidentielle porteront des grands projets en matière d'intelligence artificielle. – C'est prévu par exemple à Renaissance, vous travaillez là-dessus ? – Renaissance s'en empare parce qu'on voit bien que le risque qui est devant nous, c'est d'avoir un temps de retard.
Que la classe politique soit complètement à côté de la plaque face à la question de l'intelligence artificielle. Et on sait bien qu'en la matière, perdre six mois, c'est risquer de perdre la bataille. Ce seront quoi vos propositions politiques à Renaissance ?
Là, je laisserai le parti au Renaissance le soin de faire ses propositions. Moi, je dis ce qu'en tant que ministre aujourd'hui, je fais au sein de l'État, au sein de Bercy qui devra être fer de lance en matière d'intelligence artificielle et au sein de la fonction publique. Alors, on va parler de votre parti Renaissance.
Elisabeth Borne a annoncé hier qu'elle allait quitter la direction de Renaissance. Elle se dit en désaccord avec la ligne actuelle. C'est un coup dur pour vous ?
D'abord, on aura plusieurs étapes. On va parler de la campagne présidentielle. Il ne faut pas négliger ce qui va se passer dans l'année qui vient.
On va avoir une étape très importante qui est d'adopter un budget pour l'année 2027. Ce sera une étape clé. Et on voit bien la tentation dans l'ensemble de la classe politique de sauter les étapes, d'aller directement vers la campagne présidentielle.
Et c'est un grand risque. C'est un grand risque. Et je le dis comme ministre de l'Action et des Comptes Publics pour notre pays.
Elle dit juste qu'il y a un problème de ligne, qui n'a pas de débat en interne. En gros, elle n'est pas d'accord avec Gabriel Attal. J'ai entendu les nuances d'Elisabeth Borne.
Vous savez, au fond, je trouve que cette campagne présidentielle, c'est une horloge qui est montée à l envers. On a aujourd'hui des débats qu'on devrait plutôt avoir en fin de campagne. Question des ralliements, la question du vote utile, qu'on entend également beaucoup, la question des accords de partis.
Et on n'a pas les débats qu'on devrait avoir en début de campagne. Quels projets ? Quelles idées ?
On évoquait quelques thèmes. Quels projets mobilisateurs doivent porter les forces modérées ? Parce que ceux qui qui pensent qu'il suffira de faire appel dans la course finale à un vote barrage contre le Rassemblement national, contre la France insoumise, se mettre le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
Le risque est majeur de voir aujourd'hui les trains passer, de laisser le Rassemblement Mais Gabriel Attal, il n'est pas en train de faire ce que vous dénoncez ? Il sort un livre, il est partout, il multiplie les séances de dédicaces, il est dans un tour de France. Lui aussi, il fait quand même campagne sur sa personne.
Non mais j'ai entendu Gabriel Attal faire aussi un certain nombre de propositions et je pense que c'est ce dont on a besoin dans le moment. Elisabeth Borne, je n'en doute pas, en fera également. On a besoin aujourd'hui de mettre des idées mais parce que je vous le dis.
Est-ce qu'aujourd'hui Gabriel Attal est en train d'écarter ses opposants internes et de mettre le parti Moi j'ai confiance dans le fait que tout le monde se rassemblera à la fin. Et je vous le dis, nous sommes dans un moment où ce qui compte c'est de mettre des idées sur la table. Parce que si nous laissons le monopole de la bataille culturelle et de la bataille idéologique au Rassemblement national et à la France insoumise, parce qu'on est simplement englués dans nos querelles internes, alors je crains que l'hiver 2027 il ne soit trop tard.
Vous avez un conseil national qui est le 12 mai qui devra choisir le mode de désignation concrètement vous, vous choisirez quoi ? Nous aurons un conseil national qui se tiendra effectivement à ce moment-là. Est-ce que je sache, il n'y a pas de personne qui ait souhaité une élection interne à Renaissance pour l'élection présidentielle En tout cas, c'est ce que j'ai vu.
Mais vous voyez, je reviens quand même un peu sur le début de notre conversation. On a un moment important pour le budget. Moi, je suis ministre des élections et des comptes publics.
C'est ça qui m'obsède. En ce moment, je suis en train de travailler aussi à la préparation du budget 2027, et je suis inquiet à nouveau de la tentation un peu de l'ensemble, la classe politique de faire l'autruche sur cet enjeu central. – Est-ce qu'il faut que Gabriel Attal soit votre candidat ? – Gabriel Attal aura l'occasion de s'exprimer en temps et en heure, mais vous voyez...
On n'a pas l'impression que c'est l'envie qui manque chez lui. Est-ce que vous dites qu'il faut que ce soit Gabriel Attal qui soit candidat ? Là où je suis inquiet, je vous le dis, je suis sur votre plateau, je ne sais pas combien de temps, je suis ministre du Budget, nous sommes face à une guerre qui a des conséquences économiques majeures.
Nous sommes dans la préparation du budget de 2027, j'aurais voulu pouvoir en dire un mot sur cette préparation du budget. Juste une dernière question. Juste une dernière question monsieur Amiel, mais vous parlez du...
Vous vous préparez à une bataille infernale comme l'année dernière et certains parlent déjà de lois spéciales pour aborder ce budget. Vous vous dites quoi ? C'est une crainte qu'on se retrouve dans le même marasme que l'année dernière ?
Vous savez, quand les temps sont troublés, il faut faire preuve d'encore plus de transparence. Et oui, il y a une tentation, on le voit bien avec l'élection présidentielle, de faire l'autruche, de dire au fond la France peut se passer de budget pendant de longs mois. Je vous le dis, je pense que ce serait une grave mise en danger du pays.
Mais pour que tout soit connu, pour que tout soit transparent, pour que personne nous accuse d'une quelconque manipulation ou d'une...
Bon, nous avons décidé avec le Premier ministre de saisir l'inspection générale des finances qui mettra sur la table l'ensemble des données disponibles concernant l'impact qu'aurait une loi spéciale, c'est-à-dire l'absence de budget pendant de très longs mois. Et cela sera mis sur la table dès le mois de juin pour éclairer le gouvernement, pour éclairer la représentation nationale et pour éclairer la société. – Et merci beaucoup, merci David Daniel d'avoir été notre invité.
Julien vous restez avec nous mais d'abord on regarde ce qu'elle a une de nos région.
David Amiel