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interviewLe Média — Podcasts· 1 décembre 2025 21 min

Glucksmann s’enfonce, Hollande s’imagine en sauveur de la gauche pour 2027

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média, votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils. Grâce à son carnet d'adresses sans égale, Nils nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses de la politique française et avons-le, on adore ça. Alors au sommaire, cette semaine, Macron en plein drama, comment le président met la pression sur le soldat Lecornu. On le rappelle, il est menacé par l'impossible vote du budget. Et puis on parlera également des sondages, c'est la grande foulie en ce moment.

Alors comment expliquer le recours à ces instituts à 18 mois de la présidentielle et à moins de 4 mois des municipales ? Nils a enquêté là-dessus. Et puis on parlera également d'un grand retour, celui de François Hollande. Il essaye de revenir, on va le dire un peu comme les jeunes, dans le game pour 2027. Allez, c'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Nils.

1:19
Invité

Salut Amira, salut à toutes et à tous.

1:22
Présentateur

Alors on vient de le dire, c'est un peu le bazar au Parlement parce qu'on n'a toujours pas de budget.

1:28
Invité

Ah ben non, toujours pas, sans surprise, les sénateurs et les députés, ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ce qu'on appelle le PLFSS, centre initié. C'est vrai qu'en ce moment, on tend souvent cet acronyme. Et donc les parlementaires devaient tenter de trouver un compromis en commission mixte paritaire, ce qu'on appelle la CMP, qui s'est réunie mercredi. Alors autant te dire que trouver un accord dans une instance où siège le député RL Jean-Philippe Tanguy, l'écolos Sandrine Rousseau, qu'on ne présente plus, le sénateur LR Alain Millon ou encore l'insoumis Adrien Clouet, bon, c'était un peu mission impossible.

Et effectivement, il n'y a pas eu de miracle. Et puis d'ailleurs, l'élu LFI Adrien Clouet a ironisé en sortant du conclave. Écoutez-le, c'était sur LCP.

2:13
Présentateur

Sans grande surprise, il y a un écart tout à fait terrible. Moi, je suis évidemment reconnaissant aux sénateurs et sénatrices parce que je ne pensais pas qu'on pouvait faire pire que le texte du gouvernement. Donc ils m'ont permis de repousser les limites de l'imagination humaine. En l'espèce, les sénateurs, vous l'avez vu, sont revenus avec un texte qui gèle les pensions de retraite, qui gèle les barèmes de la CSG pour faire récupérer 300 millions d'euros sur le dos des contribuables, qui gèle les prestations sociales.

2:37
Invité

Voilà. Alors les députés, effectivement, qui n'ont examiné que les recettes et une partie des dépenses avaient abouti à un texte, disons, disparate, pour rester poli. Les sénateurs, eux, ont rétabli la copie originale du gouvernement en la durcissant. Évidemment, le Sénat est à majorité à droite, notamment en rétablissant la réforme des retraites de bornes, suspendue par les députés en première lecture, ce qui était la condition quand même, effectivement, du Parti Socialiste pour ne pas censurer le cornu.

3:04
Présentateur

Alors, Nils, il n'y a pas que ça comme mesure, malheureusement.

3:07
Invité

Oui, ils ont aussi, les sénateurs de droite et du centre, ont aussi rétabli le gel du barème de la CSG, le gel des pensions de retraite et des minimas sociaux pour 2026. C'est sympa. Tant pis pour les précaires et les plus pauvres. Alors, il y a quand même une mesure qui est venue s'ajouter au petit musée des horreurs de la droite. LR a fait adopter un amendement qui prévoit de faire passer la durée annuelle du travail de 1507 à 1619 heures par an. Je le disais, donc, ça fait environ 12 heures par an. Une hausse d'une heure par mois, soit environ 15 minutes par semaine. Et on a vu le sénateur UDI Olivier Henault défendre sa mesure en séance au Sénat. Écoutez-le.

3:44
Locuteur non identifié

Pour nous, c'est une mesure de justice sociale. Et je vais m'en expliquer. Parce que quand le temps de travail diminue, le pays s'appauvrit. Et quand le pays s'appauvrit, ce sont les plus modestes et les plus fragiles qui trinquent. Et en revanche, quand le pays travaille plus, et ça a été le cas par exemple en 1958, le pays s'enrichit. Et ce sont les plus modestes et les plus fragiles qui en bénéficient.

4:10
Invité

Voilà, donc c'est bien connu. Les Français ne travaillent pas assez. C'est la vieille rengaine de la droite. D'ailleurs, ce n'est pas comme si la France était de la lanterne rouge en Europe en matière de pénibilité au travail, avec des inégalités de salaire, des perspectives d'évolution peu favorables. On travaille plus en France avec 39 heures en moyenne hebdomadaire qu'en Italie, aux Pays-Bas ou au Danemark, selon une étude de la DARES réalisée en 2018. Bref, le texte revient donc à l'Assemblée pour une nouvelle lecture, ce 2 décembre, en séance publique. Ce sera mardi. Et le gouvernement, là-dedans, tu vas me demander ? Eh bien, c'est un peu la méthode Coué, comme on dit.

Le Cornu espère encore qu'un compromis pourra être retrouvé. Le Premier ministre doit notamment rencontrer le PS lundi à Matignon. Mais les négociations en coulisses ont débuté dès cette semaine.

4:53
Présentateur

Et Macron, là ? C'est quoi son rôle dans tout ça ?

4:56
Invité

On connaît maintenant notre président. C'est toujours la même chose. Évidemment, Macron met un coup de pression sur son chef de gouvernement et, évidemment, sur les partis politiques. Il faut avancer en étant capable de trouver des accords. C'est cet apprentissage parlementaire qui est en train de se faire, nous explique le président, qui est lui-même, évidemment, un grand démocrate et un grand pédagogue. Bon, en tout cas, effectivement, Sébastien Le Cornu a bien compris le message puisqu'effectivement, il va essayer de négocier avec les partis, notamment le PS. Alors, au menu, il y a plusieurs points de discussion. Il y a les franchises médicales, la hausse de la CSG, gelée par le Sénat.

Et puis, les députés, eux, ils sont beaucoup plus prudents que le gouvernement. Certes, la partie recette du budget de la sécu a été adoptée le 8 novembre avec le PS, les macronistes et le Modem, mais surtout avec l'abstention bienveillante d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe, de la droite et d'une partie des écolos et des communistes, à ceci près que les députés avaient surtout voté cette partie du texte pour pouvoir débattre de la suspension des réformes des retraites. Et c'est un vote qui n'a jamais eu lieu, faute de temps. Alors, à noter que le 2 décembre, le jour où, effectivement, le texte de loi va être discuté à l'Assemblée, une journée de mobilisation intersyndicale.

FSU-CGT solidaire est prévue pour tenter de peser sur ce vote du budget à l'Assemblée avec, comme mot d'ordre, de l'argent. Il y en a dans les poches des ultra-riches et du patronat. Voilà. On a quelques jours encore, Amira, pour la prendre par cœur.

6:31
Présentateur

Et d'ailleurs, cette journée du 2 décembre, on va la suivre en direct sur Le Média. Alors, on va passer à un tout autre sujet maintenant, Nice. Alors, c'est quelque chose qui n'est pas vraiment une surprise. À quelques mois des élections municipales et présidentielles, nos politiques sont accros à quelque chose. Je te le donne dans le mille au sondage.

6:50
Invité

Oui, les sondages. Alors, la présidentielle, c'est quand même dans 18 mois. Bon, municipale, un peu plus proche, 4 mois. Mais la présidentielle, c'est encore très loin. Et effectivement, vous n'avez pas pu y échapper, à moins de ne pas posséder d'écran chez vous. Mais dans ce cas, vous ne pourriez pas nous regarder, malheureusement. Les sondages sont partout avant les municipales, dans moins de 4 mois, et donc à 18 mois avant la présidentielle. Alors, deux ans quand même pour la seconde échéance. C'est long, mais ça n'empêche pas certains instituts et médias de faire n'importe quoi. On a vu notamment cette semaine la chaîne Public Sénat publier une étude de Odoxa et Mascaré.

Donc, c'est l'institut de sondage, affirmant que Bardella remporterait la présidentielle 2027, quel que soit son adversaire. Dis donc, qu'il s'appelle Édouard Philippe, qui n'offrait que 47%, Attal 44%, Glucksmann 42% ou Mélenchon 26%. À un an et demi de la présidentielle, la question du candidat officiel du RN reste ouverte, mais l'opinie publique semble avoir tranché. C'est ce qu'écrit la chaîne, dis donc, sur son site, décidément très sûre d'elle. Franchement, Amira, on se demande pourquoi on organise encore des élections.

Ah, mais attendez, heureusement, le président de l'institut de sondage responsable rappelle qu'une intention de vote, à un an et demi d'une échéance présidentielle, n'a aucune valeur prédictive, dis donc. Elle ne reflète que la situation actuelle, comme si le scrutin se tenait immédiatement. Donc, rien ne garantit, selon lui, que la clémence de l'opinion envers Bardella perdurera, ni qu'un faux pas médiatique ne viendra bouleverser, effectivement, cette ascension. C'est ce que nuance la chaîne un peu plus loin. Ouf, nous voilà rassurés. Reste le gros titre. Donc, Jordan Bardella, président en 2027. De quoi permettre au RN de pavoiser.

8:26
Présentateur

Alors, pourquoi, en fait, nos politiciens sont accros au sondage, alors ?

8:31
Invité

En fait, c'est toujours la même chose. Il faut suivre l'argent. C'est une question de gros sous. De bons résultats, en fait, sondagés permettent d'obtenir plus facilement des prêts bancaires. À l'été 2016, c'était Alain Juppé qui était le grand vaqueur dans les sondages. Évidemment, ça remonte un peu loin, mais il faut s'en rappeler. Et effectivement, moi, j'ai parlé avec un ancien de sa campagne qui m'explique que c'était pour un peu ambiancer les candidatures. Et ça permet de les rendre plus attrayantes pour les banques. On se souvient aussi que plus tard, c'est Pécresse qui s'est retrouvée propulsée au second tour largement devant Macron, 52% quand même.

À l'époque, il y avait quand même une petite surprise de la part de certains journalistes qui notaient qu'elle n'avait pas forcément le vent en poupe, en tout cas, dans les médias. Et donc, on se souvient effectivement de notamment BFM qui en avait fait son miel. Valérie Pécresse, favorite de la prochaine élection présidentielle. Le sondage Elab pour BFM TV et L'Express l'accrédite de 52% au second tour contre Emmanuel Macron, 48%. C'est la première fois depuis 2017 qu'un candidat, en l'occurrence une candidate, devance le chef de l'État, pas encore déclaré dans la course à la présidentielle. Et puis, il y avait eu ce discours mémorable le 13 février 2022.

Quelques secondes de ce clip mémorable en chanson. Et puis, on se souvient comment la percée fulgurante de la candidate Pécresse avait terminé.

10:10
François Hollande

Ce soir, le réflexe du vote utile a joué à plein et le peuple de France a voté. Et son verdict s'impose à nous. Ce résultat est évidemment une déception personnelle et collective. J'assume en responsabilité toute ma part dans cette défaite.

10:30
Invité

Et surtout, comment elle s'était retrouvée amandie pour rembourser ses frais de campagne.

10:35
François Hollande

Les Républicains ne peuvent pas faire face à ces dépenses. Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros. C'est pour cela que je lance ce matin un appel national aux dons, à tous ceux qui m'ont apporté leur suffrage, mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile.

10:56
Présentateur

Oui, on se souvient très bien de cette séquence. Bref, en tout cas, tu le disais, c'est le naufrage.

11:03
Invité

Oui, voilà. Et puis, une campagne, en fait, ça coûte cher. Même aux municipales, louer un local, salarié des postes, faire imprimer des tracts et des affiches, tout ça, évidemment, c'est un coût. Et puis, il y a des écueils à éviter, notamment les dépenses qui ont vocation à convaincre les électeurs. Elles doivent rentrer dans des comptes de campagne. C'est la loi qui pose l'interdiction absolue de financer sa campagne par des personnes morales, publiques ou privées pour préserver l'indépendance du candidat.

Ce n'est pas comme aux États-Unis, par exemple, où effectivement, les candidats reçoivent, que ce soit Trump ou le candidat démocrate, en l'occurrence, mais ils reçoivent des millions de dollars de lobbies, d'associations, etc., ou même de personnes, de grands patrons, etc. En France, effectivement, on ne peut plus. Depuis les excès de la droite, notamment, et de la gauche, dans les années 90, il y a eu la loi, effectivement, il y a eu une loi qui a fini par encadrer, effectivement, le financement des campagnes présidentielles. Alors, certes, l'État en prend une partie en charge. Le montant maximal de ce remboursement est égal à 47,5 % du plafond des dépenses de campagne.

Voilà, ça, c'est pour le côté administratif. Sauf qu'il faut faire au moins 5 % des voix pour y prétendre. Et puis, évidemment, il faut convaincre les banques de s'engager. Alors, j'ai posé la question à un candidat au municipal qui me dit, quand on signe les documents de prêt, il y en a à peu près une quinzaine, on se rend compte qu'on entraîne avec son famille, ses proches, et c'est sûr que c'est un poids en plus. Alors, il y a des candidats qui contractent des prêts personnels, d'autres qui s'entourent de garants pour répartir les risques, qui demandent une participation financière à leur colistier.

Et enfin, il y en a d'autres, ça, c'est le plus pratique, évidemment, qui sont pris en charge par leur fédération. C'est souvent le cas, par exemple, au PS. Mais le candidat doit ensuite, évidemment, reverser une part de ses indemnités au parti s'il est élu. Les bons comptes font les bons amis. Bref, dans ce contexte, les sondages peuvent filer un sacré coup de main au candidat, une dynamique sondagère. Ça permet, effectivement, d'être un peu plus sûr de soi en allant chez son banquier. Et c'est ce qui explique, forcément, cette addiction bien française aux études d'opinion.

Alors, un ancien conseiller politique à droite que j'ai consulté me dit, ce ne sont pas des sondages qui révèlent la nature du vote des Français ou des sondés, mais bien plus la nature des sondeurs et de l'établissement. Voilà, message reçu.

13:12
Présentateur

Et parfois, ça dérape. Nin, d'ailleurs, tu as un exemple en tête.

13:16
Invité

Oui, oui, oui. La commission des sondages, alors, c'est effectivement une autorité publique qui contrôle l'égalité, effectivement, de toutes ces études. Elle a tapé du point sur la table plusieurs fois. Exemple, à la mi-octobre, avec un sondage réalisé par le courrier Picard pour les municipales à Amiens. Eh bien, le sondage n'a pas été validé, dit donc. La commission des sondages a effectivement tapé sur les doigts à la fois du candidat LR qu'il avait commandité et du pseudo-institut de sondage, puisqu'en fait, le sondage n'en était pas un. Il n'y avait pas une représentation suffisante de la population amiennoise, selon l'autorité publique.

Et la boîte de sondage en question était en fait une boîte de services pour les PME, selon le canard enchaîné. Voilà. Et puis, il y a eu la même tendance, finalement, avec Éric Zemmour, qui a grimpé un moment dans les sondages avant qu'effectivement Emmanuel Macron ne rattrape la route. Donc, on voit bien en fait aussi que ces sondages, c'est un moyen aussi de fabriquer artificiellement un peu parfois des candidats. Et donc, effectivement, il y a une sérieuse question à la fois déontologique, éthique et politique qui se posent face à la multiplication de ces études.

14:25
Présentateur

Oui, bien évidemment. Il faut être prudent avec tous ces sondages qui pullulent un peu partout. Alors, il y en a un manifestement qui se réveille être contre les sondages, en tout cas sceptiques. Et c'est bien évidemment l'ancien président François Hollande.

14:40
Invité

Oui, dis donc. L'ex-président a fait part de son scepticisme sur BFN cette semaine. Écoutons-le. Voilà, notamment sur le sondage Bardella.

14:47
Locuteur non identifié

J'ai été candidat avant d'être président de la République. Les annonces un an et demi avant du candidat victorieux, généralement, ne se vérifient pas. Ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas un mouvement. Ça ne veut pas dire que ses intentions de vote n'aient pas de signification. Je veux dire, rien n'est écrit. Rien n'est écrit, ça veut dire que tout dépendra de la qualité, de l'offre, de la personnalité qui sera, pour ce qui concerne le centre droit ou la gauche, capable de convaincre les Français.

15:17
Invité

Voilà, une intervention qui n'est pas anodine. On voit Hollande occuper le terrain depuis quelques semaines à nouveau, comme l'an dernier. On se demande si celui qui est redevenu simple député n'aurait pas très envie, lui aussi, de présidentielle. Et il l'a carrément admis de façon plus claire sur TF1 face à Darius Rochebin. Écoutez-le. Non, ce n'est pas vrai.

15:35
Locuteur non identifié

Elles sont là. C'est elles qui vont à un moment faire que votre volonté puisse devenir un acte. La chance peut revenir ? La chance, il faut la saisir quand elle passe. Vous y êtes prêts ? Si elle est là. Mais elle ne peut pas être là. Et la vie n'est pas qu'une affaire de chance. La vie est aussi une affaire de conviction. Moi, je ne suis pas dans une démarche personnelle.

15:57
Invité

Voilà, les interventions de Hollande, ce n'est pas un hasard. Elles se multiplient pile au moment où la campagne de Glucksmann, l'un des espoirs de son camp social-démocrate à gauche, connaît un sérieux trou d'air. Le patron de Place Publique s'est en effet craché face à Éric Zemmour lors d'un débat sur LCI extrait. Arrêtez de ces gens que j'ai cités. Vous n'en avez rien à faire. Je ne vous autorise pas à dire ça. Mais ça se voit. Je ne vous autorise pas. Laissez-le répondre. Je ne vous autorise pas à dire ça. Vous ne m'autorisez rien du tout. Laissez-le répondre. Laissez-le répondre. Vous ne donnez pas le bon exemple. Arrêtez, arrêtez, arrêtez. Arrêtez, arrêtez, arrêtez.

Voilà, de quoi provoquer de sérieux doutes sur sa candidature à gauche. On voit effectivement cet article du Parisien s'afficher à l'écran. Et donc, c'est un crash qui sert François Hollande, qui s'amuse de la déconfiture de son poulain Sock-Dem avec l'habitude des grands éléphants de la politique. J'ai consulté un éminent spécialiste qui me dit que Hollande est partout dans les médias, sur le terrain, à l'Assemblée. Et les gens, y compris les élus, l'appellent plus souvent M. le Président que les députés. Effectivement, ça plie le game en quelque sorte. Voilà, ça plie le jeu. C'est vrai qu'il est nimbé quand même de cette aura présidentielle.

Il a beau avoir quitté l'Élysée et déconsidéré à gauche, impopulaire partout ailleurs dans le pays, avec le pire score de confiance dans la Ve République. Alors, on va voir si Emmanuel Macron va finir par le rattraper ou si l'élève va dépasser le maître. Mais en tout cas, pour le moment, c'est toujours François Hollande. Eh bien, il reste le premier président officiellement élu de gauche depuis Mitterrand. Et pourtant, quel parcours ? On se souvient, parmi, entre autres, trahisons, on se souvient que l'ancien président a soutenu une candidate anti-Nucrèce en Corrèze lors de la législative en 2022, donc contre l'avis des instances nationales du PS.

Et puis, on a vu Hollande revenir à l'Assemblée par la petite porte à la faveur de la dissolution, une grande idée présidentielle. Et donc, ce qui lui a permis, évidemment, de retrouver une plateforme, une assise politique et institutionnelle. Alors, une source parlementaire à gauche me dit à l'Assemblée, il faut voir débarquer François Hollande avec son staff, ses gardes du corps, lui, ancien président, donc escorte. Forcément, ça crée une sorte de hauteur par rapport aux députés lambda. Il en joue, c'est clair. Exemple, il y a trois jours, François Hollande a remis sur la table l'utilisation du 49-3 qu'il a utilisé lui-même six fois lors de son quinquennat.

Et voilà, c'est la preuve, effectivement, qu'il n'hésite pas à intervenir sur les grands enjeux politiques dans la vie de son parti. Alors, évidemment, la France Insoumise en a fait son miel. Écoutez les critiques de Clémence Guettet sur RTL.

18:30
Locuteur non identifié

Ils nous ont dit pendant des mois que la condition de leur participation à tous ces compromis, ces négociations secrètes, ce n'était pas de 49-3. Et puis finalement, M. Hollande arrive pour faire le service après-vente et supplier d'avoir un 49-3. Le 49-3, c'est la brutalité parlementaire. Les parlementaires ne peuvent jamais s'abaisser à demander un 49-3. Ce qu'il faut, c'est pouvoir voter. Aujourd'hui, ce qu'on constate, c'est que l'Assemblée nationale est dans une impasse parce que la Macronie ne prend pas acte du fait qu'il n'y a pas de majorité dans cette Assemblée pour mener la même politique extrêmement favorable aux plus riches et défavorable aux Français.

19:08
Invité

Voilà, et alors au PS, les positions de François Hollande, notamment sur le 49-3, mais pas que, créent un certain embarras. D'autant que la survie du groupe socialiste dépend du maintien du gouvernement Le Cornu et donc d'un vote sur le budget, même si la menace d'une dissolution, en tout cas pour le moment, semble s'éloigner. Mais enfin, on n'est pas à l'abri d'une censure ou d'une gigantesque surprise. Bref, les élus sont sous pression et Hollande en joue à la perfection. De son côté, pas dégoûté par son premier échec, eh bien, Glucksmann, lui, va tenter une nouvelle émission politique dimanche sur BFM à gauche 2027 et décidément déjà dans toutes les têtes.

19:43
Présentateur

L'intervention sur la télé de Raphaël Glucksmann, on va bien évidemment suivre ça de très près et pourquoi pas en parler avec toi Nils vendredi prochain.

19:53
Invité

On verra si effectivement il y a un nouveau crash ou si c'est une réussite. Oui,

19:57
Présentateur

il y aura de quoi dire je pense. En tout cas, Nils, merci beaucoup pour ce petit décryptage et toutes ces petites indiscrétions.

20:05
Invité

Merci à toi Amira et puis merci à toutes et à tous à toute l'équipe du Média et évidemment, on se retrouve la semaine prochaine.

20:11
Présentateur

J'ai déjà hâte. À vendredi prochain Nils.

20:13
Invité

À vendredi prochain, salut.

20:15
Présentateur

Et vous l'aurez compris, c'est déjà la fin des indiscrets mais on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode avec Nils, bien sûr, en attendant excellente suite des programmes sur le Média.