Roland Lescure dessine sur RTL l'utilisation du 49.3 ou des ordonnances pour faire adopter le budget 2027
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25FerméeRéponse partielle
Ces manquements vont coûter combien aux contribuables ?
- 2:12OuverteRéponse partielle
Quel montant pour le fonds de soutien aux commerces ?
- 2:19FerméeRéponse directe
Quel ordre de grandeur pour le fonds de soutien ?
- 3:08FerméeRéponse directe
Le chômage partiel sera-t-il pris en charge à 100% ?
- 3:13FerméeRéponse directe
Le chômage partiel avait coûté 40M€ lors des Gilets jaunes, quel coût ici ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Quelle réponse au patron d'AXA sur la répétition des émeutes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueChiffre
« on verra, on est en train de faire les estimations. »
- 2:55Invité politiquePromesse
« Dès vendredi, jusqu'à 50 000 euros, 0% d'intérêt garanti par l'État. Pendant trois ans »
- 3:13PrésentateurChiffre
« le chômage partiel, au moment des Gilets jaunes, ça avait coûté 40 millions à l'État. »
- 8:21Invité politiqueChiffre
« le prix de l'essence à la pompe devrait baisser de 12 à 18 centimes. »
- 8:34Invité politiqueChiffre
« 300 000 tonnes par mois entre les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et l'Arabie Saoudite. »
- 8:55Invité politiquePromesse
« le 27 octobre, on va ouvrir le guichet pour ceux qui n'avaient pas demandé l'aide à la première. »
Temps de parole
- Roland Lescure70 %
- Présentateur24 %
- ?6 %
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Une nouvelle nuit sous couvre-feu dans les quartiers de plusieurs villes, nuit calme, avant de nouvelles tensions redoutées. Samedi, lors de l'acte 2 annoncé par des gilets jaunes, le gouvernement a promis des moyens supplémentaires pour assurer le maintien de l'ordre. En attendant, il faut penser les plaies du week-end passé, notamment auprès des commerçants. Bonjour Roland Lescure, ministre de l'économie. Merci d'être avec nous ce matin sur RTL. Vous avez annoncé plusieurs mesures hier, on va y revenir. Mais j'ai une première question aux garants des finances de l'État que vous êtes.
Le gouvernement l'a reconnu, il y a eu des failles, samedi notamment dans la gestion du maintien de l'ordre. Ces manquements vont coûter combien aux contribuables
? Écoutez,
on verra, on est en train de faire les estimations. Mais je voudrais commencer par dire, et vous l'avez dit, on a reçu les commerçants hier, que
évidemment
ce qui s'est passé ce week-end est extrêmement grave. La France a été attaquée de l'intérieur par deux mouvements extrêmement violents, des anarchistes et des voyous. Et évidemment, on fera toute la transparence sur les enjeux de sécurité et les dispositifs en face. Mais j'ai parfois l'impression qu'on assiste à une inversion des valeurs et qu'on oublie quand même le fait générateur de ça. Il y a eu des attaques extrêmement violentes de l'intérieur, peut-être même amplifiées par l'extérieur. Donc on va y répondre, y compris d'un point de vue économique. On va estimer les dégâts
qui
sont plutôt quand même de l'ordre des dizaines ou peut-être quelques centaines de millions que des milliards. Il faut surtout que ça ne se reproduise
pas. Donc à la
charge du contribuable au bout de la chaîne.
Les
assurances vont en porter une large partie quand même. Ça a été le cas malheureusement, je dirais, dans les événements passés. Non, aujourd'hui,
ce
que nous ont demandé les commerçants, les entreprises qu'on a rencontrées hier, c'est un, d'assurer la sécurité. C'est quand même ça. On a eu des commerçants qui ont été, et ils nous disaient, c'est la première fois, affectés dans leur intégrité physique. Ils ont eu peur. Ils ont eu peur pour eux. Pas seulement pour leur chiffre d'affaires et leur magasin. Il y a eu des destructions inacceptables. Il y a des enjeux aujourd'hui de restockage à l'aube d'une saison commerciale évidemment importante avec la saison des fêtes qui se profile. Donc on a annoncé des choses pour les aider à faire tout ça. Mais il faut avant tout évidemment rétablir l'ordre et le calme.
Et
là-dessus,
j
'appelle tout le monde à prendre ses responsabilités pour appeler au calme.
Je le disais, vous avez annoncé plusieurs mesures hier. Un prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 euros pour tous les commerces sinistrés, mais aussi un fonds de soutien spécifique. Quel montant ? On ne l'a pas encore.
Non, on est en train de l'affiner parce que...
Quel ordre de grandeur ? Vous avez bien une idée déjà.
Oui, l'idée c'est de compléter pour les petites entreprises le dispositif assuranciel.
Donc c'est quoi ? C'est moins de 50 salariés ces entreprises
? Moins de
50 salariés et on est en train de l'affiner avec les représentants des entreprises pour s'assurer qu
'on
ne se trompe pas. Je vous donne un exemple très concret.
On
avait dit, ce sera pour les entreprises qui sont infectées par une baisse de plus de 50% de leur chiffre d'affaires. Évidemment, il ne faut pas tenir compte des premiers chiffres d'octobre, d'octobre, puisque les émeutes ont eu lieu le 17. Donc on est en train d'affiner tous les paramètres. On a l'occasion, je pense, de les annoncer dans la journée ou deux mois plus tard. Mais effectivement, après, à taux zéro, ça, les paramètres sont très clairs. Dès vendredi, jusqu'à 50 000 euros, 0% d'intérêt garanti par l'État. Pendant trois ans, pour restocker et reconstruire, des allégements de charges, ou en tout cas, des décalages de trésorerie de charges et d'impôts.
Et le
chômage partiel pris en charge à 100%.
Exactement.
Vous avez une idée, du coup, de cette mesure ? On sait que le chômage partiel, au moment des Gilets jaunes, ça avait coûté 40 millions à l'État.
Oui, et on est, j'allais dire, heureusement, en tout cas, je l'espère, sur des durées moins longues. C'est sur un événement ponctuel, donc ça va durer quelques jours. Moi, j'ai visité hier une agence postale qui espère ouvrir aujourd'hui ou demain. Donc, on est, pour beaucoup d'entre eux, il y a des dégâts, évidemment, beaucoup plus importants dans certains commerces, sur des dégâts limités, mais il faut que ça s'arrête, évidemment.
Vous avez certainement vu le patron d'AXA prévenir, Roland Lescure, si ça se passe une fois, on peut aider à réparer. Si ça se répète, l'assurance n'est plus là pour protéger. Qu'est-ce que vous lui répondez au patron d'AXA ce matin ?
Je lui réponds deux choses. Évidemment,
on
va mettre en place un dispositif extrêmement ferme pour éviter que ça se reproduise, mais un assureur, ça honore ses contrats. Donc, évidemment, nous, notre rôle, c'est d'assurer la sécurité. Et vous le savez, le Premier ministre l'annonçait, on aura un dispositif massif dès ce week-end
pour
s'assurer que ça ne se reproduise plus.
Chacun
a son boulot.
L
'assureur, il assure et il honore ses contrats, évidemment.
Et
l'État garantit la sécurité,
ce
qu
'il n'a pas tout à fait
réussi à faire le week-end.
Non, mais vous le savez, on le reconnaît. Et il y
a
une commission d'inquiète annoncée à l'Assemblée nationale devant laquelle on fera toute la transparence. Mais voilà, on a fait de notre mieux. Et effectivement, il y a eu des défis, des défauts dans le maintien de l'ordre samedi. On apprend de ça. Et ce ne sera pas le cas samedi. On mettra tout en œuvre pour éviter, évidemment, que ça se reproduise.
Vous appelez tout le monde à la responsabilité, vous l'avez dit. Dans moins d'une demi-heure, c'est Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, qui sera à votre place dans ce studio avant d'aller à Matignon avec les autres syndicats. Quel message vous voulez lui faire passer ce matin
? D
'abord que toutes les revendications, j'allais dire, sont de bonne guerre, même si l'expression n
'est
pas très heureuse, dans ces moments où le pouvoir d'achat est affecté. Donc elle fait son travail de responsable syndical, je dirais, plutôt revendicatif. C'est dans l'ADN de la CGT, j'allais dire, c'est normal.
Et la CGT
doit continuer à le faire dans la rue, dans cette période si tendue
? Moi,
ce qui me frappe, si vous voulez, c'est qu'à six mois d'une élection importante,
on
soit obligé
de
faire porter des revendications dans la rue, là où je pense que l'essentiel doit se porter dans le débat démocratique. Évidemment, le droit de manifester
est
absolument inalienable. Évidemment aussi, il faut que les manifestations soient déclarées. Et l'avantage, au moins, des organisations syndicales, c'est qu
'ils
savent faire. Ils déclarent, ils ont un service d'ordre.
Et
en général, quand c'est eux qui manifestent, ça se passe bien.
Donc
vous leur demandez quoi aujourd'hui ? De ne pas accompagner les appels à la manifestation ?
Clément, par
exemple, des gilets jaunes, de
se concentrer
sur leur manifestation
déclarée le 5 novembre ? Il y a une
manifestation officielle le 5 novembre déclarée suivant les formes. Et moi,
je
suis persuadé qu'elle se passera bien parce qu'on a l'habitude de ce type de mouvements. Mais éviter de mettre l'huile sur le feu, c'est le cas de le dire, de mouvements erratiques dans lesquels des individus ultra-violents
sèment
le chaos. Personne n'y a à gagner.
J
'espère, je pense, vraiment personne dans le spectre politique n'a à gagner à ce que la France sombre dans le chaos. On est à l'aube d'un débat démocratique extrêmement important. Les 10 ans qui viennent, ils sont essentiels. Le monde nous regarde
aujourd
'hui. Moi, j'ai été aux assemblées annuelles du Fonds monétaire et de la Banque mondiale la semaine dernière.
Ils
veulent savoir ce qui se passe en France. Ils sont à la fois abasourdis par les images qu'ils voient,
mais
intéressés par le fait qu'on ait des vrais débats sur l'avenir. Il faut se concentrer là-dessus.
Le
monde nous regarde, vous venez de le dire, nous créanciers aussi. Ces scènes dans les rues de nombreuses villes de France qui ont fait le tour du monde, elles ont déjà des conséquences sur les marchés
?
Ça n'aide pas, en tout cas. Moi, je le disais, j'étais aux assemblées annuelles pour convaincre, et je pense avec un certain succès, les investisseurs, les ministres des Finances, le FMI, la Banque mondiale, bref, qu'on allait avoir un budget, qu'il allait être voté.
J'en suis persuadé
parce qu'on n'a pas le choix et qu'on a les instruments pour le faire adopter. Donc moi, je suis convaincu qu'on y arrivera. Mais évidemment...
Comment
? Parce que là, la majorité, elle semble difficile à dessiner quand même.
Et je dois vous reconnaître que les examens des articles à ce stade ont plutôt tendance à dégrader et à copier qu'à l'améliorer. On a des instruments constitutionnels, vous le savez, qui nous permettent de faire adopter un budget. C'est essentiel aujourd'hui. Avec
un
passage en force ?
Ce n
'est
pas un passage en force.
C
'est, j'allais dire, un passage par la raison. Si on veut rester à 5% de déficit, il
y
a deux manières de le faire. Soit les parlementaires, dans le cadre de l'examen budgétaire, sont capables de nous y amener. Soit on les y amènera.
Pas
de force, mais avec des instruments constitutionnels qui existent, qui permettent de s'assurer... Donc
le 49
.3, le recours au 49.3, c'est déjà fléché pour vous ?
Non, ce n
'est
pas fléché, mais on a deux glissières de sécurité. Le 49.3, les ordonnances sur l'autoroute budgétaire. Si on a une sortie de route, on fera jouer les glissières.
Autre signe d'inquiétude, Roland Lescure, c'est le patron de Carrefour, Alexandre Bompard, qui a indiqué hier qu'il revoyait à la baisse ses objectifs financiers pour 2026 à cause de la dégradation sociale et sécuritaire qui pèse sur la consommation. Vous craignez de l'avoir s'effondrer en fin d'année, cette consommation ? La croissance des jatons plongerait encore plus ?
Moi,
je suis là ni pour craindre, ni pour espérer. Je suis là pour mettre en place les conditions pour que ça reparte. On travaille beaucoup sur le prix de l'essence. Vous le savez, on a libéré les stocks stratégiques. Dès le 1er novembre, le prix de l'essence à la pompe devrait baisser de 12 à 18 centimes. Le président de la République, on en parle beaucoup, il fait 5 pays en 3 jours pour aller faire le plein, en fait, pour les Françaises et les Français.
Pour garantir des approvisionnements en gazoie.
300 000 tonnes par mois entre les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et l'Arabie Saoudite. Il est aujourd'hui au Qatar,
où il a travaillé sur le gaz. Ça, ça évite les pénuries de
carburant, mais ça ne relance pas forcément la consommation.
Ça permet de faire baisser les prix, in fine. Donc, on est là, à l'international et au national, pour tout faire en sorte. Aujourd'hui,
tous
ceux qui ont reçu un chèque dans la première vague vont avoir reçu le chèque de 100 euros pour la deuxième. Le 27 octobre, on va ouvrir le guichet pour ceux qui n'avaient pas demandé l'aide à la première. On fait beaucoup de choses pour le voir d'achat. J'ai conscience aujourd'hui que ce soit inquiétant. On fait notre boulot.
Vous
faites votre boulot,
vous essayez. C'est la précision que vous apportez. Ce n'est pas la mienne. Vous restez avec nous, s'il vous plaît, dans un instant.
Roland Lescure