Didier Lemaire : "La stratégie frériste est opportuniste !"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:09OuverteRéponse directe
Pouvez-vous revenir sur votre parcours et votre métier de professeur ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à enseigner dans des lycées difficiles ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Comment définir un lycée difficile ?
- 6:17OuverteRéponse directe
De quoi est fait un cours de philosophie dans un lycée difficile ?
- 10:38OuverteRéponse directe
Comment ce climat positif a-t-il évolué ?
- 13:32OuverteRéponse directe
Comment se sont passés les événements de votre dernière année ?
Temps de parole
- ?100 %
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Un attentat sert à des fins politiques, c'est-à-dire que c'est un moyen de pression pour obtenir une contrepartie. Si je continuais de parler de Trap, je serai le prochain Samuel Petit. Fait le rectorat. À ce moment-là, il me donne l'ordre, on me donne 48 he pour rejoindre un poste à Argenteuil, c'est-à-dire dans une ville qui est encore plus à la fisée que Trape.
Chers amis, excusez-moi, je vous coupe dans cet entretien. C'est le moment de la grande campagne de don de frontière jusqu'au 31 décembre. Vous pouvez faire un don défiscalisé à 66 %. Cela va servir à quoi ? tout simplement déjà à financer les nombreux procès que nous avons contre nous. J'ai été traîné devant les tribunaux avec frontière près d'une dizaine de fois. Une trentaine de plainte contre nous de la Ligue des droits de l'homme, SOS racisme, des avocats en droit des étrangers. Il faut absolument nous soutenir. Ils veulent nous interdire et nous faire terire mais vous êtes là, je l'espère. À très vite sur www.frontièremmedia.fr et merci au donateurs. Didier Leire, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation sur Frontière et pour
ce ce documentaire. Est-ce que vous pouvez revenir sur votre parcours ? Voilà, vous présenter d'où vous venez euh et comment vous êtes venu euh ce métier de professeur pour lequel on vous connaît. J'étais étudiant, j'ai fait des études de philosophie parce que c'est un domaine qui me passionne depuis l'enfance. Euh j'ai rencontré Albert Camu à l'âge de 13 ans avec le myth de cisif, René Descartes un peu plus tôt. Euh et donc j'ai souhaité faire des des études de philosophie. Je dois dire que je pensais être plutôt chercheur parce que j'ai travaillé pendant 2 ans à la bibliothèque Richelieu à exumer des vieux manuscrits de d'auteur français qu'on appelle le libertinage érudit de ce mouvement philosophique et
littéraire. Et puis finalement le j'ai passé les concours et le destin m'a m'a conduit jusque dans les salles des classes et petit à petit, j'ai appris mon métier de d'enseignant. J'ai fait les lycées les plus difficiles de banlieu, les plus les plus durs pour commencer. J'ai j'ai aimé ce métier assez tôt. Euh je l'ai appris avec mes élèves aussi. Euh et j'ai pris je suis arrivé à Trap en 2000, j'y suis resté 20 ans et c'était 20 ans de de grande joie tout de même jusqu'aux dernières années qui ont été plus difficiles. Et c'est un métier que j'ai
vraiment exercé avec bonheur, avec joie parce que c'est un métier de transmission et c'est un métier qui consiste finalement à révéler à l'élève sa propre liberté de penser et et c'est la condition aussi de de l'estime de soi-même et c'est vraiment un métier extraordinaire parce que parce que quand l'élève fait cette découverte en classe, un lien très particulier nous entre le professeur et et l'élève H qu'est-ce qui vous a poussé à à aller enseigner dans des lycées difficiles ? Euh oh là là, pas du tout une vocation de ma part. Non, simplement l'éducation nationale à l'époque et elle le fait toujours
malgré les des tentatives pour corriger cela, mais elle elle envoie les jeunes professeurs qui ont le peu de points au départ. Elle les envoie dans les lycées que personne ne souhaite prendre. Et donc c'est ainsi que les premières années, j'ai fait tous les lycées de banlieu très difficiles. Et Trap, c'était après le lycée de Rambouillet qui était un lycée tout à fait très bon niveau. J'ai eu d'ailleurs de d'excellents élèves euh où je faisais des cours assez particuliers quand même assez haut niveau. et à trappe bah j'ai été muté par par hasard tout simplement parce que il y a eu des fermetures de classe et il
fallait me trouver un lycée pas trop loin de mon domicile. H on va revenir vraiment aux sources mais comment est cette ce concept de lycée difficile de d'école difficile ? Alors ça s'accompagne de l'idée de quartier difficile et cetera, mais dans le secteur scolaire par quoi ça se manifeste ? Euh d'abord par le niveau des élèves qui est plus faible qu'ailleurs. Euh des élèves qui euh euh sont de milieux sociaux plus moins favorisés euh voire carrément défavorisé. Euh des quartiers aussi d'immigration où parfois l'apprentissage de la langue n'est pas encore tout à fait parfait. Donc c'est c'est un contexte et je
dirais que d'une cité à l'autre ou d'un quartier à l'autre, ça peut être très très différent. Euh pour ma part à Trappe quand j'y suis arrivé, on m'avait dit attention tu vas voir et ayant fait les lycées vraiment les plus parmi les plus difficiles, piné sur scène, ville neuve la garenène où j'ai une collègue qui a été tuée à la sortie du lycée. Moi-même j'ai été inquiété, menacé de mort à Clichi par exemple en étant vraiment jeune jeune professeur. Quand je suis arrivé à Trappe, j'ai trouvé mes élèves dans l'ensemble vraiment, il y avait pas de violence du tout dans ce lycée. En 20 ans, il y a pas eu des des petites exceptions, mais je dirais à peu près normales, des problèmes psychiques, des choses comme ça, mais des élèves quand même très polis et et
surtout qui avait le désir d'apprendre. Ça c'est ce qui m'avait frappé et c'est ce qui fait que je suis resté dans ce lycée parce que on sentait que ces élèves pour la plupart issu de l'immigration euh souhaitait vraiment s'intégrer à la société française. Les premières années, c'est-à-dire jusqu'à 2012, il y avait une mixité sociale aussi importante dans ce lycée parce que il y avait un mélange de population. Il y avait il y avait la population de Trappe qui est la ville la plus pauvre des Iveles, mais également des élèves qui venaient de villes beaucoup plus riches. Et donc cette mixité aussi par le jeu des options artistiques faisait que le le climat était vraiment excellent, même si le niveau n'était pas bon. Euh on pouvait faire de très belles années et
d'ailleurs euh je je j'ai eu de très très bons résultats euh avec mes élèves en philosophie parce que c'était des élèves qui avaient envie d'apprendre. Hmm. Et euh vous avez une collègue qui a été tuée ? C'était pour pour quelle raison ? Je je n'ai pas de détail mais il y a un coup de feu qui est parti à la sortie d'un lycée à Ville Neuve Lagaren et on n pas su d'où venait ce coup. D'accord. Voilà. Très bien. De de quoi est fait un un le cours d'un prof de philosophie au-delà du programme scolaire de quelle est un peu la méthode dans dans du coup dans un lycée difficile où le niveau est plus compliqué ? Que que est-ce que vous avez trouvé votre style
entre guillemets pour parler à ces jeunes ? Oui, je me suis un petit peu adapté dans la mesure où j'avais des élèves qui lisaient beaucoup moins où le rapport à la lecture était moins évident. Par exemple au lycée de Rambouillet, j'avais des élèves de de terminales qui souvent préfèrent les les la physique et les mathématiques, mais qui était intéressé par la philosophie et qui pouvaient lire dans leur année par simple curiosité me demander de lire cinq livres de Berkson à la suite euh où j'ai j'ai avec mes élèves, j'ai étudié tout de même des livres assez difficiles comme Kirkegar par exemple, postryptomomiomette philosophique. Euh c'est pas facile du tout. Donc là, j'ai dans le rapport aux auteurs, j'ai simplifié très souvent des textes très
courts, euh très accompagné de ma part et je dirais que aussi avec le temps euh j'ai mis au point des méthodes techniques euh en particulier pour apprendre à écrire et à bien rédiger. Ça c'était c'était une spécificité, je peux dire, de mon enseignement qui a fait aussi que ça a bien marché, que les élèves le savaient. Donc ça marchait bien. J'avais aussi des techniques de notation euh particulière. Alors sur les techniques vraiment d'écriture, j'expliquais quelle est la fonction par exemple d'une première phrase dans l'introduction. Donc je donnais un sujet, un exemple, je rédigis une phrase au tableau, ensuite un exercice et
cetera. 2è phrase, 3e phrase, 4e phrase. Je décortiquais tout et je donnais ces exercices à mes élèves, si bien que ils apprenaient à rédiger euh assez rapidement. Euh et ces exercices étaient ma spécificité, c'est que tant qu'il n'était pas réussi, je ne comptais pas les notes. Si bien que chacun voyait qu'avec le temps, on pouvait progresser et au lieu de baisser les bras, en fait, ils voyaient leurs camarades avancer, même ceux qui étaient qui avaient le plus de difficultés et en général il progressaiit. Alors pas tous hein, j'ai eu des échecs, certaines années, j'ai eu des échecs monumentaux mais dans l'ensemble, j'ai plutôt des des des succès. Voilà. Et puis c'est un climat
aussi, c'est-à-dire que très vite euh le fait de tout de tout mettre en question, de tout interroger et de passer par les idées, c'est-à-dire de montrer aux élèves que une idée c'est un peu comme une paire de lunettes qui permet de voir une certaine réalité et après on peut changer de paire de lunettes. On peut prendre la la paire de lunettes de KT, on peut prendre celle de Chopenha, on peut prendre celle de Freud par exemple et on voit les choses différemment. Et donc ça permet aussi de se distancier soi-même par rapport par rapport à sa propre pensée ou à ses propres croyances à les mettre en question. Et c'est ce travail là qui est vraiment très très beau parce que c'est une découverte de la liberté vraiment.
Euh oui, c'est un très très beau métier pour ça. C'est c'est le l'objet de de ce cours de philosophie he qui est toujours un peu passionnant franchement pour je pense pour beaucoup d'élèves de de terminal he c'est que en terminal la philosophie première. Oui. Alors, il y a eu le il y a une petite réforme, il y a eu les humanités, lettre et philosophie en première qui n'est pas un cours de philosophie parce que ce n'est pas une approche sur les notions de philosophie comme la conscience, le désir, l'état, les échanges et cetera. C'est c'est un programme plutôt de sur l'histoire des idées et sur la culture. D'accord. Voilà. Euh alors comment ce climat que qui est malgré le niveau difficile de pas très
bon, ce climat a été vous disiez très positif et et quand vous le racontez, on a l'impression que vous étiez c'était un peu comment dire exaltant. Voilà. Et euh comment ça a évolué ? Est-ce que ça a changé ou Bah comme je vous le disais, dans un premier temps, il y avait une mixité sociale. Cette mixité, on l'a perdu progressivement à partir de 2012 2010 2012 je crois de de mémoire. il y a eu des des réformes sur la carte scolaire qui qui nous ont vraiment mis en difficulté. Euh ça c'est été le le premier point et puis ensuite il y a eu ces ces attentats. Donc l'attentat de Charlie Hebbdo d'abord euh puis celui du Bataclan. Et là pour nos élèves, je dis
nos élèves parce que c'était vraiment on on les portait là la difficulté a commencé à se poser pour eux dans leur positionnement puisque d'une part il faisait l'expérience disons de de la liberté de la raison et de la transmission de la culture de notre culture de la culture française au lycée. Et d'autre part il commençait déjà à être travaillé par les islamistes. Je je m'explique. Les premiers recruteurs sont arrivés à Trappe dans les années 90. Ce sont des des d'anciens du GIA algériens qui sont venus en tant que réfugiés
politique pourrait évidemment s'interroger sur ce statut là. et ils ont ils ont travaillé le milieu, ils ont commencé à travailler le milieu et puis petit à petit euh une une conception plus que rigoriste mais vraiment politique de l'islam s'est ancré dans cette population. Et donc pour nos élèves, il y avait une difficulté, ce qu'on peut appeler un conflit de loyauté, de quel côté sommes-nous ? Et à partir de 2017-28 en classe, ils ont besoin de le formuler même après les attentats du Bataclan, là ça devient vraiment très très difficile. il s'interrogait sur finalement ce
qu'ils étaient et dans un premier temps, je dirais qu'ils étaient plutôt du côté de notre nation, c'est-à-dire qu'il ils étaient du côté de la France, de la culture française, d'une aspiration à la liberté, à la connaissance, à la réussite sociale. Mais mais à partir de 2019, les choses ont commencé vraiment à se transformer dans un sens où nos élèves, la plupart, pas tous évidemment, mais ont commencé à prendre une sorte de distance vis-à-vis de l'enseignement.
Et puis et puis jusqu'à l'assassinat Patti, on peut dire que les choses se sont vraiment aggravées. Cette année-là, pour moi, ça a été une année très difficile parce que dans certaines de mes classes, la pression islamiste était forte puisque j'avais des élèves qui contrôlaient des élèves donc salafistes qui contrôlaient les autres élèves qui disaient aux filles de se mettre d'un côté, aux garçons de l'autre, qui faisaient pression sur les jeunes filles musulmanes qui refusaient de se voiler pour qu'elle se voile. Et là, un basculement s'est produit parce que certains élèves avec lesquels les choses n'étaient pas conflictuelles, mais refusaient de l'exercice même de la
pensée. C'est-à-dire que en classe, il ne faisait rien non pas par mépris de la philosophie ou paresse ou je ne sais quoi c'était ou par bêtise parce que un adolescent parfois peut peut avoir des comportements un peu sauts mais mais là c'était c'était vraiment une une volonté de ne de ne pas de ne pas participer à à cet exercice de la pensée parce que je j'imagine vous allez me dire ce qu'il en est On on comprend quand quand on on regarde l'enseignement salafiste et cetera que qu'en fait il y a pas vraiment de de pensée ou de ou de législation ou de vérité en dehors de celles qui sont
enseignes dans les par les savants musulmans et cetera. Est-ce que c'était de cet ordre-là ou c'était un refus de se voir inculquer une pensée euh je dirais euh laïco occidentale ou euh la difficulté c'est que ça n'a jamais été formulé par les élèves. C'est-à-dire que j'étais face à un mur de silence. Je n'étais pas face à une opposition. Tant qu'il y a une opposition, tant qu'un élève dit "Ah non !" et ça m'est arrivé aussi pour des élèves catholiques de de mettre aussi en question le fait que la philosophie met tout en question. ça peut et c'est très déstabilisant. Il faut il faut bien admettre euh quand on met en question l'idée du bien, du mal par exemple pour pour le pour
reconstruire ses idées, euh ça ça peut être très très déstabilisant. Mais mais là c'était pas il y avait pas de dialogue. C'est c'est ça la difficulté. C'est-à-dire que bon, l'explication, je la connais. Euh mais j'ai eu juste avant cette dernière année euh j'ai eu une classe dans laquelle j'avais un élève, je savais qu'il était le fils d'un prédicateur salafiste. En une semaine, il était transformé. C'est-à-dire que et je n'ai jamais évoqué, bien sûr, je le savais mais je n'ai jamais évoqué, je n'avais pas le savoir en tant que professeur et je gardais toujours une distance avec mes élèves. Je suis pas du tout un gourou. Je ne suis pas là pour leur dire que la vérité c'est si ou c'est cela. Je je leur
apprends à réfléchir. Mais j'ai eu un élève donc qui était de de de d'un père de prédicateur salafiste qui est devenu un excellent élève en philosophie. il avait une une jouissance à à lui-même interroger les idées qui qui étaient très grandes. C'est ce n'est plus devenu possible à la dernière année dans certaines classes et aussi il y a eu après le le Bataclan une de mes meilleures élèves dans une classe de ce qu' les classes qu'on appelle de futures infirmières, c'est-à-dire des classes médico-sociales. ma meilleure ma meilleure élève a cessé du jour au lendemain de me regarder, de m'adresser la parole et de faire de la philosophie. Voilà. Donc il y a des élèves qui ont eu
ce ce positionnement là qui est un positionnement de non communication et là et là je n'ai plus aucune prise sur eux. H est-ce que vous vous pouvez expliquer pourquoi il y a un attentat euh et que le pourquoi le dialogue se coupe après l'attentat ? Euh certains diront que c'est quoi ? C'est le l'islamophobie qui d'un coup c'est a c'est c'est à a frapper tous t tous ces jeunes élèves suite au pour pourquoi c'est les attentats à chaque fois marquent un marque un un peu une une bascule une un changement ? Bah, dans le vocabulaire, ça s'est senti plusieurs fois parce que
il y avait le vous et nous. Donc déjà comme si nous n'appartenons nous n'appartenions pas à la même communauté, à la communauté nationale. Comme si déjà les élèves avaient fait l'expérience d'une sécession sociale, culturelle et politique dans leur vie de tous les jours. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ils sont gagnés à l'idée que seules les lois de la charia sont les bonnes lois et que toutes les autres lois sont de mauvaises lois, ça devient intenable. L'école devient un lieu intenable. Soit ils font semblant et c'est tout c'est le lycée de trappe n'est pas fermé. Il y a toujours des
enseignants qui enseignent. Soit certains font semblant d'étudier mais juste pour avoir un diplôme, enfin le baccalauréat et ensuite faire des études. Je ne sais pas comment ils s'arrangent avec leur conscience mais mais ça n'est plus possible. Ça n'est tout simplement plus possible c'est-à-dire de reformuler ce qui on peut être absolument. J'ai eu des élèves musulmans qui étaient d'excellents élèves en philosophie comme des élèves catholiques ou protestants ou je c'est c'est pas du tout la question. C'est on peut être des philosophes religieux, il y en a eu et c'est pas du tout la question. Mais à partir du moment où il ne s'agit plus d'une foi et de quelque chose qui est l'objet d'une
représentation du sacré et d'une représentation du monde et de l'existence, mais où la religion devient un fait politique, un fait qui commande les murs, qui commande comment on doit s'habiller, comment on doit manger, comment on doit regarder et qui commande surtout de penser l'autre comme un ennemi ou comme quelqu'un qu'on va conquérir. À partir de ce moment-là, pour ces élèves, la situation devient intenable. H Et et du coup, est-ce que vous pouvez décrire bah voilà le ce moment où cette dernière année où vous avez enseigné ou où euh c'est c'est comment se sont passés ces événements ? Est-ce que vous pouvez revenir là-dessus ? La dernière année, elle se passe pour
moi très très vite puisque il y a la rentrée scolaire. Donc je là je comme chaque année, je j'arrive avec encore plus de joie parce que chargé toujours de plus d'expérience et je m'aperçois que dans une classe les choses ne se passent pas bien. Euh il y a beaucoup trop d'élèves qui sont dans la classe fuyant et que je n'arrive avec lesquels je n'arrive pas à communiquer. Donc là je j'identifie déjà certains problèmes. J'ai une j'ai une classe de technologie de de sciences médico-sociale, une classe où il n'y a que des filles. ça se passe. Alors, je sais qu'elles certaines je les vois à la sortie, elles reprennent le voile, mais je je vois quand même que le cours se
passe bien après l'assassinat petit. Là, les choses se se gâtent vraiment. Je suis accusé moi-même, pourquoi avez-vous écrit, monsieur, ce texte dans la presse puisque je publie une lettre aux enseignants dans l'OPS qui est un cri d'alerte. en disant mais cet assassinat s'inscrit dans un contexte, ce n'est pas un fait divers ou ce n'est pas un fait isolé. Euh il faut il faut regarder la réalité en face et il faut prendre le problème à bras le corps. C'est ce que je c'est ce que je dis aux enseignants à ce moment-là. Et là, j'ai des réactions très hostiles d'élèves qui sont d'ailleurs manipulées
par à l'époque, je je les ai identifié par des des du personnel administratif qui est lui-même salafiste, ce qui est quand même vraiment problématique. Ça montre une infiltration très grande. Hm. Et donc là, c'est la tribu dans l'OPS dont vous parlez qui est un peu le déclencheur et euh et quels sont les échanges avec les élèves et comment on va passer carrément d'un climat tendu pour vous au point de devoir vous là là vous quittez vos fonctions après tout ça là pendant pendant 3 vous pouvez pour revenir du coup sur le sur cet épisode là ce qui se passe c'est que quand mes élèves me demandent de m'expliquer sommes de m'expliquer en
classe je leur dis que je suis leur professeur de philosophie et que que je reste leur professeur de philosophie, que je n'ai pas à justifier de mes engagements de citoyens. Donc je refuse de m'expliquer et je leur dis en revanche si vous ne comprenez pas mon texte, vous pouvez interroger peut-être d'autres enseignants qui peut-être vous expliqueront euh mes propos. Mais je refuse et je demande même à mon chef d'établissement de venir dans ma classe pour expliquer que j'ai un devoir de neutralité et que par conséquent je reste ici une personne qui fait un cours de philosophie mais qui ne s'engage pas sur ce terrainlà.
Et les choses se tassent assez vite. Je pense aussi parce que le travail que nous avions fait en début d'année m'avait permis d'avoir un petit capital de confiance. Donc les accusations de racisme et d'islamophobie ne je pense n'ont pas vraiment pris sur les les élèves. D'autant que j'étais connu dans la ville de Trappe depuis des années. J'étais considéré quand même comme un un un professeur très engagé. Donc j'avais une réputation tout de même très positive. On pouvait pas me taxer de racisme. Tout le monde savait, connaissait mon mon travail et mon engagement. Je ne ménageais pas mes efforts. Donc ça n'a pas pris. Euh en revanche, la ville elle-même était en
ébullition, les réseaux sociaux, le climat était donc très dangereux, les renseignements territoriaux m'ont m'ont m'ont alerté tout de suite et il a été décidé par la police de m'accorder une escorte, c'est-à-dire que je venais au lycée tous les jours escorté par des policiers. depuis mon domicile jusque jusqu'au jusqu'à l'entrée du lycée avec une entrée particulière enfin des protocoles aussi pour me mettre en sécurité qui aussi n'était pas jugé suffisant par d'autres policiers qui m'ont conseillé de ne plus venir ce que j'ai refusé de faire parce que je savais que ma vie était dans en danger que n'importe qui puisque j'étais
dans le indéniorisme je savais ce que je risquais j'en avais conscience mais je ne voulais pas avoir alerté pour rien et me taire et être déplacé dans un autre lycée. C'est pas ce que je voulais. Je voulais au contraire montrer ce qui se passait. La réalité attrape. D'ailleurs, à cette époque-là, j'ignorais qu'une de mes collègues dans un collège voisin avait déjà été exfiltré parce que menacé de mort. Voilà, je je je l'ignorais. La la la culture de l'éducation nationale a toujours été de mettre la poussière sous le tapis, le pas de vaguisme. Donc un professeur en difficulté menacé par des élèves des campagnes de calomnie, on lui
propose un poste ailleurs et finalement ce sont les calumniateurs et ceux qui mettent en danger le professeur qui reste. H voilà donc je me suis opposé à cette pratique là. J'ai refusé le rectorat m'a tout de suite proposé d'autres postes que j'ai refusé. J'ai dit non non, je veux je tiens à rester là. Et je suis allé voir la préfecture, j'ai demandé un protocole de sécurisation qui n'a jamais été mis en place, ce qui était quand même, j'ai trouvé que c'était une déjà une mise en danger malgré l'escorte euh très grande. Et puis il y a eu un moment avec l'emballement médiatique hein, puisque c'est devenu même une affaire internationale, toute la presse internationale s'en est mêlé. Euh ça n'était plus possible et ce n'était même plus raisonnable. pas seulement pour des questions de
sécurité, mais encore une fois pour une question de neutralité. C'est-à-dire qu'on ne peut enseigner la philosophie qu'en prenant un peu de distance par rapport au monde extérieur, au réel et et là c'était plus possible. Ouais. Euh alors vos vos élèves ils vous questionnent euh alors mais c'est pas forcément des reproches euh mais c'est plus ce qui se passe en dehors du lycée où là on vous accuse oui d'islamophobie. Alors vous dénoncez l'islamisme ce qui est toujours paradoxal. On on nous demande de ne pas faire des amalgames, mais c'est pas nous qui les faisons, c'est les les accusateurs eux-mêmes, on a l'impression quoi. Et mais ces ces élèves au début, c'est c'est eux qui vous mettent la pression justement avec ce capital sympathie. C'est plus des questions mais
mais c'est l'extérieur qui génère tout ça. Oui, encore une fois, enfin moi c'est ce que m'ont rapporté les policiers sur les réseaux sociaux, la ville est en ébullition et d'ailleurs une journaliste néerlandaise qui était déjà venue deux fois à trappe pour faire des des reportages dont un reportage qu'elle avait fait dans ma classe en 2018. Euh oui, cette journaliste qui a eu le premier prix du documentaire pour ce reportage à Trape qu'elle a construit sur deux figures. La figure du professeur de philosophie et la figure d'un islamiste qui était autrefois lors des émeutes de 2005, un jeune garçon de gauche
pour fondant l'État pour son abandon. Voilà. Donc on voyait on voyait bien cette évolution et cette journaliste donc qui est allée déposer plainte enfin elle a fait un témoignage à la police à Versailles pour dire que ma vie était était en danger parce qu'elle avait recueilli des témoignages de personnes bien informées à Trap qui lui disait que si je continuais de parler de Trap, je serai le prochain Samuel petit. Et je précise que la personne qui a tenu ses propos, ce n'était pas des propos contre moi, c'était des propos au contraire d'avertissement. H je sais pas si vous êtes rentré dans dans ces dans dans ces
dans ces détails là mais donc Samuel Patti il est mis à mort et certains comme pour Charlie Hebdo on ont constaté que donc on étudiait beaucoup Ibn Tamiya dans beaucoup de de mosquées ou de centres islamiques qui a écrit tout un livre sur l'exécution le sabre dégainé pour les ceux qui parleraient mal prophète et Ouais, en fait c'est dans cette population, il y avait cette conscience que Samuel Patti l'exécution de Samuel Patti avait un côté légitime finalement. Absolument. Mais mais en fait l'argument a commencé bien plus tôt, cet argument de ils l'ont bien cherché pour Charlie
Hebdo, on l'a même entendu relayé par une partie de la gauche à l'époque. C'estàdire que l'alliance qu'on connaît aujourd'hui entre les islamistes et maintenant on peut dire toute la gauche puisque la gauche qui n'a pas fait alliance directement avec les islamistes a fait alliance avec ceux qui font alliance avec les les islamistes. Donc je vais être très précis. L'alliance avec les islamistes, c'est LFI. Et l'alliance avec elle fil, c'est tout le reste de la gauche aujourd'hui. Après, il y a des individ des individualités qui ont refusé lors des dernières élections législatives ces alliances là, mais au niveau des
partis, ça s'est fait. Donc cette cette alliance, elle n'est pas nouvelle. Elle avait elle était déjà en germe après l'attentat de Charlie Hebdo, c'est-à-dire cette ce retournement de l'accusation contre la victime. C'est la victime qui devient finalement responsable de son propre assassinat. Et ce discours l'a entendu également lors de l'assassinat de Samuel Patti puisque c'était les collègues eux-mêmes de Samuel Patti qui les ont formulé ces reproches là et non seulement les collègues mais l'institution elle-même, c'est-à-dire le rectorat par l'intermédiaire de alors ce n'est pas directement la rectrice mais enfin la rectrice elle a sa part de
responsabilité là-dedans dans la mesure où bah elle a envoyé dans le lycée une personne qui a rédigé un rapport et dans ce rapport on met en question, on met en doute et on formule des reproches contre le professeur alors qu'il apparaît aujourd'hui et à distance que aucun reproche ne peut être fait à son cours qui était un cours sur la liberté d'expression et qui était un cours qui utilisait des documents pédagogiques. On dit qu'il a montré des caricatures. n'a pas montré, il a utilisé dans le cadre d'un cours des documents qui étaient déjà des documents pédagogiques certifiés pédagogique. C'est pas sa propre initiative, il y a pas d'acte de provocation. Donc tout ça,
ce sont des accusations mensongères que la gauche ou qu'une partie à l'époque de la gauche, je me souviens d'article dans Media Park notamment, reprenait et moi-même dans mon environnement, j'entendais des collègues dire que oui, c'était inadmissible. qu'un qu'un professeur soit décapité mais quand même et ce mais quand même bah ouvre la porte à tout finalement parce que c'est une capitulation je dirais de de de notre propre liberté. C'est un refus d'assumer la liberté au sens philosophique du terme. H c'est ça qui est grave. C'est c'est et et ce refus là, il est il est celui de toute une institution
qui n'a pas protégé le professeur et qui a continué de ne pas protéger les autres professeurs. Moi-même, j'ai dû j'ai été suspendu de mes fonctions et j'ai été renommé alors que là on avait passé une étape supplémentaire dans ma mise en danger puisque je là je vivais sous protection policière. C'est je faisais pas un déplacement sans je vais pas donner les détails, mais sans policier autour de moi. Et que fait le rectorat à ce moment-là ? Il me donne l'ordre, on me donne 48 he pour rejoindre un poste à Argenteuil, c'est-à-dire dans une ville qui est encore plus à laffisé
que Traap. Oui. C'est-à-dire qu'on me met réellement en danger et on met d'ailleurs en danger les les élèves et les enseignants. Je suis devenu une personne publique. Ça n'a plus aucun sens d'envoyer un professeur. C'est une c'est ça serait perçu comme une provocation. Le professeur dont la communauté musulmane islamisée dit qu'il est islamophobe et raciste, arrive en plein cœur d'une de ses communautés. On peut comprendre la réaction et le risque. H très bien. Et on on a l'impression euh que ça suit parfaitement euh ce que ce que des gens qui ont analysé le le la
stratégie frériste euh ou et salafiste aussi quelque part. euh disent que en fait le le cette ce chantage à l'attentat, c'est en Belgique, on nous a expliqué ça quand on s'est rendu à Bruxelles, c'est que les les frères musulmans on sont beaucoup implantés en Bruxelles en disant "Non mais il faut que ça soit nous, sinon vous aurez des attentats. Il faut que vous ça faut que ça soit nous les les le les frères musulmans ou les salafis. Sinon, vous allez avoir des des débordements. Et alors désolé, ça paraît peut-être un peu décalé, mais on on a un peu cette impression que les attentats à chaque fois on ont légitimé euh une exigence encore plus forte et une intolérance
encore plus forte à à ce qui venait de des dans dans l'enseignement de bah des humanités, de la philosophie. Euh je sais pas comment on est-ce qu'il y a une explication à à ça euh dans le sens où oui, le finalement le Ouais. que les attentats sont à chaque fois une façon d'avancer encore une une opposition encore plus franche. Des attentats, j'aime pas trop ce terme d'ailleurs d'attentat et je vais expliquer tout de suite pourquoi. Je dirais trois choses. La première chose c'est que le but le plus évident d'un attentat comme son nom l'indique, c'est de susciter la terreur. En principe, un attentat sert à des fins politiques, c'est-à-dire que c'est un moyen de pression pour
obtenir une contrepartie en général sur un état ou sur une population. On la terrorise et on dit "On vous on ne vous terrorisera plus si vous vous acceptez le but que nous nous sommes fixés." Est-ce qu'il s'agit réellement d'attentat ? Je ne suis pas sûr parce que en réalité les personnes qui sont ciblées ne sont pas ciblées de manière seulement instrumentale, c'est-à-dire pour servir cette fin, mais elles sont ciblées entend qu'elles ne font plus partie de l'humanité. C'est-à-dire que la le mode d'exécution et l'idéologie qui qui conduit à tuer le mécréant, voilà, et le nonmusulman qu'il soit alors évidemment il y a une
gradation juif, homosexuel, chrétien, mécréant, c'est-à-dire qui ne croit pas en Dieu ou voilà, il y a des gradations apostat et cetera et cetera. Donc, mais il s'agit pas justement il s'agit pas d'une vengeance contrairement à ce qu'on pourrait croire. Il s'agit aussi d'une forme de déshumanisation. Il y a un programme derrière qui était qui est formulé d'ailleurs dans le programme du Hamas et dans le programme de des théoriciens même des frères musulmans depuis les années 20. C'est un programme qui est aussi fou que celui du nazisme puisqu'il consiste à purifier l'humanité de tout ce qui n'est
pas musulman et purement musulman parce que il commence aussi à s'attaquer aux musulmans qui ne sont pas assez musulmans. En fait, c'est il voudrait des surmusulmans. Donc on va éliminer de l'humanité tous ceux qui ne sont pas considérés comme des êtres humains à part entière parce que non soumis à Allah. Donc je dirais oui attentat terroriste dans un premier temps parce qu'il y a de terreur de non ce n'est pas seulement de la terreur, il s'agit d'autre chose. Il s'agit d'un programme génocidaire de déshumanisation et c'est pas une question de nombre si on regarde la convention de Genève de de 1948 et 3. Je dirais qu'il y a une stratégie
politique derrière ça qui est la stratégie de soumission que vous avez indiqué tout à l'heure. En effet, il y a aussi cette part, c'estàdire une stratégie de conquête et de soumission pour réduire l'ennemi dans un état de dimitude qui est la la le dimmi, c'était celui qui était dans la société araboom-musulmane qui avait un statut juridique à part. Il était toléré en en quelque sorte à condition qu'il paye des impôts forts et qu'il ne jouissent pas des mêmes droits que les autres, les chrétiens et en particulier les juifs. Ils étaient donc soumis. Et je pense que chez chez les frères musulmans, il y a cette idée que progressivement on va
soumettre des populations entière par ces intimidations là, mais pas seulement parce que la la stratégie friiste, elle s'alie en fait, elle accepte toute toute forme de stratégie mais c'est pas seulement par l'attentat, c'est aussi par des alliances politiques et par une politique des petits pas insensibles où l'on gagne du terrain par exemple. avec les mœurs, on impose le voile. On l'a vu en par exemple un pays comme la Turquie qui qui est un pays qui été un pays phare, on peut dire, dans la libération des femmes parce que Ataturk a voulu moderniser aujourd'hui. D'ailleurs, dans le parlement turc même encore aujourd'hui, il y a plus de femmes proportionnellement dans le parlement
turc que dans le parlement français. Donc c'est il reste quelque chose de voilà seulement de l'autre côté euh il y a une stratégie pour soumettre les femmes aux hommes. Donc ça commence par le voile. Alors le voile il peut être d'abord un voile coloré présenté comme un accessoire de séduction avant de devenir un voile vraiment d'uniforme salafiste qui a un sens plus fort. Voilà. Donc il y a il y a différentes stratégies. Il y a une stratégie de communautarisme qui est la stratégie salafiste, mais on peut pas les opposer toutes. Il y a la stratégie djihadiste ou terroriste avec plein de variantes aussi.
Et puis il y a cette stratégie de de d'imposer progressivement des lois qui ne sont plus les lois de la nation, c'est-à-dire des lois démocratiques et républicaines, mais qui sont des lois religieuses. Oui, c'est Non, mais c'est vrai que c'est très intéressant parce que même moi je je j'oublie qu'en fait l'attentat n'est pas seulement euh comme vous dites le le but recherché n'est pas de tuer un maximum de personnes, mais c'est en fait tout le choc psychologique euh qui s'enit. Et ce qui est terrible, c'est que on a l'impression que dans la couverture des événements et notamment des des attentats de 2015 et cetera, on était purement concentré sur l'attentat et du coup bah on faisait tout de suite le le pas d'amalgame qui est certait
mais qui empêche de penser toute la stratégie globale. Et ça c'est est-ce que c'est pas l'immense alors peut-être un temps de l'angéléisme et de la naïveté qui aujourd'hui sans doute plus de la compromission et la collaboration si je peux même aller jusque là mais ouais peut-être la l'attentat est la partie disons spectaculaire et et c'est aussi un coup hein puisque la l'attentat du 11 septembre a été aussi un attentat cinématographique. Il faut pas nier cette ou sous-estimer cette dimension du spectacle dans des sociétés qui sont des sociétés du spectacle où les médias eux-mêmes contribuent à ce spectacle. Donc c'est très très intelligent d'avoir conçu des
attentats qui pouvaient être qui pouvaient avoir cette dimension spectaculaire. Après, il y a une multiplicité d'attentats. Les attentats en France islamistes et on en a d'intérieur et certains d'ailleurs qui ont été quasiment passés sous silence. Euh je pense à l'assassinat du professeur juif et des trois enfants de Mera. Voilà, l'attentat de Mera qui n'a pas suscité euh une réaction très très grande ni de la part de notre peuple, ni de la part de nos représentants politiques. C'est assez étrange. Et effectivement le la réponse d'ailleurs du président de la
République, ça a été de focaliser. Ce n'est pas mal, je ne critique pas et c'est je me réjouis queil y ait une réponse policière à cet attentat et que des moyens ont été mis en œuvre pour éviter d'autres attentats. Je rappelle que aujourd'hui d'après les chiffres du ministère de l'intérieur, c'est grosso modo tous les mois et demi qu'un attentat est évité en France grâce à ce travail remarquable de la police qui est qui est supposé de vraiment remettre beaucoup de moyens. Mais j'ai alerté, j'ai écrit au président de la République avec Jean-Pierre Auin, inspecteur général qui avait fait le premier rapport sur l'école alertant sur l'islamisme en 2004. Mais cette réponse ne suffit pas parce
que c'est une réponse qui qui ne qui ne s'attaque qu'à l'effet et pas à la cause. Cos, c'est la fabrication de de viviers de de de pépinières djihadistes que sont ces quartier ou d'ailleurs il faudrait maintenant penser aussi leur lien avec le narcotrafic et leur lien aussi avec les tissus associatifs qui soit que ce soit des attrapent notamment comme ça des tissus d'entraide par exemple d'entraide sociale psych psychologique scolaire et puis une partie de la gauche parce qu'il faut voir aussi que ces associations sont soutenues par des mairies soit en toute
connaissance de cause, soit parce qu'elles sont elles-mêmes manipulées et qu'elles elles ne savent pas mais elles ne veulent pas non plus le savoir que ces associations sont en réalité les faonnés de l'islamisme. Et ben vous peut-être pas vous pouvez peut-être évoquer la la question de du maire Ali Rabé à l'époque qui qui désavouait finalement pas tellement toutes ces menaces, tout ce climat quoi. Bah vous savez que j'ai une petite histoire avec le maire de Trappe. Euh j'ai déclaré qu'il me mettait en danger en col portant des accusations mensongères contre moi. Accusations qui m'ont été rapportées par la journaliste néerlandaise dont je parlais tout à l'heure. Euh bon, il m'a traîné devant les
tribunaux pour pour diffamation. Il a perdu son premier procès au pénal et il a recommencé au civil. Il a perdu son deuxème procès. Oui. Le maire Ali Rabé dans ce contexte aussi où son addlixtion avait été annulée et voulait se présenter comme le défenseur de la communauté. Donc il avait trouvé dans dans ma figure un ennemi parfait pour incarner le rôle de du protecteur et attirer davantage de suffrage. Et il est allé sur les plateaux de télévision à cette époque-là en disant que tout ce que je racontais c'était des mensonges. Notamment quand j'expliquais comment les juifs avaient quitté parce qu'il y avait beaucoup de juifs à Trapé certaines époques. Cit une
ville ouvrière aussi on l'a oublié. Comment les juifs ont quitté cette ville ? tout tout cela, tout ce que je disais aussi l'affaire des des coiffeurs non mixtes. Donc on prenait un petit détail et on transformait les choses. Donc j'étais accusé de mentir, voir d'être d'être un malade mental. Il est venu même faire quelque chose qui n'a pas été poursuivi par l'État. C'est-à-dire qu'il a en tant que maire, il est entré dans l'établissement avec des tractes me désignant comme sans me nommer mais tout le monde avait bien compris comme quelqu'un qui nuisait à la carrière des élèves, à leur avenir. Ce qui était vraiment très très grave. D'abord, ça ne s'est jamais fait dans l'histoire de la République et il y a eu
aucune poursuite. Le ministre n'a pas jugé bon de poursuivre le maire de Trappe à ce moment-là. Je dois dire aussi que du côté institutionnel, il y a une certaine ambiguïté puisque le préfet lui-même, monsieur Bro, avec lequel je travaillais depuis des années avec de des budgets conséquents qui me donnaient pour faire un travail de prévention dans mes classes, le préfet a pris fait écos pour pour aller rabet parce que je pense que je gênais quand même beaucoup de monde en attirant l'attention sur cette ville. Très bien. Euh pour revenir un peu sur sur ce climat dans lequel vous étiez à Trappe qui a fait qu'il était en que la vie était en ébullition,
vous avez parlé tout à l'heure de donc d'anciens du GIA qui sont venus qui sont venus un peu voilà réislamiser cette population. Ouais. Est-ce que vous pouvez revenir là-dessus ? Est-ce que c'était que des anciens du GIA ? Est-ce que c'est passé par des par salafisme ? une approche plutôt frériste. Euh voilà par quoi ça c'est ça s'est fait c'est le fait que ce soit des des c'est commencé avec le c'est expliqué dans un ouvrage du sociologue Henry Micheron euh Hugo Micheron pardon qui est un spécialiste de ces questionsl qui est un élève de de Gill Kppel. Euh il y a eu cette première phase mais ensuite le travail d'islamisation euh s'est fait
notamment par une librairie Tablir qui s'est mis en place à Trappe euh qui a été soutenue. Cette librairie, le libraire, je l'ai je l'ai je l'ai même connu puisque il a essayé d'infiltrer une association dont je faisais partie qui s'appelait Parole à cœur ouvert. Parce que moi en fait très franchement jamais je pensais en arrivant à Trap que je serais obligé de me positionner sur ces questionslà. J'ai un parcours plutôt de professeur et d'artiste et pas du tout de voilà je je et quand j'ai commencé à comprendre que mes élèves vivaient dans un autre monde que le mien que je ne le connaissais pas, j'ai j'ai senti la nécessité de m'instruire y compris de de comprendre dans quel milieu il vivait. dans des associations notamment de
dialogue interreligieux, de interculturel pour pour voir et et oui, j'ai vu que en fait c'est ça la difficulté. Il n'y a pas trois personnes qui manipulent tout le monde. C'est un écosystème qui se met en place h progressivement. On demande aux jeunes filles de ne pas faire telle chose puis après on leur demande un peu plus et cetera et cetera. C'est c'est un travail progressif qui prend du temps. Ça ne se fait pas du jour au lendemain et qui et qui et qui se fait aussi dans un cadre pour une grande part qui est totalement légal. C'est c'est une des difficultés de la chose. Et vous pouvez revenir sur ce sur ce tablir qui essaie de de pénétrer l'association que vous don vous êtes membre à ce moment-là.
Oui, on fait une association de prévention. On va dans les collèges, on fait des groupes de parole et c'est à ce moment-là que je découvre que sur quel sujet je veux dire ? sur l'emprise. On fait un groupe de parole sur l'emprise. Donc les gamins peuvent parler de l'emprise des jeux vidéos, de l'emprise de la drogue, mais on les laisse libre. Donc il y a un adulte autour d'une table de sep se sep 7 se gamins. Ils sont libres de parler ou de pas parler. Et finalement, on le on est fait réfléchir qu'est-ce que c'est que l'emprise. Et ce qui se passait, c'est que sur un groupe de 70 c'estàd 10 groupes de sep élèves, on avait toujours au moins un de quelquefois trois élèves qui nous parlaient de l'emprise religieuse dans
leur famille qui commençaient à raconter comment certains soit l'oncle, le frère, le cousin étaient parti en Syrie puisqu'il faut rappeler que Trap est la ville d'Europe qui a fourni le plus de djihadistes. Donc ça veut dire concrètement pour ces enfants-là qui allaient à l'école, ils savaient que d'une part ils avaient des membres de leur famille ou de leur entourage qui était partis faire le djihad, ce qui les interrogeait. Moi-même, je je quand j'ai découvert tout cela, j'ai demandé à une de mes élèves, enfin, elle n'était plus mon élève à ce moment-là, un an plus tard et je lui je lui je lui pose la question, je lui dis "Mais vous en connaissez ?" Elle me dit "Mais monsieur des dizaines dans mon squir sont partis.
Elle prend son téléphone téléphone à son ami qu'elle ait téléphoner chaque jour à Raka. C'était son quotidien. C'est vraiment c'est là qu'on comprend qu'on ne vit pas du tout dans le même monde. Pour ces élèves là, la réalité c'était ça. C'était de de vivre dans un monde où on sait que certains sont partis faire le est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ? C'était ça la question. et la question pouvait se poser déjà à 14 ans. Voilà. Évidemment, on peut comprendre que plus la pression sociale est importante, plus le conditionnement des esprits est important, plus l'islamisme gagne. Et
vous verrez bientôt une enquête, je peux pas dire plus, mais vous verrez bientôt une enquête sérieuse et même une enquête d'envergure donner des chiffres très précis sur cette conquête de l'islamisation à l'intérieur du monde musulman français. C'est-à-dire que autrefois c'était un épiphénomène, c'est-à-dire qu'un phénomène secondaire, ça ne touchait qu'une petite fraction des musulmans français ou des français musulmans. Aujourd'hui, ça, je vais pas donner les chiffres maintenant, mais ça touche une part considérable et ça pose évidemment une question très grave.
Euh je dirais moi comme professeur, c'était la question de mes élèves, la question de leur liberté. Si la République n'est pas capable d'assurer la liberté et l'égalité de mes élèves, à quoi bon cette République ? Évidemment, c'est une question que je me suis posé assez tôt, c'estàd si c'est juste un bulletin de vote, mais que il y a une partie des jeunes français qui finalement basculent dans la barbarie et dans l'obscurantisme. À quoi je sers moi en tant que professeur de philosophie et à quoi sert l'école ? Donc c'est l'échec d'une institution. Donc cette question pour moi elle s'est posée est très tôt mais cette question elle pose aussi la question de l'avenir
de notre nation parce que si notre nation elle se elle se sépare comme ça en groupe ennemi et c'est ce qui se passe aujourd'hui y compris dans des bons lycées quel sera notre avenir ? C'est vraiment une question je pense et là je parle même de notre sécurité pas seulement de nos libertés. H mais tout ça est un tour bien sûr.
Et par quoi ça passait cette cette emprise que certains jeunes arrivaient à à vous confier, à vous révéler ? C'était quelque chose de qui avait toujours été là dans leur famille ou justement de nouveau ? Alors concrètement, ça se passait de la manière suivante. Euh, par exemple, à l'entrée de la mosquée, il y avait des recruteurs qui n'étaient pas de des des imams ou du tout, mais qui venaient de Sain Saint-Denni, ceux de Trap allaient recruter en scène Saint-Nenis. Et donc ce sont des prédicateurs qui viennent voir les jeunes comme d'ailleurs font les parties révolutionnaires dans notre pays. Lutouvrière fait ça. Elle vient à la sortie des lycées, elle essaie de repérer des jeunes, leur propose un café, on va discuter politique et petit à petit le travail pour faire douter la
personne, c'est c'est un phénomène d'emprise mentale qu'on voit dans toutes les sectes. C'est vraiment le le truc très classique. On fait douter la personne de son propre pouvoir de pensée et on lui inculque des idées qui lui donnent l'impression qu'elle va donner un sens à sa vie et devenir meilleure. Et donc ces prédicateurs, ils travaillent comme ça les des jeunes. Donc il commencent par des discussions qui ont l'air anodine qui sont très simples. Il leur donne beaucoup d'amour. Ça, faut pas l'oublier que c'est toujours en donnant de l'amour que que l'on éduque. Il leur donne beaucoup d'amour et progressivement et les amène à basculer et à en faire des ennemis de la France. Les font se sentir redevable de leur
milieu, de leur communauté. ce que j'ai remarqué dans pas mal de témoignages. Très bien.
Est-ce que vous avez l'impression après les un peu les perspectives que vous avez donné que que l'argument que que le positionnement laïque, que le positionnement des valeurs qui sont des notions floues face à une doctrine très précise et religieuse finalement est une faiblesse et que on a du mal à faire face à des gens aussi convaincus. Est-ce que est-ce que est-ce qu'on a les les outils nécessaires, les armes nécessaires pour faire face ? La laïcité c'est un cadre. Ce cadre a été fracturé dès dès l'entrée des des foulards dans les lycé et puis des des pseudo foulards, les abayas et cetera.
Mais après, on peut retirer les signes et en fait tant qu'on s'attaque au signes, on ne fait que s'attaquer aux effets. Et c'est ça le problème, c'est que nos nos politiques ne savent aujourd'hui que s'attaquer aux effets, c'est-à-dire qu'ils font de la communication. En réalité, il y a pas un parti politique en France aujourd'hui qui a un projet sérieux de lutte contre l'islamisme. Il n'y en a pas un. Parce que pour faire un tel projet, il faut être capable de projeter notre pays déjà sur une période de 20 ans. 20 ans au moins pour maintenant s'attaquer à ces phénomènes qui sont massifs, qui touchent pas une petite fraction de la population mais qui touche une grande partie de notre population et d'autant
plus que elle s'est alliée avec la gauche. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, elle a rallié en grande partie après le 7 octobre ce qu'on peut appeler la petite bourgeoisie intellectuelle ou ce qu'on peut appeler aussi les clair dans notre société, c'est-à-dire les artistes, les enseignants, les universitaires, les scientifiques, les journalistes, une partie des avocats, tout ce milieu des fonctionnaires, tout ce milieu qui considère finalement que Le programme du Hamas après tout est un programme de résistance. C'est quand même incroyable parce que le Hamas, c'est la même chose qu'un parti
nazi. C'est un parti dont le projet c'est le génocide des juifs. Donc voilà ce qu'on entend aujourd'hui dans le le discours. Et donc le Black Friday, c'est également sur la boutique de frontière - ins 10 % pour avoir des goodies, frontières, des t-shirts, des polos. C'est les fêtes de Noël qui approchent. Quoi de mieux que ce type de cadeau engagé mais sympathique ? Merci à tous. www.frontiermedia.fr. Jusqu'au 1er décembre, le Black Friday pour vous.
Didier Lemaire