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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 août 2022 26 min

Jets privés, "Kohlantess" à la prison de Fresnes, pouvoir d'achat... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur

France Info.

0:03
Locuteur 4

Bienvenue, si vous nous rejoignez pour l'invité du 8.30, sur France Info, la radio, et sur France Info, canal 27, bien sûr. À mes côtés, comme chaque matin, Jean-François Akeli. Bonjour Jean-François. Bonjour Céline. Et bonjour à vous, Manuel Bompard. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation ce lundi matin. Vous êtes député La France Insoumise des Bouches-du-Rhône. Dans quelques jours, débuteront d'ailleurs les universités d'été de votre parti. On en parlera certainement dans quelques minutes. D'abord, je voudrais avoir votre avis sur une proposition faite ce week-end par Clément Beaune.

C'est le ministre des Transports qui réfléchit, dit-il, à réguler l'usage des jets privés dans le cadre du plan de sobriété énergétique. Est-ce que ça vous paraît une bonne idée ?

0:42
Locuteur 6

Oui, c'est indispensable à mon avis. On ne peut pas à la fois vivre l'été qu'on vient de vivre, c'est-à-dire un été où l'urgence climatique a montré ses effets, et en même temps considérer qu'il peut y avoir une petite partie de la population qui, elle, continue à vivre dans le faste, le luxe, au détriment du réchauffement climatique et de l'avenir de notre planète et de notre écosystème.

1:06
Locuteur 4

Ça fait quand même mesure anti-riches, non ? Vous n'avez pas l'impression ?

1:08
Locuteur 6

Écoutez, vous savez, il y a 1% de la population qui est responsable dans le monde de 50% des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur aérien. Ça, c'est une réalité. Donc, vous ne pouvez pas seulement demander à celles et ceux qui utilisent leur voiture pour aller travailler de faire des efforts. Il faut qu'à un moment, tout le monde contribue à ces efforts. Et donc, que le jet privé soit utilisé, mis à contribution, voire interdit, moi, c'est la proposition que je formule ce matin, ça ne me paraît indispensable.

1:32
Locuteur 7

Réguler ou bannir, comme le propose Julien Bayou d'Europe École Générale ?

1:36
Locuteur 6

Il va falloir, il faut voir ce que ça veut dire réguler, mais malheureusement, avec ce gouvernement, à chaque fois qu'on parle de réguler, à la fin, on a des micro-régulations qui ne changent pas grand-chose au problème qui est posé. Donc, oui, je pense que c'est l'avenir même des jets privés qui est posé. Et donc, moi, je ne suis pas hostile à ce qu'on réfléchisse à des formes d'interdiction de ces jets privés qui, honnêtement, forment une certaine forme d'indécence à l'utilisation de ces jets quand vous demandez à l'ensemble de la population de faire des efforts. Le gouvernement dit qu'il va falloir faire de la souveraineté.

2:02
Locuteur 7

Fleuron de l'industrie française, avec les Falcons, notamment de Dassault.

2:07
Locuteur 6

Je sais, mais bon, écoutez, il y a un certain nombre de choses où on a été très forts, où on a été très bons. Et il ne s'agit pas de remettre en cause le fait que notre industrie a été à la pointe sur un certain nombre de sujets, mais qui sont des pratiques qui sont plus compatibles avec les objectifs en matière écologique. Et donc, je pense que l'utilisation des jets privés par quelques individus me paraît faire partie de ces pratiques qui ne sont pas compatibles. Mais on pourrait parler d'autres sujets. Les voitures de luxe, les yachts privés.

Il y a un certain nombre de pratiques aujourd'hui qui, tout simplement, ne peuvent pas continuer à exister si on veut être à la hauteur de l'urgence climatique.

2:42
Locuteur 7

À ce moment-là, vous y mettez aussi les navires de croisière qui sont très polluants, mais qui concernent quand même un tourisme de masse de gens modestes.

2:49
Locuteur 6

Là aussi, vous qui êtes député de Marseille, par exemple. Justement, moi qui suis député de Marseille, je peux vous dire que... Ils sont tous là, les navires de croisière. Les immenses paquebots de croisière qui polluent l'équivalent quasiment de l'ensemble du parc automobile sur la ville de Marseille et qui font que vous avez aujourd'hui les populations qui, comme par hasard, sont les populations les plus pauvres, qui sont les plus frappées par la pollution de ces grands navires de croisière. Je pense qu'effectivement, c'est aussi un sujet sur lequel il va falloir se pencher. Alors, l'interdiction, ce n'est pas toujours la solution à tout. Il faut regarder les choses avec précision.

Mais on ne peut pas continuer comme si de rien n'était et considérer que les pauvres doivent faire des efforts face à l'urgence climatique, mais que les riches, les ultra-riches, peuvent continuer à se gaver et à profiter.

3:33
Locuteur 4

En tout cas, vous avez le sentiment qu'il y a une prise de conscience après l'été qu'on vient de vivre, y compris de la part du gouvernement, puisque vous saluez la bonne idée de Clément Beaune.

3:40
Locuteur 6

Je salue. On va voir ce qui va en advenir. Je ne sais pas s'il y a une prise de conscience. Malheureusement, cette prise de conscience, ça fait depuis plusieurs années maintenant que nous sommes un certain nombre à alerter sur l'urgence climatique et où malheureusement, il y a beaucoup de paroles, mais les actes ne suivent pas. Je rappelle qu'on parle d'un gouvernement qui a été condamné à deux reprises pour une action climatique et environnementale, que la France est le seul pays en Europe qui n'a pas respecté ses objectifs en matière de développement des énergies renouvelables. Donc, vous savez, il ne suffit pas de belles paroles, de communication. À un moment, il faut désacter.

4:11
Locuteur 4

Qu'est-ce qu'on aurait pu faire, justement, pour faire face à la sécheresse, aux incendies monstres, aux orages meurtriers ? Quelles auraient pu être les mesures ?

4:21
Locuteur 6

D'abord, il y a les politiques de long terme. D'abord, ce qu'on peut se poser comme question, c'est qu'est-ce qui n'a pas été fait qui fait qu'on se retrouve dans cette situation ? Et depuis cinq ans, mais ça ne date pas que du quinquennat d'Emmanuel Macron, on peut parler des quinquennats précédents, mais clairement, on n'a pas été à la hauteur de la bifurcation écologique nécessaire. C'est-à-dire que je parlais du développement des énergies renouvelables où on a été à la traîne. Je peux parler du cycle de l'eau, des usages de l'eau, de l'utilisation et de la protection de l'eau.

Vous savez qu'il y a 20%, par exemple, de l'eau qui se perd dans les canalisations qui sont dans des états défectueux. À quand le grand plan de rénovation de ces canalisations ? On peut parler de l'agriculture. À quand la transition agricole pour avoir une agriculture qui soit plus économe en eau, qui utilise moins d'intrants chimiques, moins de produits qui détruisent les sols et la biodiversité ? Bon, toutes ces politiques-là, honnêtement, pour l'instant, on n'a pas été à la hauteur de la situation.

Et quand vous avez le gouvernement qui, à travers la loi sur le pouvoir d'achat qu'on a voté avant les vacances, réouvre des centrales à charbon ou investit dans la construction d'un terminal méthanier pour introduire et importer du gaz de schiste américain, je n'ai pas l'impression qu'on soit dans la bonne direction.

5:24
Locuteur 7

Les baisses de prix du litre des carburants, vous étiez pour ? Bien sûr, mais encore... Mais ça, non plus, ça ne va pas dans le sens de la transition écologique si on favorise l'automobile.

5:34
Locuteur 6

Vous voyez ce que je veux dire ? Bien sûr, je vois ce que vous voulez dire. Mais écoutez, il faut prendre les choses dans l'ordre. C'est-à-dire qu'il y a des mesures d'urgence. Aujourd'hui, quand vous n'avez pas d'autres alternatives que d'utiliser votre voiture pour aller travailler...

5:43
Locuteur 7

Il y a toujours des mesures d'urgence, Manuel Bompard. Vous savez, c'est le fin du monde versus fin du mois.

5:47
Locuteur 6

Oui, d'accord. On est toujours là-dedans, en fait. Vous avez remarqué que dès qu'il s'agit de faire payer à celles et ceux qui n'ont pas d'autres solutions, tout le monde trouverait ça normal. Mais par contre, quand on dit qu'il faut mettre à contribution, interdire les jets privés et dire que les plus riches qui se gavent et qui polluent, eux, doivent être mis à contribution, là, il y a toujours des problèmes. Donc moi, ce que je vous dis, c'est qu'il faut des mesures d'urgence. Et donc oui, ce n'est pas possible de continuer à vivre quand le litre de carburant est à 2 euros, 2,20 euros, 2,30 euros, parfois 2,50 euros. Il faut des mesures d'urgence.

Et ensuite, il faut une planification à moyen terme, à long terme, pour réduire l'utilisation de la voiture individuelle, pour multiplier les alternatives comme les transports en commun, les petites lignes de train qu'il faut réouvrir.

6:23
Locuteur 4

Et il faut être capacité de faire les deux. La planification, elle est toujours sujette aux crises que l'on peut vivre. On a vu avec le Covid, on a vu avec la guerre en Ukraine qu'on a vécu un certain nombre d'événements qui étaient imprévisibles et qui peuvent mettre à mal aussi la planification.

6:36
Locuteur 6

Bien sûr qu'après, quand on a une forme de planification, on réagit aux événements. Mais pour l'instant, cette planification, elle n'existe pas. Écoutez, Emmanuel Macron, entre les deux tours de la présidentielle, a voulu prendre ce mot pour envoyer un message aux électrices et aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon leur disant « Vous voyez, l'écologie, je vais enfin faire quelque chose sur ce sujet. » Mais il a fait la même chose avant les élections européennes de 2019. Il a fait la même chose en 2017. Avant chaque élection, Emmanuel Macron devient un chantre de l'écologie. Et puis une fois qu'il est élu, il ne se passe plus rien. Et c'est toujours les mêmes politiques qui continuent.

7:05
Locuteur 7

Est-ce qu'il y a un plan de sobriété énergétique qui arrive à la rentrée ?

7:08
Locuteur 6

Eh bien justement, si on veut parler de sobriété énergétique, commençons par les jets privés, les yachts dont j'ai parlé. Et ça, c'est de la sobriété énergétique. C'est une mesure qui concerne une toute petite partie de la population et qui a un impact immédiat en termes de sobriété énergétique.

7:23
Locuteur 4

Alors on va parler de la rentrée et des grands dossiers de cette rentrée sociale et politique dans un instant. Manuel Bompard, député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône, vous restez bien sûr avec nous. Tout d'abord, le fil-info pour faire le point sur l'actualité de ce lundi matin à 8h40. C'est avec Louise Buyens.

7:39
Locuteur 1

Retour à l'école. Dans dix jours, mais 4000 postes d'enseignants n'étaient pas pourvus au début de l'été. Alors pour s'assurer qu'il y aura un prof dans chaque classe à la rentrée, des cellules sont activées aujourd'hui dans tous les rectorats. Des contrats actuels vont notamment suivre une formation en accéléré cette semaine. Pour le conseil exécutif de la Corse, il est temps de tirer les indispensables leçons de la tempête de jeudi dernier qui a coûté la vie à cinq personnes. Le conseil se demande si on aurait pu mieux anticiper l'arrivée de cet orage en installant par exemple des bouées de mesures au large de l'île. C'est l'une des mesures phares de la loi climat.

Les publicités pour les énergies fossiles sont désormais interdites en France. Seul le gaz y échappe pour que les consommateurs soient informés des options de remplacement alors que les tarifs réglementés prendront fin l'été prochain. Un festival de but au Stade Morois. Hier, en clôture de la troisième journée de Ligue 1 de foot, le PSG s'est imposé 7 buts à 1 contre l'île.

8:35
Locuteur 7

Avec nous Manuel Bompard, député de la France Insoumise de Marseille, des Bouches-du-Rhône. Manuel Bompard, vous n'avez rien obtenu pour cette loi pouvoir d'achat. Vous méritiez pour le SMIC à 1500 euros. Ça n'a pas été voté. Ma question, c'est la rentrée qui s'annonce. Comment est-ce que vous allez vous opposer à la réforme de l'assurance chômage à l'automne ?

9:04
Locuteur 6

On va se battre comme on l'a fait sur ce texte sur le pouvoir d'achat, sur le budget, c'est-à-dire bien sûr à l'Assemblée Nationale, mais aussi dans les mobilisations puisqu'il y a déjà des dates qui sont prévues. Il y aura une manifestation le 29 septembre à l'appel des organisations syndicales. Vous voulez dire quoi ? Un troisième tour social dans la rue ? Je ne sais pas si c'est un troisième tour, mais il est normal que quand il y a des débats à l'Assemblée Nationale, la société aussi s'empare de ces débats. Et donc il y a des appels à la mobilisation. Ils sont déjà posés, notamment sur la question des salaires. Vous l'avez dit, il y a eu un texte sur le pouvoir d'achat.

Nous avons proposé et nous disions, si vous voulez augmenter le pouvoir d'achat des Françaises et des Français, la première solution c'est d'augmenter les salaires. Et ce que peut faire l'État, c'est facile, c'est augmenter le SMIC. Nous proposions le SMIC à 1 500 euros net. Le gouvernement l'a refusé. Et donc ces revendications-là, elles sont toujours sur la table. Parce que tout le monde sait que le texte sur le pouvoir d'achat du gouvernement ne permet pas de répondre à l'urgence, notamment avec l'inflation qui atteint 6-7%. Donc ces sujets, ces revendications, elles sont toujours présentes.

10:05
Locuteur 7

Daniel Bonpar, le gouvernement veut durcir les règles d'indemnisation de cette assurance chômage. Donc ces durées montant qui seront réduites en période d'embellie, c'est un peu aussi l'idée. Et inversement, si vous n'obtenez pas gain de cause dans l'émissie, qu'est-ce qui se passe ? Vous demandez à ce que ça se passe dans la rue ? C'est quoi l'idée ?

10:24
Locuteur 6

Mais vous savez, c'est la démocratie. La démocratie, c'est qu'il y a une majorité et une opposition. Donc quand la majorité défend des textes et des propositions dans lesquelles nous ne nous retrouvons pas, nous allons les combattre. Nous allons le faire à l'Assemblée nationale. Nous faisons le travail d'amendement. Nous faisons le travail d'explication. Nous intervenons. Nous votons contre à la fin si aucun de nos amendements et aucune de nos propositions n'ont été reprises. Mais ce travail, et c'est sain dans une démocratie, il se mène aussi dans la société, dans la rue. Il y a des organisations syndicales. Elles appellent à des mobilisations.

Et nous-mêmes, nous travaillons sur le projet d'une grande marche, marche contre la vie chère, qui aura lieu normalement au début du mois d'octobre et que nous proposons à l'ensemble des organisations syndicales, politiques, associatives, de co-organiser avec nous. C'est normal dans une démocratie qu'on se batte dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, mais qu'on puisse aussi le faire dans la rue.

11:08
Locuteur 4

On a reçu ici à votre place aussi des représentants de l'opposition, notamment de la droite, qui se félicitaient en tout cas d'avoir réussi à infléchir certains textes, d'avoir fait passer des mesures. On a l'impression que ça marche moins pour la France insoumise ou pour la NUP.

11:22
Locuteur 6

Il est clair que le gouvernement a choisi aujourd'hui de travailler plutôt avec la droite de l'hémicycle et donc de faire des compromis avec les Républicains plutôt que de reprendre les propositions qui ont été formulées par la Nouvelle Union.

11:33
Locuteur 4

Vous y seriez pris à des compromis ?

11:34
Locuteur 6

Nous, nous avons fait des amendements, nous avons fait des propositions. Pour l'instant, aucune d'entre elles n'a été reprise. Par exemple, prenons un exemple, un sujet qui s'est fait dans tous les pays européens quasiment. L'Espagne l'a fait, l'Italie l'a fait, la Grande-Bretagne l'a fait. Nous avons dit, mettons en place une taxation sur les super profits pour faire en sorte que les grandes entreprises, notamment du secteur de l'énergie, des carburants, du transport maritime qui ont fait des profits gigantesques, records, soient mis à contribution.

12:00
Locuteur 4

Là-dessus, vous étiez un peu tout seul, effectivement.

12:02
Locuteur 6

Ça ne s'est pas joué à beaucoup. Il a manqué quelques voix à l'Assemblée Nationale pour que cet amendement soit voté. Mais on ne renonce pas sur ce sujet. Écoutez, tous les pays européens le font. Le secrétaire général de l'ONU dit, il faut mettre en place une taxation sur les super profits. La Commission européenne, je n'ai pas l'habitude de citer la Commission européenne, dit elle-même, il faut peut-être mettre à contribution les super profits. Vous avez Total qui a fait 18 milliards d'euros de bénéfices sur le premier semestre de l'année 2022 et le gouvernement refuse de les mettre à contribution.

12:29
Locuteur 4

Est-ce que vous êtes sorti de cette séquence parlementaire cet été en vous disant bon, on a un problème de méthode, ça ne marche pas, il va falloir qu'on fasse autrement ?

12:35
Locuteur 6

Moi, je suis sorti de cette séquence parlementaire cet été avec une forme de clarification politique. C'est-à-dire, il y a une minorité présidentielle à l'Assemblée Nationale. Il y a une force d'appoint. C'est les Républicains qui, en quelque sorte, votent l'ensemble des textes du gouvernement. Il y a une force qui ne sert pas à grand-chose. C'est le Rassemblement National. Ils font beaucoup de bruit.

12:55
Locuteur 4

Vous dites que l'opposition, c'est vous, c'est ça ?

12:56
Locuteur 6

Écoutez, c'est une évidence. Le Rassemblement National, à la fin, vote contre l'augmentation du sujet à 1500 euros. Vote pour les projets du gouvernement. Et les seuls qui tiennent bon sur les convictions qu'ils ont défendues pendant la campagne électorale, c'est nous.

13:07
Locuteur 7

C'est ce qui vous est reproché également. Soyez honnête. Faire beaucoup de bruit pour rien. Parce que vous n'obtenez rien à la sortie. Je vous parle techniquement, factuellement.

13:15
Locuteur 6

Alors d'abord, ce n'est pas tout à fait vrai que nous n'avons rien obtenu. Par exemple, nous avons obtenu une compensation pour les collectivités territoriales de l'augmentation du RSA contre la volonté du gouvernement, pour donner un exemple de choses qui ont été obtenues. Pour le reste, si vous voulez demander aux forces d'opposition d'être toujours d'accord avec la majorité, ça ne s'appelle plus la démocratie. Dans une démocratie, il y a une majorité, il y a une opposition. Nous sommes l'opposition. Nous sommes la seule opposition, à mon avis, sérieuse et responsable. Et nous menons le travail d'opposition, et nous allons le faire sur les sujets qui arrivent aussi à la rentrée.

13:44
Locuteur 7

Alors, Renaissance aimerait négocier en amont pour qu'il y ait moins... Renaissance, c'est le parti qui soutient le président de la République, qu'il y ait moins d'amendements, que ça aille plus vite. Vous allez discuter en amont, vous acceptez ce deal, si je puis dire ?

13:58
Locuteur 6

Non, mais ce n'est pas un deal. Mais s'ils sont prêts à reprendre des propositions que nous formulons, très bien. Pour l'instant, dans les deux mois... Ça va se passer comme ça ? Mais non, pour l'instant, dans les deux mois qui ont eu lieu à l'Assemblée nationale, aucune des propositions que nous avons mises sur la table n'ont été reprises. J'ai donné un certain nombre d'exemples. On peut parler du SMIC, on peut parler de la taxation sur les super-profits. Franchement, franchement, la taxe sur les super-profits, l'ensemble des pays européens le font. Qu'est-ce que ça coûte au président de la République de dire ? Et je pense que les Françaises et les Français peuvent le comprendre.

Vous avez des entreprises qui ne s'en mettent plus à l'époque.

14:28
Locuteur 7

Vous avez Grande-Bretagne, Italie, Espagne, et en plus, en Grande-Bretagne, c'est provisoire.

14:31
Locuteur 6

Non, vous en avez d'autres, qui ne sont pas forcément, par ailleurs, toujours des modèles pour moi, mais d'autres pays qui le font. Et puis, vous avez, y compris des institutions internationales qui disent qu'il faut le faire, que c'est une question d'égalité et de justice. Le président de la République, Emmanuel Macron, lui-même, a dit qu'il y a des profiteurs de crise, c'est-à-dire des entreprises qui profitent de la crise et qui s'en mettent plein à l'approche.

14:52
Locuteur 4

La fiscalité n'est pas toujours la solution, en fait, de dire que ça ne doit pas être le réflexe,

14:57
Locuteur 6

J'observe que quand il s'agit de mettre à contribution les plus grandes fortunes ou les méga-profits et les méga-dividends, le gouvernement trouve toujours des problèmes, dit toujours que c'est compliqué. Par contre, quand il faut faire payer les Françaises et les Français, par exemple, en augmentant les loyers, puisque c'est une des mesures du texte sur le pouvoir d'achat, le gouvernement se gargarise d'avoir gelé la hausse des loyers à 3,5%. C'est la hausse la plus importante qui sera enregistrée depuis que l'indice de référence des loyers a été créé. Donc, vous voyez, là, il n'y a pas de difficulté. Mais quand il faut mettre à contribution les super-profits, c'est toujours délicat.

15:26
Locuteur 7

Manuel Montpart, que dites-vous du lancement, le 8 septembre, du Conseil, le CNR, le Conseil National de la Refondation, voulu par Emmanuel Macron, je précise, c'est associé des citoyens, des élus, des acteurs économiques et sociaux pour, au fond, préparer les réformes ?

15:42
Locuteur 6

Écoutez, la dernière fois qu'une... C'est une bonne ou c'est une mauvaise initiative ? Je pense que c'est un enfumage de plus. Enfumage ? Écoutez, on a déjà connu ça, non ? On a organisé un grand débat. On a organisé une convention nationale sur le climat, dans la mandature... Convention citoyenne sur le climat, dans la mandature précédente.

15:59
Locuteur 7

La démocratie participative, c'est pas un bon principe ?

16:02
Locuteur 6

Mais c'est pas que c'est pas un bon principe. C'est que le problème, c'est qu'à la fin, il faut en reprendre les propositions. Regardez, la convention citoyenne sur le climat, Emmanuel Macron avait dit, on reprendra l'ensemble des mesures sans filtre. Et puis finalement, à la fin, il a dit, bon, je vais apprendre deux ou trois...

16:13
Locuteur 7

Vous pensez que là, le CNR va rester lettre morte ?

16:15
Locuteur 6

Je pense qu'à la fin, on va faire discuter les gens et qu'à la fin, le gouvernement décidera de ce qu'il a envie de mettre en place et de ce qu'il n'a pas envie de mettre en place. Donc, il y a une assemblée nationale, on y débat, on y vote des propositions de loi et les mesures qui visent à côté pour donner l'impression qu'on va écouter la population pour finalement continuer à amener la même politique. Vous avez peur de quoi que ça ?

16:32
Locuteur 7

Que ça marche sur vos plates-bandes parlementaires ? C'est quoi l'idée ? Est-ce que ça marche ?

16:36
Locuteur 6

Mais si ça marche, mais moi, je suis tout à fait d'accord si ça marche. Mais vous savez, la Convention citoyenne sur le climat, à peu près 95% des mesures qui en étaient sorties étaient dans le programme de la France Insoumise et de la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale. Donc, ça ne me dérange pas. Le problème, ce qui me dérange, c'est qu'à la fin, le gouvernement laisse discuter les citoyens dans ce type d'instances, mais à la fin, on n'en reprend pas les propositions. Et donc, à la fin, on continue avec la même politique.

Donc, s'il s'agit de faire un nouvel exercice où on donne l'impression aux gens qui vont participer à la politique mise en place, mais finalement, ce n'est pas le cas, ça va créer de la déception. C'est la seule remarque que je formule à ce sujet.

17:07
Locuteur 4

Est-ce que vous regardez, Manuel Bompard, ce qui se passe en Grande-Bretagne où certains secteurs ont lancé des grèves pour protester contre l'inflation ? Est-ce que ça vous paraît quelque chose qui pourrait advenir aussi en France ?

17:18
Locuteur 6

Je pense qu'il y a une colère et des difficultés sociales qui sont énormes dans notre pays, que le texte sur le pouvoir d'achat qu'on nous a présenté comme étant le texte qui allait répondre à l'ensemble de ces problèmes ne répond aucunement à ces problèmes, que l'inflation va atteindre des records,

17:32
Locuteur 4

Vous pourriez soutenir ce type d'initiative ?

17:35
Locuteur 6

Je pense qu'il y aura dans notre pays des mobilisations. J'en ai parlé, il y a une date le 29 septembre et bien évidemment, nous les soutiendrons. Et il faut des mesures qui permettent de répondre effectivement à ces problématiques. Et ces mesures, ça ne peut pas être des micro-primes qu'on distribue comme ça. Ces mesures, c'est forcément des mesures salariales. Et les mesures salariales, ça commence par l'augmentation du SMIC. Et cette revendication, nous n'allons pas la lâcher.

Et si on veut pouvoir financer ces mesures, ça passe nécessairement par des mesures de justice fiscale et donc par le fait de mettre à contribution celles et ceux qui profitent de cette situation, qui profitent de la crise. Ça ne peut pas être que le peuple qui paye la conséquence de la crise.

18:07
Locuteur 4

9h moins 10 sur France Info. Manuel Bompard, député de la France Insoumise, débouche du Rhône toujours à nos côtés dans ce studio. Tout de suite, le résumé de l'actualité de ce lundi matin. C'est le Filinfo et c'est avec Louise Buyens.

18:20
Locuteur 1

L'événement n'a pas coûté un sou aux contribuables français. La mise au point de Dominique Simonot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Les images de détenus de la prison de Fresnes qui font notamment du karting dans une compétition inspirée de Koh-Lanta fait polémique. Le ministre de la Justice a lancé une enquête administrative. Kiev s'attend à des provocations de l'armée russe pour le jour de l'indépendance de l'Ukraine. Mercredi, en conséquence, tous les rassemblements publics sont interdits dans la capitale dès aujourd'hui et jusqu'à jeudi.

Autour de la centrale nucléaire de Zaporizhia, Emmanuel Macron, Joe Biden, Olaf Scholz et Boris Johnson appellent à la retenue. Les quatre dirigeants réclament aussi l'envoi rapide sur place. d'inspecteur de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Les Français quittent Munich et les championnats d'athlétisme avec neuf médailles au compteur. Mais aucune en or. Hier, les Bleus ont remporté l'argent en relais 4x100 mètres homme et le bronze en 10 000 mètres avec Yann Schrube.

19:23
Locuteur 3

France Info

19:24
Locuteur 5

Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

19:30
Locuteur 4

Avec toujours à nos côtés Manuel Bompard, député La France Insoumise des Bouches du Rhône. Manuel Bompard, vous avez sans doute vu ce tweet, ce week-end, du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui a ordonné une enquête administrative après la diffusion des images montrant des détenus qui pilotent des cartes dans la prison de Frennes. C'est une opération caritative qui a eu lieu à la fin du mois de juillet. Les images ont été publiées ce week-end. Je voudrais vous faire écouter, parmi les nombreuses réactions provoquées par cette initiative, la réaction d'Emmanuel Baudin. C'est le secrétaire général du syndicat national pénitentiaire. Et faux, c'était sur France Info.

20:05
Locuteur 2

Il n'y a qu'à Frennes où on voit ça. Et je vous dis, ça se répète. Ce n'est pas la première opération qu'il fait, qui pour nous ne correspond pas à la réinsertion et ce qu'on doit faire pour rapprocher les détenus et les surveillants. Là, on est dans le buzz, on est dans l'extrême. Nous, nous demandons, et nous l'avons déjà fait, oui, à ce que le directeur de Frennes soit remplacé et qu'on remette de l'ordre dans cet établissement.

20:25
Locuteur 4

Emmanuel Bampard, est-ce que vous comprenez que ça choque certains syndicats pénitentiaires et une partie de l'opposition, notamment de la droite et de l'extrême droite ?

20:31
Locuteur 6

C'est une polémique qui a été initiée par l'extrême droite pour une opération qui date d'il y a plusieurs semaines, qui à l'époque d'ailleurs n'avait pas suscité particulièrement d'indignation et qui est instrumentalisée. Parce que quand je lis les tweets qui consistent à dire que la prison, ce serait devenu le Club Med, moi j'invite les personnes qui disent ça à venir en prison, à venir notamment à Frennes, et on verra que des détenus qui sont à trois dans une cellule 22h sur 24 dans des situations d'insalubrité avec des rats dans les couloirs, avec des punaises de lit dans les cellules, avec des matelas qui sont au sol, vous savez ça c'est pas le Club Med.

Alors qu'il y ait des opérations qui visent, d'ailleurs qui sont des opérations caritatives, qui visent à aider à financer des associations et qui permettent des projets, qui permettent un petit peu des moments, un petit peu de bonheur pour faire en sorte, parce que ça reste des êtres humains.

21:21
Locuteur 4

En même temps une course de cartes dans la cour d'une prison, c'est vrai que c'est une image assez inhabituelle qui peut être assez tôt.

21:26
Locuteur 6

S'il y a des difficultés de sécurité, ça je peux les entendre, j'imagine que la direction de l'établissement, en lien d'ailleurs de ce que j'ai compris avec le cabinet du ministre, a évalué ces difficultés-là. Donc je trouve que cette polémique est une polémique, à mon avis, assez absurde et inhumaine, mais ce qui me choque particulièrement, c'est que le garde des Sceaux n'ait rien de mieux à faire que de sauter à la corde des polémiques lancées par l'extrême droite.

Si Eric Dupond-Moretti est choqué, il devrait être choqué de l'état des prisons en France, il devrait être choqué du fait que, malgré une condamnation en 2020 par la Cour européenne des droits de l'homme pour la surpopulation carcérale dans notre pays, rien n'a été fait pour résoudre ces difficultés. Et je crois que le garde des Sceaux, il ferait mieux de s'attaquer à ces difficultés-là, plutôt que de sauter à la corde des polémiques initiées par l'extrême droite.

22:10
Locuteur 7

Il faut augmenter le nombre de places de prison dans notre pays. Il y a à peu près 70 000 détenus pour un parc de 60 000 places.

22:18
Locuteur 6

C'est ça, il y a des difficultés de surpopulation carcérale. Il faut augmenter le nombre de places de prison. De ce que j'ai compris, la difficulté, c'est qu'à chaque fois que vous augmentez le nombre de places de prison, vous augmentez le nombre de détenus. Je ne suis pas certain que ce soit une manière de résoudre les difficultés de surpopulation carcérale. Je crois qu'il faut se poser toujours la question des alternatives à la prison, qui n'est pas la seule manière de sanctionner des crimes et des délits. Il y a des alternatives qui sont plus efficaces, y compris en matière de réinsertion.

Alors je sais qu'on aime bien flatter les instincts en disant qu'il faut qu'une personne aille forcément en prison. Mais ce n'est pas toujours la meilleure des solutions. Je ne suis pas sûr que ce soit l'augmentation de places de prison qui soit forcément la solution. Mais en tout cas, il y a une difficulté de surpopulation carcérale. Vous avez donné des chiffres. Il y a eu des condamnations de la France, je voudrais quand même le dire, pour ces questions de surpopulation carcérale. Et donc si Éric Dupond-Moriti veut faire quelque chose sur les prisons, il devrait mieux s'attaquer à ça que de réagir à ce type de polémique.

23:09
Locuteur 7

Emmanuel Bompard, des débats chics pour une rentrée choc. La formule est du Parisien aujourd'hui en France pour décrire vos universités d'été qui démarrent dans la Drôme. C'est ça, jeudi. Ce jeudi. Pourquoi avoir invité Rachid Ladati, Marlène Schiappa, Clément Beaune, Olivia Grégoire, l'opposition des membres du gouvernement ?

23:28
Locuteur 6

Parce que le principe de ces universités d'été, c'est d'avoir des moments de débat, de discussion. Donc le principe d'un débat, c'est de débattre avec des gens qui ne sont pas d'accord avec vous. Parce que si vous n'invitez que des gens qui sont d'accord avec vous, à la fin, il n'y a plus trop de débats. Et donc on a trouvé utile d'avoir un débat avec Rachid Ladati sur les questions notamment de justice. On en parlait à l'instant. Rachid Ladati a été garde des Sceaux. C'est intéressant de pouvoir débattre avec elle sur le sujet. On ne sera sans doute pas d'accord avec beaucoup de choses de ce qu'elle va dire. Mais je trouve que c'est utile d'avoir ce type de débat.

Et puis avec un certain nombre de ministres du gouvernement pour débattre des sujets d'actualité. Je trouve qu'au moment où vous avez une volonté d'une partie de La République En Marche d'essayer d'expliquer que la France Insoumise est en dehors du champ républicain et qu'on ne peut pas débattre avec elle, le fait qu'il y ait des ministres qui viennent débattre au sein de nos universités démontre que si, justement, on est en capacité d'avoir un débat, bien sûr on n'est pas d'accord, et d'avoir ce type de discussion.

24:18
Locuteur 4

Est-ce que vous allez parler des Européennes à ces universités d'été ? Parce que vous avez vu sans doute que Europe Écologie Les Verts n'a pas très envie de faire liste commune avec la France Insoumise.

24:26
Locuteur 6

Alors, il y a des débats qui vont être consacrés aux questions européennes, il y a notamment un débat avec Clément Bonne qui était l'ancien ministre de l'Europe et Manon Aubry, donc bien sûr que ces sujets-là, ils seront au cœur de nos universités d'été. Maintenant, en ce qui concerne les élections européennes, elles ont lieu dans deux ans, on a le temps. Oui, ça se prépare en amont quand même. Bien sûr, on en parle, on a mis un certain nombre de propositions.

24:45
Locuteur 4

Les Verts disent déjà qu'ils sont plutôt contre,

24:47
Locuteur 6

même deux ans avant. Je crois qu'ils vont avoir des débats, ils vont avoir un congrès, ils vont discuter de ce sujet, l'ensemble des organisations de la NUP vont avoir des congrès pour parler de ça. Nous, nous avons dit clairement, puisque la question nous a été posée que la perspective d'une liste commune aux élections européennes, c'était une perspective qui nous paraissait importante, tout simplement parce que si on veut être en capacité de finir en tête des élections européennes, ça doit être ça, notre objectif. Eh bien, il faut faire en sorte d'être regroupés et rassemblés. Ça me semble être la voie sur laquelle il faut travailler.

Maintenant, on va travailler collectivement à faire en sorte de réunir les conditions

25:15
Locuteur 7

pour que cette liste commune soit puissée. Pour conclure, Manuel Bonpeur, en termes d'affichage, qu'est-ce que vous voulez ? Pour apparaître comme la première force de gauche, un petit peu comme jadis, le Parti Socialiste,

25:27
Locuteur 6

pour apparaître. C'est une réalité mathématique. Vous avez aujourd'hui 151 députés de la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, à l'Assemblée Nationale. Il y en a 75 qui sont membres de la France Insoumise. Maintenant, nous, nous tenons à ce que ces moments de rentrée soient des moments où on peut débattre, préparer ensemble les événements de la rentrée. Et donc, c'est normal qu'il puisse y avoir des débats sur l'actualité avec des opposants. Il me semble que c'est une bonne chose dans une démocratie qu'on puisse avoir des lieux de débat. En tout cas, c'est ce à quoi on aspire.

Et donc, j'invite celles et ceux qui nous écoutent, s'ils le souhaitent, à venir nous rejoindre sur ces universités d'été qui auront lieu à partir de jeudi à côté de Valence, à Choteau 9, sur Isard, dans la Drôme.

26:01
Locuteur 4

Voilà, le message est passé. Merci beaucoup, Manu. Merci à vous. Député de la France Insoumise débouche du Rhône. Merci à vous, Jean-François Aquili. On se retrouve évidemment demain. D'ici là, restez avec nous, bien sûr, sur France Info. Sous-titrage Société Radio-Canada