Face à Face : Marine Le Pen - 17/07
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Néhila Latrousse.
8h30 sur BFM TV RMC, bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. C'est votre première longue interview depuis le 7 juillet, depuis le second tour des législatives. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation politique n'est pas beaucoup plus claire depuis. Emmanuel Macron a accepté hier la démission du gouvernement Attal, sans en nommer de nouveau. Ce qui veut dire que les ministres actuels vont expédier les affaires courantes, c'est le terme. Est-ce que vous dites, comme la gauche, que la Macronie s'accroche au pouvoir ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a quelque chose d'éminemment gênant à voir des ministres, puisqu'ils sont toujours ministres, courir les couloirs de l'Assemblée pour faire voter pour eux, par exemple. L'article 23 de la Constitution est extrêmement clair. Il y a une incompatibilité entre un poste gouvernemental et l'exercice d'un mandat. Donc on va se retrouver avec 17 ministres qui sont en même temps députés. Ça s'appelle, quoi qu'on en dise, une violation de l'esprit de la Constitution, puisqu'il y a là, incontestablement, une confusion des pouvoirs. Or, la séparation des pouvoirs est un des principes de base de notre démocratie.
Si l'on comprend, la situation est partie pour durer, puisqu'Emmanuel Macron veut se donner du temps avant de désigner un successeur. Ça peut tenir combien de temps ? Et en même temps, est-ce qu'il avait vraiment le choix, Emmanuel Macron ? Parce que pour l'instant, l'alternative gouvernementale n'est pas évidente.
Non, je ne dis pas que l'alternative est évidente. Je crois que chacun aura compris qu'elle ne l'est pas. Mais ce que je trouve étonnant, c'est que le président de la République n'informe pas les Français. En réalité, les Français ne savent pas ce qui se passe. Après tout, le président de la République aurait pu... Il a fait une lettre au français. Il a fait un communiqué hier de l'Elysée. Vous souhaitez qu'il prenne la parole ? Non, mais cette lettre est une vaste blague.
Mais il aurait pu expliquer aux Français que compte tenu du fait que ce que j'avais annoncé, par ailleurs, nous sommes en plein bourbier, et qu'il y a les Jeux Olympiques qui arrivent, eh bien, il y a un gouvernement qui expédiera les affaires courantes dans l'attente des Jeux Olympiques. Or, on n'a pas beaucoup d'explications. Et effectivement, ça donne un sentiment aux Français qui est un peu terrifiant, d'une classe politique qui, en réalité, tourne sur elle-même, qui ne parle que d'elle-même, et je pense que le Nouveau Front Populaire fait énormément de mal à la démocratie en ce moment. Pour quelles raisons ?
Écoutez, moi, je me mets à la place un peu de leurs électeurs, qui ont disparu des radars totalement, qui s'attendaient à toute une série de promesses plus mirifiques les unes que les autres, et qui voient des gens en train de se batailler entre eux pour des histoires de place. Vous savez, ces petits jeux partisans que l'on appelait, sous la troisième, le crétinisme parlementaire.
Et dans le même temps, Marine Le Pen, vous dites que Emmanuel Macron n'a pas pris la parole, Gabriel Attal l'a fait, il a expliqué que c'était au nom de la stabilité. Est-ce que vous lancez un appel à la responsabilité aux oppositions, en leur disant, bon, Emmanuel Macron ne souhaite pas faire appel au Rassemblement National, dont acte, mais il faudra quand même tout de même se mettre d'accord sur un chemin, le pays ne peut pas être gouverné de la sorte. Vous évoquez de la stabilité pendant les JO, les Jeux Olympiques, c'est deux mois, Marine Le Pen, c'est long.
Pour l'instant, le pays n'est pas gouverné, puisqu'il n'y a pas de gouvernement. Bon, par conséquent, il n'est pas gouverné. Il y a un gouvernement d'affaires courantes. Il n'est pas gouverné, et voilà, on gère les urgences, il n'est pas gouverné. Bon, donc il va falloir de toute façon en sortir. Le problème, si vous voulez, c'est que moi, je vois bien arriver le gouvernement technique, tel que l'Italie l'a vécu. C'est une bonne solution, ou c'est votre pire cauchemar ? Non, non, mais ce n'est absolument pas une bonne solution, parce qu'Emmanuel Macron a quand même fait la dissolution de l'Assemblée nationale, soi-disant pour rendre le pouvoir au peuple.
Et en réalité, c'est la technocratie qui va prendre le pouvoir, sachant pertinemment que la technocratie va œuvrer contre les intérêts, évidemment.
Peut-être que je pourrais expliquer ce qu'on appelle un gouvernement technique, Marine Le Pen, c'est un gouvernement de hauts fonctionnaires et d'experts. Oui, c'est des macronistes, quoi. Et je comprends ce matin... C'est-à-dire un gouvernement Macron, en fait. Je comprends ce matin, Marine Le Pen. Ça fait à peu près 7 ans qu'on a ça déjà. Que ça n'a pas votre préférence. Mais dans le même temps, il n'y a pas beaucoup d'alternatives à ce stade.
C'est soit confier au nouveau Front Populaire la tâche d'essayer de former un gouvernement, et de ce point de vue-là, lorsque vous dites, nous déposerons automatiquement une motion de censure, s'il y a des insoumis ou des écologistes au pouvoir, vous fermez la porte aussi un peu à cette voie-là. Soit c'est la reconduction du camp d'Emmanuel Macron, avec quelques alliés, peut-être à droite, peut-être à gauche. C'est cette dernière option que vous préférez ? En fait, ça vous arrangerait que Gabriel Atalbis reste avec un peu de gauche, un peu de droite ?
Je crois que tout est mieux qu'un gouvernement du nouveau Front Populaire, qui n'est pas majoritaire. Moi, j'essaie de penser idées politiques et projets politiques, pas seulement personnes. Ça, c'est leur magouille. Le pire projet du nouveau Front Populaire. C'est leur posture. Les personnes, et toi, non c'est pas toi, c'est lui, non c'est pas lui, c'est toi. Je trouve que ça contribue à affaiblir encore plus, si c'est possible, le lien qui existe entre les Français et leur disant. Moi, ce qui m'importe, c'est que les Français, au moment où nous nous parlons, l'immigration continue à aggraver la situation du pays. Elle continue à être hors contrôle. L'insécurité continue à exploser.
Les problèmes de pouvoir d'achat continuent à pourrir l'existence de nos compatriotes. Et aucune réponse n'est apportée à cela. Donc, un gouvernement sera, de toute façon, à un moment donné ou à un autre nommé. Et nous ferons ce que nous avons toujours fait, avec clarté et avec cohérence. Chaque texte qui nous sera proposé, nous l'analyserons. S'il est bon pour les Français, nous le voterons. S'il est mauvais pour les Français, nous nous y opposerons. Je crois que vraiment, le Rassemblement National représente dans cette nouvelle Assemblée un pôle de clarté, de transparence, comme il l'a été d'ailleurs dans cette élection législative, et de cohérence politique.
Pour résumer à ce stade, Marine Le Pen, ce que vous nous dites, vous nous dites qu'un gouvernement du nouveau Front populaire, ce serait le pire. Un gouvernement technique, ce serait la confiscation, en quelque sorte, du vote des Français. Finalement, la coalition centrale à laquelle appelle Emmanuel Macron... Non, c'est parce que je vous dis qu'un gouvernement technique, c'est un gouvernement masculin. Mais dans le même temps, vous dites, ce que propose le camp central, c'est-à-dire une coalition droite et de gauche, ça peut aller... Vous évoquez les textes, on va rentrer dans les textes.
Mais madame Latroux, je suis désolé de vous dire que j'avais prévu tout ça. Je l'avais dit tout ça. Je l'avais dit aux Français, moi. J'avais dit soit le Rassemblement National aura une majorité absolue, et il est le seul à pouvoir en avoir une, donc à pouvoir gouverner, soit ce sera le bourbier. Bon, ben c'est le bourbier,
puisque tout cela a été prévisible. Vous évoquez les textes à l'instant, j'aimerais qu'on entre dans le détail de ce que peut faire cette Assemblée, éclatée sans majorité claire pour l'instant. Est-ce que, d'abord question simple, est-ce qu'il faut de la stabilité sur un an ? Il ne peut pas y avoir de dissolution pendant un an ? Ou est-ce que le rôle du Rassemblement National, ce sera de faire chuter des gouvernements ? Vous l'avez fait pendant le gouvernement d'Elisabeth Borne, déposer des motions de censure pour essayer de renverser ce gouvernement. Est-ce que là vous dites, bon, il faut quand même un esprit de responsabilité, c'est intenable pour les Français ?
Tentons pendant un an d'avancer tel qu'il est possible de le faire.
Mais, madame, ça dépend comment le gouvernement se comportera. Le Rassemblement National a fait, avec ses alliés, près de 11 millions de voix. Il est le premier parti de France. Il est le premier parti en nombre de députés. Il est le premier parti en nombre de voix. Est-ce qu'un gouvernement va tenir compte de cela ? Oui ou non ? Ou est-ce qu'il va faire en sorte de présenter des textes qui vont radicalement à l'encontre de cette expression populaire ? C'est ça la vraie question en réalité ?
Ce sont quoi des textes qui tiennent compte des 11 millions de voix du Rassemblement National ? Quelles vont être vos priorités à vous ? Quels textes vous allez poser sur la table ?
Ce sont des textes qui visent à répondre à l'urgence du logement de nos compatriotes. Ce sont des textes qui visent à répondre à l'urgence de l'insécurité qui explose dans notre pays et qui fait des victimes tous les jours. Ce sont des textes qui visent à répondre à une immigration hors contrôle qu'il faut à tout prix maîtriser. Ce sont des textes qui visent à faciliter la vie de nos compatriotes en leur donnant plus de pouvoir d'achat et notamment face à l'augmentation des factures de gaz là qui vient, une augmentation qui vient d'intervenir. C'est dessiné au 1er juillet. C'est cela je crois, tenir compte
des résultats de l'élection. Pouvoir d'achat, logement, sécurité, immigration. Ce sont des urgences. Il se trouve que la droite a mis quelques textes sur la table, sur le sujet, avec des propositions par exemple sur l'aide médicale d'État. La droite qui propose l'arrêt de l'immigration contrôlée, le conditionnement de l'accès aux aides sociales a une durée de présence minimale. Sur le régalien, la sécurité que vous évoquez, des peines planchées avec la suspension des aides sociales pour les délinquants, est-ce que ce sont des mesures qui vont dans le bon sens ? Est-ce que vous dites, bon ben voilà, il y a un chemin qui se dessine ?
Madame Latrouze, ce sont des mesures qui sont dans le projet du Rassemblement national, qui sont presque issues du projet du Rassemblement national. Vous imaginez bien... Vous le renvoquez par le comme vous ? Là pour le coup, pardon, je crois que c'est évident pour tout le monde. Donc si ce sont des textes qui proposent évidemment ces mesures-là, bien entendu, nous les voterons. Parce que je crois que c'est la volonté de la majorité des Français. La majorité des Français veulent qu'on s'attaque à l'insécurité, veulent qu'on s'attaque à l'immigration, et pas seulement à l'immigration clandestine, mais aussi au record d'immigration légale qui a été celui imposé par Emmanuel Macron.
Donc bien entendu que sur ces textes-là, il y aura le soutien du Rassemblement national. Maintenant, pardon, mais moi j'ai vu LR et la Macronie, comment ils ont fonctionné dans les deux dernières années. C'est grâce à LR que l'ensemble d'un certain nombre de mesures, tout ça a été travaillé ensemble. Par exemple, les projets de loi de finances qui ont été travaillés main dans la main avec les LR. Et bon, on ne peut pas dire que la loi immigration n'ait pas été un fiasco tout de même.
Oui, pour vous relier sur l'immigration qui a été votée en décembre dernier et qui avait notamment fragilisé le précédent gouvernement, je reste tout de même sur les textes qui peuvent avancer, sur les mois qui viennent, parce que je crois que c'est ce qui intéresse les Français qui s'interrogent si cette situation de blocage va conduire à l'immobilisme. Si la gauche, par exemple, dépose l'abrogation de la réforme des retraites, est-ce que ça aussi, c'est quelque chose qui, pour vous, irait dans l'intérêt des Français et que le Rassemblement national voterait ?
Non, on est clair. Notre mantra, c'est le respect des électeurs. Vous comprenez bien que j'essaie de rentrer texte par texte pour le plus de clarté pour ceux qui nous écoutent. Je vais vous résumer avec une grande clarté la position du Rassemblement national qui a toujours été la même. Si les textes sont bons, on les vote. Si les textes sont toxiques pour les Français, on ne les vote pas. Nous sommes différents des autres. Les autres, ils se déterminent non pas en fonction du fond du texte, du fond des mesures, mais en fonction du groupe qui les dépose. Parce que ce sont des sectaires nous, nous ne sommes pas sectaires. Nous ne pensons qu'à l'intérêt des Français.
L'intérêt des Français et l'intérêt des Français. Donc, nous voterons
en fonction de l'intérêt des Français. Est-ce que vous souhaitez, Marine Le Pen, que des textes qui ont été abandonnés soient aussi remis à l'agenda ? La dissolution a, par exemple, suspendu l'examen du texte sur la fin de vie. Ça ne fait pas partie des priorités que vous avez énoncées. Parmi les textes qui sont passés par perte et fracas, il y a aussi la suppression du droit du sol à Mayotte, par exemple. Est-ce que vous souhaitez que ce soit des textes qui soient inscrits à l'agenda ? Comprenez bien que j'essaye de dessiner, pour ceux qui nous écoutent, un chemin de ce à quoi pourraient ressembler les prochains mois à l'Assemblée nationale.
Il me semble que, vous voyez, la suppression du droit du sol à Mayotte est une urgence, mais pas seulement à Mayotte. En réalité, elle est une urgence dans l'ensemble de la France. Et c'est plus simple de voter pour l'ensemble de la France qu'uniquement pour Mayotte, par ailleurs. Concernant la fin de vie, on peut quand même se dire ensemble que ça n'ait pas eu une urgence absolue par rapport aux préoccupations principales qui sont celles des Français.
Donc, fin de vie non, droit du sol partout, ce qui n'a peu de chances de passer puisque, à ce stade, arithmétiquement en tout cas, il n'y a pas de majorité en ce sens. La proposition n'est pas portée par le groupe Renaissance en ce qui concerne l'ensemble du territoire français. Donc, je précise aussi pour ceux qui nous écoutent. Vous évoquiez le sectarisme à l'instant des autres groupes. Pourtant, Marine Le Pen, ce sectarisme, il ne s'exprime pas partout et en tous lieux. Il vous arrive, on l'a lu dans Libération récemment, de dîner avec un certain nombre de responsables politiques.
Édouard Philippe, pour le citer, l'ancien Premier ministre, qui, dans le même temps, publiquement, appelle à faire barrage à vos élus lors des dernières législatives. Est-ce que vous y voyez une forme d'hypocrisie, une gêne de sa part ? Comment se fait-il qu'un certain nombre de responsables, ministre de la Défense, acceptent de dîner avec vous, de vous voir en privé, mais publiquement, se présentent comme des opposants à ce que vous incarnez ? Parce qu'on ne peut pas dîner
avec un opposant. On peut dîner publiquement, Marine Le Pen. Là, ce qui interroge, c'est le fait que ce soit
un dîner caché, dans un appartement. Excusez-moi, vous êtes au sud-ouest.
C'est vrai que les dîners ne se déroulent rarement au milieu de la rue ou sur la place publique. Est-ce que nous sommes... Qu'est devenue notre démocratie ? Moi, c'est la vraie question que je me pose. Qu'est devenue notre démocratie ? Où l'on ne peut pas, où l'on a interdiction de parler à un opposant. On peut parler à un opposant. C'est le principe même, d'ailleurs, de la démocratie. Et c'est là où, vous comprenez bien, que lorsqu'on voit un certain nombre de personnes, M. Attal, d'ailleurs, en premier, dire qu'il souhaite s'opposer totalement à ce que le Rassemblement national et ses alliés puissent obtenir le moindre poste dans le fonctionnement de l'Assemblée nationale.
Demain, l'Assemblée nationale. D'accord, mais ça veut dire que, en réalité, ils ont procédé à la dissolution de l'Assemblée et aujourd'hui, ils cherchent à dissoudre l'opposition. Mais qu'est-ce qu'une démocratie sans opposition ? Parce que le principe même de la démocratie, non mais, Mme Latrouze, le principe même de la démocratie, c'est de donner une place à l'opposition. Parce qu'on considère que l'opposition a un rôle important à jouer, qu'on est plus intelligent quand on confronte ses idées, que c'est plus respectueux du peuple que d'avoir
une majorité et une opposition. Enfin, si vous vous mettez à leur place, il y a aussi une forme de, j'allais dire, presque de cohérence idéologique d'appeler à faire le front républicain ou le barrage républicain à l'extérieur de l'Assemblée nationale contre vous. Leurs électeurs ne comprendraient pas non plus que ce barrage ne s'exprime pas en intérieur. Mme Latrouze, l'élection est passée.
Ça y est, les députés sont élus. Donc, on ne peut pas nier 11 millions de Français. 11 millions. 37% des gens qui ont voté au second tour. Le premier, encore une fois, parti de l'Assemblée nationale. Est-ce que c'est ce qu'on... Alors, parce que, si vous voulez, moi, je ne suis... Il y a quand même quelque chose. Vous parlez d'hypocrisie. Il y a quand même une hypocrisie majeure. Ce sont les gens qui passent leur vie dans des postures à en appeler à la défense de la démocratie qui serait soi-disant en danger. et qui la fout l'au pied d'une manière aussi caricaturale,
aussi grossière, aussi grossière. Je rappelle juste Marine Le Pen qu'à la précédente mandature, le Rassemblement national avait deux vice-présidences à l'Assemblée. C'est normal. Est-ce que, du fait de votre score aux européennes et aux législatives, vous sentez une hostilité nouvelle, en quelque sorte, à l'Assemblée, à votre endroit ? Pour l'Assemblée,
l'Assemblée n'a pas repris... Non, mais vous avez fait votre rentrée. Mais que les choses soient très claires, nous, on ne souhaite pas ces postes pour nous-mêmes, pour une histoire d'égo. On s'en moque complètement. On souhaite ces postes parce que ces postes, c'est la conséquence du vote des Français. Et moi, je suis désolée de le dire, je suis peut-être la dernière à défendre la démocratie, mais je considère qu'il est normal que le nouveau Front populaire ait des postes dans le fonctionnement de l'Assemblée, qu'il est évidemment normal que le Rassemblement national et ses alliés en aient, qu'il est évidemment normal que le groupe macroniste en aient.
Il est normal que chacun puisse participer au fonctionnement de cette institution parce que c'est ce que les Français ont voulu dans leur vote.
Est-ce que vous évoquiez tout à l'heure le cumul douteux des fonctions entre les ministres, des missionnaires et les députés ? Est-ce que vous leur demandez de ne pas participer au vote de demain, par exemple, pour choisir la présidence de l'Assemblée nationale ? Je pense qu'il ne devrait pas le faire. Oui ? Oui. Je pense que pour respecter l'esprit de la Constitution, il ne devrait pas le faire. Le Rassemblement national présentera évidemment un candidat à cette présidence ? Bien sûr. Bien sûr. Non, parce que sont évoquées des discussions, par exemple, avec l'ancienne présidente aussi, Aelle Broun-Pivet, une forme d'entente tacite. Est-ce que... Non,
je n'ai pas eu connaissance de ça et je crois être plutôt bien placé. Oui ? A priori. Donc, ce n'est pas votre candidat ? Est-ce que vous nous dites ? Non, non, non, non, non, non, non, non, non, nous aurons un candidat présenté en accord avec nos alliés à la présidence de l'Assemblée nationale, bien sûr. Il sera forcément issu du Rassemblement national ? Vous dites avec nos alliés ? Disons que ça peut être Eric Ciotti. Il y a des chances, mais encore une fois, cette discussion aura lieu d'ici jeudi.
Marine Le Pen, est-ce que vous vous préparez à une nouvelle dissolution dans un an ? Oui. Oui ? Vous vous préparez, vous pensez que dans un an, les Français sont de nouveau convoqués à l'élection ? L'Assemblée nationale ne pourra pas tenir au-delà.
Oui, mais tout le dit et tout le disait déjà. Tout disait déjà que cette alliance contre nature qui a eu lieu, qui est en réalité une coalition qui s'est déroulée pendant la campagne législative, qui n'était pas une coalition sur des projets, sur des idées, sur des mesures. C'était une coalition anti-RN. C'est une forme de parti unique qui s'est constituée, qui n'a pas duré d'ailleurs très longtemps, parce que j'ai vu les macronistes en appeler à rejeter une candidature du Nouveau Front Populaire, alors que c'est eux-mêmes qui les ont fait élire trois jours avant. Donc ça devient vraiment très compliqué pour les Français.
Moi, encore une fois, ce que je viens leur dire, c'est qu'avec nous, nous nous faisons les choses clairement, en transparence. Les coalitions que nous avons mis en œuvre, nous les avons présentées aux Français dès le premier tour. Je pense qu'il n'y a pas un seul mouvement qui peut dire cela lors des dernières élections législatives, ni évidemment les macronistes et le Nouveau Front Populaire qui se sont désistés les uns pour les autres, ni même LR qui avait passé un accord avec les macronistes dès le premier tour. Là, vous faites le match
des élections passées. Moi, ce qui m'intéresse, c'est vraiment les élections à venir. Quand vous dites nous nous préparons. Non, non, non, je ne fais pas le match des élections passées, Madame Latroux. Quand vous dites nous nous préparons pour les Français qui nous écoutent et qui nous interrogent, sont inquiets de la situation. Bien sûr qu'ils sont inquiets, ils ont raison et je le suis aussi. Qu'est-ce que vous ferez différemment dans un an parce que cette expression, nous nous préparons, nous l'avions aussi entendue les dernières semaines et le moins que l'on puisse dire. Mais nous nous préparons en permanence, Madame Latroux.
Oui, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que votre chef de parti a connu des erreurs de casting et sur le programme, je ne reviens pas sur la polémique sur la double nationalité, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que tous vos candidats ne maîtrisaient pas votre programme.
Non, mais nous avons détecté un certain nombre de faiblesses dans cette élection législative qui s'est déroulée, je le rappelle, en urgence, avec des candidats, 1000 candidats investis en 48 heures.
Oui, vous aviez dit que vous vous préparez avant.
Eh bien, oui, oui, vous avez raison, mais ce n'était pas assez avancé. Donc, nous tirons. Vous savez, nous, nous sommes en même temps modestes et pragmatiques. Nous voyons ce qui a fonctionné, nous voyons ce qui n'a pas fonctionné et nous allons résoudre ce qui n'a pas fonctionné. Et pour être prêt, lors des futures élections législatives, à présenter en même temps un groupe de députés majoritaires qui soit les plus performants possibles et évidemment un gouvernement sur lequel nous avons d'ores et déjà travaillé.
Oui, quand Jordan Bardella parle de défaite, vous, vous n'utilisez pas ce terme. Vous dites que c'est une victoire différée. Cette victoire différée, vous l'espérez dès une prochaine dissolution ou vous renvoyez à plus tard en 2027. Parce que dans le même temps, si j'écoute, et j'ai bien écouté ce que vous m'avez dit jusque-là sur la puissance du réflexe du Front Républicain, de l'organisation des autres forces pour vous empêcher d'accéder au pouvoir, à ce stade, vous voyez difficilement... Non, non, non, non. Je n'ai pas dit plafond de verre, je dis le Front Républicain.
Il se pose la question de est-ce que ce barrage n'est pas trop puissant pour vous empêcher d'accéder au pouvoir, y compris sur le présidentiel ? Non, ce qui est puissant,
c'est l'eau qui pousse sur le barrage. Ça, c'est beaucoup plus puissant que le barrage, d'autant que ce barrage est considérablement fragilisé, élection après élection. Je rappelle qu'il y a un peu plus de deux ans, nous avions sept députés. Nous en avons aujourd'hui 143. Voilà, ça, c'est l'évolution des idées du Rassemblement National portées en France. Et ça va continuer à augmenter. Et pour une raison simple, c'est qu'en réalité, aucun des groupes ou des partis politiques qui sont actuellement dans une forme de majorité diffuse ne porte les idées du Rassemblement National. Aucun n'a le courage ni n'a l'envie de régler les problèmes qui sont ceux des Français.
C'est les Républicains qui parlent comme vous, disiez-vous, il y a quelques instants. Oui, sur un certain nombre de sujets, c'est vrai, mais moi je l'admets, sur un certain nombre de sujets, ils parlent comme nous.
Ils devraient passer le même cap que Kéric Chioti, si je comprends, ou si j'analyse, le sourire que vous avez en coin,
je décris pour ce qu'on vous écrit sur RMC. Mais ils ont passé un accord avec la Macronie dès le premier tour, puisque les macronistes n'ont pas présenté de candidat devant les candidats LR dès le premier tour, et de manière cachée. Et moi, ça me gêne quand c'est caché. Moi, les magouilles cachées, les négociations de derrière le rideau, je trouve que c'est profondément antidémocratique et c'est un manque de respect à l'égard des électeurs. Encore une fois, nous, nous avons passé un accord, mais nous l'avons fait publiquement, de manière transparente, devant les Français.
D'un mot, vous aviez dit dissolution ou démission pendant la campagne des Européennes. Au lendemain de la dissolution, vous avez dit ne restera au président que la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique. Est-ce que c'est un scénario aussi auquel vous vous préparez ?
C'est un scénario possible. En tout cas, c'est ce que la Constitution offre, en réalité. Enfin, c'est même la dernière possibilité que la Constitution offre à Emmanuel Macron. La vraie question, et ça, c'est les constitutionnalistes qui doivent y répondre, ils ne sont manifestement pas d'accord entre eux, c'est est-ce qu'une nouvelle élection présidentielle peut entraîner des nouvelles législatives, malgré le fait que le délai d'un an n'est pas passé, ou pas ? Moi, je pense que c'est cohérent.
Je pense que l'esprit de la Constitution, c'est que s'il y a une nouvelle élection présidentielle, alors il est assez légitime qu'une élection législative suive pour pouvoir donner au président de la République les moyens d'agir. Merci Marine Le Pen, 8h53 sur BFM TV et RMC.
Bonne journée à vous et bonne journée à tous.
Marine Le Pen