À l'air libre (173) Fabien Roussel face à Mediapart
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Questions et réponses
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- 3:37OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes encore secrétaire national du parti ?
- 3:53OuverteRéponse partielle
Comment qualifiez-vous cette période en France après le meeting de Zemmour ?
- 5:22RelanceRéponse directe
Pourquoi n'étiez-vous pas à la manifestation anti-Zemmour ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Avez-vous essayé de trianguler la droite sur ses propres sujets en début de campagne ?
- 13:15OuverteRéponse directe
Les violences policières sont-elles systémiques ?
- 15:50RelanceRéponse directe
Vous avez reconnu avoir fait une erreur sur les migrants. Pouvez-vous préciser votre position ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:51InvitéFait
« Ils ont fait reporter cette colère contre l'immigré, en pointant l'immigration massive. »
- 8:02InvitéFait
« C'est à cause de multinationales qui font le choix de délocaliser notre industrie, c'est à cause des traités européens et de la libre concurrence, la concurrence libre et non faussée. »
- 12:55InvitéFait
« Il y a du racisme dans la police. »
- 16:59InvitéFait
« Cette phrase était vraiment... »
- 17:23InvitéFait
« Nous sommes face à, non pas à une crise migratoire, mais à une crise de l'accueil. »
- 30:04InvitéChiffre
« Nous, on touche 60 millions d'euros de la Grande-Bretagne pour installer des barbelés à Calais. »
- 36:56InvitéPromesse
« Nous avons besoin de ces centrales nucléaires et nous avons besoin d'investir dedans pour garantir leur sécurité. »
- 48:08PrésentateurChiffre
« Vous prenez une augmentation du SMIC et des pensions de retraite à 1 500 euros net »
- 48:16PrésentateurFait
« une revalorisation du point d'indice de la fonction publique »
- 48:18PrésentateurChiffre
« le recrutement de 500 000 fonctionnaires »
- 48:21PrésentateurPromesse
« la création d'un grand service public de l'emploi, assurant un métier et une formation rémunérée à chaque jeune »
- 50:31InvitéPromesse
« je propose de nationaliser la BNP »
- 50:35InvitéPromesse
« je propose de nationaliser AXA »
- 51:07InvitéPromesse
« nous nous engagerons vers la réduction du temps de travail en le négociant par branche, par secteur »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur10 %
- Invité 28 %
- ?5 %
- Invité 35 %
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Bonsoir à tous, bonsoir à toutes, nous sommes le mardi 7 décembre 2021, vous êtes bien sûr à l'air libre, l'émission quotidienne de Mediapart, une émission spéciale ce soir puisque nous recevons le candidat du parti communiste français à la présidentielle, Fabien Roussel, à l'air libre, c'est parti. Bonsoir Fabien Roussel, avec moi pour vous interroger Pauline Groul du pôle politique de Mediapart, salut
Pauline,
et sur ce plateau également Sarah Bred du pôle enquête, salut Sarah.
Bonsoir.
Alors Fabien Roussel, vous avez 52 ans, vous êtes député du Nord depuis 2017 et vous avez donc été désigné candidat pour l'élection présidentielle en mai dernier au terme d'un vote interne au parti communiste français. Vous étiez jusqu'à présent secrétaire national du parti, est-ce que vous êtes encore secrétaire national du parti ? Oui, bien sûr. Dimanche a été marqué par le meeting d'Éric Zemmour à Villepinte avec des violences dehors et des violences dedans, notamment contre des journalistes de Mediapart au quotidien et des militants de SOS Racisme.
Comment
est-ce que vous qualifiez cette période, ce moment qui arrive en France
?
J'ai suivi ce meeting parce qu'il faut s'intéresser justement à ce débat politique. J'ai ressenti des accents et un climat de la France des années 30,
mais
sans les congés payés et le Front populaire,
c
'est-à-dire celle des ligues factieuses, celle du combat pour une race pure, le retour à la France d'il y
a
mille ans. Et c'est
très
inquiétant.
Et
quand je dis que j'ai retrouvé cette France des années 30 qui a conduit à la collaboration,
c
'est que dans son discours, il s'en est pris ouvertement
aux
journalistes, physiquement d'ailleurs. Mais dans son discours, il s'en prend ouvertement aux journalistes,
à
la justice, aux juges, il s'en prend aux enseignants, il s'en prend aux homosexuels, aux gays, aux lesbiens, aux féministes.
Donc,
j'allais dire, c'est presque une caricature, sauf que ce n
'est
pas une caricature, c'est un candidat. Il le fait dans une salle pleine. Donc, il y a un écho,
comme
dans la France des années 30.
Il
y
a
un écho.
Et
c'est particulièrement préoccupant.
Alors
justement, il y avait ce dimanche une manifestation anti-Zemmour à Paris. Vous n'y étiez pas. Est-ce que votre place n'était pas dans le cortège
pour
manifester contre ce que vous racontez là, ce qui est quand même très grave
?
Non, parce que je ne pense pas que c'est en manifestant contre
que
ces idées reculent. C'est plutôt,
après
c'est une conviction personnelle,
en
allant discuter
avec
celles et ceux
qui
pourraient être sensibles à ce discours-là,
que
je préfère parler pour leur expliquer, les convaincre qu'ils se trompent de colère, que ce n
'est
pas ça qui va réparer la France, qui va leur rendre leur emploi, qui va leur rendre leur salaire. C'est ça votre... Et donc, voilà. Nous avons fait l'expérience dans le bassin minier, dans le Nord-Pas-de-Calais. Vous êtes élu du
Nord.
Dans les Hauts-de-France,
il faut
dire qu'il y
a
un électeur sur deux qui a voté pour Marine Le Pen en 2017. Vous avez vous-même été candidat au régional en 2015. 15. Face à Marine Le Pen.
Qui avait fait
41% au premier tour. Et vous, un petit peu plus de 5%. Vous avez vu de près l'extrême-droitisation
des
esprits. Et elle
est
extrêmement... Ils se sont extrêmement implantés dans le bassin minier, avec un discours faux, menteur, y compris en dévoyant la colère juste des gens, parce que chômage, parce qu'il y a une pauvreté, un mépris des gouvernements successifs. Mais eux, ils ont fait reporter cette colère contre l'immigré, en pointant l'immigration massive.
Et
donc, sans jamais porter les véritables responsabilités sur les causes de cette désindustrialisation de notre pays, par exemple. Et il y a eu de la part d'organisations, parfois des militants du Parti communiste, participer à des manifestations anti-Le Pen, etc. Mais... Ça ne marche pas,
vous diriez ?
Non, mais je respecte ce qu'ils font.
Enfin,
je veux dire,
c'est
pas... Je vous parle d'une conviction intime, Damien. C'est que nous préférons, je préfère passer mon temps à convaincre ceux qui pourraient être séduits par ce discours, de les convaincre, que si ça ne va pas dans le pays, si on a des problèmes de chômage, d'emploi, de pouvoir d'achat, ce n'est pas de la faute aux immigrés, c'est pas à cause du voile, c'est pas à cause de la religion musulmane. C'est à cause de multinationales qui font le choix de délocaliser notre industrie, c'est à cause des traités européens et de la libre concurrence, la concurrence libre et non faussée. Bref.
Et d'ailleurs, en faisant ce choix-là, nous avons réussi à battre le Front National, dans le Pas-de-Calais, aux dernières élections départementales, là. Et nous avons réussi à battre quatre cantons, huit conseillers départementaux du Front National, qu'on a regagnés à gauche. Donc ça a marché. Et nous les avons gagnés, comment ? Pas en les traitant de fachos,
mais
en leur disant, voilà ce pourquoi nous, nous nous engageons. Et nous, nous nous engageons pour construire des écoles,
pour
empêcher la fermeture du commissariat dans la ville d'Avion, pour obtenir l'agrandissement de l'hôpital de Lens pour que tout le monde puisse être soigné. Voilà notre combat. Mais à côté de ça, les tracts
du
Front National et des candidats sortants, qui avaient un mandat derrière eux, c'est de dire, le problème c'est les immigrés, stop aux voies lissamiques, attention à l'immigration massive, etc. Et là, c
'est
à côté de la plaque. Je comprends que ça peut avoir un écho dans la tête des gens, mais c'est pas le sujet, quoi.
Mais est-ce que pour autant, en début de campagne, on a eu l'impression que vous avez essayé un peu de trianguler, comme on dit, la droite sur ses propres sujets ? Enfin, tout juste désigner candidat. Vous avez été à la manifestation du 19 mai organisée par les syndicats de police devant l'Assemblée. Vous en avez déjà expliqué. Vous avez aussi proposé d'inscrire dans le code pénal l'instauration de 30 ans de prison minimum pour un crime à l'encontre de tous les tenteurs de l'autorité publique. Il est finalement abandonné.
Alors que, dans le projet des communistes Construisons la France en commun, il est dit qu'il faut, je cite, soutenir avec force le grand mouvement antiraciste et contre les violences policières. Et le cas d'Ama Traoré, par exemple, est cité. Donc, on ne comprend pas bien si, le début de campagne, vous avez essayé quelque chose, puis vous vous êtes dit, non,
revenons... Non, non, j'assume. Tout ce que vous dites est juste et j'assume. Alors, il n'y a pas de... Comment vous avez dit ?
Triangularité.
Non, alors ça, c'est des trucs que je ne connais pas. Il y a eu une volonté de notre part et de ma part de prendre cette question de la sécurité, de la tranquillité publique comme un sujet à part entière et important. important parce que je suis suffisamment interpellé par des gens, des citoyens qui réclament que ce droit à la tranquillité publique existe et qu'eux-mêmes puissent y avoir droit. Voilà. Que ce soit dans des quartiers abandonnés par la République ou que ce soit dans des villages aussi abandonnés par la République. Et donc, il y a besoin de restaurer une police de proximité au service des citoyens, etc. Mais, et d'ailleurs, j'ai
construit
ce discours en disant que la police, et rien que la police, ne suffirait pas. Il ne
faut
rien produire
de la République.
Le syndicat
de police. Cette
manifestation,
comme
moi, je l'ai fait. Moi qui étais, j
'ai
couvert. Oui,
mais
il y avait le syndicat Alliance qui s'est exprimé et qui a tenu des propos antirépublicains, je le dis. Il y a eu SGP Police qui s'est exprimé et qui a dit, nous devons travailler avec la justice, et qui n
'a
pas dit que la justice était un problème. D'ailleurs, SGP Police, dans notre histoire, a été dirigée par un membre du bureau politique du Parti communiste français, était un syndicat. Donc, proche de nous, jusque dans les années 70-80.
Et
il y avait la CFDT Police qui s'est exprimée aussi et qui a dit, elle, qu'il fallait plus de moyens pour la police et pour la justice. Et donc, il fallait coûter tout ça. Je regrette
que
ce que l'on a retenu
et
ce qui a été diffusé abondamment sur les chaînes d'info et dans les médias, c'est les provocations d'Alliance. Mais tout ce qui a été dit par les autres syndicats, il faut les entendre. Moi, je ne suis pas un responsable politique qui fait attention qu'au bruit médiatique. J'écoute tous les syndicats.
Je
fais attention, par contre. Les syndicats qui ne sont pas, les propos ne sont pas républicains, je ne les partage pas, je ne les écoute pas. Mais par contre, j'écoute tous les syndicats.
Moi,
chez moi,
je
suis dans ma circonscription, je suis interpellé par SGP, FOPOLIS, parce que c'est eux qui sont organisés. C'est tout. Et donc, c'est bien. Mais heureusement qu'on les écoute. Et d'ailleurs, c'est ce qu'ils m'ont dit après la manif.
Eux,
il fallait les auditionner. Comme moi, j'ai fait, vous auriez dû les interroger. Ils ont dit merci d'être venus, parce qu'on en a marre d'être en tête à tête avec le Front National et l'extrême droite et la droite. On en a marre. C'est
pour ça qu'ils avaient demandé
de venir, d'ailleurs. Qui, à gauche, va porter, justement, notre exigence d'avoir plus de moyens, une meilleure formation ? Oui, il
y
a des violences policières. Elles existent. Oui, il y a du racisme dans la police. Comment on fait pour que la hiérarchie, elle fasse respecter les règles et que cette police soit républicaine ? Comment on fait pour améliorer la formation, pour que, justement, il n'y ait pas ce désordre à l'intérieur et que ceux qui commettent des pas de travers soient sanctionnés ? Les gars le disent, quand même.
Les violences policières, c'est systémique ?
Je dis qu'il y a profondément une absence de règles, de contrôles, un laissé-aller de la part de la hiérarchie qui a contribué aux dérives et les dérives qui existent dans
la
police. Je ne
veux
pas débattre sur le mot systémique, mais ce qui se passe dans la police, c'est ce qui se passe dans la société. Comment vous expliquez qu'il y a 10 000 personnes
au
meeting de Zemmour
? Il
y
a
un climat, quand même, dans ce pays. Et est-ce que les policiers en sont
?
Est-ce qu'ils vivraient à part ? Par contre, ça pose des questions. Ils sont là pour faire garantir les règles de la République, l'égalité des citoyens. Et donc, ils devraient, justement, être au-dessus. Mais vous avez vu la formation
qu
'ils ont
?
Comment elle a été réduite ?
Les enquêtes sur
le vote policier montrent que les policiers sont quand même
presque
majoritairement d'extrême droite. En vote presque
majoritairement.
Oui, mais tout à l'heure, vous allez peut-être me dire la même chose. On me dit, donc,
que
c'est le même vote chez les ouvriers, etc. Donc, non, mais bon, souvent, on me la pose, on me
la
dit. Je pense qu'il y
a
beaucoup d'abstentionnistes, d'abord, qui a beaucoup de colère, ensuite, et qu'il faut entendre, les écouter et respecter. Les écouter, c'est les respecter.
Et
y compris quand, parfois, il y a des choses qui sont difficiles à entendre, il faut quand même les entendre, apporter d'autres réponses, discuter, dialoguer. Moi, c'est ce que je préfère faire. Et donc, jamais, je ne les traiterai
de
factieux comme... Dans les lois de fonds ? Moi, je ne suis pas comme ça.
J
'écoute, je respecte, je dialogue et je travaille. Et je trouve, je souhaite, moi, demain, si je suis président de la République, ça
va
arriver,
j
'espère, en tout cas, ça changerait beaucoup les choses.
En
tout cas, je ne dirais pas, la police, on n'a pas besoin, parce que la violence policière, elle est systémique. Bien sûr qu'on a besoin de gendarmes, de gardiens de la paix, pour garantir la tranquillité publique partout, mais pour moi, c'est garantir l'égalité des citoyens. Que l'on habite dans des quartiers populaires ou à Neuilly,
on
doit avoir l'assurance d'une vie tranquille, et que nos gamins ne risquent pas de se faire embarquer pour faire de la chouffe pour la drogue, ou de se faire tabasser, etc. Donc, la sécurité, c'est pour tout le monde, ce n
'est
pas que pour les riches, c'est pour les classes populaires.
Vous ne
regrettez pas d'avoir participé à cette manifestation. Yannick Jadot, qui était aussi, a fait un peu amende honorable, quand même, devant son parti cet été. En revanche, il y
a
eu... Pas moi.
Pas
vous.
Alors, j'assume.
Il y a quand même un climat dont vous parliez un peu, qui imprègne les esprits, et peut-être un petit peu le vôtre, puisque la dernière fois, en juin, chez Laurence Ferrari, vous avez dit, les migrants n'ayant pas le droit d'asile, ils ont vocation à rentrer chez eux, donc vous avez reconnu que vous aviez...
Raccourci la phrase. ...dit une
bêtise. Ah, d'accord, raccourci la phrase, ok. Mais vous avez quand même dit que c'était une erreur. Il y a besoin, oui, il y avait besoin que je mette beaucoup plus d'explications sur notre politique en matière de droit d'asile et d'accueil des migrants face à cette crise migratoire. Et donc, j'ai été, j'ai fait une phrase, j'ai
prononcé
une phrase effectivement malheureuse, et d'ailleurs, deux heures après, j'ai dit que je
me
suis expliqué sur le sens de l'accueil que nous défendons, et encore, je me suis expliqué rapidement, parce qu'il y aurait tellement à dire dessus, mais oui, là, je sais reconnaître que cette phrase était vraiment... C'est à quoi votre politique du droit d'asile, du coup
?
Ah ben, il y a donc beaucoup à dire, et on le voit avec ce qui se passe en ce moment,
et
j'y suis touché dans ma région. On va en parler dans une minute avec Sarah. Bon, j'en parle tout de suite, ou je dis... Ce drame qui s'est passé à Calais, avec ces 27 personnes qui ont perdu la vie, comme les drames à la frontière biélorusse, montre que nous sommes face à, non pas à une crise migratoire, mais à une crise de l'accueil, et que notre responsabilité à l'ensemble des nations, des États de l'Union Européenne, en l'occurrence, puisque c'est nous qui sommes concernés, c'est de créer les conditions, de pouvoir accueillir ces femmes, ces hommes, ces enfants, qui fuient pour beaucoup la guerre,
parfois
la misère, mais enfin beaucoup, quand on voit des pays d'où ils viennent, c'est des pays qui sont en ruine, et nous avons un devoir d'accueil. Et je voudrais d'ailleurs saluer les paroles extrêmement fortes prononcées par le pape François à l'Esbos, mais
qui
me touchent,
et
où je dis, enfin, il n'y aurait plus aujourd'hui que les chrétiens qui auraient le sens de la fraternité,
de
l'enjeu de civilisation, de l'accueil, et il faut que ce soit lui qui vienne s'adresser à tous les chefs d'État, bien tranquilles, dans leur costard, dans leur palais où ils président leur pays, bien au chaud, et puis qu'ils décident d'accueillir personne, d'ériger des barbelés, et justement, c'est le pape qui rappelle à chacun, justement, ce qu'est la tradition chrétienne,
en
disant, n'oubliez pas, le sens de la fraternité. Ça
en dit long sur
la gauche et
la place qui est la société. Oui, mais
justement, donc je pense, je dis, nous disons, nous que nous avons
un
devoir
d
'accueil
de
ces familles, et quand je dis nous, c'est la France et l'ensemble des pays de l'Union Européenne, et que ça doit être une question qui doit être traitée à l'échelle de l'Union Européenne. C'est pas à la France d'accueillir tout le monde. La France doit prendre sa part, et chaque pays de l'Union Européenne doit le faire. Et on a une responsabilité, on peut agir tout de suite, vis-à-vis de l'Angleterre. Parmi les personnes qui ont perdu la vie,
et
qui veulent passer en Angleterre, une grande partie d'entre eux, c'est au titre de regroupement familial. Ils ont de la famille là-bas. Enfin, vous avez lu comme ça, comme moi, les témoignages, cette femme mariée, dont l'époux était à Portemont, et qui attendait de rejoindre son mari. Mais c'est ignoble.
Vous
faites parfaitement la transition, puisqu'on va
y venir très précisément sur ce sujet. Le 24 novembre, donc vous l'avez déjà évoqué, 20 êtres exilés des hommes, des femmes et des enfants sont morts dans la Manche en tentant de rallier la Grande-Bretagne. Mettre un nom sur ces drames humains, c'est ce que tu as voulu faire, Sarah. Avec Shehra Hazad, Shekek, Sheila, tu aies montré leur visage, raconté leur parcours. Parmi eux, il y avait par exemple Hazal, une mère de famille kurde de 46 ans, morte avec ses trois enfants, Adia, 22 ans, Moubine, 16 ans, et Asti, 7 ans. Une semaine avant le drame, la police l'avait expulsée du camp de Grande-Synthe, dans le nord.
Ils avaient tout perdu dans l'évacuation, ils n'avaient rien à manger, pas d'eau. Leur histoire a été racontée, notamment par le... Après le naufrage par un journaliste britannique du Times, une autre victime du naufrage venait, elle aussi, du Kurdistan irakien. Elle s'appelait Mariam Nouri Amah Amin. Elle avait 24 ans et voulait rejoindre son fiancé Karzane, installé en Grande-Bretagne. Et il y avait aussi 5 hommes afghans, la plupart jeunes, tous portés disparus. Leurs noms, il faut les donner, Hussein, Naïm, Shawali, Ahmad, Abdullah. Sarah, la semaine dernière, tu as suivi leurs proches qui ont tenté d'aller les identifier.
Oui,
mercredi dernier, ils se sont retrouvés pour partir ensemble, identifier les corps à l'Institut médico-légal de Lille. Le point de rendez-vous avait été donné le matin en Seine-Saint-Denis. Une dizaine d'Afghans dont les proches sont portés disparus s'étaient réunis. Parmi eux, il y avait Raffour, toujours sans nouvelles de son ami Naïm.
Nous
avons ensuite pris la route en fin de matinée direction la morgue de l'Institut médico-légal de Lille où sont conservés les corps des 27 victimes du naufrage. Zahar Mohamed avait accueilli son ami Hussein chez lui à Amiens quelques jours plus tôt.
Il est
arrivé chez moi et après il est parti à Dunkerque. Maintenant, ça fait 10 jours qu'il ne répond pas à moi. J'ai envoyé un message le 23 novembre, après il ne répond pas à moi.
Et qu
'est-ce qu'il te disait le 23 novembre
?
Il dit que j'ai parti à Angleterre. Après, il ne répond pas à moi.
Hussein, 24 ans, était rentré en Afghanistan pour se marier. Il voulait regagner l'Angleterre où il travaillait dans le bâtiment depuis plusieurs années.
La
famille de Hussein, elle m'a dit que tu habites là-bas, s'il te plaît, cherche Hussein. J'espère qu' Hussein est encore vive et pas mort parce que toute la famille de Hussein est attendue qu'il ait une bonne nouvelle.
Zahar Mohamed, comme les autres proches, espérait trouver des réponses à Lille où la presse attendait elle aussi des informations sur les identités des naufragés.
On les
a attendus pendant une heure. Ils sont ressortis sans réponse à leurs questions et parmi eux, Amanoula, un cousin de Hussein.
Je
voulais venir aujourd'hui pour voir son corps
et ne
pas laisser voir. Oui,
je
me sens mal parce que je ne
sais
pas si il est mort ou il est vivant.
Si
je veux savoir, comme ça, je suis tranquille, j'envoie la famille, soit il est vivant, soit il est mort.
Vous avez
fait beaucoup de choses pour savoir justement. Oui, j'ai fait beaucoup de
choses. J
'ai envoyé Emile, tout ça, gendarme Moray. Du coup, ça, je l'ai envoyé comme il ressemblait
et
il ne
m
'a toujours pas répondu.
Et est-ce que vous savez pourquoi il voulait aller en Angleterre
?
Pour travailler, pour avoir une belle vie.
Les
proches des disparus ont ensuite repris la route vers la région parisienne en début d'après-midi.
Et
donc, Sarah, ils sont repartis sans avoir identifié les corps ?
Non,
et ce ne sera pas pour tout de suite puisque c'est un processus qui s'annonce très long puisque les gendarmes travaillent sur la base des descriptions physiques de toutes les informations qu'on peut leur donner et ensuite, sur la base des empreintes digitales, des relevés dentaires, des empreintes ADN qu'ensuite, il faut faire, comme on dit, matcher avec celles de leurs proches.
Donc,
ça va prendre des mois avant qu'il y ait un permis d'inumer, de délivrer.
Oui,
on en est vraiment à la toute première étape. Le soir, certains d'entre eux sont revenus dans le petit pavillon de Seine-Saint-Denis pour faire le bilan de la journée. Yann Cacar, le président de l'Association des Afghans de Paris, s'occupe depuis le naufrage de centraliser tous les signalements de disparition venus de son pays.
Officiellement, ils ont enregistré leur identité. Ça, c'est très important pour nous et pour les familles aussi.
Au
départ, Yann avait reçu le signalement de 19 disparitions, 19 hommes, mais certains d'entre eux étaient en fait à bord d'autres bateaux ou avaient été interpellés à leur arrivée en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, il en reste 5, toujours portés disparus.
Aujourd'hui,
nous
sommes, Yann Chypre, vraiment baissé pour 5 personnes. Comme quoi, la famille, absolument, ils ne sont pas sûrs est-ce qu'ils sont bien dans cette naufrage de Calais ou pas. Parce que comme il y a plusieurs personnes qui sont traversées la même nuit,
on
ne sait pas.
Alors,
selon les associations, ce sont en réalité 37 personnes qui seraient mortes depuis le début de l'année noyées dans la Manche. Cette fois, le ministère de l'Intérieur, le ministre, a annoncé que les inhumations seraient payées par l'État. C'est la première fois. En revanche, pour tout ce qui est rapatriement des corps, ce sera encore une fois à la charge des associations.
Je précise que les images sont signées. Nassim Gomery, Fabien Roussel, le long de la Manche, les exilés sont harcelés quotidiennement par la police, leurs affaires confisquées, leurs tentent déchirées. Est-ce que c'est normal ? Bien sûr que non. Ce n
'est
pas normal.
Je le disais avant ce reportage, ça a dû être dur, d'ailleurs, les témoignages que vous avez recueillis là-bas. Mais j'avais été, moi, dans la jungle à Calais à l'époque où elle existait.
Et
c'est inhumain.
Voilà.
C'est inhumain. Et ce n
'est
pas acceptable à notre époque encore d'être confronté à ça. Ces hommes, ces femmes sont des êtres humains. Ce qu'ils vivent dans notre pays est intolérable.
Et
donc, il y a, ce que je voulais dire, c'est qu'il y a une convention européenne des droits de l'homme issue de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui a été adoptée par des dizaines, des centaines de pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Transcrite dans le droit européen, c'est la Convention européenne des droits de l'homme. Cette Convention européenne des droits de l'homme dans son article 8, je crois, dit que tout homme a le droit, tout homme, toute femme, a le droit au regroupement familial.
Un
droit à l'asile et au regroupement familial. C'est pour ça que j'insiste sur cette question du regroupement familial. La Grande-Bretagne, l'Angleterre, malgré le Brexit, est toujours signataire
de
cette Convention inscrite dans son droit.
Elle
doit l'appliquer. Que fait la France ?
Que
fait Macron ?
Pour
saisir la justice européenne, cette Cour européenne des droits de l'homme pour demander à ce que l'Angleterre l'applique. Et quand on a démantelé la jungle, justement,
la
première chose qui a été faite, c'est que des officiers britanniques sont venus à Calais pour recenser les familles qui avaient de la famille en Angleterre. Et ce sont eux, c'est comme ça qu'on l'a démantelé. Ce sont ces familles qui sont allées en Angleterre. Donc, la priorité, l'urgence que nous nous disons, c'est au moins de permettre ça.
Et
c'est valable pour ceux qui sont à la frontière biélorusse. Mais enfin, que l'on puisse faire vivre cette Convention européenne des droits de l'homme. Et quand j'entends les Ciotti, les Pécresse, les Zemmour, les Le Pen
qui
disent, sur ce sujet, parlent quasiment d'une même voix, c'est grave, et qui disent, sur le regroupement familial,
on
fera un référendum. Vous savez pourquoi ils feront un référendum ? Parce qu'en fait, ils veulent remettre en cause notre Constitution. Et c'est que par un référendum qu'on peut le faire. Notre Constitution qui nous rend signataires de cette Convention européenne des droits de l'homme. C'est le préambule de la Constitution issue de la Seconde Guerre mondiale. Après, cette histoire, enfin, cette Seconde Guerre mondiale, quoi. Tout le monde s'est mis autour d'une charte,
d
'une déclaration internationale des droits de l'homme, universelle des droits de l'homme, après le nazisme, après le fascisme.
Et
ça, c'est inscrit dans le préambule de notre Constitution. On revient là-dessus aujourd'hui.
Mais, Fabien Rosel, c'est terrible.
Vous, président,
comment vous faites pour tordre le bras à la Grande-Bretagne ? Comment vous faites pour faire appliquer à l'Europe le droit d'asile ?
Plusieurs leviers. Comment on fait, en fait ? Plusieurs leviers. D'abord, je vous dis,
je
pèse, je mets tout mon poids contre la Grande-Bretagne pour lui demander d'appliquer cette convention. Voilà. Et donc, je fais une action dans le cadre de la justice, la Cour européenne des droits d'homme. Je le fais. Il faut les attaquer
d'un point de vue juridique.
Mais ensuite, pour tous ceux qui sont sur le territoire français... Oui,
mais
on règle trois quarts des... On règle déjà trois quarts des sujets. Oui, mais il faut être efficace. Tout de suite. Déjà, on règle cette question-là. Tout de suite. Ensuite, la question de la frontière chez nous, les accords du Touquet, qui fait qu'aujourd'hui, qui a été mise en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Quand j'entends Bertrand, on a droit à dire « Oui, oui, c'est pas bien. » Non, mais dis donc, ils ont tout signé. Barnier, commissaire européen qui a négocié le Brexit et qui dit « Oui, il
faut
revoir. » Non, mais dis donc, les mecs, ils sont tous complices jusque-là sur cette frontière qui n'a rien à faire chez nous quand ils dénoncent le fait qu'on sous-traite la question migratoire, etc. Mais on le fait. Nous, on touche 60 millions d'euros de la Grande-Bretagne pour installer des barbelés à Calais. Calais, cette belle ville de Calais, quand on y va, si vous y avez été. Mais c'est ça. C'est des couloirs de murailles de fer. Donc, cette frontière, nous devons dire à l'Angleterre, c'est terminé. Mais ça ne réglera pas. Ça ne réglera pas. Parce que, quand bien même la frontière serait de l'autre côté, qu'est-ce qu'on fait ?
On prend le porte-avions et puis on va jusqu'à la frontière maritime, on leur met un gilet, mais on leur dit « Allez-y ». Donc, on a besoin d'avoir une pression diplomatique, économique, juridique, auprès de la Grande-Bretagne pour qu'ils prennent leur part. D'ailleurs, j'ai fait une proposition, Jersey, les îles anglo-normandes, c'est un paradis fiscal notoirement connu où beaucoup de sociétés offshore françaises vont planquer leur pognon. Mais moi, je déclare ce paradis fiscal sur la liste noire des paradis co-français, j'interdis tout établissement, tout siège d'établissement bancaire là-bas, je rapatrie, je sanctionne ceux qui ont des avoirs, je vais leur mettre la guerre, moi.
Ça va pas. Ah
ben
non, mais c'est pas possible. Les gars, il faut les prendre, il faut les attraper par le porte-monnaie, par le coup, par le porte-monnaie, par tous les bouts, mais c'est une bagarre. Mais c'est tout. Qu'est
-ce
que vous voulez que je vous dise ? Mais là, c'est des déclarations, c'est des larmes de crocodile quand il y a 27 morts. Moi, ce n'est pas acceptable et c'est pour ça, je reviens sur l'appel du pape qu'il faut faire connaître, populariser, parce qu'aujourd'hui, oui, à Calais, il n'y a plus que les chrétiens, les catholiques, les protestants qui organisent l'accueil dans l'église, les communistes qui ont prêté leur siège pour accueillir ceux qui ont fait la grève de la faim, des associations qui se mobilisent. Enfin,
un
peu d'essence sur ce
sujet. On va avancer,
on
va passer à la suite. Merci Sarah, bientôt. Merci.
Merci à vous, en tout cas, pour ce beau reportage que vous avez fait.
Et Pauline,
c'est à toi. On
va
parler d'autre chose. On va parler d'une autre question qui divise à gauche. On a parlé tout à l'heure de la manifestation du 19 mai avec les syndicats de policiers. C'est la question du nucléaire. Donc ça,
c
'est une question qui est très importante. Et on voit vraiment qu'il y
a
un clivage entre, d'un côté, vous et Arnaud Montebourg et de l'autre côté, Jean-Luc Mélenchon qui veut sortir en 2045 du nucléaire et Yannick Jadot d'ici 20 ans. Et pour vous, c'est tout le contraire.
Au
contraire, vous dites que ce privé du nucléaire est une folie. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi
?
Ce privé du nucléaire, c'est augmenter la pauvreté dans notre pays. Ce privé du nucléaire, c'est empêcher la réindustrialisation du pays. La pauvreté, vous voulez dire ? Oui, la pauvreté, le pouvoir d'achat des gens. D'accord. Et se priver du nucléaire, c'est aussi se priver de nous passer des énergies fossiles, le charbon, le gaz, le pétrole. Donc, quand je dis que nous avons besoin d'investir dans les énergies, dans la production d'énergie nucléaire et dans la production d'énergie renouvelable, parce qu'il ne
faut
pas me faire passer non plus pour un 100% que d'énergie nucléaire, je défends les barrages hydrauliques, nous en avons tellement besoin. Les barrages hydrauliques,
c
'est 80% de les énergies renouvelables. Donc, le reste, c'est de la piétaille. L'essentiel, c'est l'hydraulique pour le renouvelable et la production d'énergie nucléaire. Parce que mon objectif, c'est d'abord la planète
qui
brûle. Pareil, tout le monde le dit, qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien, on crée un calendrier pour sortir des énergies fossiles, donc gaz, charbon, pétrole. Mais si on se prive de cette énergie-là, qui représente 60% de la consommation d'énergie en France, il faut bien avoir une autre forme d'énergie. C'est l'énergie électrique. Et l'énergie électrique, eh bien, pour nous, en France, c'est à 75% de l'énergie nucléaire. Vous dites, il faut décarboner, en fait. Il faut décarboner le pays. L'empreinte carbone nulle, ça passe inévitablement, immanquablement, par la production d'énergie nucléaire. Si on ne fait pas ça, si on ne fait pas ça, c'est quoi ?
D'abord, on va importer du gaz, on va continuer à utiliser les centrales à charbon de l'Allemagne etc. Et donc, on va être dépendant d'autres pays. On va avoir une électricité plus chère parce que quand même, notre électricité nucléaire décarbonée,
elle
ne coûte, elle est payée déjà. Quasiment. C'est l'électricité la moins chère d'Europe, c'est vrai. Sauf, sauf que... Mais il va falloir investir là. Non,
non,
sauf que... Là, il va falloir investir, ça c'est sûr, il faut faire
grand carréage. Ça ne va pas
devenir moins cher, forcément. Sauf que
les
dirigeants européens de Sarkozy à Hollande en passant par Macron se sont mis d'accord avec les autres, avec l'Allemagne notamment, pour que notre électricité nucléaire, le prix de notre électricité nucléaire qui devrait être la moins chère d'Europe, soit indexé sur le prix du gaz dont on doit se passer. Non mais c
'est
la folie furieuse. Ce n
'est
pas notre électricité qui coûte cher.
C
'est la manière dont se gavent ceux qui jouent en bourse sur notre électricité, en l'indexant sur le prix du gaz. C'est eux qui gagnent des sous total, direct énergie et compagnie. Et donc, c'est ça qui coûte cher au pays. Donc moi, je veux reprendre, retrouver notre souveraineté en matière de production, investir dans l'énergie nucléaire parce que c'est une énergie décarbonée et surtout, c'est une énergie pilotable. Ça veut dire que
si
demain, on relocalise, on réinvestit dans le pays pour réouvrir des usines, très concrètement, mais ça consomme beaucoup d'électricité, ça. Les usines, si on veut demain produire les voitures en France plutôt qu'en Chine, les usines, elles ne
vont
pas tourner avec des pédalos quand même. Oui, mais si vous voulez, les écolos et Jean-Luc Mélenchon sont quand même sur des scénarios de davantage de sobriété dans la consommation. Mais
la
sobriété, nous pouvons la construire par exemple, c'est ce que nous demandons dans l'isolation des maisons, des bâtiments publics. Et c'est un budget qui doit être de 10 à 15 milliards d'euros par an pour tenir un objectif de rénovation, construction, 500 000 logements par an. Les associations nous ont dit ça partout. On est tous d'accord là-dessus. Moi aussi. Mais ça ne suffira pas. Enfin, il y a 3 millions de Français en précarité énergétique. On leur dit de faire comment demain qu'ils n
'auront
toujours pas droit au
nom
de la sobriété énergétique. On a des usines à faire tourner. On leur dit non, ça va toujours vous coûter une blinde. Arcelor, Arcelor Ascoval, l'usine de chez moi qui a failli délocaliser en Allemagne dans une centrale à charbon, dans un haut fourneau qui fonctionne au charbon, la production des rails de la SNCF
parce
que l'électricité était trop chère en France. On est à côté de Gravelines que Mélenchon veut fermer. Non mais, c'est n'importe quoi. Nous avons besoin de ces centrales nucléaires et nous avons besoin d'investir dedans pour garantir leur sécurité parce que cette question, elle est réelle. La hausse du niveau des mers, etc. Oui. Et donc, il
y a
besoin d'investir. Oui.
Et
il y a besoin d'investir pour prolonger leur durée de vie. Voilà, ça c'est la réponse
immédiate. Mais il y a aussi
besoin d'investir pour trouver où est-ce qu'on va mettre tous les déchets nucléaires puisque là, on est quasiment plein partout. On est obligé d'en envoyer certains en Russie. Comment on fait concrètement
? Mais c'est
aussi un investissement à faire et c'est l'immédiateté. Aujourd'hui, si on veut tenir nos objectifs climatiques et produire, continuer à produire, enfin, nous passer des énergies fossiles, il va falloir augmenter notre part d'électricité donc il faudra faire ça. Mais
je
rappelle qu'il y avait un projet que nous, nous soutenons qui est le projet Astrid que Macron a abandonné, un projet de recherche sur les centrales nucléaires, les futurs réacteurs
sur
lesquels nous devrions travailler
et
en fait, ces futurs réacteurs, ces réacteurs de nouvelle génération, seraient en capacité d'utiliser 80% du minerai,
d
'uranium, donc sans déchets. L'avenir, c'est ça. L'avenir, c'est pour ça que je dis qu'il faut investir dans la recherche, dans la formation pour pouvoir produire demain
de
l'énergie nucléaire décarbonée mais en plus qu'il pourrait ne plus produire de déchets radioactifs. Et nous, on se dit non, construisons des éoliennes et des parcs solaires. Ça, c'est pas l'avenir. Pauline, tu voulais parler un peu de stratégie politique.
Voilà,
parce que c'est essentiel évidemment en période de pré-campagne présidentielle. Pour l'instant, vous êtes 8 candidats à gauche parce que j'en compte 3 à l'extrême gauche avec Anna Skazib
qui
a ses parrainages évidemment.
Donc
il y
aura
de toute manière la question des parrainages. Peut-être que vous allez en parler aussi. En tout cas, au contraire de 2012 et 2017 où vous étiez partie avec Jean-Luc Mélenchon, d'abord sous les couleurs du Front de Gauche ensuite de la France Insoumise. Là, vous êtes seule dans cette élection. Vous avez été désignée candidat du PC et vous avez récemment en tout cas regretté de ne pas être invité dans un 20h pour expliquer que votre campagne n'imprégnait pas dans la population. Est-ce qu'il y a des fois que vous ne
vous
dites pas qu'est-ce que je fais là ? Il y a énormément de candidats, j'ai l'impression de ne pas avoir assez de place pour m'exprimer, que les grands médias, vous en faites pas mal d'ailleurs en vrai, donc vous plaignez sur le 20h, mais qu'est-ce qui fait que ça
n'imprégne pas ?
Parce qu'il y a quand même une inégalité de traitement, je peux prendre l'exemple du président de la République qui est en campagne sans le dire, avec les moyens de l'Elysée, avec un temps de parole qui n
'est
pas décompté. Il y a une inégalité de traitement parmi les candidats à gauche, je ne comprends pas pourquoi Montebourg il a invité un 20h et par Roussel, par moi, pourtant ce n
'est
pas une question de sondage. Et puis ensuite il y en a qui sont aussi invités, dont on parle dans les 20h, parce qu'ils tiennent des propos outranciers, limites, et moi je ne suis pas de ceux-là. Moi je veux mener une campagne sur des idées, sur le fond, alors peut-être que je le paye, effectivement, et je le regrette. Mais,
pour
revenir sur la diversité des candidatures à gauche, elle est liée au fait qu'à gauche il y a quand même un débat sur les mesures à mettre en oeuvre et le choix de société dans lequel on veut vivre. Et il y a cette gauche, la gauche qui a été au pouvoir avec les écologistes la dernière fois en 2012. Oui,
le PS et les écolos. Le
PS et les écolos ont fait un accord de gouvernement avec des ministres écologistes, socialistes, des députés qui ont gagné.
Et
ils ont quand même carrément déçu, désespéré toute la gauche. Nous, on n'a pas participé à ce gouvernement et on a alerté en disant vous savez, ça, ça ne va pas aller. le résultat c'est qu'ils ont tellement déçu qu'à la sortie de ces élections toute la gauche en a payé l'époque assez. Donc,
ça,
nous n'en voulons plus. Nous ne voulons plus une gauche qui s'accommode des traités européens, qui s'accommode de la finance, qui ne remet pas en cause la course à la rentabilité, aux logiques de profit, etc. Nous voulons, nous, reprendre le pouvoir sur les banques, sur la finance et mettre en place un autre modèle économique qui n'épuise ni les hommes ni la planète. On a le droit d'avoir ce débat quand même à gauche.
Et
nous avons
cette différence. Oui, vous n'êtes
pas le seul à
le dire quand
même. D'accord ? On n'est pas nombreux quand même. On n'est pas quand même nombreux. Non mais, parmi les principaux. Et donc, nous voulons porter cette différence. Et puis, comme vous l'avez dit avant, j'ai fait le choix de prendre des positions différentes, originales. On a parlé du nucléaire, de l'énergie.
On
a parlé de la sécurité. Ça fait partie de ces sujets-là. Sur l'économie et justement comment on recrée une société qui garantisse le travail à tout le monde. J'ai fait des propositions qui sont uniques et originales. Et donc, cette différence, elle existe. Et moi, je le demande aux Français, justement,
à
l'occasion de cette élection,
au
premier tour, de choisir le programme et le candidat dont ils sont plus proches. Mais comment est-ce que vous pouvez quand même expliquer aux électeurs de gauche qui sont quand même un petit peu désarçonnés par, pour l'instant, la multiplicité des candidatures ? Est-ce qu'il va bien falloir choisir une fois dans l'isoloir ? Donc, vous ne serez peut-être pas 8 à la fin, sans doute. Pourquoi ils n'étaient pas désarçonnés avant par la multiplicité des candidatures ? Parce qu'en 2017, il y avait deux gros blocs. Vous étiez avec
Jean-Luc Mélenchon. Ça
n'a jamais... Dans toutes les... Excusez-moi. Pas 8. Je sais ce que vous allez dire.
Il y
a toujours eu une diversité des
candidatures
à gauche. Non, mais il y a toujours eu 5, 6, 7... On peut aller jusqu'à 8 si vous comptez tous les petits, les très petits. Oui,
oui,
c'est... Mais il y a toujours eu beaucoup de candidatures. À gauche, d'ailleurs, comme à droite. Oui,
ça fait vraiment...
Ça n
'a
jamais empêché ni la gauche de l'emporter, ni la droite de l'emporter. Le problème aujourd'hui de la gauche, c'est pas qu'il y a 5, 6, 7, 8 candidatures. C'est que quand on additionne tout, ça fait 25%. Oui, voilà.
C
'est ça le
problème. Mais est-ce
que vous pouvez nous
expliquer ? Donc, c
'est qu'il y a un paquet d'électeurs, un énorme paquet de Français qui ne croient plus dans la gauche et qui sont dans l'abstention, voire quand ils ne se perdent pas dans d'autres votes. Et donc, qu'est-ce qu'on fait pour aller les reconquérir ? Moi, ce que je veux, c'est pas aller en piqué à Jean-Luc Mélenchon, à Jadot ou à Anne Hidalgo. C'est de faire en sorte que moi, demain, je fasse 17%, que Mélenchon continue de faire ses 8, Anne, 5, et Jadot, ses 6. Et puis, tout ça, ça peut faire une majorité. Ça pourra peut-être faire un 50. Voilà, c'est
tout.
Ce qui est un peu étonnant, c'est qu'à la fois, vous dites, pour la présidentielle, chacun y va. On est tous différents. Donc, effectivement, on fait valoir chacun notre différence à la présidentielle. Par contre, législative, là, vous vous appelez à une entente pour faire un accord de législative entre vous. Comment est-ce qu'on peut comprendre que ce que vous allez faire au mois de juin, vous ne pouvez pas le faire au
mois d'avril, mai ?
Mais je vais vous dire, puisque vous êtes une observatrice attentive de la vie politique,
c
'est qu'il ne vous échappera pas que parmi les 577 circonscriptions,
il
y en a quand même beaucoup, ou, en
tout
cas,
un
paquet que nous, nous voulons identifier
où
la gauche est majoritaire,
où
la gauche peut l'emporter, où elle est déjà sortante
et
où elle peut l'emporter. Et ce n
'est
pas l'image de la France. Ça, mais dans des circonscriptions, notamment à l'issue des élections cantonales et régionales, la gauche, elle s'est renforcée. La gauche, les écologistes, les insoumis, les socialistes, dans des circonscriptions... C'est la droite qui a gagné, quand même. Oui,
oui.
Vous avez fait des... Voilà, les verts, la gauche, les grandes villes, les métropoles, etc. Ne dites-moi pas que ça ne s'est pas renforcé, sinon je vais
vous sortir. Non,
mais...
Quand même,
vous n'allez pas me dire blanc un coup et noir après. Ça va. Donc, ça, ça crée des rapports de force politique. C'est pour ça que je vous dis que vous êtes une observatrice attentive, donc vous l'avez écrit, ça, que quand même, dans ces grandes villes, ces métropoles, etc., et d'ailleurs, dans d'autres endroits,
eh
bien là, partout dans ces endroits-là, regardons, il y a une majorité, là, de gauche. Là, ça fait 50%, 40%, 35% parfois. Comment on fait ? Comment on s'additionne ? Comment on crée les meilleures dynamiques sur des contenus, sur des propositions liées, là, aux réalités de ce territoire ? Allons-y, regardons. Mais, à l'échelle de la France, mais, cette gauche, la gauche, la gauche, aujourd'hui, avec ces 25%, comment elle peut l'avoir l'ambition de l'emporter si elle ne va pas conquérir, justement, tous ces électeurs déçus, abandonnés, le monde du travail, les ouvriers ? Comment ça se fait que la gauche ne parle plus aux ouvriers ?
Moi, je veux parler, justement, au monde du travail, aux ouvriers, aux fonctionnaires, aux agriculteurs, aux agents des forces de l'ordre, comme aux
jeunes des cités. Vous êtes plusieurs à vouloir
le
faire. C'est plus bien.
Moi, je
l
'affiche, je le dis, et je veux gagner, et je veux, justement, en renforçant
mon
camp, celui du monde du travail, en retrouvant dans notre pays une force communiste
forte, ça
change la gauche et ça change le pays. Juste un truc, Mélenchon, c'est fini, il n'y aura pas... On sent bien qu'au PC, il y a des gens qui aimeraient retourner avec Mélenchon. On a vu ce week-end, il faisait son meeting à la Défense, Asdine Taïbi, qui est maire d'Estaing, maire communiste, fait partie maintenant de son mouvement pour l'Union Populaire. Voilà, est-ce qu'il pourrait y avoir aussi une pression de la part de certains communistes en interne, et je pense qu'elle existe peut-être aussi chez les parlementaires, pour faire quelque chose avec Mélenchon à la présidentielle ? Vous vous dites non jamais ?
Parce que j'ai l'impression que chez Mélenchon, ils n'ont pas tout à fait fermé la porte.
D
'abord, je parle par mon nom, nous sommes une force politique avec des adhérents, un parlement qui se réunit régulièrement, qui a fait un choix très majoritaire, et je suis moi soutenu par cette force-là et par ce choix-là, et donc, ce choix dit que notre pays a besoin, oui, d'un programme véritablement à gauche et de rupture avec ce qui s'est fait jusqu'à maintenant. Et donc, nous sommes conduits par ce choix-là. Les élus et ceux qui peuvent donner leur parrainage, et les élus communistes en l'occurrence, feront le choix de le donner ou pas. Aujourd'hui, très, très, très, très, très majoritairement, ils le font et ils respectent ce choix. D'ailleurs... Vous avez les 500
signatures
ou pas ? Ça, je le dirai quand je l'aurai décidé.
Et
à un moment donné, où je vais dire, voilà, ce sera le montant de communication sur ce sujet-là.
En
tout cas, c'est très, très, très majoritairement. Qu'il y ait un maire qui aille au meeting de Mélenchon, c'est son sujet, c'est son problème, c'est son choix. Voilà, c'est tout, et tout seul.
Et
les autres,
ils
n
'y sont pas.
Fabien Roussel, vous avez un programme offensif sur une question sociale majeure qui est celle des salaires et du pouvoir d'achat. Vous prenez une augmentation du SMIC et des pensions de retraite à 1 500 euros net de tous les autres salaires en fonction de l'inflation. Vous prenez aussi une revalorisation du point d'indice de la fonction publique et le recrutement de 500 000 fonctionnaires. Et surtout, vous êtes pour la création d'un grand service public de l'emploi, assurant un métier et une formation rémunérée à chaque jeune. Mais en même temps, en commentant la proposition de Jean-Luc Mélenchon de la garantie de l'emploi, vous avez dit que cela vous rappelait l'époque soviétique et
l'école
cause. C'est pas un peu bizarre déjà pour un communiste ? Je suis peut-être,
c
'est vrai, c'est un peu bizarre.
Mais je ne
suis
pas de la culture soviétique, moi. Donc, je n
'ai
pas pris mon communisme dans les livres. C'est pour ça que j'ai peut-être...
C'est quoi la différence ? Je vais vous dire la différence. Plus sérieusement. C'est
que pour nous, c'est la différence, c'est une différence forte que l'on a avec la France Insoumise, avec le projet de Jean-Luc Mélenchon,
en
tout cas,
c
'est que lui, l'État est l'employeur en dernier recours. Voilà.
C
'est l'État. Nous, nous ne disons pas ça. L'État ne peut pas embaucher tout le monde. Ce
n
'est pas notre projet de société. Voilà. Ce n'est pas une économie administrée, étatique, où tout le monde est fonctionnaire. Nous, nous n'y croyons pas. Ce n
'est
pas notre projet de société. Nous,
nous
disons que d'abord, il y
a
besoin de services publics. Et donc là, il y a un grand vivier, un grand gisement d'emplois. Nous avons estimé à 500 000. Ce sera peut-être plus, peut-être moins, mais je ne crois pas. C'est plutôt plus
pour
répondre aux besoins. Ce n
'est
pas tout de suite. Il faut les former, les pré-recruter, etc. Mais nous disons que le secteur privé, le capital, doit participer aussi à la reconstruction de la France. Alors, bien sûr, le capital, on n'a pas la main dessus et il ne fait pas ce qu
'on
lui dit de faire. Et c'est pour ça que notre proposition, l'originalité de notre République à nous, c'est une République sociale salariée dans les entreprises et qui fait que les salariés ont des pouvoirs d'intervention qui leur permettent d'agir sur les choix de l'entreprise, du capital et du conseil d'administration. D'abord, notre projet de société, c'est de leur donner des pouvoirs d'intervention et y compris de proposer des contre-projets,
d
'interdire des délocalisations,
de
faire en sorte qu'il y ait l'égalité salariale femmes-hommes, par exemple.
Mais
nous voulons aussi leur donner des outils économiques
pour
pouvoir soutenir leur projet. D'où la proposition d'une banque publique et dont je propose de nationaliser
la
BNP,
de
leur mettre à disposition une assurance publique. Je propose de nationaliser AXA
parce
qu'en ayant des outils publics
à
leur disposition, les salariés vont pouvoir dire
les
actionnaires proposent ça,
et
bien nous, on propose ça et c'est financé grâce à le soutien d'une banque publique. Et puis moi, État, nous, gouvernement, le ministre de l'économie dira c'est vrai que les salariés ont un beau projet et nous le soutenons et donc nous relocalisons une activité, nous allons produire différemment, nous allons faire en sorte, là, parce que c'est possible de réduire le temps de travail et donc nous nous engagerons vers la réduction du temps de travail en le négociant par branche, par secteur, etc. Voilà comment nous, nous voulons faire. L'objectif de garantir à chacun un emploi, une formation,
ça
ne se traduira pas par l'embauche de tout le monde, ça se traduira par un plan de création d'emploi et dans les services publics et dans le secteur privé parce que dans le secteur privé aussi, il y a des gisements d'emplois énormes, relocalisation, réindustrialisation, transition énergétique, etc.
Fabien Rossel, une dernière question parce que le temps est passé très vite. Dans Construisons la France en commun, le projet communiste repris sur votre site La France en commun, il est dit que vous voulez tourner la page d'un capitalisme vorace et destructeur d'humanité. Déjà, est-ce que c'est possible dans un seul pays et comment on fait pour tourner la page du capitalisme ?
Ça ne va pas, non ? Ça ne va pas, ça va pas. Du
capitalisme ? Oui. Quand on sera au pouvoir,
vous
pourrez poser cette question-là. mais non, l'urgence sociale, écologique, c'est de sortir d'un système dont la seule visée, c'est les profits, c'est le court terme.
C
'est important les deux. C'est le profit, mais ce n
'est
même pas le profit sur 15 ans. C'est le profit tout de suite et beaucoup d'argent tout de suite. C'est les marges à 10-15% sur les produits,
c
'est la valeur ajoutée plus, plus, plus. Il faut sortir de ce système économique qui broie les hommes, les êtres humains, les hommes et les femmes, beaucoup les femmes d'ailleurs, dommage qu
'on
n
'ait
pas pu en parler plus,
mais
qui en plus a épuisé la planète et qui l'a mise à feu et à sang. Là. Donc, on doit sortir de ce système économique. Nous disons qu'à l'échelle d'un pays comme la France,
c
'est possible. J'ai fait une série de propositions. Ça veut dire aussi d'envoi, d'envisager d'autres relations économiques, commerciales
avec
les pays de l'Union Européenne mais aussi avec d'autres pays.
Et
y compris à l'échelle du grand continent.
Moi,
je suis pour des accords de coopération avec la Russie plutôt qu'une politique de sanction. Parce qu'à l'échelle d'un territoire, si justement on défend le produire local et les échanges internationaux, on a à l'échelle de ce territoire, un bassin de vie, d'emploi auquel il y a tellement de besoins auxquels nous devons répondre que nous devons travailler ensemble. Ensemble, pour répondre aux défis écologiques, aux urgences sociales, enfin, éradiquer la pauvreté, la faim dans le monde, garantir à chaque enfant l'accès à l'école, à l'éducation. Enfin, travaillons à ça, mettons-nous. Et donc, oui, c'est possible et c'est urgent de sortir du capitalisme
mais
ça ne suffira pas. Il faut construire, bâtir un modèle de société où nous disons que tous les citoyens doivent être les acteurs de ce modèle de société d'où l'idée de donner plus de pouvoir dans les entreprises, participer à un nouveau modèle de production, etc.
Merci
beaucoup, Fabien Roussel. Je rappelle que vous êtes député du Nord et candidat du PCF à la présidentielle. Merci Pauline, à très vite. A bientôt. A l'air libre,
c
'est fini pour ce soir. Bonne soirée, à demain.
Sous
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