L'invitée de Bourdin Direct : Amélie de Montchalin - 04/01
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Amélie de Montchalin, bonjour. Bonjour. Ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. Nous allons beaucoup parler des fonctionnaires, bien sûr, avec vous. Mais regardons ce qui s'est passé dans la nuit à l'Assemblée Nationale. Les députés de l'opposition ont refusé de prolonger, après minuit, l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal. L'examen du texte a été suspendu. Est-ce que le pass vaccinal sera appliqué à partir du 15 janvier ?
Alors, ce qui est certain, c'est que ce pass vaccinal, il va s'appliquer. Puisque la majorité a une majorité, c'est le principe du fait majoritaire. Et nous pensons que c'est une mesure essentielle dans la phase de pandémie que nous vivons aujourd'hui. Mais ce qui s'est passé hier soir, c'est une manœuvre navrante. Avant de parler de la manœuvre, je vous pose une question précise.
Est-ce que le pass vaccinal sera appliqué à partir du 15 janvier ?
Il sera appliqué le plus tôt possible.
Donc il ne sera pas appliqué à partir du 15 janvier, parce qu'il s'est passé dans la nuit à l'Assemblée.
Il sera appliqué le 14, le 15, le 16, il sera appliqué le plus tôt possible. Mais pourquoi je vous dis ça ? Parce que ce qui s'est passé hier, c'est l'image d'un Parlement qui s'affaiblit lui-même. C'est une manœuvre navrante. C'est le spectacle de députés d'opposition qui ont joué une bonne pièce de théâtre et qui sont allés se coucher tôt. Là où des députés de la majorité étaient prêts à débattre. Là où surtout, et c'est là le contraste, dans nos hôpitaux. J'étais encore il y a quelques jours dans un hôpital, j'ai rencontré des jeunes infirmières qui travaillent dans un service de réanimation. Qu'est-ce qu'elles m'ont dit ?
Qu'elles étaient fatiguées et qu'elles étaient surtout lassées de voir que les patients dont elles s'occupent ne sont pas vaccinées. Ces femmes-là, ces hommes-là, ces soignants, eux ils travaillent la nuit. À minuit, ils ne vont pas se coucher tôt. Ils ne font pas des coups de théâtre. Ils ne sont pas dans l'irresponsabilité. Ils sont dans l'engagement quotidien.
Et je pense que notre pays, nos responsables politiques, qu'ils soient d'opposition en particulier, mais évidemment de la majorité, et c'est le rôle que les députés de la majorité ont joué hier soir, nous leur devons d'agir avec responsabilité, sans hypocrisie, sans duplicité, sans mettre en scène ce qui était hier un spectacle navrant.
Alors, le spectacle était navrant. Tout le monde, tout le monde, on sera d'accord. Le spectacle était navrant. Double spectacle navrant. D'abord, l'opposition, qui a perdu le sens des responsabilités. C'est ce que vous dites, sans doute. Notamment les députés LR, qui eux, sont prêts à voter le pass vaccinal. Mais les LR, revenons-y. Vous avez Mme Pécresse.
Mme Pécresse, elle est candidate à la présidentielle. Avec un certain nombre de ses amis. Elle fait le tour des plateaux de télévision depuis quelques jours pour dire qu'elle est évidemment responsable pour le pass vaccinal. Mais du coup, il se pose une question. Soit elle n'est pas capable de tenir ses troupes, puisque hier, les députés LR, dans l'hémicycle, ont voté contre le pass vaccinal. Son porte-parole, Aurélien Pradié, son porte-parole a voté contre le pass vaccinal. Les députés LR étaient plus nombreux hier à voter contre qu'à voter pour. Soit, et là c'est encore plus dangereux, ça veut dire que ça s'appelle la duplicité.
Mais non, les députés ont voté... Non, le refus de prolonger la discussion.
Non, non, non, plutôt dans la soirée. Ils ont voté contre. Vous aviez un amendement d'un député LR qui voulait supprimer le pass vaccinal. Vous avez 30 députés LR, dont le porte-parole de Mme Pécresse, qui a voté pour la suppression du pass vaccinal en texte. Et vous n'avez que 4 députés LR. 4 qui étaient en phase avec la candidate qu'elle défend. Donc soit Mme Pécresse ne tient pas ses troupes, et qu'elle n'est pas en capacité d'avoir une majorité le jour venu, soit, et c'est encore plus grave, ça s'appelle la duplicité. C'est que vous dites à la télé des choses, mais que dans l'hémicycle vous faites autre chose. Comme ça vous gagne coûte que coûte, à tous les coups. Pile, je gagne.
Face, je gagne. Ça s'appelle la duplicité. C'est irresponsable. Et je pense qu'il faut que les Français comprennent bien qu'aujourd'hui vous avez un grand contraste. Vous avez un gouvernement qui assume, qui a les mains dans le cambouis, qui gère une crise, oui, au jour le jour. Alain Pécresse dit qu'on la gère au jour le jour, mais heureusement qu'on la gère au jour le jour. Elle a un plan quinquennal ? Le Covid se gère comme ça, avec 5 ans devant nous, avec un grand plan, une grande stratégie. Évidemment qu'il y a une stratégie, une cohérence. La vaccination, la protection des soignants, l'école.
Et vous avez en face une opposition, notamment de cette droite, qui est prête à toutes les outrances, qui n'est rassemblée au fond que sur une chose, vouloir le pouvoir. Il n'y a aucune cohérence.
Et qui est dans la duplicité. Dites-vous, DLR, mais amateurisme de la majorité. Pardon, pardon, le gouvernement est incapable, enfin, la majorité gouvernementale, est incapable d'organiser un débat efficace et de faire voter dans les délais un texte que la majorité juge essentiel.
Jean-Jacques Bourdin, je ne vous laisserai pas inverser les rôles.
Mais il ne s'agit pas d'inverser les rôles. Il s'agit de responsabiliser les uns et les autres, Amélie de Manchalat.
Attendez, la responsabilité, mais reprenons le fil.
Oui.
Depuis un an et demi, le pass sanitaire, les mesures ont été débattues douze fois dans l'hémicycle. Douze fois la majorité a été en rendez-vous. Je ne vous laisserai pas dire qu'hier soir, de la semaine dernière...
Amélie, où étaient les députés de la majorité ?
Ils étaient au travail. Quand vous avez une alliance contre nature, quand vous avez du théâtre, quand vous avez de la manœuvre, quand vous avez, au fond, le grand bal des hypocrites qui s'organisent, je ne vous laisserai pas dire que la responsabilité de ce spectacle navrant...
La co-responsabilité.
...est dans les députés de la majorité qui étaient prêts à débattre, qui étaient là...
Mais ils n'étaient pas là suffisamment nombreux.
Ils ont repoussé tous les amendements, tous les amendements qui étaient des amendements d'affaiblissement, des amendements de déni. Vous savez, dans les discussions hier soir...
Quand il s'agit de prolonger les débats, ils n'étaient plus là, mêlés de mon chalin, suffisamment nombreux. C'est vrai ou c'est faux ? C'est vrai ou c'est faux ? Je vous pose la question.
C'est vrai ou c'est faux ? Évidemment, quand vous avez des gens qui n'ont qu'un objectif, ce n'est pas de débattre du fond, ce n'est pas de faire avancer les débats, ce n'est pas de s'opposer sur des quelconques mesures, c'est de mettre en scène du théâtre. Le théâtre, le coup de rideau. C'est le théâtre. Si les oppositions pensent que ce que nous devons aux Français, ce que nous devons aux soignants, ce que nous devons dans cette pandémie qui épuise le pays, c'est du théâtre, c'est aller se coucher tôt, c'est ensuite aller pousser des cris de joie. Vous voyez l'indignité. Vous avez 130 000 morts dans notre pays. Vous avez des soignants qui sont épuisés.
Vous avez 3 500 personnes en réanimation. Autour de chaque lit de réanimation, vous avez 3, 4, 5 personnes en continu. Et vous avez une opposition qui se dit que ce qu'on va faire hier soir, vous voyez, lundi 3 janvier, alors qu'ils ont travaillé la semaine dernière, les députés de la majorité, en commission pour faire avancer les textes, c'est ce spectacle. Je crois que ce n'est pas digne, ça affaiblit la démocratie et les Français ne sont pas dupes. La duplicité, elle est dans ceux qui, à la télé, disent des choses, dans l'hémicycle, disent autre chose. Elle est dans ceux qui, n'ont pas aujourd'hui ni de cohérence, n'ont pas de lisibilité et surtout affaiblissent notre...
Au fond, notre rôle, c'est quoi ? C'est de faire tenir un pays uni dans une crise difficile. Évidemment, ça demande de la responsabilité. Évidemment, ça demande... Vous savez, les députés de la majorité, qu'est-ce qu'ils font ? Ils prennent leurs responsabilités, ils sont menacés aujourd'hui. Certains voient leur maison personnelle brûler.
Menacés de mort, mais pas que les députés de la majorité, d'ailleurs. Tous ceux qui sont favorables au pass sanitaire.
Oui, et d'ailleurs, vous avez bien remarqué qu'hier soir, il y a eu beaucoup de gens qui, à la télé, sont favorables et pour appuyer sur le bouton, ce ne sont beaucoup moins. Vous aviez hier à nos spectacles navrants. C'est les complotistes, c'est les antivax, ceux qui mettent en danger la vie des Français, qui devant l'Assemblée font pression.
Vous parlez de Florian Philippot ?
Oui, je parle de tous ceux sous cette mouvance minoritaire qui pensent que par la pression, par la menace, par l'invective, par les fausses informations, par les mensonges,
vous faites avancer quoi que ce soit. Il promet de communiquer sur les noms de ceux qu'il appelle les coupables. Les coupables, ce sont les députés qui sont favorables au pass vaccinal. Pour lui ?
Les marchands de peur, ils ont fait beaucoup de mal à ce pays. Ils ont mis en danger la vie de beaucoup de personnes.
C'est un appel à la violence ?
Bien sûr, mais ce n'est pas qu'un appel, vous voyez la violence. Quand vous avez des domiciles particuliers, personnels, de députés qui sont incendiés. Quand vous voyez sur les réseaux sociaux le niveau de violence, de haine qui est aujourd'hui déversée, je pense que ces hommes et ces femmes qui ont accès au micro, qui ont accès aux médias, qui peuvent se mettre en scène, font un grand mal à notre pays et surtout, ils mettent en danger des vies. Je pense qu'il faut qu'on soit lucide. Il y a évidemment des inquiétudes. Il y a évidemment des gens à qui il faut qu'on explique les choses avec des arguments humains, de proximité.
Mais vous avez derrière des gens qui pensent qu'ils peuvent faire de la politique sur la vie des Français. C'est très grave et je peux vous dire que sur ce sujet, évidemment, nous ne sommes pas dupes et je pense que nous avons tous
une raison. Comment allez-vous réagir ? Comment réagissez-vous ? Comment devant ces violences, devant ces insultes, devant ces menaces ? La justice est saisie.
Les députés qui reçoivent des menaces de mort, anonymes ou pas, d'ailleurs c'est rarement anonyme parce qu'on retrouve en général les personnes qui les envoient, saisissent les tribunaux et ensuite il y a des condamnations. Ça s'appelle l'état de droit. Moi je pense que vous voyez dans un pays, les choses s'organisent et la démocratie est un fait majoritaire. Si certains, vous voyez, ont un esprit de revanche, veulent à tout prix retrouver le pouvoir. C'est ce qui se passe aujourd'hui dans la droite de Mme Pécresse. Vous savez, elle nous dit j'assume, je suis une droite décomplexée. Moi ce que je vois c'est surtout la décomplexion de vouloir à tout prix les postes.
C'est de vouloir dire tout et son contraire pour retrouver le pouvoir parce que nous serions qu'une parenthèse d'illégitime et qui au fond n'avons pas le droit. La démocratie c'est le droit de chacun de se présenter à des élections, de les remporter, d'agir, de rendre compte et de se présenter à nouveau des élections.
Amélie de Montchalin, réunion en matignon hier autour de Jean Castex. Vous y étiez, le Premier ministre a insisté sur la continuité du service public. Assurer cette continuité, alors on va savoir comment mais quel absentéisme aujourd'hui dans la fonction publique ? Le taux d'absentéisme ?
Il n'y a pas de taux d'absentéisme
général.
Il y a des sujets très locaux, c'était le but de la réunion d'hier. Vous savez, ça fait 18 mois qu'avec le Président de la République nous avons une ligne. Ne plus jamais revivre ce qui a pu se passer au premier confinement, c'est-à-dire avoir certains services publics qui ont fermé.
Aucun service public ne fermera, aucun service public ne réduira l'accueil au public.
Aucun service public ne sera, et c'est notre engagement depuis 18 mois, ne laissera les Français sans service public à disposition. Ne réduira l'accueil ? Et donc c'est évidemment les écrans d'accueil. Vous savez, on a une charte depuis l'automne 2020. C'est 4 points. Et les Français savent que c'est respecté depuis effectivement 18 mois. D'abord, c'est qu'on protège les usagers et les agents. dans les lieux, avec les gestes barrières qui s'imposent pour qu'on soit en sécurité. La deuxième chose, c'est qu'on ait un accès au service public par tous les moyens.
Avec des guichets qui sont ouverts, avec du téléphone, avec des rendez-vous, avec parfois des visioconférences pour ceux qui le demandent. Bref, que nous restions ouverts et que le service public accueille chacun. Troisième élément, que nous ne prenions pas de retard, qui n'est pas de délai, parce que les dossiers doivent être traités. Et le quatrième élément, il est crucial, c'est que le service public pendant ces 18 derniers mois, il a beaucoup innové. Il a notamment beaucoup innové pour aller vers les personnes les plus fragiles. Plutôt que d'être une administration qui attend au guichet, que les gens viennent au guichet avec un problème, nous avons inversé la logique.
La Caisse d'allocation familiale a appelé les femmes seules. La Caisse d'assurance vieillesse a appelé les retraités les plus précaires et les plus modestes. Et cette démarche de dire on va vers les plus fragiles, c'est un apprentissage de la crise. Et je peux vous avancer que jeudi, je réunis tous les directeurs de tous les services publics de France pour à la fois faire le point sur la continuité, mais aussi voir comment nous pouvons faire perdurer ce nouveau service public qui a émergé parce que c'est une leçon de la crise utile. Je vous donne un exemple. On a, pendant cette crise, fait une innovation.
Quand vous êtes au RSA ou au minimum vieillesse, à partir de 2022, parce qu'on l'avait expérimenté pendant la crise et on va le poursuivre, vous êtes automatiquement inscrit à la complémentaire santé solidaire. A quoi ça sert ? Ça sert à lutter contre ce qu'on appelle le non-recours. Ça sert à dire on fait moins de paperasse. Ça veut dire que le service public se met vraiment à votre service,
en particulier quand vous êtes vulnérable, quand vous êtes fragile. Amélie de Montchalin, des ouvertures plus larges. Ça veut dire des horaires qui peuvent être plus larges.
Des horaires plus larges. Ça peut être des horaires décalés. Le week-end ou une réponse le week-end. Ça peut être aussi des rendez-vous téléphoniques. Vous vous présentez, vous dites j'ai un cas compliqué.
Parce qu'à partir du vendredi jusqu'au lundi, on ne peut plus joindre un service public.
France Service, c'est 2000 lieux d'accueil partout dans le pays qui accueillent à moins de 15 à 20 minutes de chez eux les Français. Ils sont ouverts le samedi. Ils sont ouverts le soir. Il y a des France Service dans les gares. Donc évidemment qu'on innove. Et la continuité du service public, ce n'est pas quelque chose qu'on a découvert hier. C'est un combat quotidien que les agents publics ont mené en innovant, en s'adaptant, en télétravaillant aussi beaucoup plus, en innovant dans leur manière de servir les Français. Et c'est à leur honneur. Et évidemment, nous y travaillons pour que ça continue.
Donc pas d'axentéisme majeur dans la fonction publique. Donc la continuité du service public sera assurée. Vous êtes engagée. Le télétravail dans la fonction publique, où est-ce que vous en êtes ?
J'en suis à ce qu'aujourd'hui, 50% des agents qui travaillent hors de Paris télétravaillent. Aujourd'hui, ils télétravaillent plutôt un ou deux jours et donc on va monter à trois jours comme dans le privé. Et dans les ministères parisiens, c'est entre trois quarts et parfois plus de 80-85% des agents qui télétravaillent, là aussi, ils vont télétravailler trois jours. Et les entreprises publiques qui ne joueront pas le jeu seront sanctionnées ? Les entreprises publiques comme toutes les entreprises seront sanctionnées et les collectivités, les employeurs publiés, les hôpitaux, l'ensemble des employeurs publics. Vous savez, nous, on a un système qui s'appelle le contrôle de la légalité.
On fait respecter les obligations et je peux vous dire que je suis très vigilante. J'étais hier, voyez, avec des maires dans une sous-préfecture pour vérifier que quand on dit au travail, dès qu'on peut télétravailler, on fait trois jours de télétravail parce que c'est une bonne protection contre cette pandémie. Ça permet de respecter les gestes barrières. Ça s'applique pleinement.
Alors, il y a une autre bonne protection. Ce sont les masques FFP2. Est-ce que vous allez distribuer des masques FFP2 à tous les agents des services publics ?
Sur ce sujet.
Oui.
Comme depuis le début de la crise. S'il y a des solutions, vous savez, parfois certains, j'entends notamment à l'extrême gauche, mais aussi parfois à droite, on a l'impression que le FFP2, c'est la solution miracle.
Si c'était miraculeux... Le FFP2 protège six fois mieux. que les masques chirurgiaux. Donc, on a demandé
un avis au conseil en société publique à l'autorité de santé pour savoir quelle était la bonne doctrine.
Les avis ont été rendus, beaucoup d'avis ont été rendus sur les masques FFP2. C'est une discussion
que nous aurons envoyée autour du Premier ministre.
Pourquoi vous ne l'avez pas déjà ? Pourquoi est-ce que vous ne distribuez pas déjà des masques FFP2 dans la fonction publique ? Je ne comprends pas. Aux enseignants, par exemple, je ne sais pas pourquoi.
On en distribue à toutes les personnes immunodéprimées. Parce qu'il coûte cher.
Il coûte cher, Amélie de Montchaleur. Mais ce n'est pas
que vous pensez, honnêtement, Jean-Jacques Bourdin, est-ce que vous pensez honnêtement, le quoi qu'il en coûte que certains nous mettent à la figure, est-ce que c'est un problème de compte ?
Est-ce que vous avez du stock ?
On a des stocks, on a évidemment une doctrine, on en a des discussions sur la manière d'organiser des choses. Après, je ne veux pas non plus obliger les gens à mettre un masque FFP2. Le masque chirurgical se protège très bien. Et puis, je peux vous dire que mettre un masque FFP2 toute la journée dans des circonstances notamment d'enseignement, etc., ce n'est pas forcément confortable. Oui, mais quand on est
au contact avec le public, peut-être peut-on porter ce masque ?
C'est une discussion que nous avons. Nous regardons les choses toujours avec pragmatisme.
Mais vous regardez, vous regardez, il faut gérer vite.
Et dans les prochains jours, nous avons des discussions interministérielles sur ce sujet. Et donc, si des annonces doivent être faites, elles sont en fait en temps et en heure. Mais je tiens à dire quelque chose. Oui. Quand M. Ciotti, M. Mélenchon, avec ses vociférations de clown tristes qui montent à la tribune et qui nous expliquent que nous aurions... Peut-être qu'une triste, mais sur l'FFP2, Eric Ciotti est clair. Il dit qu'il faut distribuer ses masques. Oui. En Italie, vous voyez, il y a des masques FFP2 en très grand nombre. La pandémie n'a pas pour autant disparu. Donc, évidemment, c'est une mesure de protection. Il faut qu'on regarde si on doit l'étendre.
Mais ce n'est pas une mesure miracle. Et quand j'entends M. Mélenchon nous dire d'abord, vous savez, on n'avait pas regardé les traitements. On cachait aux Français les traitements. Ensuite, on avait caché aux Français la vérité sur les études. On avait caché aux Français la vérité sur les vaccins chinois et russes. Maintenant, on cacherait la vérité sur les masques FFP2. Arrêtons, là aussi, les vociférations de n'importe quoi. Si des mesures doivent être prises, si on peut accroître la protection, si c'est réellement efficace et si certains en demandent, vous savez, aujourd'hui, vous pouvez en acheter. Les pharmacies en disposent.
Quand vous êtes vous-même immunodéprisonnés, je n'ai pas d'opposition à ce principe. Je cherche juste à ce que ça soit efficace et que ça soit fait dans les bonnes...
Vous allez le faire ?
Nous allons en parler cette semaine. Nous avons un certain nombre de... Il faut aussi qu'on soit honnête. Faire croire aux gens. Vous savez qu'il y a des mesures miracles qu'on n'aurait pas prises jusqu'à maintenant. Ça n'a pas de sang.
Il s'agit d'une mesure de protection.
Mais on n'a pas... Qui vous est-il arrivé
à la frontière franco-suisse, Amélie de Montchelin ?
Il m'est arrivé quelque chose...
Vous avez pris un avion, vous vouliez prendre un avion et puis tout à coup, le commandant de bord a dit non, je n'en veux pas.
Il m'a demandé de faire un test. Oui. J'ai donc fait un test puisque les règles avaient changé et comme beaucoup de Français, c'est une histoire finalement assez banale, eh bien, j'ai dû refaire un test pour monter dans un moyen de transport parce que les informations que j'avais eues étaient...
Dans l'avion suivant.
Mais Jean-Jacques Bourdin.
Oui.
Ce sujet, pourquoi j'aimerais en parler un peu plus ? Parce que ce qui s'est passé, au fond, c'est banal, ce n'est pas le sujet. Oui. Ce qui s'est passé surtout, c'est le déchaînement sur les réseaux sociaux de l'extrême droite, des anti-vax qui ont d'abord mis en scène toute une énorme mousse sur un sujet qui n'est pas un sujet de vérité, qui aurait remis en cause ma vaccination, qui a cherché ensuite à désinformer, à alimenter la rumeur. On connaît trop bien ces mécanismes. Ce sont des mécanismes qui fragilisent la démocratie.
C'est la différence entre l'information, le travail des journalistes que vous faites, où vous vérifiez les informations, vous regardez ce qui est la réalité et je n'ai aucun problème avec la réalité. Et évidemment que la réalité, c'est que il fallait un test. Je n'en avais pas parce que les informations que j'avais eues étaient erronées. C'est l'ambassade de France en Suisse qui m'avait dit que c'était bon. Les règles avaient changé. Et donc évidemment, sans aucun passe-droit, j'ai fait un test.
Il a pris l'avion suivant.
Mais qu'est-ce qui se passe derrière ? C'est pour ça que le président de la République se bat au niveau international. Les fake news, la désinformation, les rumeurs, ça fait quoi ? Ça met des gens en danger. Ça abîme la démocratie. Ça fait que la démocratie, c'est quoi au départ ? Ce sont des citoyens informés qui votent librement. Quand l'information ne se base que sur des fake news, ne se base que sur des sujets qui ne sont pas la réalité, je suis évidemment vacciné. Vous n'avez pas de membre de gouvernement aujourd'hui qui appelleraient à la vaccination qui ne s'appliquerait pas à lui-même cette mesure de précaution. Et donc, soyons sérieux.
Je pense que nous avons
à faire très attention à la place que prennent ces réseaux sociaux dans un débat démocratique.
Je voudrais terminer avec la fonction publique. Les fonctionnaires, Emmanuel Macron, lors de sa campagne, promettaient la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, ce qui n'est pas du tout le cas après 5 ans de quinquennat, puisque le nombre de fonctionnaires a augmenté. Non pas le nombre de postes, mais le nombre de fonctionnaires a augmenté parce qu'il y a de plus en plus de contractuels dans la fonction publique. C'est une réalité, Amélie de Montchalin. Voilà une promesse non tenue. Pourquoi ?
Alors, on va être très clair là-dessus. Le président de la République avait dit mon objectif, c'est que dans l'État, il y ait 50 000 personnes demandant les ministères et que nous ayons plus de monde sur le terrain. Il y avait dit
120 000 fonctionnaires de moins.
70 000 dans les collectivités locales, 50 000 dans l'État.
24 000 par an, il avait dit.
Ce qui s'est passé, c'est que nous avons effectivement redéployé massivement des agents publics, des ministères vers le terrain. Dans les commissariats, dans les tribunaux, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans nos sous-préfectures et préfectures. En 2022, ce sont 5 000 personnes qui vont réarmer les préfectures et les sous-préfectures parce que la fameuse RGPP, vous savez, les grandes coupes sombres de la droite, c'est 40 % de moins de personnes au contact des Français. Et donc, quand nous faisons les plus et les moins, au vu des besoins de ce qu'est la France de 2021, nous avons moins de monde à Paris, largement, massivement.
Mais il y a plus de fonctionnaires en France,
moins de monde à Paris, plus de fonctionnaires en France.
Donc la promesse n'a pas été tenue
si vous faites la différence entre...
Autant ne pas faire de promesse à ce moment-là. Non, mais attendez.
Entre 2017 et 2021, nous avons le même nombre d'agents publics.
Oui, 36 000 emplois supplémentaires en 2020.
Et en 2020, vous avez eu une pandémie. 36 600 encore supplémentaires. Oui, nous avons dû recruter des contractuels. Parce que dans les écoles, vous aviez des personnes vulnérables. Parce que dans les hôpitaux, nous avons des besoins. Et ce que je peux vous dire, c'est que, évidemment,
la fonction publique,
elle se réforme, elle se transforme. Les agents publics, qui aujourd'hui ne font plus les mêmes métiers, ne sont plus aux mêmes endroits qu'hier. Est-ce que vous allez continuer à recruter ? Mais bien sûr qu'on recrute. On recrute des enseignants. Est-ce que vous allez continuer à augmenter le nombre de fonctionnaires ? Non, ce qu'on essaie de faire et ce qu'on va continuer à faire et ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on ouvre aussi des places au concours. Vous avez aussi une pyramide des H que vous devez renouveler. Mais moi, ce que je tiens à vous dire, c'est que sur ces agents publics, c'est quoi la doctrine ?
C'est la doctrine de la droite qui s'entête, qui par une idéologie vous dit il faut faire le coup de rabot, le coup de hache, qui vous parle des agents publics comme de petits bâtonnets, qui vous parle soi-disant d'une administration qui n'existe pas, Jean-Jacques Bourdin, qui n'existe pas. Il n'y a pas d'un côté les fonctionnaires qui servent les Français et ceux qui font la paperasse. Vous avez une administration qu'on doit moderniser, vous avez une réforme de la haute fonction publique qu'on est en train de mener pour que les carrières commencent sur le terrain.
Mais je préfère être dans la réalité, de voir ce que les Français attendent, de mettre des agents en contact des Français, de redéployer nos forces que d'être dans une vision d'entêtement, d'idéologie qui a mené en 2007 jusqu'en 2012 à une catastrophe. 12 000 policiers et gendarmes de moins. Des militaires pour protéger notre pays en moins. Des personnes au contact des Français en moins. Si c'est ça la vision du service public de la droite, je peux vous dire qu'on a un combat. Et le Président est très clair. Les services publics ont les réformes, mais ce n'est pas en ayant le coup de rabot ou les coupes sombres qu'on sert les Français et ce n'est pas ce que les Français demandent non plus.
Merci Amélie de Montchalin d'être venue nous voir ce matin sur RMCB FM TV.
Amélie de Montchalin