Les députés RN voteront contre le budget ! - Louis Aliot (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Le trafic de drogue, la violence, ça c'est le premier sujet.
- 0:35OuverteRéponse partielle
Vous êtes maire d'une ville, vous êtes confronté à cette problématique-là, quelle est la solution ?
- 2:53FerméeRéponse directe
Mettre tous les consommateurs en prison, ce n'est pas une solution.
- 4:02OuverteRéponse directe
J'ai entendu aussi un élu de la République nous dire « il faut envoyer l'armée ». Qu'en pensez-vous ?
- 4:55OuverteRéponse directe
La taxe d'habitation, Catherine Vautrin est favorable à une participation des citoyens. Qu'en pensez-vous ?
- 6:47FerméeRéponse directe
Les députés RN voteront contre ce budget ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Bon, ça ne peut fonctionner que si vous avez une articulation police municipale, police nationale et un parquet qui réagit. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Mais ce qu'on ne fait pas en France, et je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi, c'est qu'il n'y a aucune campagne de sensibilisation aux dégâts de la consommation de stupéfiants, quels qu'ils soient. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Le trafic, derrière le trafic de drogue, vous avez de la prostitution, vous avez du trafic d'armes, vous avez pourquoi pas de l'islamisme radical dans certains endroits. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Mais tant qu'on ne mettra pas de la pédagogie dans les écoles pour sensibiliser sur les dangers, tant qu'on n'ira pas voir les consommateurs en leur disant « Quand vous consommez de la coque ou de ce qu'ils veulent, vous alimentez des réseaux qui exploitent des enfants, des femmes, etc. », tant qu'on ne fera pas ça, eh bien on courra finalement derrière les dealers en permanence sans régler la solution. »
- 2:10Invité politiqueFait
« J'ajoute qu'enfin, enfin, et c'est là le plus inquiétant, c'est un problème de santé publique. »
- 2:20Invité politiqueFait
« La drogue, alors on sait que le tabac a ses conséquences, on sait que l'alcool a ses conséquences. La drogue, elle a des conséquences psychiatriques. »
- 2:38Invité politiqueFait
« Il y a des situations physiquement irrécupérables. »
- 3:29Invité politiqueChiffre
« Parce que j'entendais ce matin 240 000 personnes qui vivent peu ou peu directement du trafic dans les rues. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Si vous faites venir l'armée à Perpignan, vous n'allez pas faire grand-chose. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Dans certains quartiers où les mafias dirigent les entrées et les sorties des quartiers pour maintenir leur trafic et pas que de drogue, etc., sur des actions ponctuelles, peut-être un jour ce sera nécessaire. »
- 5:18Invité politiqueFait
« Je pense qu'il faut une refonte complète de la fiscalité. »
- 5:36Invité politiqueFait
« Parce qu'aujourd'hui, il n'y a de rien, localement, tout ne repose que sur la fiscalité des propriétaires. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Moi, je le vois à Perpignan. Je serais incapable d'augmenter les impôts qui ne pèsent que sur 4 Perpignanais sur 10. »
- 7:18Invité politiqueChiffre
« En France, 11 millions de personnes ont mis un bulletin du RN pour changer de politique. »
- 19:07Invité politiqueChiffre
« On donne à l'Europe 9 milliards de plus que ce que l'on reçoit. »
Temps de parole
- Louis Aliot66 %
- Présentateur26 %
- ?8 %
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Louis Alliot, maire de Perpignan, mais aussi vice-président du Rassemblement National et docteur en droit, tiens, hein Louis ? Je le rappelle parce qu'on va parler droit dans cette émission. Le trafic de drogue, la violence, ça c'est le premier sujet. Bon, il y a deux gros sujets finalement, c'est la France confrontée à ce trafic de stupéfiants, et puis les élections américaines nous en parlerons aussi, évidemment. Louis Alliot, la lutte contre le trafic de drogue. Tout le monde avance des solutions. Vous avez vu ça, c'est une foire de... Mais quelle est la solution ? Il n'y
en
a pas une solution. Alors d'abord... Vous êtes maire d'une ville, vous êtes confronté à cette problématique-là,
à ce phénomène. Mais depuis 4
ans, je passe mon temps
à
donner des consignes, et la police municipale s'en charge, de démanteler les points de deal. Bon, ça ne peut fonctionner que si vous avez une articulation police municipale, police nationale et un parquet qui réagit. Là, ça fonctionne, on obtient des résultats. Oui, mais vous obtenez des résultats provisoires. Attendez, laissez-moi... Exactement. Mais ce qu'on ne fait pas en France, et je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi, c'est qu'il n'y a aucune campagne de sensibilisation aux dégâts
de
la consommation de stupéfiants, quels qu'ils soient. Et de ce point de vue-là, moi, je m'interroge. Et en fait, quand on creuse un peu, j'en suis venu à la conclusion qu'il y avait tellement de consommation, y compris un peu partout dans le personnel, y compris dans le personnel politique, parce que personne ne veut s'en occuper.
Mais
ça crée des situations absolument intenables. Le trafic, derrière le trafic de drogue, vous avez de la prostitution, vous avez du trafic d'armes, vous avez pourquoi pas de l'islamisme radical dans certains endroits. Vous avez tout un éventail, une panoplie de conséquences. Mais tant qu'on ne mettra pas de la pédagogie dans les écoles pour sensibiliser sur les dangers, tant qu'on n'ira pas voir les consommateurs en leur disant « Quand vous consommez de la coque ou de ce qu'ils veulent, vous alimentez des réseaux qui exploitent des enfants, des femmes, etc. », tant qu'on ne fera pas ça, eh bien on courra finalement derrière les dealers en permanence sans régler la solution.
J'ajoute qu'enfin, enfin, et c'est là le plus inquiétant, c'est un problème de santé publique. –
Car
la drogue, alors on sait que
le
tabac a ses conséquences, on sait que l'alcool a ses conséquences. La drogue, elle a des conséquences psychiatriques. Et moi, j'ai discuté avec des psychiatres, j
'ai
discuté aussi avec des gens du parquet de Perpignan. Il y a des situations physiquement irrécupérables. Et irrécupérables, ça veut dire des soins. Et qui dit soin, veut dire garantir ses soins, financer ses soins et qui payent tout le monde. –
Donc
je veux dire, c'est le serpent qui se mord à la queue.
–
Donc la prévention, surtout,
indispensable, dès le plus jeune âge.
– Alors parce que j'ai vu quand même Jean-Philippe Tanguy nous dire que le consommateur de drogue doit être envoyé en prison, même pour de courtes peines. C'est impossible. –
C'est-à-dire qu'on n
'a
déjà pas de place en
prison. – Mais
si vous voulez, ce qu'a voulu dire, je pense, Jean-Philippe, c'est qu'il faut responsabiliser le
consommateur. – Oui, d'accord.
Mais
ne serait-ce que de lui mettre...
–
On
en
voit en prison
des millions
de consommateurs. – Ne serait-ce que de lui mettre une amende et que ces gens-là rentrent dans un fichier des addictions. Parce qu'on est dans l'addiction, là. Il faut lutter contre cette addiction. Si on ne lutte pas contre ça... Mais moi, je pense que la consommation, elle est massive en France. Parce que j'entendais ce matin 240 000 personnes qui vivent peu ou peu directement du trafic dans les rues. Ça veut dire que s'il y en a 240 000, vous en avez 10 ou 20 fois plus ou 100 fois plus qui en consomment. Et c'est de cela dont il faut s'occuper, en plus de démanteler. Et enfin, j'avais oublié, aller voir les pays d'origine. Parce que cette drogue-là, elle n
'est
pas fabriquée en France. Elle arrive bien de quelque part.
–
Alors,
donc,
mettre tous les consommateurs en prison, ce n
'est
pas une solution.
–
Ça me paraît difficile à l'État où
sont en prison aujourd'hui. – Oui, ça me paraît difficile, moi
aussi. Bien. Mais autre chose. J'ai entendu aussi un élu de la République nous dire « il faut envoyer l'armée ». On n
'est
pas le premier à le dire, d'ailleurs. Il y a beaucoup qui l'ont dit. Qu'est
-ce
que vous en pensez ? C'est Carl Olive qui dit
cela, député. – Ça dépend où
? Si vous faites venir l'armée à Perpignan, vous n'allez pas faire grand-chose. Dans certains quartiers où les mafias dirigent les entrées et les sorties des quartiers pour maintenir leur trafic et pas que de drogue, etc., sur des actions ponctuelles, peut-être un jour ce sera nécessaire. Et on n'est pas loin. Voilà. Alors, la généralisation de ça, je ne crois pas. Mais ponctuellement, dans des quartiers ciblés pour démanteler appartement par appartement, cave par cave, tout ce qu'il peut y avoir, un jour vous verrez que la France y arrivera.
– Pas
de retour de la taxe d'habitation, dit Catherine Vautrin, la ministre des Territoires et de la décentralisation. Mais elle est favorable à une participation au fait de vivre dans une commune, ville ou village.
Il
faut une participation pour, finalement,
participation
des citoyens, pour participer à la vie communale, financer en quelque sorte la vie communale, une contribution, c'est ce que demande l'Association des maires de France, une contribution en fonction de ses moyens, évidemment.
– Moi,
je pense qu'il faut une refonte complète de la fiscalité. Et arrêter de dire qu
'il
nous faut des contributions. C'est comment elles commencent, ces contributions. Souvenez-vous de la CSG. Elle a commencé à 1%.
– Elle était provisoire. Et puis elle
était provisoire.
–
Voilà,
exactement. – La
CRDS.
– Donc il faut
remettre à plat le système fiscal français. Parce qu'aujourd'hui, il n'y
a
de rien, localement, tout ne repose que sur la fiscalité des propriétaires. C'est la taxe foncière, aujourd'hui, qui fiscalise en quelque sorte les habitations. Les locataires n'ont pas ce souci-là. Et donc de ce point de vue-là, il va quand même falloir tout remettre à plat parce qu'il
y a
une fiscalité locale très importante et très lourde. Et en face de ça, on ne
peut
pas dire qu'on ne peut pas... Jusqu'où, j'allais dire, augmenter les impôts locaux ? Moi, je le vois à Perpignan. Je serais incapable d'augmenter les impôts qui ne pèsent que sur 4 Perpignanais sur 10. Vous comprenez ? C'est-à-dire qu'il
y
a 4 Perpignanais qui paient un impôt pour financer l'ensemble
des activités. – Et certains
Perpignanais riches ne paient pas d'impôts
? Il y
a des locataires riches ?
–
Oui,
il
y en a sûrement. Mais les propriétaires, eux, les payent. –
Oui, les
propriétaires, eux, les payent. Et il
n
'y a pas que des propriétaires riches.
–
Ah non, ça
c'est
sûr. Exactement. Ça, c'est encore notre souci. –
Oui. Budget. La discussion s'achèvera peut-être à temps. Ce n'est pas sûr. Nous verrons bien. Que va-t-il se passer ? Le texte initial du gouvernement pourrait être transmis au Sénat. Si la discussion ne s'achève pas à temps, qu'il le travaillera. Puis à la commission mixte paritaire, Sénat assemblé. Quoi qu'il arrive, les députés RN voteront contre ce budget ?
– Ils
voteront contre, oui. – Oui, quoi
qu
'il arrive, quel que soit le texte au bout. – Pour l'instant, il n
'y a
aucune avancée significative sur ce qu
'on
demandait. Et même sur la niche parlementaire qui a été la nôtre, où il y avait des choses qu'on aurait pu partager avec une partie de cette assemblée-là, ça n'a pas été voté par pur dogmatisme et idéologie. Et c'est le problème aujourd'hui de cette assemblée nationale qui ne surfe, si vous voulez, que sur des idées préconçues et qui ne veut pas admettre qu'en France, 11 millions de personnes ont mis un bulletin du RN pour changer de politique. Ce n'est pas rien, 11 millions. Et M. Barnier, lui, il le sait. Mais il est un peu pris entre le marteau et l'enclume. Et je ne sais pas comment ça va se terminer.
– Bon, vous voterez contre ce budget. Est-ce que vous déposerez une motion de censure ?
– De
ce que j'ai compris, non.
–
Vous
allez
voter. Non, mais vous êtes vice-président du RN.
Pardon, Louis Alliot. – Oui, mais attendez, il nous reste un peu de temps quand même.
– Oui, il vous reste un peu de temps. Mais ça approche. Ça va vite. Le temps passe vite, Louis Alliot. Ça veut dire que vous allez voter contre le budget. On est bien d'accord. Ça veut dire que vous n'êtes pas d'accord. Mais en même temps, vous ne voulez pas censurer le gouvernement. Pourquoi
? –
Il faudra regarder dans ce budget s'il y a des mesures qui sont, j'allais dire, contestables dans leur globalité et qui, à nous, ne nous permettent pas de rassurer, en quelque sorte, notre électorat. Je pense à la sécurité. Je pense à l'immigration. Et je pense au pouvoir d'achat. On regardera ces trois sujets. Si sur ces trois sujets-là, il y a des choses qui sont, j'allais dire, inacceptables, alors le gouvernement se mettra en situation de subir une motion de
censure. – Non, mais vous
êtes extraordinaire. Vous dites, nous allons regarder le texte. Mais nous savons déjà que nous votons contre.
C
'est ce que vous m'avez dit. Et après, vous m'avez dit, mais non, nous ne déposerons pas de motion de censure. Moi, j'aimerais comprendre. Parce que tout, c'est extrêmement flou
dans la position du gouvernement. – Oui, mais M. Bourdet, la question, c'est... – Mais quoi pas du tout ? – On veut
le chaos
ou on ne veut pas le chaos
? – Bon, alors vous, est-ce que vous voulez faire tomber le gouvernement, oui ou non
?
– Moi, je souhaite que dans la situation qui est la nôtre, le gouvernement réfléchisse
à
deux fois et admette un certain nombre de propositions que nous poussons. Voilà. Si ces propositions sont dans le budget, qu'on les retrouve par les mesures, à ce moment-là, la chose sera entendable. Mais si on continue à dire, on discute, on discute, mais de toute façon, à la fin, ça fera du 49-3, il y aura une motion de censure, ce sera celle de la gauche. –
Vous la voterez
ou pas ? – Je ne peux pas vous le dire maintenant.
–
Non, mais est-ce que le RN pourrait voter cette motion
de censure de la gauche ? – Par
le passé, on a déjà voté la motion de censure de
la gauche. – Oui, alors
vous avez un peu évolué, là. Au début, vous me disiez non, et puis maintenant,
vous me dites que c'est possible. – Mais c'est pas ça. Je
vous ai dit,
ça dépend de ce qu'il
y
a dans le budget. –
Oui, ça, oui.
– Ah ben oui, mais c'est important. Nous, nous sommes
des pragmatiques.
– Vous êtes des
pragmatiques jusqu'à pouvoir voter avec LFI, quoi.
–
Non, mais attendez, c'est pas une histoire de voter avec LFI, on n'est
pas comme
eux. Nous, c'est de voter pour des mesures qui sont contraires à ce que souhaitent nos électeurs. On est surtout, j'allais dire, précautionneux de savoir ce que nos électeurs souhaitent. Je pense qu'ils souhaitent effectivement que ce budget ne soit pas… On vote contre, ça c'est sûr, mais peut-être ne souhaite-t-il pas que nous allions jusqu'à la motion de censure, mais c'est tout ce qui va se jouer
dans le mois qui arrive. – Est-ce le moment de
faire tomber le gouvernement ?
–
C'est pour ça que je vous dis, tout ça se pèse, se mesure.
–
Bon,
Louis Alliot, les retraites. Le RN a un peu fluctué sur les retraites. Maintenant, Louis Alliot, ne me dites pas que le RN
n'a pas fluctué. – C'est les journalistes qui n'ont pas voulu.
Oh non, non, Louis Alliot.
– Vous voulez que je
reprenne ? Non, mais toutes les déclarations.
– On a été ? – Là,
non, vous n'allez pas. Non, non, vous êtes passé 60 ans, puis 62, puis… –
Oui, mais d'une présidentielle 2017 à la présidentielle 2022. – Oui, mais vous avez fluctué,
donc. Bon, alors aujourd'hui, vous en êtes où ? Aujourd'hui, si j'ai bien compris, votre position, c'est très simple, 40 ans de cotisation, on est bien d'accord ?
–
Pour ceux qui ont travaillé avant l'âge de 20 ans, ou jusqu
'à l'âge de
20 ans. – C'est ce que prévoit la réforme, déjà.
Oui, oui, oui.
Enfin bon, d'accord.
Bon, et au-delà de 20 ans, on cotise combien d'années ? – Au-delà de 20 ans, on cotise 42 ans.
–
Voilà. C'est-à
-dire,
si je pars à la retraite, si j'ai commencé à travailler, pardon, à 22 ans, 42 ans de cotisation, je pars à la retraite à 64. – À taux plein, oui.
–
Oui, à taux plein, à 64. Donc vous êtes d'accord avec 64 ans. Si j'ai commencé à travailler à 24 ans, je pars à la retraite à
66
ans. –
Vous
pouvez partir à la retraite à 62 ans, mais le taux plein, effectivement, vous ne l'aurez qu'à proportion de ce que vous avez cotisé.
–
Donc 66 ans.
–
C'est tout.
– Voilà.
Bon, d'accord. – Ça me paraît...
– Non, non, mais au moins, c'est
clair. – Mais c'est vrai,
mais... – On tente d'expliquer ça depuis longtemps, mais on
est fixe. – Vous avez évolué
quand même.
– Non, parce qu'en fait, on
est... Le chiffon rouge pour un certain nombre de milieux, c'est... Vous êtes encore à la retraite à 60 ans. Et on a toujours dit, nous, c'est pas l'âge qui est important, c'est le nombre de cotisations,
le nombre d
'années de cotisations.
– La durée de cotisations. – Voilà. La
durée de cotisations.
– Bien. Est-ce que le RN a engagé un tournant libéral sous l'impulsion de Jordan Bardella ?
– Je ne
sais pas pourquoi vous me dites ça, mais...
–
Pourquoi je vous dis ça ? Parce que je regardais les votes. Vous avez voté contre le retour de l'ISF.
–
Oui, mais pour le substituer par un autre impôt
sur
l'IFI. –
Un
impôt sur les surdividendes, c'est ça. – Les surdividendes.
– C'est
un peu compliqué, ça. – C'est-à-dire tous ceux qui ont fait, par exemple, de l'argent sur le Covid.
–
Oui. Voilà.
–
Bon.
Non, vous ne trouverez pas qu'il y
ait
un retour... Il n
'y
a pas de
débat
au sein du RN entre
la
ligne Marine Le Pen,
que
vous soutenez, et la ligne Bardella ? – Il y
a
toujours des débats
sur
la macro ou sur la microéconomie. Moi, je suis... J'ai toujours été, d'ailleurs, du temps...
– Vous êtes sur la
ligne Marine Le Pen. –
Ça dépend pourquoi. Parce que Marine Le Pen,
c
'est sa ligne générale. Donc on est évidemment sur la ligne de Marine Le Pen. Mais mon prisme est plus tourné, j'allais dire, vers les artisans, les commerçants et les petites entreprises, tout simplement. Parce que de là où je suis, c'est-à-dire en tant que maire à Perpignan, c'est ce que je vois évoluer sous mes yeux, en quelque sorte, avec les difficultés qui sont les leurs. Et peu de politiques leur parlent. Alors c'est bien que Jordan Bardella leur parle, parce qu'aujourd'hui, ils sont dans des situations très difficiles, et que malheureusement, on parle toujours des grandes entreprises, des dividendes, des actionnaires. Mais enfin,
pour
celui qui vous vend le pain, qui vous vend l'épicier du coin, le quincailler, ou l'agriculteur, ou le plâtrier, ou ceux-là, ceux-là, jamais personne n'en parle. Et moi, je m'occupe d
'eux
en priorité. —
Bien. Élection américaine, demain, vous voteriez Donald Trump ou Kamala Harris
? — Je
ne savais pas, quoi.
— C'est pas que je sais pas. Je voterai sûrement Trump.
—
Oui.
Malgré
ses outrances.
—
Ben oui, malgré le... J'allais dire le personnage un peu fantasque qu'il représente. Mais moi, je regarde aussi ce qu'il y a derrière. Et le niveau d'agressivité et de guerre qu'il peut y avoir en maintenant les démocrates au pouvoir. —
Et
dites-moi, l'esprit de vengeance est compatible avec la démocratie ? — Non. Je ne le crois pas, en revanche. Voilà. Non, mais c'est un personnage très particulier. Mais je remarque que quand il y a eu Donald Trump, il n'y a pas eu d'agression, par exemple, russe, dans un certain nombre de pays. La Géorgie, c'était Bush. Sous Obama, c'était la Crimée. Et en Ukraine, c'est sous Biden. Avec Trump, au moins, je pense que les guerres s'arrêteront, ou en tout cas qu'elles ne seront pas gérées de la même manière. C'est au moins ça. Après, je n'attends rien, ni des démocrates, ni des républicains, parce que tout ça se fera sur le dos de l'Europe quand même. Il faut en avoir conscience.
Nous sommes dans une guerre économique mondiale. Et dans cette guerre économique mondiale, que ce soit l'un ou l'autre, ils ne nous feront aucun cadeau. Il faut en être conscient.
Est
-ce que Perpignan est menacé comme Valence
par
des inondations catastrophiques ?
Alors,
il
y a eu l'inondation, ce qu'ils appelaient l'Aiguade de 40, qui a emporté une partie de Perpignan. Mais ils ont fait un barrage en amont. Il y a eu quand même une gestion, j'allais dire, de la Tête, qui est la rivière qui descend. Et donc, on peut espérer que non. Mais tout est possible. Tout est possible, parce que,
à
ce niveau-là
de
catastrophe...
Comment
ça fonctionne,
l'alerte ? Par exemple, à Perpignan, comment ça fonctionne ? Parce qu'à Valence, on a reproché, évidemment, aux autorités locales de ne pas avoir donné l'alerte suffisamment tôt.
C'est des questions qui se posent. C'est sirène et SMS. Comment faites-vous ? Sirène et SMS ? C'est pas moi qui fais.
C'est le centre, c'est la préfecture. La préfecture, oui. Mais
pour tout vous dire, il y a peu d'exercices. Il
faudrait peut-être
des exercices aussi pour sensibiliser la population à un certain nombre de gestes. Ça commence à se faire. On le fait déjà. Oui.
Et travailler sur
la construction. Moi, j'ai un élu
qui détaille...
Et
travailler sur la construction,
Louis
Alléau.
Et travailler sur la construction. Alors, sur la construction, oui, mais travailler sur la construction d'une manière intelligente. Ce que peut-être à Valencia,
c
'est ce qui... Je crois qu'il y avait eu déjà des dégâts en 57. Oui. Qu'ils avaient détourné la rivière qui passe d'Avalencia. Et c'est pas elle qui est en cause. C'est des digues qu'on a enlevées, d'ailleurs, et qui ont permis à l'eau d'envahir une partie de Valencia sur les banlieues et pas sur le centre-ville.
Bon. Je terminerai avec votre procès. Le procès... Enfin, pas que le vôtre, d'ailleurs. Des assistants parlementaires, des élus du Front National. C'était le Front National à l'époque. Procès en cours. Alors, votre assistant parlementaire, quand vous étiez député européen, travaillait au siège du parti, mais était payé par l'Union européenne. C'est bien ça. C'est bien ce que je... Les accusations, hein.
Non,
mais il travaillait au siège du parti, comme il avait le droit de le faire. Oui. Il
travaillait...
2650 euros par mois, c'est ça
? 1950 euros net.
Ah,
net, oui. Voilà. Bon, payé par l'Union européenne. Oui, mais il travaillait pour moi, en tant que député européen. Mais il faisait quoi
?
Il gérait pour le coup mon courrier, puisqu'il n'a travaillé qu'en tout deux mois d'essai, deux mois de préavis. Il a travaillé quatre mois. Et une grande partie de son temps, il travaillait pour moi à me trier le courrier. Et je le voyais tous les jours, puisqu'il y avait le bureau à côté du mien. C'est
ce que j'expliquais au tribunal. Oui, mais trier le
courrier, parfaitement. Il faisait mon secrétariat. On est en cours d'installation. C'est un attaché parlementaire d'un député. Il fait ce que le député lui demande.
Tout
simplement.
L'enquête n'a montré aucune trace du travail de ce monsieur qui s'appelle Laurent Salle,
je
crois.
Oui,
pour une raison simple, c'est que mes assistants sont à Perpignan, et ceux-là, ils sont engagés sur le terrain, ou à Bruxelles, et ceux-là sont engagés sur les textes à Bruxelles.
Mais
moi, je ne vais pas me transformer en procureur, que les
choses soient
très claires. Lui Alliot, je vous pose simplement une question. J'ai vu vos déclarations. Vous dites, je fais confiance en la justice.
On ne peut dire que ça.
Si
on ne fait plus confiance en la justice, on peut tous aller se rhabiller. Vous faites confiance en la justice en toutes circonstances.
En
toutes circonstances. Il y a évidemment des choses choquantes. Quand, par exemple, on arrête un dealer dans un squat,
et
que ce squatteur avec de l'âge des espèces est remis en liberté par les juges, à ce moment-là, je ne dis pas, je fais confiance à la justice. Parce que, manifestement, il y a un problème. Mais je veux bien croire que, dans cette affaire-là particulièrement, la justice dira la réalité. Parce que j'ai amené un point au tribunal, évidemment, que les médias n'ont pas
mentionné. Allez-y, allez
-y. Vous savez, ce qui est toléré
par
le Parlement français semble ne pas l'être par l'Assemblée parlementaire européenne. Oui,
j'ai
vu. Et
ça,
ça pose un problème de droit fondamental. Et d'ailleurs, la présidente du tribunal m'a posé une question. Alors, pour vous, vous pensez que monsieur, qu'un monsieur qui est sur l'organigramme d'un parti dans un service de communication peut être aussi attaché parlementaire ? Eh bien, à cette question-là, quand vous regardez le droit français, le droit de l'Assemblée nationale, ou le Sénat, c'est oui, quand vous regardez l'Assemblée parlementaire européenne, c'est non.
Eh bien,
parce
que la différence, c'est que la France, c'est la France et l'Europe, c'est pas la France.
On est député français.
Louis Alliot. Non, non, c'est pas du tout ça.
Et que l'argent est européen. Oui, alors,
l'argent européen,
je vous signale...
En partie
français, mais pas
que français. Non, pas en partie français. On donne à
l'Europe 9 milliards de plus que ce que l'on reçoit.
Alors, il faut arrêter de dire ça. Il n'y a pas
de l'argent
français au niveau européen, vous le savez. Donc, oui. D
'accord, mais je vous dis qu'on donne beaucoup plus que ce que l'on reçoit. Mais là, c'est un contrat de droit français. Nous sommes des députés français au Parlement européen. Et il est quand même absolument incroyable de savoir si vous relevez du droit qui prévaut à l'Assemblée nationale au Parlement européen. C'est quelque chose de fondamental sur le fond. Parce que de cette question-là, peut-être demain, il y aura d'autres conséquences pour d'autres professions.
Bien, merci Louis Alliot d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
Louis Aliot