Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewUnion Populaire Républicaine· 11 avril 2017 47 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Asselineau invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC - 11/04/2017

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Candidat de l'UPR, l'Union populaire républicaine. C'est le parti que vous avez créé. Entretien d'embauche en deux parties.

  • 0:30OuverteRéponse partielle

    « La France n'est pas responsable de la rafle du Vél' d'Hiv en 1942 »... Qu'en pensez-vous ?

  • 2:00FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il faut maintenir la loi Gayssot pénalisant le négationnisme ?

  • 3:00RelanceRéponse directe

    Ni à droite, ni à gauche. Vous n'êtes pas souverainiste ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Vous affichez le Frexit. Tout votre programme tourne autour de l'article 50 ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    Article 106 du TFUE : « Nos services publics sont démantelés sous la pression de l'UE ». Ça veut dire quoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45François AsselineauFait
    « « La France n'est pas responsable de la rafle du Vél' d'Hiv en 1942 » »
  • 4:30François AsselineauPromesse
    « « Si je propose de sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, c'est pour redonner aux Français leur démocratie » »
  • 16:30François AsselineauFait
    « « L'article 42 du TUE place en fait la politique européenne de sécurité et de défense sous la tutelle de l'OTAN » »
  • 29:00François AsselineauPromesse
    « « On va renationaliser TF1 » »
  • 35:00François AsselineauFait
    « « J'ai fait un emprunt auprès de ma banque pour pouvoir assurer les fins de mois » »
  • 44:30François AsselineauFait
    « « On a présenté des francs, effectivement avec les grandes gloires nationales » »
  • 48:30François AsselineauPromesse
    « « Je prends l'engagement, si on sort de l'euro, si on crée le franc, si le franc se déprécie de 10%, on va pouvoir baisser de 1 à 2 millions le nombre de chômeurs » »
  • 56:30François AsselineauChiffre
    « « Il y avait 4 millions d'agriculteurs en 1960. Ils sont tombés à 400 000 » »
  • 58:30François AsselineauChiffre
    « « Nous donnons chaque année 23 millions d'euros à l'Union et qu'on en récupère 14 » »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

— Notre deuxième entretien d'embauche est ce matin François Asselineau. Bonjour. — Bonjour. — Candidat de l'UPR, l'Union populaire républicaine.

C'est le parti que vous avez créé. Entretien d'embauche en deux parties. Première partie axée sur votre programme, sur vos propositions, sur ce que vous défendez.

Et la deuxième partie un peu plus personnelle sur François Asselineau que l'on connaît mal. Qui est François Asselineau ? Nous essaierons de savoir...

Vous souriez. Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ?

Mais c'est un mystère pour beaucoup, non ? — Ah bah si j'avais été invité plus souvent avant, on le saurait davantage. — Ah non !

Vous allez pas commencer. Vous êtes là. Profitez-en.

Profitez-en. Bon, alors : « La France n'est pas responsable de la rafle du Vél' d'Hiv en 1942 »...

J'ai entendu comme vous Marine Le Pen. Qu'en pensez-vous ? En 1995, Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs.

Jacques Chirac a eu raison ? — Écoutez, d'abord, je pense que la déclaration de Mme Le Pen, c'est une déclaration...

Soit Mme Le Pen est sotte, soit elle cherche à faire un buzz sur des questions qui sont assez scandaleuses. Voilà ce que je pense. C'est tout à fait inopportun.

Vous savez qu'il y a en gros deux visions de l'Histoire... — Donc c'est volontaire, pour vous.

On peut pas la considérer comme sotte. — Ah ben j'en sais rien, moi. — Vous la considérez comme sotte ? — Moi, je la connais moins que vous.

Moi, je ne l'ai jamais rencontrée pour discuter avec elle. Moi, je ne sais pas. Mais en tout cas, moi, à mon avis, c'est un mauvais buzz.

Tout ça, ça jette en fait de la division entre les Français. Ça revient à toujours ramener des histoires nauséabondes. Moi, je trouve ça minable.

Voilà. Sinon, sur le fond, vous savez qu'il y a deux visions. Il y avait la vision gaullienne qui consistait à dire que la légitimité s'était réfugiée à Londres.

C'était la vision de Charles de Gaulle, de Georges Pompidou, de Valéry Giscard d'Estaing et de François Mitterrand. François Mitterrand qui, d'ailleurs, avait protégé René Bousquet, qui était l'auteur de la rafle du Vél' d'Hiv. Et puis après, il y a eu Jacques Chirac...

Parce que c'est vrai aussi qu'il y a une autre vision des choses : c'est quand même des fonctionnaires de l'État français qui ont participé à ces abominations. Voilà. — Alors je pose une question qui coule de source.

Est-ce qu'il faut maintenir la loi Gayssot pénalisant le négationnisme ? — Moi, je ne reviendrai pas sur ces lois. Je pense que de toute façon, il faut maintenant regarder vers l'avenir, et qu'il faut pas passer son temps au moment de l'élection présidentielle de 2017 à ressasser des souvenirs de cette époque.

Voilà ce que je pense. — Alors regardons l'avenir avec vous. Ni à droite, ni à gauche. — Mais c'est pas nouveau.

Et d'ailleurs, c'est pas moi... — Ni à droite, ni à gauche. — Mais c'est pas moi qui le dis.

C'est le ministère de l'Intérieur. Il y a quand même en France une institution qui est chargée de donner une étiquette aux partis politiques. C'est le ministère de l'Intérieur.

C'est la seule institution. Et vous savez que nous avons été classés par le ministère de l'Intérieur en divers, c'est-à-dire en effet ni à droite, ni à gauche. Moi, je me plais à dire qu'on est au milieu des Français.

Mais vous savez, le ministère de l'Intérieur n'avait pas de raison particulière de me faire plaisir. Donc s'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils ont examiné à la loupe les analyses, les propositions, et qu'ils sont parvenus à ça. — Alors vous n'êtes pas souverainiste.

Vous ne voulez pas qu'on vous qualifie de souverainiste. — Non, parce que les souverainistes, vous savez ce que c'est ? Ce sont des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent et qui veulent pas ce qu'ils savent.

Voilà. — Bon, vous êtes pour une forme de libération nationale. — Oui. — C'est votre programme.

Candidat du Frexit. Vous l'affichez et vous l'assumez. Tout votre programme tourne autour de l'article 50. — Non, non, non.

Pas tout mon programme. — Ah ! Enfin beaucoup.

Beaucoup. Pardon, mais... — Oui... — ...quand je regarde de près votre programme, beaucoup. — Ça, c'est un point...

J'espère qu'on va pouvoir en parler, justement, parce que... — Bah oui, on va parler de votre programme.

Oui, oui. — Alors moi, ce que je voudrais, c'est bien préciser que si je propose de sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, c'est pour redonner aux Français leur démocratie et pour avoir un programme qui tienne debout et qui soit cohérent. Parce que les autres candidats, ils s'amusent à faire des promesses.

Alors ils jouent les pères Noël. Chacun a ses promesses. Les électeurs savent plus très bien sur quel pied danser.

Moi, ce que j'explique, c'est que leurs promesses sont inapplicables dans le cadre des traités européens. M. Mélenchon en est le champion, par exemple.

Il fait des promesses, des promesses, des promesses, des promesses. Sauf qu'il ne veut pas sortir de l'UE. Il ne le propose pas.

Par exemple, augmenter le SMIC...

Moi aussi, je propose d'augmenter le SMIC. — Oui, à 1 300 € pour vous. — Oui, absolument.

Ce qui est plus qu'un coup de pouce. — Net. — 1 300 € net [*] 130 €.

Je crois que M. Mélenchon fait à peu près pareil. Sauf que M.

Mélenchon reste dans l'UE. Or, les directives venues de la Commission européenne nous disent qu'il faut que le SMIC soit compatible avec l'évolution de la compétitivité de l'économie française. En fait, c'est un mot codé pour dire qu'il faut que le SMIC disparaisse ou soit réduit.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle depuis des années, le gouvernement dit de gauche n'a pas donné de coup de pouce au SMIC. Alors moi, je dis à M. Mélenchon...

Il peut pas dire une chose et son contraire. — Mais on va quand même revenir sur ces articles. 2, 3 articles, parce que ça mérite précisions.

Article 1**... — Ah, vous vous êtes mis à lire les articles ! — Oui, parce que je travaille, mon cher François Asselineau.

Article 106... — Ah.

Mais vous avez vu que lors du débat l'autre soir, quand je prenais la parole, les autres candidats...

Je peux vous dire, j'étais sur le plateau. Les autres candidats, ils m'ont pas contredit. Et ils savent que je connais mes dossiers.

Parce que les autres, – je suis désolé de le dire – il y en a beaucoup qui connaissent pas les dossiers. Et je précise que l'article 5 de la Constitution, qui fixe le pouvoir du président de la République...

Le président de la République doit veiller au respect de la Constitution », premièrement. Donc la moindre des choses, c'est déjà qu'il la connaisse. Et la deuxième chose, c'est que le président de la République « est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités ».

La moindre des choses, c'est que le président de la République, ou celui qui prétend le devenir, connaisse les traités dont il parle. Non ? — On va parler des articles.

Mais... — Quand vous montez à bord d'un avion, vous souhaitez que le commandant de bord, il connaisse comment fonctionne l'appareil ou bien que ce soit un novice ? — On est bien d'accord.

Article 106 du TFUE... — Oui, ça veut dire que... — Oui, c'est un article très important : la libéralisation des services.

On est bien d'accord. Que dit-il ? Enfin vous dites, vous...

Vous dites, vous, puis nous verrons ce que dit l'article 106. « Nos services publics sont démantelés sous la pression de l'UE ». C'est ce que vous dites ?

Ça veut dire quoi, « démantelés » ? Libéralisations ou privatisations ? — Ça veut dire qu'ils sont...

Vous savez, c'est la tactique du salami. Vous connaissez la tactique du salami. C'est-à-dire : quelque chose que l'on ne pourrait pas avaler d'un seul coup, on le fait tranche par tranche. — Mais c'est bon, tranche par tranche, non, le salami ? — Attendez.

L'article 106 ne dit pas textuellement, bien sûr : « Il faut démanteler les services publics ». — Non. — Il est plus subtil que ça.

Il dit...

D'abord, il parle pas de services publics. Il parle de services d'intérêt général ou ayant un caractère de monopole fiscal. Vous voyez que je connais mes dossiers par cœur.

Et il dit... — Enfin c'est vous qui dites... — Et il dit qu'ils doivent être mis en concurrence, que ça doit être mis en concurrence.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que si on met nos services publics en concurrence, il va se passer quoi ? Il va se passer qu'on va ouvrir ça au secteur privé, que le secteur privé va aller évidemment sur les niches les plus rentables, que donc le secteur public va se retrouver dans des niches qui ne sont pas rentables, sur les marchés justement qui sont pas rentables.

Et qu'est-ce qu'il va faire ? Il va avoir tendance, surtout si au même moment, on coupe les subventions venant de l'État...

Il va avoir tendance à se comporter comme le secteur privé, et donc à délaisser par exemple [*] — Mais il y a un exemple, c'est La Poste, l'exemple de La Poste. La Poste fait face à la concurrence. Pour l'instant, elle s'en sort.

On le voit difficilement, mais elle s'en sort, quand même. — Vous trouvez ? Non, non.

En ce moment, La Poste est en train d'être démantelée. Et puis moi, je vais vous... — Pourquoi démantelée ? — Non.

La Poste... — Mais pourquoi avoir peur de la concurrence ?

Pourquoi est-ce qu'un service public aurait peur de la concurrence, s'il est efficace ? — Mais moi, je n'ai pas peur de la concurrence dans tous les domaines. Je dis que les grands services publics à la française doivent avoir un rôle d'équilibre du territoire et d'égalité entre les Français.

Moi, ça fait...

Excusez-moi de le souligner. Ça fait 10 ans que je parcours la France. J'ai dû faire à peu près 500 réunions publiques.

Je n'ai jamais vu en France un Français me dire : « Moi, monsieur, ce dont je rêve, c'est qu'on démantèle La Poste, c'est qu'on rende La Poste privée, c'est qu'on ferme les é... — La libéralisation et la privatisation sont deux choses différentes.

Vous êtes bien d'accord. — Eh bien moi, je dis que les Français aiment avoir La Poste. Parce que vous savez ce qui se passe avec La Poste ?

Moi, je suis dans une zone de campagne. Là où il y a ma maison de campagne dans la Nièvre, eh bien les postes, elles ferment, ou alors elles n'ouvrent plus que pendant quelques heures. Et puis on commence à vendre à l'intérieur des quantités d'autres choses.

On va vers progressivement la fermeture des services publics en zone rurale, ce qui contribue à la désertification. — Bon, mais François Asselineau, la privatisation, par exemple, ça n'a rien à voir avec l'Europe. Ce sont les gouvernements qui choisissent de privatiser des entreprises publiques.

Vous le savez bien. Air France, par exemple...

Air France, c'est l'État français qui a décidé. Non ? — Mais sous la pression...

Encore une fois... — Ça n'a rien à voir avec l'UE.

Pourquoi tout vouloir mettre sur le dos de l'UE ? — Mais parce que nous allons...

Encore une fois, cet article 106, il existe ou il existe pas ? — Il existe. Bah oui, mais... — Il existe.

Et il existe. Et donc il pousse constamment... — ...à une libéralisation. — ...à une libéralisation. — Pas une privatisation. — Oui, mais regardez ce qui se passe avec la SNCF, par exemple.

La SNCF est en train de devenir maintenant une société avec uniquement presque...

Enfin j'exagère un peu, mais avec essentiellement du TGV de plus en plus. Et la SNCF est en train de se désengager des zones rurales. Il faut... — Elle n'a pas été démantelée, la SNCF. — Oui, mais il faut voir ça sur la longue période. — Elle a même été protégée par l'État. — Il faut voir ça sur la longue période.

Moi, je veux inscrire dans la Constitution...

Mais je comprends que vous ne soyez pas forcément d'accord. — Non mais je vous pose la question. — Vous avez le droit de ne pas être d'accord.

Mais moi, je propose aux Français que les grands services publics à la française : EDF...

Qui était quand même un très grand succès et qui est en train de tourner au désastre. EDF, GDF, La Poste, la SNCF, les routes et les sociétés d'autoroutes, et les sociétés concessionnaires d'adduction d'eau, plus TF1... — Plus TF1, oui. — ...soient renationalisés.

D'ailleurs, la plupart sont encore en mains publiques. J'ai bien conscience de ça. Ça va pas coûter des fortunes comme certains le disent.

La plupart sont encore en mains publiques. Mais je ne veux pas que l'on aille vers une société à l'américaine où on irait de plus en plus vers la privatisation. Parce qu'au bout du compte, ça sera l'explosion des inégalités entre les Français et entre les territoires. — Alors François Asselineau, nous allons revenir...

Je reviendrai tout à l'heure sur tous ces articles, parce que vous connaissez bien, et on s'amusera un petit peu dans la deuxième partie. Je vous poserai 2, 3 colles sur la Constitution et sur les traités européens. Mais François Asselineau, vous venez de parler des États-Unis.

Mais qu'est-ce que vous avez contre les États-Unis ? Mais quand je regarde, je vois...

Non ? Vous n'avez rien contre eux ? — D'abord, je suis déjà allé aux États-Unis.

J'ai des amis aux États-Unis. Et le mouvement politique que j'ai créé, qui va bientôt atteindre les 24 000 adhérents...

Nous avons plus de 65 adhérents qui vivent aux États-Unis, qui y sont expatriés depuis parfois de nombreuses années. Je signale qu'il y a aux États-Unis des responsables politiques ou des intellectuels qui disent des choses bien plus graves et bien plus sévères contre leurs propres dirigeants que moi-même. Moi, il se trouve que je ne veux pas que la France devienne un satellite de Washington.

J'ai le droit. J'estime que lorsque l'on voit la façon dont la France, par exemple, mène sa diplomatie, on est à des années-lumière de ce qui se passait du temps de Charles de Gaulle. Nous sommes devenus désormais un satellite de Washington.

Pourquoi ? Parce que nous sommes dans les traités européens. Or, puisque vous avez regardé les articles des traités, l'article 42 du TUE place en fait la politique européenne de sécurité et de défense sous la tutelle de l'OTAN.

C'est ça, la vérité. Donc nous sommes désormais obligés d'être sous la tutelle de l'OTAN. — Nous n'appelons pas l'OTAN lorsque nous allons envoyer des troupes au Mali. — Mais moi, je ne veux pas que la... — François Asselineau, on n'a pas besoin de l'OTAN pour envoyer nos troupes au Mali. — Oui, mais pourquoi est-ce qu'on envoie des troupes au Mali ?

C'est parce la France a participé... — Pour lutter contre le terrorisme. — Oui. — Et pour lutter contre l'extrémisme. — Oui.

Et pourquoi y a-t-il du terrorisme et de l'extrémisme ? Qui a démantelé le régime de Kadhafi en Libye ? Est-ce que ça a été une bonne chose que la France et le Royaume-Uni interviennent, bien entendu avec le soutien implicite de Washington pour démanteler le régime de Kadhafi ?

Est-ce que vous croyez que ça a été une bonne chose ? Il y a 70% de la population libyenne qui a fui. Ça a déstabilisé le Machrek et le Sahel.

Alors évidemment, après ça, on en paye les pots cassés. Mais de toute façon, la France n'est plus la France. La France, désormais, a une diplomatie et une politique étrangère qui est sous la tutelle, sous la vision géopolitique de Washington.

Ça n'est pas être anti-américain que de le dire. C'est simplement être réaliste. — Est-ce que Trump a commis une faute en allant bombarder l'aéroport d'où ont décollé les avions qui sont allés jeter des bombes chimiques sur les rebelles syriens ? — Alors déjà... — Vous y croyez, d'ailleurs ? — De quoi ? — Est-ce que vous croyez que l'aviation syrienne a bombardé à l'arme chimique ?

Vous y croyez ? — Écoutez, la question, c'est pas de savoir si j'y crois ou si j'y crois pas. La question, c'est de savoir si c'est vrai ou si c'est faux.

Bon. Donc pour savoir si c'est... — Donc c'est vrai ou c'est faux ? — Mais moi, je n'en sais rien.

Vous le savez, vous ? — Non. — Bon, vous pourriez mettre votre main à couper ?

Bon, non. Écoutez, chat échaudé... — Où mettrais-je ma main à couper, oui, François Asselineau ? — Chat échaudé craint l'eau froide.

Les armes chimiques de Saddam Hussein...

Il y a eu une guerre en Irak qui a provoqué plus d'un million de morts. Il y avait des armes chimiques ou pas ? La réponse est non.

Les Américains, qui avaient annoncé qu'il y avait des armes chimiques, 6 mois après, par la bouche de Colin Powell...

Le secrétaire d'État américain a dit : « En effet, il n'y en avait pas ». Bon. L'affaire de la Ghouta, du massacre de la Ghouta en 2013 en Syrie, avec le gaz sarin qui avait été prétendument envoyé par les troupes gouvernementales...

Maintenant, le mystère reste quand même entier. Mais le dernier rapport...

Il y a un rapport qui a été fait par les Américains, par la chose la plus prestigieuse qui est aux États-Unis : l'université de Harvard, le MIT. Eh bien les plus grands experts américains – c'est sorti il y a quelques mois – ont dit que, très probablement, cette attaque au gaz sarin venait des rebelles et non pas du gouvernement. Je suis pas l'ambassadeur de M.

Assad ni de qui que ce soit. Je dis simplement qu'avant de se précipiter aux conclusions, il faut qu'il y ait une enquête qui soit menée. Sur cette affaire-là, qui était une abomination, bien entendu...

Mais qui est à l'origine ? Moi, je n'en sais rien. J'entends...

J'écoute un son, j'écoute l'autre son. Ce que je sais – pour répondre à votre question –, c'est qu'il y a une chose qui est certaine. C'est que ce qu'a fait Donald Trump est interdit par le droit international, parce qu'un État n'a pas le droit d'agresser un autre État comme il l'a fait.

Et s'il y avait eu une attaque chimique, c'est à ce moment-là au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir. — Est-ce que ce que font les Russes, c'est permis par le droit international ? — Oui, parce que... — En Crimée, par exemple, ou ailleurs. — Ah bah oui.

Là, ils ont fait...

Enfin, ils ont pris une latitude. Mais... — Oui, enfin ils se sont... — Non, non, non.

Il y a eu un référ... — ...arrangés avec le droit international, quoi. — Et au Kosovo ?

Et au Sud-Soudan ? Il y a eu des référendums qui ont été faits de la même façon, mais par les Américains, cette fois-ci. Écoutez, moi, je peux vous dire... — Non mais je vois.

Vous dites : « Il faut arrêter l'américanisation subliminale de nos cerveaux ». — C'est vrai. — C'est quoi, l'américanisation subliminale ? — Par exemple les primaires.

Vous croyez que c'était un succès, les primaires des Républicains et les primaires du PS ? Ça sort d'où, les primaires ? Ça vient bien...

C'est par le mimétisme vis-à-vis des États-Unis. Le mouvement UMP qui, d'un seul coup, s'appelle les Républicains, ça vient d'où ? C'est par mimétisme des États-Unis.

Et si l'acronyme n'était pas un petit peu gênant, ça ferait belle lurette que le PS se serait appelé le Parti démocrate. C'est ça, la réalité. C'est que c'est par mimétisme des États-Unis.

Voilà. D'ailleurs, il suffit de regarder une série américaine. Partout, il y a...

Et ça n'est pas du complotisme ou du conspirationnisme. Vous allez encore me sortir ça. — Je vais y revenir, sur le complot, parce qu'on vous accuse de complotisme.

Je vais y revenir dans la deuxième partie. — Et vous savez pourquoi on m'accuse de ça ? — Non. — C'est parce qu'on sait pas de quoi m'accuser.

Comme j'ai pas de casserole, comme je n'emploie pas toute ma parentèle comme attachés parlementaires, comme je n'ai pas de compte en Suisse, faut bien trouver quelque chose à critiquer. Donc on a trouvé ça à se mettre sous la dent. Mais on va en parler, si vous voulez. — Alors on va en parler.

Le 11 septembre 2001, il n'y a pas de complot pour vous ? — Mais pourquoi vous me parlez du 11 septembre 2001 ? — Mais comme ça.

Parce que c'est...

Parce que c'est... — Non, non.

Moi, je préférerais que l'on parle là, maintenant, de ce qui intéresse les Français. — Vous permettez, c'est moi qui pose les questions, François Asselineau. — Oui, mais comme disait Georges Marchais, c'est moi qui ai les réponses. — Oui, d'accord.

Oui, mais enfin...

Comme c'est moi qui pose les questions, vous répondez ou vous ne répondez pas. Si vous ne répondez pas, on arrête. Vous savez, c'est pas compliqué avec moi.

Bon, comment définissez-vous vos concurrents, tiens ? François Fillon, par un mot. — Vous dites rien. — J'ai pas très envie de parler de mes concurrents.

Donc je vais dire de façon globale... — Ah, vous savez qu'on a le temps ! — Non.

Vous savez ce que je vais dire ? Je trouve que fondamentalement, ils ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation. Ils font à peu près tous une candidature pour être Premier ministre.

Ils confondent l'élection présidentielle et les élections législatives. Il va y avoir des élections législatives au mois de mai, juin. Et là, on va parler de la sécurité, de la santé.

Moi, j'ai des réponses et des programmes sur tous ces sujets. Mais là, nous sommes dans l'élection présidentielle. Il s'agit de choisir le chef de l'État.

Or, le président de la République, qui n'est pas la même chose que le Premier ministre...

On n'est pas comme aux États-Unis. C'est la Constitution de la Ve République. Le président de la République doit être le garant de l'essentiel.

C'est comme ça que De Gaulle l'avait qualifié. Il doit être le garant de l'indépendance nationale et de l'unité nationale. Quel est le programme des autres candidats pour garantir l'indépendance nationale ?

Comment peut-on garantir l'indépendance nationale si toutes nos lois, si notre monnaie, si notre politique diplomatique et militaire sont fixées par la Commission européenne à Bruxelles, la BCE à Francfort et l'OTAN qui est géré depuis Washington ? — François Asselineau. Nouveau franc, donc.

Sortie de l'UE, nouveau franc. Alors en ce qui concerne la vie publique, parlementaires, conseillers régionaux, conseillers départementaux, ça, vous gardez. Pas plus de... — Ah non, non, non. — Non ? — Il y a toute une série de suppressions de postes.

Vous le savez ? Je propose... — Oui, suppression du nombre de parlementaires, oui. (NDLR : il a sûrement voulu dire diminution) — ...70 députés en moins, ... — Oui, j'ai vu, ça. — ...74 députés européens en moins, parce qu'on quitte l'UE.

Notez bien d'ailleurs au passage que Mme Le Pen, qui a encore une fois par l'intermédiaire de Philippot copié un certain nombre de mes propositions, que Mme Le Pen ne propose pas de supprimer les députés européens, ce qui prouve d'une part qu'elle ne veut pas sortir de l'UE, d'autre part qu'elle veut garder pour ses vieux jours – n'est-ce pas ? – ses fonctions. Parce que ça va faire 32 ou 33 ans que M.

Le Pen est député européen. Et elle-même, ça doit faire 15 ou 16 ou 17 ans. Ils sont sur la bête.

Ils touchent beaucoup d'argent de cette structure. — Pas plus de 2 mandats consécutifs, ... — Voilà. — ...proportionnelle, reconnaissance du vote blanc, 3 référendums si vous êtes président de la République. — Pas proportionnelle. — Ah, pas de proportionnelle ? — Non, non, une dose de proportionnelle, une petite dose de proportionnelle. — Si !

Dose de proportionnelle, du coup. — Mais pas la proportionnelle intégrale. — Non, pas la proportionnelle intégrale. — Reconnaissance du vote blanc de plein exercice.

Ça veut dire que ça donne un pouvoir révocatoire aux électeurs. Si dans un scrutin, le vote blanc arrive en tête devant les candidats physiques, personnes physiques, le vote est annulé. Il est reporté de 2, 3 mois.

Le vote est de nouveau organisé. Mais lors du nouveau scrutin, les candidats qui participaient au scrutin qui a été annulé ont interdiction de se représenter. C'est un système qui existe en Suède et en Uruguay.

Je veux qu'il existe en France. — Alors François Asselineau, nous aurons l'occasion dans la deuxième partie, qui dure une demi-heure, évidemment à travers votre portrait de revenir sur certaines propositions, notamment en ce qui concerne l'agriculture et la santé. Ça m'intéresse beaucoup.

Vous voulez interdire les marchés publics aux entreprises étrangères. J'ai vu ça. — Non, c'est pas aussi simple que ça. — C'est dans votre programme.

Vous allez pas me faire le coup de Jean Lassalle. — Non, non, non, non, non, c'est pas aussi simple que ça. On va donner la priorité dans certains marchés publics, en effet.

Après, s'il n'y a pas d'appel d'offres, si l'appel d'offres n'est pas réglé, on pourra donner la priorité pour les marchés publics, pas pour les marchés privés, mais pour les marchés publics aux entreprises françaises. — Marchés publics, oui. J'ai dit « interdire les marchés publics ». — Mais s'il n'y a pas de possibilité, eh ben on passera aux autres. — François Asselineau, alors il y a une mesure que j'ai pas très...

Ce qui mérite explication, concernant les médias. « Assurer une diversité politique représentative des différents courants d'opinion parmi les journalistes présentateurs d'émissions d'information ». Ça veut dire quoi, ça ? — Ça veut dire que...

Par exemple, les Français ont pu le mesurer au moment du traité de Maastricht, au moment du référendum sur la constitution européenne, ou même encore maintenant. On a l'impression qu'en France, tous les journalistes, par exemple, sont pour l'UE. Moi, je ne connais pas de journaliste qui me donne l'impression d'être en faveur du Frexit. — Non mais attention aux impressions, François Asselineau. — Écoutez, c'est quand même...

Bon, voilà. En règle générale, c'est quand même comme ça que...

Et c'est comme ça que c'est perçu par l'opinion publique. — Mais comment faites-vous pour assurer une diversité ? C'est-à-dire qu'on va demander aux journalistes de prendre une carte, d'afficher ses opinions politiques, de je ne sais pas, moi ?

Ses opinions ? — Non. On va faire d'abord respecter... — Vous allez faire passer un examen aux journalistes pour savoir de quelle opinion ils sont ? — On va faire respecter dans le service public la Charte de Munich, la charte de l'éthique du journalisme, voilà, dont l'article 8... — C'est-à-dire ? — Parce que je connais aussi les articles de la Charte de Munich. — Bon, alors, votre...

Mais dites-moi votre... — L'article 8 ou l'article 9, 10, que justement, il ne faut pas confondre le métier de journaliste avec le métier de propagandiste.

Et que donc, il faut...

Voilà. — Non mais je com...

Alors qu'est-ce que vous faites avec ces journalistes ? — Eh bien je dis qu'il faut que les journalistes aient cette éthique. — Vous leur faites passer un examen, alors. — Non !

Écoutez... — Savoir s'ils connaissent effectivement les chartes, les traités, les... — Demandez aux Français ce qu'ils en pensent.

Vous savez très bien que beaucoup de Français estiment qu'il y a par exemple sur les questions européennes...

On a l'impression que tous les journalistes pensent la même chose. Voilà. Lisez le livre de Serge Halimi « Les nouveaux chiens de garde ».

Il l'avait écrit après le référendum sur le traité de Maastricht. — Ce sont les politiques qui n'ont pas respecté...

Ce ne sont pas les journalistes. Ce sont les politiques qui n'ont pas respecté le choix du peuple. Ce ne sont pas les journalistes. — Non, non, attendez.

Serge Halimi montre que, par exemple, pour le référendum sur Maastricht en 1992, on avait fait débattre des responsables politiques de droite qui voulaient voter oui avec des responsables politiques de gauche qui voulaient voter oui. Mais les partisans du non n'avaient eu – je crois – que 15% ou 20% du temps de parole. C'est ça, le problème.

C'est-à-dire qu'il faut s'assurer d'une diversité des opinions politiques. Ça me paraît normal. Vous savez, les Français, ils sont de mon avis.

Je peux vous le dire. — Bon, alors vous allez m'expliquer comment, après...

Puisqu'il est déjà 57, comment vous faites, parce que... — Déjà, vous savez ce qu'on va faire ?

On va renationaliser TF1, parce que TF1 n'a pas respecté le cahier des charges culturel qu'il devait respecter. Et on va faire de TF1 une télévision collaborative qui va être la télévision du peuple français. On demandera... — Télévision de l'État, quoi.

Ou télévision... — Attendez, moi, je ne touche pas...

Par exemple, je ne touche pas à RMC. Je ne touche pas à BFM. Je ne touche pas à CNews.

Tout ça restera privé. Mais TF1, c'est la première chaîne de télévision française. Et vous savez...

Regardez au Royaume-Uni. BBC One, la première chaîne de télévision britannique, elle est publique. Au Japon, la NHK aussi.

Eh bien moi, je souhaite... — Il y a France 2 qui est publique, en France. — Oui, mais la première chaîne de télévision, dans tous les pays du monde, elle a une espèce de fonds de commerce important.

Eh bien moi, je pense que cette télévision française, elle devra être la télévision du peuple français. Et puis les Français interviendront à la fois en matière politique...

On fera des débats. Vous savez, il y a une immense soif chez les Français de participer, ... — Oui.

Ça, c'est vrai. — ...d'avoir...

Ah bah oui, c'est vrai. Mais je veux vous le dire. Et d'ailleurs, ce qui fait succès dans notre mouvement, c'est que les gens découvrent avec moi le plaisir de retrouver la vraie politique, pas la politique marketing. — Bien.

Eh bien on va vous découvrir un peu plus dans la deuxième partie de cet entretien d'embauche. Il est 8h58. — François Asselineau, on va essayer d'un peu plus vous connaître, parce que vous êtes assez pudique, je crois. — C'est vrai. — C'est vrai ? — (Bruit d'approbation) — Vous feriez la une de Paris Match avec votre épouse ? — Non.

D'ailleurs, ma femme suit mes...

Ma femme est universitaire. — Elle est agrégée de lettres. — Classiques.

Et normalienne, oui, oui. — Lettres classiques, normalienne. Vous voyez, je sais... — Vous connaissez très bien... — Non, non, non, je...

Non. — Elle a eu son bac à 15 ans. Et... — Vous êtes fier d'elle. — Oui.

Mais elle reste très discrète. D'ailleurs, si je suis élu président de la République, elle sera la femme du président de la République. Il n'y aura pas de Première dame.

On va pas faire un truc monarchie. Je vais pas faire les couvertures de Paris Match. Et je tiens beaucoup à préserver à la fois sa vie privée et la vie privée de mes enfants, aussi.

Ça, c'est important. — Vous avez 2 enfants. — Oui. — 59 ans, François Asselineau.

Pas facile d'être candidat à l'élection présidentielle. — Non, non. — Parce qu'il faut se dévoiler, un peu.

Vous n'aimez pas ça. — Non, mais parce que moi, vous savez, je suis plutôt... — Je disais à Poutou hier : « Vous êtes pudique ».

Mais vous êtes comme Poutou. Vous êtes pudique. — Mais vous savez, je suis pas un politicien.

J'ai pas fait de la politique... — Pourquoi faites-vous de la politique ? — Écoutez, j'ai fait ça pour...

Vous savez pourquoi. Tout à l'heure, vous me demandiez en gros ce que je pensais des autres candidats. Je vais vous dire mon sentiment.

Il est un peu raide. Mais franchement, la classe politique française est très médiocre. Et les autres candidats, ils sont nuls techniquement sur des quantités de sujets.

Faites-leur parler de l'euro, par exemple. Organisez un débat sur l'euro. Comment ça marche ?

Comment, concrètement, ça fonctionne ? Moi, j'explique pourquoi l'euro va exploser. Les Français ne le savent pas, mais si moi, je propose de sortir de l'euro, c'est pas par fantaisie.

Moi, je suis français. Moi, j'ai des enfants, j'ai une femme, j'ai un appartement, j'ai mis un peu d'argent de côté avec une assurance-vie. — Justement, on va en parler. — Eh ben moi, je n'ai pas envie que mon pays s'effondre.

Parce que je sais qu'il y a des gens qui croient...

On fait peur aux Français en leur disant : « Si on sort de l'euro, ça va être la catastrophe ». Non. C'est si on y reste.

Actuellement, l'euro est en train de voler en éclats. Vous allez voir ce qui va se passer. Mais on n'a pas le temps d'en parler. — Non.

Vous ne doutez de rien. — Oh si, je doute de beaucoup de choses. — Et de quoi ? — Mais vous savez, moi... — Non, parce qu'on dit de vous, parfois, lorsqu'on vous connaît pas, dans tous les cas, on dit : « Il est assez suffisant.

Il a beaucoup d'assurance. Il est franchement...

Il est même un peu limite prétentieux ». — Parce que j'ai fait passer...

Je suis quelqu'un de travailleur. Quand j'étais jeune, la première fois que j'ai voté, c'était pour la liste de l'UDF aux élections européennes de 1979. J'étais étudiant à HEC.

J'étais très pro-européen. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Moi, j'ai découvert...

J'ai été dans les allées du pouvoir. J'ai vu les responsables politiques de gauche et de droite. En tant que haut fonctionnaire, j'ai accompagné François Mitterrand en Corée et au Kasakhstan, Balladur en Arabie saoudite, Jacques Chirac au Japon, en Chine, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine.

Et qu'est-ce que j'ai constaté ? J'ai constaté dans les années 90 qu'en fait, nos dirigeants...

Sont pas corrompus. Moi, je suis pas du style anti-parlementariste, etc. Je dis simplement qu'ils ont fait une croix sur l'existence d'une France souveraine et indépendante.

C'est exactement ce que De Gaulle appelait l'esprit d'abandon. Et pourquoi j'ai créé mon mouvement politique ? Parce que je me suis rapproché de M.

Pasqua, parce qu'on m'avait... — Oui, je sais.

Vous avez travaillé...

Oui. — Parce que j'avais cru à l'époque qu'il y avait une chance vers les souverainistes, que l'on pouvait avoir...

Et puis qu'est-ce que j'ai découvert ? J'ai découvert...

C'est pareil. Les souverainistes, – je le disais tout à l'heure – ils critiquent...

Alors ça, pour critiquer l'Europe, c'est très très bien. Mais ils ne vont jamais au fond des choses. On ne peut pas modifier la construction européenne.

Ça n'est pas vrai. On peut le faire, bien entendu, théoriquement. Mais en pratique, l'article 48 du TUE, qui impose l'unanimité des États membres pour changer un point-virgule aux traités, fait que ça rend concrètement une modification substantielle de l'Europe totalement impossible.

C'est la raison pour laquelle, ne trouvant pas sur la scène politique française un mouvement politique correspondant à ce que je croyais bon pour mon pays, j'ai décidé de le faire. Eh ben vous savez, eh ben faut avoir du courage – je peux vous le dire – et de la ténacité. Je n'avais pas d'argent, pas de soutien médiatique, pas de soutien politique.

Et moi, j'ai parcouru la France depuis 10 ans. Allez voir. J'ai fait des conférences.

Au début, il y avait 3 personnes, 4 personnes. Eh bien je peux vous dire que tout ça, ça m'a formé le caractère, ça a forgé mon caractère. — De quoi vivez-vous ? — Actuellement, j'ai fait un emprunt auprès de ma banque pour pouvoir assurer les fins de mois, parce que je suis en disponibilité pour convenance personnelle.

Donc je suis... — Oui.

Vous êtes haut fonctionnaire. — Je suis haut fonctionnaire. — Inspecteur des finances. — Général. — Hein ? — J'ai 20 ans d'expérience de plus que M.

Macron, qui est un bébé. Voilà. — Oui.

Vous êtes comme lui, finalement. Lui, c'est un jeune inspecteur. — C'est un jeune inspecteur. — Et vous, vous êtes un ancien inspecteur. — Avec 20 ans d'expérience de plus, notamment au Quai d'Orsay. — Mais vous touchez un traitement. — Non, non. — Non, rien du tout ? — Non, non.

Depuis plusieurs mois, maintenant, je suis en disponibilité. Ça veut dire que...

Alors j'avais un petit peu mis d'argent de côté. Mais j'ai fait un emprunt bancaire pour pouvoir subvenir à mes besoins. Voilà. — Alors il faut faire 5% pour que tous vos frais soient remboursés. — Ah mais ça, ça sera pas remboursé, de toute façon.

Ça, c'est sur... — Ça sera pas remboursé, oui.

Ça, c'est sur vous, personnel ? — Eh ben oui. Parce que vous savez, je vais vous dire quelque chose.

Il y a un proverbe chinois...

Vous savez que j'aime les proverbes chinois. — Oui, oui, oui. C'est vrai, c'est vrai, oui. — Il y a un proverbe chinois qui dit : « C'est lorsqu'un pays est en proie au chaos qu'apparaît un responsable intègre ».

Voilà. Moi, je suis quelqu'un d'intègre. Les gens, ils me prennent comme je suis.

Je suis un père de famille un petit peu replet, peut-être un petit peu... — Non. — Oui, j'ai pas...

Voilà. Si, si, si. Vous voyez que j'ai grossi.

Bon bah voilà. Mais je suis quelqu'un d'honnête, de sincère, d'intègre. Et je me bats pour mon pays.

Et c'est de ça que les Français ont besoin. C'est quelqu'un de nouveau qui sorte des schémas politicards qui sont...

Vous l'avez vu tout à l'heure. La classe politique française, elle est minable. Voilà ! — Vous parlez japonais. — Sukoshi dake hanashimasu keredomo. — Allez-y, répétez-moi. — « Sukoshi dake », ça veut dire « seulement un petit peu ». « Hanashimasu », je parle.

Et « mais ». Voilà. Ça veut dire : « Je ne le parle qu'un petit peu ». — Vous auriez aimé être ambassadeur au Japon.

Ça, c'était votre rêve. — C'est pour ça que j'ai fait l'ENA. C'est parce que j'ai vécu au Japon. — Oui.

Vous avez fait votre service militaire au Japon. — J'ai fait mon service national pendant un an et demi à l'époque. Voilà, pendant un an et demi. — Vous rétablissez d'ailleurs un service national ? — Un service civique, je propose, pour garçons et filles, pendant 6 mois.

Un petit peu pour ceux qui voudront aller dans l'armée. Vous savez, la défense nationale n'est pas très demanderesse. Mais aussi, je pense que ça serait bien, par exemple : un engagement humanitaire, qu'il y ait certains garçons et filles qui aillent travailler par exemple pour la fondation Abbé Pierre, pour l'Armée du salut, pour les Restos du cœur, ou bien aussi à l'étranger pour faire comme c'est actuellement la coopération, pour enseigner dans les pays d'Afrique, dans les pays d'Asie, dans les pays d'Amérique latine. — Bon, je pense que nous allons nous fâcher. — Ah. — Vous savez pourquoi, François Asselineau ?

Parce que je vais vous parler de complots. — Oh non... — Mais si, quand même.

Tweet du 7 avril. « J'en ai assez de cette chasse aux complotistes qui stigmatise les Français qui osent avoir des doutes ». Hein. — Non.

Je vais vous dire un truc. — Alors dites-moi. — D'abord, l'Histoire, elle est faite de complots.

Dans la Constitution française de 1958, rédigée par Charles de Gaulle, René Capitant, dans l'article 68, il y avait le crime de complot contre la sûreté de l'État et le crime de haute trahison du président de la République. Cette constitution a été ratifiée par 82% des Français. C'est notre Constitution.

Eh ben figurez-vous – et là, je pense que beaucoup de Français vont le découvrir quand je vais leur dire – que le crime de complot contre la sûreté de l'État – c'était marqué comme ça : « complot contre la sûreté de l'État » – a été retiré de notre constitution par une loi constitutionnelle de juillet 1993, quelques mois d'ailleurs après le traité de Maastricht, dans le dos des Français, par la procédure dite du Congrès, procédure que, d'ailleurs, je veux supprimer dans la prochaine réforme constitutionnelle. — Oui, terminé, le Congrès. — Et le crime de haute trahison du président de la République a été supprimé par une loi constitutionnelle du mois de mars 2007.

Eh bien moi, parmi mes projets, je réintroduirai dans la Constitution française sa version d'origine, avec le crime de complot contre la sûreté de l'État et le crime de haute trahison du président de la République. — Bon, alors si je vous parle de complots, c'est parce que certains autour de vous – je ne vous accuse pas personnellement – manient la théorie du complot. Regardons, écoutons ce qu'a déclaré l'un de vos délégués régionaux.

Vous avez vu cette déclaration, j'en suis certain. Il s'appelle Daniel Bellut. C'était hier sur une télé locale lyonnaise. {— Est-ce que vous savez d'où vient l'UE, à l'origine ?

Est-ce que vous avez entendu parler de la nouvelle Europe ? La nouvelle Europe, c'étaient les multinationales allemandes et américaines qui, à l'origine, avaient même financé Adolf Hitler pour jeter les bases d'une nouvelle Europe. Et même lors de...

C'est pas du complotisme, ça. C'est des informations historiques. — Non mais vous pouvez pas dire ça, quand même. — Allez vérifier.

Alors évidemment, si vous allez sur Wikipédia... — L'UE a été créée par des pères fondateurs justement pour enfin installer une paix durable en Europe. — C'est ce qu'on dit.

C'est pas du tout pour ça.} — Alors il a raison ou il a tort ? — Alors d'abord, je suis pas absolument certain que ce soit tout à fait d'actualité de parler de ce genre de choses.

Moi, je ne l'aurais pas fait à sa place. Mais deuxièmement, je suis désolé, mais que les téléspectateurs aillent se renseigner sur qui était – par exemple – Walter Hallstein. Walter Hallstein, qui était le premier président de la Commission européenne, qui a rédigé d'ailleurs largement le traité de Rome, eh bien c'était dans les années 30 l'un des juristes envoyés par Adolf Hitler en 1938 à Rome après le voyage d'Hitler à Rome avec Mussolini quand ils ont défini en effet le projet de nouvelle Europe.

C'est la réalité des événements. M. Hallstein a été arrêté par les Américains à Cherbourg en 1944 en officier de la Wehrmacht.

Il a été envoyé aux États-Unis à [*]. Et après, les États-Unis l'ont renvoyé en Allemagne, où d'un seul coup, il est entré en politique, et est devenu très rapidement, 7 ans après avoir été arrêté par les Américains à Cherbourg, il devenait ministre des Affaires étrangères de Konrad Adenauer. Donc c'est vrai qu'il y a des origines cachées de la construction européenne.

Allez voir les historiens, notamment les historiens anglais, les historiens américains. Allez les regarder. Ce n'est pas le débat du jour.

Mais c'est quand même une réalité qu'il faut avoir à l'esprit. C'est vrai. — Bon, mais tous les complots qui fleurissent ici ou là...

Dernier en date : ... — Vous parlez desquels ?

Vous parlez par exemple... — Je parle pas de celui brandi par François Fillon, le cabinet noir. — Ah bah voilà ! — Vous y croyez, au cabinet noir, d'ailleurs, vous ? — J'en sais rien.

Honnêtement... — Franchement, vous avez fréquenté les hautes... — Écoutez, moi, il y a une chose qui me distingue des autres.

C'est que quand je dis quelque chose, je me fonde sur des informations absolument irréfutables. Quand je vous parle de Walter Hallstein, c'est irréfutable. Moi, le complot, le cabinet noir de M.

Fillon, j'en sais rien. C'est fondé sur rien. Il y en a un autre qui a fait aussi l'histoire du complot.

C'est M. Macron, parce que Richard Ferrand, le secrétaire général d'En marche, il a eu droit à la première page du journal Le Monde en disant que c'était Vladimir Poutine qui manipulait l'élection présidentielle en France. C'est fondé sur quoi ?

Quelle est la preuve ? Allez l'interroger. Il fait du complotisme.

Et puis M. Mélenchon, en novembre dernier, il a accusé deux journalistes – je crois que c'était du journal Le Monde – d'être des agents de la CIA. Allez lui demander ses preuves.

Moi, la différence avec les autres responsables politiques, c'est que j'apporte des preuves. Mais par ailleurs, je voudrais quand même insister sur une chose. Il faut pas que la France devienne un pays du maccarthysme.

Ce qui a fait la grandeur de l'Occident, la grandeur de la pensée occidentale, à partir de la révolution de Copernic et de Galilée, c'est la capacité de remettre en cause les dogmes, les dogmes à l'époque de la sainte Église, puisqu'à l'époque, vous savez que l'Église fixait comment fonctionnait l'Univers, en disant que la Terre était au centre du monde. Eh bien c'est cette capacité, par le crible de la raison, de remettre en cause les dogmes. C'est ce que je fais, moi, avec la construction européenne.

Moi, je veux sortir de la construction européenne pas par nostalgie, pas par ringardise, pas par xénophobie : au contraire pour rouvrir la France sur le monde. Je veux sortir de l'euro pour créer en l'espace de 2 ans...

Je prends l'engagement, si on sort de l'euro, si on crée le franc, si le franc se déprécie de 10%, on va pouvoir baisser de 1 à 2 millions le nombre de chômeurs. — Est-il vrai que vous avez déjà commencé à produire des billets en francs ? — Oui, on avait présenté...

J'avais présenté...

Je les ai pas produits moi-même. Je suis pas faux-monnayeur. — Non, pas vous, mais pas vous, mais... — Oui, on a présenté, pour que les gens... — J'ai même l'image. — Oui. — J'ai même l'image. — Absolument.

On a présenté des francs, effectivement avec les grandes gloires nationales. Ça va de Jeanne d'Arc jusqu'au réseau Manouchian, Félix Éboué, Charles de Gaulle, et puis Rouget de Lisle. Donc c'est effectivement des coupures.

Vous savez que le franc, il a été créé en 1360 pour racheter la rançon du roi Jean le Bon, c'est-à-dire pour que les Français de l'époque récupèrent leur souveraineté. Après, il a disparu. Il est réapparu sous la Révolution française, avec le franc germinal, pour récupérer la souveraineté nationale.

Il a disparu en 2002. Moi, je veux le refaire renaître. Ça sera la 3e fois dans notre histoire, de nouveau pour récupérer notre souveraineté. — Bien.

François Asselineau, avant de parler de vos hobbys et de vos loisirs pour en savoir encore un petit peu plus, je vais vous faire écouter – vous allez vous amuser – une vidéo. Vous savez que tous les matins, sur RMC, nous avons un petit rendez-vous avec Charles Magnin. On appelle ça Magnin président.

Et en regardant cette vidéo, et en l'écoutant, nous remarquerons – nous l'avons déjà fait, d'ailleurs – que vous connaissez par cœur tous les articles des traités et de la Constitution française. — Peut-être pas tous, peut-être pas tous. — Pas tous mais beaucoup.

Écoutez, regardez. On s'amuse. {Je suis désolé.

Moi, je connais les traités européens.} {En particulier sous l'article 106} {En vertu de l'article 14 et 15 de la Constitution} {Figurez-vous qu'il y a un article 68} {L'article 106} {Ça sera l'article 63} {L'article 4 de notre Constitution} {Par la mise en œuvre de l'article 50} {Je suis désolé. Moi, je connais les traités européens.} — Bon, alors je vous ai préparé un petit quiz. — Ça, c'est pas... — Non, non, non.

Mais franchement, c'est facile. Je suis sûr que vous allez répondre. Écoutez bien.

Le président de la République a le droit de faire grâce à titre individuel. De quel article s'agit-il ? — Oh, ça doit être quelque chose comme l'article 10 ou quelque chose comme ça. — (Grognement) — Non... — C'est important, le droit de grâce. — Avant, c'était un droit de grâce, point.

Il a été modifié pour droit de grâce individuel. Vous savez pourquoi. Parce qu'avant, le président de la République avait le droit de gracier toutes les contraventions, par exemple.

Et maintenant, ça a été interdit. C'est ça. Et c'est une modification. — Alors c'est l'article 17. — 17. — Que dit l'article 52 de la Constitution ?

Vous savez pas ? Alors là, c'est important, pourtant, François Asselineau. Pardon, mais « le président de la République négocie et ratifie les traités ». — Oui, c'est vrai. — Article 52 de la Constitution. — Oui.

Ça vient en plus de l'article 14 qui fait de lui le chef de la diplomatie, et l'article 5 qui fait de lui le garant du respect des traités. — Bon, alors 2 derniers articles très importants, François Asselineau. Quel est l'article interdisant la peine de mort ?

Ah non, vous pouvez pas coller là-dessus. — Non, je ne sais pas. Mais il y en a un ?

Il y a vraiment un article... — Vous ne savez pas ?

L'article 66-1. — Il interdit la peine de mort ? — Eh oui.

Oui, oui, oui, oui. Et quel article soumet toute ratification d'un traité européen au référendum ? Bah alors.

Vous êtes le champion du monde de la Constitution. Et vous voyez... — Attendez, là, vous... — C'est pas méchant. — Non, si, c'est méchant.

C'est parce que... — Pourquoi c'est méchant ? — Parce que moi, je pourrais vous en citer des quantités d'autres, ... — Mais moi, j'ai aucun...

Oui. — Si, par exemple l'article 4 de la Constitution, qui prévoit que les partis politiques respectent la souveraineté nationale. Ils font quoi, les autres partis politiques ?

Ils ne respectent pas la souveraineté nationale. Le titre un, ça s'écrit « De la souveraineté ». Quand moi, je suis en faveur de la souveraineté nationale, je ne fais qu'appliquer la Constitution de la République française.

Voilà. Alors évidemment, vous pouvez me coincer. Mais je pourrais vous parler de l'article 88-2... — Je vous ai pas coincé. — Bien sûr.

Alors attendez... — [*] article 88-5... — Ou 88-2, qui prévoit que la France fait partie de l'UE (c'est le 88-1), qu'il faudra supprimer, justement, si on sort de l'UE.

C'est exact. Il y a l'article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président de la République. Et ça, c'est important.

Il faut que les Français choisissent quelqu'un qui va être un arbitre, quelqu'un en qui ils aient confiance. Est-ce que vraiment, les Français sont prêts à pouvoir potentiellement donner les pleins pouvoirs à un candidat extrémiste ? Je n'en suis pas sûr.

Voilà ce qu'il faut avoir à l'esprit. — François Asselineau, il y a 2, 3 sujets sur lesquels je voulais revenir, parce que ça me permet d'en savoir un petit peu plus sur vous. Le travail le dimanche...

Alors là, vous êtes contre le travail le dimanche. — Oui, je suis contre. On peut avoir des exceptions, bien entendu : dans les hôpitaux, etc.

On peut aussi avoir dans les zones touristiques, comme c'est actuellement le cas...

On peut avoir des infléchissements. Mais moi, je suis contre pourquoi ? Parce que je ne veux pas que la loi du profit maximal soit la loi cardinale de la société française.

Les gens, ils ont aussi besoin d'avoir un repos dominical. Ça fait partie de nos traditions. Et moi, je suis favorable au maintien des traditions dans ce genre de situations. — Alors vous dites : « Les services publics, d'accord ».

Hein. — Ah bah... — Normal.

L'hôpital, bon... — Bien sûr. — Totalement normal. — Les petits commerces et la culture.

Et c'est tout. Les petits commerces le dimanche matin, c'est tout. — Oui.

Moi, je trouve que la situation...

Écoutez, je vais vous dire : je trouve que la situation à laquelle on était parvenus est pas mal. C'est-à-dire que c'est du bon sens. On ouvre un petit peu.

Mais il faut quand même que...

C'est bien – je trouve – qu'il y ait un repos dominical. Ça fait partie de notre identité nationale. C'est bien aussi qu'on défende... — Vous êtes croyant ? — Oui. — Vous pratiquez ? — Peu, mais ça peut m'arriver, ça peut m'arriver. — Non, parce que ça peut peser dans la balance, aussi. — Oui.

Ça peut m'arriver d'aller à l'église pour Noël ou pour Pâques. C'est vrai que ça peut m'arriver. Mais je suis pas...

Non, je suis pas un croyant – voilà – très très très pratiquant. Je suis finalement comme beaucoup de Français, vous savez, sur ces questions. Mais il y a quelque chose que j'ai, je crois.

C'est que j'ai quand même de l'éthique personnelle. C'est-à-dire que vraiment, je n'aime pas mentir. Je ne le fais pratiquement jamais, je crois.

Je suis quelqu'un d'honnête, honnêtement. Je suis quelqu'un de sincère. Je suis parfois un petit peu trop franc.

Ça, c'est possible. Peut-être que je suis un petit peu professoral. Mais vous savez, vous m'avez brocardé, là, sur l'affaire des articles... — Je vous ai pas brocardé.

Je vous posais des questions. C'est pas méchant. — Mais moi, j'ai vu : dans la rue, depuis le passage, il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir et qui m'ont dit : « Vous connaissez vos affaires.

Vous connaissez votre truc ». Moi, par exemple, je citais les articles 38 et 39 qui mettent actuellement...

Qui sont responsables de la destruction de l'agriculture française. Je voudrais en dire un mot. Moi, je veux qu'on arrête la destruction de l'agriculture familiale française.

Il y avait 4 millions d'agriculteurs en 1960. Ils sont tombés à 400 000. Moi, je veux qu'à la fin de mon quinquennat, on soit remontés à 600 000.

Comment ? En sortant des articles des traités... — Non mais encourager l'agriculture productiviste... — C'est les traités.

C'est l'article 39 du TFUE, qui pose le principe que la PAC a pour objectif l'augmentation de la productivité. C'est dingue, quand vous y réfléchissez. On peut avoir un plan quinquennal qui fixe une augmentation de la productivité, mais pas un traité qui n'a pas de limitation de durée, ce qui peut durer des centaines d'années.

Vous vous rendez compte que chaque année, il faudrait augmenter la productivité ? Moi, je dis : « Si on sort de l'UE... »...

J'en profite pour rappeler que nous donnons chaque année 23 millions d'euros à l'Union et qu'on en récupère 14. Ça veut dire... — Non, non, non... — Si, si, si, si, si... — Non, non.

Vous êtes à 9 milliards. En fait, c'est 6 milliards d'euros, la différence. Mais bien sûr que si. — Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.

Les 9 milliards d'euros que touchent les agriculteurs... — Je vais chercher mes fiches. — Oui.

Les 9 milliards d'euros que touchent les agriculteurs, ils continueront à les recevoir directement de l'UE. Mais ce que nous, nous allons faire, c'est qu'on va développer – notamment, il y a beaucoup de jeunes qui le souhaitent – une aide à l'installation à la terre de jeunes agriculteurs pour faire de l'agriculture biologique, de la permaculture... — Alors justement... — Ça, ça fait partie...

Je voudrais qu'à la fin du quinquennat, on soit passés de 400 000 à 600 000 agriculteurs. Et tout s'enchaîne, parce qu'il faut lutter contre la désertification médicale, il faut lutter contre la désertification rurale, il faut lutter contre la fin des commerces dans les petits villages. Moi, je veux qu'on applique la loi Royer.

Ça suffit qu'il y ait maintenant dans toutes les villes moyennes de France maintenant des banlieues à l'américaine. Et tous les villages de France sont en train de mourir parce que les commerces disparaissent. Moi, je veux que... — Mais ça, c'est pas l'Europe.

Ce sont les élus qui ont permis l'installation des grandes et moyennes surfaces. — Mais je n'ai pas dit...

Attendez, justement...

Attendez... — Ah bah j'espère. — Je n'ai pas dit que tout est de la faute de l'Europe. — Ah d'accord, d'accord.

Voilà. — Mais beaucoup de choses sont de la faute de l'Europe. — Là, c'est les élus locaux qui en ont... — Oui.

Eh ben moi, je veux qu'on fasse appliquer la loi Royer. Je veux que les commerçants des petits villages puissent continuer à être. Il faut éviter que la France devienne un désert avec seulement des grandes agglomérations où se développeront la criminalité et l'insécurité. — Vous mangez bio ? — Ah oui, ça m'arrive, oui. — C'est vrai ? — Pas systématiquement, mais ça m'arrive, oui, oui. — Parce que...

Alors en matière de santé aussi, parmi les mesures que vous proposez...

Il y en a plusieurs, mais vous dites qu'il faut mettre en place une grande politique publique de médecines douces et alternatives. — Sous...

Vous oubliez un morceau du truc. — Alors allez-y. — Vous oubliez : « Sous un contrôle d'une expertise profonde ». — Oui, oui. — Parce qu'effectivement, il y a beaucoup de Français qui trouvent que de temps en temps, l'ostéopathie, l'acupuncture sont des médecines qui mériteraient d'être développées.

Moi, je pense aussi que par exemple, des malades qui sont parfois en phase terminale et où la médecine allopathique a baissé les bras, eh ben je pense qu'on devrait pouvoir être un petit peu plus souple sur ces médecines. Mais je vais bien au-delà. Il y a beaucoup d'autres choses en matière de santé qu'il faut régler notamment le problème du salaire du personnel hospitalier, les fermetures d'hôpitaux locaux.

C'est parfois justifié... — Vous n'êtes pas pour la suppression de fonctionnaires. — Ah non !

Non ! Ça, certainement pas. On en a déjà supprimé suffisamment.

Je pense qu'il faut arrêter. D'ailleurs, vous savez, M. Fillon, M.

Macron, ils proposent tous de supprimer 120 000, 150 000, 500 000 fonctionnaires. Et puis après, ils font du clientélisme et du populisme. Ils vont voir les hôpitaux, ils disent : « Je vais créer 15 000 postes ».

Ils vont voir des policiers : « Je vais créer 12 000 postes ». Alors ils les suppriment où, leurs postes de fonctionnaire ? — Ah bah ils les suppriment... — Voilà.

En fait... — Parmi les fonctionnaires territoriaux, notamment, du style. — Non.

Eh bien moi, je ne veux pas (NDLR : diminuer) le nombre de fonctionnaires d'État. Je pense qu'on en a suffisamment supprimé comme ça. Mais moi, je fais des économies, beaucoup.

Les économies en sortant de l'UE. On n'a pas eu le temps d'en parler. Mais on a beaucoup d'économies à faire. — Et puis beaucoup de choses, et puis beaucoup de choses. — C'est vrai. — C'est vrai, quand même, M.

Asselineau. — C'est vrai. — Vous aimez la musique ? — Un peu. — Laquelle ? — J'aime bien la musique...

J'aime bien beaucoup de choses, mais j'aime bien la musique baroque. — Musique baroque. — Musique baroque, musique de Monteverdi, les premiers opéras, l'Orpheo, etc.

Puis j'aime bien aussi la musique donc de mon enfance, les trucs style Polnareff, style...

Voilà, style... — Bon... — Oui, style Johnny Hallyday.

C'est vrai que j'aime bien. C'était mon enfance. Un petit peu le disco.

C'est quand j'étais étudiant à HEC. Je me rappelle de soirées disco. Et puis maintenant, j'aime bien aussi la musique...

Il y a des trucs que j'aime bien. J'aime bien Kygo, par exemple. Vous connaissez Kygo ?

C'est un Norvégien qui fait de la musique – comme on dit – feel good. — Kygo...

Feel good... — Oui.

Et j'aime...

Voilà. — Vous êtes feel good ? — Un petit peu.

Vous savez, je suis pas anti-américain sur le principe. — Ah bon. — Je suis contre le fait que les États-Unis d'Amérique...

Mais peut-être que...

Mais ça serait pareil avec la Russie. Moi, je veux que la France soit ce qu'elle a toujours été dans son histoire : la France, c'est-à-dire étymologiquement le pays des hommes libres. Voilà.

C'est aussi simple que ça. — Bon, le lendemain du débat : « J'ai cru que j'étais Madonna ». C'est vrai ?

Parce que vous avez terminé comme ça. — Oui, parce que j'ai pris l'aéroport... — À Lille. — ...à Orly pour prendre un avion pour Toulouse.

Et il y avait la moitié des gens qui se retournaient vers moi, des gens qui voulaient être pris en photo avec moi. J'ai un excellent accueil sur le terrain. Et hier, à Lille, on a fait 1 500 personnes.

Il y a un certain nombre d'autres candidats – prétendument – qui peuvent aller se rhabiller. On a énormément de monde dans mes meetings, et une ferveur incroyable. Je vous assure que nous allons faire la surprise le soir du premier tour.

Vous allez le voir. — Merci François Asselineau d'être venu passer votre entretien d'embauche. Il est 9h26. — Merci Jean-Jacques Bourdin.