Elisabeth Borne et Gabriel Attal, duel au sommet pour Renaissance - Reportage #cdanslair du 25.10.24
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
du parti présidentiel. Entre G.Attal et E.Borne, chacun occupe le terrain dans son style. - D'ordinaire si discrète, au sourire pincé, la voilà partout: sur les plateaux télé, dans la presse.
E.Borne règle ses comptes en égratignant ses anciens collègues. - E.Borne: On a découvert que le déficit était beaucoup plus important que prévu.
Je pense qu'il y a eu des erreurs dans les modèles du ministère de l'Economie. Cette alerte a été donnée très tardivement. Ca n'a pas permis de dégager, de prendre des mesures de réduction des dépenses. - Pas vraiment solidaire de l'ancien gouvernement de G.Attal, son successeur.
E.Borne revient justement sur son expérience à Matignon dans un livre, notamment sur l'annonce de son éviction, en janvier dernier. ...
Voilà pour le passé. Et pour l'avenir? ...
Prête à prendre sa revanche, en allant décrocher la tête du mouvement présidentiel Renaissance, soutenue par des figures de la Macronie. - E.Borne: C'est essentiel qu'on se retrousse tous les manches, qu'on porte un projet collectivement. - Une pique de plus à son concurrent, pas encore officiellement candidat, G.Attal.
Deux anciens Premiers ministres, donc, mais une seule place. Il se verrait bien aussi à la tête du parti...
Il dirige déjà le groupe parlementaire depuis juillet. - G.Attal: Je connais la difficulté de la tâche qui est désormais la vôtre, monsieur le Premier ministre.
Je ne serai pas celui qui cherche à la compliquer davantage. - Depuis son départ de Matignon, le plus jeune Premier ministre de la Ve République capitalise sur sa popularité. G.Attal enchaîne les rencontres dans les fédérations.
Une campagne de terrain, soutenue par deux tiers des présidents de département Renaissance. ...
A l'Assemblée aussi, il peut compter sur ses soutiens. - P.Thevenot: G.Attal est le plus à même, dans le contexte actuel, de poursuivre ce qu'on a fait avec le président et qu'on doit continuer dans les années à venir. - Est-ce que le macronisme peut survivre à E.Macron? - Evidemment! - Le président dit se concentrer sur les rendez-vous internationaux.
Pourtant, en coulisses, il invitait encore hier des proches à déjeuner, selon ce journaliste du "Monde". - Le sujet a été abordé sur à peu près un quart des discussions du déjeuner. C'est ce qu'on m'a indiqué, dans un décompte assez précis!
Evidemment, il a plaidé de façon assez insistante et claire pour une unité au sein du parti, avec l'idée que l'un des candidats actuels se retire pour éviter un affrontement et de la division. - Alors, quel avenir pour un parti qui ne compterait plus que 8500 adhérents à jour de cotisation, contre les 450 000 sympathisants des débuts? Le ou la nouvelle secrétaire générale pourrait en tout cas bénéficier d'une place confortable pour préparer 2027. - M.Lauqué: On évoquait le déjeuner à l'Elysée avec les anciens Premiers ministres d'E.Macron depuis 2017.
Les invitations avaient été lancées 2 jours avant. - N.Saint-Cricq: Un peu plus.
C'était pour parler budget. On y retrouvait Darmanin. S.Séjourné, c'est un peu le président du parti.
E.Borne, B.Le Maire et évidemment, A.Kohler, qui est toujours là.
T.Cazenave aussi. Quand ils s'attendaient pour aller déjeuner, personne ne se parlait.
C'est ce qu'on m'a dit. Quand ils se sont assis à table, quand le chef de l'Etat est arrivé, ils n'étaient pas placés. Les gens ne se sont pas bousculés pour être à côté d'E.Macron.
Il s'est retrouvé entre A.Kohler et S.Séjourné.
Ce n'était pas une joyeuse kermesse. Il y a eu des moments assez secs, une ambiance assez glaciale. Ca s'est détendu par moment, avec 2 idées: parler du budget et deuxièmement, porter la bonne parole et ne pas laisser le gouvernement Barnier faire porter le chapeau à E.Macron. - M.Lauqué: Ca veut dire défendre le bilan? - N.Saint-Cricq: E.Macron n'avait pas intérêt...
Ils étaient avec un chef d'Etat en forme. On m'a même dit qu'il était aminci et affûté. Ca contrarie l'idée que ce serait une espèce de débandade totale là-bas.
Après, ils ont parlé du parti. G.Attal est à la fois président du groupe à l'Assemblée et souhaite être président, délégué général de Renaissance.
E.Borne n'a pas l'intention...
Il y avait déjà un dîner qui avait été organisé. C'est comme si on devait réconcilier des partenaires absolument opposés. J'ai cru comprendre que ça risquait de s'arranger, mais pas dans un ticket.
G.Attal ne calera pas. E.Borne ne sera pas réduite à la portion congrue.
Elle n'était pas donnée favorite du tout. Les gens qui élisent le délégué général, ce n'est pas tous les membres du parti comme ça peut se passer à certains endroits. C'est quelque chose que G.Attal a pas mal cultivé ces derniers mois.
E.Borne arrive en terrain loin d'être conquis. Il y a quand même quelqu'un à l'Elysée qui considère que son domaine réservé...
Il n'a pas l'intention de voir M.Barnier s'occuper de l'Europe. Ce n'est pas du tout une ambiance de maison de retraite. - C.Michel-Aguirre: Un petit sous-texte sur ce déjeuner.
Il s'est passé quelque chose d'important à l'Assemblée cette semaine. Ca a été la commission des finances. Elle a obtenu de se transformer en commission d'enquête parlementaire sur le sujet du budget.
D'après mes informations, ça pourrait se faire à partir de la mi-novembre. Ca va durer sur 6 mois. Pour vous donner une référence et vous dire à quel point ça peut être un souci pour E.Macron, la dernière fois qu'une commission a obtenu d'être transformée en commission d'enquête parlementaire, c'était pour l'affaire Benalla.
Ce que ne veut pas E.Macron, c'est que cette commission d'enquête où les parlementaires vont appeler tout le monde, tous les anciens Premiers ministres, tous les anciens ministres du Budget, les fonctionnaires du Trésor...
Tout le monde va y passer. Ils peuvent appeler A.Kohler.
E.Macron ne peut pas venir à cause de la séparation des pouvoirs, mais tout le monde va venir témoigner et expliquer s'il y a eu dissimulation ou insincérité. Tout ça sous serment.
Ca va être un grand déballage. Dans l'enquête que "Le Nouvel Observateur" a déjà faite, on voyait que l'une des lignes de défense de B.Le Maire, et ce sera probablement la même chez G.Attal, c'est de dire que dès février, ça avait gravement dérapé.
Gabriel Attal