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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 15 avril 2026 88 min

Bonjour chez vous ! du 15 avril 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat. Ravi de vous retrouver en ce mercredi pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions. Au sommaire de cette émission. Face à la hausse du prix de l'essence, le gouvernement envisage d'encadrer les marges des distributeurs de carburant. Est-ce suffisant ? On posera la question dans 30 minutes à Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise. Faut-il autoriser les commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le 1er mai ?

Sébastien Lecornu a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur cette réforme polémique. On en débattra dans une heure avec la sénatrice Les Républicains Frédéric Puissa, le sénateur socialiste Bernard Jaumier et Stéphane Zumstek de l'Institut Ipsos. Et puis comment diminuer les inégalités entre nos Outre-mer et la métropole ? Le Sénat mène une commission d'enquête sur ce sujet. Et pour en parler, nous accueillons aujourd'hui le sénateur socialiste de Guadeloupe, Victorin Lurel. Et puis on ira également en Bretagne pour parler de notre patrimoine en danger. Le château de Combourg, en Ile-et-Vilaine, est touché par la Mérule, un champignon dévastateur.

Et il fait un appel au don pour pouvoir réaliser le traitement. Allez, on est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. – Et on commence comme chaque jour par les repères de l'actualité. Bonjour Yohan Delera. – Bonjour Alexandre. À la une de ce mercredi 15 avril, le Moyen-Orient et les discussions de paix entamées entre Israël et le Liban. – Oui, les deux États ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'instaurer une paix durable. Une décision prise à l'issue de discussions jugées productives hier à Washington, les premières du genre entre Israël et le Liban depuis 1993.

L'État hébreu a déjà annoncé qu'il refuserait toute participation de la France à ces négociations de paix. Et puis sur le front iranien, Donald Trump a évoqué une possible reprise des discussions avec Téhéran cette semaine au Pakistan. Le week-end dernier, les premiers pour parler avec le vice-président américain Jay Devens avaient échoué. – Face à la hausse du prix de l'essence, le gouvernement envisage d'encadrer les marges des distributeurs de carburant. – Effectivement, l'exécutif a rédigé un projet de décret visant à éviter les effets d'aubaine avec la hausse des prix à la pompe.

Concrètement, le texte pourrait instaurer un contrôle renforcé des prix à partir d'un seuil de 1,71€ le litre. Le texte doit maintenant être soumis devant le Conseil d'État et le Conseil national de la consommation. Mais quel que soit leur avis, pour le moment, la décision d'encadrer les marges des distributeurs n'est pas encore tranchée par Matignon. – Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également décidé d'interrompre le débat parlementaire sur la proposition de loi qui prévoyait d'autoriser certains commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Et hier, il s'est justifié devant les députés.

– Oui, le Premier ministre qui a décidé donc de ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait statuer sur cette proposition de loi sénatoriale. Vous l'avez dit, elle visait à élargir sous certaines conditions le travail le 1er mai, un recul salué par la gauche et les syndicats. À l'inverse, la droite est en colère. Les explications de Clément Guillaumeau. – Ce ne sera pas pour cette année. Face à la levée de boucliers des syndicats, Sébastien Lecornu a préféré ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait permettre le travail le 1er mai pour certaines filières.

– Ce n'est pas un syndicat qui a pris la plume dimanche en voyant que nous allions tout droit vers une commission mixte paritaire qui allait rouvrir des filières entières, dont des boulangeries industrielles, des FNAC, un renvoi par décret, sans le moindre débat. À gauche, la décision du Premier ministre était attendue et a été largement applaudie depuis hier. – Ils piétinaient le dialogue social puisque jamais les syndicats n'avaient été consultés sur le sujet. Et en plus, ils piétinaient le Parlement puisqu'on était interdits de débattre de cette proposition de loi par les manœuvres de Gabriel Attal. – Je salue la sagesse du Premier ministre.

– Pour la droite en revanche, largement en faveur du texte, la colère est grande face à ce recul gouvernemental. – Il y a une France qui veut travailler, il y a une France qui a vraiment l'impression qu'on l'empêche de travailler. Donc aujourd'hui, je pense que ce qui se passe va bien au-delà du 1er mai. C'est finalement sans doute un affaiblissement, peut-être de la confiance qui pouvait être apportée par certains au Premier ministre. – Un avis partagé par les centristes du Sénat à l'origine de cette proposition de loi. Le président du groupe Union centriste se dit même inquiet pour la fin du quinquennat.

– Ça pose un problème au-delà du 1er mai, c'est qu'est-ce que le Parlement va pouvoir faire et le gouvernement pendant un an. Si chaque fois qu'il y a quelque chose de désagréable aux yeux de la gauche et des syndicats, ça va devenir compliqué. – Le gouvernement a choisi de laisser le temps au dialogue social. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, doit recevoir dès ce matin les fédérations des fleuristes et boulangers artisanaux dans l'espoir d'aboutir à une loi dans l'année, en vue du 1er mai 2027. – Et à l'Assemblée nationale toujours, les députés ont enterré définitivement les zones à faible émission.

– Oui, les députés qui ont rejeté hier un compromis du gouvernement qui auraient laissé aux collectivités locales le choix de maintenir ou de supprimer les zones à faibles émissions. L'Assemblée nationale a par ailleurs adopté la loi de simplification économique. Elle inclut l'imbrogation pure et simple des ZFE. En réaction, le gouvernement parle d'un amendement abusif. Il a décidé de saisir le Conseil constitutionnel. Et puis de son côté, le CEDA a adopté hier le projet de réforme de la justice criminelle porté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Objectif, accélérer le temps de la justice.

Mais le texte est très contesté car il prévoit notamment l'introduction du plaidé coupable pour les affaires criminelles. Une hérésie pour la gauche et les avocats qui craignent un recul des droits des victimes et de la défense. Le projet de loi qui doit maintenant passer devant l'Assemblée nationale. – Et puis on finit le journal par du football et la victoire du PSG en Coupe d'Europe. – Oui, une bonne nouvelle, les champions d'Europe en titre qui ont éliminé hier Liverpool en quart de finale de la Ligue des champions. Une victoire 2-0 dans le nord de l'Angleterre grâce au doublé de son ballon d'or, Ousmane Dembélé. Les Parisiens qui s'étaient déjà imposés sur le même score au match allé.

En demi-finale, ils joueront soit le Real Madrid, soit le Bayern Munich qui s'affronte ce soir. – Merci beaucoup Johan, on vous retrouve dans quelques instants pour parler des inégalités en Outre-mer et on accueille sur ce plateau Victorin Lurel. Bonjour. – Bonjour. Vous êtes sénateur socialiste de Guadeloupe, ancien ministre des Outre-mer sous François Hollande. On va commencer comme chaque jour en sélectionnant trois titres de la presse régionale que nous allons regarder ensemble. D'abord, la une de la dépêche du midi sur le détroit d'Ormuz, fermée à double tour.

Ensuite, la une du journal Ouest France, consacrée finalement à ce que veulent les jeunes face à nos responsables politiques sur le travail, sur la santé, sur le logement. Et puis, troisième une, à sélectionner aujourd'hui la une de Presse-Océan sur l'esclavage. La ville de Nantes face à son passé. Pierre Guillon de Princes, descendant d'esclavagistes et dieudonnés Boutrin, dont les ancêtres ont été réduits en esclavage, vont inaugurer le Mât de la Fraternité, donc un monument sur la mémoire de l'esclavagisme. Victorin Lurel, quelle une choisissez-vous ?

7:21
Victorin Lurel

– Le détroit d'Ormuz.

7:22
Présentateur

– Le détroit d'Ormuz, fermé à double tour.

7:24
Victorin Lurel

– Oui, à double tour. Bon, je choisis ce sujet-là parce que depuis de longs mois, je regarde, j'analyse, je me documente, si j'ose dire, sur la guerre entre l'Iran, les États-Unis et l'Israël. Il y a une solution, une solution que personne n'évoque, sur aucun plateau de télévision, pas dans les chancelleries et pas sur la table des négociations, qui est la dénucléarisation du Moyen-Orient. Si on veut dire, et je comprends ça et j'approche ça, que l'Iran ne doit pas posséder la bombe atomique, il faut l'imposer à tous. Or, tout le monde sait depuis longtemps qu'à Dimona, dans le Négev, il y a la bombe nucléaire, peut-être entre 100 et 300 têtes nucléaires possédées par Israël.

Pourquoi cette question-là est taboue et gêne un peu les interlocuteurs ? Pourquoi, si on veut une paix durable, permanente, retrouver la fraternité entre tous les enfants d'Abraham, parce qu'ils sont tous descendants d'Abraham, de dire, comme l'a fait l'Afrique du Sud dans son temps, qu'ils ont démantelé leur puissance nucléaire pour garder le nucléaire civil, l'Iran, vous n'aurez jamais la bombe, mais Israël, vous devrez démanteler votre arsenal nucléaire. Pour vous, c'est la solution ? C'est la solution pour une paix durable. Comment voulez-vous que, chaque fois qu'un pays a fait la bombe, les États-Unis l'ont fait, eh bien, Staline a eu sa bombe.

L'Inde l'a fait, eh bien, le Pakistan l'a eu. La Chine l'a fait, eh bien, la Corée du Nord l'a fait. Et chaque fois que quelqu'un, au moins néoillant, sachant qu'Israël possède cette puissance nucléaire, avec des ogives, avec des vecteurs, qui sont des missiles jérichaux et des avions, disons, nucléaires, donc des vecteurs appropriés, pourquoi, chaque fois que les pays avoisinant, sachant cela, que la prolifération va prospérer, eh bien, Israël a bombardé. En 81, c'était en Irak. Ça a été après en Syrie, ça a été après en Libye. Demain matin, la Turquie dit « je veux faire la bombe ». L'Arabie saoudite dit « je veux faire la bombe ».

Si on veut une paix durable entre ses frères et soeurs, ses cousins-là, il faut dénucléariser avec un contrôle international. Il faudrait qu'au préalable, tous les pays arabes reconnaissent Israël et qu'Israël en fasse de même. Il y avait un processus qui avait été engagé. Aujourd'hui, non, on fait jouer le piège de Thucydide, le fort qui décide d'empêcher qu'un pays émergeant le concurrence. Et donc, on déclare la guerre. C'est ça qui se passe aujourd'hui. Dire ça, vous allez passer pour antisémites. C'est pourtant une vérité simple que l'Occident, les États-Unis, la Russie, toutes les puissances nucléaires… Je rappelle et je finis, l'Iran a signé le traité de non-prolifération nucléaire.

Il a signé les inspections de l'AIE à l'Agence internationale sur l'énergie atomique. Israël ne l'a pas signé. On sait que depuis la fin des années 60, il possède cette arme-là. Pourquoi ? Israël ne viole pas le droit international parce qu'il ne l'a pas signé. En revanche, l'Iran…

10:35
Présentateur

Donc Israël a une responsabilité dans la montée des tensions dans cette région.

10:37
Victorin Lurel

Il y a une responsabilité parce que lorsque vous voulez pérenniser une hégémonie, donc une asymétrie entre des pays, vous êtes le pays dominant et donc vous faites jouer la théorie du piège de Thucydide. J'attaque le plus faible. C'est la dissuasion du fort au faible. Le faible ne doit pas progresser. Je dois garder mon hégémonie. Pourquoi ce n'est pas sur la table des négociations ? Je suis sûr qu'avec ça, les gens vivraient en paix et en fraternité.

11:05
Présentateur

Sur le détroit d'Hormuz, il y a un pluriel qui est fermé à double tour, qui est bloqué par les Iraniens. Les ports iraniens font l'objet d'un blocus de la part des Américains. Emmanuel Macron va organiser vendredi une conférence pour une mission internationale de sécurisation du détroit d'Hormuz une fois qu'il sera réouvert avec la possibilité de sécuriser le trafic maritime. Vous êtes favorable à cette mission ?

11:28
Victorin Lurel

Est-ce qu'il faut envoyer des frégates françaises pour sécuriser ce détroit en sable ? C'est une bonne initiative, mais il y a une condition préalable. Lorsque la paix sera restaurée, là on viendra accompagner les navires. C'est une diplomatie verbale, il fallait la faire. Mais ce qu'il faut faire, en tout cas, en termes d'équilibre et de justice, c'est ce que fait l'Espagne. L'Espagne est l'honneur de l'Europe. De dire, moi j'ai des choses graves, je prends des décisions. Il vient de décider, je crois, hier ou avant-hier, que la convention de coopération avec Israël va être peut-être abrogée ou terminée ou suspendue. L'Europe est incapable de faire ça. Il vient de fermer son espace aérien.

C'est courageux. Il faut que tous se mettent autour d'une table avec cette idée simple, pas de nucléarisation, chacun se respecte, on retrouve la fraternité dans le respect de chacun. La Palestine a son État, Israël doit vivre en sécurité reconnue par tous et travailler ensemble. Je dis, moi, cette famille-là, ils sont tous, j'allais dire, descendants d'Abraham. C'est abrahamique, tout ça. Voilà, donc je dis, ayons le courage de l'évoquer.

12:46
Présentateur

Alors, cette guerre au Moyen-Orient provoque la hausse des prix de l'essence en France, en métropole, mais également dans les Outre-mer. Les habitants de Guadeloupe font face, depuis plusieurs semaines, à une envolée des prix à la pompe. Et on va écouter les explications de Clément Pravas, journaliste à Guadeloupe La Première, depuis Bemao. Chercher la station-service la moins chère, c'est un réflexe qui n'existe pas ici en Guadeloupe, puisque le carburant est vendu au même prix partout. Ce prix, il est fixé par arrêté tous les mois par le préfet de la région Guadeloupe. Alors, en théorie, c'est un prix maximum, mais dans les faits, personne ne vend ce carburant plus bas.

Alors, derrière ce prix, il y a un calcul assez complexe pour garantir notamment une rentabilité à l'unique société qui raffine du pétrole, ou encore pour garantir le salaire des pompistes. Car oui, en Guadeloupe, nous avons encore des pompistes pour mettre de l'essence dans nos voitures, mais surtout pour garantir des emplois. Notez également que l'État ne perçoit pas de TVA ou pas de taxes sur la consommation de produits pétroliers, puisque ces taxes ont été remplacées par des taxes locales. Monsieur Lurel, vous avez récemment fait une proposition pour réformer ce système afin de faire baisser les prix. Alors concrètement, que faut-il garder ? Que faut-il au contraire supprimer ?

Et est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, en Guadeloupe, avoir une station-service, c'est avoir un peu une poule aux œufs d'or ?

14:13
Victorin Lurel

C'est au peu le cas, parce que c'est l'une des marges les plus élevées du monde. Les marges des distributeurs dans les Outre-mer ont été préservées, à condition de garder 1000 emplois chez moi en Guadeloupe, autant en Martinique, à La Réunion et en Guyane. Ça ne se fait plus. C'est vrai que vous voyez déjà les pompes automatiques qui apparaissent. Le soir, c'est vrai, avec une carte bancaire, vous pouvez faire votre plein. On peut comprendre ça. Mais il y a des marges.

Premièrement, moi j'avais, avec d'autres prix, un décret et trois arrêtés de méthode, dans les trois océans, Indien, Pacifique et Atlantique-Caraïbe, de dire que la Sarah, petite raffinerie alimentant Guyane-Martinique-Guadeloupe, c'est 9%. On s'est trompé. C'était à l'époque 15%. On est descendu à 9%. Mais c'est énorme en filière industrielle. 9% de marge. Lorsque vous avez 9% en filière industrielle, c'est très lourd. Même quand vous placez votre épargne à la caisse d'épargne ou ailleurs, ou à la Poste ou dans les autres banques, c'est très peu de choses. C'est beaucoup. Il faut revoir ça. Deuxièmement, il y a un triple monopole pour la Sarah.

C'est l'importation, c'est le stockage et c'est le raffinage. Il faut revoir ces choses-là. Ensuite, vous avez des choses. On donne 4,7 dollars par baril de pétrole venant de la mer du Nord, donc le Brent, sans justificatif. Moi, j'avais réduit à 3,65 dollars. Je voulais même supprimer. À l'époque, j'ai perdu l'arbitrage. Eh bien, le gouvernement, les gouvernements l'ont mis à 4,7 dollars par baril payé par le consommateur. Sans justificatif. Ensuite, vous avez des indemnités. Il faut baisser au moins ce type de prélèvement qui augmente la marge de la Sarah, qui a une marge garantie de 9%, au moins 23 millions d'euros. C'est aujourd'hui, c'est à revoir.

Ensuite, vous avez une indemnité de précarité des gérants. Ça existe dans l'Hexagone. Ce sont les compagnies pétrolières qui, sur leur marge, par convention interprofessionnelle pétrolière, payent à leurs locataires gérants. Ils ne sont pas toujours propriétaires des murs des stations. Il y en a. Mais c'est souvent les compagnies, comme Total, qui possèdent 3,300 ici en Hexagone et la plupart des stations là-bas. Non, il décide qu'on va donner une indemnité de précarité aux gérants, qui ne sont pas propriétaires, qui sont des gérants. C'est une concussion.

C'est un préfet qui décide de remplacer le Parlement, qui a le monopole sur les impositions de toute nature et qui décide de prélever quelques centimes. C'est le consommateur qui paye. On dit, ne le supprimez pas, mais payez-le sur vos marges. Ensuite, vous avez un certain nombre de choses, par exemple, sur les cubes. Si on veut ouvrir la concurrence, et vous avez entendu le journaliste dire, il n'y a pas de concurrence chez nous, le préfet fixe un prix plafond, tout le monde pratique le prix plafond. Donc, il y a une cartélisation qui se fait et il n'y a pas une concurrence, c'est un jeu de la concurrence. La DLC et la commission de régulation de l'énergie devraient le contrôler.

17:22
Présentateur

Une réaction sur le gouvernement qui envisage d'encadrer les marges des distributeurs. Alors là, au niveau national, dans cette crise de la hausse du prix de l'essence, est-ce que ça va assez loin ? Est-ce que c'est suffisant ?

17:33
Victorin Lurel

Non, ça ne va pas assez loin. C'est une bonne initiative, mais ça ne va pas assez loin. Je prends un cas précis. Il y a des produits d'appel dans les grandes surfaces ici. La marge est très faible dans le commerce de grandes distributions. Ce sont des produits d'appel.

17:44
Présentateur

Sur l'essence, au niveau national, la marge n'est pas énorme. On parle de 1 à 2%.

17:48
Victorin Lurel

Oui, ce n'est pas énorme. Ce n'est pas forcément là qu'on va avoir quelques grains à moune pour le pouvoir d'achat. Il faut le faire, mais ça n'ira pas loin. D'autant plus qu'il y a un seuil minimum, c'est 1,71 que vous avez évoqué. Et c'est à partir de ce 1,71 qu'il y aura une sorte d'index de progression avec peut-être un plafonnement. C'est bureaucratique et inapplicable. Je pense que ça n'ira pas très loin. Il faut soit baisser les prix, certains le font, l'Espagne le fait, l'Italie le fait, soit baisser les taxes. Mais ça, il faut être prudent sur ça parce que c'est le consommateur qui finira par payer. C'est notamment les classes populaires. Il faut voir.

En tout cas, il y a des super profits. Moi, dans ma petite raffinerie là-bas, c'est déjà considérable. Et si les prix sont légèrement inférieurs à ce qui se fait en hexagone, c'est parce que les taxes locales sont vertueuses. Elles sont très faibles. Et depuis 2004, on n'a pas augmenté les taxes en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion. Ce qui fait que, quand on prend une moyenne ici, là-bas, quand on est ici à 2,2,10, on est à 1,96, 1,97 sur le gazole et 1,87 sur le super. Donc, ce qui existe là-bas, c'est peut-être précurseur.

Il faut encadrer les marques, il faut taxer les super profits, il faut demander aux gens dans la chaîne de valeurs et les plus-values qu'ils font, avec un enrichissement presque sans cause, il faut que l'État donne sa part et que les compagnies fassent des efforts. On me dit que Total en a fait sur ces stations, mais ça ne va pas très loin non plus. Mais c'est déjà ça.

19:19
Présentateur

– Victor Allurel, on continue à parler des Outre-mer, notamment des inégalités dans les territoires ultramarins. Avec vous, Johan Delera, on en parle, puisque Manuel Valls, l'ancien ministre des Outre-mer, est auditionnée cet après-midi par la commission d'enquête du Sénat sur le sujet. Et elle s'intéresse aux inégalités systémiques dans ces territoires ultramarins. – Oui, et ces inégalités, elles sont criantes avec la France métropolitaine sur le niveau de vie, par exemple. En 2024, le PIB par habitant dans l'Hexagone était d'environ 39 000 euros, nettement plus que dans les départements d'Outre-mer. 11 600 euros à Mayotte, c'est le plus bas.

Un peu plus de 23 000 euros en Guadeloupe, votre département, monsieur le sénateur. Et le maximum, c'est 26 000 euros seulement en Martinique. Sur la question de l'emploi au dernier trimestre 2025, le taux de chômage en métropole était de 7,9 % contre 12,5 % en Martinique, 17,2 % en Guadeloupe et jusqu'à 29 % à Mayotte. Résultat, le taux de pauvreté va de 26 à 77 % selon les départements ultramarins, contre 14,9 % pour l'ensemble de la France. Les inégalités qui concernent aussi l'accès aux services publics essentiels, que ce soit la santé, l'éducation, la sécurité, le logement ou encore l'eau potable et l'assainissement, tous les indicateurs montrent le retard immense en Outre-mer.

Des inégalités aggravées par l'écart de prix avec l'Hexagone. Effectivement, des prix beaucoup plus élevés dans les territoires ultramarins, 30 à 42 % plus cher en ce qui concerne les produits alimentaires. Et ça, c'est la faute notamment de l'octroi de mer. Il s'agit d'une taxe sur les produits importés en Outre-mer. Le point positif, c'est qu'elle sert à générer des revenus pour les collectivités locales. Mais le point négatif, évidemment, c'est qu'elle fait gonfler les prix dans les rayons. Alors certains réclament sa suppression ou au moins sa réforme. Écoutez Sophie Broca, ancienne directrice générale des Outre-mer.

21:08
Invité

Cet octroi de mer qui se justifie évidemment chaque fois qu'il y a une production locale devient un outil pervers qui pèse sur le citoyen, qui pèse sur le panier de la ménagère. Je pense qu'il faut vraiment qu'on s'attaque à ce sujet.

21:31
Présentateur

Et ce problème de la vie chère en Outre-mer, le gouvernement a décidé de s'y attaquer. Oui, avec un projet de loi contre la vie chère dans les Outre-mer, il vise notamment à réduire l'écart de prix entre les produits vendus dans les territoires ultramarins et ceux commercialisés dans l'Hexagone. L'État pourrait notamment encadrer les prix sur les produits de première nécessité. Le texte a été adopté fin octobre au Sénat. Il doit maintenant passer devant l'Assemblée nationale. Mais pour réduire vraiment les inégalités, il faudrait que l'État aille plus loin avec des réformes économiques majeures en Outre-mer. Écoutez les propositions d'Yvan Odonna.

Le président de l'IEDOM, la banque centrale des départements d'Outre-mer. Améliorer la concurrence, réduire les rigidités structurelles, renforcer l'accompagnement des entreprises, améliorer le ciblage des investissements sur les projets les plus porteurs, ce sont à mon sens les priorités. Monsieur le sénateur, vous y croyez des réformes économiques aussi importantes ? Et si oui, comment on les met en œuvre ?

22:30
Victorin Lurel

Moi j'ai essayé, j'ai fait une loi à égalité réelle sur 20 ans, période de rattrapage, je pense que la commission d'enquête arrivera nécessairement à ça. Vous avez bien présenté les différents écarts, les retards. Une période de rattrapage, même si le mot est devenu péjoratif, 20 ans, deux plans de convergence. Un plan de convergence, c'est 10 ans. Un contrat, c'est 5 ans après les élections, les alternances, il faut pouvoir amaudir, modifier. Bon, Macron n'a pas appliqué ça. Il n'a pas voulu. On a appelé ça des contrats de convergence et de transformation. C'est pourtant un instrument de planification et de programmation utile. Ça, c'est une première chose.

Après 20 ans, vous êtes dans l'égalité et vous devez participer à l'effort commun national. Ça, c'est clair. Je ne partage pas tout à fait l'avis que vous avez évoqué, et la directrice, l'ancienne directrice de la DGÉ, sur l'auctroi de mer, seul facteur d'inflation. Ce n'est pas vrai. J'ai lu presque toutes les études et j'ai eu des problèmes de méthode avec eux. Oui, il y a cette part comme tout impôt. Il y a aussi la TVA sur les produits de première nécessité et sur les autres produits. En revanche, il y a des marges qui sont exorbitantes. Il y a de l'opacité. Il y a une absence de concurrence. On en revient aux marges. Voilà, on en revient aux marges.

Et là, on a tout un arsenal de moyens. Le texte VAL, c'était déjà une bonne approche, mais c'était insuffisant. Le texte qui est sorti du Sénat, c'est insuffisant. Moi-même, j'ai fait une BPL Vichère qui a été ici adoptée à l'unanimité. J'attends ça en avait à l'Assemblée nationale. C'est tout l'objet de nos discussions en groupe de sénateurs socialistes et de députés socialistes. Je vais voir Maurice VAL au demain ou après-demain pour voir comment faire tout ça sur certains sujets. Sur le funéraire, c'est un vrai sujet national.

Et toute la nation, y compris donc les Outre-mer, sur la démerchandisation de ce secteur, avec plus de concurrence dans ce secteur, éviter les concentrations abusives. C'est tout notre problème. La chaîne de valeur est opaque. Alors moi, je ne l'accuse pas de telle ou telle entreprise. Mais l'État ne se donne plus les moyens d'être un peu dans la régulation. On ne demande pas l'encadrement ni les prix administrés. Depuis 1986, depuis Baladio, c'est terminé. C'est la concurrence qui fait les prix, normalement. Il devrait faire baisser les prix. Mais c'est une illusion s'il n'y a pas une volonté politique. Et aujourd'hui, j'estime qu'il n'y a pas une volonté politique affirmée pour le faire.

La conclusion de nos travaux en commission d'enquête, je pense, devra déboucher sur une période pour résorber ces déficits. Après, savez-vous que les écarts de patrimoine, les écarts de revenus entre les plus riches au 9e décile et le 1er décile, donc les 10% les plus faibles, c'est plus élevé que dans l'hexagone. Mais en même temps, les revenus sont plus faibles. La santé, il y a des déficits considérables. Une offre de soin qui n'est pas suffisamment encore de qualité et de niveau. Il faut donc cette période de rattrapage, même si certains récursants disent, on court derrière un modèle qu'on nous impose. Non, moi j'ai fait un texte que l'égalité est un impératif.

C'est dans la devise de la République, ça n'existe pas là-bas. C'est pourquoi j'ai appelé ce texte à l'époque « Égalité réelle ». Après, bien sûr, chacun devra contribuer en fonction de ses facultés et de ses capacités.

25:48
Présentateur

– Mais ce qui ressort pour l'instant des travaux de la commission d'enquête, c'est que l'État se contente de réagir à des crises plutôt que d'agir vraiment sur le long terme. Vous partagez ce sentiment ?

25:57
Victorin Lurel

– Il n'y a pas d'effort structurel, c'est pourquoi la commission s'appelle d'ailleurs « systémique ». Ce mot-là aussi est souvent récusé, mais c'est vrai, c'est un système qui se pérennise, qui s'auto-reproduit. Il y a les séquelles du colonialisme et du post-colonialisme dans l'affaire. Ce qu'on appelle en économie les préférences de structure, eh bien le foncier possédé par une classe, d'autres disent une ethnoclasse, ça n'a pas fait circuler le foncier.

Je fais un texte sur le foncier, sur les désordres de propriété dans les Outre-mer qui complètent la loi dite « letchimie » et qui complètent, si j'ose dire, et qui va de pair avec ce que le ministre Darmanet qui m'a reçu avant-hier pour dire « on va, pour sortir des difficultés de liquidation des successions, on va faire un duo entre le notaire et le juge, tout en respectant le droit de propriété pour aller beaucoup plus vite et sortir ». Ensuite, nous on demande quelques exonérations, comme encore, c'est à Mayotte, parce que pourquoi ?

Aujourd'hui, il y a des successions qui durent 100 ans, qui durent 140 ans, eh bien là, on va supprimer ça, l'État ne paie rien du tout parce qu'aujourd'hui, l'État n'encaisse pas de dire « jusqu'en 2038, pendant 10 ans, on fait ça, on accélère les procédures et on donne les titres de propriété ». Se faire circuler le foncier, tout en gardant une certaine identité sur ça, elle me permet de réactiver l'économie.

27:11
Présentateur

– Victor Allurel, vous êtes à l'origine de nombreuses initiatives parlementaires, propositions de loi, et je voudrais qu'on parle d'une proposition de loi qui prévoit de supprimer le mot « race » dans la Constitution, qui est toujours présent à l'article 1er de ce texte fondamental de la Vème République. Comment expliquer que ce mot soit encore présent ?

27:28
Victorin Lurel

– Alors, oui, je m'en étonne, parce que ce n'est pas un concept scientifique, la science a bien dit que c'est un concept qui, à la limite, peut s'appliquer à la zootechnie, donc aux animaux, il y a des races de chiens ou de chevaux, etc., mais pas pour la famille humaine. Alors, le problème, c'est que supprimer le mot « race » ne supprime pas le racisme. Alors, on a fait un texte, et c'est la troisième fois que je fais ça, j'ai été député pendant un temps, on a fait ça plusieurs fois avec les communistes et d'autres personnes. Il y a cette réticence ici. Quand vous abordez le sujet, il y a un impensé ici, en hexagone.

27:58
Présentateur

– Il n'y a pas de consensus sur la suppression de ce mot dans la Constitution ?

28:00
Victorin Lurel

– De plus en plus, avec la résurgence du racisme, avec le vote de l'ONU récemment sur le plus grave crime contre l'humanité, il y a là un écosystème qui est né, peut-être qu'il y a une fenêtre qui s'ouvre pour dire, nous devons assumer toutes les promesses de la République, l'égalité, la fraternité, la dignité, tout ce qu'on veut, et de dire, c'est notre histoire, c'est toute notre histoire, on doit l'assumer. Qu'est-ce que la droite me dit ? Ah ben, Théorin, tu cherches à nous faire sombrer dans la revendance, à venir à résipissance, c'est parce qu'on demande simplement à reconnaître ça.

– Voilà, donc j'ai un double, un duo de textes, si j'ose dire, c'est premièrement sur abroger le code noir, abroger le texte de Napoléon rétablissant l'esclavage. Pourquoi en France ?

28:44
Présentateur

– Abroger finalement les derniers textes esclavagistes qui sont encore dans le corpus juridique français.

28:48
Victorin Lurel

– C'est vivant dans le corpus juridique français. Autant les historiens et les juristes ont dit, mais ça équivaut à une abolition, le 27 avril 1848, Schellcher, grand sénateur et légiste, a fait publier ça. Bon, mais c'était plutôt en l'honneur des abolitionnistes, c'est pourquoi maintenant il y a des fêtes pour les victimes de l'esclavage. Les Africains réduits en esclavage. On ne dit plus tellement d'ailleurs des esclaves, on dit non, des Africains réduits en esclavage, des esclavisés ou des esclavagisés. Bon, c'est une différence sémantique, mais qui a toute son importance symbolique. Donc tout ça, on doit… – Et comment le gouvernement reçoit ces textes ? – Ah ben très bien, apparemment.

29:25
Présentateur

– Il y a un calendrier qui est possible pour ces textes ?

29:26
Victorin Lurel

– Très bien, puisque la question avait été posée, M. Bayou à l'époque avait dit, « C'est ça, il faut abroger ». J'ai vu plusieurs ministres, le président de la République apparemment est d'accord, le Cornu est d'accord, Darmanin m'a dit « On est d'accord ». J'ai vu Mme Moutchou hier, j'espère pouvoir voir M. Nouniès pour d'autres sujets qui relèvent de son ministère, en disant « Oui, nous devons avoir le courage de le faire ». Alors évidemment, il y a un sujet qui… – Mais quelqu'un a envoyé ? – Alors c'est tout le sujet, parce que bon, le mot « race », donc on va probablement faire ça au Parlement, mais après le Congrès à Versailles, c'est autre chose.

Mais le Côte-de-Noire, on peut le faire. Ici, il y avait au Sénat, il y avait des lois balais qui consistaient à supprimer tous les textes obsolètes, mais qui restent vivants. On ne le fait plus ici, c'était une occasion de le faire. Aujourd'hui, ils m'ont dit, le gouvernement dit « Nous sommes allants, vous avez une initiative parlementaire, trouver le consensus pour que nous votions ça tous ensemble ».

30:19
Présentateur

– Et on suivra l'examen parlementaire – J'espère bien, oui. – À ces propositions de loi.

30:23
Victorin Lurel

– Sur le Côte-de-Noire et sur le mot « race ». Alors évidemment, on l'avait déjà voté à l'Assemblée nationale en mettant toute différence sexuelle de croyance, etc. Donc on va peut-être récupérer tout ça.

30:33
Présentateur

– Merci beaucoup, Victorin Lurel, d'avoir été… – Et le désordre foncier autre-mer. – Beaucoup d'initiatives de notre part. – On les suivra. – Merci, Victorin Lurel, d'avoir été le sénateur du Vos dans cette émission. Merci, Johan. On se retrouve dans 20 minutes pour la Revue de Presse et on parlera d'Edouard Philippe. – Oui, effectivement, qui après sa réélection au Havre reprend sa campagne présidentielle. Il est en déplacement aujourd'hui et demain en Bretagne. – Allez, tout de suite, passe à l'entretien. C'est Manuel Bompard qui nous rejoint. De notre entretien, aujourd'hui, nous recevons Manuel Bompard. Bonjour. – Bonjour.

– Vous êtes coordinateur de la France Insoumise, députée des Bouches-du-Rhône. Nous sommes ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale qui est représentée aujourd'hui par Christelle Bertrand, journaliste politique pour le groupe La Dépêche. Bonjour Christelle.

31:32
Manuel Bompard

– Bonjour Alexandre, bonjour Manuel Bompard.

31:33
Présentateur

– Manuel Bompard, on commence par la situation au Moyen-Orient avec le début de négociations de paix à Washington entre Israël et le Liban. Des discussions qui avancent selon les deux parties. Est-ce que c'est une occasion historique pour désarmer le Hezbollah au Liban ? – D'abord, c'est une nécessité de mettre un terme aux massacres qui ont lieu aujourd'hui au Liban. Je sais que le prisme du traitement du sujet, y compris dans les médias français, se focalise sur le Hezbollah. Mais je vous rappelle que pour l'instant, vous avez chaque jour des dizaines ou des centaines de morts au Liban et ils ne meurent pas sous les bombes du Hezbollah. Ils meurent sous les bombes de l'armée israélienne.

Et donc la première étape, c'est d'obtenir un cessez-le-feu et l'arrêt des bombardements israéliens sur le Liban qui doit être le plus rapidement possible sur la table. Et ça doit être le premier objectif. Et pour ça, il est indispensable que la France utilise les leviers qui sont à sa disposition pour faire pression sur le gouvernement israélien. Et je regrette que la France, pour l'instant, ne fasse absolument rien sur ce sujet. Je vous donne un exemple. Nous avons lancé avec nos partenaires européens une pétition européenne pour suspendre l'accord de coopération économique entre l'Union européenne et Israël. Ce qu'on appelle une initiative citoyenne européenne.

Elle a atteint lundi plus d'un million de signatures partout en Europe. Le gouvernement espagnol dit qu'il faut suspendre cet accord de coopération entre l'Union européenne et Israël. Pour l'instant, la France ne s'engage pas sur cette voie. Voilà très concrètement ce qu'on pourrait faire pour obtenir…

33:02
Invité

Mais Israël refuse que la France participe aux négociations.

33:05
Présentateur

C'est précisément la raison pour laquelle il faut utiliser des outils du rapport de force. Peut-être arrêter à un moment, de demander gentiment, d'espérer, de croire. Alors que manifestement, vous avez un gouvernement, celui de M. Netanyahou, qui n'en a rien à faire. Et qui continue, après avoir massacré à Gaza, qui poursuit la colonisation en Cisjordanie, et qui maintenant a pour projet, non seulement bombarde, mais en plus d'annexer une partie du territoire libanais. C'est absolument inacceptable. Est-ce qu'il faut utiliser ces discussions entre Israël et le Liban pour, un, avoir le cessez-le-feu, vous l'avez dit, mais aussi désarmer le Hezbollah ?

Mais il faut utiliser ces négociations pour produire un chemin qui est un chemin de paix. Il y a des résolutions des Nations Unies qui prévoyaient le fait que ce soit à l'armée libanaise d'assurer la défense du territoire libanais.

33:53
Invité

Mais est-ce qu'il faut absolument désarmer le Hezbollah ?

33:55
Présentateur

Non, mais vous ne pouvez pas demander à désarmer le Hezbollah si, dans le même temps, vous ne créez pas les conditions de garantir que les offensives israéliennes, l'annexion d'une partie du territoire libanais, s'arrête. Quand a été créé le Hezbollah ? Le Hezbollah a été créé au début des années 80 au Liban après l'invasion et les bombardements sur Beyrouth, la capitale libanaise, par l'armée israélienne. Donc si vous voulez que ça s'arrête, ça, et que le Hezbollah n'ait plus de raison d'exister, vous devez créer les conditions d'un accord de paix qui soit durable et vous devez permettre à l'armée libanaise de disposer des moyens nécessaires pour pouvoir se défendre.

Et la France avait dit qu'elle allait le faire, aider l'armée libanaise, et elle n'a absolument rien fait sur ce sujet. Alors en revanche, les discussions entre les Américains et les Iraniens se passent beaucoup moins bien au Pakistan et à Islamabad. Et d'ailleurs, sur ce sujet du détroit d'Hormuz qui est bloqué actuellement, Emmanuel Macron organise vendredi une conférence pour mettre en place une mission de paix internationale afin de sécuriser ce détroit quand ce détroit sera rouvert. Est-ce que des navires militaires français doivent s'engager dans ce détroit pour le sécuriser à l'avenir ? À l'avenir, ça veut dire quoi ?

Là, aujourd'hui, si le détroit est bloqué, c'est parce qu'il y a la guerre, si vous voulez. Une fois qu'il sera rouvert et qu'il y aura un cessez-le-feu ? S'il y a un cessez-le-feu, monsieur, je me permets de penser qu'alors le détroit d'Hormuz ne sera plus bloqué parce qu'il n'était pas bloqué avant le déclenchement de la guerre par Donald Trump et M. Netanyahou contre l'Iran. Ça reste une zone instable. Oui, très bien. Mais je ne comprends pas vraiment, si vous voulez, le sens de cette mission, puisque vous dites vous-même que c'est une fois qu'il y aura eu un cessez-le-feu et une fois qu'il y aura eu un accord de paix. Sauf que pour l'instant, il n'y a pas d'accord de paix.

Donc l'objectif de la France, ce n'est pas de spéculer sur ce qu'elle va faire dans trois mois, six mois ou un an. C'est de créer les conditions, d'utiliser les outils diplomatiques pour qu'il y ait un accord de paix le plus rapidement possible. Et dans ce cas-là, le détroit d'Hormuz sera réouvert. Alors sur la hausse du prix de l'essence qui est due à cette guerre au Moyen-Orient, le gouvernement veut encadrer les marges, en tout cas en visage potentiellement, d'encadrer les marges des distributeurs quand le litre d'essence sera au-dessus. À partir du moment où le litre d'essence est au-dessus d'un euro 70, ce serait plutôt une bonne mesure, ça va dans le bon sens.

Alors écoutez, d'abord, j'observe qu'enfin, après un mois à ne faire strictement rien, le gouvernement commence à comprendre quelque chose. c'est qu'en fait, il ne trouvera pas de solution pour soulager la difficulté des Françaises et des Français qui sont confrontés à des augmentations de 50 centimes du prix du carburant sans passer par des mesures qui sont des mesures de contrôle des prix. Ça fait depuis un mois qu'on leur dit, un mois qu'ils nous disent qu'ils gagnent du temps pour faire tout sauf ça, donc ils commencent à comprendre. Ça va dans la bonne direction. Sauf que le problème, c'est qu'ils tapent à côté du problème.

Parce que les marges qui sont abusives aujourd'hui, elles ne sont pas à la distribution. Tout le monde le sait. La distribution de carburant, c'est soit des distributeurs indépendants qui font des marges assez limitées, soit de la grande distribution pour qui souvent le carburant est un produit d'appel. Elles sont dans le raffinage. Tout le monde le sait. Il y a l'achat. Mais elles sont au moment du raffinage. Elles sont en amont dans la chaîne d'approvisionnement. D'ailleurs, elles ont été multipliées par 4 depuis le début de la guerre. C'est simple.

Mais là, ce que dit le gouvernement, c'est que si on bloque les prix à ce niveau-là, les raffineurs vont préférer vendre ailleurs qu'en France. Je ne le crois absolument pas. Et que là, on risque une pénurie. Mais regardez, par exemple, vous avez passé tout à l'heure un reportage, en interviewant M. Lurel, sur les dispositifs qui existent dans les Outre-mer, où il y a des mesures de fixation des prix. Il n'y a pas de pénurie aujourd'hui de carburant dans les Outre-mer. Vous avez un certain nombre de pays, la Croatie, la Corée du Sud, la Pologne, la Hongrie, la Grèce, qui envisagent des mesures de contrôle des prix. Il n'y a pas de pénurie.

Quand en France, dans les années 90, on a encadré les marges du raffinage, parce qu'il y avait un décret pour encadrer les marges du raffinage pendant la première guerre du Golfe, gouvernement de mémoire de Michel Rocard. Il n'y avait pas de pénurie. Moi, je vous dis que cet argument, c'est l'argument qui est utilisé pour ne s'en prendre jamais aux profiteurs de crise. Là, vous avez des profiteurs de crise. Vous avez des entreprises comme Total qui ont multiplié leurs marges par 4 depuis le début de la guerre. – Mais pourquoi, à votre avis, on évite de s'en prendre aux profiteurs de crise ? – Parce qu'on a peur de créer un rapport de force avec Total, parce que…

– Parce que le gouvernement a aussi peur de la réaction des Français. – Non, je pense que les Français seront très contents si demain vous créez les conditions pour bloquer les prix à 1,70€ comme on le propose. Là, je vous promets que les Français sont très contents. Et aussi parce qu'un certain nombre de députés macronistes sont largement profiteurs de cette situation, puisqu'ils bénéficient eux-mêmes dans leur portefeuille d'actions, d'actions du groupe Total, et qui bénéficient ici du fait que quand les marges augmentent, les profits augmentent, les dividendes versés aux actionnaires augmentent. Voilà pourquoi on ne veut pas s'attaquer à Total.

38:39
Invité

– Donc là, vous dites que certains membres du gouvernement sont intéressés

38:41
Présentateur

au fait de ne pas bloquer les prix ? – Je le pense, oui, bien sûr. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Vous avez chaque jour des entreprises comme Total… – Vous pensez à quel député, quel membre du gouvernement qui toucherait des actions de Total ? – Ah ben, vous avez une quinzaine de députés, 20 parlementaires, 14 de la coalition présidentielle qui possèdent près de 400 000€ d'actions de Total et qui ont déjà gagné 50 000€. Voilà, je ne vous dis pas que c'est la seule raison, mais vous ne pouvez pas faire abstraction. – Vous connaissez leur portefeuille d'actions ? – Vous avez une liste sous les yeux ?

– Je n'ai pas la liste des députés, mais je pourrais vous la faire parvenir si vous voulez. Tout ça est public, je ne dévoile pas de scoop là. – Mais vous avez l'intention de la rendre publique ? – Mais je n'ai pas besoin de la rendre publique, elle l'est déjà publique, mais attendez, moi mon sujet, ce n'est pas d'aller pointer du doigt à telle ou telle personne parce qu'ils ont des actions, mon sujet c'est de faire en sorte que le prix du carburant baisse, et je dis que si vous voulez que le prix du carburant baisse, il faut encadrer les marges des raffineurs.

C'est la seule solution, ou alors c'est la seule solution qui coûte 0€ au budget de l'État, c'est la seule, et qui permet de baisser immédiatement le prix.

39:41
Invité

– Est-ce que vous appelez une mobilisation citoyenne, type celle des Gilets jaunes, qui a déjà germé sur une hausse du prix des carburants, pour justement pousser le gouvernement à bloquer les prix ?

39:52
Présentateur

– Oui, bien sûr, moi j'appelle toujours à une mobilisation citoyenne, mobilisation des salariés aussi, j'ai lu un communiqué par exemple des salariés de Total qui eux-mêmes disent qu'il faut encadrer les marges, parce qu'eux-mêmes ils se rendent compte…

40:03
Manuel Bompard

– Parce que pour l'instant les citoyens ne réagissent pas trop, ils râlent, mais rien ne s'organise.

40:06
Présentateur

– Ils sont très en colère quand même, regardez, fixons-nous un objectif, et il y a une date de mobilisation le 1er mai, le 1er mai ça peut être aussi une mobilisation, évidemment d'abord pour les salaires, pour les droits sociaux, mais aussi pour le blocage des prix et contre la guerre, parce que par ailleurs si la guerre s'arrête, ça permet aussi assez vite de mettre un terme aux conséquences économiques de la guerre, même si malheureusement je crains qu'elle soit durable.

– Manuel Bonpart, on va parler de l'actualité de l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale qui examine demain la proposition de loi de la députée Renaissance Caroline Yadant pour lutter contre, je cite, les formes renouvelées d'antisémitisme, la France Insoumise combat ce texte, cette proposition de loi elle crée notamment un délit réprimant l'appel à la destruction ou à la négation d'un État, en quoi cet article vous pose problème ? – En fait ce n'est pas que cet article qui nous pose problème. – Non, non, mais sur cet article. – Oui, mais d'abord si vous permettez, je vais parler de la loi.

La loi prétend, vous le dites, lutter contre l'antisémitisme, ce n'est pas une loi pour lutter contre l'antisémitisme, ou si c'était une loi pour lutter contre l'antisémitisme, je la voterais. Évidemment qu'il faut combattre l'antisémitisme en France. C'est une loi qui instrumentalise le combat indispensable contre l'antisémitisme pour réprimer la critique de la politique du gouvernement israélien, la critique de la colonisation, la critique du génocide à Gaza. C'est à ça que sert cette loi. Donc évidemment qu'il faut la combattre. Pourquoi ?

Parce que dans cette loi par exemple, vous avez des articles qui étendent encore ce qu'on appelle le délit d'apologie du terrorisme, qui a déjà été très largement utilisé pour réprimer des paroles qui ne sont pas de l'apologie du terrorisme. Et vous devriez regarder par exemple ce que dit M. Trévidic, ancien juge antiterroriste, qui dit, là maintenant on va être sur la provocation implicite au terrorisme. Il dit, mais ça, aucun juge ne sera en mesure de savoir qu'est-ce qui est vraiment de la provocation au terrorisme, etc.

– Par exemple, concrètement, quand on dit que le Hamas, l'organisation terroriste, est aussi un mouvement de résistance, selon vous, ce n'est pas de l'apologie du terrorisme ? – D'abord, je n'ai pas trop entendu des gens dire ça. – Daniel Obono, député Insoumise, l'a dit ? – Non, pas du tout. – Sur Sud Radio ? – Non, elle n'a pas dit ça. Mais si vous voulez propager des fake news, mais alors ça va créer des problèmes. Parce qu'ensuite, en plus, si on attribue en plus à des gens des propos qui n'ont pas tenu, et ensuite on dit que c'est de l'apologie du terrorisme pour les sanctionner. Mais je ne crois pas que ce soit l'objet de la loi de réprimer ce type de propos.

L'objet de la loi, c'est de généraliser et d'empêcher toute parole, qui est une parole critique de la politique du gouvernement israélien, pour le faire passer pour de l'antisémitisme. Ce qui est un raisonnement très dangereux, parce que, pardonnez-moi de vous dire, mais les juifs de France, une personne juive n'est pas responsable de la politique du gouvernement israélien.

42:42
Manuel Bompard

– Caroline Yadant, Aurore Berger dit que c'est pour condamner ceux qui prônent la destruction de l'État d'Israël.

42:48
Présentateur

– Mais madame, par exemple, si vous dites que vous êtes favorable à une solution dans ce qu'on appelle d'un État binational, c'est-à-dire un État dans lequel les personnes qui vivent aujourd'hui dans l'État israélien et le peuple palestinien vivraient dans un même État. Il y a des gens qui défendent cette position. Est-ce que vous considérez que c'est une position qui doit être criminalisée par la justice ? On a le droit de la débattre, on a le droit de la défendre. Et pourtant, elle revient bien à dire qu'il y aurait un seul État. Bon, il y a des gens qui défendent cette position. Ils ont le droit de la défendre.

43:17
Invité

– Mais ce n'est pas cette position qui est visée par la justice de loi.

43:19
Présentateur

– Elle reviendrait, ah si, elle serait visée, parce qu'elle reviendrait donc à contester les frontières des États existants aujourd'hui.

43:26
Manuel Bompard

– Non, mais là, c'est la négation de l'État d'Israël qui est le sujet de la loi.

43:29
Présentateur

– Ah, je ne sais pas, Mme Berger, hier, à l'Assemblée nationale, a dit que ce n'était pas le sujet parce que le mot Israël n'était pas dans la loi. Donc, il faut qu'ils se mettent d'accord là. Donc, vous voyez que ce n'est pas le sujet. En fait, on crée autour de cette loi, en étend un certain nombre de délits pour venir criminaliser l'action de solidarité avec le peuple palestinien. Moi, si on fait une loi pour lutter plus vigoureusement contre l'antisémitisme, j'en suis absolument d'accord. Contre toutes les formes de racisme, j'en suis absolument d'accord. Mais là, on ne fait pas ça. Et ce qu'on fait, c'est très dangereux. Et d'ailleurs, j'espère que cette loi, elle sera rejetée.

44:02
Manuel Bompard

Au-delà de cette loi, est-ce que vous trouvez que l'antisémitisme est suffisamment criminalisé aujourd'hui en France ou qu'une nouvelle loi

44:08
Présentateur

serait nécessaire pour des nouvelles formes ? Je ne suis pas sûr que ce soit forcément par la loi qu'il faut renforcer notre action contre l'antisémitisme. Parce que l'arsenal législatif existant, heureusement, réprime aujourd'hui l'antisémitisme. Mais suffisamment ? Et suffisamment de formes ? Mais ce qui manque, c'est les moyens. D'ailleurs, vous regardez par exemple les travaux qui sont faits par un certain nombre d'associations ou la Commission nationale consultative des droits de l'homme en France qui dit que, par exemple, il n'y a pas de pilotage politique, des plans de lutte contre l'antisémitisme en France.

D'ailleurs, qui s'en prend assez vertement au gouvernement sur ce sujet en disant que rien n'a été fait sur cette question. Donc, vous voyez, ça, oui. Ça, oui, il faut le faire. Mais pas utiliser la lutte indispensable contre l'antisémitisme pour venir faire autre chose, c'est-à-dire criminaliser, ce qui, de mon point de vue, est un devoir, c'est-à-dire la dénonciation des actions de l'armée israélienne et du gouvernement israélien. Est-ce que vous diriez toujours, comme Jean-Luc Mélenchon a pu le dire, que l'antisémitisme est toujours résiduel aujourd'hui en France ? Là aussi, s'il vous plaît, franchement, Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit que l'antisémitisme est résiduel en France.

Alors, comment vous qualifieriez ? Il a parlé… Attendez, attendez, il faut préciser les choses, s'il vous plaît, parce qu'après, on sort un propos de son contexte et on lui fait dire autre chose. Jean-Luc Mélenchon a dit que dans les manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, il n'y avait pas d'antisémitisme. C'est de cet contexte-là qu'est extrait cette citation. Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit qu'il n'y avait pas d'antisémitisme en France. Il y a malheureusement de l'antisémitisme en France, il y a malheureusement du racisme en France, et il faut lutter contre l'antisémitisme, et il faut lutter contre toutes les formes de racisme.

Voilà, donc ne faisons pas dire aux gens des choses qui ne correspondent pas à ce qu'ils ont dit, parce que sinon, après, le débat, il est un peu miné.

45:43
Manuel Bompard

Votre parti, notamment pendant la campagne municipale, a lui-même été accusé de flirter avec certains propos antisémites. Récemment, David Guiraud, lui-même, a évoqué les dravons Gonsélès. Pourquoi est-ce que vous jouez, alors que vous vous êtes accusé parfois de pouvoir avoir des propos limites, pourquoi vous continuez à jouer à la marge ? Mais je ne joue avec rien, moi. Pas vous, je parlais de votre parti. Personne à la France, les élus de votre parti.

46:08
Présentateur

Non, non, on ne joue pas, et personne à la France insoumise ne joue avec l'antisémitisme. Alors, pourquoi Dragon Céleste, je répète quand même, qui est un terme pour, sur les réseaux sociaux, désigner de façon péjorative les juifs en France ? Non, pas dans la bouche de David Guiraud, mais si vous voulez, on peut reprendre chaque propos, essayer de le déformer, pour essayer d'accréditer une thèse, qui est que la France insoumise… Non, mais là, il ne s'agit pas de reprendre justement chaque propos.

Madame, si, c'est exactement ce que vous êtes en train de faire, vous m'avez interrogé déjà sur trois propos sortis de leur contexte, pour essayer de faire croire que j'aurais quelque ambiguïté, que ce soit avec l'antisémitisme. Je vais vous dire une chose très simple. Je ne parlais pas tout. Je vais vous dire une chose très simple. Il y a, je citais la Commission nationale consultative des droits de l'homme tout à l'heure, elle produit chaque année un rapport sur l'antisémitisme et les formes de racisme dans la société, et notamment un rapport sur, dans les familles politiques, quelles sont les familles politiques qui sont les plus gangrénées, touchées par les propos racistes, etc.

Aujourd'hui, en France, le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, et contrairement à ce qu'on entend dans tous les médias à longueur d'autaine, dit que le premier parti dans lequel il y a des problèmes d'antisémitisme, c'est le Rassemblement national, et que la France insoumise, elle arrive en avant-dernière déposée. Donc ça, vous voyez, c'est les chiffres officiels, pas les polémiques politiques qui sont instrumentalisées par nos adversaires pour essayer de nous salir. À la France insoumise, il n'y a pas d'antisémite. À la France insoumise, on lutte contre l'antisémitisme comme on lutte contre toutes les formes de racisme.

Et voir que des gens qui sont engagés depuis leur plus jeune âge contre toutes les formes de racisme sont pointés du doigt de cette manière, c'est absolument ignoble, en fait. Et c'est la raison pour laquelle je vous réponds un peu vertement. Manuel, on va parler du 1er mai, puisque le gouvernement a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur la proposition de loi qui prévoyait d'autoriser certains commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le jour de la fête du travail, le 1er mai.

Alors, la gauche salue cette décision de Sébastien Lecornu, mais pourquoi ne pas aller au bout de la procédure parlementaire et du débat parlementaire, et de laisser l'Assemblée nationale voter ? Mais elle a voté l'Assemblée nationale, elle a voté une motion de rejet. Non, mais au final, sur un texte de compromis avec le Sénat… Mais non, mais attendez, je ne comprends pas. Moi, les macronistes, là, crient en disant qu'ils ne sont pas contents alors qu'ils ont voté une motion de rejet. Quand vous votez une motion de rejet du texte, c'est que vous êtes contre le texte.

Parce qu'ils estiment que les insoumis allaient faire de l'obstruction au débat, et dont ils ont préparé accélérer et passer à la négociation avec les sénateurs qui ont voté le texte. Mais si vous votez une motion de rejet du texte, si vous ne cherchez pas à déformer la motion de rejet de son objet, c'est que vous êtes contre le texte. Il y a eu une motion de rejet, elle a été votée par l'Assemblée nationale. Ils devraient être contents, puisqu'ils ont voté une motion de rejet du texte. Donc la preuve, c'est qu'en fait, ils ne voulaient pas rejeter le texte. Ils voulaient faire une manœuvre pour empêcher l'Assemblée nationale de discuter du sujet.

Pas pour permettre à quelques commerçants ou artisans, contrairement à ce qu'on a entendu à la télévision, de travailler le 1er mai. pour permettre à des chaînes qui ont des salariés de contraindre leurs salariés à venir travailler le 1er mai. Parce qu'on ne parlait pas du petit boulanger. Le petit boulanger, aujourd'hui, s'il ne fait pas venir ses salariés, il peut tout à fait ouvrir sa boulangerie le 1er mai. Le problème, ce n'était pas ça.

Le problème, c'est des chaînes, des grandes chaînes, y compris des supermarchés qui ont des boulangeries ou des boulangeries qui sont dans des centres commerciaux, qui voulaient pouvoir maintenant obliger, contraindre leurs salariés à venir travailler le 1er mai. D'ailleurs, M. Lecornu l'a dit… C'est sur la baisse du volontariat ? – La baisse du volontariat, vous y croyez sincèrement ? C'est comme le travail du dimanche. Vous croyez qu'un salarié, il peut refuser de venir travailler le 1er mai parce que son patron lui demande de le venir ? C'est comme… On nous a fait pareil sur le travail du dimanche. On nous a dit, ce sera sur la baisse du volontariat.

Il n'y a pas une personne, aujourd'hui, qui peut refuser de travailler le dimanche si son employeur lui demande de venir travailler le dimanche. Enfin, franchement, le volontariat, il n'y a que les gens qui ne connaissent rien au monde de l'entreprise qui peuvent croire que les salariés peuvent choisir les jours où ils peuvent venir travailler ou pas. Après, on nous a dit, c'est pour qu'il soit payé double. Ce n'est pas du tout ce qui était prévu dans la loi. Aujourd'hui, le 1er mai, il est payé, le 1er mai, aujourd'hui. Si vous faites venir un travailleur le 1er mai et que vous le payez avec son salaire, il n'est pas payé double. Il est déjà payé, aujourd'hui, le 1er mai.

Quand vous ne travaillez pas le 1er mai, vous êtes déjà payé. Donc, franchement, la vérité, c'est que M. Attal a essayé de passer en force en faisant une motion de rejet pour empêcher l'Assemblée nationale de débattre de ce sujet. Ils sont mis à dos l'ensemble des organisations syndicales. Et M. Lecornu a reculé. Et je trouve que c'est une bonne chose qu'il ait reculé. C'est la preuve que la lutte, ça paye. Et que le rapport de force, ça paye. Et j'espère que ce sera le cas, demain, de nouvelles victoires, pas uniquement sur le 1er mai, mais aussi sur les salaires, sur les prix, et qu'il faut se mobiliser pour contraindre le gouvernement à bouger.

– On ferait une transition royale, nouvelle victoire.

50:21
Manuel Bompard

Il y a 2017 qui… – 2027. – 2027, par contre, qui se dessine à l'horizon. Est-ce que vous allez lancer la campagne présidentielle ? On entend dire que vous pourriez la lancer prochainement. Est-ce que vous avez un calendrier ? Est-ce que vous nous annoncez ce matin le lancement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

50:37
Présentateur

– Un calendrier, on en a évidemment un. Vous l'annoncez, je ne vois pas vraiment l'intérêt de vous annoncer qu'est-ce qui va se passer dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Une campagne, c'est aussi la maîtrise d'un calendrier. Maintenant, nous, nous sommes engagés en campagne, d'ores et déjà. – Le 1er mai, ce serait une jolie date pour lancer une campagne de Jean-Luc Mélenchon. – Le 1er mai, c'est d'abord une journée de mobilisation. Les salariés, à l'appel des organisations syndicales, et moi, j'appelle tout le monde à y participer. Maintenant, en ce qui nous concerne, nous sommes prêts. Nous avons eu une assemblée représentative du mouvement insoumis dimanche dernier.

Nous avons un texte aujourd'hui, un document qui prépare notamment l'élection présidentielle, qui est soumis au vote de l'ensemble des militants de la France insoumise jusqu'à dimanche prochain. Et dans ce document, il y a notamment notre procédure de désignation de notre candidat à l'élection présidentielle. Et puis, il y a nos pistes de travail pour faire en sorte… – Ce sera Jean-Luc Mélenchon, il n'y a pas de suspense. – Pour l'instant, je vous ai dit qu'on est en train de voter sur notre procédure. Une fois qu'on aura voté sur notre procédure, on mettra en œuvre notre procédure, on désignera notre candidat.

51:36
Manuel Bompard

– Ça pourrait être quelqu'un d'autre que Jean-Luc Mélenchon ?

51:37
Présentateur

– Mais après, si vous me demandez mon avis, il me semble évident que dans l'élection présidentielle de 2027, on a besoin d'une figure qui a une profondeur, une maîtrise des questions internationales, une expérience, et que indéniablement, Jean-Luc Mélenchon a ses qualités. Je ne veux pas… J'en suis d'accord. Maintenant, on respecte nos règles, nos procédures, et en tout état de cause, l'objectif, ce n'est pas seulement d'être candidat à l'élection présidentielle, c'est de pouvoir l'emporter. Et c'est dans cet objectif qu'on travaille. – Et justement…

52:07
Manuel Bompard

– Justement, c'est dans cet objectif-là que vous travaillez. Si Jean-Luc Mélenchon est présent au second tour, face au candidat du Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, est-ce qu'il a une chance de l'emporter ? On dit aujourd'hui de lui qu'il est plus repoussoir que le candidat du Rassemblement national.

52:27
Présentateur

Est-ce que vous ne craignez pas ? Vous voyez dans les sondages. – Non. Madame, écoutez, franchement, on répète des choses à la télévision sur Jean-Luc Mélenchon sans jamais les attester sur des faits. Moi, je vous donne des faits. – Il y a des sondages qui montrent que Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique la plus détestée de France. – Non, c'est faux. Il n'y a aucun sondage qui dit que Jean-Luc Mélenchon est la personne la plus détestée de France. Si vous m'en trouvez, je veux bien que vous me le montrez. Il n'y a aucun sondage d'ailleurs qui demande aux gens qui est la personne que vous détestez le plus.

52:50
Manuel Bompard

– Non, mais qui est la personne politique qui fait le plus peur ?

52:55
Présentateur

– Parlez de vos sondages, si vous voulez, il n'y a pas de problème. Moi, je vous parle des faits, d'accord ? À la dernière élection législative de 2024, dans la majorité des endroits où un candidat de la France insoumise a été opposé au Rassemblement national, le candidat de la France insoumise a gagné.

53:10
Invité

– Vous citez législatif, vous ne citez pas les municipales ?

53:13
Présentateur

– Au municipal, si vous voulez, on peut parler des municipales, il n'y a pas de problème. Mais là, en l'occurrence, au municipal, il y a peu d'endroits où nous étions en duel avec le Rassemblement national. Or, vous m'interrogez sur un second tour qui serait un duel entre la France insoumise et le Rassemblement national. Je vous dis que dans la dernière élection nationale, les élections législatives, vous pouvez faire les calculs, dans la majorité des duels qui ont opposé un candidat de la France insoumise et un candidat du Rassemblement national, le candidat de la France insoumise l'a remporté.

Donc, vous me posez la question de savoir si Jean-Luc Mélenchon ou un candidat de la France insoumise peut gagner au second tour de l'élection présidentielle face au Rassemblement national. Je vous dis, oui, absolument, c'est tout à fait possible. Mais ce qu'ont montré les récentes municipales, c'est que justement, il y avait un front anti-LFI et que les électeurs préféraient parfois s'abstenir et que les candidats socialistes qui ne se sont pas alliés à LFI l'ont emporté, contrairement à ceux qui se sont alliés et notamment à Toulouse. Excusez-moi de vous dire, mais franchement, c'est absolument faux. Je suis désolé de vous corriger, mais ce n'est pas vrai.

Il n'y a pas eu de front anti-LFI aux élections municipales. On nous a vendu à Roubaix, vous m'interrogez sur David Giraud tout à l'heure, le fait qu'au second tour, il n'y allait avoir un front anti-LFI. Il n'y a eu absolument aucun front anti-LFI. Il a fait 45% au premier tour et il a fait 55% au deuxième. À Toulouse, c'est vrai, on n'a pas gagné au premier tour, au deuxième tour, c'est vrai. Mais est-ce que vous savez qu'à la dernière élection municipale à Toulouse… – Et il y a eu une surmobilisation pour Jean-Luc Blanc. – Mais à la dernière élection municipale à Toulouse en 2020, c'était pareil. Et pourtant, le candidat de la gauche, ce n'était pas un insoumis à l'époque.

– Et vous ne pensez pas que les choses ont évolué ? – Pas du tout, madame. – Et ce sera le mot de la fin. – Et dire que ce n'est pas parce qu'il y avait la France insoumise dans des listes au second tour que ça a permis à la droite de se surmobiliser, c'est absolument faux. Prenez la ville d'Ausserre, il n'y avait pas la France insoumise, la droite dynamique au second tour. Ah pardonnez-moi, mais comme on dit des choses inexactes, je suis obligé de les corriger. Donc non, c'est faux. Et oui, la France insoumise, avec le rassemblement que nous aspirons à construire, peut l'emporter au second tour, c'est notre objectif.

– Merci beaucoup Manuel Montfort d'avoir été notre invité politique aujourd'hui. Merci Christelle, on va regarder la une de la dépêche du midi aujourd'hui sur le détroit d'Hormuz, fermé à double tour. On continue notre émission, notamment on va aller au cœur de nos régions, en direction la Bretagne, en Ile-et-Vilaine, où le château de Combourg est menacé, un château qui est le berceau de l'écrivain François-René de Châteaubriand, et la Mérule, un champignon, ronge les tours de l'ancienne forteresse. Mais malgré les aides publiques, les propriétaires de ce château sont contraints de lancer un appel au don. Les détails avec Natacha Astor et nos partenaires de TVRN.

55:29
Manuel Bompard

Il surplombe le lac tranquille depuis le Moyen-Âge, mais sous ce parapluie, le château de Combourg est menacé par un champignon dévastateur.

55:38
Victorin Lurel

– On a identifié une Mérule dans ce faux grenier, et il a fallu changer toutes les poutres, toutes les solives et toutes les sablières, sinon le plancher que vous avez ici, et l'autre côté c'est le plafond du grand escalier, allait s'effondrer.

55:52
Manuel Bompard

– Le champignon est découvert en début d'année, dans la chambre qui a vu grandir l'écrivain François-René de Châteaubriand. Les propriétaires n'ont pu qu'observer l'immense étendue des dégâts.

56:02
Présentateur

– Au XIXe siècle, ils ont mis une grosse épaisseur de plâtre sur tous les murs du château, et entre ce plâtre et la pierre, la Mérule s'est développée.

56:10
Invité

Donc on a enlevé tout le plâtre, et on a traité la pierre.

56:14
Manuel Bompard

– Depuis janvier, les mauvaises nouvelles s'enchaînent chaque jour, à croire que la tour du chat est toujours hantée aujourd'hui.

56:20
Invité

– C'est une tour qui est hantée,

56:23
Présentateur

et on va faire en sorte qu'elle reste debout et hantée, mais pour ça, il va falloir investir beaucoup d'argent.

56:30
Manuel Bompard

– Un gouffre financier, car ces deux tours doivent être refaites entièrement, planchers, plafonds et des joints entre les pierres, comme dernier rempart contre l'humidité et la Mérule.

56:40
Présentateur

– Dans un château comme celui-ci, qui a quasiment mille ans d'existence, on découvre d'autres choses, donc on prend une fourchette large, au mieux ça sera 5 millions, au pire ça sera 10 millions, on souhaite de tout cœur que ça ne soit pas 10 millions.

56:53
Manuel Bompard

– Un financement participatif vient d'être lancé via l'association La Demeure Historique, avec des dons défiscalisés. Le château est ouvert, comme toutes les saisons, jusqu'au 31 octobre, avec très prochainement le marché médiéval, les 2 et 3 mai.

57:07
Présentateur

– Voilà pour ce reportage de nos partenaires de TVF, dans la ville de Combourg, en Ile-et-Vilaine. On va faire le tour de la presse régionale avec vous, Johan Delera, et on va commencer avec Édouard Philippe, qui reprend sa campagne pour l'élection présidentielle. – Oui, le maire réélu du Havre est en visite, aujourd'hui et demain, dans le Finistère et les Côtes d'Armor. Pour l'occasion, il a donné une interview au journal breton, le Télégramme, qui lui a demandé comment il comptait s'y prendre pour convaincre les électeurs d'ici à 2027. À un an de l'échéance, l'ex-premier ministre reste pour le moment évasif, mais il promet un programme massif qu'il dévoilera progressivement.

On apprend tout de même deux choses dans cette interview. Déjà qu'il n'est pas contre l'idée d'autoriser sous certaines conditions le travail le 1er mai. Et puis surtout, s'il est élu, les Français doivent s'attendre à travailler plus et plus longtemps pour réduire le déficit public. – Édouard Philippe, qui pour bâtir son programme, pourrait s'inspirer d'une étude menée par l'Institut Elab auprès de 5000 jeunes. – Oui, et ça fait la une du journal Ouest France, avec ce titre, « Travail, santé, logement, ce que les jeunes veulent changer ». L'étude révèle qu'ils se sentent fragilisés par l'accumulation des crises et la difficulté de trouver un emploi et un logement.

Les jeunes sous tension trouvent des refuges dans leurs cercles proches et leurs territoires. La préservation de leur santé mentale et physique est pour eux aussi une priorité. Enfin, ils aimeraient être beaucoup plus entendus et associés aux politiques qui les concernent directement. Message donc pour Édouard Philippe. – On continue cette revue de presse où il est question de la carte scolaire. – Oui, elle se dévoile au fur et à mesure. Dans les départements, le ministère de l'Éducation nationale prévoit à la rentrée prochaine de supprimer des milliers de classes de maternelles et de primaires pour coller à la baisse de la natalité.

Et évidemment, comme le titre l'Est est clair, les parents d'élèves et les élus locaux sont vent debout contre ces fermetures de classes. C'est le cas par exemple à Beuré, un petit village dans l'Aube, où une classe et un poste d'enseignant vont bientôt disparaître. Les écoliers et leurs parents sont inquiets. La mobilisation s'organise pour tenter de faire annuler la fermeture. – Et on termine avec un sujet plus insolite. – Oui, la Voix du Nord qui nous parle des saisies très exotiques des inspecteurs de l'environnement. Depuis la création en 2020 de l'Office français de la biodiversité, ces agents dans les Hauts-de-France ont démantelé des trafics d'animaux vivants.

Ils ont également saisi de nombreux objets provenant d'animaux morts ou vivants, des sacs en croco, des fourrures de léopard ou encore des carapaces de tortues. Et parfois, ces objets sont vendus illégalement sur la braderie de l'île. – Merci beaucoup, Johan, pour cette revue de presse des territoires. On va continuer à suivre l'actualité de nos régions. Direction l'Indre-et-Loire, on va retrouver nos partenaires de la Nouvelle-République avec Bertrand Slezac, qui est directeur départemental adjoint de la Nouvelle-République dans ce département de l'Indre-et-Loire. Bonjour, Bertrand. – Bonjour, Alexandre. – On va parler d'un hôtel de luxe qui fait couler beaucoup d'encre dans la région.

59:55
Invité

– On peut même parler d'une affaire ubuesque. Elle oppose d'un côté un groupe coté en bourse, Artea, à des artisans du département d'Indre-et-Loire. Alors, parmi eux, on trouve un maçon, un paysagiste et l'entreprise Hervé Thermique qui ont tous réalisé des travaux au château d'Artigny, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tours. Cet hôtel 5 étoiles, c'est le plus luxueux du coin. Il a été racheté en 2023 par ce fameux groupe Artea avec l'ambition de lui donner un sérieux coup de jeûne, une piscine rénovée, des nouveaux terrains de tennis et de paddle et même la promesse de refaire toutes les chambres d'ici la deuxième moitié de l'année 2026.

1:00:34
Présentateur

– Et le problème, Bertrand, c'est que des factures n'ont pas été payées.

1:00:38
Invité

– 150 000 euros d'appayés, c'est à cette date la somme que la Nouvelle-République a pu compiler au gré des témoignages recueillis auprès des entreprises lésées. Alors, début mars, le PDG du groupe Artea, Philippe Baudry, avait plaidé des erreurs pour expliquer la situation et il promettait que cela serait réglé en quelques jours. Sauf que, vous me voyez venir, un mois et demi plus tard, les entreprises concernées n'ont toujours rien reçu, des procédures judiciaires sont en cours. Problème, quand un huissier de justice a voulu saisir la somme sur un compte du groupe, il n'y avait rien ou presque.

Et on apprend ce mercredi, dans les colonnes de la Nouvelle-République, que l'entreprise Hervé Thermique, l'un des créanciers, a déposé plainte contre Artea pour organisation frauduleuse de son insolvabilité. En attendant, la situation fragilise des entreprises locales et dans le contexte actuel, vous l'imaginez, Alexandre, elles n'ont pas besoin de ça.

1:01:31
Présentateur

Merci beaucoup Bertrand Slezac, directeur adjoint de la Nouvelle-République, de nous avoir expliqué cette histoire. On va regarder la une de votre journal aujourd'hui sur un projet d'éolienne près du château d'Amboise qui a été retoqué. Merci beaucoup Bertrand. Direction la région des Pays de la Loire. Cette fois, on va retrouver Roque Brancourt, le vice-président de la région en charge des transports. Bonjour M. Brancourt. Bonjour. On va parler du projet de loi cadre des transports qui est examiné à partir d'aujourd'hui au Sénat.

C'est un texte qui prévoit les investissements de l'État pour moderniser notre infrastructure ferroviaire avec le rail qui est en mauvais état dans certains territoires français. Vous, en tant que vice-président de région en charge des transports, qu'est-ce que vous attendez de ce texte et du gouvernement ? Là, je parle en mon nom et au nom de tous les vice-présidents de région et de toutes les régions de France. D'abord, c'est plutôt une loi que nous soutenons, et nous sommes très heureux qu'enfin soit prise la décision de flécher de manière pluriannuelle des financements pour l'entretien des infrastructures de transport et en particulier l'entretien du ferroviaire.

Il faut savoir que la mobilité en France est pas mal taxée. Il y a beaucoup de taxes sur la mobilité et notamment parmi ces taxes, il y a les péages. Et les péages, aujourd'hui, demain, ils pourront servir à financer davantage l'entretien de nos réseaux de transport collectif, notamment le ferroviaire. Donc ça, c'est une bonne nouvelle.

On en attend cependant que le fléchage soit un peu plus précis et que ça ne soit pas destiné à entretenir uniquement les grandes lignes, mais aussi les petites lignes dans nos campagnes, dans la ruralité, et puis aussi les besoins de développement du ferroviaire dans les grandes métropoles, parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup de besoins de déplacements qui ne sont pas satisfaits. C'est ce qu'on appelle les systèmes, les services express régionaux métropolitains qui ont besoin de financement. Donc il y a besoin de précision. Et puis enfin, il y a besoin aussi que cette loi 4, qui est une loi plutôt de principe, elle se décline sous forme d'une loi de financement.

Dans les prochains mois, il faudra que ça intervienne rapidement, sinon ça sera un vœu pieux, en quelque sorte. Alors quel est l'état du rail dans nos régions et quels sont les besoins en termes de modernisation ? En gros, ce qu'il faut retenir, c'est que depuis des décennies, on a beaucoup investi dans des LGV, dans des nouvelles lignes, mais on n'a pas bien entretenu, on n'a pas financé suffisamment l'entretien des lignes existantes et notamment des lignes moyennes.

Or, ces lignes moyennes, il y a beaucoup de Français qui les utilisent au quotidien pour se déplacer, soit pour aller travailler, soit pour leur déplacement de loisirs, soit pour leur déplacement occasionnel, pour aller se rendre dans les services publics, à l'hôpital, pour la santé, etc. Donc, il y a besoin de remettre à niveau notre système ferroviaire, sinon il va se dégrader et les trains seront de moins en moins à l'heure performants. Et ça coûtera de plus en plus cher. Donc, il y a vraiment besoin d'investir pour entretenir notre patrimoine ferroviaire et c'est l'objet de cette loi.

Donc, on est très satisfait de cette loi, mais il faut qu'elle aille au bout de la logique et que le financement des péages, enfin, les recettes des péages servent effectivement à rénover ces infrastructures dans les années qui viennent. Il y a encore quelques étapes qui doivent confirmer les principes affirmés par cette loi. Oui, donc selon vous, c'est une bonne idée d'utiliser les recettes des péages autoroutiers pour financer tous ces travaux avec des besoins financiers qui sont assez colossaux. On parle de dizaines de milliards d'euros.

Alors, en tout cas, ce dont on a besoin de manière absolument certaine, c'est minimum 1,5 milliard par an issu de ces recettes des péages pour financer le strict minimum de la régénération, comme on dit, du rail. Mais nous, nous souhaiterions ça aille un petit peu plus loin au niveau d'environ 2 milliards par an. Et c'est tout à fait possible puisqu'on estime que les recettes des péages chaque année, une fois qu'on a entretenu les autoroutes, bien sûr, eh bien, elles peuvent dégager de l'ordre de 3 milliards par an.

Donc, nous, nous estimons que ça serait un minimum d'obtenir environ 2 milliards d'euros par an pour entretenir le réseau ferroviaire et aussi nos lignes moyennes, nos petites lignes dans la ruralité qui ont besoin de ces financements. Merci beaucoup, Roque Brancourt, pour ces explications. Je rappelle que vous êtes vice-président de la région Pays-de-la-Loire en charge des transports. C'est l'heure du débat politique du jour.

On va parler du travail le 1er mai puisque le gouvernement de Sébastien Lecornu a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur une proposition de loi qui autorisait des commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le jour de la fête du travail, le 1er mai. Une réforme très polémique. Écoutez les explications de Clément Guillaume. Ce ne sera pas pour cette année. Face à la levée de boucliers des syndicats, Sébastien Lecornu a préféré ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait permettre le travail le 1er mai pour certaines filières.

Ce n'est pas un syndicat qui a pris la plume dimanche en voyant que nous allions tout droit vers une commission mixte paritaire qui allait rouvrir des filières entières dont des boulangeries industrielles, des FNAC, un renvoi par décret sans le moindre débat. À gauche, la décision du Premier ministre était attendue et a été largement applaudie depuis hier. Ils piétinaient le dialogue social puisque jamais les syndicats n'avaient été consultés sur le sujet et en plus, ils piétinaient le Parlement puisqu'on était interdits de débattre de cette proposition de loi par les manœuvres de Gabriel Attal. Je salue la sagesse du Premier ministre.

Pour la droite en revanche, largement en faveur du texte, la colère est grande face à ce recul gouvernemental. Il y a une France qui veut travailler et il y a une France qui a vraiment l'impression qu'on l'empêche de travailler. Donc aujourd'hui, je pense que ce qui se passe va bien au-delà du 1er mai. C'est finalement sans doute un affaiblissement peut-être de la confiance qui pouvait être apportée par certains au Premier ministre. Un avis partagé par les centristes du Sénat à l'origine de cette proposition de loi. Le président du groupe Union centriste se dit même inquiet pour la fin du quinquennat.

Ça pose un problème au-delà du 1er mai, c'est qu'est-ce que le Parlement va pouvoir faire et le gouvernement pendant un an. Si chaque fois qu'il y a quelque chose de désagréable aux yeux de la gauche et des syndicats, ça va devenir compliqué. Le gouvernement a choisi de laisser le temps au dialogue social. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, doit recevoir dès ce matin les fédérations des fleuristes et boulangers artisanaux dans l'espoir d'aboutir à une loi dans l'année en vue du 1er mai 2027. Et pour débattre de cette réforme polémique autour de l'autorisation du travail le 1er mai, j'accueille Frédéric Puissa. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénatrice Les Républicains de l'Isère.

J'accueille également Bernard Jaumier. Bonjour. Bonjour. Sénateur socialiste de Paris et membre de Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Et Stéphane Zumstek. Bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur du département politique et opinion à l'Institut Ipsos. Frédéric Puissa, je commence par vous. La gauche et les syndicats sont vent debout contre ce texte, une proposition de loi qui a été votée il y a un an par la majorité de droite sénatoriale. Ce report, finalement, de la réforme, c'est une manière de temporiser, de faire retomber la pression politique ?

1:08:53
Invité

Oui, c'est quand même assez surprenant. Et du reste, le président Marseille l'a dit, ça interroge quant à la fin du quinquennat et nos capacités, finalement, à légiférer et notamment dans le cadre du droit du travail sur lequel nous avons quand même des besoins. Je rappelle quand même que tous nos filets sociaux sont assis sur les ressources qui viennent du travail. Moins on travaille, moins on a de ressources et puis on a de déficit quand même dans notre pays.

1:09:16
Présentateur

Bernard Jomier, c'est une victoire pour la gauche, ce recul du gouvernement ?

1:09:19
Invité

C'est une victoire, je dirais déjà, pour un minimum de bon sens. C'est-à-dire qu'on réalise aujourd'hui qu'il n'y a pas de majorité au Parlement. Ce n'est pas une situation qui est nouvelle. Et le 1er mai, c'est un symbole au-delà de tout. C'est un symbole politique, ancien, dont on pense ce qu'on veut, mais on ne détruit pas un symbole par une manœuvre parlementaire parce que ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale où les auteurs du texte déposent une motion pour dire qu'il ne faut pas débattre du texte, on peut l'expliquer, mais c'est une manœuvre. Parce qu'il y avait un risque

1:09:50
Présentateur

d'obstruction de la gauche aussi en face.

1:09:52
Invité

Mais il y avait un risque de discussion au Parlement en débat pour commencer. Et effectivement, la gauche n'aurait pas voulu, ne veut pas qu'on touche comme ça au 1er mai. Ça ne veut pas dire que la porte est totalement fermée. Mais je pense que la solution qui est de dire qu'il faut qu'il y ait maintenant un dialogue social avec les organisations syndicales et on verra si on peut modifier les règles du 1er mai. Ça, c'est la bonne solution.

1:10:15
Présentateur

Alors certes, l'Assemblée nationale avait rejeté sans examen cette prohibition de loi, mais pourquoi ne pas permettre une commission mixte paritaire, la négociation entre des députés et des sénateurs sur ce texte et puis après, voter les conclusions ?

1:10:25
Invité

Parce que la démocratie, c'est d'abord un débat dans le pays. Ce n'est pas de dire, par exemple, on en parlera peut-être, il y a un sondage qui dit que tant de pourcents des Français veulent toucher au 1er mai. Je rappelle juste qu'avant qu'il y ait eu débat, il y avait 61% des Lyonnais qui pensaient que M. Hollaz devait être maire de Lyon. Et après le débat, après l'échange d'arguments, il a été battu. Donc, il faut qu'il y ait un débat. On en a discuté entre nous l'an dernier dans l'hémicycle. Mais entre nous, entre nous, certes, on est parlementaires, on représente, nous, les territoires et l'Assemblée nationale, le peuple, mais ce n'est pas un débat dans le pays.

Et l'Assemblée nationale, qui représente le peuple dans notre Constitution, n'a pas pu en débattre.

1:11:05
Présentateur

Stéphane Zumstek, selon vous, politiquement, pourquoi Sébastien Lecornu a renoncé à cette réforme ? Ce symbole du 1er mai était trop fort ?

1:11:12
Invité

Je pense qu'il y avait effectivement cette surprise, d'abord. Surprise pour Gabriel Attal comme pour le gouvernement de voir un front uni-syndical se dresser immédiatement. Il y a la gauche, évidemment, aussi au Parlement. Mais la réaction a été immédiate et virulente. Et le Premier ministre, à mon avis, a fait un choix, a fait un arbitrage entre soit assumer le risque d'ouvrir un nouveau front social dans un climat délétère. Je ne reviens pas sur la hausse des carburants et tout ce que cela a pu provoquer il y a quelques années avec les gilets jaunes. Ou alors laisser passer un texte qui n'était pas le sien, qui était celui de Gabriel Attal.

De mon point de vue, il n'y a pas de gagnant à gauche. La gauche et les syndicats se sont manifestés, se sont mobilisés immédiatement. Mais quelque part, le texte a été retiré tout de suite par le Premier ministre. Donc, il n'y a pas véritablement de victoire. Il y a une manifestation de force, ça c'est sûr. Après, la question est de savoir qui sont les perdants. J'entends dans les médias beaucoup dire que c'est Sébastien Lecornu qui a reculé. Est-ce une défaite pour Sébastien Lecornu ou pour Gabriel Attal ? Je pense que la principale victime de cette petite séquence de quelques jours, c'est à mon avis Gabriel Attal qui, nous sommes au mois d'avril 2026, c'est un mois capital pour lui.

C'était l'une des différentes étapes qui étaient censées servir de base, de rentre de lancement à sa pré-campagne présidentielle d'un premier coup parce qu'il y a eu une accumulation de maladresse qui n'a pas fonctionné. Accumulation de maladresse, déjà sur le choix du 1er mai, ce n'est pas un sujet qui captivait les Français jusque-là. Personne ne se posait la question d'élargir ou pas. Donc le choix déjà prête à discussion et surtout, après, il y a cette impression de passage en force. C'est le terme passage en force et c'est ça qui est intéressant.

Je ne suis pas le premier à l'utiliser ces derniers jours mais on voit bien à quel point le passage en force ou supposé passage en force lors de la réforme des retraites a laissé des traces. La précipitation, le tour de passe-passe législatif, on dépose un texte, on le rejette pour que ça passe directement en commission mixte, ça a rendu l'opération de Gabriel Attal totalement illisible et contestable avant même que, là je parle du point de vue de l'opinion, l'opinion se penche sur ce qu'il y avait dans cette proposition parce qu'il y avait une sorte d'insincérité, à mon avis, une sorte d'impression d'insincérité sur l'opération législative parlementaire de Gabriel Attal.

1:13:20
Présentateur

Frédéric Puissa, est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu une erreur dans la stratégie politique de Gabriel Attal, du Bloc central, des LR, qui soutenait cette proposition de loi en portant un texte mais en le rejetant d'emblée sans même l'examiner à l'Assemblée nationale ? C'est perçu comme un passage en force.

1:13:33
Invité

Alors je ne suis pas là pour défendre Gabriel Attal mais je rappelle quand même que ce texte est issu des centristes, des collègues centristes du Sénat puisqu'il était porté par Annick Billon, par le président Marseille, par le président Mathieu D'Arnaud, c'est-à-dire par la majorité du Sénat et qu'ensuite il est parti à l'Assemblée nationale. Alors c'est vrai que Gabriel Attal l'a repris dans sa niche parlementaire. Après ce qui se passe à l'Assemblée nationale et Bernard Joumi a raison, nous sommes effectivement sur une Assemblée qui n'a pas de majorité.

Alors nous n'en avons pas plus au Sénat, je rappelle quand même qu'il n'y a pas de majorité absolue au Sénat mais on arrive à composer et à sortir des textes que n'arrive plus à faire l'Assemblée nationale. Donc il y a effectivement des artifices législatifs, il a été utilisé, un artifice, sur ce texte de loi. Je rappelle quand même que la gauche et notamment LFI a utilisé d'autres artifices pour rejeter des textes faisant durer le temps sur d'autres textes et du coup ne permettant pas le vote à l'Assemblée nationale d'un certain nombre de textes.

On peut le regretter mais en même temps on ne peut pas non plus paralyser notre pays parce qu'à un moment donné le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale et finalement d'avoir une majorité composite et des groupes d'extrêmes qui à un moment donné ne permettent pas qu'on légifère dans de bonnes conditions.

1:14:37
Présentateur

Vous parliez de la France insoumise, les insoumis qui sont satisfaits, qui fêtent finalement On va écouter Manuel Bompard qui était sur notre plateau il y a quelques minutes. La vérité c'est que M. Attal a essayé de passer en force en faisant une motion de rejet pour empêcher l'Assemblée nationale de débattre de ce sujet. Ils sont mis à dos l'ensemble des organisations syndicales et M.

Lecornu a reculé et je trouve que c'est une bonne chose qu'il ait reculé et c'est la preuve que la lutte ça paye et que le rapport de force ça paye et j'espère que ça sera le cas demain de nouvelles victoires pas uniquement sur le 1er mai mais aussi sur les salaires, sur les prix et qu'il faut se mobiliser pour contraindre le gouvernement à bouger. Bernard Jomier, est-ce que Sébastien Lecornu a reculé aussi parce qu'il y avait une menace de motion de censure venant de la gauche et les socialistes étaient prêts à la voter et qu'il a voulu maintenir son gouvernement peut-être ?

1:15:24
Invité

On peut s'en désoler mais encore une fois il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale et le gouvernement ne survit que parce que une gauche responsable Les socialistes ? Une gauche responsable a accepté qu'il y ait un budget pour notre pays et un budget de la sécurité sociale sans faire tomber le gouvernement et ça ce n'est pas un blanc-seing donné pour procéder à des réformes d'emploi. Le pays n'est pas paralysé parce qu'il y a un budget parce que le pays tourne et il tournera comme ça jusqu'à la présidentielle mais ce n'est pas un license to kill le 1er mai.

Le 1er mai est un symbole au-delà de la journée du 1er mai qui date du 19e siècle qui parle fortement à une grande partie de l'opinion publique et si on veut toucher au 1er mai et en termes de travail c'est un jour sur 365 donc ça laisse de la marge de discussion sur les autres jours et bien il faut que chacun expose sa vision et puis quand il y aura des élections que le chef de l'État la prochaine majorité parlementaire dise ce qu'elle veut faire avec cette journée-là et les Français ils jugeront mais évidemment cette précipitation la manœuvre parlementaire on connaît tout ça mais sur un sujet aussi

1:16:38
Présentateur

ça valait une censure socialiste ce texte ?

1:16:40
Invité

Ce qui valait censure c'est le non-respect par le gouvernement et par Sébastien Lecornu d'un engagement à gérer le pays mais certainement pas à procéder à des réformes symboliques ou de large portée qui nécessitent une adhésion de l'opinion publique il n'en a pas le mandat

1:16:59
Présentateur

Stéphane Zumstek parlons du fond de ce débat qu'en pensent les Français sur ces autorisations pour certains commerces de travailler le 1er mai ?

1:17:06
Invité

Le premier point c'est que les Français restent viscéralement attachés à leurs jours fériés en général rappelez-vous la proposition de François Bayrou de supprimer deux jours de jours fériés levé de bouclier immédiat cette fois-ci non pas des syndicats et de la gauche mais de l'opinion publique de gauche comme de droite et ça avait en partie scellé son sort dans les jours qui avaient suivi en revanche quand on les interroge très précisément ce sont des confrères qui ont fait ça sur le 1er mai oui il n'y a pas d'hostilité à l'extension de la possibilité de travailler est-ce pour autant que c'est quelque chose qu'ils attendent qu'ils réclament moi je ne m'en suis pas persuadé parce que peut-être que vous avez raison de le souligner il y a une portée symbolique très particulière pour le 1er mai mais malgré tout pour un Français consommateur il y a plein de commerces ouverts le 1er mai il y en a évidemment encore plus lors des autres jours fériés mais c'est un peu comme un dimanche il y a des commerces ouverts donc il n'y a pas ce sentiment de la part des Français finalement d'une journée où ils ne peuvent rien faire c'est faux ça de le dire et c'est aussi à mon avis une autre maladresse ou une autre inexactitude de Gabriel Attal c'est d'avoir dit on va vous libérer pour le 1er mai vous aurez accès au service ou au commerce mais on a accès très clairement au service les Français et les Françaises ont accès au service après oui quand on leur pose la question il n'y a pas d'obstilité à partir du moment où on leur demande est-ce que vous seriez favorable est-ce que vous seriez favorable ou opposé au fait que l'on puisse travailler le dimanche sous réserve d'être volontaire sous réserve d'être payé double forcément les gens répondent oui et c'est logique maintenant la question est de savoir si derrière ils considèrent que c'est une nécessité c'est plus ça le souci et je ne suis pas persuadé que les Français considèrent aujourd'hui que c'est une nécessité et donc une priorité d'élargir la capacité de travailler d'où là encore ce que je disais tout à l'heure sur Gabriel Attal qui n'a pas forcément trouvé le sujet du moment le sujet qui pouvait apparaître disruptif est suffisamment clivant donc oui il n'y a pas d'hostilité mais il y a toujours aussi cette réticence des Français ils insistent bien sur le volontariat et le pays double et le volontariat quand vous creusez vous vous rendez bien compte que ça a été toutes les polémiques sur le travail du dimanche il y a de nombreuses années maintenant quand vous êtes dans une grande entreprise est-ce que vous avez véritablement le choix

1:19:05
Présentateur

il peut être un peu forcé ce volontariat

1:19:06
Invité

donc oui il n'y a pas d'hostilité mais ce n'est pas quelque chose qui est réclamé qui est attendu par l'opinion publique

1:19:10
Présentateur

Frédéric Puissa cette réforme n'est pas vraiment une attente de la part des Français mais alors pourquoi la droite est si attachée à toucher à ce symbole du 1er mai qui est quand même un acquis des travailleurs

1:19:19
Invité

nous ne touchons pas au 1er mai il y a trois articles dans le code du travail qui concernent le 1er mai le premier dit le 1er mai le seul jour qui est férié et chômé le deuxième dit qu'on est payé double quand on travaille le 1er mai et le troisième considère qu'il y a des dérogations qui sont déjà possibles je rappelle que les employés des EHPAD des hôpitaux travaillent le 1er mai donc il y a déjà des gens qui travaillent le 1er mai effectivement le 1er mai n'est pas un jour où la France s'arrête et là on décide d'étendre effectivement ce 1er mai à d'autres catégories de professionnels pourquoi ?

Je rappelle quand même que tous les Français étaient extrêmement émus quand un boulanger en mai 2025 c'est-à-dire qu'il n'y a pas très longtemps 9 mois en arrière avait effectivement été convoqué à la gendarmerie avec une pénalité pouvant aller jusqu'à 78 000 euros pour effectivement avoir fait travailler ses salariés un 1er mai c'est à ça que répond ce texte de loi et je rappelle quand même même si effectivement nous sommes les sénateurs et que nous représentons les territoires mais à l'époque le gouvernement qui représente quand même à un moment donné les habitants était favorable la ministre Catherine Vautrin qui est toujours dans le gouvernement avec Sébastien Lecornu qui était aussi dans le gouvernement en 2025 a jugé qu'il fallait réformer cet article du code du travail qui élargissait la possibilité à des professionnels de travailler le 1er mai alors moi j'entends bien qu'il y a des gens qui ne veulent pas travailler le 1er mai mais ceux qui veulent travailler le 1er mai pour être payés double dans un objectif de pouvoir d'achat avec effectivement vous avez raison on a toujours ce sentiment de se dire est-ce que c'est du volontariat pas du volontariat là on a encadré quand même le dispositif c'était par écrit en tout cas dans le texte de loi avec effectivement si le salarié ne travaillait pas une non-possibilité d'avoir recours à un certain nombre de pénalités pour ce salarié mais en tout état de cause ceux qui veulent travailler je ne vois pas pourquoi on leur interdirait de travailler aussi c'est ça la France c'est ça la liberté dans notre pays

1:21:04
Présentateur

Bernard Jomier on est en train d'interdire de travailler à des boulangers des fleuristes qui veulent un peu augmenter leur chiffre d'affaires le 1er mai

1:21:10
Invité

il faut regarder ce qu'on peut faire comment on peut avancer sur cette question je pense que c'est ça qui est important à ce stade là c'est fini pour cette année et tant mieux la première centrale syndicale de notre pays j'en ai entendu les responsables dire qu'ils étaient prêts au dialogue ils demandent qu'il y ait une négociation ils sont prêts à regarder branche par branche s'il faut des aménagements et s'il faut des aménagements on prend l'exemple de la profession de boulanger pourquoi ils peuvent pas travailler parce que la restauration peut travailler mais pas la vente alimentaire enfin bon les commerces de détail or beaucoup de boulangers d'ailleurs maintenant font de la restauration sur place c'est une profession qui a évolué donc s'il doit y avoir des évolutions qu'il y ait une évolution nous on n'a pas d'objection principielle mais on demande à ce que s'agissant d'un symbole pour les salariés et les organisations de travailleurs du pays il y ait une négociation avec eux et prenons le temps plutôt que de précipiter par cette manœuvre liée à l'agenda présidentiel de monsieur Attal ou d'un tel ou d'un tel prenons justement et prenons l'habitude dans notre pays d'avoir un peu plus une logique de compromis politique il y a encore des gens visiblement qui ne l'ont pas compris que l'ère des décisions voilà qu'on impose à tout le monde de j'aurai sur une majorité de 60% et je ferai ce que je voudrais il faut tourner la page il faut apprendre les compromis politiques et cette question du 1er mai est une bonne illustration parce que pour les uns c'est un symbole fort d'autres nous disent on veut pouvoir travailler ce jour-là et bien trouvons une solution les organisations syndicales ne sont pas butées

1:22:45
Présentateur

et en tout cas le gouvernement qui n'a pas de majorité à l'Assemblée est du coup très attaché à cette logique de compromis politique on va écouter sur ce point Laurent Panifousse le ministre des Relations avec le Parlement

1:22:53
Invité

au regard du blocage à l'Assemblée au regard de la levée de boucliers plus que forte totalement unanime des syndicats la méthode du gouvernement est simple et elle est la même finalement depuis le début sur ces situations c'est donner la main aux partenaires sociaux que les partenaires sociaux nous disent comment ils veulent faire pour régler le problème précis que j'ai évoqué les artisans boulangers les fleuristes et ensuite nous transposerons nous demanderons aux parlementaires de transposer cet accord des partenaires sociaux dans la loi

1:23:19
Présentateur

Stéphane Zumstegg le gouvernement qui relance la concertation entre les partenaires sociaux ça veut dire que là on est dans la dernière année avant la présidentielle le gouvernement sans majorité ne va plus pouvoir faire grand chose là encore

1:23:31
Invité

on a beaucoup parlé de reculette du gouvernement je ne veux pas revenir sur qui a le plus perdu ou le moins gagné de cette séquence mais la spécificité la singularité de Sébastien Lecornu c'est qu'il a mis en place lors de sa nomination à Matignon une méthode qui porte son nom la méthode Lecornu et à Sébastien Lecornu je pense que l'opinion lui ségrée finalement d'éviter d'éviter que des fronts sociaux que des crises sociales se mettent en place je me mets à la place de l'opinion s'agit-il d'une reculade donc d'une défaite et donc cela signifie-t-il qu'il ne se passera rien dans l'année qui vient ou alors s'agit-il d'une décision de bon sens de quelqu'un qui essaye d'éviter que la société française se fracture encore plus moi je pense que c'est plus cette seconde hypothèse qui aux yeux de l'opinion je me répète l'emportera il ne se passera rien non il y aura des textes de voter et je pense que ce que les françaises et les français attendent aujourd'hui de cette période de cette période le cornu de ce moment le cornu quelque part mais qui dure déjà maintenant c'est d'avoir pu mettre fin à l'instabilité gouvernementale d'avoir trouvé non pas une majorité mais d'avoir voté des budgets et ensuite de savoir gérer les quelques mois l'année qui nous reste en évitant toute crise sociale est-ce que cela signifie qu'il ne se passera rien ça après c'est un vrai débat mais je trouve que la contre-attaque ce n'est pas une contre-attaque mais les propos du ministre chargé des relations avec le parlement sont très clairs nous on veut éviter une crise il y a un problème on cherche le consensus et bien on va essayer de favoriser les discussions au niveau des branches c'est peut-être une posture ce sera peut-être quelque chose de concret mais je ne suis pas persuadé qu'il ne se passera rien non la priorité je le disais tout à l'heure c'est un arbitrage crise sociale avec lutte sociale forte ou pas le choix il est clair en tout cas il est clair depuis quelques mois avec Sébastien Lecornu mais c'est une méthode et c'est une méthode qui à mon sens passe plutôt bien auprès des français

1:25:23
Présentateur

Frédéric Puissa c'est une bonne méthode la méthode Lecornu de relancer la concertation branche par branche pour obtenir un compromis sur ce sujet

1:25:29
Invité

j'entends ce qui est dit je rappelle quand même que Sébastien Lecornu avait un an pour travailler sur ce sujet il y a un an quasiment qu'on a voté ce secte de loi au Sénat il s'en occupe maintenant parce qu'effectivement la crise arrive je rappelle quand même que Sébastien Lecornu veut faire oeuvre utile qu'il est élu pour être utile si être utile c'est reculer sur la réforme des retraites c'est effectivement reculer des cas inostables je ne sais pas si c'est ça être utile pour notre pays je pense quand même que les français l'attendent notamment sur le prix d'essence sur un certain nombre d'enjeux actuellement dans notre pays qui sont un vrai sujet pour le portefeuille des français

1:26:00
Présentateur

ce sera un thème de la présidentielle ce pouvoir d'achat et le travail

1:26:03
Invité

en tout cas des décisions fortes et un cap alors après effectivement il y a des élections les français tranchent mais moi je rappelle quand même que le président de la république n'a pas fait campagne qu'il n'avait pas de programme et si nous en sommes là aujourd'hui en plus sans majorité à l'Assemblée nationale c'est bien parce qu'au départ on part d'un système où nous n'avons pas de cap et c'est bien ça la difficulté de notre pays

1:26:22
Présentateur

ce sera le mot de la fin merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat politique du jour on va finir par une histoire une histoire aujourd'hui à lire dans le journal le télégramme un tour d'Afrique en voilier mais un tour en voilier pas comme les autres Morgane Breuil et Arthur Denichin vont partir l'an prochain de la ville de Concarneau en Bretagne à bord d'un voilier laboratoire qui a pour but de régénérer des terres agricoles en Afrique grâce aux larves de mouches de soldats noirs un type de mouches précis ces larves de mouches se nourrissent de déchets et fournissent un engrais ensuite pour les terres agricoles et ensuite les mouches adultes servent de protéines à l'alimentation des bêtes et sont donc un substitut par exemple aux farines de soja alors cette expédition un petit peu étrange va durer pendant 4 années elle est jugée cruciale alors qu'en 2050 90% des terres mondiales seront dégradées c'est un projet humanitaire qui est financé par le fonds Explore de Concarneau et c'est à lire dans le télégramme comme quoi les mouches ont aussi une utilité voilà on finit cette émission avec cette histoire merci d'avoir participé merci de l'avoir suivi et on se retrouve demain sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous et l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Merci d'avoir regardé cette vidéo !

1:27:53
Locuteur

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