Tornade dans l'Aude : le colonel Christophe Magny est l'invité de Anne-Sophie Lapix
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Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qu'il s'est passé précisément hier soir ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Le maire du village a dit que ce village avait été bombardé par la nature. C'est ce que vous avez ressenti en arrivant ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, à quoi ressemblent les rues du village ? Vous pouvez nous les décrire ?
- 2:23FerméeRéponse partielle
Je crois que 120 pompiers ont été mobilisés, c'est ça, au cœur de la nuit ?
- 2:58FerméeRéponse directe
Je crois qu'il y a 300 maisons sur les 476 du village qui ont été touchées. Il y a encore des risques d'effondrement à cette heure ?
- 4:10OuverteÉludée
Comment vos hommes vérifient que cela tient ? Comment on inspecte ce genre de bâtiment ravagé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33InvitéFait
« Après 17h, on était en vigilance orange sur le département. »
- 0:40InvitéFait
« On a reçu un premier appel sur le quartier du château de Pomasse, nous indiquant qu'on avait un épisode de vent avec des dégâts importants. »
- 2:27InvitéChiffre
« Alors on est 120, on est en fin d'après-midi, là on va monter jusqu'à 185 avec des renforts qui viennent de 12 départements. »
- 2:58PrésentateurChiffre
« Je crois qu'il y a 300 maisons sur les 476 du village qui ont été touchées. »
- 5:15InvitéChiffre
« Là, aujourd'hui, on voit qu'on en a près d'une cinquantaine qui pourront être gagnées ce soir dans les 300. »
- 5:35InvitéChiffre
« Et puis après, on en a à peu près une centaine qui pour nous sont plutôt catégorisées comme inhabitables. »
- 6:02PrésentateurChiffre
« Une quarantaine d'habitants ont été blessés. »
- 6:13InvitéChiffre
« On a une situation par rapport aux méde-habitants de la commune. On a dit près de 500 habitations. »
- 6:20InvitéChiffre
« On voit qu'on a un bilan qui a été évolutif aujourd'hui avec 50 personnes qui ont été vues et qui, pour 20 d'entre elles, ont été évacuées sur les centres hospitaliers. »
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Merci Antoine, à demain. Notre grand invité est le colonel Christophe Magny. Bonsoir, vous êtes directeur du service départemental d'incendie et de secours de l'Aude. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes en direct de Poma, ville sinistrée, ville ravagée par une tornade hier soir aux alentours de 17h. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qu'il s'est passé précisément hier soir ?
Après 17h, on était en vigilance orange sur le département. On a reçu un premier appel sur le quartier du château de Pomasse, nous indiquant qu'on avait un épisode de vent avec des dégâts importants. Donc on a tout de suite déployé des moyens sur les lieux. Des moyens d'ailleurs aussi pour certains qui étaient prépositionnés, parce qu'on est aussi dans une période de risque feu de forêt. Et donc on a aussi des moyens prépositionnés sur tout le département pour faire face à ce risque. Et on est ensuite monté rapidement en puissance à travers le nom d'appel qu'on a pu recevoir pour justement évaluer les dégâts et monter en puissance pour organiser cette opération d'envergure.
Le maire du village a dit que ce village avait été bombardé par la nature. C'est ce que vous avez ressenti en arrivant ?
Alors c'est ce qui a été ressenti par les premières équipes qui y sont intervenues. Les pompiers aux côtés du maire qui ont pu observer effectivement des dégâts conséquents, des habitations complètement détruites, des véhicules aussi complètement explosés. Et du coup des dégâts importants qui ont été consolidés par les premières équipes drones qui étaient sur place pour pouvoir apprécier l'étendue des dégâts. Et surtout acheminer rapidement en lien avec le maire, toutes les personnes blessées à la salle polyvalente de la commune de Pomasse.
Aujourd'hui, à quoi ressemblent les rues du village ? Vous pouvez nous les décrire ?
Alors on est sur des rues qui sont parsemées d'obstacles, même si on a aujourd'hui dans l'émission ouvert les routes, en tronçonnant les arbres qui jonchaient la route, mais aussi en enlevant les gravats pour permettre au secours d'aller sur toutes les opérations de sécurisation des habitations, pour permettre aux gens de regagner leur domicile le plus rapidement possible pour les maisons les moins touchées. Mais voilà, ça a été surtout un décor effectivement, qui rappelle les dégâts conséquents et le travail important qui reste à faire pour sécuriser et ramener un retour à la normale dans les prochaines semaines ou prochains mois.
Je crois que 120 pompiers ont été mobilisés, c'est ça, au cœur de la nuit ?
Alors on est 120, on est en fin d'après-midi, là on va monter jusqu'à 185 avec des renforts qui viennent de 12 départements. On a les Bouches-de-Rhône, mais aussi les Alpes-Maritimes qui vont se présenter fin d'après-midi, donc on est au plus fort en fin de cette journée, à 185 sapeurs-pompiers. Avec des équipes spécialisées pour pouvoir en progresser justement en toiture, mettre des systèmes de bâchage, mais aussi des équipes drone pour mieux apprécier les risques. Et puis on a eu hier d'ailleurs aussi 6 équipes cynophiles pour lever le doute sur d'autres victimes éventuelles qui pouvaient être ensevelies.
Je crois qu'il y a 300 maisons sur les 476 du village qui ont été touchées. Il y a encore des risques d'effondrement à cette heure ?
Alors là, on a eu 12 binômes d'équipes spécialisées dans les risques bâtimentaires qui sont des apports-pompiers à guérir à l'exercice avec une formation spécifique qui ont par maison catégorisé 301 maisons justement, soit par des effets limités, soit par des effets plus importants, d'autres qui pouvaient être habitables après quelques travaux et puis d'autres à l'inverse qui étaient inhabitables. Donc ce travail de recensement permet aujourd'hui d'identifier lesquels vont pouvoir ce soir regagner grâce aux travaux qu'on a réalisés.
Je vous propose d'écouter le témoignage de Dimitri. C'est un habitant de Poma, ou Pomasse, je ne sais plus comment on le prononce, un témoignage recueilli sur place par Simon Marseille.
Déjà, c'est un peu drôle de revoir des gens dans une maison comme ça. Et je me dis, waouh, c'est compliqué, c'est dur. Il reste quatre murs, il n'y a plus de lit, il n'y a plus d'armoire, il n'y a plus de vêtements. Tout a été emporté. Parce que là, on a l'impression que c'est une maison de plein pied. Il y avait un étage avec les chambres, la salle de bain, il n'y a plus rien. C'est une dalle vide. Et là, ça, c'est votre voiture ? Et là, c'est ma voiture, voilà, qui est ensevelie sous les morceaux de béton qu'ils ont dû tomber de l'étage. Enfin, il n'y a plus rien.
Comment vos hommes vérifient que cela tient ? Comment on inspecte ce genre de bâtiment ravagé ?
C'est là où moi, je ne pourrais pas vous répondre n'ayant pas la qualification de risque bâtimentaire, mais c'est une formation spécifique qui permet d'apprécier justement à travers l'observation et la mesure d'un certain nombre d'indicateurs comment justement le bâtiment peut être réoccupé ou pas après ou pas de travaux. Donc, il y a un listing qu'on fait bâtiment par bâtiment. Donc, c'est là où tous les pompiers engagés au plus fort de la nuit ont reconnu ces 301 bâtiments en ayant fait ce bilan qu'on a pu rendre au maire et à la sous-préfète de Limoux qui étaient sur les lieux pour apprécier leur catégorisation. Est-ce que le bâtiment a bougé ? Est-ce qu'on a des fissures ?
Est-ce qu'on a un accès à l'intérieur du bâtiment ? Comment a travaillé les vitres ? Donc, entre le vent et les effets qu'il a générés qui sont très impressionnants, c'est ça qui permet d'apprécier le niveau de stabilité du bâtiment.
Et sur les 301 maisons qui ont été touchées, on a une idée du nombre de celles qui pourront être sauvées ?
Là, aujourd'hui, on voit qu'on en a près d'une cinquantaine qui pourront être gagnées ce soir dans les 300. On en a encore une grosse 150 à peu près qui vont être à traiter pour pouvoir justement les sécuriser en faisant des travaux de bâchage mais en enlevant aussi les matériaux qui menacent de tomber, que ce soit des cheminées ou des tuiles par exemple. Et puis après, on en a à peu près une centaine qui pour nous sont plutôt catégorisées comme inhabitables.
Donc là, on est sur une situation plutôt très défavorable sur ce type de bâtiment qui pour nous ne répond pas à des conditions même après travaux de pouvoir regagner le domicile parce qu'on a dans ces 100 maisons près de la moitié qui sont complètement rasées. C'est-à-dire que vous voyez juste les 4 angles de l'habitation sans autres matériaux.
Alors, il y a aussi bien évidemment un bilan humain. Une quarantaine d'habitants ont été blessés. C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort quand vous nous décrivez ce spectacle de désolation ?
C'est clair. On a une situation par rapport aux méde-habitants de la commune. On a dit près de 500 habitations. On voit qu'on a un bilan qui a été évolutif aujourd'hui avec 50 personnes qui ont été vues et qui, pour 20 d'entre elles, ont été évacuées sur les centres hospitaliers. Donc, on est plutôt sur un bilan avec les blessés graves qui sont passés et blessés légers. On voit que les 20 blessés légers permettent d'avoir un bilan effectivement remarquable par rapport à l'épisode de cette tornade exceptionnelle et importante.
Et de quel genre de blessures souffrent-ils ? Je crois que certains ont été littéralement ensevelis dans leur maison. On a entendu ces témoignages ?
Alors, ça, c'est les éléments qu'on avait, mais elles ont été rapidement évacuées pour deux d'entre elles, qui étaient à l'intérieur effectivement du bâtiment, mais qui ont pu être dégagés sans utilisation de techniques particulières qu'ont nos équipes spécialisées de sauvetage des bléments. Et puis après, les autres, on est plutôt sur des plaies et des hématomes pour la majorité des premières victimes qui étaient directement en lien avec l'épisode lié à la tornade. Puisqu'on le voit sur les façades, d'ailleurs, des projectiles importants.
On voit même des tuiles qui ont traversé des carrosseries de voitures ou des habitations qui ont été traversées par des parties en bois qui ont été projetées. Donc, ça rappelle les personnes blessées qui étaient surtout avec des blessures et hématomes liées à des chocs.
Alors, il y a les blessés, mais on imagine aussi tous les autres, ceux qui ont tout perdu. Comment sont-ils pris en charge ? Où vont-ils dormir cette nuit ?
Alors là, il y a une solidarité dans le département où le préfet l'a rappelait tout à l'heure que ça fait partie de l'ADN de l'Aude où il y a les communes voisines qui ont permis d'accueillir l'ensemble des personnes hier dans des villages voisins, dans des familles d'accueil ou en lien avec les maires, où tout se met en place là-dessus, dans ce dispositif de solidarité. Au même titre que nous, les 11 départements en renfort, on les accueille dans les meilleures conditions pour justement pouvoir durer dans l'effort à travers des conditions de couchage ou de restauration pour avoir des équipes toujours fraîches pour pouvoir intervenir dans les meilleures conditions.
Donc, la solidarité qui a été le remarquable pour aider ces habitants de Pommasse.
Il y a une cellule psychologique pour les aider ?
Tout à fait, avec un soutien de ces gens qui ont besoin d'être accompagnés et de les faire parler. Nous, on a nous-mêmes modestement eu trois psychologues, sapeurs-pompiers de l'eau qui ont été aux côtés aussi de la population et qui sont à vocation première aux côtés des pompiers mais qui, pour eux, ont fait face. Et du coup, ils sont aussi aux côtés de la CUMP appuyés pour soutenir la population face à cette épreuve. On peut comprendre de tout perdre en quelques minutes et des bruits et du vent qu'on peut imaginer très impressionnants.
Les habitants ont évidemment réagi comme ils ont pu en essayant de se protéger, de protéger même leur domicile. Comment il faut réagir en pareille situation ? Est-ce qu'il y a une marche à suivre face à un phénomène aussi exceptionnel et violent ?
Alors, on l'a dans les rappels des procédures qu'on envoie régulièrement sur les vigilances qu'elles soient liées à la pluie ou au vent. Par exemple, on est sur des principes effectivement de rester chez soi, de fermer ses volets, de rentrer son mobilier de jardin lorsque c'est possible et puis après, ça va être effectivement comme pour un tremblement de terre de se trouver dans une zone qui permet de rester à l'abri en cas d'effondrement de bâtiments comme on a pu le voir par exemple ici. C'est effectivement d'avoir une zone de survie, ce qu'on appelle, soit sous une table, soit sous un abri en cas d'effondrement des murs porteurs du même bâtiment.
Donc ça, c'est vraiment des consignes qui sont rappelées pour chaque type d'épisode, y compris les tornades.
Merci beaucoup, colonel Christophe Mani, directeur du service départemental d'incendie et de secours de l'eau. Merci de nous avoir accordé cette interview alors que vous vous trouvez encore sur place. Dans un instant, on retrouve la petite bande de RTL Soir. L'info qu'on a failli manquer de Florian Gazan. Cette info, ce sont les JO version robot qui viennent de se terminer. Le petit phénomène d'Emma Guessel, c'est un croissant, mais un croissant glacé. J'ai l'impression qu'il y a dégustation ce soir dans le studio d'RTL. Et puis Tanguy Pastureau défait l'info, l'info politique, puisqu'il s'intéresse notamment à la primaire de gauche. A tout de suite. Merci d'écouter RTL.