André Laignel : "Les collectivités subissent la tutelle finanière de l'Êtat"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour André Lniel. Bonjour. Ce congrès, ben c'est le dernier du mandat 2020-2026.
C'est un mandat qui a été marqué par d'innombrables crise qui a commencé avec le Covid et qui finit dans la crise politique actuelle. Quel regard portez-vous sur le rôle qu'ont tenu les maires pendant ce mandat hors du commun ? C'est effectivement un mandat malheureusement au sens négatif du terme extraordinaire.
Il a commencé par le confinement et il se termine dans la confusion. Les maires ont été en première ligne. Ils ont été en première ligne dès le confinement.
Ils ont assumé les la distribution des masques, l'organisation des vaccinations et puis ils ont continué au fur et à mesure des crises à faire face. La crise énergétique qui était particulièrement brutale et nous avons dû parfois fermer des équipements, ajuster nos moyens. Nous avons tenu et pour les Français aujourd'hui cette période difficile pour l'ensemble des maires de France a été aussi une démonstration de l'importance des communes et de du caractère indispensable, faut aller jusque là, du caractère indispensable des maires et de leurs équipes.
S'il n'y avait pas eu les maires, s'il n'y avait pas eu cette proximité au sein de chaque commune, la France n'aurait pas tenu dans la distance et malgré nous, elle est aujourd'hui en difficulté. Alors, ce 107e congrès qui s'ouvre ce matin a été placé par l'AMF sous le fil de la liberté. Vous avez souvent répété que la liberté ne peut pas s'exercer sans moyen.
Pour ce qui concerne les communes, qu'est-ce que ça signifie ? C'est vrai que le mot liberté est quand même l'un des plus beaux mots de la langue française avec le mot amour. Liberté dans la vie, on réclame en général ce qui nous manque.
Et si nous avons choisi de proclamer ce mot liberté, comme disait Paul Loir, liberté, j'écris ton nom, c'est parce que nous sommes de plus en plus étouffés. Étouffés administrativement, étouffés juridiquement et surtout étouffé financièrement. J'ai coutume de citer Albert Camu qui disait "Privez l'homme de son pain, que lui reste-t-il de liberté ?
Prive les collectivités territoriales, des moyens de l'action, de pouvoir agir, ce qui était le titre d'un congrès il y a 2 ans, bah c'est en réalité le mettre en tutelle. Et donc aujourd'hui, nous subissons la tutelle financière. Nous sommes étouffés et nous le sommes année après année.
Ça s'accumule, ça s'ajoute, ça s'additionne et nous arrivons à un moment où la respiration nous manque, où nous sommes en autofinancement négatif, comme disent les spécialistes financiers, c'est-à-dire dans l'incapacité d'investir dans la durée et pour certains dans la nécessité de baisser le niveau de service public à la population. C'est une situation inacceptable. Alors, on sait que le premier ministre a parlé de d'un mouvement de décentralisation.
Il va proposer un projet de loi sur ce sur ce sujet dans les semaines qui viennent. Mais ce mouvement de décentralisation s'accompagne de nouvelles ponctions sur les budgets communaux justement. Est-ce que pour vous cela peut faire douter de la sincérité de cette volonté décentralisatrice ?
Ça fait totalement douter. Comment peut-on nous dire d'un côté on va vous faire une loi de liberté et dans le même temps accélérer l'étouffement auquel nous sommes soumis ? Ça fait partie des injonctions contradictoires permanentes de l'État et d'un État qui ne tient pas ses engagements.
Il y a ce qu'on appelle le dilico, ce qui est barbare mais en gros ça consiste à nous geler un milliard d'euros et on nous avait dit c'est pour un an puis même on ira jusqu'à vous en rembourser une partie. Et maintenant, on vous dit non, excusez-nous hein, c'est pas comme ça. C'est pour 2 ans au moins puisqu'on le remet pour 2026 et en plus on le double.
C'est j'allais dire un holdup en bande organisée qui est ainsi mis en œuvre. Comment peux-tu croire à la parole de l'État ? La parole de l'État, elle est devenue une pièce de musée, quelque chose de vieux qu'on met au fond des réserves.
Mais il n'y a plus aucune confiance aujourd'hui parce que l'État fait en sorte que sa parole n'ait plus aucune valeur. Sur un terrain plus personnel peut-être, vous êtes maire depuis 1977, c'est-à-dire depuis presque 50 ans. Qu'est-ce qui vous fait encore aimer autant cette fonction de maire et vous donne l'énergie de tant vous y impliquer encore ?
Un mot, amour. l'amour de ma ville, l'amour de mes concitoyens, l'amour du sentiment d'être utile. C'est l'amour.
Je pourrais vous répondre aussi par un verre de René Chard qui disait "C'est l'enthousiasme qui lève le poids des années.
André Laignel