Attentat à Trappes : "La pression sur les enquêteurs est énorme" (Jean-Marie Godard)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29Fait
« le président de la République l'a clairement dit en évoquant un attentat commis sur la base d'une idéologie raciste. »
- 4:53Fait
« il a fallu faire venir le déminage et d'abord voilà sécuriser le domicile avant de pouvoir faire la perquisition »
Temps de parole
- ?100 %
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Je crois que nous allons tout de suite avoir Marine Mulset. Marine, vous êtes à Trappe. Bonjour Marine. Oui, je me trouve à Trapé. Allez-y. Oui, bonjour. Oui. Donc évidemment ici à Trape l'émotion est immense. Alors la préfecture des Yvelines a décider d'ouvrir deux cellules d'urgence médicoychologique. Une première à la mairie de la Verrière et une autre ici à la mairie de Trappe. Elles ont ouvertes toutes les deux à 14h hier ces cellules et elles viennent de rouvrir ici à Trappe. Elle a ouvert à 9h ce matin il y a quelques instants. Elle ce dispositif servira pour les personnes qui ont été témoins de l'attaque d'hier
ou alors celles qui sont directement impliqué dans la fusillade, les familles des victimes. Il y a à l'intérieur des personnels du SAMU ou de la Croix-Rouge pour toute personne qui souhaiterait parler et qui auraient besoin d'une aide psychologique. Merci beaucoup Marine. Le maire Génération S Ali Rabet de la ville a très vite mis en cause l'atmosphère de racisme décomplexé dans la société de certains médias et d'une partie du personnel politique. Je cite ces termes. Visiblement, on l'a bien compris hein, cet homme a préparé son acte et piégé son appartement aussi pour s'attaquer à la police en plus de la population à laquelle il s'est attaqué. Antoine Comte, on est vraiment dans un moment extrêmement sensible. Le président de la
République l'a clairement dit en évoquant un attentat commis sur la base d'une idéologie raciste. Oui, il reprend quasiment les mots le chef de l'État du maire prononcé par le maire de Trappe Ali Rabé juste avant lui hein. En gros, c'est une attaque terroriste raciste. He les d'ailleurs c'est c'est le qualificatif qui a été donné aussi par le PNAT, le parquet anti terroriste euh avec donc deux élus. Donc le maire de Trappe et bien sûr le président de la République qui disent que finalement il y a une forme de de de parole raciste qui s'est libérée dans dans le pays, qu'on a un racisme décomplexé et le le maire de Trap vise bien sûr certains médias qui permettent de disyer cette parole là, certains responsables
politiques aussi. Alors ils ne citent pas leur nom mais on on voit bien de de qui il s'agit. Certains ont été d'ailleurs condamnés par la justice pour haine raciale. He on peut citer par exemple Éric Zemour, c'est tout à fait officiel. Euh il cible aussi le Rassemblement national sans sans le dire euh directement et euh Emmanuel Macron a surtout dit que c'était un tournant historique dans notre République, que c'était la première fois euh qu'un acte terroriste euh raciste euh avait lieu sur le territoire national. euh acte planifié en raison de la couleur de la peau ou d'une appartenance religieuse. Euh le problème c'est qu'Emmanuel Macron a été très rapidement attaqué par une grande partie de la classe politique. Alors une grande partie non surtout le le la droite de l'échiers politique
l'ELR et bien sûr le Rassemblement national qui et reconquête aussi Sarah Knafo lui reprochant d'oublier finalement les actes terroristes des années précédentes. Mohamed Mera en 2012 qui avait visé une école juive à Toulouse, on s'en souvient, l'Hypercacher en 2015 à Paris euh et puis même la communauté aussi chrétienne avec le père Amel qui avait été assassiné dans son église à Saint-Étienne du du Rouvret. Euh donc en fait il y a il y a il y a il y a une espèce de combat d'affrontement politique un petit peu pathétique par rapport quand même à la situation, il faut le dire, avec certains qui reprochent chef de l'État d'avoir qualifié trop vite finalement d'acte en tout cas de que ça soit une une première selon lui. En fait, il faut demander à des historiens et des experts du sujet
pour savoir si c'est vraiment une première ou pas. Mais le fait que quand même, je termine juste le fait que quand même il y a eu une attaque terroriste raciste et qu'elle soit qualifiée ainsi par le parquet euh antiterroriste et que finalement on a eu à faire visiblement à un individu qui était parti pour faire une tuerie de masse raciste comme on peut les voir aux États-Unis mais qui a été interpellé au bout de 15 minutes par la BAC et donc qui a pas pu, Dieu merci, commettre ces actes-là. Ça, c'est peut-être une première. C'est-à-dire que cette société américaine où on a des tuin de masse racistes peut-être est en train de de s'importer là actuellement chez nous. Alors Anou Formiguet, pendant que les les politiques discutent effectivement très clairement comme l'a très bien
expliqué Antoine de des termes et ces meuves de la gravité de la situation, les policiers eux ils enquêtent. Comment ça marche ce genre d'enquête ? C'est une enquête donc antiterroriste. Comment ça fonctionne là ? Est-ce que cet homme est déjà entendu ? il il s'exprime comment techniquement déjà cela fonctionne. Alors comme vous l'avez vu et ça a été dit dans les médias hier soir et ce matin. Hier soir il avait toujours pas été auditionné. Il pas encore une première audition parce que la première mesure à prendre c'était de faire une perquisition c'estàd d'aller chercher des éléments utiles à l'enquête au sein de son domicile. Ça a été compliqué par le fait que le domicile était piégé. Donc il a fallu faire venir le déminage et d'abord voilà sécuriser le domicile avant de pouvoir
faire la perquisition qui va s'attacher à recueillir tous les éléments qui pourront apporter la lumière sur l'effet qu'il a commis. Donc à la fois bah la présence de de de téléphone, d'ordinateurs qui sont exploités pour voir s'il avait des activités en ligne, euh voir aussi s'il avait des liens avec des groupuscules, avec voilà avec d'autres personnes, voir un petit peu aussi si à son domicile il y a des complices, du matériel, d'autres armes, des stupéfiants, enfin voilà tout ce qui peut un petit peu compléter les éléments qu'on va pouvoir recueillir sur lui et ensuite commencer l'enquête. Donc il va être auditionné l' temps de sa garde à vue, ça c'est sûr. Après, il aura le droit de se taire. ça fait partie des droits que la loi prévoit. Donc là, il a un avocat avec lui.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Et puis honnêtement, enfin c'est pas voilà, je on va pas dévoiler des des éléments d'enquête parce que c'est vraiment un sujet hyper hyper sensible et qui qui crée une grande émotion parfaitement légitime. Mais cette enquête, elle va vraiment se faire à 360°gr. Donc à la fois sur lui, sur son entourage. Il a été il a été dit que un membre de sa famille, sa mère, je crois été placée en garde à vue, [raclement de gorge] il y aura s'est présentée d'elle-même d'ailleurs au commissariat. Il est vraiment vraisemblable qu'il y ait d'autres personnes qui soient placées en garde à vue. Ça veut pas dire que on leur reconnaît une culpabilité ou une implication dans l'affaire, mais en tout cas on va pouvoir obtenir aussi des éléments de l'entourage. Donc l'enquête
va vraiment se faire à 360° d'autant plus que comme ça a été dit, il était pas connu des services de renseignement. Donc il y a des éléments qui nous manquent sur sa personnalité, son parcours, ses convictions, ses motivations évidemment. Et Jean-Marie Godard, j'imagine que pour les policiers, c'est une enquête complexe de part effectivement tout ce que vous venez d'expliquer, mais aussi parce qu'il y a une cris politique, hein. C'està-dire que on attend, tout le monde attend du résultat pour pouvoir interpréter finalement politiquement à le le fait les faits et ça comprendre à quoi et à qui [raclement de gorge] on a affaire. Tout à fait. Là, alors la pression sur les enquêteurs, elle est énorme puisque il y a une attente des politiques, il y a une attente de
l'opinion publique aussi. Il y a une attente des très forte des habitants de Trappe aussi d'avoir des réponses et [grognement] notamment une chose qui qui euh qui va jouer sur l'orientation de l'enquête, c'est effectivement il est c'est un individu qui est tout seul ou et ça on va on va le voir avec les interrogatoires sur son entourage, sur ses amis, euh la l'expertise de sa téléphonie mobile et des réseaux si il fait partie d'une nébuleuse plus large d'ultradroite ou s'il a été influencé par une personnalité politique. par j'imagine un groupe politique exactement et ça ça va déterminer l'enquête et aussi ça va jouer aussi sur d'éventuelles autres réactions politique donc sur l'ensemble de la société au niveau des policiers il y a une chose qu'il faut souligner aussi c'est la
rapidité de l'intervention de la brigade anticriminalité qui était la brigade de de locale hein du local mais il faut rappeler justement que depuis 2016 après le après les les attentats de Paris et le Bataclan, les brigades anticriminalité ont été formées et équipé, doté pour être primo intervenante en cas d'attaque terroriste et notamment avec des fusils d'assaut HKG36, ce qu'elle n'avait pas le soir du Bataclan. Et donc c'est aussi ça qui a permis cette rapidité de de d'arrestation parce que Anou Fourmiguet ce qui est important c'est de l'attraper, j'allais dire vivant pour pouvoir l'interroger. C'est quand même ça, j'imagine que ce travail de la brigade anticriminalité locale, le fait qu'il ait pu [raclement de gorge] interpeller vivant cet homme, ça va permettre aussi de lui poser des
questions. Évidemment, c'est la configuration idéale. Évidemment, ça n'est pas toujours possible et parfois les policiers sont obligés d'ouvrir le feu pour se protéger, pour protéger du public autour. Mais quand les conditions sont réunies sans que ça compromette la vie des policiers, des personnes qui peuvent être sur la voie publique, bien sûr que notre but c'est d'interpeller les personnes vivantes pour qu'elles puissent expliquer sur leurs actes et qui a aussi une compréhension à la fois d'abord des victimes et de la société en général de l'acte et puis une réponse pénale aussi qui puisse être donnée. Donc là effectivement ça a été possible. Heureusement que contrairement à ce que est certain, on n pas désarmé la police et notamment la BAC qui fait l'objet de
polémique permanente. Mais là encore une fois, tout comme au Bataclan d'ailleurs en fait c'est la la [raclement de gorge] Bague de nuit, un commissaire de la Bague de Nuit et son chauffeur qui sont rentrés en premier pour faire cesser ou en tout cas figer la situation avant que la PRI, les services spécialisés entre. Donc effectivement, c'est ces bac elles sont quand même utiles quand même. Oui. Et Charlotte, j'imagine que du côté de la sphère politique, on étudie, enfin, on regarde, on observe avec attention l'enquête policière parce que ce qui a agité finalement cet homme et ses motivations et qui est derrière ou pas cet cet événement, c'est extrêmement important. Quelles ont été ses influences ? Est-ce que c'est un ultradooite ? Est-ce que il a été influencé par d'autres ? Bref,
comprendre son écosystème politique, ça va avoir des répercussions évidemment sur la campagne. Bien sûr, on peut peut-être même dire dans et déjà que avec tout ce qui se passe en ce moment en France, on est sur un tournant dans la campagne électorale pour la présidence de la République de 2027. Là, on est en train de de regarder ce qui se enfin ce qui s'est passé et cetera. On n pas encore beaucoup d'éléments. On sait pas s'ils sont plusieurs, s'il était seul et cetera. Et je suis pas du tout spécialiste du sujet. Mais en tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que hier les responsables politiques ont immédiatement réagi et sont immédiatement emparés du sujet évidemment, y compris l'extrême droite. D'ailleurs, d'ailleurs on va regarder he le tout de suite, il y a eu sur X Marine Le Pen et
Jordan Bardella qui ont dénoncé une tuerie qui barbare, un acte barbare d'une gravité inouie pour Jordan Bardella. Charlotte évidemment et on a aussi des responsables de gauche qui ont dénoncé le racisme, le climat l'lamophobie qui monte dans le pays à l'ône de cette élection présidentielle. Mais quand on est sur le terrain, ce qui est mon cas à suivre les politiques, je trouve qu'il y a une tension, il y a des violences qu'on ne ressentait pas avant lorsqu'on faisait du reportage. Des violences de vous quel genre de violence ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? des violences verbales, des violences physiques envers les candidats. On sent qu'il y a vraiment une tension et qu'on est à un tournant dans cette campagne électorale. Je trouve que cette campagne sera vraiment
différente des précédentes, qui a un climat de tension sur fond de colère sociale, de crise climatique, de crise budgétaire, de guerre sur le sol européen, mais aussi la guerre à Gaza qui se sont installé et qui créent des conditions pour que tout soit réuni, pour qu'il y ait une sorte d'explosion. Alors, je suis pas du tout spécialiste de ces mouvements là, mais en tout cas, c'est ce que j'ai l'impression de ressentir et je pense d'autres collègues également sur le terrain peuvent le ressentir mais aussi dans l'opinion, il y a une vra une libération de la parole violente sur les réseaux sociaux qui galvanisent tout cela avec des algorithmes qui sont poussés et vous vous en aurez la preuve encore une fois ce weekend. Mais c'est vrai que sur cette attaque
terroriste raciste abominable d' à Trape, on a une classe politique qui est pas au niveau qui en fait s'affronte au lieu de faire une forme d'union nationale et de Concorde derrière finalement quand même une attaque terroriste sur ils sont tous ils sont tous unis pour [raclement de gorge] dénoncer les fo en tout cas je vois à gauche comme l'extrême droite de Marine Le Pen justement si je termine ils sont tous unis mais ils disent pas la même chose. C'est-à-dire que Marine Le Pen, elle s'y est repris à deux fois avant de qualifier que c'était bien un acte raciste. Premier tweet qu'on a vu, elle dit "C'est un acte de barbarie". À gauche, ils disent que c'est raciste. À l'extrême droite, ils disent "Non, c'est un acte de barbarie." Bruno Rotaillot dit la même chose. Et puis après, ils
refont un second tweet. Voilà, c'est en deux temps en fait, c'est une réaction en deux temps en disant "Ah oui, c'est bon, le président de la République l'a dit, puis le le PNAT, le parquet antiterroriste dit que c'est raciste. Donc on va refaire un deuxième tweet pour un peu corriger parce que c'est c'est raciste." Mais ils ont mis un petit peu en doute finalement au début finalement le le le caractère de de de cet acte qui est un acte, il faut l'affirmer, un acte selon en tout cas le parquet antiterroriste terroriste raciste. Et et quand je dis qu'ils sont pas au niveau, c'est que je le disais au début de de l'émission, ils ont veulent déjà Emmanuel Macron d'avoir utilisé d'avoir dit que c'était une première sans doute à France. Mais est-ce que ça c'est pas le le procès qu'il faut faire
à postériori ? Là, on est au moment du deuil, on a quand même une fillette de 12 ans qui a eu h impacts de balles qui est entre la vie et la mort et on a des hommes politiques qui s'affrontent. Je veux bien qu'on soit dans le cadre d'une campagne présidentielle mais c'est un peu pathétique quand même. Bon d'accord. Écoutons quand même Alibet, le maire de Trappe. Le ce maire de Trappe et bien effectivement il dit un peu comme vous, il évoque cette violence cette violence politique et il évoque aussi cette tentation de certains à influencer d'autres. écoutez-le. Il faut qu'on soit collectivement lucide sur le fait que les discours qui arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l'ex sont criminels et qu'il faut donc les condamner comme tel et que
dans un grand pays comme le nôtre, il faut plaider la Concorde civile et que les discours qui consistent qu'on soit ministre, candidat à la présidentielle, député à expliquer que tous les mots de cette société sont la responsabilité des arabos musulmans. qu'on a encore entendu récemment de la part d'un politique condamné à la par la justice à de nombreuses reprises mais qui continue de sévir librement et ben tous ces discours font des morts aujourd'hui. Euh à nous fourmiguet quand on entend effectivement ce maire de trappe qui s'inquiète effectivement de cette violence et qui peut violence qui peut toucher les quartiers hein, j'imagine que la police aussi est inquiète parce que on se retrouve avec des quartiers en ébullition. C'est pas simplement le monde politique qui est en ébullition,
c'est aussi le risque qu'il y ait des matchs retour, si je puis dire, des violences retour, que d'autres s'attaquent à d'autres, que les communautés s'embrasent. Ce ce type de fait effectivement suscite une émotion qui est parfaitement légitime. Après, effectivement, la manière dont elle va s'exprimer peut varier. Ça peut être des paroles, ça peut être des débats, ça peut être des contradictions, des désaccords, des manifestations, des marches blanches, mais parfois aussi on a des phénomènes de de manifestation de de désarrois, de colère par la violence. Et effectivement là pour le coup, ça commence vraiment à concerner la police parce que les réactions peuvent être hautement inflammables sur de sur ce type de fait et on comprend encore une fois l'émotion profonde que ça peut
susciter. Donc effectivement, depuis hier, il y a aussi une vigilance sur le risque de violence urbaine qui pourrait se déclarer à l'issue de du constat qu'il s'agit effectivement d'un acte terroriste raciste. M.