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speechyoutube.com· 25 octobre 2025 32 min

Le discours de Xavier Bertrand en intégralité à Saint-Quentin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Priorité au direct, on part à Saint-Quentin où le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, va prendre la parole. Il réunit ses troupes cet après-midi. Il veut faire des propositions dans le contexte de débats budgétaires et avec en ligne de mire, évidemment, 2027. On l'écoute. Alors un problème de liaison visiblement avec Saint-Quentin, on va y revenir dans un instant. Xavier Bertrand qui veut donc faire des propositions pour alimenter le débat budgétaire. Et il y en a besoin d'un. Alexis Cuvillier, on l'a dit. En ce moment, c'est 3 800 amendements qui doivent être examinés dans le cadre du budget.

Notamment, on est dans le dur cet après-midi, c'est cette taxe Zuckman que les socialistes ont voulu tout de même amender. Ils disent qu'on ne veut pas être dogmatique.

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Invité

Il faudra voir ce que Xavier Bertrand dit sur ce sujet. Il doit s'exprimer sur le budget. Le président de la région Hauts-de-France, doit s'exprimer sur le sujet du budget dans les prochaines minutes à l'occasion de ce discours. Lui, comme d'autres à droite, estime qu'il ne faut pas augmenter les impôts. Et ça, c'est une ligne qui est très claire chez les Républicains. C'est aussi le propos de Laurent Wauquiez ces dernières semaines du côté de l'Assemblée. Laurent Wauquiez, le patron du groupe de la droite républicaine à l'Assemblée, qui veut qu'il y ait des économies qui soient faites sur le fonctionnement de l'État avant que d'autres impôts ne soient créés.

C'est donc une ligne qui, fondamentalement, peut séparer LR d'un éventuel accord sur une taxe Zuckman, même une taxe Zuckman qui serait allégée, même si les socialistes n'aiment pas trop cette présentation. En tout cas, un compromis sur la taxe Zuckman. Il existe avec le bloc central, avec certaines forces de gauche, les socialistes. Pas certain que LR voit ça d'un très bon oeil. Oui, mais la parole de Xavier Bertrand engage-t-elle le parti Les Républicains ? C'est ça aussi la question. Tout ça fait un petit peu désordre, parce que là, Xavier Bertrand arrive en cavalier seul pour donner ses propositions.

On sait qu'au sein du parti, il y a une grande division entre les députés des Républicains, d'une part, et le reste du parti, d'autre part. Mais il y a aussi des divisions au sein du reste du parti. Les propositions de Xavier Bertrand ne sont pas forcément les propositions du reste des cadres du parti. On sait que Xavier Bertrand s'était prononcé contre, lors des réunions des chefs du parti Les Républicains, contre la participation au gouvernement. Mais il ne va pas aussi loin que d'autres cadres des Républicains, comme Valérie Pécresse ou Jean-François Copé, qui, eux, appellent à la démission anticipée du président de la République pour une présidentielle anticipée qui serait programmée.

Voilà. Mais tout ça donne le sentiment quand même d'un certain désordre dans le parti des Républicains, puisque chaque cadre apporte ses propositions individuellement et non pas collectivement.

2:43
Présentateur

On va rejoindre Saint-Quentin et écouter Xavier Bertrand.

2:46
Xavier Bertrand

Commentateurs de trop nombreux acteurs politiques se sont faits à l'idée d'un scénario funeste. Pour les 17 prochains mois, c'est l'immobilisme qui serait au pouvoir. Mais ceci, cet immobilisme, ne ferait que reculer la France et affaiblir les Français. 17 mois pour arriver à quoi ? 17 mois pour arriver à un duel mortifère entre les deux extrêmes qui, quotidiennement, divisent la France et radicalisent les Français. Je ne veux pas de ce scénario. Je pense au contraire que ces 17 mois doivent être utiles pour la France et pour les Français. Pendant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron, je serai resté un opposant président de la République.

Pas un opposant de circonstances qui se réveille à la lecture des sondages. Pas un brutus qui décide de le poignarder pour plus vite prendre sa place, au mépris du respect des institutions. Je respecte les institutions. Je respecte la fonction du président de la République. Je suis un opposant de conviction qui aura reproché le manque d'engagement pour rétablir l'ordre et l'autorité. J'ai reproché le manque d'attention, de considération, de respect pour nombre de Français. Et la crise des gilets jaunes s'est nourrie des décisions injustes du gouvernement de l'époque. Je suis un opposant, oui, mais un opposant qui a pour boussole, pour ADN, l'intérêt général.

Je l'ai montré à différentes reprises, notamment à la fin de la crise des gilets jaunes, en proposant cette prime, qui est devenue ensuite la prime Macron, qui est restée la prime pour le pouvoir d'achat. Je n'ai pas hésité aussi à faire preuve de responsabilité au lendemain de cette dissolution insensée de juin 2024. Et ce sera encore le cas aujourd'hui et dans les 17 mois qui viennent. Mes amis, mes idées, les idées de nous, France, je ne les garderai pas pour 2027. Oh, je ne vous dirai pas, mes idées sont formidables. La France souffre, les Français souffrent. Mes idées, je les garde pour moi et pour plus tard. Non.

Toutes les idées que nous avons, toutes les propositions que nous pourrons faire, nous les ferons sans tarder, parce que je ne me résous pas à ce que notre pays connaisse des difficultés plus grandes encore. C'est notre conception de l'intérêt général. Une autre politique est possible, dès maintenant. Un autre budget est nécessaire, dès maintenant, pour sortir de la fièvre réglementaire et de l'obsession de la surenchère fiscale que nous vivons tous les jours et qui frappe encore et toujours les mêmes. Les classes moyennes, ceux qui travaillent et ceux qui ont travaillé, « Je veux sortir de cette habitude mortifère ».

La réforme des retraites de ces dernières années est le symbole même de ce vieux monde à bout de souffle. Un léger retour en arrière. 2019 et 2020, une première étape, une usine à gaz proposée par Édouard Philippe, tellement intelligente que personne ne l'a comprise et qui, au final, aura été abandonnée. 2023, une loi imposée au 49.3 par Elisabeth Borne, marquée par le sceau de l'injustice. Nombreux sont ceux qui, ici, ne l'approuvaient pas. Julien, tu ne l'approuvais pas, je ne l'approuvais pas non plus. Et puis, maintenant, cela finit en 2025 par une suspension par Sébastien Lecornu avec à la clé des retraités à qui on impose une triple peine.

La suppression de l'abattement de 10 %, l'année blanche y compris pour les retraités les plus modestes et la sous-indexation des pensions, les pensions qui augmenteront moins vite que l'inflation. Trop, c'est trop. Il est temps de vous proposer une autre voie pour les retraites. Tout le monde le sait bien. Notre système de retraite est en péril. Grâce à une formidable bonne nouvelle, nous vivons de plus en plus longtemps. Mais notre système de retraite est précieux pour le lien entre les générations. Mais si nous voulons le conserver, il faut le modifier en profondeur. Je vous propose de retenir avant tout la durée de cotisation plutôt que l'âge.

Parce que la durée de cotisation permet à celles et ceux qui ont commencé à travailler le plus jeune, c'est-à-dire bien souvent les ouvriers, les employés, les indépendants, de ne pas être pénalisés par la seule limite de l'âge. Le véritable âge de départ à la retraite pour de nombreuses femmes, il faut le savoir et il faut le dire. Ça n'est pas 62 ans, ça n'est pas 64 ans, c'est 67 ans, l'âge auquel il n'y a plus de décote. C'est une injustice sans nom et je souhaite dans ce nouveau rendez-vous des retraites que l'on mette un terme à cette injustice vis-à-vis des femmes.

Nous ne sommes pas égaux face à la retraite parce que nous ne sommes pas égaux face à l'espérance de vie et à l'espérance de vie en retraite. C'est la raison pour laquelle la pénibilité que j'avais portée comme idée dès 2003, la pénibilité de certains métiers doit vraiment être reconnue. C'est une question de justice, de justice sociale, Robert. Et la capitalisation, elle ne sera pas à la place de la répartition, elle sera en plus de la répartition. Et cette capitalisation devra être ouverte pour tous et pas pour certains seulement, comme c'est le cas aujourd'hui.

Et pour la gestion du système, et si on faisait confiance, et si on faisait confiance aux partenaires sociaux, ils savent très bien gérer le système de retraite complémentaire. Je suis certain qu'ils sauront mieux gérer que l'État le système de retraite dès les retraites de base. Voilà une proposition novatrice. Voilà ce qui nous permettra également de renouer avec le sens de l'intérêt général. Un autre budget est possible. Un autre budget est à écrire. Celui qui préfère la baisse de la dépense publique à la hausse des impôts. Un budget qui s'attaque à la réforme de l'État.

Dans de nombreux secteurs, comme nous le faisons à la région, nous ne devons pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la retraite. L'an prochain, 45 000 personnes partiront à la retraite. L'État ne supprimera pour autant que 3 000 postes. Entendons-nous bien, je ne parle pas de l'hôpital, je ne parle pas des forces de sécurité, je ne parle pas des forces de justice, de nos militaires, mais quand même, quand nous avons autant de départs à la retraite l'an prochain, nous sommes bien loin du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite avec Nicolas Sarkozy. 3 000, ça n'est pas suffisant. C'est aussi comme ça qu'on adapte l'État aux besoins modernes.

C'est aussi comme ça que nous savons baisser la dépense publique. C'est ce que nous faisons dans nos collectivités. De la même façon, le jour de carence, expliquez-moi pourquoi il y a encore une différence entre les agents du public et les salariés du privé. C'est exactement la même règle qui doit s'imposer pour le public comme pour le privé. La lutte, la lutte contre les fraudes, fiscales et sociales, dont tu parlais Olivier ce matin, il faut avoir une vraie détermination politique et l'intelligence artificielle va nous permettre également de gagner en efficacité face aux voleurs de notre système social. Voilà aussi une action qu'il faut engager de manière résolue.

Et puis, il y a la réforme des collectivités, le millefeuille des compétences, la multiplication des agences. Voilà autant de réformes dont le potentiel a été chiffré par un rapport, un rapport solide, celui de Boris Ravignon. Il y a aussi de nombreux rapports sénatoriaux. Le montant des économies à la clé, 7,5 milliards d'euros. Ce n'est pas un rapport qui a été fait aux doigts mouillés. C'est un rapport solide, sérieux, documenté. Qu'est-ce que l'on attend ? Voilà qui est bien mieux que de s'attaquer, comme encore une fois aujourd'hui, aux classes moyennes, à ceux qui travaillent et dont les chèques vacances ou les tickets restaurants sont dans la ligne de mire. C'est insupportable.

Il faut y mettre un terme. Vous ne pouvez pas avoir un bon budget sans courage, c'est vrai. Mais vous ne pouvez pas avoir un bon budget sans justice, mais aussi sans bon sens. Oui à la justice fiscale, non à la surenchère fiscale, non aux raquettes fiscales. Aussi, arrêtons de nous prosterner devant M. Zuckmann, qui semble devenir aujourd'hui le gourou des enragés de l'impôt, du toujours plus d'impôts. La taxe Zuckmann, comme la taxe Holding, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, ça n'est plus de la justice fiscale. C'est une connerie fiscale, mes amis. Et il faut l'expliquer.

L'État va donc taxer deux fois la même chose, deux fois, avec l'impôt sur les sociétés et ensuite avec cette nouvelle taxe. Il n'y a qu'en France qu'on est capable d'inventer de telles usines à gaz spoliatrices. Deux fois le même revenu, c'est insensé. En fait, on le pensait, mais il n'y a pas que dans les ministères qu'il y a des technocrates. En économie aussi, il y a des professionnels de la théorie. Alors je voudrais m'adresser à M. Zuckmann et je voudrais lui dire à M.

Zuckmann, créez votre entreprise, procurez-vous un extrait cabisse, recrutez des salariés, remplissez un carnet de commandes, payez vos salariés, payez vos charges, notamment l'Ursaf, payez vos impôts, mettez en réserve en cas de problème comme un gros impayé ou pour préparer un investissement. Et ensuite, vous viendrez nous dire, M. Zuckmann, ce que vous pensez de votre taxe. Voilà la vérité. Votre expérience en entreprise et vous vous rendrez compte qu'il y a des folies fiscales qu'il faut s'interdire de faire. Et n'oubliez pas une chose, ce ne sont pas les politiques ou les économistes qui créent des emplois, ce sont les entrepreneurs qui créent des emplois.

Cette leçon-là est à méditer par tous et tout le temps. Tout cela envoie un message aux plus fortunés. On leur dit, partez ? Oh, bien sûr, ne partirons pas tous. Mais entendez-moi bien, je ne défends pas les riches. Mais je sais que s'il y a moins de Français fortunés en France, alors ce sont les classes moyennes qui vont trinquer, car l'effort fiscal reposera encore plus sur elles. D'ailleurs, je voudrais dire aux parlementaires socialistes qu'ils regardent en détail l'enquête sur les fractures françaises qui a été publiée cette semaine. De très nombreux Français interrogés disent que plus il y a de riches, plus cela profite à l'ensemble de la société. Ce n'est pas moi qui l'indique.

C'est nombre de Français qui sont interrogés. Je dis aussi aux plus fortunés, quand c'est moment budgétaire si difficile, un effort est nécessaire. En 2026, la contribution minimum de 20% doit être maintenue. et pourquoi ne pas relever la flat tax qui touche les revenus distribués plutôt que d'inventer les folies fiscales de M. Zuckmann. Voilà une alternative qui est certainement plus juste mais aussi plus efficace. Et puis faisons attention, faisons très attention, car au-delà de cette surenchère fiscale, on est en train de saper un fondement de notre démocratie, le consentement à l'impôt. Une démocratie repose sur le respect de l'État de droit.

Une démocratie repose sur le respect de la loi. Mais une démocratie repose aussi sur le consentement à l'impôt. Vous parlez avec les Français, vous entendez à chaque fois la même remarque, quel que soit le statut ou le revenu de votre interlocuteur. Payer des impôts, oui, c'est normal. C'est normal de payer des impôts. Mais là, trop, c'est trop. Et puis on voit bien qu'on paye de plus en plus d'impôts, mais qu'on voit de moins en moins à quoi servent nos impôts. Le point de rupture est proche. Faisons attention. Et le message que nous adressent les Français, il est très clair que l'État se serre la ceinture en premier et qu'il arrête de nous faire les poches en premier.

Vous pourriez me dire, mais alors faites-le, c'est ce que nous faisons à la tête de la région. Nous avons refusé de mettre en place le nouvel impôt. Nous sommes passés à côté de 81 millions d'euros de recettes nouvelles. Mais nous avons fait 127 millions d'euros de dépenses en moins. Nous avons agi, j'ai agi, comme vous le faites dans votre ménage. Si vous avez un problème de déséquilibre, qu'est-ce que vous faites ? Vous baissez vos dépenses. Et c'est la même chose dans une entreprise. Il est temps que les politiques, il est temps que l'État fasse la même chose que les collectivités locales, la même chose que les entreprises, la même chose que les ménages.

Un budget n'est pas une fin en soi, c'est un moyen. Un moyen de faire face à nos défis, stabiliser et ensuite réduire nos déficits, notre dette pour rester souverain et pour améliorer la vie des Français. Qui parle encore dans la classe politique nationale du pouvoir d'achat quand la fin du mois sur le compte en banque, c'est même avant le 15 du mois ? Qui entend comme moi cet agent de sécurité à Lille ? Il a deux filles étudiantes à fierté. L'une est à Lille, l'autre est à Paris. Il est le seul revenu du ménage.

Il me dit je gagne 32 000 euros par an et quand je lui demande s'il bénéficie des bourses pour ses filles, il me dit non, parce que j'ai gagné un peu plus la dernière année et maintenant je n'ai plus droit à rien. Je lui demande comment il fait, il me dit on prend dans les économies et puis ce sont les vacances. On part moins loin et on part moins longtemps parce que le choix qui est fait, parce que le plus important c'est les enfants, c'est de se saigner pour les enfants. Eh bien, je vais vous dire une chose, faire des enfants, des efforts pour ses enfants, faire des sacrifices pour ses enfants. Chacun reconnaîtra que c'est bien là le sens de la transmission mais là, il y a un autre sujet.

Je ne suis pas là seulement pour pointer du doigt ce problème. Je dois vous dire que pour ces classes moyennes, pour ces millions de Français qui sont comme lui, il y a des solutions. La solution, c'est tout d'abord une politique de croissance, d'emploi, de partage des fruits de la croissance au sein de l'entreprise. C'est aussi la baisse de l'impôt sur le revenu pour les premières tranches mais c'est aussi la réforme du système des bourses parce qu'aujourd'hui, les bourses, quand vous dépassez d'un euro, vous avez droit à zéro. C'est la raison pour laquelle nombre de Français qui travaillent n'arrivent plus à s'en sortir et sont justement tracassés par l'avenir de leurs enfants.

Voilà pour commencer des premières solutions pour les classes moyennes et nous ne arrêterons pas là. Je compte sur vous, j'ai besoin de vous pour que nous puissions proposer un projet de société qui renoue avec la promesse républicaine et qui mettent en avant des vraies solutions d'espoir pour les classes moyennes. La promesse républicaine, c'est aussi de retrouver la sécurité dans nos rues, de mettre un terme à l'impunité. Les peines minimums, il en a été question ce matin, la responsabilité des parents, la responsabilité des mineurs, la maîtrise de l'immigration avec notamment les quotas, la lutte contre le narcotrafic, pardon, il n'est plus question d'en parler seulement.

Les politiques ont une obligation de résultats. La promesse républicaine, c'est aussi avoir droit à des services publics modernisés et de qualité. La santé, la santé alors qu'il est si difficile, voire impossible aujourd'hui, d'avoir un médecin traitant pour ne prendre que ce seul exemple. L'école, l'école qui voit de plus en plus les fondamentaux moins acceptés, moins connus, moins assimilés et voit l'accroissement des inégalités sociales.

Le logement, le logement quand les chantiers sont à l'arrêt, la culture, la culture fierté française, trait d'union entre nous, facteur d'émancipation, mais aussi le sport, tout ce qui constitue des politiques publiques, tout ce qui constitue, pardon, des liens entre les Français, voilà pourquoi nous avons besoin dans les 17 mois qui viennent de renforcer ces liens entre nous et d'avoir une brève politique en direction et en faveur des services publics. Ces exemples, vous ne les trouverez pas dans le débat public. Vous ne le trouverez pas dans l'expression des états-majors parisiens des partis.

Mais écoutez les Français, c'est le choix, c'est le sens de nous, France, Bernard, de redonner la parole, justement, à partir de ces propositions pour retrouver le chemin du redressement et du rassemblement. Le blocage du pays, l'immobilisme ne sont pas une fatalité. Il y a même des solutions en dehors du Parlement. Pendant ces 17 mois, je veux que l'on redonne la parole aux Français, au peuple français. Oh, non par une dissolution qui ne ferait qu'accroître les fractures, les divisions, voire les blocages. Non par une démission forcée du président de la République qui ne ferait qu'affaiblir nos institutions. Il y a une troisième voie.

Cette troisième voie, c'est celle la plus fidèle à l'engagement gaulliste qui est le mien. Je suis favorable à un référendum. Un référendum qui soumettrait le même jour plusieurs projets de loi référendaire afin de dépersonnaliser le scrutin, si vous voyez ce que je veux dire. Plusieurs questions pourraient être soumises aux Français. La règle d'or budgétaire, la réforme territoriale pour simplifier et fusionner conseillers régionaux et conseillers départementaux. 40% d'élus départementaux et régionaux de moins. C'est un président de région qui vous le dit.

Les peines planchées, le principe de quota migratoire, la question de la dépendance qui doit nous dire combien notre société est prête à faire d'efforts, pas seulement à l'aube de la vie pour la jeunesse mais aussi au soir de la vie avec nos aînés. Rendre la parole aux Français, c'est aussi faire confiance. C'est faire confiance aux élus locaux en leur donnant de nouvelles missions, en instaurant une véritable révolution par les territoires. Je partage cette conviction avec Jean-Louis Borloo et nous allons faire un saut de propositions pour que les choses bougent sans attendre 17 mois.

C'est faire confiance aussi au monde associatif, aux bénévoles, à tout le secteur non lucratif en leur confiant de nouvelles missions. C'est faire confiance aux familles qui sont à l'aube et à l'aune des premières marques de solidarité, les mamans solos, les aidants familiaux. Et c'est aussi faire confiance aux partenaires sociaux comme je l'indiquais pour le système des retraites.

Ainsi, l'État en sortira renforcé, non pas en s'occupant de tout, mais en se focalisant sur ses missions, sur la place de la France dans le monde, une France souveraine, dans une Europe indépendante, un État qui s'occupe des missions régaliennes qui cherchent avant tout à protéger les Français et à préparer l'avenir et qui préparent les grands défis d'aujourd'hui et de demain, le défi technologique avec l'intelligence artificielle où nous pouvons prendre un temps d'avance, le défi climatique, le défi démographique et bien évidemment le défi géopolitique avec la guerre qui est aux portes de l'Europe.

Dans 17 mois, beaucoup d'observateurs, beaucoup de responsables politiques ont intégré accepter le fait que nous aurions un duel terrible au deuxième tour de la présidentielle. Marine Le Pen, Jordan Bardella contre M. Mélenchon, je me battrai avec toute mon énergie pour éviter ce duel. Tout d'abord, je combattrai la France insoumise et je vous invite, mes amis, à lire avec beaucoup d'intérêt le livre Les complices du mal de M. Souleymane qui montre bien qu'aujourd'hui, le discours de LFI c'est le relais de la haine d'Israël, la haine de l'Occident et c'est la banalisation de l'antisémitisme.

Jean-Luc Mélenchon et ses proches passent leur temps à dresser les Français les uns contre les autres. Il paraît que Jean-Luc Mélenchon a été républicain. Il faut en avoir de la mémoire pour s'en souvenir. Le cynisme, l'opportunisme, le calcul électoral l'auront emporté chez lui. Pour ma part, cela relève de l'indignité. Allons plus loin, LFI au final apparaît comme le miroir inversé du Rassemblement national. Là où l'extrême droite instrumentalise la peur de l'islam, LFI instrumentalise l'islam lui-même pour nourrir un sentiment d'exclusion. Dans les deux cas, c'est la République qui est affaiblie.

La laïcité qui est contournée et le débat public envahi par les logiques de confrontation communautaire. La complaisance, la connivence de la gauche radicale envers les islamistes n'est pas seulement une faute morale, mais c'est un danger politique majeur. Elle contribue à saper les fondements même de la démocratie française, la liberté de conscience, l'égalité entre les citoyens, l'égalité entre les femmes et les hommes et l'universalité de la République. Beaucoup pensent que le principal danger vient de la France insoumise et certains me reprochent de dire ni LFI ni RN. Non, ne nous y trompons pas. LFI et RN ont parti liés.

Ce sont les deux phases d'une même pièce, une mauvaise pièce pour la France. Fracturer et diviser la France pour se hiser au second tour de la présidentielle, c'est le registre et je tiens à vous dire que jamais je ne vous proposerai une telle alternative. Je veux une autre voie rassemblée et unir. Alors je combattrai et LFI et le RN. Et je veux être précis, je combats bien les dirigeants du RN. Je connais trop leurs méthodes, leur soif de pouvoir pour les savoir prêts à tout pour exploiter la détresse, la colère, l'abandon de nombreux français. Nombre d'entre eux étaient nos électeurs avant d'être les électeurs du RN.

Et ils sont partis à force d'avoir été déçus, de se sentir trahis, ils ne reviendront pas si nous parlons comme le RN et si nous pensons comme le RN. Ces électeurs n'auront que mépris pour ceux qui se livrent à ces faiblesses et à ces compromissions. Ils jugeront au final qui est capable de résoudre leurs problèmes et surtout qui est capable de redonner espoir. Alors je le dis, je le redis, ce n'est pas une différence de degré, mais bien une différence de nature qui oppose l'extrême droite à la droite populaire que je porne et j'incarne avec vous et grâce à vous, mes amis.

Ce n'est pas non plus une posture morale ou moralisante mais bel et bien une conception exigeante des principes républicains. La République française, elle ne divise pas, elle n'oppose pas les Français entre eux en fonction de leur prénom, de leur religion ou de leur couleur de peau. La République française, ça n'est pas non plus accuser l'Europe matin et soir en faisant les yeux doux quotidiennement à Moscou qu'elle le honte pour les dirigeants du Front National de se proclamer encore attachés à l'indépendance nationale. La République française, elle ne radicalise pas en remettant perpétuellement en cause notre état de droit, fondement de notre démocratie.

Au final, le programme des extrêmes, des deux extrêmes, c'est bien la négation de nos principes républicains. Où est la liberté dans le discours de LFI ? Où est l'égalité dans celui du Rassemblement National ? Où est la fraternité dans le bruit et la fureur du couple LFI-Rassemblement National ? Je vous ai parlé des premières propositions. Oh, je sais inévitablement quelle question va suivre et pourquoi vous le feriez. C'est vrai, vous faites toujours des promesses, vous les politiques, qu'est-ce qui nous garantit que cette fois-ci, vous allez le faire ? Eh bien, je dis tout simplement regarder, regardez notre action à la tête de la région des Hauts-de-France.

Depuis dix ans, nous soutenons les classes moyennes, ceux qui travaillent. Il n'y a pas de barème technocratique pour dire vous travaillez, vous n'êtes pas aidés. Au contraire. Depuis dix ans, nous avons été aux côtés des entrepreneurs, des agriculteurs, des pêcheurs, des chasseurs. Depuis dix ans, nous refusons d'opposer les ruraux et les urbains. Depuis dix ans, à la tête de la région, nous avons voulu renforcer la sécurité de nos concitoyens en finançant le développement de la vidéosurveillance, en soutenant nos policiers et nos gendarmes. Depuis dix ans, nous avons fait reculer l'islam politique. Chacun connaît mon engagement pour faire la lumière sur le dossier Averroès.

Et c'est nous également, même si nous n'avons pas la compétence, qui sommes intervenus en matière d'immigration pour obtenir dans la dignité, avec Bernard Cazeneuve, le démantèlement de la jungle de Calais. Voilà ce que nous avons fait. C'est nous qui l'avons porté et personne d'autre et certainement pas les extrêmes. Depuis dix ans, nous avons toujours préféré la baisse des dépenses de la région plutôt que la hausse des impôts. Et depuis dix ans, notre combat pour l'emploi, première compétence de la région, nous aura permis de marier développement économique et respect écologique avec un taux de chômage qui est aujourd'hui le plus bas depuis 40 ans.

Améliorer la vie des gens au quotidien, redonner de l'espoir et confiance, c'est possible, j'en suis convaincu. Et pas seulement dans une région de 6 millions d'habitants. Mais pour ça, il faut avoir envie de se battre. Beaucoup de ceux qui exercent des responsabilités aujourd'hui, beaucoup de ceux qui exercent des responsabilités nationales, donnent l'image de gens fatigués, usés, résignés. Je ne le suis pas. Vous ne l'êtes pas. Ces dix ans les ont usés. Moi, ces dix ans m'ont ressourcé. Voilà comment je me présente devant vous. Je le vois bien. Je ne suis pas seul pour porter ce combat. Ce combat pour plus d'ordre et d'autorité. Ce combat pour les classes moyennes et le travail.

Et pour retrouver la promesse républicaine, notamment au travers de nos services publics. Vous êtes là, avec moi, certains depuis bien longtemps. Nous, France, Bernard, sera utile à la France et aux Français, dès maintenant, et pas seulement en donnant rendez-vous en 2027. et nous, France sera aussi la première pierre d'un rassemblement plus large au service de la République, au service de la Nation, au service des Français. Mes amis, mes amis, rien n'est jamais écrit. Cela veut dire avant tout refuser la fatalité pour chacun d'entre nous, pour la France. Nous portons en nous l'amour de notre pays et nous portons en nous l'amour de nos enfants, le souci de la transmission.

Je vous l'ai dit ce matin, l'engagement qui me porte aujourd'hui, au-delà de l'idéal qui est le mien pour mon pays, c'est aussi pour les miens, pour mes enfants, Maya, Lucas, Malo, Ambre, Caroline, mais c'est vrai aussi pour Léonard, qui a six mois, qui est tout au fond de cette salle. C'est vrai pour vos enfants qui ne sont pas dans cette salle, c'est vrai pour vos petits-enfants. Aujourd'hui, la jeunesse de France doit être notre priorité absolue. Ça doit être notre responsabilité première. Nous pouvons dire que nous les aimons. La politique, c'est comme l'amour. Il n'est plus temps de discours, mais de preuves.

Il est temps de faire de la jeunesse de notre pays notre première et urgente priorité. Pour nos entrepreneurs, il faut se battre. Pour ceux qui prennent des risques tous les jours pour créer des emplois, pour créer de la richesse et pour créer la croissance dans notre pays. Il est temps de se battre aussi pour ceux qui agissent dans nos associations comme dans nos collectivités locales. Mes amis, rien n'est jamais écrit. Alors à nous d'écrire ensemble de nouvelles et belles pages de notre histoire commune, de nouvelles et belles pages de notre roman national, à nous d'écrire la France de demain. Vive la République ! Vive la France ! Sous-titrage Société Radio-Canada