L’avenir de la droite LR après l’élection d'Eric Ciotti
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:30OuverteRéponse directe
LR peut-il avoir le destin du CNIP ou du parti radical ?
- 1:44RelanceRéponse directe
Qui est le même, mais avec une espérance de vie plus longue ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Quelle est la situation des LR en 2026 ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Comment analyser l'élection d'Éric Ciotti ?
- 6:24OuverteRéponse partielle
Quelle est la doctrine des LR sur les retraites ?
- 7:36OuverteRéponse directe
Peut-on faire une typologie des leaders de droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06Invité politiqueFait
« Le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti a donc été élu dimanche dernier président du parti Les Républicains en recueillant 53,7% des 62 596 suffrages des adhérents du parti face à son adversaire, le sénateur de Vendée Bruno Rotaillot. »
- 0:32Invité politiqueFait
« Éric Ciotti pense que pour faire revenir les 80% d'électeurs perdus depuis la défaite présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, il ne faut plus s'excuser d'être de droite, pour cela il parle en priorité d'immigration et d'insécurité. »
Temps de parole
- Présentateur28 %
- Invité23 %
- Invité 220 %
- Invité 318 %
- Éric Ciotti12 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti a donc été élu dimanche dernier président du parti Les Républicains en recueillant 53,7% des 62 596 suffrages des adhérents du parti face à son adversaire, le sénateur de Vendée Bruno Rotaillot. Éric Ciotti pense que pour faire revenir les 80% d'électeurs perdus depuis la défaite présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, il ne faut plus s'excuser d'être de droite, pour cela il parle en priorité d'immigration et d'insécurité, refuse d'appeler à voter Emmanuel Macron au second tour des deux dernières présidentielles, et pour la prochaine il a déjà désigné son champion, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.
L'enjeu pour Les Républicains, parti qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été, est maintenant existentiel, renaître ou disparaître, comme le dit Brice Hortefeux, prise en tenaille entre le Rassemblement National et le camp présidentiel, la hantise des derniers cadres LR est de finir comme le CNIP, ces indépendants et paysans qui ont donné à la France un président, René Cotti, et un chef de gouvernement, Antoine Pinet, avant de disparaître progressivement du paysage au fil de la Vème République, le CNIP qui existe toujours d'ailleurs sous forme de groupuscules et qui a rallié Éric Zemmour au début de l'année. Dominique Régnier, est-ce que LR peut avoir le destin du CNIP ?
Ou celui du parti radical ? Oui, c'est aussi un bon exemple.
Qui est le même, mais avec une espérance de vie plus longue. Vous avez parfaitement résumé, je trouve, la situation de la droite partitocratique, les LR, très affaiblie par leur propre décrue d'abord, puisqu'on les désigne comme étant pris dans ce piège, et effectivement c'est le cas entre le RN et le macronisme, mais antérieurement, la cause de leur arrivée dans cette situation, c'est leur déclin. Ils se sont effondrés électoralement, pas au niveau local, ce qu'il faut toujours avoir à l'esprit, d'ailleurs c'est la même chose pour le parti socialiste.
Il y a une différence abyssale, spectaculaire, inédite dans notre pays, et dont il va falloir vérifier qu'elle résiste aux quelques années qui viennent, en particulier, je veux dire, à 2026 pour les élections municipales par exemple. Ce grand paradoxe, il est que les Républicains ne sont plus un grand parti national, et restent probablement le plus important parti au niveau des collectivités locales, d'ailleurs le fait qu'il a une vraie puissance parlementaire, mais sénatoriale, et que le Sénat est encore une institution dominée par cette droite-là.
Et donc la question qu'il faudra vérifier, et c'est proche, c'est avant la présidentielle, c'est 2026, savoir si en 2026, pour moi ce sera par exemple un test d'observation, on pourra faire le même pour l'EPS, mais je crois que la droite est plus menacée que l'EPS à ce niveau-là en 2026. Est-ce qu'il y a une nouvelle étape de la déconstruction, c'est-à-dire des élus locaux sont battus ou ne se représentent pas, et à la place on a des élus RN et l'apparition d'un frontisme municipal ? Ça, ce serait une étape de fin, en quelque sorte, puisqu'il n'y aurait plus cette base de reconstruction et de renaissance que sont les élus locaux et les territoires.
ou bien est-ce qu'il y a une résistance de ce côté-là ? Ce qui serait quand même une information très importante pour les Républicains, puisqu'en l'espèce, c'est le sujet. Ensuite, la manière dont l'élection s'est passée, l'élection du président du parti s'est passée, elle est extrêmement intéressante, parce qu'on avance quand même. La situation, je dirais, c'est une maturation. Peut-être que c'est une maturation de la crise. En ce sens que, jusque-là, on ne savait pas réellement qui dirigeait les LR et pourquoi, évidemment. Et le piège, ou cette espèce de tension terrible, de supplice, d'écartèlement entre le RN et les hémoristes, et puis le macronisme, jouait à plein.
Mais l'élection d'Éric Ciotti, si on a suivi sa campagne, on peut dire qu'il y avait un point qui le distinguait clairement de Bruno Retailleau, c'est la question de la candidature. Et Éric Ciotti a son candidat, c'est Laurent Wauquiez. Et c'est l'idée que, s'il est président, et Éric Ciotti est président des LR, le candidat, ce sera Laurent Wauquiez, et qu'il faudra, dans une étape assez proche, modifier les statuts pour supprimer toute opération...
Parce que les statuts prévoient toujours une primaire.
Voilà, supprimer la primaire et aller vers la désignation, donc très tôt, de Laurent Wauquiez. C'était la position opposée que défendait Bruno Retailleau, qui disait, d'une part, nous avons d'autres personnes qui sont susceptibles de candidater, donc attendons, avant de fermer le jeu. Ensuite, disait-il, et la critique ou l'idée me paraît forte, nous devons savoir d'abord qui nous sommes, ce que nous voulons, comment nous voulons gouverner, avec qui, pour faire quoi.
Et là, nous aurons ensuite la question de la candidature pour porter ce programme, comme s'il y avait, de la part de Bruno Retailleau, une manière d'insister sur le paradoxe que serait de choisir quelqu'un sans savoir pourquoi, pourquoi faire. Et cette question, elle est pendante.
Donc, il y a, dans cette situation post-électorale, avec l'arrivée à la présidence d'Éric Ciotti, une difficulté qui est ce moment-là de maturation de la crise, alors positif ou négatif, l'avenir va le dire, l'avenir à court terme, si l'idée d'avoir une candidature très précoce, sans véritable projet, et le temps paraît court pour faire cela, ça risque d'être une opération, au fond, un peu la dernière opération, après quoi les choses se dégraderaient un peu plus vite. Si le parti est capable de réfléchir, de s'organiser, d'ouvrir le débat en son sein, et de dire, voilà, qui nous sommes, ce que nous voulons faire, eh bien, ce serait une autre perspective.
Mais, et je fais le lien avec la question des retraites, sur laquelle on voit bien, les LR sont en difficulté, il s'agirait de savoir quelle est la doctrine des LR, puisque même par rapport à la question des retraites, on ne sait plus du tout.
Il y a quatre positions différentes qui s'expriment.
Et on ne retrouve pas le programme qui était le leur. C'est-à-dire, ceux qu'ils avaient comme programme ne se retrouvent plus. Et c'est vraiment une prise de risque considérable. Je termine là-dessus, Patrick Cohen, parce que, évidemment, que ce soit le RN et les hémouristes, cet univers-là, d'un côté, qui a plutôt le vent en poupe, et puis le macronisme qui se défait, logiquement qui va se défaire, en raison de la non-candidature d'Emmanuel Macron en 2027, il y a des électeurs qui vont se libérer d'un côté.
Et s'il n'y a pas une droite de gouvernement pour les accueillir, l'abstention d'un côté, y compris à droite, et la mobilisation du RN un peu plus forte qu'en 2022, nous place devant une situation très problématique qui a souvent été évoquée. C'est un peu la sempiternelle prévision, si je puis dire, mais qui finirait par se produire.
Jean-Noël Jeannet.
Je trouve qu'on peut faire deux catégories d'observation. D'abord, une qui concerne la manière dont a émergé Éric Ciotti. Il me semble qu'on pourrait faire une typologie de la manière dont les partis, à l'époque contemporaine, font surgir leur leader, qui peut être candidat à la présidentielle, ou qui peut en désigner un autre, comme c'est le cas aujourd'hui. Il y a eu pendant longtemps une sorte de cercle de dirigeants qui eux-mêmes faisaient émerger comme évident tel ou tel candidat. De Gaulle, Pompidou et d'autres, il n'y a pas eu de mise en cause de leur personnalité pour émerger comme responsable majeur. La deuxième catégorie, ce sont les délégués des militants.
C'était le cas particulier de la SFIO sous la 4ème République, avec beaucoup de jeux possibles. On pense à Marseille et au Nord, sur le jeu des cartes, on pouvait peser de la façon. La troisième catégorie, c'est évidemment les militants un peu dispersés, comme ça a été le cas. Mais alors, on a vu aussi comment tout à coup, un certain nombre de gens se sont inscrits qui surgissaient de nulle part. Ça pouvait être des chiens, d'ailleurs, on nous l'a dit éventuellement, ou des chats. Des chats, c'est ce qui est une façon... M. Caron doit approuver ça, effectivement, pour la défense des animaux. Mais enfin, il doit être un des seuls.
Et enfin, l'idée du suffrage universel, c'est-à-dire que n'importe qui peut voter. Ça a été également pratiqué, avec le risque qui a été évoqué souvent que quelqu'un qui appartient au camp adverse veut y intervenir indirectement de la sorte. Je attends des politistes, des politologues qui nous fassent... qui développent cette politologie. Je vois que le regard de Dominique Régnier me paraît suffisamment intéressé pour que j'ai de l'espoir dans cette direction. La deuxième catégorie de réflexion, c'est quelle droite ? Et là, j'ai été sensible, forcément, au triptyque qu'a avancé Éric Ciotti. Autorité, liberté, identité.
Et on en a déjà parlé ici, mais je trouve que c'est d'un bel hommage à la typologie de René Raymond, puisque l'autorité, c'est le bonapartisme, que la liberté, c'est évidemment du côté de l'Orléanisme qu'on va le trouver. Quant à l'identité, c'est la tradition légitimiste avec sa version peut-être contemporaine. Ah oui, il fait la synthèse. Il fait la synthèse. Il essaye, en tout cas. Mais il y a une quatrième formule qui me paraît fort flottante et qui mérite réflexion, c'est la laïcité, puisqu'elle a évolué de la façon que nous savons. Chacun essaie de s'en préparer. Et il y a des observations à cet égard qui sont assez curieuses.
Je pense en particulier aux observations, je pense en particulier aux propos de M. Pradié. Vous avez remarqué sur les vêtements à l'université. Je parle devant des collègues proches de l'université. Il a été jusqu'à dire, après il a prétendu qu'il ne l'avait pas dit, mais il l'avait dit quand même, qu'il fallait développer les uniformes jusque dans l'université. Et là, quand la laïcité passe de la gauche vers la droite, c'est-à-dire de l'universalisme jusqu'à une situation d'instrument pour refuser des gens dont on pense qu'ils ne seront pas prêts à entrer dans la religion française, dans la sensibilité française. Alors là, ce sont les débordements absolus.
Il m'est arrivé de rêver à l'époque où j'étais, il y a quelque temps déjà, étudiant sur les bancs de la Sorbonne et où à côté de moi, il y avait des bonnes sœurs habillées en bonnes sœurs. Je me suis demandé si M. Pradié aurait souhaité que ces bonnes sœurs-là tout à coup se mettent à porter l'uniforme auquel il rêvait. Sans doute. Jean-Noël Jeannet, donc je suis triste de voir que vous n'avez pas visité notre site. Et c'est un des avantages de cette émission, c'est que cela me conduit à vous lire davantage. Brice Couturier. Oui, je pense qu'il faut replacer cette élection dans un contexte politique plus général, à savoir le quinquennat Macron, les quinquennats Macron.
Le premier quinquennat Macron a été marqué par une politique d'ouverture à gauche en réalité qui était menée évidemment typiquement macronien par des premiers ministres de droite, Édouard Philippe et Jean Castex. Politique de gauche puisqu'il s'est agi de distribuer de l'argent pour soutenir la demande du côté des ménages au détriment des finances publiques qui se trouvent dans une situation dramatique aujourd'hui politique de gauche aussi parce qu'il s'agissait de plaire à Nicolas Hulot en oubliant, en négligeant la rénovation de notre parc nucléaire.
Du coup, souvenez-vous, la gauche a été menacée de disparition et on a vu la candidate du Parti Socialiste Anne Hidalgo culminer à 1,75%, moins de 2% au présidentiel. Du coup, décision tragique des leaders de la gauche de se saborder au sein de l'ANUPS et d'accepter finalement le leadership de sa partie la plus radicale et la plus populiste, la France Insoumise.
Tout ça nous éloigne d'Éric Ciotti.
Pas du tout, vous allez voir. Depuis le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron qui entend cette fois gouverner au centre droit avec une première ministre de gauche, Elisabeth Borne, la droite se sent menacée de disparition exactement comme le PS et les écologistes se sentient menacée de disparition lors du premier quinquennat. D'où le même choix. Est-ce que la droite de gouvernement doit faire comme la gauche de gouvernement disparaître et accepter le leadership de sa fraction la plus extrême et la plus populiste ou disparaître simplement ?
Il y a évidemment une deuxième option, c'est celle qu'ont choisie des gens comme Jean-Pierre Raffarin, Éric Wörth ou Renaud Muselier qui est de quitter LR pour rejoindre Horizon le parti d'Édouard Philippe puisque comme toujours on connaît bien la formule d'Édouard Philippe la poutre joue encore et c'est vrai elle va jouer dans les prochains jours qui viennent.
Il est évident qu'avec la nomination de Ciotti comme président comme chef de file des LR une bonne partie des LR disons de tendance libérale vont quitter le navire parce qu'il est en train mais ce n'est pas fini vous allez voir il y a quelques annonces qui vont être faites un peu plus tard mais il est évident que la poutre joue effectivement et que la politique que va mener Ciotti quoi qu'il en dise c'est de se mettre à la remorque du Rassemblement National parce que le rapport de force n'est pas favorable au LR le LR c'est plus grand chose sur le plan parlementaire en tous les cas c'est plus grand chose je pense qu'il faut aussi replacer cet événement purement français dans un contexte européen il faut voir que l'Union Européenne a connu une première vague populiste de droite en 2015-2020 avec l'accession du PiS en Pologne qui remporte en 2015 à la fois les présidentielles et les législatives le vote du Brexit en 2016 l'Autriche qui voit un type comme Norbert Hofer à deux doigts de devenir le président de l'Autriche en 2018 c'était le gouvernement populiste de gauche 5 étoiles populiste de droite ligue avec Matteo Salvini c'est la réélection de Victor Orban du Fidesz en 2019 le PiS est réélu en Pologne et je pense avec un certain d'observateurs comme Anthony Constantini du site Politico que nous sommes en train de voir arriver une deuxième vague de populisme de droite avec Georgia Meloni avec les démocrates de Suède qui sont devenus quand même c'est le premier parti du pays aujourd'hui avec plus de 20% des voix associées à la coalition gouvernementale même si elle n'y participe pas sur le plan et puis pourrait bien suivre c'est ça qu'il faut quand même voir l'Espagne et la Finlande où des élections auront lieu en 2023 et s'il y avait des élections en Belgique aujourd'hui il faut bien voir que le Flams Belang est en tête très largement en tête en Flandre donc il serait au pouvoir en Belgique donc il faut voir qu'aujourd'hui nous avons affaire à une nouvelle vague de populisme je pense qu'elle change aussi de nature et c'est plus le Front National qu'on a connu autrefois c'est quelque chose qui ressemble plus à ce que les Américains appellent le National Conservatism c'est une vague idéologique très profonde c'est des gens qui pensent qu'autrefois la droite devait simplement modérer une gauche réformiste dans ses élans aujourd'hui cette même droite populiste pense qu'une partie de la gauche est devenue woke qu'elle veut enseigner à nos enfants l'idée qu'on peut changer de sexe dès l'âge de 12 ans elle est révoltée par ce qu'elle voit elle est révoltée par la montée de l'islamisme dans nos systèmes d'enseignement et elle veut cette nouvelle droite conservatrice et nationale réaffirmer des valeurs comme l'identité comme l'autorité etc elle ne veut plus modérer la gauche elle veut la combattre très frontalement ce qui me fait penser qu'en France on va vers des affrontements idéologiques et politiques très vigoureux Monique Antosferbert
je vais me situer je pense un petit peu en décalage à l'égard de ce qui a été dit le constat est quand même difficile à éviter 11 millions d'électeurs pour la droite pour les républicains ça s'appelait déjà les républicains en 2007 1.700.000 en 2022 pour la candidate LR un parti qui a perdu 80% de ses électeurs en aussi peu de temps c'est tout de même stupéfiant qui n'est plus que la troisième force d'opposition donc évidemment on peut dire que bon maintenant il y a un président chez les républicains qui semble prêt à reprendre des choses en main mais y a-t-il vraiment une ligne ce n'est pas sûr je crois que l'hésitation entre la droite forte et la droite qui sera inévitablement une droite de conciliation et éventuellement de tractation avec le le gouvernement n'est pas encore ce dilemme n'est pas encore achevé n'est pas encore conclu alors si vous voulez plutôt que de parler des républicains je vais essayer de parler de la droite est-ce qu'il y a un avenir pour la droite pour la pensée de droite et là je voudrais malheureusement cher Jean-Noël pardonnez-moi mais être un petit peu en désaccord avec vous sur la question de l'héritage intellectuel de René Raymond
vous êtes deux pardonnés
en 1954 en effet René Raymond c'est il y a 70 ans presque publie les droites en France et cette fameuse distinction cette tripartition entre la droite légitimiste droite orléaniste droite bonapartiste je pense que il n'y a aujourd'hui moins que jamais aucune union des droites je suis convaincue qu'il y a aujourd'hui une option pour la droite républicaine qui est extrêmement importante et j'espère qu'il y aura j'aurais pu parler de la gauche libérale aussi si vous voulez mais puisqu'on parle de la droite et que Eric Ciotti nous encourage à en parler avec liberté intelligence ordre et surtout de manière décomplexée pardonnez-moi et plus de tabou donc je vais parler de la droite mais encore une fois je pourrais dire des choses équivalentes pour la gauche une gauche qui malheureusement n'existe plus aujourd'hui mais l'espace est là le macronisme enfin je pense pas que beaucoup de la conception de la vision d'Emmanuel Macron subsistera après la fin de son deuxième mandat donc il y a une place à prendre et quand il y a une place à prendre il faut venir avec des idées et des idées fortes et la droite a énormément d'idées à mobiliser qui n'ont rien à voir avec l'extrême droite je suis totalement opposée intellectuellement à l'idée qu'une fusion des droites serait possible la droite l'extrême droite la droite populiste est une droite fondée sur le c'est clairement l'héritière de la droite bonapartiste et elle ne s'alliera à mon sens jamais à la droite orléaniste c'est une droite fondée sur l'autorité certes mais sur aussi l'antilibéralisme sur l'organisation corporatiste de la société sur une forme de pénétration de la puissance publique dans tous les domaines de la vie sociale rien à voir avec la droite orléaniste donc la seule subsistance qui reste de la droite aujourd'hui c'est la droite orléaniste mais une droite orléaniste qui n'a évidemment plus rien à voir avec celle dont parlait René Raymond puisque la puissance publique l'état est très important dans la vie économique dans la vie sociale aujourd'hui puisque nous sommes dans une culture de masse nous sommes dans une démocratie radicale comment dans ce contexte nouveau la droite peut se forger une voie intellectuelle alors voici quelques suggestions qui la distinguent radicalement et de la tentation zémorienne d'extra-droite et de la tentation macroniste c'est qu'à la différence des partis en particulier de celui qui nous gouverne aujourd'hui la droite a un atout fondamental et l'enracinement local qu'elle garde en est le signe c'est que c'est un parti qui par nature si je puis dire est soucieux de la particularité des conditions d'existence qui s'occupe de la manière dont vivent les gens elle y porte une attention particulière à vrai dire c'est la seule qui s'en occupe le RN parle dans l'abstrait et d'une certaine façon la NUPES aussi c'est aussi un mouvement qui est extrêmement attentif à la légitimité de la diversité des intérêts des opinions et des perspectives ce n'est pas un mouvement qui veut en quelque sorte homogénéiser dans une pensée où se réfugierait le bien admis socialement et là elle a un atout vous l'avez déjà évoqué Brice Couturier elle a un atout majeur pour ces progressistes que nous sommes tous mais qui refusent le dogmatisme du progressiste il y a plusieurs manières d'être libre il y a plusieurs manières d'avoir un coup enfin il y a une diversité dans les modes de vie tout à fait compatibles avec l'ordre commun à laquelle la droite est beaucoup plus attentive que ne le sont d'autres mouvements politiques il y a également à droite une tradition de respect des institutions politiques et du libéralisme politique or le fonctionnement actuel de la vie politique enfin depuis quelques années montre que ce n'est plus une valeur majeure de notre société il y a aussi une responsabilité financière c'est à dire on ne fait pas de campagne électorale avec le carnet de chèque à la main il y a une responsabilité quant aux finances publiques qui est véritablement un marqueur de la droite et tout ça et puis une attention peut-être très arronienne si je puis dire à l'ambiguïté des choses au fait qu'il n'y a pas dans la vie sociale un bien qui puisse se définir de manière univoque et militante même s'il y a des valeurs et des normes qui guident évidemment le débat public et un caractère rugueux du débat et surtout enfin l'attachement au girondisme à la puissance des collectivités locales et aux corps intermédiaires tout cela fait quand même une armature intellectuelle extrêmement forte qui peut rallier beaucoup aussi à les présenter comme le fer de l'Anse d'une droite libérale mais ça c'est le problème d'Edouard Philippe d'une droite libérale c'est le problème d'Edouard Philippe c'est pas le problème de Chietti mais je ne vous parle dédié je ne parle pas de personnalité je n'ai rien vu dans le gouvernement d'Edouard Philippe qui au moindre degré a illustré tout cela jusqu'à présent donc une offre politique extrêmement importante la place c'est là si la droite arrivait à se mobiliser et à trouver un leader elle peut véritablement avancer j'expose ces idées simplement pour vous dire que je suis absolument réticente intellectuellement à l'idée d'une dissolution fatale de la droite ou d'une disparition entre la droite extrême et le macronisme
selon l'expression bienvenue de Dominique Reynier tout à l'heure on parlait de la droite partidaire et c'était l'objet de nos échanges Jean-Noël Jeannet
oui j'observe que Monique après avoir remis en cause la tripartition de René Raymond que lui-même d'ailleurs avait nuancé en ajoutant une quatrième droite après venait nous faire un magnifique plaidoyer pour la droite orléaniste et par conséquent ratifier indirectement ce tripartisme là mais je voudrais sans le mot orléaniste la droite libérale peut-être oui enfin je la situe là telle que je vous ai entendu c'est exactement ça et pour conclure parce qu'il nous reste 1 minute 30
ben oui je vous en prie Dominique Jean-Noël pardon je vous en prie Albert non non nous avons un Dominique non pas d'Albert sérieusement allez-y
non non on revient simplement à l'idée me semble-t-il après avoir écouté Brice il y a deux possibilités une évolution progressive à droite à peu près partout au contraire l'idée que nous avions déjà d'ailleurs débattu ici si j'ai bonne mémoire c'était l'idée qu'à partir du moment où un gouvernement centriste disparaît et il va disparaître forcément à cause des institutions de toute façon forcément ressurgiront en fait à droite et à gauche une droite et une gauche modérées par rapport à ces extrêmes que suscite toujours le gouvernement des centres et si on a fait une prédiction dans 10 ans si vous voulez bien on se retrouvera pour voir si ma prédiction est bonne je pense que cette cybernétique là conduira forcément à ça alors la question ensuite puisque nous parlons de la droite la droite de monsieur Ciotti et de savoir si ce parti là qui en profitera ou au contraire si d'autres jeunes pousses viendront incarner à gauche du renseignement national et à droite de l'opinion cette permanence en termes généalogiques en termes idéologiques en termes de sensibilité collective pour ma part je suis sur ce bord là
merci Monique Cantos-Ferber Brice Couturier Jean-Noël Janais Dominique Reynier cette émission a été préparée par Anne-Claire Bazin réalisée par Luc Jean-Rénaud avec à la technique Romain Lenoir je vous donne rendez-vous dimanche prochain 25 décembre oui jour de Noël pour un autre esprit public dans un instant avec Caroline Brouet quelques bons conseils de bonne lecture dans les bonnes choses Mous-titrage Société Radio-Canada
Éric Ciotti