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ChroniqueSébastien Gobert· 19 février 2026 11 minActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieInstitutions & électionsEurope & international

La Transnistrie au fond du gouffre économique / la pire crise depuis 25 ans

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Depuis le 1er janvier 2025, on le sait, la Transnistrie n'est plus approvisionnée en gaz russe qui a été pendant très longtemps quasiment gratuit. Cela a considérablement invalidé les leviers de pression dont elle disposait par rapport au reste de la Moldavie, mais cela a surtout affaibli considérablement son économie. Et un an après, en ce début 2026, et bien ça se voit puisque la région est en train de vivre sa pire crise économique depuis 25 ans.

Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où je reparle un peu de la situation en transinistrie. Il faut s'y intéresser de temps en temps.

Donc sans m'attarder sur les grandes questions géopolitiques, ça je l'ai déjà développé dans d'autres vidéos et en plus de ça fondamentalement ça n'a pas beaucoup changé et ça donc j'y reviendrai à la fin de la vidéo et je vous expliquerai pourquoi ça n'a pas vraiment changé. Mais là j'aimerais m'arrêter sur des données économiques qui ont été compilées dans un rapport très intéressant de l'économiste moldave de la Tesla Vioniza du F tank IDIS. Et la conclusion de ce rapport, c'est que la transistrie vit sa pire crise économique et sociale des 25 dernières années.

Et ça, donc je précise, ça n'est pas à cause d'un prétendu blocus économique moldave et ukrainien. Ça, c'est une manipulation de l'information qui a été démontée à ma reprise. Donc, je ne m'arrête pas dessus.

Mais cette crise économique est bel et bien d à l'interruption du transit de gaz russe par le territoire ukrainien. donc à partir du 1er janvier 2025, ce qui a forcé la transinistrie à importer son gaz depuis des pays européens. Donc c'est toujours du gaz russe qui est payé par des fonds russes.

Mais d'une part ce gaz il faut le payer. D'autre part c'est beaucoup moins prévisible. Et troisièmement, il y a énormément de contraintes politiques étant donné que plusieurs des compagnies qui livrent le gaz ou en tout cas qui sont impliqués dans la livraison de ce gaz à la transinistrie peuvent faire l'objet de sanction internationale.

Et donc ça a fortement déstabilisé l'industrie de transinstrie, mais ça l'a aussi privé des revenus qu'elle tirait de la vente de l'énergie qu'elle produisait notamment à la Moldavie mais aussi à l'Ukraine. Depuis plus d'un an, les autorités de Tiraspol ont multiplié les restrictions et ont en fait placé la région dans un état d'urgence énergétique permanent. Il n'y a pas de crise humanitaire depuis 1 an, ça se saurait.

Mais par contre, il y a bel et bien une population qui vit au rythme de restriction énergétique et de coupure de courant à répétition. Alors, si on se plonge dans l'étude des données, la première qu'il faut avoir en tête, c'est la population. On ne sait tout simplement pas combien de personnes habitent en transisterie.

Selon les autorités locales, on serait entre 400 et 450000 personnes. Mais selon des recoupements d'informations et d'enquêtes indépendantes, on est plus proche de 300000 personnes voire moins. En revanche, les autres données, on peut les quantifier avec un peu plus de précision.

En 2025, la rive droite de la Moldavie, donc la partie sous contrôle du régime de Kishino, a enregistré une croissance économique de 2,7 % de son PIB. La rive gauche, la Transistrie, a elle accusé une chute de 18 % de son PIB. Ce qui fait que le PIB par habitant sur l'arrive droite, il est de 8400 dollars par personne alors que celui sur la rive gauche, il est de 3800 dollars par personne.

L'écart de PIB par habitant entre les deux rives atteint donc un écart de 2,2 et il était de 1,9 en 2024. Et donc on voit que cet écart, il se creuse très rapidement. Plus inquiétant encore pour la transisterie, le PIB de la région est aujourd'hui de 13 % inférieur à ce qu'il était en 2010.

Ça ça se voit évidemment dans le secteur industriel qui est historiquement le pilier économique de la transindustrie. C'est d'ailleurs autour de l'industrie que elle s'est créée, qu'elle s'est développée au sein de l'URSS et ensuite qu'elle a bâti sa plateforme pour faire sécession entre 1990 et 1992 avec le soutien de l'armée soviétique, l'armée russe. Et depuis l'industrialisation de la région, donc depuis les années 1920, on avait pas connu une telle chute d'activité du secteur industriel. en 2025, c'était - 30 % et ce qui fait que aujourd'hui l'industrie transnestrienne fonctionne seulement à 75 % de son niveau de 1989.

Cette dégradation de l'activité industrielle, elle se traduit par une baisse des exportations de la région qui se sont élevées à 436 millions de dollars en 2025, c'est-à-dire le plus faible niveau d'exportation depuis 20 ans avec toujours évidemment cette dicotomie qui est très propre à la transinistrie. C'est une région qui est très alignée sur la politique russe qui a beaucoup d'égart et russe. Elle a même demandé son rattachement à la Fédération de Russie en 2006. une demande que la Fédération de Russie a soigneusement ignoré à l'époque et encore jusqu'à aujourd'hui.

Mais dans le même temps, c'est une région qui est vraiment intégrée à l'économie moldave, économie moldave qui est intégrée à l'économie européenne. Et donc pour ne citer que les chiffres de 2025, 70 % des exportations de la transcisterserie sont allées vers le marché unique européen. Seulement 5 % sont allés vers la Russie.

Mais ça, ce déséquilibre, on le constate depuis déjà de nombreuses années. Là, ce qu'il faut vraiment retenir, c'est la baisse des exportations de la Transnistrie en règle générale. Tous ces indicateurs macroéconomiques ont des conséquences très concrètes sur le niveau de vie des habitants puisque à la fois les actifs et les retraités vivent dans des conditions encore plus précaires qu'il y a 10 ans.

On le voit au niveau des salaires puisque le salaire moyen sur l'arrive droite, donc sur la partie moldave de la Moldavie, il est d'environ 800 € alors que sur la rive gauche, il n'atteint plus les 400 €. Et ça, c'est particulièrement parlant parce que historiquement, les salaires ont toujours été soit comparables, soit plus élevés en transinstre. Pour les retraités, c'est pareil.

Sur la rive droite, c'est environ 200 € de retraite moyenne et sur la rive gauche, c'est 100 €. Historiquement, les retraités transnestriens touchaient des compléments de la part de l'État fédéral russe, soit sous la forme de complément de pension, soit sous la forme d'aide humanitaire. Mais cette aide, s'est tari à cause des sanctions financières internationales, mais aussi évidemment à cause de la situation financière russe qui n'est guerre en viable.

Alors à ce stade, on pourrait être tenté de tirer des conclusions en se disant que la transindustrie est aux abois et que elle a véritablement intérêt à se réintégrer en Moldavie et que une fois que la Moldavie sera de nouveau unie, de nouveau pleine et entière, et bien le pays pourra adhérer à l'Union européenne de manière accélérée, voire même réenvisager sa réunification à la Roumanie. Ça, j'en avais fait une de mes dernières vidéos que vous pouvez retrouver ici. Mais dans le cas transnestrien, comme pour toutes les autres régions pseudoséparatistes que la Russie a instrumentalisé et entretenu depuis les années 1990, donc évidemment je parle de l'AP et l'OCTI du sud en Geéorgie, mais aussi des Républiques fantoches de Louransk et de Donet en Ukraine jusqu'en 2022.

Et bien l'existence de ces régions n'est pas du tout basée sur une quelconque rationalité économique. Au contraire, c'est véritablement un projet géopolitique et leur existence est conditionnée à la politique du Kremelin. Et là, ce qu'on voit ces derniers mois, c'est que le Kremlin n'a absolument aucune intention de laisser tomber la transnistrie.

Et donc dans ce contexte particulièrement critique au niveau énergétique et économique en transnistrie, et bien on voit que le pouvoir ne fait absolument pas de concession, qu'il n'est pas du tout prêt à céder à d'éventuelles demandes politiques ou d'éventuelles demandes de justice de la part de Kishino et de la part de l'Union européenne. Mais au contraire, il met vraiment la région et ce qui reste de population sous une chappe de plomb. Et ça, on le voit à travers un récent rapport de l'ONG Moldave Promolex qui suit la situation des droits humains et qui constate un contrôle total de l'espace informationnel, une intensification de la propagande, une militarisation de l'éducation, y compris dans les institutions pour les enfants handicapés et aussi des conditions inhumaines dans les lieux de détention.

Encore une fois, ça fait assez longtemps que l'on constate cette triste situation des droits humains en transistrie, mais visiblement en 2025, il y a encore eu dégradation euh de cette situation. Les autorités de Tiraspol cherchent aussi à verrouiller l'espace informationnel en encourageant la population à abandonner euh les messageries qui viendraient de l'étranger. Donc évidemment les messageries américaines, mais aussi par exemple la messagerie russe Telégram pour adopter une innovation locale qui s'appelle IDC Matrix.

Mais des journalistes l'ont testé cette application. Ils ont constaté qu'il n'y avait pas du tout de cryptage et donc tout ce qui filtre à travers cette messagerie et bien peut être lu par les autorités locales. Et donc ce à quoi on assiste ces derniers mois, ça n'est pas vraiment à une transindustrie qui serait aux abois et qui devrait faire des concessions sur son régime autoritaire et sur les droits humains, mais c'est plutôt un pouvoir local toujours évidemment tenu depuis Moscou qui veut transformer sa région en une espèce de forteresse, vraiment mettre sa population sous une chape et ça donc c'est mon opinion personnelle dans l'idée de faire le dos rond et d'attendre que la crise se passe et d'attendre que la guerre en Ukraine soit réglée d'une manière ou d'une autre avant de pouvoir relever la tête et revenir à un mode business à jour.

Ce qui fait que et je l'avais déjà mentionné dans mes vidéos précédentes, il n'y a pas vraiment grand-chose à espérer de la part de Tiraspul et donc de la part de Moscou en ce qui concerne cette réintégration au sein de la Moldavie. Tout dépend vraiment de la politique que Kishino, Bruxelles et aussi bien sûr Kiev adoptent et vont adopter par rapport à cette région pour la forcer à aller dans un sens ou dans un autre. Évidemment, on continuera à suivre tout ça.

En tous les cas, il me semblait assez important de faire une petite vidéo pour s'arrêter sur ces données parce que vraiment la crise en transinistrie est inédite. C'est la pire crise économique et sociale depuis 25 ans. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.

Je fil et je vous retrouve très vite.