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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 12 février 2020 35 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Compte-rendu du Conseil des Ministres et du Conseil de défense écologique du 12 février 2020

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:01OuverteRéponse partielle

    Vous allez accompagner 7 candidats pour des projets de relocalisation. Quelles sont les communes concernées ? L'érosion est-elle désormais considérée comme un risque indemnisable ?

  • 13:02OuverteRéponse directe

    Pour les 17 millions de Français exposés aux inondations, est-ce que l'évacuation est la seule solution ?

  • 16:05OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous expliquer la portée de l'arrêté de protection du mont Blanc et son impact sur les ascensions ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Les agents publics pourraient-ils prendre moins l'avion ? Des mesures similaires pourraient-elles être généralisées ? Qu'en est-il des centrales nucléaires face au dérèglement climatique ?

  • 25:01OuverteRéponse directe

    Le flou sur la valeur du point donne-t-il des arguments aux opposants à la réforme des retraites ?

  • 27:03OuverteRéponse directe

    Quelle forme prendra l'évaluation transparente des politiques économiques et sociales demandée par le président ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01E. BorneFait
    « depuis sa création en mai 2019, le Conseil de défense écologique a, par exemple, conduit à la fin du projet de Montagne d'or en Guyane, du projet EuropaCity ou encore à la création d'une écocontribution sur les vols au départ de la France. »
  • 3:02E. BorneChiffre
    « Protéger 17 millions de nos compatriotes exposés au risque inondation, c'est massif et concret. »
  • 3:30E. BorneChiffre
    « Nous allons réussir à placer 1/3 de notre territoire national en aires protégées. »
  • 4:05E. BorneChiffre
    « Permettre à 2,4 millions d'agents publics d'être acteurs de la transition écologique dans tous les territoires. »
  • 5:01E. BorneChiffre
    « D'ici 2022, 30% de notre territoire sera sous le statut d'aire protégée sur terre comme en mer. 10% sera placé sous protection forte. »
  • 6:07E. BorneFait
    « Nous avons 2 échéances : le Congrès mondial de la nature à Marseille en juin, qui doit nous servir de tremplin pour la COP15, qui se tiendra en Chine, en octobre. »
  • 7:00E. BorneChiffre
    « dès juillet, chaque agent de la fonction publique de l'Etat se rendant au travail à vélo ou en covoiturage pourra bénéficier d'un forfait mobilité durable de 200E »
  • 7:30E. BorneChiffre
    « dans les cantines, ce sont dorénavant au moins 50% de produits de qualité et durables dont au moins 20% de bio qui seront servis. »
  • 20:01S. NdiayePromesse
    « nous avons un engagement qui est très clair, qui d'ailleurs est inscrit dans la loi et qui a vertu de règle d'or, de faire en sorte que la valeur du point ne baisse pas »
  • 22:00S. NdiayeChiffre
    « le montant moyen de la prime d'activité est désormais de 192E par mois »
  • 22:30S. NdiayeChiffre
    « le nombre de bénéficiaires de la prime d'activité était en forte augmentation puisqu'il s'élève désormais à 4,26 millions de foyers. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-S. Ndiaye: Bonjour à tous. Bienvenue pour ce nouveau compte rendu du Conseil des ministres.

Je suis aujourd'hui accompagnée d'Elisabeth Borne, puisque vous le savez, le Conseil des ministres s'est poursuivi dans un cercle plus restreint pour un Conseil de défense écologique, et donc la ministre en charge de la Transition écologique et solidaire va vous en faire le compte rendu. Elle pourra répondre à vos questions sur cette thématique avant que je reprenne le fil habituel de nos échanges. A toi. -E.

Borne : Merci, Sibeth. Mesdames et messieurs, depuis sa création en mai 2019, le Conseil de défense écologique a, par exemple, conduit à la fin du projet de Montagne d'or en Guyane, du projet EuropaCity ou encore à la création d'une écocontribution sur les vols au départ de la France. Ce 4e Conseil de défense écologique incarne l'ambition intacte du président de la République et du gouvernement de mener une politique écologique massive et concrète, qui bénéficie à toutes les Françaises et tous les Français.

Les 3 axes d'action décidés aujourd'hui concernent des millions de Français et donnent un coup d'accélérateur à la transformation de notre modèle. Nous accélérons d'abord l'adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique avec des mesures de résilience et de protection face aux inondations et au recul du trait de côte. Protéger 17 millions de nos compatriotes exposés au risque inondation, c'est massif et concret.

Nous accélérons ensuite notre politique de protection de la biodiversité en créant de nouvelles aires protégées, comme le fera le président de la République demain sur le sommet du mont Blanc. Nous allons réussir à placer 1/3 de notre territoire national en aires protégées. D'ici la fin du quinquennat, des millions de Français vivront donc à proximité de ce patrimoine naturel.

Là encore, c'est massif et c'est concret. Nous accélérons enfin la transition écologique de nos services publics en rendant obligatoires 20 mesures écologiques, qui s'appliqueront donc dans tous les services et opérateurs de l'Etat. Ca va de l'installation de 500 bornes de recharge électriques d'ici fin 2021 à la réduction d'utilisation de l'avion pour les déplacements professionnels en passant par l'interdiction de l'achat de chaudières au fioul.

Permettre à 2,4 millions d'agents publics d'être acteurs de la transition écologique dans tous les territoires, c'est également massif et concret. Dans le détail, voici les principales politiques décidées dans ces 3 champs d'action. D'abord, pour accélérer l'adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique, donc nous l'avons vu, à l'automne dernier ou l'année précédente, que ce soit dans le Var, dans l'Aude, dans les Alpes-Maritimes, les inondations détruisent des vies et des villes.

Face à ces événements qui vont être plus fréquents, plus intenses, ce Conseil de défense écologique a décidé d'abord de diviser par 2 la durée d'élaboration des programmes d'action pour la prévention des inondations, qui peuvent, aujourd'hui prendre jusqu'à 8 ans. Désormais, tous ces programmes de prévention, en deçà de 20 millions d'euros, seront validés au niveau local, ce qui concernera donc 70% d'entre eux contre 20% aujourd'hui. Ensuite, nous garantirons la capacité du fonds Barnier, le fonds de prévention des risques naturels, à couvrir les besoins.

Enfin, pour agir tout de suite sur le terrain, mon ministère va accompagner 9 sites dans la réduction de leur exposition aux risques d'inondation. A Marseille comme à Dax ou encore à Vernon, une équipe d'architectes, d'urbanistes, d'ingénieurs va venir prêter main-forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients. Accélérer l'adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique, c'est aussi faire face au recul du trait de côte. 20% de notre façade maritime est concernée.

En Vendée ou dans la Somme, par exemple, le littoral recule de 50cm à 1,50m par an. D'ici la fin du siècle, près de 50 000 logements pourraient être menacés. Nous devons agir pour réduire la vulnérabilité des territoires exposés, tout en préservant leur attractivité.

Agir pour changer la gestion du littoral, d'abord, dans les espaces menacés à court terme, d'ici 30 ans, pour interdire les nouvelles constructions, en relocaliser certaines, recréer des dunes, des forêts, des prairies, qui limitent l'érosion. Mon ministère vient de retenir 7 candidats que nous allons accompagner pour mettre en oeuvre ces solutions fondées sur la nature. A plus long terme, nous devons adapter les règles de construction.

C'est pourquoi nous créons un nouveau permis de construire pour ces espaces menacés à moyen terme. Il autorisera seulement des constructions non pérennes et démontables. Enfin, nous devons aussi améliorer l'information de nos concitoyens lorsqu'ils décident de s'installer dans ces zones.

Nous créons donc une obligation d'information transparente et objective pour que les acheteurs ou les locataires soient informés du risque d'érosion comme ils le sont aujourd'hui pour les inondations. Ces mesures, je le redis, ce sont plus de 17 millions de Français qui seront ainsi mieux protégés. Notre 2d axe d'accélération, je vous l'ai dit, c'est la protection de la biodiversité.

Le président a été clair : d'ici 2022, 30% de notre territoire sera sous le statut d'aire protégée sur terre comme en mer. 10% sera placé sous protection forte. C'est une nouvelle place laissée à la nature au quotidien.

Donc nous avançons avec la création de parcs régionaux, 4 parcs régionaux avec le plus grand parc de forêt d'Europe en Bourgogne et en Champagne, créé fin 2019, où j'étais il y a 3 semaines, et demain, avec le déplacement du président de la République, qui sera l'occasion d'acter une nouvelle protection du sommet du mont Blanc au travers d'un nouvel outil, l'arrêté de protection des habitats naturels. Cette ambition que nous avons en France pour la biodiversité nous donnera de la force pour les négociations internationales. L'année 2020 est cruciale puisqu'il s'agit de faire pour la biodiversité ce que nous avions réussi pour le climat avec l'accord de Paris en 2015.

Nous avons 2 échéances : le Congrès mondial de la nature à Marseille en juin, qui doit nous servir de tremplin pour la COP15, qui se tiendra en Chine, en octobre. Et pour cette COP15, notre objectif, c'est notamment d'avoir un cadre international pour que 30% de tous les territoires nationaux soient protégés d'ici la fin de la décennie. Le 3e volet de ce Conseil de défense écologique, c'est l'accélération de la transformation écologique de nos services publics.

Les 2,4 millions de femmes et d'hommes qui s'engagent chaque jour pour les Français dans les services de l'Etat doivent être un moteur, une force de frappe pour la transition écologique. En rendant obligatoires 20 mesures concrètes pour des services écoresponsables, nous répondons à leur attente de faire de la puissance publique un accélérateur concret de la transition écologique, pour que chaque fonctionnaire, chaque contractuel, soit, au quotidien, un agent du changement. Ces 20 mesures vont être déployées au cours de l'année pour l'ensemble des services de l'Etat, de ses établissements publics et de ses opérateurs, des collectivités territoriales, leur groupement ou les hôpitaux volontaires pourront également rejoindre le mouvement.

Je ne vais pas vous faire la liste des 20 mesures. Je pourrais mentionner que, dès juillet, chaque agent de la fonction publique de l'Etat se rendant au travail à vélo ou en covoiturage pourra bénéficier d'un forfait mobilité durable de 200E, que, dès juillet toujours, l'Etat n'achètera plus aucun plastique jetable, ni pour les lieux de travail, ni dans ses événements, que lors des remplacements de matériel, l'Etat proposera systématiquement aux associations et aux acteurs de l'économie sociale et solidaire de les reprendre, que, dès cette année, nous allons arrêter l'utilisation de tous les produits phytopharmaceutiques pour l'entretien de nos espaces, qu'ils soient ouverts ou non au public. Dans les cantines, ce sont dorénavant au moins 50% de produits de qualité et durables dont au moins 20% de bio qui seront servis.

Voilà, donc. Protéger notre société et la biodiversité, transformer la puissance publique. Vous le voyez, ce 4e Conseil de défense écologique était dense.

Les décisions que nous avons prises aujourd'hui concernent des millions de Français, et c'est bien ainsi que nous allons plus loin, plus vite dans la transition écologique et solidaire. Je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. -Bonjour.

Sandy Dauphin, France Inter. Vous allez accompagner 7 candidats pour des projets de relocalisation, si j'ai bien compris. Est-ce que vous pouvez citer les communes concernées ?

Et est-ce que ça veut dire que, dorénavant, l'érosion est considérée comme un risque au même titre que la submersion et donc donne lieu à une indemnisation des gens ? -E. Borne : Alors, j'ai dit que nous allions accompagner 7 territoires qui vont utiliser des solutions fondées sur la nature pour mieux protéger leur territoire.

C'est donc de recréer des cordons dunaires. Donc on doit avoir des collectivités, on doit avoir Marseille qui est concernée, on a le Haut Pays Bigouden, je vous passerai la liste, et non, ce n'est pas considéré...

C'est donc un autre dispositif qu'on est en train de mettre en place, puisque vous savez qu'un risque naturel, c'est un risque immédiat pour des vies humaines. Là, on est dans une autre approche qui nécessite de nouveaux outils, puisqu'en fait, on est sur des événements qui sont prévisibles et qui nécessitent des démarches de réaménagement, mais donc, ce ne sera pas les mêmes outils. Il faut qu'on invente des nouveaux outils. -Bonjour.

Anne Bourse, France Télévisions. Concernant justement les risques d'inondation, il y a 17 millions de Français sur les mesures, mais vous actez aujourd'hui, c'est acquis, le fait de ces inondations à répétition, c'est inéluctable. Est-ce que la seule façon de protéger les gens, c'est l'évacuation ? -E.

Borne: Non. Ce que je suis en train de dire, d'une part, c'est qu'évidemment, il nous faut tout faire pour limiter le dérèglement climatique. C'est pour ça qu'il y a maintenant, je crois, 3 semaines, on a mis en consultation une stratégie, qui doit nous amener à la neutralité carbone, c'est-à-dire qu'on n'émette pas plus de gaz à effet de serre que ce que la planète peut absorber, en 2050.

Et c'est pour ça qu'on a des actions immédiates, à la fois des actions comme l'arrêt des centrales à charbon, comme l'accompagnement des Français pour supprimer un million de chaudières au fioul en 5 ans, un million de ménages accompagnés pour passer à une voiture qui émet moins de gaz à effet de serre, donc on a ces actions immédiates. Des transformations profondes qui sont notamment dans les lois, que ce soit la loi Energie climat, la loi Mobilité ou la loi Anti-gaspillage. Donc, en 1er lieu, il faut évidemment tout faire pour limiter le dérèglement climatique.

Mais on a, par ailleurs, une part inéluctable de ce dérèglement à laquelle il faut faire face. Moi, je vous renvoie au rapport qui a été publié en septembre dernier par le GIEC, le rapport qui s'appelait "Océan et cryosphère", qui nous a montré que le réchauffement de l'océan, il est là, quoi qu'on fasse. Donc il faut évidemment tenir compte de ce réchauffement, et c'est bien pour ça qu'on va poursuivre les démarches des plans de protection des risques littoraux, des plans de protection des risques inondation, mais qu'on va...

On doit être plus efficaces. Vous savez, moi, quand j'étais dans le Var à l'automne dernier, que vous êtes dans des communes où vous avez des gens dont la maison a été inondée 2 fois de suite en 8 jours, les élus attendent de nous qu'on soit plus efficaces dans la mise en oeuvre de nos plans. Donc c'est les mesures que j'ai annoncées sur la division par 2 des délais, la capacité à avoir des procédures en urgence, quand on a des vies qui sont menacées.

Donc ça, c'est pour le volet inondation. Et puis, aujourd'hui, l'érosion du trait de côte, elle est en partie disjointe des enjeux de dérèglement climatique, mais on sait qu'elle est aggravée par ce dérèglement climatique, notamment par la montée des eaux. Et donc il faut absolument aussi agir.

Donc on n'est pas en train de dire qu'on ne fait rien pour l'atténuation, au contraire, et par ailleurs, il faut être beaucoup plus efficace pour mettre en oeuvre nos plans de prévention des risques littoraux, nos plans de prévention des risques inondation, et il nous faut trouver des nouveaux outils pour faire face à ce recul de notre littoral, qui concerne 20% de nos côtes. (Propos inaudibles) Ca passe...

Enfin, nous mettons en oeuvre, vous savez, dans ces plans de prévention, à la fois des ouvrages de défense...

Moi, j'ai dit qu'il était important, et c'est notamment aussi les démarches qu'on va accompagner de ne pas raisonner simplement avec des ouvrages en béton, mais qu'on peut aussi travailler sur toutes les solutions fondées sur la nature, c'est, par exemple, les mangroves dans nos territoires d'Outre-Mer, qui sont la meilleure protection contre les océans, c'est de remettre des espaces de prairie, de recréer des cordons dunaires. Donc on a tout ce qui est protection, notamment quand on est face à de l'érosion du trait de côte. Vous avez...

Moi, je me rendrai vendredi dans une commune de la Manche où les élus ont fait le constat qu'on peut continuer à remettre des ouvrages, mais qu'à un moment donné, la mer est plus forte et qu'il faut accepter, dans certains cas, un réaménagement. -Jérôme Rivet de l'AFP. Est-ce que vous pourriez expliquer concrètement la portée de l'arrêté de protection du mont Blanc ?

Quel impact ça aura sur ceux qui veulent tenter l'ascension, par exemple ? -E. Borne : Donc, c'est un nouveau dispositif.

Vous savez qu'on avait jusqu'à présent des arrêtés de protection de biotope, mais qui étaient ciblés sur une espèce. L'arrêté de protection des habitats naturels, donc, c'est un autre dispositif, qui a été créé dans la loi Biodiversité, qui reconnaît l'importance d'un territoire en tant qu'habitat d'espèces naturelles. Et donc, du coup, ça donne des moyens supplémentaires de sanctions pour ceux qui portent atteinte à la nature.

Aujourd'hui, en fait, le sommet du mont Blanc est classé en tant que site. Mais par contre, il n'y a pas de protection particulière sur sa richesse naturelle. Et donc, ça donnera des nouveaux outils, des sanctions plus fortes pour ceux qui ne respectent pas, notamment ceux qui peuvent aller sur le sommet du mont Blanc, je ne parle même pas de ceux qui emportent leur kayak, mais ceux qui y vont par exemple avec leurs animaux domestiques, qui peuvent déranger la faune naturelle du lieu.

Donc c'est des nouveaux outils pour encourager et à défaut sanctionner ceux qui ne respecteraient pas ces habitats naturels. -Bonjour. Anne-Claire Poirier pour Contexte.

J'ai 2 questions. La 1re sur des agents publics et l'avion. Donc ils pourraient prendre moins l'avion si un délai raisonnable est possible en train.

Est-ce qu'à terme, on pourrait imaginer que cette mesure soit généralisée à l'ensemble des Français? Et sur l'adaptation au dérèglement climatique, donc inondations, montées des eaux et pas seulement, est-ce qu'il y a des dispositions particulières prévues sur les centrales nucléaires? Merci. -E.

Borne: Alors, les mesures que l'Etat en tant qu'employeur applique à ses agents, on n'est pas en train, effectivement, de dire qu'elles vont s'imposer à tous les Français...

Moi, j'invite toutes les entreprises, toutes les collectivités à faire la même chose. Je pense que ce qui est important, c'est de donner des alternatives performantes. Effectivement, on considère que quand un trajet prend moins de 4 heures ou de 6 heures aller-retour, on peut prendre le train.

C'est ce que je ferai pour aller dans la Manche vendredi. S'agissant de l'impact, du dérèglement climatique sur les centrales nucléaires, c'est un sujet un peu particulier qui fait l'objet, comme vous pouvez l'imaginer, d'une intention forte, que ce soit par exemple les enjeux sur la baisse prévisible du niveau des cours d'eau, donc il y a des plans spécifiques sur ces sujets-là. Bon, s'il n'y a plus d'autres questions, je vais laisser la suite à Sibeth. -S.

Ndiaye: Merci beaucoup. Donc, je vous propose de reprendre, du coup, le cours de ce compte rendu du Conseil des ministres. Peut-être vous livrer quelques éléments au préalable de l'introduction du président de la République qui a tenu à saluer la qualité du travail réalisé par la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn, ainsi que la qualité du travail réalisé par toutes les équipes soignantes, de protection civile, les forces de sécurité intérieure, dans la gestion qui est encore en cours de la crise du coronavirus.

Nous savons que nous sollicitons énormément, en particulier les équipes soignantes, dans la recherche des cas contact, dans l'accompagnement des personnes qui sont en situation de confinement. Et donc, le président de la République a tenu à saluer la qualité de ce travail effectué. Le président de la République a indiqué qu'il était également très attaché à ce que toute la transparence puisse être faite sur l'impact des mesures qui ont été prises depuis le début du quinquennat en matière économique et sociale.

Il a donc demandé à cette fin qu'un travail de transparence et d'objectivation de l'impact de ces mesures diverses et variées, que ce soit en matière fiscale, en matière économique ou en matière sociale ou sur le marché du travail, impact mesurable, objectivable, sur en particulier le pouvoir d'achat des Français. Voilà ce que je pouvais vous dire de l'introduction du président de la République dans ce Conseil des ministres. Nous avons examiné plusieurs projets de loi, d'abord une ordonnance que j'ai déjà eu l'occasion de vous présenter il y a quelques mois.

Nous avons examiné le projet de loi qui ratifie cette ordonnance. C'est une ordonnance qui simplifie l'information des investisseurs de titres financiers. Je ne la développerai pas davantage puisque nous l'avions vue au mois d'octobre dernier.

Nous avons examiné un texte assez habituel d'accords qui sont réalisés avec le Turkménistan et les Etats-Unis, qui permet de faciliter l'emploi des conjoints de nos agents diplomatiques et consulaires lorsqu'ils sont en mobilité. Nous avons également examiné plusieurs textes qui relèvent du ministère de l'Economie et des Finances. Un 1er texte qui comporte diverses dispositions permettant de nous adapter à des normes récemment édictées par le Conseil de l'Union européenne et le Parlement européen en matière économique et financière.

Vous aurez évidemment le détail dans le compte rendu écrit du Conseil des ministres. Je prendrai un seul exemple qui concerne les Outre-mer et qui, à mon avis, est un exemple qui permet d'illustrer comment on peut faire des choses très concrètes dans ce type de projet de loi puisqu'on met fin au géoblocage qui, notamment pour les Français d'Outre-mer, empêche d'accéder à certains sites marchands. Et donc, c'est une restriction de leur capacité à bénéficier d'une offre diverse et parfaitement concurrentielle.

Et donc, nous mettons fin à ce géoblocage qui empêche donc d'accéder à un certain type de sites Internet de vente de produits divers et variés. Nous avons également eu connaissance de 2 ordonnances qui découlent de la loi PACTE. Une 1re ordonnance qui permet de simplifier la contestation de brevets d'innovation et d'invention.

Et donc, on aura désormais une procédure administrative qui sera plus simple et moins coûteuse que la voie judiciaire jusqu'à maintenant seulement autorisée. Enfin, dernier texte toujours en application de la loi PACTE qui permet également la transposition d'une directive européenne anti-blanchiment. Et cette ordonnance permet de redéployer un dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Voilà ce que je pouvais vous dire des différents textes que nous avons examinés en Conseil des ministres. Je voudrais également vous signaler que la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn ainsi que sa secrétaire d'Etat Christelle Dubos ont présenté un point d'étape sur un certain nombre de dispositifs qui renforcent l'accès aux soins des Français et le pouvoir d'achat des plus précaires. Vous le savez, le président de la République est extrêmement attaché à ce que nous ayons un bilan régulier des politiques publiques qui sont déployées sur le territoire national.

Et en partie D du Conseil des ministres, Agnès Buzyn et Christelle Dubos ont eu l'occasion de faire le point sur 3 dispositifs particuliers. D'abord, la mise en oeuvre du dispositif dit "100% santé" qui permet à tous de se doter des aides auditives, de lunettes de vue et de prothèses dentaires avec un reste à charge nul. C'est une mise en oeuvre progressive qui a été largement discutée avec les professionnels des différents secteurs concernés, et les 1ers résultats sont extrêmement encourageants et montrent une véritable appropriation et par les professionnels et par la population, puisqu'aujourd'hui, entre le mois de janvier et le mois de novembre 2019, nous avons eu 13% du total des prothèses auditives qui ont été vendues avec l'offre "100% santé", donc qui permet un reste à charge zéro, et près de 40% des actes dentaires réalisés entre avril et octobre 2019 l'ont été également avec cette offre "100% santé".

A partir du 1er janvier 2021, je vous rappelle que l'offre "100% santé" sera disponible sans reste à charge dans les 3 secteurs concernés, donc l'audiologie, l'optique et le dentaire. Les ministres ont également présenté l'impact de la complémentaire santé solidaire. Vous le savez, c'est la fusion à la fois de l'aide à la complémentaire santé d'un côté et de l'autre côté de la CMU complémentaire qui avaient, l'une et l'autre, un taux de recours relativement faible, alors pourtant que de nombreux Français ne sont pas couverts par une complémentaire santé.

Nous avons donc créé cette complémentaire solidarité santé solidaire qui offre une complémentaire entièrement sans frais et permet de diminuer de manière significative le coût d'une complémentaire santé jusqu'à 1E par jour, si je prends par exemple l'exemple d'un couple de personnes âgées qui sont aux alentours de 1 800E de revenus mensuels. Ca bénéficiera, ce dispositif, à terme, à plus de 10 millions de personnes. Et enfin, les ministres ont présenté les résultats que nous avons obtenus sur la prime d'activité, puisque nous avons fait le choix, vous le savez, en décembre, il y a plus d'un an maintenant, d'augmenter les gains perçus au niveau du Smic via la prime d'activité.

Et nous avons aujourd'hui des résultats qui sont très significatifs en matière de pouvoir d'achat pour les Français, puisque le montant moyen de la prime d'activité est désormais de 192E par mois, tandis que le Smic, pour sa part, a été revalorisé, je vous le rappelle, de 1,5% en janvier 2019 et de 1,2% en janvier 2020. A la fin du mois de septembre 2019, le nombre de bénéficiaires de la prime d'activité était en forte augmentation puisqu'il s'élève désormais à 4,26 millions de foyers. C'est une hausse de 53% des bénéficiaires de la prime d'activité, soit 1,5 million de foyers supplémentaires.

Dernier élément d'information qui a été donné par les ministres: le déploiement de la pension alimentaire intermédiée par les CAF, autrement dit le dispositif qui permettra de faire en sorte que ce soit les Caisses d'allocations familiales qui perçoivent les pensions alimentaires puis les reversent aux femmes, en général, qui en sont destinataires. Ce dispositif sera mis en place à partir du 1er juin prochain. C'est un dispositif extrêmement important qui permettra, notamment quand il y a des difficultés de paiement, que les femmes qui reçoivent ces pensions alimentaires se voient verser, dans l'attente du recouvrement de la pension alimentaire, une aide par les Caisses d'allocations familiales.

Voilà ce que je pouvais vous dire du Conseil des ministres. Je suis évidemment à votre disposition pour répondre à vos questions. -Bonjour, Marie-Bénédicte Allaire de RTL.

Le ministre chargé de la réforme des retraites, hier, a de nouveau été interrogé sur la valeur du point. Il semble que sa réponse n'ait pas dissipé les doutes. Depuis quelques semaines, on est un peu dans le flou sur cette future valeur du point.

Est-ce que ce flou, finalement, ne donne pas du grain à moudre aux opposants à la réforme? -S. Ndiaye: Je crois malheureusement que les opposants à la réforme n'aient pas besoin de grain à moudre puisqu'ils considèrent que dans son ensemble, le fait de mettre en place un système universel de retraites qui touche tous les Français d'un côté et qui de l'autre côté permette d'avoir un système plus équitable, ils ne sont pas d'accord avec ce système.

Donc je ne pense pas que ça rajoute du grain à moudre. Néanmoins, pour répondre plus précisément à votre question, nous avons un engagement qui est très clair, qui d'ailleurs est inscrit dans la loi et qui a vertu de règle d'or, de faire en sorte que la valeur du point ne baisse pas d'une part, c'est un élément qui est important, ce sera inscrit dans la loi. La 2e chose, c'est que nous nous engageons également à ce que la valeur du point, en tout cas son équivalent qui aujourd'hui dépend de l'évolution de l'inflation, donc de l'évolution de l'augmentation des prix, soit indexée sur quelque chose qui évolue de manière plus dynamique, en l'occurrence les revenus perçus par les Français.

Il nous faudra donc évidemment construire un indice statistique qui nous permettra d'englober l'ensemble des revenus qui sont perçus par les Français, en l'occurrence qu'ils soient indépendants ou salariés, pour aller vite, mais nous savons d'ores et déjà que les salaires progressent de manière positive en France, et de manière plus positive que ne progressent les prix. Et donc je crois qu'il n'y a pas lieu d'avoir de la polémique. L'engagement, il est très clair.

Nous souhaitons avoir une indexation de la valeur du point sur une donnée qui est plus dynamique que simplement l'inflation des prix d'un côté, et de l'autre côté, nous avons un engagement très ferme inscrit dans la loi pour que la valeur du point ne baisse pas de manière à garantir un niveau de pension adéquat pour l'ensemble des Français. -Bastien Augey, TF1, LCI. Vous avez parlé de la demande du président de la République d'avoir une évaluation transparente des politiques économiques et sociales.

Très concrètement, ça va prendre quelle forme? Est-ce qu'il va y avoir une commission, des rapports qui vont être demandés, avec quel agenda? -S.

Ndiaye: En fait, il est demandé...

Alors, j'ai pas d'agenda en tête puisque le président de la République l'a demandé aujourd'hui aux ministres qui sont concernés. Vous savez, on voit fleurir ici ou là des études sur l'impact des politiques économiques et sociales du gouvernement qui sont parfois des études dont le champ d'étude peut être restreint et ne pas avoir la complétude des mesures qui sont mises en oeuvre par le gouvernement. Et donc, le président de la République, face à ce constat, a souhaité qu'il puisse y avoir un travail qui soit mené aussi en direction de ces différents organismes d'évaluation, qu'ils soient extérieurs au gouvernement et parfois même sous la dépendance mais avec leur indépendance du gouvernement, qu'il puisse y avoir un travail exhaustif qui puisse être réalisé qui prenne en compte l'ensemble des mesures fiscales, qui prenne en compte l'ensemble des mesures sociales et qui prenne en compte l'ensemble des mesures économiques. -Mais donc fait par qui, pardon, ce travail exhaustif? -S.

Ndiaye: Eh bien il faut que nous soyons en capacité, c'est ce qu'a demandé le président de la République, d'apporter le maximum d'informations à des organismes qui parfois oublient certains champs d'études. Je pense par exemple au fait qu'on peut avoir aujourd'hui des études qui sont sorties et qui ne prennent pas en compte, sur la question de la pauvreté, l'effort considérable qui est réalisé avec le plan pauvreté et l'utilisation par exemple de la mesure de la cantine à 1E ou l'utilisation par exemple de la mesure qui permet d'offrir des petits déjeuners dans un certain nombre de communes qui sont pauvres ou de quartiers dont les populations sont particulièrement en difficulté. Ca, c'est des éléments qui contribuent à améliorer le quotidien des familles modestes et donc qui auraient vocation à pouvoir être pris en compte.

Donc il s'agit d'abord d'avoir une information pleine et entière et un dialogue constant avec les organismes qui sont amenés à réaliser des études. Nous avons nous-mêmes, avec l'INSEE ou avec le Conseil d'analyse économique, placé auprès de Matignon des organismes qui, de manière indépendante, sont aussi capables d'apporter un éclairage sur l'impact des mesures économiques et sociales qui sont prises. Et donc, le président de la République a souhaité que tous ces outils-là soient mobilisés pour avoir une information objective, pleine et transparente. -Bonjour, Simon Le Baron de Franceinfo. -S.

Ndiaye: Pardon. -Je reviens sur les mesures écologiques, davantage sur l'aspect politique de la question. C'est pour ça que je pose la question à la porte-parole du gouvernement.

Certains ne manqueront pas de soupçonner le président de la République de verdir son discours à des fins électoralistes à quelques semaines des municipales et alors que lui-même juge que la présidentielle de 2022 se jouera en grande partie sur la question écologique. Est-ce que ces mesures sont opportunistes? -S.

Ndiaye: Alors, vous le savez, et ça a été souligné par la ministre de la Transition écologique et solidaire, il y a eu...

Nous sommes au 4e Conseil de défense écologique. Et donc, c'est bien un instrument qui existe depuis maintenant plusieurs mois et qui a vocation à se réunir à dates régulières lorsque nous avons suffisamment avancé sur toute une série de sujets qui sont concernés par les sujets écologiques. Au fond, ce que vous êtes en train de dire, c'est que nous pourrions interdire au président de la République de s'exprimer sur tous les sujets qui sont les sujets d'intérêt pour les Français, en particulier au moment des élections municipales.

Je crois que ça n'est pas envisageable parce que le président de la République a vocation à s'exprimer sur tous les sujets qui préoccupent nos compatriotes. Il ne faut pas voir de corrélation spécifique avec les élections municipales. -Bonjour.

Sébastien Duhamel, RFI. On sait que l'armée est engagée dans la lutte antiterroriste au Sahel, au Mali notamment. Or, la présidence malienne, tout récemment, vient d'annoncer qu'elle souhaitait amorcer un dialogue avec certaines personnalités jugées comme terroristes par le Quai d'Orsay.

Le Quai qui refuse jusqu'à présent tout dialogue avec les terroristes. Quelle est la position du gouvernement face à ce changement d'approche sur le terrain? -S.

Ndiaye: Alors, je n'ai pas connaissance des déclarations de la présidence malienne que vous venez d'évoquer, donc je serais bien en peine de vous répondre. Je vous invite à vous retourner vers le porte-parolat du Quai d'Orsay. -Bonjour.

Concernant la 5G, l'attribution, visiblement, le processus se complique, en tous les cas les opérateurs montrent des signes d'inquiétude. Ils dénoncent un manque de visibilité. Est-ce que le gouvernement ou l'Etat va prendre une position claire vis-à-vis de Huawei? -S.

Ndiaye: Alors, nous sommes aujourd'hui au début d'un processus, vous le savez, puisque nous n'avons même pas encore lancé l'appel d'offres en tant que tel sur la 5G. Donc au début de ce processus, nous entendons les difficultés que pointent les opérateurs. La secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher est en relation constante avec eux.

Et donc, c'est un élément que nous entendons, mais je crois aussi que nous avons des enjeux importants de souveraineté, à la fois numériques, économiques et de protection des données auxquels notre pays est extrêmement attaché. Donc nous avancerons à la fois dans le respect de ce que sont nos objectifs de souveraineté, mais aussi en écoutant et en entendant les difficultés que pointent les opérateurs de téléphonie. -Mais est-ce qu'on peut envisager que la France prenne une position aussi claire que vient de le faire, par exemple, la Grande-Bretagne, qui a annoncé que Huawei ne représenterait pas plus de 30% justement... -S.

Ndiaye: Nous avons aujourd'hui un dialogue qui est mené avec les opérateurs de téléphonie, qui se fait sous l'autorité des ministères économiques et financiers, et nous aurons, au moment où nous dévoilerons notre appel d'offres sur la 5G, à dire quelle est notre position exacte sur ce sujet. Eh bien si votre appétit de questions se tarit, je vous libère et vous propose donc que nous nous retrouvions la semaine prochaine pour de nouvelles aventures. Je vous remercie.

Au revoir.