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InterviewRTL (sur YouTube)· 30 octobre 2018 17 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉducation & rechercheJusticeInstitutions & élections

Christophe Castaner, nouveau ministre de l'Intérieur, était l'invité de RTL mardi 30 octobre 2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46RelanceÉludée

    Vous répondez quoi à ce procès fait par Eric Ciotti ?

  • 2:01OuverteRéponse partielle

    Vous souhaitez créer une permanence de police dans les établissements ?

  • 3:26RelanceRéponse directe

    Vous convenez que pour l'instant, c'est encore assez flou ?

  • 4:12RelanceRéponse partielle

    Vous aviez confondu vitesse et précipitation, Christophe Castaner ?

  • 6:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il y a derrière cette incantation d'éradiquer les bandes ?

  • 7:36OuverteRéponse directe

    Quel est l'avantage en termes de sécurisation de suivre les individus et non pas les bandes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42PrésentateurFait
    « Christophe Castaner est-il taillé pour le poste ? Je ne le pense pas. »
  • 2:15Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, 6500 policiers ou gendarmes sont référents pour un établissement scolaire »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « la partie D, nous n'en rendions pas compte à la sortie du Conseil des ministres »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « le dédoublement des classes dans les REP et les REP+ »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « J'ai demandé qu'on change le regard. Parce que ces bandes ne sont plus organisées comme elles l'étaient à l'époque. »
  • 7:00Invité politiqueFait
    « le suivi se faisait sur la bande, la bande dans un quartier, et pas forcément sur un suivi ciblé de tel ou tel individu »
  • 7:56Invité politiqueChiffre
    « Depuis 2010, le phénomène des bandes a baissé en nombre de faits délictueux »
  • 8:51Invité politiqueChiffre
    « dans le budget 2019, prévu de doubler la cellule, qui est une cellule d'alerte et qui veille sur les réseaux sociaux »
  • 11:17Invité politiqueChiffre
    « dans un quartier difficile, nous mettons 25-30 effectifs de plus »
  • 12:55Invité politiqueFait
    « Le fait de porter le voile intégral, une burqa, un niqab, est interdit dans notre pays. Depuis une loi de 2010 »
  • 12:59Invité politiqueChiffre
    « près de 2000 femmes ont fait l'objet d'une sanction suite à un contrôle »
  • 15:53Invité politiqueFait
    « Non, parce que je ne pense pas qu'il faille mettre des taxes supplémentaires »

Temps de parole

  • Christophe Castaner65 %
  • Présentateur29 %
  • ?4 %

≈ 11 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous êtes sur RTL. On oublie, votre ministère couvre un champ politique considérable et des enjeux très lourds. Ce qui a fait dire au député LR Eric Ciotti, lors de votre nomination,

0:39
Locuteur

c

0:39
Présentateur

'était très précisément il y a 15 jours, je cite,

0:42
Locuteur

«

0:42
Présentateur

Christophe Castaner est-il taillé pour le poste ? Je ne le pense pas. »

0:46
Locuteur

Vous

0:46
Présentateur

répondez quoi à ce procès ?

0:48
Christophe Castaner

Il n'a pas dit que cela, Eric Ciotti, depuis 15 jours. Manifestement, je dois être une obsession pour lui.

0:53
Locuteur

Et

0:53
Christophe Castaner

donc, très régulièrement, il s'arroge une toche de professeur et il décide qui peut être un bon ministre de l'Intérieur ou pas. Vous savez, moi, c'est beaucoup plus simple que cela. Les seuls qui doivent apprécier mon travail, c'est d'abord le Premier ministre, il peut dans la public, mais surtout, ce sont les Français qui doivent l'évaluer. Mais je pense que sur les questions de sécurité, et je le dis à Eric Ciotti comme à d'autres, on a plutôt besoin d'unité nationale. On a plutôt besoin de dépasser les vieilles chapelles politiques pour trouver ensemble les meilleures solutions. C'est ce qu'on fait au quotidien avec les élus locaux.

On pourrait peut-être le faire avec Eric Ciotti s'il avait envie d'être positif plutôt que critique en permanence. Et voilà, j'ai bien noté que depuis 15 jours, il n'a de cesse que d'expliquer que je ne suis pas à la hauteur, mais je ne sais pas qui il est vraiment pour pouvoir décider qui serait à la hauteur.

1:37
Présentateur

On en sort un peu plus tout à l'heure. Sur la pile de vos dossiers, Christophe Castaner, il y a ces moyens de lutte contre les violences scolaires. Vous en discuterez, vous en débatterez tout à l'heure avec vos collègues ministres, au Conseil des ministres. Sujet évidemment mis en avant après la vidéo saisissante d'un ado braquant son enseignante. On n

1:55
Locuteur

'a

1:55
Présentateur

pas tout compris de l'idée que vous avez esquissé la semaine dernière après le comité stratégique qui vous a réuni avec Nicole Belloubet et Jean-Michel Blanquer. Vous souhaitez créer une permanence de police dans les établissements ?

2:06
Locuteur

Une permanence

2:07
Christophe Castaner

? Non, j'ai proposé qu'il puisse y avoir des permanences, c'est-à-dire un policier ou un gendarme qui vienne rencontrer la communauté éducative pour échanger.

2:14
Locuteur

Mais

2:14
Christophe Castaner

vous savez, c'est déjà en partie le cas. Aujourd'hui, 6500 policiers ou gendarmes sont référents pour un établissement scolaire, pour qu'il y

2:20
Locuteur

ait

2:20
Christophe Castaner

un lien constant entre ce qui se passe dans la classe, ce qui se passe dans l'établissement et ce qui se passe à l'extérieur de l'établissement. La chaîne de sécurité, elle est aussi liée à cela. Mais évidemment, il ne s'agit pas de mettre des policiers dans les écoles en

2:33
Présentateur

permanence.

2:36
Locuteur

Non,

2:37
Christophe Castaner

c'est la différence entre en permanence et une

2:38
Locuteur

permanence. Le principe de la permanence,

2:40
Christophe Castaner

c'est qu'un policier puisse venir à la demande du chef

2:43
Locuteur

d

2:44
Présentateur

'établissement,

2:44
Locuteur

ce que j'ai

2:44
Christophe Castaner

bien précisé

2:45
Locuteur

la semaine

2:45
Christophe Castaner

dernière, et puisse rencontrer la communauté éducative pour chercher, faire par exemple un diagnostic de

2:50
Locuteur

sécurité sur le

2:51
Présentateur

site. Quoi de neuf par

2:51
Locuteur

rapport aux

2:52
Présentateur

dispositifs qui existent effectivement déjà ?

2:54
Christophe Castaner

Alors l'idée, c'est d'abord de proposer une palette d'éléments de sécurité qui vont garantir la sécurité dans la classe, sous l'autorité du professeur, garantir la sécurité dans l'établissement, sous l'autorité du chef d'établissement. Et les forces de l'ordre, dans certains quartiers par exemple, nous mettons en place une forme de reconquête républicaine, les forces de l'ordre ont des positionnements, des stratégies qui sont différentes d'un quartier à l'autre.

3:16
Locuteur

C

3:16
Christophe Castaner

'est ce que je leur ai demandé. Donc évidemment, je demande que dans certains quartiers, dans certains moments, on puisse avoir un lien tout particulier avec l'école, quitte à assurer une présence de sécurité chaque fois que l'établissement le souhaite.

3:26
Présentateur

Vous convenez que pour l'instant, c'est encore assez flou, assez vague par

3:29
Christophe Castaner

rapport à ce qui

3:29
Locuteur

existait. Mais j'en conviens. Déjà,

3:30
Présentateur

on ne voit pas bien, on ne distingue mal la différence.

3:32
Christophe Castaner

Mais j'en conviens d

3:33
Présentateur

'autant

3:36
Christophe Castaner

plus que nous sommes en train d'en discuter. Nous avons une première réunion la semaine dernière d'un comité stratégique avec la garde des Sceaux et le ministre de l'Education nationale. Nous poursuivrons cet échange en partie D, c'est-à

3:45
Locuteur

-dire

3:45
Christophe Castaner

en dernière partie du Conseil des ministres. Et cette partie D ne fait jamais l'objet d'une communication. Et dans quelques jours, dans quelques semaines, notamment le ministre de l'Education nationale qui a la main sur ce sujet parce que l'école, il l'incarne, il l'apporte, il en assure aussi la sécurité. Mais nous présenterons ces dispositifs à ce moment-là.

4:03
Présentateur

Oui, parce qu'en effet, on avait cru comprendre. Ça avait été annoncé qu'en Conseil des ministres, il y

4:07
Locuteur

aurait

4:07
Présentateur

des mesures. Et puis finalement, au dernier moment, patatras, on a appris que ce serait finalement plus tard. Vous aviez confondu vitesse et précipitation, Christophe Castaner ?

4:15
Christophe Castaner

Non, pas du tout. Mais vous savez, les observateurs adorent la vitesse et la précipitation. Moi, je ne

4:20
Locuteur

suis

4:20
Christophe Castaner

pas un observateur.

4:21
Locuteur

Je

4:21
Christophe Castaner

suis ministre de l'Intérieur. C'est vous

4:22
Locuteur

qui

4:22
Présentateur

nous aviez dit,

4:23
Locuteur

vous

4:23
Présentateur

et le gouvernement,

4:24
Locuteur

vous avez annoncé des mesures. Mais je confirme,

4:25
Christophe Castaner

nous avions annoncé que nous en parlerions au Conseil des ministres. Et je confirme, nous en parlerons au Conseil des ministres. Par contre, la partie D, j'ai même été un temps porte-parole du gouvernement, et j'ai le souvenir que la partie D, nous n'en rendions pas compte à la sortie du Conseil des ministres. Il y aura ensuite une palette de mesures.

4:39
Présentateur

Il y a eu un changement de pied sur le calendrier. Quand Nicole Belloubet insiste...

4:42
Christophe Castaner

Non, non, ce n

4:42
Locuteur

'est

4:42
Christophe Castaner

pas parce

4:43
Locuteur

que les commentateurs... Alors, c'est nous qui avions mal compris, pardon.

4:44
Christophe Castaner

C'est possible, mais ce n

4:46
Locuteur

'est

4:46
Christophe Castaner

pas parce que vous aviez... Vous savez, j'ai même dû répondre au fait que je ne voulais pas que des policiers ou des gendarmes fassent l'enseignement dans les écoles. Alors que ma formule était, je n'exclus pas la présence ponctuelle à la demande de chefs d'établissement, notamment pour des permanences.

5:00
Locuteur

Ensuite, vous savez, il y a l

5:01
Christophe Castaner

'emballement, les commentateurs, les commentaires. Quand on est ministre de l'Intérieur, on ne doit pas surréagir à tous les commentaires. Par contre, aujourd'hui, il y a des conditions d'insécurité à certains moments dans l'école comme autour de l'école. Moi, ce que je souhaite, c'est mettre tout en œuvre pour que la garantie de la sécurité soit apportée aux enseignants, aux élèves et aux parents.

5:21
Présentateur

Pour ceux qui... Nombreux, les auditeurs qui, depuis une semaine maintenant, appellent en disant « Oui, effectivement, il faut une réponse sécuritaire, il faut plus de policiers auprès de nos élèves », vous apportez ce matin une nuance. Vous dites « Attention, ça n'est pas que sécuritaire ».

5:38
Christophe Castaner

Ah, bien sûr que non,

5:38
Locuteur

ça n'est pas que sécuritaire. Non, mais c'est important

5:39
Présentateur

parce que vous insistez sur

5:41
Locuteur

la palette comme Nicole Bellubé. Permettez-moi de

5:44
Christophe Castaner

prendre un tout petit exemple. Pour moi, la meilleure mesure en matière de sécurité qui a été mise en place par ce gouvernement, c'est le dédoublement des classes dans les REP et les REP+. Parce que c'est un investissement à moyen terme, mais c'est un investissement majeur. Et vous verrez qu'en matière d'insécurité, ça générera des fruits. Parce que le déterminisme scolaire qui mène à l'échec et à l'échec face à l'emploi, il peut être aussi un facteur criminogène dans certaines circonstances. Donc vous voyez, on est au fond sur un dispositif très transversal qui va de l'école, qui passe par la sécurité et qui aboutit à la justice.

6:14
Présentateur

Alors qu'on était parti sur l'idée que ce serait d'abord sécuritaire. Vous rectifiez le tir ce matin, Christophe Castaner. Ça n'est pas le cas. Vous avez affiché une grande fermeté face au phénomène des bandes. Après que plusieurs jeunes, très jeunes, ont été tués en région parisienne et à Paris. On va éradiquer les bandes, avez-vous dit. Qu'est-ce qu'il y a derrière cette incantation ?

6:32
Christophe Castaner

On a un dispositif de surveillance, entre guillemets, des bandes depuis 2010, mais qui travaille sur l'objet, justement, l'objet bande, c'est-à

6:39
Locuteur

-dire

6:39
Christophe Castaner

le groupe. J'ai demandé qu'on change le regard. Parce que ces bandes ne sont plus organisées comme elles l'étaient à l'époque. Elles sont aujourd'hui composées d'individus qui vont se mobiliser à tel ou tel moment. Donc j'ai demandé qu'on mette des moyens sur le renseignement et qu'on puisse suivre, non pas les bandes, mais les individus qui composent ces bandes.

6:54
Locuteur

Donc c'est pas fait. Aujourd'hui,

6:56
Présentateur

ça n'est pas fait.

6:57
Christophe Castaner

J'ai demandé ça il

6:57
Locuteur

y a

6:57
Christophe Castaner

une semaine, Mme Artichaud.

6:58
Locuteur

Non, mais je veux dire, ça n'était

6:59
Présentateur

pas encore fait.

7:00
Christophe Castaner

Non, le suivi se faisait sur la bande, la bande dans un quartier, et pas forcément sur un suivi ciblé de tel ou tel individu. Et donc j'ai demandé qu'on mette des moyens de renseignement, parce que le renseignement est essentiel en matière de sécurité, pour qu

7:11
Locuteur

'on

7:11
Christophe Castaner

puisse avoir un suivi plus individuel de chacun pour arriver justement à

7:15
Locuteur

neutraliser ces risques-là. Quel

7:16
Présentateur

que soit l'âge des ados,

7:18
Locuteur

des enfants ? Le renseignement, il s

7:19
Christophe Castaner

'intéresse. C'est pas de la sanction pénale, le renseignement. Le renseignement, il s'intéresse sur tout ce qui va faire courir un risque aux Français. Et donc, effectivement, on ne se pose pas la question de savoir si la personne a 20 ans ou 18 ans. On se pose la question du risque qu'elle va faire courir. Donc on va chercher du renseignement pour prémunir et sécuriser les Français.

7:36
Présentateur

Quel est l'avantage en termes de sécurisation de suivre les individus et non pas les bandes ?

7:39
Christophe Castaner

Vous avez beaucoup plus d'informations, et ensuite vous allez identifier les zones où ils se retrouvent. Et par exemple, j'ai dit que je souhaitais qu'on puisse faire une cartographie, quartier par quartier,

7:49
Locuteur

là où on a des bandes. Je ne sais pas, la

7:50
Présentateur

cartographie, depuis le temps que les policiers travaillent sur ces phénomènes ?

7:53
Christophe Castaner

Aujourd'hui, en fait, d'abord, il faut reconnaître que depuis 2010...

7:56
Locuteur

Il y a

7:56
Christophe Castaner

des cartographies des bandes. Mais d'abord, regardons ce qui a été fait. Depuis 2010, le phénomène des bandes a baissé en nombre de faits délictueux. Par contre, c

8:03
Locuteur

'est

8:03
Christophe Castaner

la gravité des faits qui a changé. Ce qu'on a connu au Lila, dans le 20e, ces trois dernières semaines, montre qu'aujourd'hui, on peut tuer. Et c'est ça, l'aggravation du fait. Et donc, effectivement, alors qu'il y a moins de bandes en France, et qu'il

8:15
Locuteur

y

8:15
Christophe Castaner

a moins d'actes graves qui sont commis, ceux-ci sont d'une violence beaucoup plus forte.

8:19
Présentateur

Il y

8:19
Locuteur

a

8:19
Présentateur

une recrudescence aussi des violences homophobes. Emmanuel Macron, hier, a annoncé des mesures concrètes. Christophe Castaner, comment vous répondez ce matin

8:29
Locuteur

?

8:29
Christophe Castaner

D'abord, par l'empathie. J'ai appelé hier Romain, ce jeune homme qui a été victime d'une attaque, il y a quelques jours.

8:36
Locuteur

Il a été

8:36
Christophe Castaner

séquestré pendant deux heures et demie, pour qu'ensuite, on puisse utiliser sa carte bleue. Alors, au départ, c'est un fait crapuleux, mais qui est aggravé par le fait qu'on lui a reproché son orientation sexuelle. Donc, il faut se donner des moyens. On a, par exemple, dans le budget 2019, prévu de doubler la cellule, qui est une cellule d'alerte et qui veille sur les réseaux sociaux, surtout doublé numériquement, le nombre de personnes qui vont y travailler, surtout les messages qui sont des messages homophobes, racistes ou antisémites. Il faut se donner ces moyens-là.

Mais nous allons, là encore, c'est une demande du président de la République hier, nous allons, là encore, essayer de mettre en place des dispositifs plus ciblés pour garantir la sécurité. La multiplication des actes homophobes est totalement anormale. Nous serons, ce soir, avec Nicole Belloubet et Marlène Schiappa, auprès de SOS Homophobie, pour discuter aussi avec eux des outils qu'il nous faut construire ensemble.

9:24
Présentateur

Donc, ce soir, une réunion avec SOS Homophobie

9:26
Locuteur

et vos collègues ? Nous

9:26
Christophe Castaner

nous rendrons sur place avec mes deux collègues ministres, parce qu'on a aussi besoin d'entendre leur retour d'expérience pour voir comment, ensemble, on peut élaborer une palette d'outils qui vont permettre de donner une meilleure alerte, une meilleure intervention et une meilleure sanction. Je rappelle que l'homophobie, au moment d'un acte délictuel, est un facteur d'aggravation de la peine, et ça me paraît parfaitement justifié.

9:46
Présentateur

On a vu cette vague de violences en banlieue, il y a les agressions homophobes, il y a une tension autour, évidemment, des possibles actes antisémites, il

9:56
Locuteur

y a

9:56
Présentateur

une protection des synagogues renforcée depuis quelques jours, monsieur le ministre.

10:01
Christophe Castaner

J'ai eu cette inquiétude, après l'attentat de Pittsburgh, qu'on puisse savoir, vous savez, par mimétisme, des gens qui se disent, « Tiens, moi aussi, je vais faire cela. » Et donc, j'ai immédiatement demandé, effectivement, des samedis soirs au préfet, de renforcer la vigilance autour des synagogues. Et je me suis entretenu avec la communauté, y compris celle de Nice, où dès le lendemain, il y avait un tag sur la synagogue de Nice qui faisait référence, de façon assez étrange d'ailleurs, mais qui faisait référence à l'attentat de Pittsburgh. Donc, oui, mon boulot, c'est aussi de

10:27
Locuteur

rassurer,

10:29
Christophe Castaner

chaque fois que c'est possible, une communauté dont elle a pu subir, et là encore, on le voit, depuis le début de l'année, une très forte augmentation des actes antisémites.

10:36
Présentateur

Il y a comme une montée des tensions, si on juxtapose tous ces faits. Gérard Collomb, quittant ses fonctions, avait eu cette phrase marquante, « Nous vivons côte à côte, je crains que demain, nous ne vivions face à face. » Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat qui sonnait aussi comme un aveu d'échec, d'ailleurs, au moment du départ ?

10:52
Christophe Castaner

Alors, en fait, il n'a pas dit cette phrase-là qu'au moment du départ. Quelque part, il le dit depuis qu'il a pris ses fonctions. Et il a mis en place un certain nombre d'outils. D'abord, un budget. Il met assez facile de présenter le budget 2019 parce qu'il est en augmentation de presque 3,5%. C'est un des budgets de la nation qui augmente le plus. C'est à Gérard Collomb aussi que je le dois. Puis, il a mis en place des outils. La police de sécurité du quotidien, les quartiers de reconquête républicaine ou

11:16
Locuteur

dans un quartier

11:17
Christophe Castaner

difficile, nous mettons 25-30 effectifs

11:19
Locuteur

de plus.

11:20
Présentateur

Il estime que, parce qu'il acte le fait que ça se dégrade plutôt que ça ne s'améliore, et vous dites, vous, c'est très bien, il m'a donné les moyens, je vais pouvoir tout résoudre.

11:29
Christophe Castaner

Non, Mme Artichoux, vous ne

11:30
Locuteur

m

11:30
Christophe Castaner

'avez pas écouté, vous étiez plongé dans la question d'après, je ne

11:32
Locuteur

vous

11:32
Christophe Castaner

dis pas que tout va bien. Pas une seconde,

11:34
Locuteur

je vous dis que tout va bien.

11:35
Présentateur

Vous ne répondez pas vraiment, vous

11:37
Locuteur

ne

11:37
Présentateur

me dites pas si vous êtes d'accord avec cette phrase,

11:38
Locuteur

que je vous demande. Et ensuite, vous me dites,

11:40
Présentateur

mais moi j'ai des moyens.

11:41
Christophe Castaner

Mais Mme Artichoux,

11:42
Locuteur

je

11:42
Christophe Castaner

vais vous dire, un, je suis d'accord avec cette phrase. Deux, il ne l'a pas dit seulement le jour de son départ, il l'a dit dès sa prise de fonction. Et il a mis en place des outils, outils dont nous devons nous servir aujourd'hui, parce qu'effectivement, ce constat est réel et correspond à des situations contre lesquelles nous devons looter. Moi, je souhaite que la République, elle soit partout présente, y compris dans les quartiers où je me suis rendu dès les premières heures de mes fonctions. Je souhaite que la sécurité, elle puisse reconquérir la République, mètre carré par mètre carré.

12:09
Locuteur

Vous

12:10
Présentateur

êtes accusé aussi, Christophe Castaner, je parlais des critiques de la droite tout à l'heure, de communautarisme. Bruno Retailleau, toujours à votre arrivée, président du groupe LR au Sénat, a dit Emmanuel Macron nomme le plus communautariste de ses ministres pour relever ce défi. Est-ce que vous pouvez clarifier une phrase que vous avez eue ici, d'ailleurs, à ce micro, quand vous avez dit, il

12:30
Locuteur

y

12:30
Présentateur

a quelques années, quand en France, y compris nos mamans portaient un voile, portaient le voile catholique, on ne se posait pas la question, la question de savoir si, effectivement, c'était un danger pour l'ordre public ou pas. Est-ce que vous maintenez cette phrase ?

12:42
Christophe Castaner

Et est-ce que vous pensez que cette phrase peut prêter au procès en communautarisme de M. Retailleau un peu de sérieux ? Moi, mes choses, ma vision est simple. Le fait de porter le voile intégral, une burqa, un niqab, est interdit dans notre pays. Depuis une loi de 2010, et près de 2000 femmes ont fait l'objet d'une sanction suite à un contrôle. Nous continuerons cela. C'est interdit, et je veillerai à ce que, systématiquement, ça fasse objet d'une verbalisation. En revanche, la loi républicaine de la France n'interdit pas le port du voile en France. Et donc, je ne vais pas sanctionner le port du voile alors qu'il n'est pas interdit. Mais, ça n'est pas le sujet. Le vrai sujet,

13:19
Locuteur

c'est que... L'idée,

13:19
Présentateur

c'était que vous avez semblé, excusez-moi, relativiser la symbolique du voile, alors qu'Emmanuel Macron, la veille ou l'avant-veille, je ne sais plus, venait d'expliquer que ce voile n'était pas conforme à la civilité dans notre pays, c'est-à-dire au rapport qu'il y a entre les hommes et les femmes. Il avait fait ce constat, en tout cas, c'était la conviction dite par Emmanuel Macron lui-même, et vous avez semblé, encore une fois, nuancer, prendre vos distances avec cette phrase.

13:47
Christophe Castaner

Je ne prends pas ma distance avec cette phrase, je suis en train de finir mon propos. Mon propos est le suivant. Le port du voile n'est pas interdit en France. Par contre, quelquefois, il n'est pas porté librement. Il est imposé, il est imposé par un système, dans un quartier, par des environnements où les femmes et les jeunes filles peuvent être contraintes de porter le voile. À ce moment-là, c'est condamnable.

14:06
Locuteur

À ce moment-là, c'est la République qui recule.

14:08
Christophe Castaner

Mais c

14:08
Locuteur

'est

14:08
Christophe Castaner

la reconquête républicaine. C

14:10
Locuteur

'est le fait, justement,

14:11
Christophe Castaner

d'investir massivement dans les écoles, comme le fait Jean-Michel Blanquer. C'est le fait de mettre des forces de l'ordre partout où c'est nécessaire. Moi, je porte une politique ambitieuse de reconquête républicaine.

14:20
Locuteur

Mais par exemple, quand des petites filles portent

14:21
Présentateur

des voiles, on peut le voir dans certains quartiers, c'est quelque chose à laquelle vous souhaitez agir de façon, j'allais dire, en sensibilisant, en ayant des actions

14:33
Locuteur

d'explication. C'est un peu ce que je tente de

14:34
Christophe Castaner

faire ce matin à votre

14:35
Locuteur

micro.

14:35
Christophe Castaner

Moi, je pense que quand ce n'est pas un libre choix, je ne suis pas convaincu qu'une petite fille ait librement choisi de porter le voile. Je pense que c'est la religion de ses parents qui s'impose. Je suis un laïc qui pense que la religion, elle est une option qui doit relever du libre arbitre de chacun. Mais ma responsabilité, ministre de l'Intérieur, ministre des cultes, c'est aussi de garantir la liberté du choix religieux. Mais jamais la République ne doit imposer des règles qui n'acceptent pas et qui ne sont pas compatibles par la République. La religion ne doit appliquer des règles qui ne sont pas compatibles avec les valeurs de la République.

La liberté, l'égalité, la fraternité qui font que justement on ne peut pas imposer le port d'un signe religieux quel qu'il soit à qui que ce soit.

15:14
Présentateur

Christophe Castaner, vous héritez d'un dossier que votre prédécesseur n'avait pas traité. C'est l'Organisation de

15:20
Locuteur

l

15:20
Présentateur

'Islam de France. C'est à votre calendrier

15:24
Locuteur

de

15:24
Présentateur

2019. Quand

15:25
Christophe Castaner

? Très vite, je rencontrerai dans les semaines qui viennent l'ensemble des

15:28
Locuteur

autorités religieuses. Avant la fin de cette année alors ? Oui,

15:30
Christophe Castaner

je les rencontrerai pour travailler avec eux sur les réflexions qui sont conduites par le président de la République, par le Premier ministre. Nous avons eu des réunions de travail déjà sur ce sujet. Et donc, ce qui compte pour moi, c'est de garantir un certain nombre de choses. Par exemple, la question du financement de l'Islam de France. Il nous faut avoir la transparence de ces financements.

15:47
Présentateur

Est-ce que la taxe halal proposée dans son rapport par Akim El Karoui vous semble une bonne idée ?

15:53
Christophe Castaner

Non, parce que je ne pense pas qu'il faille mettre des taxes supplémentaires. Par contre, il y

15:56
Locuteur

a

15:56
Christophe Castaner

la question du financement de l'Islam mais qui relève de l'Islam, qui doit s'organiser et qui relève de l'autorité.

16:02
Présentateur

Un denier du culte vous semble plus approprié, par exemple,

16:05
Locuteur

comme ça existe dans

16:06
Présentateur

l'Église catholique que la taxe halal.

16:08
Christophe Castaner

Oui, et qui est organisé par la religion catholique. Si demain, il était organisé par les représentants de l'Islam en France, ça ne me poserait pas de problème.

16:15
Présentateur

Une dernière question. Ensuite, les auditeurs vous interpelleront, mais vous êtes le ministre des policiers et des gendarmes. Il y

16:20
Locuteur

a

16:20
Présentateur

un serpent de mer. C'est la simplification de la procédure. Ils perdent des heures dans la paperasse. Tous les ministres qui vous ont précédés ont promis des simplifications. Ça n'arrive jamais. En quelques mots, est-ce que vous avez un axe pour y parvenir ?

16:34
Christophe Castaner

D'abord, il

16:34
Locuteur

y

16:34
Christophe Castaner

a la loi justice qui est portée par Nicole Belloubet sur laquelle nous avons travaillé ensemble et qui propose toute une série de mesures de simplification pour nos policiers. Et ce que je peux noter, c'est que le Sénat a totalement détricoté ces mesures de simplification. D'ailleurs, un syndicat policier s'en est ému et donc nous porterons ces mesures de simplification dans la loi justice dès qu'elle reviendra à l'Assemblée nationale dans quelques semaines.

16:54
Présentateur

Merci Christophe Castaner. On poursuit ce débat, bien sûr, avec les auditeurs tout à l'heure et Yves Calvi à 8h20. Au 64 900 pour vos questions et au 32 10, bien entendu aussi, pour interroger le ministre de l'Intérieur qu'on retrouve donc dès 8h20 sur notre antenne. Dans un instant, rendez-vous avec Cyprien Sini et dans notre journal de 8h. Nous retournerons évidemment aussi en haute loire aux côtés des sinistrés de la route.