Boycott de Greta Thunberg à l'Assemblée : "les masques tombent sur un arrière-fond de climatoscepticisme" pour Delphine Batho
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez qu'il sera écouté ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une réalité que l'emploi peut convaincre le gouvernement d'accepter le CETA ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Elle démontre que Nicolas Hulot retrouve pleinement sa capacité à entrer dans le débat public ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Vous le vivez comme un signe immédiat du changement climatique ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à ces députés qui parlent de Greta Thunberg ?
- 11:49OuverteRéponse directe
Vous ne regrettez pas d'être érigée en procureure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Locuteur non identifiéChiffre
« 46 pesticides autorisés au Canada qui sont interdits en Europe pour des raisons de sécurité sanitaire. »
- 2:27Locuteur non identifiéChiffre
« L'Europe ou la France importent 9400 tonnes de saumon provenant du Canada. »
- 2:33Locuteur non identifiéFait
« Le saumon qui entre, il n'est pas marqué s'il est OGM ou pas OGM. »
- 4:03Locuteur non identifiéFait
« Le CETA va augmenter les émissions de gaz à effet de serre. »
- 5:35Locuteur non identifiéFait
« On a eu le mois de juin le plus chaud de l'histoire de l'humanité. »
- 13:34Locuteur non identifiéChiffre
« Une collaboratrice sur 5 est victime d'agressions sexuelles à l'Assemblée nationale. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié57 %
- Locuteur non identifié 213 %
- Présentateur13 %
- Invité6 %
- ?5 %
- Locuteur non identifié 32 %
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30 politiques à la radio,
à
la télé, bienvenue Jean-Jérôme Bertolus avec nous et notre invité. Bonjour Delphine Bateau.
Bonjour.
Nicolas Hulot appelle les députés français à ne pas ratifier le CETA, cet accord de libre-échange entre l'Europe et le Canada. Le vote a lieu demain. Et ayez le courage de dire non, dit-il. Est-ce que vous pensez qu'il sera écouté ? Et on pense évidemment aux députés de la majorité.
Il
le faudrait. Et il a raison d'insister sur la gravité en fait de l'enjeu. Et ce pouvoir que détient chaque député de dire non à un traité commercial qui accélère et aggrave le changement climatique, qui va entraîner l'importation en France par exemple de viande bovine produite avec des farines animales, qui ne garantit pas le respect des normes françaises, des normes européennes en matière de pesticides, puisqu'il y a 46 pesticides autorisés au Canada qui sont interdits en Europe pour des raisons de sécurité
sanitaire. Mais il dit clairement que la France a échoué,
l'Europe a échoué même dans toutes les négociations jusqu'à présent avec le Canada sur ces questions sanitaires.
C'est évident. C'est évident. Et il y
a
aussi un enjeu de souveraineté, un enjeu de démocratie, puisqu'en fait ce traité est le premier qui instaure cette possibilité pour des multinationales d'attaquer par exemple une loi qu'aurait votée la
France
ou une réglementation devant ce qu'on appelle un tribunal d'arbitrage. Est-ce que, effectivement, vous ne semez pas un petit peu la peur ? Écoutez ce qu'on disait
à
propos du CETA. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État la semaine dernière à l'Assemblée.
En
matière sanitaire,
les
normes, les exigences que les Européens émettent, eh bien, demeureront les mêmes. Et avant CETA comme après CETA, il ne sera pas possible de faire venir en Europe ni du bœuf aux hormones, ni du saumon transgénique,
ni
les farines animales du type que vous décrivez et qui sont issues de ruminants. Regardez bien, les farines animales issues de ruminants ne sont pas autorisées. Bon alors, pas de panique quand même. Il ment, Jean-Baptiste Lemoyne ? Absolument. Il ment. C'est du pur mensonge. Donc ça a été largement démontré en ce qui concerne les farines animales. Et c'est également le cas pour le saumon OGM. Le saumon OGM autorisé au Canada n'a pas d'obligation de traçabilité. L'Europe ou la France importent 9400 tonnes de saumon provenant du Canada. Et le saumon qui entre, il n'est pas marqué s'il est OGM ou pas OGM. Donc ce qu'il vient de dire est totalement et intégralement faux.
Et ce qui est très révélateur dans ce débat sur le CETA, c'est que le gouvernement n'est plus comme seul recours que des contre-vérités et des mensonges face à des faits. Voilà. Le saumon OGM pas traçable, c'est un fait et il n'est pas discutable. Ce
que semble dire Nicolas Hulot à la fin de cette tribune qu'on peut lire sur le site de France Info, c'est qu'aujourd'hui l'emploi, l'importance du commerce peut convaincre un certain nombre de députés, et notamment le gouvernement, d'accepter ce genre d'accord. Est-ce que c'est une réalité ça aujourd'hui ?
Moi je vais parler de l'emploi dans les
campagnes,
je
vais parler de la situation de l'agriculture française, dont on veut qu'elle évolue vers l'agroécologie, vers les circuits courts. Si on organise la concurrence déloyale par rapport par exemple aux productions françaises, notamment d'élevage, à quoi ça rime en fait ? Donc non, même le concept, si vous voulez, d'impact sur l'emploi, il est à géométrie variable. Par contre, là où vous avez raison, c'est qu'en fait cette logique des accords commerciaux, c'est cette idée qu'il faut continuer de croître,
qu
'il faut continuer de développer la mondialisation, les échanges internationaux, et cette logique-là, elle est antinomique en fait, avec la lutte contre le changement climatique, et c'est d'ailleurs prouvé que le CETA va augmenter les émissions de gaz à effet de serre, et permet aussi l'importation en Europe des sables bitumineux canadiens, qui sont les pires hydrocarbures du monde, à l'origine d'une catastrophe climatique et d'une catastrophe écologique extrêmement grave. Encore une question, Delphine Bateau, sur cette lettre ouverte de Nicolas Hulot. Elle démontre que Nicolas Hulot retrouve pleinement sa capacité à entrer dans le débat public, qu'il retrouve sa liberté.
Au
moment où les écologistes tentent de s'unir, vous attendez qu'il soit à vos côtés dans les prochaines semaines, dans les prochains mois ?
Moi
je crois qu'il a toujours gardé sa liberté de parole, et sa capacité d'interpellation. Il a choisi un rôle qui est très utile dans le débat public, qui n'est pas celui d'un engagement politique, ça c'est notre travail à nous, mais d'alerter les citoyens, de mobiliser l'ensemble de la société civile. Donc c'est complémentaire d'une action politique, même si c'est un rôle dont il a choisi, qu'il serait différent en tant que tel d'un engagement politique.
On
dit souvent d'Elphine Bateau qu'il ne faut pas utiliser le climat pour évoquer le réchauffement de la planète, en tout cas faire attention aux périodes de météo. Une deuxième canicule débute cette semaine, après celle de la fin du mois de juin. Il pourrait y en avoir d'autres d'ici la fin de l'été. Vous le vivez, vous, comme un signe immédiat de ce qui se passe à l'échelle de la planète ?
Je le vis comme une preuve
de
l'accélération vertigineuse du changement climatique.
On
a eu le mois de juin
le
plus chaud de l'histoire de l'humanité.
Et
donc c'est là que les déclarations de déni climatique, où par exemple ces députés qui ont décidé de boycotter la venue de Greta Thunberg demain à l'Assemblée nationale, sont en fait plus que consternantes. C'est gravissime en fait. Et l'État lui-même en fait n'est pas préparé et n'organise
pas
notre protection, notre sécurité collective face à la réalité des faits.
C'est-à
-dire que le changement climatique, on y est, et que ce qu'on est en train de vivre n'est que le début. D'un mot, justement, qu'est-ce que vous répondez à ces députés qui parlent de Greta Thunberg ? Donc effectivement cette jeune Suédoise qui se bat contre le réchauffement climatique, prix Nobel de la paix pseudo-scientifique. Qu'est-ce que vous leur répondez effectivement à
Guillaume ? Comment ça
pseudo-scientifique
?
À Guillaume Larivée, etc. C'est les tweets effectivement des députés LR, hier, s'opposant à la
venue Greta Thunberg,
demain, devant les députés du courant de Mathieu Orphelin.
Ce
que je n'ai pas compris, c'est quand vous dites pseudo-scientifique.
Oui,
certains l'accusent effectivement d'être juste une pseudo-scientifique sur le réchauffement
climatique. Alors
Greta Thunberg ne prétend pas être une scientifique.
Elle
est une jeune fille qui, comme des millions de jeunes, d'adolescents de par le monde, met maintenant les adultes et les responsables politiques au pied du mur, avec l'exigence que l'on dise la vérité et que l'on agisse. Donc elle a raison. Ce que dit Greta Thunberg dans ses discours est au mot près ce que disent les scientifiques. Et d'ailleurs demain à l'Assemblée nationale sera présente à ses côtés Valérie Matson-Delmotte du GIEC. Qui
a fait
partie du groupe international
d'experts sur le climat.
Ce que je vous propose,
c'est qu
'on
l'écoute dans un tout petit instant. Greta Thunberg, lanceuse d'alerte et non pas scientifique, la jeune suédoise. Ce sera juste après un tour de l'info à 8h40 avec Claire Flochel.
21 départements en alerte orange canicule. Une grande partie dans le sud-ouest. Quatre départements concernés aussi dans le centre-est. Dès demain, les grosses chaleurs se propageront sur le reste du pays avec des maximales comprises entre 36 et 40 degrés. La France qui fait aussi face à la sécheresse. 73 départements ont pris des mesures de restriction d'eau. Ça devient sacrément préoccupant. Selon Emma Aziza, hydrologue invitée ce matin sur France Info, des canopées ont entièrement brûlé. Des végétations ont souffert d'un stress hydrique extrêmement important. Cette vague de chaleur justement nous vient de l'Espagne et du Portugal.
Le Portugal où des feux impressionnants font rage depuis samedi dans le centre du pays. Après trois jours, les pompiers sont toujours sur place en train de lutter contre les flammes. Leclerc sous la menace d'une amende record de plus de 117 millions d'euros accusée par Bercy de pratiques commerciales abusives via la centrale d'achat belge du numéro 1 français de la distribution. Et puis jour de repos pour les coureurs du Tour de France. Aujourd'hui, hier dans les Pyrénées, Thibaut Pinot est allé chercher la deuxième place derrière le britannique Simon Yates. Mais Julien Alaphilippe sauve son maillot jaune.
Delphine Bateau, députée des Deux-Sèvres et l'invité du 830 politique de France Info. Vous serez demain à
l
'Assemblée pour le vote sur la ratification au nom du CETA et pour accueillir donc Greta Thunberg, cette jeune Suédoise qui est arrivée hier en France en Normandie et qui a déjà lancé cet appel.
Nous
avons une grande responsabilité et j'aimerais dire aux jeunes,
si vous ne pouvez pas faire la grève,
ce qui est bien
surcompréhensible,
alors il y a tant d'autres
choses que vous pouvez faire, que vous pouvez rejoindre, des mouvements, une organisation, et vous pouvez... Il y a tant de choses incroyables que vous pouvez faire
et si vous faites quelque chose,
continuez, réalisez
-le, que vous faites déjà la différence.
Greta Thunberg, à l'Assemblée, demain, il n'y aura pas de députée du Rassemblement National, certains députés, les Républicains non plus. C
'est une clarification
utile, vous voyez, parce que les masques tombent.
Les
masques tombent sur, en fait, un arrière-fond, en quelque sorte de climato-scepticisme. Encore une fois, ce que dit Greta et de nombreux jeunes, n'est que le fait de mettre sur la place publique ce que disent les scientifiques. Parce qu'il faut croire qu'on est dans une situation tellement dramatique et même tragique que la jeunesse a davantage lu les rapports du GIEC que bien des responsables politiques, notamment M. Larivé et M. Aubert, dont il est assez révélateur, d'ailleurs, qu'ils jouent, si vous voulez, leur compétition interne pour leurs
histoires d'élections et de politique
politicienne sur le dos de la lutte contre le changement climatique. Mais quand même, vous pouvez comprendre que certains députés soient gênés aux entournures d'aller écouter une jeune femme de 16 ans à l'Assemblée.
Ils
ont besoin de ça pour se réveiller, les parlementaires
? Je
ne sais pas s'ils ont besoin de ça. Parce que moi, je ne me fais aucune illusion sur la capacité des partis actuels
à
regarder la vérité en face et à la prendre à bras le corps. Donc, ce qui est révélateur dans cette attitude de boycott, ou même j'ai vu des députés de La République En Marche aussi faire des commentaires gênés, en fait, par cette initiative. C'est qu'en fait, ils sont perturbés par la vérité. Ils sont perturbés par des faits qu'ils ne veulent pas regarder en face.
Le
fait qu'il faut regarder en face, c'est que l'humanité est en péril et qu'on doit changer à toute vitesse notre modèle de civilisation. Et donc, oui, ça les perturbe profondément. Vous parlez de faits. Tout autre question. François de Rugy a tweeté vendredi « Retour aux faits
»
alors que France Info expliquait en exclusivité que l'enquête de l'Assemblée nationale sur ces dîners soi-disant fastueux, eh bien, il n
'y
avait pas, effectivement, matière à incrimination. Delphine Bateau, vous avez été l'une des premières à demander la démission de François de Rugy. Finalement, vous ne regrettez pas que vous êtes érigée en procureure ? Absolument pas. D'abord, je ne suis pas procureure. Je suis une femme politique. Je suis députée qui considère qu'il y a aujourd'hui une urgence d'exigence morale dans la vie publique. Premièrement. Deuxièmement, les enquêtes internes ne sont pas crédibles. Et les enquêtes internes, en fait...
Celles de l'Assemblée, celles du
gouvernement.
Les enquêtes internes, excusez
-moi, elles ne voient jamais rien. Elles ne voyaient pas les emplois fictifs de M. Fillon. Elles ne voient pas les situations de harcèlement sexuel. Et donc, on est dans une logique d'entre-soi. Le propos concernant François de Rugy n'était pas, puisque vous faisiez référence à procureur, n'était pas un problème de légalité, mais un problème de moralité. Il ne peut pas, il ne peut plus y avoir de confusion dans l'utilisation de l'argent public entre ce qui relève du mandat et ce qui relève de la vie privée. Et inviter des amis, faire son repas de Noël, faire la Saint-Valentin aux frais de l'Assemblée nationale, ce n'est pas possible.
Voilà, c'est
tout. Il n'a pas, en quelque sorte, franchi les règles, franchi les lignes du droit. C'est une question d'éthique. Que ce soit pour
ses lignes, que ce soit pour ses
travaux, que ce soit pour l
'utilisation de la mobilisation de parlementaires. Le
gouvernement lui-même est en train de dire, je lisais des comptes rendus du Conseil des ministres, qu'une nouvelle circulaire va être adressée pour dire à tous les ministres de ne plus faire de confusion entre le privé et ce qui relève du mandat et de l'exercice de responsabilité publique. C'est bien la preuve qu'il y a un problème. Je reprends l'exemple, même si ça n'a absolument rien à voir, du harcèlement sexuel à l'Assemblée nationale. Vous avez vu, vous, une enquête interne qui dirait la réalité des choses, à savoir qu'une collaboratrice sur 5 est victime d'agressions sexuelles à l'Assemblée nationale ? Non, ce n
'est
pas une enquête interne de l'Assemblée nationale qui l'a dit. C'est une enquête qu'une association de collaboratrices a dû faire elle-même pour pouvoir dire la réalité des faits. Donc les enquêtes
internes, je suis désolée, mais elles ont leurs
limites.
Il faut des organismes indépendants, notamment sur le contrôle des dépenses aujourd'hui, à l'Assemblée,
autour du gouvernement, par exemple ? La
question se pose. Après, on se heurte au principe de séparation des pouvoirs. Donc, par exemple, le contrôle de
l'Assemblée nationale
ne peut pas être fait par l'exécutif. Est-ce qu'il pourrait être fait par la Haute Autorité de Transparence de la Vie Publique ? Je pense que ce serait un élément de solidité, de crédibilité nécessaire. Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui ? Par exemple, les députés peuvent encore dépenser des centaines d'euros, 600 euros, par exemple, par mois, sans justificatif. Il faut aujourd'hui une transparence absolue qui soit contrôlée par un organisme,
on
va dire, reconnu pour
son indépendance ?
D
'abord,
il y a beaucoup de progrès qui ont été faits, puisqu'il y a maintenant un contrôle, alors qui est fait par la déontologue de l'Assemblée nationale sur ses frais de mandat. Le vrai problème, si vous voulez, il est lié à la façon dont tout ça est organisé. Et moi, je suis favorable de très longue date, en fait, à un système radicalement différent, qui serait la prise en charge directe par l'Assemblée nationale ou le remboursement, j'allais dire, sur facture par l'Assemblée nationale de ce qui relève des frais de mandat. Donc, en fait, on inverserait le système.
Ce ne serait pas une allocation qui est donnée aux députés sur laquelle ils doivent rendre compte, mais soit, par exemple, le loyer des permanences parlementaires, il pourrait être pris en charge directement par l'Assemblée nationale et sur les autres frais, que ce soit remboursé sur présentation des justificatifs.
François de Rugy, ça nous ramène aussi à Nantes, à cette chaîne humaine qui a eu lieu samedi, un mois après la disparition d'un jeune homme. Steve disparu le soir de la fête de la musique à ce hashtag qu'on voit partout
aujourd
'hui. Où
est Steve ? Emmanuel
Macron est revenu sur cette affaire.
Il
a demandé la transparence. Écoutez.
Moi
aussi, je suis très préoccupé par cette situation. Il faut que l'enquête soit conduite jusqu'à son terme et que la transparence soit faite. C'est très important. Mais je remets aussi les choses en perspective. C'est-à-dire que quand il y
a
eu tous ces événements-là, je pense qu'il faut que la clarté soit faite. Et le ministre a demandé,
d
'ailleurs, dès les jours qui ont suivi une inspection.
Mais
il ne faut pas non plus oublier le contexte de violence dans lequel notre pays a vécu.
Delphine Bateau, est-ce qu'il y a clarté ?
Est
-ce qu'il faut des explications de
Christophe Castaner ?
En
tout cas,
il y a un grand retard même au déclenchement des procédures d'investigation. Il a fallu que le défenseur des droits se saisisse. Et ça ne relève pas d'une simple enquête administrative. Donc il y a eu, si vous voulez, il a fallu que ce soit les amis, que ce soit les habitants de Nantes, qui crient ou estivent pour que les choses commencent à bouger. Et ce qu'il faudrait, c'est qu'il y ait de façon transparente un état des lieux, de là où en est l'enquête,
qui
soit donné. En tout cas, je partage l'émotion qu'il y a autour de cette disparition. et je suis étonnée par l'absence de réactivité du ministre de l'Intérieur. Et vous souhaiteriez éventuellement une commission d'enquête à l'Assemblée sur les violences policières ? Vous êtes d'accord avec la France Insoumise qui dit que c'est le bruit de fond du macronisme
? En
fait, je crois que ces situations
d
'entorse à la déontologie policière, elles traduisent la faiblesse de l'exécutif. Parce que normalement, un ministre de l'Intérieur qui a de l'autorité, un gouvernement qui a de l'autorité, il est totalement intransigeant sur le respect de la déontologie dans les interventions des forces de l'ordre. Or, on a un pouvoir qui n'est plus en capacité de porter cette exigence parce que c'est un pouvoir qui a vacillé avec le mouvement des Gilets jaunes et qui a été très inquiet d'une forme de solidarité, d'un risque, si vous voulez, de solidarité entre les forces de l'ordre et les Gilets jaunes et qui, à partir de là, a couvert un certain nombre de dérapages qu'il n'aurait pas dû couvrir.
Et ce sera le mot de la fin. Delphine Bateau, députée des Deux-Sèvres, merci d'avoir été l'invité du 8-30 politique avec Jean-Jérôme Bertolus.