Grève dans l'Education nationale, pass vaccinal, candidature de Jean-Luc Mélenchon... Le 8h30 franceinfo de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Un mot si vous le permettez avant de débuter cet entretien. Avant-hier, Jean-Luc Mélenchon a encore mis en cause publiquement la probité de France Info, ce qui est parfaitement son droit. Nous lui renouvelons ce matin une invitation à venir s'exprimer sur notre antenne. La France Insoumise, comme l'ensemble des organisations politiques, comme l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle, est la bienvenue sur France Info. La preuve, vous êtes avec nous ce matin et on vous interrogera comme on interroge.
Tous nos invités, de manière loyale et indépendante, nous souhaitions, avec Salia et avec la direction de France Info, et avec la rédaction de France Info, le rappeler avant de démarrer cet entretien. La grève, si vous voulez bien, dans l'éducation nationale, qui s'annonce particulièrement suivie aujourd'hui, les trois quarts des enseignants du Privert arrêtent le travail pour protester contre la gestion de l'épidémie à l'école. Est-ce que vous serez dans la rue tout à l'heure pour les soutenir ?
Oui, bien sûr. Je pense que ce mouvement de grève, il atteste et il démontre une grande colère, une grande exaspération dans le monde enseignant. Vous l'avez dit, c'est l'ensemble des syndicats des professeurs, mais c'est aussi les syndicats de l'encadrement, les syndicats des inspecteurs du travail, les syndicats des assistants d'éducation. C'est un mouvement de grève, même une fédération de parents d'élèves qui appelle aussi à se mobiliser. Et c'est un mouvement de grève qui atteste de cette colère et de ce sentiment de mépris face à la politique gouvernementale et notamment à la politique du ministre de l'Éducation.
Ce n'est pas une grève qui résout les problèmes. On ne fait pas une grève contre un virus, dit Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, qui pense aussi que vous, les oppositions, vous en tirez profit de cette mobilisation. Vous en faites un thème pendant cette présidentielle. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
D'abord qu'il n'a pas très bien compris parce que personne n'est en grève aujourd'hui contre le virus. Les gens sont en grève contre la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement et en particulier par le ministre, M. Blanquer, dont je rappelle quand même qu'un an et demi, plus d'un an et demi après le début de l'épidémie, on n'a toujours pas de purificateur d'air dans les salles de classe, on n'a toujours pas de capteur de CO2 dans les salles de classe.
Il dit que c'est l'affaire des municipalités.
Oui, oui, c'est la faute des communes. Alors M. Blanquer, M. Macron dit que c'est la guerre, mais c'est aux communes d'acheter les fusils et les gilets pare-balles. Franchement, tout ça n'est pas raisonnable, il n'est pas sérieux. Quand on est face à une épidémie comme celle-ci, il faut mettre tous les moyens sur la table. Et donc il y a besoin de ces purificateurs d'air, il y a besoin de capteurs de CO2, il y a besoin de doter et de donner aux élèves des masques chirurgicaux gratuits, il y a besoin d'équiper les enseignants de masques FFP2. Alors M. Blanquer est tout content parce que d'ici la fin du mois, les enseignants auront des masques chirurgicaux.
Alors peut-être que fin 2023, ils auront des purificateurs d'air et puis fin 2024, des masques FFP2. Écoutez, tout ça n'est pas sérieux. Et à ça, il faut rajouter le mépris qui est insupportable, c'est-à-dire d'un protocole sanitaire que les enseignants apprennent la veille au soir dans un article payant du journal Le Parisien. Tout ça est insupportable et démontre l'anticipation, l'absence totale de considération pour le travail de ces enseignants.
M. Blanquer, sur le fond de ce protocole, pas sur la forme, pas sur le timing de l'annonce, vous dites quoi ? Il faut revenir au protocole précédent qui fait qu'avec un cas dans une classe, on fermait la classe ?
En tout cas, c'est ce que demandent un certain nombre de syndicats de l'éducation. Je ne sais pas si c'est la question.
D'autres disent attention, si on revient à ça, vous savez qu'on est en ferme de classe demain ? 50 000 classes fermées, demain matin.
Oui, bon, alors premièrement, qui ici dans ce pays souhaite que les classes soient fermées ? Personne, tout le monde essaye de faire en sorte qu'il puisse y avoir la continuité pédagogique. On est tous préoccupés par l'avenir de nos enfants. Mais d'abord, ça passe par la sécurisation des enseignements. Et donc, c'est toutes les mesures dont j'ai parlé tout à l'heure, en regrettant qu'elles ne soient pas mises en place aujourd'hui.
Ensuite, vous pouvez, si vous voulez, agiter l'ouverture des écoles, sauf que ce n'est pas une réalité quand il y a un protocole qui est tellement incapable à mettre en place que vous avez des parents qui arrivent le matin à l'école et on leur dit « ah ben finalement, on ne va pas pouvoir faire de classe aujourd'hui ». Mais vous, vous proposez quoi à la place de ce protocole ? Eh ben, j'ai dit ce que nous proposions.
D'abord, il y aura toujours des enfants malades demain et d'autres cas contacts, même avec des masques différents ou des purificateurs d'air qui ne font que voir ce qu'il y a dans l'air.
Il y en aura moins, d'abord, quand même. Enfin, je veux dire, moi, je veux bien qu'on mette de côté cette partie-là, mais elle est quand même décisive. Cette partie-là, c'est comment on fait en sorte que, justement, s'il y a une personne malade dans une classe, ça ne se propage pas à l'ensemble des élèves ou des professeurs. Et donc, à quel seuil on ferme la classe ? Une question importante. Eh ben, je pense qu'il faut écouter ce que disent les syndicats d'éducation sur le fait que...
Ils ne sont pas d'accord entre eux.
Ils ne sont pas d'accord entre eux. Écoutez, il y a un certain nombre. On verra ce qu'il y a dans la rue aujourd'hui, mais vous allez les écouter.
Vous avez cité, par exemple, la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, qui dit, nous, on ne veut absolument pas revenir à la règle, fermer la classe dès qu'il y a un cas, parce que ça veut dire que demain matin, effectivement, tous les parents doivent garder les enfants.
J'entends très bien que tout le monde n'est pas d'accord. Mais quand tout le monde n'est pas d'accord, qu'est-ce qu'on fait quand on est un ministre de l'éducation ? On cherche un compromis. Exactement. Et pour chercher un compromis, comment on fait ? On met les gens autour d'une table et on réfléchit, parce que tout le monde, je crois, est guidé par des bonnes intentions dans cette histoire, de faire en sorte qu'on puisse maintenir la continuité pédagogique sans mettre en danger ni les enseignants, ni les élèves.
Sauf qu'au lieu d'avoir cette concertation et cette discussion, vous avez un ministre qui décrète un protocole sanitaire, qui en informe les enseignants la veille de la rentrée, et après qui s'étonne que les gens soient en colère, et quand les gens sont en colère, qui disent, vous n'avez rien compris, on ne ferait pas grève contre un virus. Franchement, c'est toute la méthode de gestion de cette épidémie dans l'éducation nationale, qu'il faut revoir.
Protocole sanitaire décidé en fonction des autorités sanitaires, vous parliez des masques FFP2 pour les enseignants, le Haut Conseil de la Santé Publique dit, non, on ne généralise pas les masques FFP2. Sur l'allègement du dépistage des autotests au lieu des antigéniques ou des PCR, vous vous dites, non, ça ne suffit pas. Donc comment on fait pour dépister ?
Comment on fait pour dépister ? Le problème, ce n'est pas que ça ne suffise pas. Le problème, c'est que le protocole qui est sur la table aujourd'hui, il n'est pas praticable, parce que tout le monde connaît dans notre entourage des parents d'élèves qui sont en train de faire le tour des pharmacies pour essayer de trouver des autotests et qui n'en trouvent pas. Donc peut-être que par exemple, c'est à l'éducation nationale de fournir les moyens de se tester pour que les parents n'aient pas besoin de faire le tour des pharmacies pour trouver des moyens de dépistage. Pour prendre un exemple, vous ne pouvez pas seulement dire aux parents, vous allez vous débrouiller dans les pharmacies.
J'ai même entendu des gens, des représentants des pharmacies, dire que ce n'est pas tenable, on n'a pas les stocks et on ne sera pas capable de tenir et de répondre à la demande. Donc moi, voilà ce que je demande. Je ne dis pas que les solutions parfaites et idéales sont sur la table. Je dis qu'à partir du moment où il y a des points de vue différents qui s'expriment, il faut réunir les gens, en discuter et ne pas faire preuve de mépris
comme le fait le ministre de l'Éducation nationale aujourd'hui. Emmanuel Bompard, député européen, directeur de campagne, Jean-Luc Mélenchon, et l'invité de France Info. On va parler de la vaccination et des propos récents d'Emmanuel Macron. Je suppose que vous savez à peu près de quoi on va parler dans quelques instants. Le temps du Fil Info dans une poignée de secondes avec Louise Buyens.
Omicron envoie beaucoup de monde à l'hôpital, mais ne fera pas craquer les services de réanimation, les prévisions plus optimistes que prévues de l'Institut Pasteur. Les chercheurs tablent sur un pic de patients en réanimation entre 3 900 et 6 000 atteints d'ici fin janvier. Sur le pass vaccinal, députés et sénateurs se retrouvent aujourd'hui pour s'entendre sur un projet de loi commun. Le texte a été largement modifié par le Sénat, mais en cas de désaccord, c'est l'Assemblée qui a le dernier mot. Dans l'affaire du quadruple meurtre de Chevaline, survenue en 2012 en Haute-Savoie, un homme vient de passer la nuit en garde à vue. Il s'agit d'un motard vu à l'époque près des lieux du crime.
Il avait déjà été interrogé en 2015 avant d'être mis hors de cause. La voix inoubliable du titre Be My Baby, membre du groupe pop des années 60, les Ronettes, la chanteuse américaine Ronnie Spector est morte hier à l'âge de 78 ans. Elle était atteinte d'un cancer. L'euro 2022 de Handball, top départ aujourd'hui. Les Bleus affrontent la Croatie ce soir à 20h30 depuis la Hongrie. Rencontre à vivre sur France Info. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Manuel Bompard, député européen et directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Sur le vaccin, Jean-Luc Mélenchon dit qu'Emmanuel Macron fait du populisme à la Trump. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que quand Emmanuel Macron décide d'insulter une partie des Français en disant en gros je vais emmerder les personnes non vaccinées, il essaye de positionner pour la campagne présidentielle qui vient le clivage. Il l'a théorisé d'ailleurs entre ce qui serait d'un côté le camp de la raison, ce serait lui et de l'autre côté les gens qui seraient déraisonnables. Et je trouve que c'est tout à fait inacceptable et je vais vous dire très dangereux de procéder de cette sorte parce que heureusement Emmanuel Macron n'est pas le porte-parole des personnes qui sont vaccinées et heureusement les oppositions ne sont pas les porte-parole des personnes qui ne sont pas vaccinées.
Il y a dans les personnes vaccinées des gens qui peuvent avoir...
Vous soutenez plutôt les non vaccinés aussi ?
Non, moi je soutiens l'ensemble de la population et je cherche comme d'autres je crois et comme tout le monde dans ce pays j'imagine à essayer de faire en sorte de mettre sur la table des propositions qui nous permettent de vivre de la meilleure manière possible avec cette épidémie.
Est-ce que vous considérez que les non vaccinés sont des irresponsables ?
Non, je considère que les personnes non vaccinées...
Moi ceux qui ne veulent pas se faire vacciner sont irresponsables.
Mais vous savez, je vais vous dire, non seulement je ne le considère pas, mais il n'y a pas seulement moi qui ne le considère pas. Vous avez peut-être pu consulter cette étude de l'Inserm qui dit qu'aujourd'hui 40% des personnes qui ne sont pas vaccinées ne sont pas vaccinées par difficulté d'accès aux soins.
Et quand Emmanuel Macron dit les personnes qui sont non vaccinées je vais les emmerder pour reprendre ces termes, en réalité il les emmerde doublement parce qu'il les emmerde déjà une première fois parce qu'il n'a pas mis sur la table les politiques publiques qui pourraient faire en sorte que ces personnes aient effectivement accès aux soins parce que c'est des personnes isolées, parce qu'elles vivent dans des déserts médicaux. Donc c'est tout à fait insupportable de parler de cette manière. Je crois qu'on a besoin d'unité, de rassemblement du pays, pas de clivage comme le fait le président de la République avec des fins qui sont des fins politiciennes.
Heureusement, la vaccination ne doit pas être positionnée sur les étiquettes politiques. Et donc Emmanuel Macron n'est pas le porte-parole des personnes vaccinées et je considère qu'en parlant de cette manière, il a fait une faute lourde.
Emmanuel Bompard, les députés de la France Insouvisse ont voté tous contre l'instauration du pass vaccinal la semaine dernière lors de l'examen du texte à l'Assemblée. Ils avaient déjà voté contre le pass sanitaire auparavant. Est-ce que ça veut dire que si Jean-Luc Mélenchon est président de la République dans trois mois et demi, vous prenez l'engagement de ne pas utiliser ce pass vaccinal ni sanitaire et que les non-vaccinés auront exactement les mêmes droits partout que les vaccinés ? Bien sûr, c'est d'ailleurs ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon.
Non seulement nous ne l'utiliserions pas, mais nous l'abrogerions. Aucune différence de traitement, même dans les transports par exemple ? Mais bien sûr, mais parce que ce qui est important en matière de vaccination, ce n'est pas encore une fois seulement moi qui le dis. Je veux dire, au début de cette épidémie, vous aviez un gouvernement qui se targuait de suivre à la lettre les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé. Vous vous en rappelez ? Bon, maintenant, que dit l'Organisation Mondiale de la Santé sur la question de la vaccination, elle dit en matière de vaccination, il vaut mieux convaincre que contraindre. Et le gouvernement fait exactement l'inverse.
Là, c'est sur autre chose, c'est sur les droits des non-vaccinés et des vaccinés. Non, c'est quand même la même chose. Vous savez très bien que le pass sanitaire et maintenant le pass vaccinal sont une manière déguisée d'imposer une forme de contrainte à la vaccination. Ça, c'est le premier point.
D'ailleurs, le gouvernement le reconnaît quasiment aujourd'hui, que c'est une obligation déguisée. L'autre point, l'autre intérêt pour ces promoteurs du pass vaccinal, c'est qu'il empêche d'aller en réa. Ce qui n'est pas rien. Il empêche d'aller en réa. Le vaccin empêche, divise par 10, le risque de, si on est malade, d'aller en réa. Le risque de faire des formes graves, effectivement. Et terminer en réa où on sait que le taux de mortalité est particulièrement vécu. Bien sûr, mais personne ici ne dit que la vaccination ne sert à rien. Il n'y a pas que la contrainte à l'autre aspect. Donc, vous refuserez cet outil si vous êtes élu. Il n'y aura plus de pass vaccinal, plus de pass...
Oui, bien sûr, je le dis, je le redis, j'en ai congé la chance de prononcer sur ce sujet pour l'abrogation, mais je ne veux pas laisser entendre que dire que nous refuserions le pass sanitaire ou le pass vaccinal voudrait dire que nous refuserions la vaccination comme un des éléments d'une stratégie de réponse à la crise sanitaire. La vaccination fait partie des outils qu'il faut mettre en place. Je regrette d'ailleurs que le gouvernement ait choisi une stratégie du tout vaccinal. Je pense qu'il y avait d'autres choses à mettre sur la table. Modifier nos habitudes de vie, instaurer une société du roulement comme nous l'avions proposé. On parlait de l'école tout à l'heure.
Une des mesures qu'on pourrait faire à l'école, puisque vous m'interrogez sur le sujet,
on pourrait faire des demi-groupes, par exemple. Manuel Boncard, pourquoi Jean-Luc Mélenchon a dit, lors de l'examen du pass, que ce pass vaccinal était 100% inefficace. 100% inefficace, ça veut dire quoi ?
Ça laisse penser qu'il ne sert absolument à rien. Parce que, sauf si quelqu'un est en capacité de me démontrer que le pass sanitaire ou le pass vaccinal ont permis de convaincre de la vaccination des personnes qui n'auraient pas été convaincues. Ça a été le cas, non ? Ah bon ? Sur la base de quoi vous pouvez dire ça ? Sur la base de quels éléments ?
Les primo-injections, par exemple, ont doublé ces derniers jours. Et c'était 20 000 vaccinations par jour. Là, on est passé à 40 000.
Et vous avez l'impression que c'est efficace, alors qu'on est en pleine vague épidémique. Et vous avez l'impression que ça a réduit les contaminations aux variants de micro ?
Les contaminations, non, mais les passages en réa, oui. Enfin, les contaminations de 40%, c'est ce que dit l'OMS que vous avez cité il y a quelques instants. Comme quoi, des fois, c'est bien l'organisation mondiale de la santé. Il y a tout à l'OMS.
40% de contamination en moins, et 10 fois moins de réa. Encore une fois. Mais attendez, moi, je veux bien répondre à votre question. Il n'y a pas de problème, et je ne veux pas laisser entendre que j'aurais dit que la vaccination n'avait pas un rôle. La vaccination fait partie des éléments de la réponse à la situation sanitaire. Je pense que ça ne suffit pas de mettre tout l'accent sur la vaccination. Et je pense que le pass vaccinal va braquer les gens qui, en réalité, ne sont pas vaccinés aujourd'hui, alors que je pense qu'il faut des politiques d'accompagnement. Je vais vous laisser poser la question suivante, mais je veux juste dire une chose.
Comment ça se fait, par exemple, que dans certains pays en Europe, en Espagne, par exemple, on arrive à 100% de personnes vaccinées chez les plus de 80 ans, dont on sait tous que c'est des personnes à risque, alors qu'on n'est pas capable de le faire en France ? Les Espagnols sont des Français, il y a des restrictions aussi. Mais non, ce n'est pas pour cette raison.
Parce qu'il y a eu une politique d'incitation, parce qu'il y a eu une vraie politique d'aller vers, pour utiliser le terme qui est utilisé aujourd'hui, parce qu'on est allé rencontrer les gens qui ne voulaient pas se faire vacciner, qu'on les a convaincus que c'était utile de le faire, et pas parce qu'on a pris un gros bâton pour leur taper sur la tête s'ils ne voulaient pas le faire. Voilà ce que je mets en cause dans la gestion gouvernementale de la crise sanitaire.
En attendant, le texte du pass vaccinal a été adopté hier au Sénat. La Chambre haute, qui a ajouté quelques modifications au texte, les sénateurs ont supprimé la possibilité de contrôler l'identité des clients par les restaurateurs, les cafetiers. Ils ont eu raison ?
Oui, bien sûr, mais je pense que ça ne résout pas le caractère nocif de cette mesure et de cette disposition du pass vaccinal. Mais bien sûr...
C'est un risque de fraude, du coup.
Oui, mais bien sûr, mais de toute façon, vous savez déjà que ces fraudes, elles existent. D'ailleurs, c'est un autre élément de critique possible vis-à-vis de ce pass. Encore une fois, je ne veux pas me répéter, mais je crois qu'il faut revenir à une politique de conviction. Les gens, ils sont raisonnables dans ce pays. Ils savent très bien. Vous disiez, ça réduit le risque de faire des formes graves. C'est un bon argument pour convaincre les gens. On n'a pas besoin de leur taper.
Ça fait un an, Emmanuel Bompard.
Oui, mais vous savez très bien que...
Il y a encore 4,5 millions de personnes qui sont vaccinées.
Mais quand les gens ne sont pas convaincus, vous pouvez avoir deux manières de voir les choses. Vous pouvez décider que vous en prenez au non-convaincu. C'est ce que fait le gouvernement. Mais vous pouvez aussi décider que vous vous prenez au non-convaincant. Eh bien, c'est ce que je fais, moi. Pourquoi les conditions n'ont pas été réunies pour créer les conditions de l'adhésion vaccinale ? Parce qu'il n'y a pas eu suffisamment de transparence. Écoutez, je suis parlementaire européen. On n'a même pas pu avoir accès aux contrats qui ont été passés entre la Commission européenne et les labos pharmaceutiques. Vous ne croyez pas que ça, ça crée ensuite de la défiance ?
Donc, si vous voulez créer les conditions de l'adhésion vaccinale, il faut de la transparence. Il faut lever les brevets pour faire en sorte que les gens n'imaginent pas que la vaccination soit seulement un moyen de se mettre de l'argent dans les poches. Voilà comment on fait pour créer les conditions de l'adhésion vaccinale. C'est tout ce que refuse de faire le gouvernement.
Ce discours que vous tenez ce matin au micro de France Info, Manuel Bompard, il a été tenu il y a quelques jours par Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale qui a reproché au gouvernement pêle-mêle son imprévoyance, son incapacité à gérer cette crise sanitaire. Ce qui lui a attiré en retour cette réponse d'Olivier Véran. Je vous propose, si vous ne l'avez pas encore fait, d'écouter avec nous.
Monsieur le député Mélenchon, vous avez comparé le vaccin ARN messager, je cite, à des surgelés vendus dans des supermarchés. Voilà qui est très bon pour la confiance des Français. Vous avez parlé de ce machin Pfizer que jamais, jamais vous ne recevriez. Je crois que vous avez reçu votre troisième dose de Pfizer, monsieur le député. Vous avez remis en question la qualité des études cliniques qui ont été validées dans le monde entier. Vous avez affirmé au début de la crise, monsieur le président Mélenchon, que si vous étiez malade, sans hésiter, vous prendriez de la chloroquine. Le feriez-vous aujourd'hui ?
Et lorsque vous êtes allé en Guadeloupe, en pleine vague épidémique, c'était pour soutenir les soignants qui refusaient de se faire vacciner. L'erreur est humaine, persévérée et diabolique.
Vous ne vous êtes jamais trompé pendant cette crise ? Mais tout le monde a pu sans doute évoluer. La chloroquine ? La différence entre Jean-Luc Mélenchon et M. Véran, c'est que M. Véran est aux responsabilités. Et ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui a dit au début, par exemple, que les masques ne servaient à rien avant de les rendre obligatoires. Ce que disait, pardon de vous ramener toujours à ça, l'OMS à ce moment-là. L'OMS aussi s'est planté. Mais l'OMS aussi peut faire des erreurs. Et Jean-Luc Mélenchon aussi est faillible ? Mais tout le monde est faillible. Vous savez, vous connaissez des gens qui ne sont pas faillibles. Moi, je n'en connais pas. Mais la différence entre M. Véran et M.
Mélenchon, encore une fois, c'est que M. Véran est aux responsabilités. Et je crois qu'il ferait bien de reconnaître une part de ses responsabilités. Ça créerait de l'indulgence, vous savez, dans la population. Mais non, pour M. Véran, il a tout bien fait. Il est parfait. Et son mépris et l'arrogance de sa réponse en attestent à nouveau.
Manuel Bompard, député européen, directeur de campagne. Jean-Luc Mélenchon est l'invité de France Info. Il est 8h50. Louise Buyens pour le Fininfo.
Sur France Info, le numéro 1 du syndicat CFDT. Laurent Berger ne réclame pas la fermeture des écoles. Mais il demande des protocoles sanitaires applicables. En cette journée de grève nationale dans l'éducation, ce n'est pas une grève anti-blanquer. Mais le ministre de l'Éducation a très mal géré le dossier, estime encore Laurent Berger. Anne Hidalgo ira jusqu'au bout. Même si la primaire populaire désigne Christiane Taubira. Précision apportée par la candidate socialiste à la présidentielle sur France Inter. Après avoir dévoilé son programme, elle propose notamment de verser 5000 euros à tous les jeunes de 18 ans. Une hausse de 15% du SMIC. Augmentation également du salaire des enseignants.
Question de sécurité. Au Sénat, aujourd'hui, on se penche sur une proposition de loi pour imposer le casque aux cyclistes. En France, ils sont un tiers seulement à le porter systématiquement. Il est toujours menacé par une annulation de son visa par le gouvernement australien. Mais s'il peut participer à l'Open d'Australie, Novak Djokovic sera opposé à son compatriote serbe, Mijomir Kekmanovic, au premier tour. Résultat, tôt ce matin, du tirage au sort. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel.
Toujours avec le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard. Vous en êtes où dans la récolte des parrainages ?
On a dépassé les 400 promesses de parrainages. Vous savez qu'on est à des promesses de parrainages pour l'instant, puisque la période officielle s'ouvrira à la fin du mois de janvier. On avance donc, mais on n'est encore pas aux 500 qui sont nécessaires pour que Jean-Luc Mélenchon puisse présenter sa candidature.
Est-ce que c'est vraiment dur ? Ou alors, vous bluffez, comme dit Gérald Darmanin ? C'est un moyen aussi de faire parler de vous ?
Non, on ne bluffe pas. Je vous donne les chiffres réels, peut-être qu'ils arrivent au fur et à mesure de l'évolution de cette collecte des parrainages. Quant à M. Darmanin, écoutez, j'ai vu deux réactions cette semaine. J'ai entendu M. Larcher, j'ai entendu M. Darmanin. J'ai vu deux hommes de droite. Il a dit qu'il serait anormal que vous n'ayez pas vos parrainages. J'ai vu deux hommes de droite. J'en ai vu un qui était un démocrate, qui comprenait que dans une démocratie, pour qu'elle puisse vivre, il faut que les courants d'opinion, qui sont représentatifs de quelque chose dans ce pays, puissent être présents à l'élection présidentielle. J'en ai vu un qui était dogmatique et sectaire.
Et je trouve ça insupportable. Le problème, c'est que c'est celui qui est dogmatique et sectaire qui est ministre de l'Intérieur.
En même temps, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, rappelle qu'il y a 40 000 élus qui peuvent donner leur parrainage. Et comme Anne Hidalgo, ils disent que si vous n'y arrivez pas, c'est que vous ne le méritez pas.
C'est ce qu'ils disent, effectivement. Mais vous savez, toutes les gens qui ont fait ce travail de recherche de parrainages...
Ils n'arrivaient pas à convaincre.
Ils ont la tête de conseils municipaux qui sont divers, qui sont pluriels. Et ils ont parfois du mal à comprendre ou à faire comprendre à leurs administrés que ce n'est pas parce que vous donnez parrainage à un candidat que vous ne le soutenez pas. Et nous, c'est ce que nous disons depuis le début. Nous disons que parrainer ne veut pas dire soutenir. Quant à M. Darmanin, il a dit aussi qu'on ne pouvait pas changer les règles à quelques mois de la date de l'élection présidentielle. Ce que je trouve quand même extrêmement déplacé.
Quand on sait que la France Insoumise, le mouvement auquel j'appartiens, il y a plus d'un an, ont mis sur la table une proposition de loi pour introduire la possibilité qu'au-delà des 500 parrainages d'élus, on puisse avoir recours à des parrainages citoyens. A l'époque, M. Darmanin ne s'est pas du tout exprimé sur le sujet. Et maintenant, il nous dit que c'est trop tard pour en parler. Tout ça n'est pas sérieux, d'une mauvaise foi qui est insupportable. Et encore une fois, ce n'est pas que Jean-Luc Mélenchon qui est concerné. Vous comprenez bien qu'il y a trois candidats aujourd'hui qui représentent quasiment 40% des intentions de vote.
S'ils ne pouvaient pas se présenter à l'élection présidentielle...
Et Éric Zemmour doit aussi avoir ses signatures.
Écoutez, ils représentent des courants d'idées qui existent dans ce pays. Je le regrette, je ne suis pas du tout d'accord avec eux. Mais ils existent. Et la démocratie, c'est faire en sorte que ce soit par l'élection qu'on puisse trancher les désaccords qui existent.
Vous demandez un coup de main aux autres formations politiques ? Par exemple, Anne Hidalgo qui en a des milliers et des milliers...
Moi, je ne suis pas là pour mendier des coups de main. Je suis là juste pour demander que, par exemple, les élus locaux, les présidents de conseils départementaux, les présidents de conseils régionaux, à minima, ne dissuadent pas les élus en faisant des sortes de pressions un peu déguisées.
Le communiste Fabien Roussel dit aux élus communistes « Vous ne donnez rien à Jean-Luc Mélenchon ». Vous avez essayé de l'appeler quand même ?
Écoutez, Fabien Roussel, il a aussi dit, et je le regrette, que nous étions des adversaires. Nous ne sommes pas des adversaires du Parti communiste. Nous sommes sans doute concurrents dans cette élection. Quant à ce qu'a dit Fabien Roussel, je peux vous dire qu'il y a déjà des élus communistes qui parrainent la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Donc je ne suis pas certain qu'il avait raison de dire ça.
— Christiane Taubira va se lancer officiellement dans la bataille, pour ceux qui en douteraient encore, ces derniers jours dans la bataille pour l'Élysée. Elle va faire probablement ce week-end dans le 20h d'une grande chaîne. Vous lui dites quoi ? Bienvenue ou parlons-nous ?
— Non, je respecte sa démarche, comme tout le monde. Elle a le droit de présenter sa candidature à l'élection présidentielle. Par ailleurs, si ça permet de prendre quelques plumes à Emmanuel Macron et de baisser le seuil d'accès au second tour, ça me semble...
— Vous pensez qu'elle va prendre des voix à Emmanuel Macron, Christiane Taubira ?
— Écoutez, moi, je vois comme vous...
— Attendez, ça fait 4 ans que vous nous expliquez qu'Emmanuel Macron est un président de droite. — Ouais. — Écoutez, je lis les voix. — Et vous nous dites que Christiane Taubira va lui prendre des voix. Christiane Taubira est de droite aussi. Il y a un truc qui m'a échappé.
— Non, ce n'est pas ce que je suis en train de dire. Mais d'habitude, vous lisez les sondages comme moi. Et j'ai pu observer que dans les différents sondages, manifestement, c'est notamment à Emmanuel Macron qu'elle pouvait prendre quelques voix. — Bon. Donc c'est pour ça que je vous dis ça. — À lui les mêmes. — Maintenant... — Si, si. Je me trompe, peut-être. — Vous les vérifierez. Maintenant, pour le reste, écoutez, moi, je respecte sa démarche. Je suis juste un peu... Je trouve ça juste un peu curieux qu'une démarche qui visait à faire en sorte de réduire la dispersion des candidatures à gauche aboutisse à la fin par ajouter une candidature.
Je trouve que là, il y a quelque chose d'un peu paradoxal. Maintenant, chacun est libre de se présenter à l'élection présidentielle et de défendre ses idées.
Il y a une primaire populaire qui va être organisée à la fin du mois de janvier. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas y participer, mais les organisateurs ont prévenu qu'on n'a pas le choix. Ils vont mettre des bulletins de tous les candidats, volontaires ou pas, pour cette primaire. Si Jean-Luc Mélenchon la gagne, il se passe quoi ?
— Eh bien, si Jean-Luc Mélenchon gagne cette primaire, les personnes qui ont voté pour lui, qui l'ont soutenue, qui ont fait en sorte qu'ils l'emportent dans cette primaire, seront les bienvenus dans notre campagne.
— Ils ont tiré les bénéfices, donc.
— Et s'il perd, il se passe quoi ? — Et si ? — S'il perd. — Eh bien, ça sera une autre personne qui aura été désignée, qui aura le soutien de cette organisation. Mais en ce qui nous concerne... — Et dans votre campagne, pour votre campagne ? — Mais il se passe rien pour notre campagne. Écoutez, nous, nous sommes en campagne. Ça fait depuis un an que Jean-Luc Mélenchon est en campagne. On a un programme, on a une candidature. On essaye de convaincre sur nos propositions. Libre aux autres de décider de faire autrement. Libre à cette initiative d'avoir lieu. Pas de problème.
Maintenant, si des gens décident de nous rejoindre, je le dis à eux, comme je le dis à l'ensemble des autres organisations politiques, qui sont les bienvenus dans notre campagne. Ils auront leur place. Il y a quelque chose qui s'appelle le Parlement de l'Union Populaire, qu'on a mis en place en décembre, dans lequel se retrouvent des gens qui ne sont pas à la France insoumise, mais qui veulent s'engager dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Ce Parlement de l'Union Populaire, il est ouvert à ces gens-là. Parce que je crois que Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, est la personnalité la mieux placée pour faire en sorte que la gauche puisse remporter cette élection présidentielle.
Là aussi, c'est l'ensemble des sondages d'intention de vote qui le disent, malgré les critiques que je peux formuler par ailleurs sur ces sondages.
La force motrice de la gauche ne peut pas être à l'extrême gauche, dit ce matin Anne Hidalgo.
Oui, d'abord, ce n'est pas Anne Hidalgo de décider où doit se situer le centre de gravité à gauche, c'est aux électrices et aux électeurs, premièrement. Et pour l'instant, si on en croit les sondages d'intention de vote, ils disent que c'est Jean-Luc Mélenchon qui peut être la force motrice.
Il ne dépasse pas les 10%, comme tous les autres candidats de gauche.
Ça dépend des sondages d'intention de vote. Dans le nôtre, parce qu'on n'en prend qu'un. Vous prenez celui-là si vous voulez. Moi, je peux vous en prendre un. C'est un sondage d'un nouvel institut qui s'appelle Cluster 17, qui dit que Jean-Luc Mélenchon est à 13% des intentions de vote et à 3 points du deuxième tour de l'élection présidentielle. Vous voyez, donc en fonction des sondages qu'on regarde, on peut voir les choses différemment. Maintenant, ce n'est pas Anne Hidalgo de décider ça. Quant à être extrême, vous savez, on peut tous être l'extrême de quelqu'un.
Moi, je trouve qu'Anne Hidalgo a des positions qui sont extrêmement centristes, par exemple, sur un certain nombre de points de vue. Par exemple, vous savez que les Français sont majoritairement pour la retraite à 60 ans. Anne Hidalgo, elle, elle est pour la retraite à 62 ans, le maintien. Donc, c'est Jean-Luc Mélenchon, par exemple, sur ce sujet-là, qui incarne une position centrale dans la population, dans le peuple majoritaire.
60 ans, c'est comme Marine Le Pen, à 40 ans d'annuité.
Non, Marine Le Pen, elle dit 60 ans si la situation économique le permet. Non, non, non, elle dit 60 ans. Si la situation économique le permet, vous pourrez voir. Et donc, on verra si la situation économique le permet. En tout cas, pour Jean-Luc Mélenchon, ça sera 60 ans dans tous les cas. Ça sera la réduction du temps de travail, ça sera l'augmentation du SMIC, ça sera la règle verte, ça sera la Constituante et la VIème République. Et ça, c'est des propositions fortes. Et toutes ces propositions, quand vous sondez la population, sont des propositions qui sont majoritaires dans la population. Donc, Jean-Luc Mélenchon n'est pas d'extrême gauche, comme veut le dire Mme Hidalgo.
Il représente des propositions qui sont majoritaires dans la population. Et je crois que ça, c'est très important de le dire. Et c'est ce que nous allons essayer de démontrer dans cette campagne de l'élection présidentielle. Merci beaucoup, Mme Le Pen.
Merci à vous, directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Bonne journée à vous. Merci, bonne journée. Merci.
Manuel Bompard