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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 24 septembre 2014 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Elisabeth Guigou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que la vigilance antiterroriste est maximale mais que la police laisse filer trois djihadistes présumés ?

  • 0:47OuverteRéponse directe

    On parle aussi d'une panne informatique du système Kéops à l'aéroport de Marseille.

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Ces menaces terroristes, ces intérêts français en danger dans le monde, ce randonneur kidnappé en Algérie, c'est le prix à payer pour notre engagement armé au Moyen-Orient ?

  • 2:02FerméeRéponse directe

    Une guerre pour longtemps ?

  • 3:23OuverteRéponse partielle

    On a parlé de circuits de financement venant du Qatar, par exemple.

  • 4:19RelanceRéponse directe

    Vous venez de le rappeler, on intervient en Irak et pas en Syrie. Alain Juppé a dit que la question d'une intervention française en Syrie doit se poser. Qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « Un vrai cafouillage qui provient probablement d'une insuffisante coopération avec les autorités turques. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « C'est une guerre. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « C'est une guerre contre une organisation terroriste trans-internationale qui a une cruauté, des ambitions, des moyens sans précédent absolument inédits. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Il faut bien expliciter le but de cette intervention militaire française, de ces frappes aériennes et qui ne seront qu'aériennes. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Nous n'enverrons pas de troupes au sol car c'est aux Irakiens de faire ce travail sur place. »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « C'est d'aider les Irakiens à affaiblir d'abord et, espérons-le, à se débarrasser de Daesh. »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « parce qu'ils ont été ostracisés par le précédent gouvernement chiite en Irak. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Nous n'avons jamais eu de certitude, de renseignements précis, mais certainement qu'il y a eu des financements. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « Maintenant, il semble que ces pays, l'Arabie Saoudite, le Qatar, etc., soient déterminés, y compris qu'ils sont eux-mêmes très menacés, donc ils changent d'attitude. »
  • 4:42Invité politiqueFait
    « Je ne trouve pas que ce soit hypocrite. Je pense que la France, au contraire, dit ce qu'elle garde, sa capacité d'autonomie par rapport aux Etats-Unis. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « la situation en Irak est quand même largement le résultat de leur intervention en 2003 fondée sur un mensonge et bien entendu sans l'accord des autorités irakiennes de l'époque. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « ce que nous ne voulons pas, c'est politiquement donner un signal qui consisterait à dire que nous faisons quoi que ce soit qui pourrait renforcer Bachar el-Assad. »
  • 5:40Invité politiqueFait
    « en Syrie, nous soutenons l'opposition modérée très concrètement par de la formation de leurs combattants, par la fourniture de matériel militaire, par un soutien politique qui a été le premier et qui n'a jamais faibli depuis. »
  • 8:11Invité politiqueFait
    « C'est la Constitution, l'article 35, le Président de la République peut engager des opérations extérieures à condition d'informer dans les trois jours l'Assemblée nationale, ce qui a été fait. »
  • 9:02Invité politiqueFait
    « Si l'opération devait se prolonger plus de 4 mois, à ce moment-là, il y aurait un vote à l'Assemblée pour autoriser cette prolongation. »

Temps de parole

  • Elisabeth Guigou74 %
  • Présentateur26 %

5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Elisabeth Guigou, comment expliquer que la vigilance antiterroriste est maximale, que la France ne doit pas avoir peur, ce qu'a dit le gouvernement Bernard Cazeneuve encore hier et avant-hier quand la police laisse ainsi filer trois djihadistes présumés ?

0:14
Elisabeth Guigou

Oui, il faudra une explication détaillée sur ce qui s'est passé. Un vrai cafouillage qui provient probablement d'une insuffisante coopération avec les autorités turques. Donc, je ne peux pas imaginer qu'une chose pareille se produise par exemple entre la France et l'Allemagne, la France et l'Angleterre, la France et n'importe quel autre pays européen. Donc, il va falloir que notre ambassade sur place nous dise exactement ce qui s'est passé et il faudra évidemment que le ministre de l'Intérieur puisse donner des éclaircissements. Il ne faut pas que ça se reproduise, surtout dans la situation où nous sommes, qui est absolument gravissime.

0:47
Présentateur

On parle aussi d'une panne informatique du système Kéops, le système de contrôle des passeports à l'aéroport de Marseille.

0:54
Elisabeth Guigou

Oui, alors c'est un ensemble, sans doute, une conjonction de dysfonctionnements. Maintenant, dans ce cas particulier, c'était des individus qu'il fallait certainement interroger, qu'il faudra interroger, mais qui n'étaient pas sous mandat d'arrêt non plus. Donc, je pense qu'il faut... Mais ça n'excuse rien, bien entendu.

1:13
Présentateur

Ces menaces terroristes, Elisabeth Guigou, ces intérêts français en danger dans le monde, ce randonneur kidnappé et menacé de mort en Algérie, c'est le prix à payer pour notre engagement armé au Moyen-Orient ?

1:24
Elisabeth Guigou

Je crois que, de toute façon, nous sommes soumis à une menace extrêmement grave et que le pire serait de faire comme les autruches et de se mettre la tête dans le sable en espérant que nous soyons épargnés. Ce n'est pas possible. Et donc, alors il ne faut certainement pas imaginer que ça va être... C'est une guerre. Je crois qu'il ne faut pas se cacher derrière le mot. C'est une guerre contre une organisation terroriste trans-internationale qui a une cruauté, des ambitions, des moyens sans précédent absolument inédits et qu'il faut absolument réduire et affaiblir.

2:02
Présentateur

Une guerre pour longtemps ?

2:03
Elisabeth Guigou

Ça peut durer, oui, sans doute. Et c'est pour ça qu'il faut s'armer contre ça. Il faut s'armer, il faut évidemment être prêt à appuyer les Irakiens car il faut bien expliciter le but de cette intervention militaire française, de ces frappes aériennes et qui ne seront qu'aériennes. Nous n'enverrons pas de troupes au sol car c'est aux Irakiens de faire ce travail sur place. Donc il faut bien expliquer le but. C'est d'aider les Irakiens à affaiblir d'abord et, espérons-le, à se débarrasser de Daesh, c'est-à-dire en dissociant les tribus sunnites qui se sont agrégées à cette organisation terroriste parce qu'ils ont été ostracisés par le précédent gouvernement chiite en Irak.

Alors, ça veut dire qu'il y a à la fois une opération militaire pour soutenir l'armée irakienne et les Kurdes. Deuxièmement, il faut évidemment que ce soit accompagné d'objectifs politiques clairs et ça, ça appartient d'abord aux Irakiens d'arriver à rassembler toutes les communautés présentes et enfin, il faut absolument obtenir de tous les États de la région que toutes les formes de financement de Daesh soient arrêtées, coupées. Ça va des achats de pétrole jusqu'à la fourniture d'argent frais.

3:23
Présentateur

Ça va aussi pour certains des alliés des pays sunnites qui sont engagés dans la coalition, aux côtés des Américains. On a parlé assez souvent et assez régulièrement de circuits de financement venant du Qatar, par exemple.

3:34
Elisabeth Guigou

Alors, nous n'avons jamais eu de certitude, de renseignements précis, mais certainement qu'il y a eu des financements. Maintenant, il semble que ces pays, l'Arabie Saoudite, le Qatar, etc., soient déterminés, y compris qu'ils sont eux-mêmes très menacés, donc ils changent d'attitude. Le fait qu'ils participent aux opérations américaines en Syrie, auxquelles nous ne participons pas, vous le savez, est évidemment un élément encourageant. Et je pense qu'il faut obtenir de la Turquie qu'il y ait une coopération beaucoup plus étroite et beaucoup plus efficace. Il semble que M. Erdogan, maintenant que ses otages ont été libérés, soit prêt à s'impliquer davantage.

C'est en tout cas ce qu'ils semblent avoir déclaré hier aux Nations Unies.

4:19
Présentateur

Vous venez de le rappeler, on intervient en Irak et pas en Syrie. Alain Juppé, on l'a entendu tout à l'heure dans le journal de 8 heures, dit que la question d'une intervention française en Syrie doit se poser. Qu'en pensez-vous, Elisabeth Guigou ? Quelle est cette position un peu bizarre ou un peu hypocrite de dire qu'on participe aux frappes aux côtés des Américains en Irak et pas sur le territoire syrien ?

4:42
Elisabeth Guigou

Je ne trouve pas que ce soit hypocrite. Je pense que la France, au contraire, dit ce qu'elle garde, sa capacité d'autonomie par rapport aux Etats-Unis. C'est très important militairement et c'est très important politiquement. Nous ne sommes pas des supplétifs des Américains.

4:57
Présentateur

Oui, mais enfin c'est symbolique, surtout les Américains qui bombardent, avec ou sans, les Français, ça ne change pas grand-chose.

5:02
Elisabeth Guigou

Tout à fait. C'est aux Américains d'ailleurs qu'incombe la responsabilité principale parce que la situation en Irak est quand même largement le résultat de leur intervention en 2003 fondée sur un mensonge et bien entendu sans l'accord des autorités irakiennes de l'époque, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais donc c'est aux Américains qu'incombe la responsabilité principale. Mais nous avons fait l'analyse que compte tenu de la gravité de la menace, nous devions nous impliquer aussi militairement mais nous n'avons pas vocation à tout faire non plus.

Et vis-à-vis de la Syrie, ce que nous ne voulons pas, c'est politiquement donner un signal qui consisterait à dire que nous faisons quoi que ce soit qui pourrait renforcer Bachar el-Assad. Donc nous ne sommes pas absents puisque en Syrie, nous soutenons l'opposition modérée très concrètement par de la formation de leurs combattants, par la fourniture de matériel militaire, par un soutien politique qui a été le premier et qui n'a jamais faibli depuis. Donc il y a différentes façons

5:53
Présentateur

ce que ne font pas encore les Américains.

5:54
Elisabeth Guigou

De s'impliquer, pardon ?

5:56
Présentateur

Ce que ne font pas encore les Américains.

5:57
Elisabeth Guigou

Ce que ne font pas encore les Américains, absolument.

5:59
Présentateur

On parle beaucoup des exactions de l'organisation de l'État islamique, des barbaries qui sont commises et on en a eu les preuves ces dernières semaines évidemment. Mais hier, le réseau syrien des droits de l'homme a mis en ligne un tableau comparatif du nombre de victimes civiles dans la population syrienne. 831 personnes tuées par l'État islamique, 124 000 par le régime syrien dont 17 000 enfants.

6:24
Elisabeth Guigou

Voilà. C'est la raison pour laquelle aucune compromission avec Bachar el-Assad à nos yeux n'est possible.

6:30
Présentateur

Sauf que la lutte contre l'État islamique et les bombardements effectués par les Américains ils sont applaudis aussi par le régime syrien de Bachar el-Assad. C'est compliqué ?

6:40
Elisabeth Guigou

Oui, c'est vrai. C'est compliqué. Incontestablement, je pense que la France doit garder justement son autonomie par rapport à ça et que participer à ce type d'action, faire en sorte que les Européens aussi contribuent davantage d'une façon ou d'une autre. Tout le monde n'a pas la capacité d'intervention militaire qu'à la France, c'est vrai. Et cet après-midi à l'Assemblée, nous allons évidemment interroger le Premier ministre sur les buts de notre opération. Il faut clarifier ça sur les conditions dans lesquelles elle est menée, sur notre autonomie de décision, sur le coût aussi parce que ça n'est pas rien dans la conjoncture actuelle.

7:13
Présentateur

Le but, c'est d'éradiquer l'organisation de l'État islamique comme l'a dit Barack Obama, l'affaiblir comme l'a dit François Hollande ?

7:19
Elisabeth Guigou

C'est certainement de l'affaiblir. Si possible, évidemment, de faire en sorte que cette organisation puisse un jour disparaître. D'ailleurs, ce qui est tout de même encourageant dans cette situation, encore une fois, extrêmement alarmante, c'est que les pays musulmans, mais aussi les communautés musulmanes, mais aussi, et heureusement chez nous, les responsables religieux musulmans, se mobilisent pour dire ce qui se passe là-bas n'a rien à voir avec l'islam. Et ça, il faut le dire parce que nous devons absolument proclamer nos valeurs et dire qu'en particulier dans notre pays, la France, il ne faut jamais, jamais céder à la tentation du moindre amalgame.

8:00
Présentateur

Est-il normal, Elisabeth Guigou, qu'un tel engagement ne fasse pas l'objet d'un vote ? Qu'il y ait un débat sans vote cet après-midi à l'Assemblée, la représentation nationale n'a pas à se prononcer ?

8:11
Elisabeth Guigou

C'est la Constitution, l'article 35, le Président de la République peut engager des opérations extérieures à condition d'informer dans les trois jours l'Assemblée nationale, ce qui a été fait par l'être.

8:21
Présentateur

Il peut engager, mais il est aussi libre de consulter la représentation nationale.

8:25
Elisabeth Guigou

Et la consulte cet après-midi, je pense que le débat va être animé, que les différents groupes politiques diront, poseront les questions qu'il faut poser, y compris nous, d'ailleurs. Ce sera précédé par une réunion chez le Premier ministre à midi, où nous aurons des informations plus confidentielles, plus privilégiées, comme ça a été le cas pour le Mali.

Nous, c'est-à-dire les présidents de groupes politiques, les présidentes des commissions des affaires étrangères et de la défense, là, avec les chefs d'État-major, nous avons accès à des informations privilégiées qui nous permettent vraiment, et en toute confidentialité, et cette confidentialité est respectée quels que soient les groupes politiques. Il n'y a jamais eu de... Et après, ce débat. Si l'opération devait se prolonger plus de 4 mois, à ce moment-là, il y aurait un vote à l'Assemblée pour autoriser cette prolongation.

9:10
Présentateur

Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée, avec nous jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions interventions des auditeurs internautes de France Inter. Il est 8h et demi.