Thomas Ménagé : "L'antisémitisme se développe à cause de l'extrême gauche !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensiez qu'un tel acte antisémite était possible dans votre département ?
- 2:18RelanceRéponse directe
Bruno Retailleau a pointé le double visage de l'antisémitisme, celui de l'islamisme et celui de l'extrême-gauche. Vous ne diriez la même chose ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Quel sens donnez-vous à cette visite de Jordan Bardella en Israël ?
- 4:22RelanceRéponse directe
Et pourquoi il peut porter la voix de la France ?
- 5:16OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est aussi une manière pour votre parti de faire sa mue sur la question de l'antisémitisme et de tourner la page Jean-Marie Le Pen ?
- 6:21RelanceRéponse partielle
Mais la lutte contre l'antisémitisme ne peut pas être instrumentalisée politiquement. Ça ne fait pas l'unanimité, votre stratégie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:48Invité politiqueChiffre
« il y a eu autant d'actes antisémites en trois mois que les trois années précédentes, après le 7 octobre »
- 2:05Invité politiqueFait
« un discours d'extrême-gauche qui s'accélère, à la fois la montée du fondamentalisme islamisme, l'importation du conflit israélo-palestinien sur notre sol »
- 3:20Invité politiqueFait
« de ne pas condamner unanimement les attaques islamistes contre les Israéliens du 7 octobre, contre ce pogrom »
- 4:57Invité politiqueChiffre
« il y avait 42 Français dans les 1200 morts des pogroms menés par le Hamas en Israël »
- 8:04Invité politiquePromesse
« la suppression des allocations familiales pour les mineurs délinquants récidivistes »
- 8:27Invité politiqueFait
« supprimé par une alliance de circonstances avec une partie des LR et le Parti socialiste au Sénat en commission »
- 10:12Invité politiqueFait
« d'ensauvagement »
- 14:36Invité politiqueChiffre
« des mises en cause de 52% depuis 2017 pour des faits liés aux stupéfiants »
- 17:01Invité politiqueFait
« aujourd'hui, il faut arrêter de banaliser le cannabis comme si c'était une substance qui n'est pas nocive »
- 20:06Invité politiqueFait
« est-ce qu'il est plus utile pour les Français, pour les protéger, de censurer ce gouvernement »
- 22:59Invité politiqueFait
« celle qui est la mieux placée pour gagner en 2027 »
Temps de parole
- Thomas Ménagé83 %
- Présentateur13 %
- Invité5 %
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Bonjour Thomas Ménager, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, député du Loiret pour parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesser-Redon du groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
Bonjour Thomas Ménager. Bonjour.
On va commencer en parlant de l'agression du rabbin d'Orléans dans le Loiret, dans votre département agressé ce week-end. Il a dit qu'il savait que ça lui arriverait, c'était une question de temps avant de subir une agression antisémite. Les mots sont évidemment terribles. Est-ce que vous pensiez qu'un tel acte était possible dans votre département ?
Malheureusement oui. Ce que a dit le rabbin nous fait tous beaucoup de mal. C'est-à-dire de se dire que nos compréhens triodes de confession juive, dès qu'ils se déplacent partout en France, dans notre département, dans les départements ruraux, qui historiquement même étaient protégés, alors là on est à Orléans, on est dans une métropole, peuvent subir ce genre d'attaque. Et ils sont nombreux à nous dire, quand on échange avec eux, avec nos compatriotes de confession juive, qu'au-delà de ces attaques, il y a souvent des propos, des insultes, des crachats, le fait de ne plus mettre sa kippa, de ne plus pouvoir aller et le vinir dans un pays comme la France.
Aujourd'hui c'est très inquiétant et c'est vrai que ça fait beaucoup de mal d'entendre nos compatriotes de confession juive dire ses propos et se dire qu'ils ne peuvent plus vivre comme tous les Français.
On l'a entendu ce week-end, certains disent que la France est devenue dangereuse pour les Juifs. Vous partagez cette...
Mais ça fait des années. On l'avait vu après un certain nombre, après l'hyper-cachère, le nombre de témoignages de franco-israéliens qui ont fait le choix, de Français, qui ont fait le choix de partir, de partir en Israël, de quitter la France, d'aller même dans d'autres pays, parce que face à la montée de l'antisémitisme depuis de nombreuses années, qui s'est accélérée bien entendu depuis le 7 octobre, on le sait, les chiffres sont accablants, il y a eu autant d'actes antisémites en trois mois que les trois années précédentes, après le 7 octobre.
Donc bien entendu, il y a une accélération, mais depuis les pires cachères, depuis de nombreuses années, à la fois un discours d'extrême-gauche qui s'accélère, à la fois la montée du fondamentalisme islamisme, l'importation du conflit israélo-palestinien sur notre sol, malheureusement ce triste mélange mène à de tels actes et à des compatriotes de confession juive qui constatent qu'ils ne sont plus en sécurité en France.
Bruno Retailleau a pointé hier le double visage de l'antisémitisme, celui de l'islamisme et celui de l'extrême-gauche. Vous ne diriez la même chose ?
C'est ce que je viens de vous dire. Aujourd'hui, il y a un antisémitisme d'atmosphère développé par la France insoumise, par l'extrême-gauche. C'est quand même assez triste de voir que cette attaque a eu lieu samedi, alors qu'il y avait des manifestations en France, prétendument contre la haine, contre le racisme, et qui ont été en fait lancées sur la communication avec des affiches très clairement antisémites qui ont planté tous les codes de l'iconographie antisémite des années 30 contre un présentateur, contre Cyril Hanouna, contre un certain nombre de personnalités. Les propos de la France insoumise, de M.
Mélenchon, à la fois contre la présidente de l'Assemblée nationale, Mme Braun-Pivet, contre Mme Borne, contre toutes les personnes qui sont de confession juive ou ont un passé familial en lien. Aujourd'hui, tout cela, les propos qu'on a pu entendre après le 7 octobre, le fait de relativiser ce qui s'était passé, de ne pas condamner unanimement les attaques islamistes contre les Israéliens du 7 octobre, contre ce pogrom, aujourd'hui, tout ça a participé à libérer la parole. Et quand vous libérez la parole, automatiquement, parfois, ça passe à des actes de violence physique, carrément.
– Il y a aussi une actualité internationale, puisque Jordan Bardella et Marion Maréchal, c'est l'appartient pas au Rassemblement national, se rendent en Israël, dans le cadre d'une rencontre, justement, contre l'antisémitisme. Quel sens donnez-vous à cette visite de Jordan Bardella en Israël ?
– Je pense que le premier constat qu'on peut faire, c'est que, dans le monde entier, aujourd'hui, le Rassemblement national est vu comme une alternative, demain aussi, à Emmanuel Macron, donc un interlocuteur, avec qui il faut échanger, et qu'il faut échanger sur la question de l'antisémitisme. Jordan Bardella ira porter la voix indirectement de la France et la voix du Rassemblement national, parce que nous partageons avec les Israéliens, aujourd'hui, ce combat avec de nombreuses nations occidentales.
– Et pourquoi il peut porter la voix de la France ?
– C'est la voix du Rassemblement national, bien entendu, mais indirectement, je pense, la voix de nombreux Français qui se disent qu'il faut travailler main dans la main avec toutes les nations contre le fondamental islamisme, parce que ce qui nous a touchés en notre chair au moment du Bataclan, ce qui a touchés au moment de l'hyper-cachère, c'est la même chose. Et aujourd'hui, le principal terreau des violences antisémites et des violences qui vont jusqu'au meurtre, jusqu'à la mort d'un certain nombre de compatriotes, il ne faut pas oublier aussi que le 7 octobre, il y avait 42 Français dans les 1200 morts des pogroms menés par le Hamas en Israël.
Donc il y a une solidarité et un travail en commun au niveau international qu'il faudra mener si on arrive au pouvoir, et c'est un prémice que Jordan met en place en allant à l'invitation du gouvernement de l'État d'Israël, en allant à cette pogrom.
– Est-ce que c'est aussi une manière pour votre parti de faire sa mue sur la question de l'antisémitisme et de tourner la page Jean-Marie Le Pen ?
– Mais ça fait des années, le Front National n'existe plus, le Rassemblement National a toujours été intransigeant sur la question de l'antisémitisme. Aujourd'hui, les Français de confession juive nous voient comme un bouclier. On a tellement été loin que Marine Le Pen a été jusqu'à exclure son propre père sur les positions antisémites. Mais depuis de nombreuses années, certains ne veulent pas le voir.
Vous savez, quand il y a des personnalités imminentes de confession juive comme Serge Larsfeld, qui a mené toute sa vie, qui a donné sa vie au combat contre les nazis, contre l'antisémitisme, qui disent aujourd'hui très clairement que le Rassemblement National est un allié dans le combat contre l'antisémitisme. Quand j'ai écouté hier, certains de vos confrères, le rabbin de Rouen, qui dit aujourd'hui que le seul dans le monde politique d'Angers qui existe réellement, c'est le discours d'extrême-gauche, le prétendu discours d'extrême-droite, même si on n'est pas d'extrême-droite, mais caricaturé par certains, n'existe plus. Et aujourd'hui, on a bien entendu...
– Et dans le même temps, Thomas Ménager, vous avez le président du CRIF qui dit qu'on sent bien que ce sujet est instrumentalisé pour mettre en scène un Rassemblement National nouveau dans une stratégie de conquête du pouvoir, mais la lutte contre l'antisémitisme ne peut pas être instrumentalisée politiquement. Ça ne fait pas l'unanimité, votre stratégie ?
– Mais vous savez, il y en a qui font de la politique. Je pense qu'indirectement, le président du CRIF fait de la politique. Il ne représente pas, qu'il le veuille ou non, tous les Français de confession juive. Quand on a manifesté, j'étais avec Marine Le Pen, Jordan Bardella, tous nos collègues lors de la manifestation qui avaient rassemblé tous les partis politiques et toutes les personnalités et de nombreux Français, à l'exception de la France insoumise. Après le 7 octobre, on a été très bien accueillis.
– Il n'y a pas d'instrumentalisation de votre part ? Ce n'est pas la poursuite de votre dédiabolisation ?
– Non, mais je veux dire, c'est juste que c'est un combat que nous portons en notre cœur. C'est la défense des valeurs républicaines. Et ce que nous défendons dans le programme du Rassemblement National, c'est que peu importe votre religion, peu importe votre origine, peu importe votre orientation sexuelle, vous devez être en France protégés. Et les Français de confession juive doivent être protégés. Nous, nous battons pour la sécurité de tous les Français, indépendamment de tout cela. Et bien entendu, c'est au cœur des principes que nous défendons au Rassemblement National.
– Le suspect de l'attaque du rabbin est âgé de 16 ans. Hier, il y a un jeune homme de 17 ans qui a été mortellement poignardé dans une rixe en Essonne. Le Sénat examine ce soir le texte de Gabriel Attal sur la justice des mineurs. Le texte que vous avez voté, il a été quelque peu détricoté en commission au Sénat par une partie de la droite. Est-ce que vous le souhaitez qu'il retrouve sa forme initiale ?
– Bien entendu. Nous, nous l'avons voté, quand même ça venait de Gabriel Attal, et qu'on regrettait que Gabriel Attal, quand il était Premier ministre, n'ait pas déposé un projet de loi encore beaucoup plus… qui allait beaucoup plus loin. On regrettait qu'un certain nombre de dispositions ne soient pas incluses, notamment la suppression des allocations familiales pour les mineurs délinquants récidivistes, qu'il y ait une vraie fin de l'excuse de minorité. Parce que là, c'était… Si on prend l'exemple, par exemple, vous parliez de… et je reviendrai sur ce que nous attendons du Sénat sur Orléans. Le jeune n'a jamais été condamné, le jeune de 16 ans.
Ce qui fait que l'excuse de minorité continuera avec la loi de M. Attal, avant même le fait que ça ait été détricoté, supprimé par une alliance de circonstances avec une partie des LR et le Parti socialiste au Sénat en commission, n'aurait pas été exclu de l'excuse de minorité. C'est-à-dire que pour le jeune d'Orléans qui a agressé le rabbin, au final, attaquer un Français de confession juive est deux fois moins grave, puisque le quantum de la peine sera divisé par deux. Et donc, il ne faut pas le faire seulement dans les cas de récidive, mais il faut le faire totalement.
Donc la loi déjà, à la sortie, la proposition de loi à la sortie de l'Assemblée nationale n'était pas assez puissante, assez claire pour pouvoir lutter contre cette hausse des actes et des délinquants, des mineurs délinquants. Et là, on s'inquiète de voir qu'en commission au Sénat cette alliance de circonstances qui nous rappelle l'UMPS entre les Républicains, une partie, et les partis socialistes. Alors j'espère qu'en séance, notamment la droite qui, prétendument derrière un ancien sénateur qui est M. Retailleau, dit vouloir lutter contre l'insécurité en France, retrouvera la raison et se détournera du rapporteur LR qui a voulu vider de sa substance cette loi.
Il parle d'ensouvagement des mineurs, Bruno Retailleau. Vous dites la même chose ?
Moi, j'ai été sur un territoire, je suis sur un territoire, Montargis, qui a été touché par les émeutes. J'ai vu en garde à vue des gamins de 13, 14 ans ne pas se rendre compte de la situation qu'ils vivaient en étant en garde à vue, ne pas se rendre compte, quand on leur montrait les images de la gravité de leurs actes, où ils avaient pillé, où ils avaient brûlé un immeuble entier. Plusieurs immeubles ont été brûlés. C'est-à-dire qu'à un moment, on a des jeunes et des fois des parents qui relativisaient, qui n'engueulaient pas tout simplement leurs gamins après des actes qui étaient d'une gravité.
Donc on voit bien qu'il y a un problème de réalité, de connaissance du bien et du mal chez un certain nombre de jeunes, d'ensauvagement. Ce ne sont plus les jeunes qu'on avait il y a 40 ou 50 ans. Et puis aussi de responsabilité des parents. Et là aussi, on regrette que la question des renforcements des peines pour l'autorité parentale, pour défaut d'autorité parentale qui était dans la loi de M. Attal, ne soit prévue uniquement dans la loi de M. Attal qu'en cas de récidive. Je pense que quand vous n'êtes pas en capacité de gérer vos enfants, il faut aussi responsabiliser les parents et qu'ils puissent être condamnés pour cela.
– En réaction à cette rixe dans l'Essonne, ce matin, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, dit qu'il faut une réponse pénale ferme, mais un enfant reste un enfant, même s'il est un criminel, il ne souhaite pas écarter le principe d'excuse de minorité. Qu'est-ce que vous lui dites à Olivier Faure ?
– Je pense qu'il n'a pas pris conscience de ce changement vis-à-vis d'un certain nombre de jeunes. Et puis par contre, M. Faure doit prendre en compte une chose, c'est que déjà en dessous de 13 ans, du moins au Rassemblement National, on laisse cette excuse de minorité, premier point.
et deuxième point, le juge peut toujours, dans un principe d'individualisation de la peine, ne pas donner la peine maximum, on voit bien, au-delà même des mineurs, qu'aujourd'hui en France, comme il n'y a pas de pleine planchée, comme il y a aujourd'hui des comptes de peine qui sont souvent très insuffisants, il y a des condamnations qui sont en dessous de ce que le bon sens populaire, bien entendu, espérerait obtenir pour les adultes. Donc on est très loin de cela, et le juge pourra toujours, bien entendu, tenir compte de la situation particulière des mineurs. Mais ça ne sera plus automatique, cette division par deux du quantum de peine ne sera plus automatique.
Parce que quand vous attaquez un Français de confession juive, quand vous attaquez un policier, quand vous mettez le feu à un bâtiment où il y a des personnes qui dansent dedans, comme ça a été le cas à Montargis, vous n'êtes plus un enfant, vous êtes indirectement.
– On reste un enfant jusqu'à 13 ans, si on a bien compris votre...
– La fin de l'excuse de minorité, elle commence à partir de 13 ans, c'est-à-dire à partir de 13 ans, le quantum de peine n'est plus divisé par deux, c'est la proposition du Rassemblement National, mais avec un principe d'individualisation de la peine qui est un principe fondamental du code de procédure pénale.
– Quand le texte est sorti de l'Assemblée, Gérald Darmanin a dit qu'il voulait aller plus loin au Sénat, qu'il voulait ouvrir le débat sur l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans, qu'il voulait mettre en place des jurés populaires pour juger les délits commis par des mineurs qui voulaient renforcer l'usage du brassé électronique pour les mineurs. Est-ce que ce sont des propositions que vous soutenez ?
– Bien entendu, tout ce qui va dans le bon sens, et là ce que vous avez cité, c'est des mesures que le Rassemblement National est en capacité, en regardant bien entendu dans le détail, de soutenir. Vous savez, on peut reprocher des choses à tout mouvement politique, mais au Rassemblement National, on ne peut pas nous reprocher de ne pas voter tout ce qui est cohérent par rapport aux mesures que l'on propose, par rapport à la philosophie qu'on propose.
Et aujourd'hui, les Français attendent la fin du laxisme, le renforcement de la fermeté en matière pénale, et donc tout ce qui pourra permettre de protéger nos compatriotes, de la montée de l'insécurité qui existe partout en France, en ruralité, dans des villes moyennes, je le vois, à Montargis, à Amie, à Chalette, sur mon territoire, bien entendu, on ne pourra que le soutenir.
– On voudrait vous faire agir à une déclaration, c'est celle de la porte-parole du gouvernement. Est-ce qu'il y a un racisme anti-blanc en France, comme elle l'affirme, Sophie Prima ?
– Le racisme, il peut exister sur toutes les couleurs de peau, toutes les origines, et donc bien entendu, aujourd'hui, il y a un racisme anti-blanc qui existe. On l'a vu à Crépol, on voit très bien que quand vous dites « on va tuer du blanc », « sale blanc », « batou », enfin il y a plein d'expressions que l'on connaît qui font référence aujourd'hui à la couleur de peau, qui est la couleur de peau blanche, donc c'est du racisme anti-blanc.
– Elle a eu raison de le dire, elle, de par sa position de porte-parole du gouvernement ?
– Oui, j'espère qu'il y a quand même une réalité. Si elle niait ce qui aurait été très grave, c'est qu'elle puisse nier quelque chose que l'on constate, que de nombreux Français voient dans un certain nombre de quartiers, même partout en France, qui subissent ce genre d'attaque à l'école aussi. Dans un certain nombre d'écoles, des enfants reviennent, moi j'en ai déjà vu, en ayant été insultés, des insultes que je vous ai citées. Donc oui, il y a du racisme, ça existe en France, et ça existe pour toute origine, et notamment aujourd'hui, celui qui se développe de plus en plus, c'est ce racisme anti-blanc, bien entendu.
– On va parler du texte narcotrafic que vous auriez dû voter aujourd'hui, mais les débats traînent à l'Assemblée, le vote va donc être poussé. Est-ce que c'est un texte que vous allez voter ?
– Vous savez, en 2024, il y a eu 110 morts liées au trafic. Et au-delà de ça, des milliers de vies brisées, des proches, des personnes qui tombent dans la drogue. Il y a eu une hausse depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron, des mises en cause de 52% depuis 2017 pour des faits liés aux stupéfiants.
Donc oui, nous voterons, au vu de la fin des débats, cette proposition, ce projet de loi sur le narcotrafic, de la même manière que, je vous le disais, pour la justice mineure, ça va globalement dans le bon sens, c'est très insuffisant, mais tout ce qui permet aujourd'hui de simplifier les procédures, de donner des moyens aux forces de l'ordre, de pouvoir mener des enquêtes, d'avoir ce dossier COF, si on rentre technique, qui permet que certaines procédures ne puissent pas être tout de suite connues avant la fin des investigations par les avocats, pour pouvoir accélérer un certain nombre de procédures, des prisons spécifiques pour les narcotraffiques, tout cela, ça va dans le bon sens.
– Vous pensez qu'il sera voté, ce texte ? Parce que le socle commun s'est beaucoup divisé pendant les débats, d'ailleurs, il y a beaucoup de dispositions qui sont passées grâce aux voix des députés du Rassemblement national.
– Oui, si le Rassemblement national, encore une fois, n'avait pas été présent à l'Assemblée nationale comme il l'est, grâce à tous nos députés qui sont fortement mobilisés, et une alliance de gauche, extrême-gauche, avec certains députés macronistes, aurait vidé de sa substance cette proposition de loi qui va permettre un peu, pas suffisamment, mais de protéger les Français, du moins de donner les moyens de lutter contre le narcotrafic.
– Et vous pensez que vous et le camp, les pro-retaillot d'Armanin, vous aurez la majorité pour le faire passer ?
– Moi, je ne suis pas devin. J'appelle à la responsabilité, parce qu'on est tous touchés dans nos territoires respectifs, avec la hausse du trafic, et tout ce que cela pose en termes d'insécurité, de problèmes de cadre de vie pour un certain nombre de Français qui sont au bas de leur immeuble et qui vivent l'enfer, mais ce n'est pas étonnant. Il y a quelques semaines, Ludovic Mendes, député macroniste, et Antoine Léaumant, député de la France Insoumise, ont rendu ensemble, ensemble, un rapport qui, au-delà de légaliser le cannabis, proposait même, écoutez-moi bien, vous le savez sûrement, de dépénaliser la cocaïne, la possession d'une quantité de cocaïne.
À un moment, ce n'est pas en donnant la possibilité à nos gosses de pouvoir légalement, en gros, ou du moins, sans rien risquer d'avoir dans leur poche de la cocaïne, qu'on arrivera à la fois à protéger les Français et à lutter contre le narcotrafic.
– Vous êtes pour la tolérance zéro en matière de stupéfiants. Vous savez qu'il est aujourd'hui plus facile pour un jeune de se procurer du cannabis qu'un paquet de cigarettes, et souvent moins cher d'ailleurs.
– Bien sûr, mais oui, tolérance zéro. Je veux dire, aujourd'hui, il faut arrêter de banaliser le cannabis comme si c'était une substance qui n'est pas nocive, elle est dangereuse pour la santé, au-delà des morts liées au trafic, des vies qui sont brisées, du bordel que ça met dans un certain nombre de quartiers. Ce sont des gamins qui, en plus, quand ils en prennent tôt, en fait, ont des problèmes psychiatriques, psychologiques, ne vivent pas dans le monde réel, ont des problématiques sociales du fait de la consommation de ces drogues, et notamment du cannabis, qui n'est pas une drogue douce, comme certains veulent le dire.
– Fabrice, sur la réforme des retraites.
– Oui, le conclave des retraites, celui qui a fait beaucoup parler ces 15 derniers jours, 10 derniers jours, vous souhaitez qu'ils ne reprennent pas ?
– Vous savez, reprendre quelque chose qui était, à la base, juste un coup de communication de M. Bayrou, notamment pour essayer d'obtenir un soutien des socialistes, ou surtout des socialistes, pour pouvoir essayer d'expliquer pourquoi ils ne votaient pas la censure, je pense que ça ne sert à rien. – Ça ne sert à rien, il n'y a pas d'utilité. – De base… – Vous êtes divisé au RN sur le sujet ? – Non, mais on croit au dialogue social, non, non, on n'est pas divisé du tout. On croit au dialogue social, et il faut, et les partenaires sociaux doivent travailler.
Et sur cette question-là, c'est aux parlementaires de trancher, il faudrait qu'on ait la possibilité de voter, parce qu'on n'avait pas pu voter sur le texte de Mme Borne. Nous avions la possibilité, le 31 octobre dernier, je portais ce texte pour le RN, d'abroger et de repartir sur une nouvelle réforme. Nous ne sommes pas unanimes à l'Assemblée nationale dans les différents groupes, mais nous, nous avons notre réforme. Mais le 31 octobre, la gauche, alors même qu'elle propose l'abrogation, a fait blocage, a bloqué le texte du RN qui visait à abroger.
Donc on croit, bien entendu, au dialogue, mais quand vous avez d'un côté les syndicats patronaux et les salariés, les organisations syndicales qui sont opposées sur la question, on savait depuis le début que ça ne marcherait pas. Et François Bayrou l'a avoué, puisqu'il a dit depuis le début qu'au final, il ne voulait même pas qu'on revienne sur la question de l'âge. Je pense qu'il faudra que l'Assemblée nationale, où une majorité de députés ont été élus sur l'abrogation, puissent enfin s'exprimer sur cette question.
– Mais du coup, pourquoi vous ne déposez pas une motion de censure ? On a du mal à comprendre.
– Vous savez, une motion de censure pour avoir un mois après, peut-être la même chose. Nous, bien entendu, la question des retraites va rentrer et rentre chaque jour dans la question que l'on se pose, qui chemine progressivement sur une possible censure de sous-gouvernement, mais pas uniquement sur la question. C'est par rapport à l'inaction sur les questions énergétiques, sur les questions d'immigration, sur les questions de sécurité, face à l'Algérie, ou voilà, depuis des semaines, sur tous ces sujets, beaucoup de communication, on montre les muscles.
– Mais vous, depuis des semaines, vous dites qu'on est proche de la censure, ça, ça peut valoir censure, tout ça, mais vous ne faites rien. Qu'est-ce qui va valoir censure ? C'est quoi la ligne rouge ? – Vous savez, la censure,
on ne le fait pas pour se faire plaisir, on ne le fait pas forcément sur un acte précis. C'est un ensemble d'une situation où on va se dire, est-ce qu'il est plus utile pour les Français, pour les protéger, de censurer ce gouvernement, en se posant quand même la question de ce qu'il y a après, que de garder ce gouvernement qui est dans l'inaction ? Voilà, aujourd'hui, il y a aussi la question que si c'est pour avoir un nouveau gouvernement Bayrou, quelque chose qui y ressemble, ça ne changera pas grand-chose.
– On peut censurer quand la dissolution sera possible ?
– Non, ça on se posera, je vous dis, s'il y a un élément qui nécessite qu'on censure demain, on s'est toujours dit, on le fait, on est en l'opposition, on n'aura aucun problème. Après, c'est vrai qu'au moment où la dissolution est possible, et que les Français peuvent s'exprimer et donner une nouvelle majorité, la censure aura encore plus de sens, parce qu'il y aura la possibilité d'un réel changement. Et aujourd'hui, c'est vrai que… – Aujourd'hui, vous êtes coincé. – La censure ne nommera pas quelqu'un qui nous conviendra. – Donc vous n'avez aucun intérêt à censurer aujourd'hui ?
– Le seul intérêt qu'on peut avoir demain de censurer, c'est s'il y a un élément majeur qui, dès le lendemain, peut toucher le quotidien des Français ou qu'il y a une telle inaction du gouvernement que l'inaction est dangereuse pour les Français.
– Mais ça veut dire que vous ne voterez pas la censure de la gauche non plus ?
– Je posera la question en réunion de groupe s'il y en a une qui est déposée. Vous savez, les censures, il y a deux types. Il y a les censures spontanées, donc on n'en a qu'une par an, donc il faut aussi, pour un groupe, choisir le moment où elle a le plus de chances de passer pour l'obtenir. C'est-à-dire, voilà, ça ne sert à rien de la sortir si elle n'a aucune chance. Et deuxième point, il y a des censures qui sont liées à des textes ou à un passage en 49.3 au texte budgétaire, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il n'y a pas de droit à une censure et de possibilité d'en déposer.
– Pour parler clair, ce sont les socialistes qui vous bloquent aujourd'hui, qui vous empêchent de faire tomber le gouvernement.
– C'est sûr que les socialistes ont fait le choix de sauver à tout prix le gouvernement Bayrou, de donner le sentiment de négocier et de se vendre, et qu'il y a aujourd'hui une alliance qui va des républicains aux socialistes, en passant par Gabriel Attal. Tous ceux qui, en fait, au final, se sont soutenus au moment des élections législatives pour garder respectivement leur poste, au final, sont dans un co-gouvernement, une co-gouvernance du pays, et c'est vrai que… – Vous n'avez pas voté, vous non plus,
la censure du PS quand vous déposiez une censure ?
– Oui, mais c'est ce qu'il n'y avait pas aujourd'hui de nécessité de le faire, parce que nous avions obtenu, notamment sur l'électricité, grâce au RN, une baisse de l'électricité, la réindexation des retraites, et qu'il fallait un budget pour la France, le budget étant passé, maintenant, nous sommes très clairs, nous avons la capacité de censurer ce gouvernement.
– Une dernière question, Fabrice ?
– Oui, dans quelques jours, Marine Le Pen sera fixée sur son sort judiciaire dans l'affaire des assistants parlementaires, comment s'il prépare le parti ?
– Vous savez, on attend que la justice rende sa décision, on est aujourd'hui très serein, parce qu'on est profondément convaincu… – Très serein, très serein ?
– Non, on est… – Ce n'est pas un élément de langage, ça, très serein. – On est profondément… – Parce qu'il y a quand même un enjeu très fort, il y a la question d'un joker, éventuellement, pour la présidentielle, enfin d'un parlementaire.
– Non, on n'est absolument pas dans cet air d'esprit, parce que je vous dis, on est convaincu que Marine Le Pen est innocente, que ça serait quand même un vrai problème démocratique, qu'aujourd'hui, dans une grande démocratie comme la France, la principale opposante au pouvoir en place, celle qui est la mieux placée pour gagner en 2027, ne soit pas en capacité de se présenter, et notamment sur la question de l'exécution provisoire, c'est-à-dire que personne n'est au-dessus des lois, mais personne n'est en-dessous des lois.
Et pour tout délinquant en France, pour toute personne en France, il y aurait la possibilité de faire appel, et certains voudraient refuser cette possibilité du double degré de juridiction de pouvoir faire appel à Marine Le Pen, j'espère. – Qu'est-ce que vous ferez ? – Et je crois que les juges du fonds auront la capacité de se rendre compte que ça serait totalement disproportionné et que ça serait un jugement qui serait politique et non un jugement en droit, compte tenu du fait qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, pas de défendrements de fonds publics, pas d'emplois fictifs.
– Qu'est-ce que vous ferez si l'exécution provisoire est retenue ? Et si Marine Le Pen est donc immunitaire ?
– Je vous dis, je ne veux pas et je refuse, et on se refuse de se poser la question, de jouer à se faire peur. Aujourd'hui, nous sommes derrière Marine Le Pen comme des millions de Français et nous voulons comme des millions de Français qu'elle puisse se présenter à l'élection présidentielle, qu'elle soit notre candidate, qu'elle soit notre présidente de la République et qu'avec Jordane Bardella à Matignon, on puisse enfin régler le problème de société.
– Elle en parle avec vous Marine Le Pen de ce sujet ?
– Vous savez, Marine Le Pen, à chaque fois en réunion de groupe, elle ne nous parle pas d'elle, elle ne nous parle pas du parti, elle nous parle des Français, de ce qu'on peut obtenir pour les protéger, pour améliorer la situation avant d'arriver au pouvoir et pour faire en sorte que notre pays aille mieux.
– Merci Tom Aménager, merci beaucoup d'avoir été notre invité. – Sous-titrage Société Radio-Canada
– Sous-titrage Société Radio-Canada
Thomas Ménagé