Coût des mesures contre le Covid-19, violences verbales sur les réseaux sociaux... Le "8h30 franceinfo" de Rachida Dati
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:47OuverteÉludée
Est-ce que là, cette fois-ci, c'est clair, c'est net ?
- 2:56OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il faut supprimer les vacances des soignants ?
- 3:27RelanceÉludée
Vous entendez reconfinement comme un certain nombre d'élus ?
- 5:34OuverteRéponse partielle
Cette stratégie graduée n'est-elle pas plus anxiogène ?
- 5:56RelanceÉludée
Il ne faut pas confiner tout de suite pour sauver Noël ?
- 9:00OuverteRéponse partielle
Il faut les repousser ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Ces cris sanitaires, elles ont été mal gérées dès le départ. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Il y a une commission d'enquête qui est en cours et qui démontre que sur les masques, ils n'ont pas été transparents et de manière volontaire. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Le système hospitalier a été fortement éprouvé. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Il n'y a pas un lit de réanimation de plus. Pas un. »
- 2:46Invité politiqueFait
« L'argent magique, c'est les Français qui vont payer à la fin. »
- 9:11Invité politiqueFait
« On a une crise sanitaire, on a une crise économique, on a une crise sociale, on a une crise sécuritaire, on a le retour de cette menace terroriste. »
- 9:51Invité politiqueFait
« On a eu les élections municipales. On pouvait en tirer le conseil. Ça a été reproché au gouvernement le maintien du premier tour. »
- 10:56Invité politiqueFait
« Moi, je ne sais pas où c'est de l'incompétence, c'est de l'impréparation, c'est le manque d'anticipation, ou alors c'est plus cynique que ça. »
- 15:14Invité politiqueFait
« La décapitation d'un enseignant en France, je ne sais pas si on a conscience de ça, on a décapité un enseignant en France. »
- 17:01Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, si on dit oui, il faut légiférer, sans doute. Mais l'arsenal pénal, aujourd'hui, en France, si on l'avait vraiment appliqué, on n'en serait pas là aujourd'hui. »
- 17:37Invité politiqueFait
« Nous avons des individus qui sont expulsables et que nous n'expulsons pas. »
- 17:57Invité politiquePromesse
« Moi, j'ai toujours été favorable à supprimer l'acquisition de la nationalité de manière automatique par mariage. »
- 20:42Invité politiqueFait
« Depuis moins de 5 ans, la délinquance a explosé en France. »
- 21:59Invité politiqueFait
« Moi, j'ai toujours contesté l'ANRU. J'ai toujours contesté cette politique de la ville qui consommait des milliards contre nous, contre les valeurs de la République, contre notre pays. »
Temps de parole
- Rachida Dati68 %
- Présentateur12 %
- Locuteur 28 %
- Locuteur 87 %
- Locuteur 52 %
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Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Le Premier ministre Jean Castex a prévenu hier que la situation était grave. Le virus circule à un niveau extrêmement élevé. Et il a donc annoncé de nouvelles mesures qui concernent maintenant 46 millions de Français avec ce couvre-feu.
Cette progression de l'épidémie nous conduit à étendre les mesures de couvre-feu à 38 nouveaux départements et à un territoire d'outre-mer, la Polynésie. S'agissant des départements dont seules les grandes villes avaient été placées en couvre-feu la semaine dernière, j'ai demandé au préfet d'étendre ce couvre-feu à l'ensemble du département.
Rachida Dati, le gouvernement a souvent été accusé, notamment par la droite, d'être flou dans les prises de parole, dans les décisions. Est-ce que là, cette fois-ci, c'est clair, c'est net ?
Ce n'est pas que la droite, c'est les Français en général. Ces cris sanitaires, elles ont été mal gérées dès le départ. On a eu des incohérences, des mensonges sur les masques qui ne servaient à rien. Ce sont des mensonges qui s'en défendent, les membres du gouvernement. Oui, la réalité, elle est là. Il y a une commission d'enquête qui est en cours et qui démontre que sur les masques, ils n'ont pas été transparents et de manière volontaire. Ensuite, on a eu le sujet des tests. Ce n'était pas utile. Et puis, en fait, après, il y en a eu, puis il n'y en avait plus. Et puis, maintenant, on est dans le dépistage massif.
Donc, cette crise sanitaire, elle a été mal gérée et anticipée dès le départ. Et elle est toujours mal gérée ? Ensuite, on nous annonce un confinement en disant « nous sommes en guerre ». On annonce un confinement en disant « nous sommes en guerre ».
Ça, c'était au printemps.
Oui. Et on déconfine en disant « finalement, vous pouvez partir en vacances ». Et on n'anticipe pas et on ne prépare pas la deuxième vague. Le système hospitalier a été fortement éprouvé. Nous, nous avons des échanges réguliers avec le professeur Philippe Juvin, qui est chef du service des urgences, notamment à Pompidou.
Et qui est membre du Parti des Républicains.
Oui. Et nous échangeons aussi plus largement avec du personnel soignant. Mais que vous devez recevoir aussi sur vos plateaux ? Que vous disent-ils ? Que disent-ils ? Ils sont sous tension. Ils sont exsangues. Et ils disent eux-mêmes, d'ailleurs, regardez toutes les actions, toutes leurs revendications. Ils disent « on n'a pas adapté le système de santé, on n'a tiré aucune conséquence de la première vague ». Donc aujourd'hui, on a un système de santé.
C'est aussi mal géré aujourd'hui que Godot ?
Il n'y a pas un lit de réanimation de plus. Pas un. Il n'y a pas eu un recrutement supplémentaire. Ils ont fait des annonces sur les primes dites Covid ou des augmentations de rémunération demandées au personnel soignant. Beaucoup n'en ont pas bénéficié. Donc aujourd'hui, on est dans l'improvisation la plus totale. Et finalement, les seules décisions qui sont prises, c'est ouverture, fermeture et carnet de chèque. C'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a maintenant de l'argent magique. L'argent magique, c'est les Français qui vont payer à la fin. D'ailleurs, ils le payent déjà très cher. Regardez les perspectives de plans sociaux.
Franchement, les Français le payent déjà très cher aujourd'hui.
Vous évoquiez les soignants à l'instant. Jean Castex, hier, disait que les semaines qui viennent seront très dures et nos services hospitaliers vont être mis à rue d'épreuve. Est-ce qu'il faut supprimer les vacances des soignants justement ?
Si vous voulez, c'est quand même pas à moi de dire que le personnel soignant qui est déjà très éprouvé, je vais quand même pas dire, non mais ne partez pas en vacances, puis surtout gérer finalement les contradictions et les incohérences du gouvernement.
Mais on en est là en tout cas.
On en est là aujourd'hui. Quand le Premier ministre parle de durcissement hier soir,
vous, est-ce que vous entendez reconfinement comme un certain nombre d'élus ?
Est-ce que, alors, Madame Latrousse, dites-moi, dans les décisions qui sont prises récemment, à part ouverture, fermeture, couvre-feu, restrictions, notamment des libertés individuelles, qu'y a-t-il de... Est-ce qu'on a annoncé une réorganisation du service de santé ? Est-ce qu'on a vu une meilleure organisation et articulation entre, par exemple, la médecine de vie, la médecine libérale, et puis les hôpitaux ? Non. Rien n'a changé.
Mais on ne recrute pas une infirmière en deux mois ?
Bien sûr. Oui, mais vous pouvez... Vous savez, moi j'ai été aide-soignante. J'ai été pendant des années aide-soignante deux jours, deux nuits. Je me suis... J'ai été dans de nombreux services hospitaliers. Vous pouvez avoir, effectivement, des recrutements ponctuels. Vous pouvez avoir accès à des personnels qui sont aussi de bonne volonté. Mais tout ça, ça s'anticipe et ça s'organise.
Mais là, les postes sont ouverts. Apparemment, il n'y a pas de candidat.
Mais parce que le système de santé est totalement sous tension et rien n'a été anticipé.
Naïla Latrousse.
Rachid Adati, en tant que maire du 7e arrondissement de la capitale...
Pardonnez-moi, juste une chose. Regardez la différence entre l'anticipation et la gestion par l'Allemagne et l'Italie. L'Italie a été un des pays les plus impactés au niveau européen. Moi, j'ai regardé. Et qui prennent le même type de mesures, un couvre-feu pour certains confinements en Europe ? Mais ils ont beaucoup moins de cas. Ils ont beaucoup moins de cas. Et leur service de santé est beaucoup moins sous tension. Pourquoi ? Ils ont anticipé la deuxième vague. Ils ont été plus réactifs ? Sur les dépistages, ils ont été beaucoup plus sélectifs. Et donc, ils peuvent beaucoup mieux tracer et isoler. De la même manière, ils ont adapté les écoles, les EHPAD.
Toutes ces structures ont été adaptées en mode dit Covid.
Je précise quand même qu'en Allemagne, on en est maintenant à plus de 11-12 000 cas par jour. Et l'épidémie accélère plus vite que ce qu'avait prévu la chancelière Angela Merkel.
Oui, mais leur système hospitalier est beaucoup plus adapté que le nôtre. Et ils l'ont anticipé.
En tout cas, ils sont pour l'instant dans une situation qui est moins tendue qu'en France.
Mais ça s'anticipe quand vous êtes responsable politique. Le but, c'est effectivement, votre responsabilité première, c'est de prendre vos responsabilités et de prendre des décisions pour la protection des Français.
Je disais, vous êtes bien du 7e arrondissement de la capitale, qui est un arrondissement assez commerçant. Où il y a notamment beaucoup de restaurateurs. Est-ce que cette stratégie graduée, le couvre-feu, qu'on étend, qu'on n'étend pas, elle n'est pas plus anxiogène qu'un confinement net, clair, précis ?
Le Fonds monétaire international semble dire qu'il vaut mieux un confinement strict, instauré. Dans les deux cas, ça finit mal. Dans les deux cas, ça finit mal. Confinement total, tout le monde est au tapis. Et ces couvre-feu, ces confinements partiels, vous ne pouvez pas anticiper...
Il ne faut pas confiner tout de suite pour sauver Noël ? Les prix Nobel le réclament.
Sauvons Noël. Le prix Nobel, il n'est pas restaurateur.
C'est la prix Nobel d'économie, en l'occurrence. Esther Duflo qui a fait cette proposition.
Il n'est pas restaurateur avec des employés, des salariés, où il ne sait pas s'il doit les maintenir, maintenir les emplois. Parce que le chômage partiel, évidemment, à un moment donné, il était question de l'arrêter. Et puis l'argent magique... Alors là, il a repris le chômage partiel, il est bien en place. Vu l'état, le montant des dettes, à un moment donné, ça veut dire quoi ? On attend l'élection présidentielle pour présenter la facture après ? C'est irresponsable.
Mais le gouvernement est obligé d'aider les entreprises. Et il le fait. Bien sûr.
Mais si vous voulez aider, vous anticipez. C'est-à-dire que vous avez plusieurs leviers. Il n'y a pas qu'un levier ouverture-fermeture. On a l'impression que c'est la seule stratégie du gouvernement. Mais le dépistage. Aujourd'hui, c'est un dépistage massif. Vous pouvez vous faire dépister à tout moment, tout le temps. Et donc, c'est plus compliqué, évidemment, de tracer et d'isoler. Beaucoup plus compliqué. On n'a pas fait des dépistages ciblés, notamment pour certains secteurs, ou de manière plus sélective. On en paye, aujourd'hui, le prix fort. Vous parlez du ciblage.
Il y a aussi le traçage qui fait partie de la stratégie gouvernementale. Qui est un échec à ce jour. Vous n'avez pas installé la nouvelle application TousAntiCovid ?
Moi, je ne l'ai pas. En plus, j'ai un bledberry, je ne l'ai pas dessus.
Et vous ne comptez pas le faire ? Vous ne comptez pas l'attacheter ?
Non, parce que d'abord, regardez, soit disant que la formule magique d'hier, la nouvelle version, ça devait être extraordinaire. Elle a bugué toute la nuit.
Elle a bugué, mais elle ne bug plus. Elle fonctionne à nouveau ce matin. On va continuer de parler de la crise sanitaire, de ses conséquences, notamment politiques, avec vous, Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, juste après. Un coup d'œil sur le fil, 1 fois 9h moins 20, avec Diane Ferchit.
38 nouveaux départements passeront sous couvre-feu ce soir à minuit. Les deux tiers des Français seront donc dorénavant concernés. 2 milliards d'euros supplémentaires seront consacrés au secteur affecté par le couvre-feu, annonce ce matin sur Europe 1 le ministre de l'économie, Bruno Le Maire. Les semaines qui viennent seront dures. Nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve, a prévenu le Premier ministre Jean Castex, qui s'attend à un mois de novembre éprouvant, alors que le nombre de nouvelles contaminations bat un nouveau record. 41 600 nouveaux cas en 24 heures.
L'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty, l'auteur de l'attaque, avait posté 6 jours auparavant, un message sur son compte Twitter, message qui avait été signalé à la plateforme Faro, ce qui recense les contenus illicites sur Internet. Le jeune Tchétchène avait aussi échangé mi-septembre via Instagram avec un djihadiste basé en Syrie. L'ultime débat entre Joe Biden et Donald Trump, c'était cette nuit en vue de la présidentielle américaine du 3 novembre. Débat beaucoup plus posé que le précédent. Le candidat démocrate a reproché à son adversaire sa gestion de l'épidémie de coronavirus. Donald Trump promet lui un vaccin dans les prochaines semaines.
France Info.
Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Lorrain Sénéchal. L'ancienne garde des Sceaux et maire LR du 7e arrondissement de Paris, Rachid Adati, invité du 8.30 France Info. Le gouvernement veut prolonger l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février. Les députés vont d'ailleurs voter ce week-end. Ça veut dire qu'il sera donc impossible de faire campagne pour les élections départementales et régionales qui sont prévues en mars prochain. Il faut les repousser ?
Dans un contexte de crise importante et de nombreuses crises, on a une crise sanitaire, on a une crise économique, on a une crise sociale, on a une crise sécuritaire, on a le retour de cette menace terroriste, on a des restrictions des libertés individuelles, et on veut encore confiner la démocratie. Moi je pense que quand un pays était en crise, quand les citoyens sont très inquiets, très éprouvés, je pense qu'ils ont besoin de s'exprimer. Et les élections et la démocratie, ça n'a pas de prix. Et moi je pense que là aussi, le gouvernement, c'est totalement, honnêtement, on est totalement dans l'improvisation. On aurait pu anticiper. On a eu les élections municipales.
On pouvait en tirer le conseil. Ça a été reproché au gouvernement le maintien du premier tour. Pourquoi ? Parce que ça n'a été ni anticipé, ni préparé. Aujourd'hui, on pourrait rétablir le vote par correspondance. Ça existe. On pourrait augmenter le nombre de procurations. Ça existe. On pourrait mettre en place le vote électronique. Ça existe. On pourrait revoir les lieux d'implantation des bureaux de vote. C'est possible.
Mais comment faire campagne ?
Vous pouvez faire campagne aujourd'hui. Vous avez moyen de faire campagne, comme nous faisons aujourd'hui. Tous les jours, moi je fais des réunions en visioconférence. On rencontre des gens en petite capacité.
Mais les départementales, c'est une campagne de terrain.
Bien sûr, mais la campagne de terrain, vous pouvez aussi la mener à distance. Vous croyez que nous, on ne travaille plus comme élus ?
Non, mais y compris dans les départements les plus ruraux, les plus... Mais bien sûr.
Justement, dans les départements les plus ruraux, évidemment, les nouvelles technologies, ça contribue à cela. La visioconférence, regardez le télétravail. Mais s'il y a un an, on nous avait dit qu'une grande partie de la France serait en télétravail. Beaucoup, beaucoup de métiers ne pouvaient même pas imaginer qu'ils pouvaient être en télétravail. Pour vous, la crise est un prétexte ? Aujourd'hui, c'est devenu une modalité de travail. Rachida Dati, pour vous, la crise sanitaire est un prétexte ? Moi, je ne sais pas où c'est de l'incompétence, c'est de l'impréparation, c'est le manque d'anticipation, ou alors c'est plus cynique que ça.
Comme les échéances ne vont pas être très bonnes pour le gouvernement, on saute l'élection. Parce qu'on part d'un report après la présidentielle éventuellement. Mais attention, attention, quand vous voulez enjamber un moment démocratique, moi je trouve que c'est extrêmement dangereux.
Et vous êtes vous-même déjà dans la course, en quelque sorte, pour la présidentielle de 2022. Est-ce que certains de vos adversaires à droite n'ont pas justement intérêt à ce qu'ils soient maintenus ce scrutin ?
On a parlé de la crise sanitaire, je vous ai parlé des propositions, l'organisation du système de santé, de revoir les établisseurs en mode Covid, vous croyez quoi comme élus locaux ? On n'est pas sur le terrain, on n'a pas adapté, on ne s'est pas adapté. Nous-mêmes, moi je vais vous dire, le dépistage, notamment des EHPAD ou des instituts qui reçoivent des personnes âgées, moi je l'ai mis en place dans le 7e arrondissement, bien avant que le gouvernement en parle, et bien avant que Mme Hidalgo s'en inquiète. Donc vous savez, nous on fait de la politique, justement on est responsable, nous travaillons dans l'intérêt à la protection des Français et des citoyens. Naïla Latrousse.
Sur la gestion de la crise sanitaire, Edouard Philippe, mercredi devant l'Assemblée, en commission d'enquête parlementaire.
Il y a une chose qui me paraît devoir être pris en compte par l'Assemblée nationale dans ses travaux. C'est la question de comment est-ce qu'on gère une crise sanitaire, avec des échelons de décision qui sont très dispersés, ARS, ministère, responsables politiques, fonctionnaires. Comment est-ce que vous la prenez ? Comment est-ce que vous la gérez ? Quand vous avez immédiatement le risque pénal sur le dos. Si vous voulez faire en sorte que les échelons administratifs ou politiques soient moins réactifs, faites en sorte qu'à chaque élément de décision ou de jour passé, il y ait un risque pénal associé.
Le risque pénal qui gèle la décision politique, vous comprenez l'argument ?
Non mais il découvre la lune. Non mais on a l'impression, moi ce qui m'inquiète c'est qu'elle a été Premier ministre. Il dit, ah ben je découvre qu'il y a plusieurs autorités, qu'il y a plusieurs institutions, qu'il y a plusieurs centres de décision. Mais c'est ça l'avis politique, c'est ça l'encagement politique.
Mais ce qui déploie c'est probablement le calendrier, le fait que les perquisitions aient eu lieu chez l'ancien Premier ministre, chez le directeur général de la Santé.
Et puis il y a eu des plaintes, il y a eu aussi des familles de victimes, et des victimes auxquelles nous n'avons pas donné de réponse. Quant à un moment donné, je vais vous dire, le risque pénal il existe quand ? Il existe quand vous ne dites pas la vérité, sur certains aspects, ou quand vous ne faites pas le maximum pour protéger les citoyens. Et puis moi je vais vous dire, Non mais attendez, quand une société devient de plus en plus judiciarisée, c'est qu'à un moment donné, c'est que les responsables politiques n'ont pas pris leurs responsabilités. Et donc là, ils se retrouvent évidemment dans cette situation. Mais moi je ne suis pas pour une judiciarisation à outrance de la société.
Moi je pense que nous sommes élus, nous sommes, comme le Premier ministre il est nommé, il découvre qu'il y a beaucoup de centres de décision. Ben oui, c'est l'exercice du pouvoir. Alors peut-être que M. Édouard Philippe était collaborateur d'Alain Juppé, il est devenu Premier ministre, c'est vrai que peut-être qu'il n'avait pas le recul, et la notion... Il n'avait pas les épaules. Moi je pense qu'il n'avait peut-être pas la conscience de la difficulté de l'exercice du pouvoir, et puis justement, cette multiplicité et la multitude des centres de décision.
Il est encore très apprécié dans l'opinion, ça n'a pas été un bon Premier ministre pour vous.
Mais non, mais vous êtes très réducteur. C'est pas... Oui non, je vous dis, il dit, oh là là, quand vous êtes Premier ministre, on découvre qu'il y a plein plein de décisions à prendre, et puis il faut coordonner plein de centres de décision. Ben oui, c'est l'exercice du pouvoir.
Naïla Latrousse.
Rachida Dati, l'autre crise pas sanitaire et sécuritaire, celle-là, la lutte antiterroriste qui se réinvite dans l'actualité avec cet horrible assassinat d'un enseignant dans les Yvelines à Conflans-Saint-Honorin. Depuis, le maire de Bron, près de Lyon, a reçu des menaces de décapitation, des tags sur une mosquée de Bordeaux, des appels à brûler celle de Béziers. Il y a quelques jours, Renaud Muselier, président des régions de France, disait craindre la guerre civile. Il était sur France Info. Cette crainte est aussi celle de l'insoumise, la députée Clémentine Autain. Et vous, est-ce que vous craignez cette guerre civile ?
Est-ce que c'est de l'ordre du risque aujourd'hui en France, du risque concret ?
Moi, je vais vous dire, la décapitation d'un enseignant en France, je ne sais pas si on a conscience de ça, on a décapité un enseignant en France. Je le disais tout à l'heure, il y a même des pays, des pays musulmans, qui appliquent sans doute la charia ou pas d'ailleurs, qui ne procèdent même plus à ce type d'acte barbare. Et nous avons des décapitations en France. Non mais, c'est un moment, c'est pas banal, c'est pas un crime banal, enfin pardon de dire qu'un crime pourrait être banal, mais c'est pas un fait divers. Ça n'est pas un fait divers. C'est un acte fort contre notre pays. Ça, c'est le premier point. Qui peut mener à la guerre civile, pour vous prendre ma question ?
Je vais vous dire, la guerre civile, elle existe à bas bruit, ou de manière bruyante. Regardez les réseaux sociaux, entre les appels à la haine, les appels à la vengeance, on n'en est pas loin. Mais quand je vois que la courbe...
Il y a quand même une différence entre les violences verbales sur les réseaux sociaux et la guerre civile.
Écoutez, les violences verbales sur les réseaux sociaux, ça a conduit à la décapitation de M. Samuel Paty. Donc ne minimisez pas ces appels à la violence sur les réseaux sociaux. Ça, c'est quand même le premier point. Et quand je vois que la cour de la Sorbonne est devenue finalement l'annexe de la Cour nationale des Invalides, où nous rendons des hommages pour des soldats, pour des personnes tombées pour la France, moi, je ne veux pas que la cour de la Sorbonne se transforme en cour où, effectivement, on rend des hommages pour des enseignants, pour notre histoire française, sur des personnes tombées pour la France. Mais moi, je veux vous dire, aujourd'hui, la question, elle est où ?
Les gens découvrent. Mais qu'est-ce qu'on découvre ? On découvre que la barbarie est en route dans certains territoires ? Il y a eu du laisser faire ? Je veux vous dire. Aujourd'hui, si on dit oui, il faut légiférer, sans doute. Mais l'arsenal pénal, aujourd'hui, en France, si on l'avait vraiment appliqué, on n'en serait pas là aujourd'hui. Ça, c'est le premier point. Mais nous avons des faiblesses.
C'est-ce qui n'applique pas l'arsenal pénal ?
Non. Nous avons des faiblesses. Des faiblesses, nos faiblesses. Et certains, ça serait bien qu'ils en prennent conscience, parce que maintenant, là, c'est stop, là. Parce que nos faiblesses, c'est d'abord, c'est de pouvoir... Certaines, c'est pas le rachide d'adapti. Attendez, je termine après, je réponds. C'est de pouvoir mettre hors d'état de nuire des individus dangereux. Nous avons des individus qui sont expulsables et que nous n'expulsons pas. Pourquoi ? Un, parce que les pays d'origine n'en veulent pas. Ça, c'est le premier point. Ils ne délivrent pas de laisser passer. Ça, c'est le premier point. Donc ça, il faut effectivement pouvoir régler ce problème.
Ou alors, ils bénéficient de protection. Comment ? Ce sont des individus mariés à des Français ou des individus qui disent « J'ai un enfant né sur le territoire national. » Moi, je pense qu'il faut arrêter... Moi, j'ai toujours été favorable à supprimer l'acquisition de la nationalité de manière automatique par mariage. Il faut le supprimer. Les expulsions, si elles ne peuvent pas se faire pour mettre hors d'état de nuire ces individus, et nous pourrions le faire, c'est de les placer en rétention. L'Angleterre, quand ils ne sont pas expulsables, quand les pays ne veulent pas les reprendre, ils sont en rétention en Angleterre.
On va continuer parler, Rachida Dati,
des solutions, selon vous, à cette crise.
C'est pas une crise. C'est pas une crise. Et à cette vague de terrorisme qui touche la France dans un instant, juste après. Un coup d'œil sur le fil, un fois à 9h moins 10 avec Diane Ferschit.
41 600 nouveaux cas de Covid-19 dépistés en 24 heures. Nouveau record en France. Les semaines qui viennent seront dures. Nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve, a affirmé Jean Castex, le Premier ministre qui a annoncé l'extension du couvre-feu à 38 nouveaux départements. La mesurier entre en vigueur ce soir. À minuit, ce couvre-feu élargi va coûter un peu plus de 2 milliards d'euros, estime le ministre de l'économie, Bruno Le Maire. Et face à la deuxième vague de l'épidémie, le groupe Aéroport de Paris revoit ses prévisions à la baisse, avec une plongée de son hypothèse de trafic jusqu'à moins 70% pour cette année par rapport à 2019.
À 11 jours de la présidentielle américaine, Joe Biden et Donald Trump ont débattu pour la dernière fois parmi les sujets abordés. La pandémie, l'immigration ou encore le changement climatique. « Je me détournerai progressivement de l'industrie pétrolière », a clairement affirmé le candidat démocrate. La Ligue Europa de football et Lille l'emporte pour son premier match, 4-1 face au Sparta-Prague. Lourde défaite en revanche pour l'OGC Nice, les Aiglons s'inclinent 6-2 contre les Verkusen.
France Info
Rachid Adati, ancienne garde des Sceaux, invité ce matin du 830 France Info. Vous dites qu'il faut des moyens maintenant pour lutter contre le terrorisme. Sur cette question, justement, vous êtes souvent attaqué à droite puisque sous le mandat de Nicolas Sarkozy, les forces de l'ordre ont perdu 13 000 postes qui ont été supprimés.
Est-ce que la délinquance n'a pas diminué sous Nicolas Sarkozy ? C'est-à-dire que le sujet, ce n'est pas d'augmenter. La preuve, on a augmenté le nombre.
Mais c'était une bonne chose de supprimer 13 000 postes chez les policiers, chez les gendarmes.
D'abord, il y a eu un redéploiement de la majorité des effectifs et jamais... Il y a quand même 13 000 postes qui ont disparu. Non, mais la capacité stratégique des forces de l'ordre n'a jamais été remise en cause. La délinquance, à un moment donné, il faut arrêter de s'autoflageller. Moi, je vois bien, même y compris dans la famille politique, on est là à dire, ah oui, peut-être qu'on n'aurait pas dû et tout. Mais moi, j'assume. La délinquance, ça avait diminué. Nous assumions une politique de sécurité. Nous avons fait reculer la délinquance. Depuis moins de 5 ans, la délinquance a explosé en France. A explosé en France.
Et puis, le séparatisme, parce qu'on n'est pas si du communitarisme au séparatisme. On change de vocabulaire à chaque fois pour mieux masquer peut-être les faiblesses. Mais le séparatisme, ça explose en France aujourd'hui. Mais on découvre. On découvre. Mais la politique de la ville, monsieur, la politique de la ville, on y a mis des milliards d'euros. On s'est gargarisé pendant des années sur l'ANRU. Vous savez ce qu'on a créé ? Sur Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, puisque l'ANRU, c'est la création de Jean-Louis Borloo, à l'époque ministre de la ville. Mais est-ce qu'on en a tiré les conséquences ? On a fait une politique de la ville. On y a mis des milliards d'euros.
On a fait une politique de peuplement. La politique de rénovation urbaine, je précise pour l'ANRU. On a fait une politique de peuplement.
Et ça a fait reculer la montée de l'islamisme, la montée du séparatisme. Je vous pose la question.
Je vous renvoie la question. Vous avez vu le résultat ? Quel beau résultat ! La politique de peuplement a été pas gérée, incontrôlée dans ces territoires qui, peu à peu, se sont isolés de la République. Peu à peu. Et donc, qu'est-ce qu'on retrouve ? On retrouve des enfants qui ont été élevés dans des idéologies mortifères, dans des replis identitaires, dans des constructions religieuses qui n'ont rien à voir avec la religion. Et donc, aujourd'hui, on est face à ces enfants qui remettent tout en cause. Et on met en face... Est-ce que les milliards ne se conservaient à rien ? La preuve ? Oui, moi je l'assume. Moi, j'ai toujours contesté l'ANRU.
J'ai toujours contesté cette politique de la ville qui consommait des milliards contre nous, contre les valeurs de la République, contre notre pays. Donc là, on a des îlots qui sont aujourd'hui isolés de la République. Et on se retrouve avec des enfants... Et comment voulez récupérer ces îlots ? Oui, mais attendez. Avec des enfants qui sont face à des enseignants qui appliquent des méthodes d'apprentissage ou d'éducation qui ne sont plus adaptées.
Et donc là, comme les enseignants réclament des formations, notamment à la laïcité, et réclament des formations sur des méthodes pédagogiques adaptées, notamment pour pouvoir éduquer à la liberté d'expression, comme la démocratie, ça s'éduque, un citoyen. C'est-à-dire que vous ne découvrez pas comme ça la démocratie. Et ces enseignants n'ont pas la formation. C'est-à-dire que la droite au pouvoir augmente le budget de l'éducation. La formation, vous savez, si vous n'avez pas cette formation, on est dans le pas de vague. Et le pas de vague, c'est quoi ? Soit on ne dit plus rien, soit on essaye de le faire et on le fait mal. Mais qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
Est-ce qu'il faut plus d'argent dans l'éducation nationale ? Et dans les deux cas, ça finit mal. D'abord, un, il faut donner les formations que les enseignants réclament sur des nouvelles méthodes d'apprentissage pour ce type d'élèves dans ce type de territoire. Il faut casser l'enrue, revoir profondément, arrêter de déverser des milliards et arrêter, évidemment, d'avoir une politique de peuplement qui s'est aggravée avec un regroupement familial non contrôlé.
Il faut plus de mixité sociale ?
Mais on se gargarise de mots. Ça veut dire qu'il faut plus de logements sociaux dans cet arrondissement de Paris, par exemple ? On est dans le puissant de l'oeuvre aujourd'hui, après une décapitation. Moi, je ne suis pas dans le puissant de l'oeuvre. Là, on est dans le pénal. C'est plus... Il faut arrêter. Il faut prendre conscience de ce qui se passe dans notre pays. Donc, il faut arrêter cette politique de peuplement qui est complètement incontrôlée. Et il faut donc des nouvelles lois
puisque vous parlez du pénal. Il faut des nouveaux délits, des délits de séparatisme. Non, mais par exemple,
sur les expulsions, il faut agir. Aujourd'hui, la demande d'asile diminue partout en Europe, sauf en France. Et nous avons tous les déboutés du droit d'asile qui arrivent en France. Vous réclamez une réponse
du droit d'asile ?
Oui, parce qu'il est dévoyé. Si on veut le préserver, il faut le revoir. Aujourd'hui, vous avez une grande majorité des demandeurs de droit d'asile qui sont déboutés, mais qui ne sont pas expulsés. Et plus vous les laissez sur le territoire, vous ne pouvez plus les expulser. Et je précise quand même
que l'assassin de Samuel Paty est arrivé en France quand il était enfant. Vous faites quand même un lien entre le droit d'asile
et cet assassinat ? Je vous dis que tous ces sujets-là doivent être débattus en toute transparence. C'est comme sur l'islam. On nous dit... Vous vous rappelez quand Nicolas Sarkozy a voulu créer le CFCM dans le prolongement d'ailleurs de Jean-Pierre Chevelin ? Le Conseil français du culte musulman. Il a été montré du doigt. On avait dit... Rappelez-vous, son expression c'était « Je veux un islam de France ». Et aujourd'hui, nous n'avons pas de formation théologique en France. Il y a des formations théologiques pour toutes les religions sauf pour l'islam. Est-ce que c'est normal ? Vous le réclamez ? Moi je le réclame. Parce qu'au moins, on aura une formation théologique à l'islam française.
La formation des imams, on dit qu'il faut une formation civique des imams. Elle est très sommaire. Et ces imams, ils ne sont pas contrôlés. On ne sait pas quelle est leur formation initiale. Il y a des embryons
en tout cas de formation théologique qui sont en train de naître en France et notamment à l'Université de Strasbourg. Merci beaucoup Rachida Dati. Mais ça n'est pas du tout mis en oeuvre. Merci Rachida Dati. En scène garde des Sceaux, maire LR du 7e arrondissement de Paris, d'être venu ce matin dans les studios de France Info. Bonne journée.
Rachida Dati