Anne Hidalgo - On n'est pas couché 17 janvier 2009 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
J'aimerais qu'on reparle de la politique culturelle et surtout architecturale de notre capitale.
- 0:09OuverteRéponse directe
J'aimerais qu'on regarde ensemble un extrait du discours de Nicolas Sarkozy qui a créé une tension entre l'Élysée et la mairie de Paris.
- 0:48OuverteRéponse directe
M. Delanoé a réagi en disant qu'il n'y a pas que Paris-Plage et la nuit blanche dans Paris.
- 1:01FerméeRéponse directe
À un moment donné, M. Sarkozy a trouvé accablant le débat sur la hauteur des tours dans la capitale. Pour l'instant, en gros, les immeubles font combien ?
- 1:22RelanceÉludée
Vous n'avez pas lancé de débat, vous avez pris la décision.
- 1:53RelanceÉludée
Vous n'avez pas lancé de débat.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueFait
« On est limité à un plafond de 37 mètres et on a engagé un débat. »
- 2:45Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, il y a 10% du territoire parisien qui est en aménagement. »
- 2:53Invité politiqueFait
« On veut se donner la possibilité, si c'est utile, si c'est beau, si c'est pertinent, si ça correspond à quelque chose, de pouvoir aller au-delà de 37 mètres. »
- 3:09Invité politiqueFait
« Pour le logement, parce que c'est vrai qu'au-delà de 50 mètres, c'est-à-dire 15 étages, on rentre dans une réglementation des immeubles de grande hauteur. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Et puis, pour d'autres types de bâtiments, par exemple, si on se met d'accord avec l'État, ce que nous souhaitons, sur un tribunal de grande instance, un nouveau tribunal de grande instance, on pourrait imaginer d'aller jusqu'à 150, voire 200 mètres. »
- 4:00PrésentateurFait
« Vous avez même dit qu'on n'a pas prévu de transformer Paris en Manhattan. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Sur chaque site sur lequel nous prévoyons des immeubles de grande hauteur, il y a une concertation, une enquête publique, puis une modification du plan local d'urbanisme, et un vote en Conseil de Paris. »
- 6:17Invité politiqueChiffre
« On est une des villes les moins endettées de France. »
- 7:31Invité politiquePromesse
« Nous nous sommes engagés à créer 40 000 nouveaux logements sociaux. »
- 9:03Invité politiqueChiffre
« Nous avons financé 30 000 logements sociaux de 2001 à 2008. »
- 9:24Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, 70% des Parisiens sont éligibles au logement social. »
- 15:23Invité politiqueFait
« Ce qu'a fait Dieudonné est absolument inacceptable. Ce sont des actes de haine. »
- 18:54Invité politiqueFait
« Le congé maternité est un acquis. Le cas Rachida Dati ne doit pas devenir un exemple. »
- 19:51Invité politiqueFait
« On n'a pas de congé maternité quand on est élu. »
Temps de parole
- Anne Hidalgo42 %
- Présentateur19 %
- Invité15 %
- ?13 %
- Invité 26 %
- Invité 32 %
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Alors
j'aimerais,
avant
qu'on reparle de la politique culturelle et surtout architecturale de notre capitale, j'aimerais qu'on regarde ensemble justement un extrait du discours de Nicolas Sarkozy, qui cette semaine a créé une certaine tension, on va dire, entre l'Elysée et la mairie de Paris.
Paris ne peut pas être réduit simplement à la nuit blanche, à la plage sur la Seine, c'est très bien, je n
'ai
rien à dire, mais enfin quand même on a envie un peu
d
'ambition, de grands projets, de réflexions sur ce que peut être la ville de demain.
On
ne peut pas être simplement dans une gestion écoutée parfois un peu au jour le jour.
On
a besoin de bouger ça.
Paris
-Plage, la nuit blanche, évidemment, tout de suite M. Delanoé a réagi, dit qu
'il n'y
a pas que ça dans Paris, puis on est très fiers, il n
'y a
pas de correspondance.
Il y avait
Libres aussi, il y a plein d'autres choses.
Il y a les Tours aussi, ça, on n'a pas pris ce passage, mais à un moment donné M. Sarkozy a trouvé accablant le débat sur la hauteur des Tours dans la capitale. Pour l'instant, en gros, les immeubles font combien ? 37 mètres de hauteur ?
Voilà,
on est limité à un plafond de 37 mètres et on a engagé un débat, on lance un débat forcément contradictoire, donc je ne
vois
pas trop ce qu'il y a d'accablant. On respecte le fait qu
'il
y
ait
des gens qui soient pour, contre.
Pardonnez-moi, vous
n'avez pas lancé de débat, vous avez pris la décision.
On a lancé un débat
au mois de juillet. C'est un faux nez,
vous avez pris la décision
de construire les Tours. On a pris la
décision de lancer un débat et puis ensuite... Non, non, mais c'est vrai.
Il est d'accord avec ça le Président, il voudrait que c'est détruit. Je sais, je sais, je sais, mais la droite et la gauche sont d'accord là-dessus, j'expliquerai tout à l'heure.
La droite
n'est pas d'accord,
donc j'ai plutôt pris la remarque de Nicolas Sarkozy comme un débat qu'il engage avec ses propres
élus,
UMP à Paris, puisqu'ils sont contre, ils ont voté contre. Voilà,
ils ne
veulent pas de débat sur les Tours. Bon, ben c
'est leur droit, on
respecte.
Vous n'avez pas lancé de débat. Si. Non, Delanoé a annoncé qu'il y aurait des Tours. Non. Il faut arrêter, parce que le coup du débat, vous l'avez fait avant les municipales, vous disiez déjà, on fait un débat, vous avez concerté les Parisiens, vous leur avez demandé, à chaque fois, ils vous ont dit, niais, inutile le débat, ils vous l'ont dit dix fois.
Non, non, non.
Vous avez fait tous les sondages du monde et depuis, pardon, j
'ai fini, depuis la victoire municipale que vous n'avez plus besoin des Verts pour votre majorité, vous ne faites plus de débat là. Vous amusez le tapis, madame Hidalgo. En fait, la décision est prise, vous allez faire des Tours et
on y reviendra après. Alors, on y reviendra
après. D'abord, c'est beaucoup plus compliqué
que ça. Après, vous allez dire que je suis trop long.
On a dit pendant les municipales, parce qu'on dit les choses avant, qu'on voulait effectivement faire bouger Paris. Paris n'est pas une ville terminée, ce n
'est
pas une ville achevée. Aujourd'hui, il y a 10% du territoire parisien qui est en aménagement. Et donc, sur ces secteurs-là, nous avons dit avant les municipales, nous ne voulons pas nous limiter. On veut se donner la possibilité, si c'est utile, si c'est beau, si c'est pertinent, si ça correspond à quelque chose, de pouvoir aller au-delà de 37 mètres. C
'est bien ce que je dis.
Vous avez pris la décision. Alors,
on s'est dit, on va se fixer une limite pour le logement. Pour le logement, parce que c'est vrai qu'au-delà de 50 mètres, c'est
-à
-dire 15 étages, on rentre dans une réglementation des immeubles de grande hauteur. C'est compliqué, c'est coûteux. Donc, on s'est dit 50 mètres pour le logement. Et puis, pour d'autres types de bâtiments, par exemple, si on se met d'accord avec l'État, ce que nous souhaitons, sur un tribunal de grande instance, un nouveau tribunal de grande instance, on pourrait imaginer d'aller jusqu'à 150, voire 200 mètres.
En tout cas, d'après ce que je comprends, M. Sarkozy, finalement, plutôt d'accord avec vous, il faut des
tours dans Paris.
J'ai même cru comprendre, alors je ne sais pas si j'extrapole, mais il parle de l'île Saint-Louis, il parle du modèle de New York, en disant que c'est finalement le modèle de New York qu'il faudrait adapter à Paris. Nous, on n'est pas là-dedans. Paris a son histoire,
sa propre histoire urbaine. Vous avez même dit
qu'on n'a pas prévu de transformer Paris en Manhattan. J'ai
envie de
vous dire,
dommage
? Non, parce
que
Manhattan, et j'adore New York,
et
c'est vrai que... On la
provoque
totale, gratuite.
J'aime
bien, on va aller dans Manhattan. Il y
a
une question
à laquelle... Vous n'avez pas
répondu
à Éric Zemmour.
Le leitmotiv de Bertrand Delanoé,
c
'est que dans tous les cas, les Parisiens seront consultés. Ça prend quelle forme ?
Alors, ça prend d'abord un
grand... Non, vous confondez avec Ségolène Royal. Non, non. Non, parce que nous, on
fatigue la
démocratie. Non, mais il a raison de la Noël, il dit la même chose. Il fatigue depuis 2001,
donc il
n
'y a pas de soucis. Sur chaque site sur lequel nous prévoyons des immeubles de grande hauteur, il y a une concertation, une enquête publique, puis une modification du plan local d'urbanisme, et un vote en Conseil de Paris.
Pas de référendum. En même
temps, non. Alors ça, le référendum,
non, parce que... Évidemment, le non serait
assuré. Pourquoi alors pas
de référendum ? Parce
que la question qu'on pose,
nous, c'est pas,
êtes-vous pour ou contre les tours ? On ne veut pas faire des tours partout ou n'importe comment. Il y a des endroits dans lesquels on va faire évoluer. Et on votera à chaque fois sur des cas précis. Un projet précis
à chaque
fois. Un projet précis
à chaque fois. Pourquoi vous êtes contre les tours ? Parce que vous êtes tout petit
et ça vous fait
peur
? Oui, c'est ça. Je vais vous expliquer, c'est très simple. Vous êtes conservateur, en
fait,
Éric Léon. C'est très, très
simple.
Allez-y.
Il y a des villes verticales et il
y
a des villes horizontales. Et c'est l'histoire de Paris. En combien
de
lettres
?
C'est comme Rome, c'est une ville horizontale.
Et
quand, je vais vous dire, c'est une vieille histoire, les tours, vous croyez que vous avez découvert les tours à
Paris ? Oh non, sûrement pas. Mais depuis
toute l'histoire du XXe siècle,
on
a pensé faire des tours à Paris.
Mais
il y en a, d
'ailleurs.
Mais
oui, il y en a
une que tous les Parisiens connaissent. C'est la tour Maine-Montparnasse. Mais ce que je veux dire, c
'est
que vous savez très bien que
tous les Parisiens... Il y a Saint
-Jacques, il y a plein d'autres tours. Il y a les tours de Notre-Dame.
Non, ne mélangez pas les tours de Notre-Dame.
Mais enfin, ça n'a
rien à voir, c'est un édifice religieux.
Et je vais vous dire pourquoi vous voulez faire des tours. Pour deux raisons. Il n
'y
en a pas trois,
il y en a deux.
D'abord, il y en a une que je passerai qui est une espèce de modernité. C'est comme Sarkozy, d'ailleurs. Pour ça, la droite et la gauche sont d'accord. C'est le fétichisme de la modernité, une espèce de snobisme que vous partagez avec Sarkozy. Mais deux raisons fondamentales. La première, c'est parce que vous allez mettre des bureaux et que ça va vous rapporter des sous. Parce que vous avez tellement endetté la ville...
Ah non.
Si,
vous êtes à deux milliards, on est
une des villes les moins endettées
de France. Oui, mais évidemment, au pays des aveugles, les bandes sont rois. Non, non, non, on est une des villes les moins endettées de France,
ça c'est faux.
Comme vous
avez, par rapport à Tibérie,
vous
avez quadruplé l
'endettement. Regardez Bordeaux, regardez Marseille, regardez...
Et deuxièmement, vous voulez mettre du logement social pour faire venir une nouvelle population, souvent immigrée, mais pas forcément, pour avoir une population captive électoralement et pour pouvoir avoir des nouveaux électeurs pour vous. Il y a d'abord l'intérêt financier et deuxièmement l'intérêt électoraliste. Tu gueules chaque semaine que Paris est au bobo et maintenant qu'on veut... Non, non,
non, pas
du tout. Ce que
je veux dire, c'est qu'ils ont intérêt... Ils
vont faire des tours de gauche, c'est ça qui vous inquiète.
Mais c'est pas ce qui m'inquiète, ça
ne m'inquiète nullement.
Il y a
eu des immeubles de socialistes.
Je sais,
bien sûr. T'as dit de quelle tour ? La tour Ségolène ? La tour DSK ? La
tour A
? Mais oui, vous pouvez rire, ça s'appelle le clientélisme. C'est comme ça qu'on a fait
en Seine-Saint-Denis.
C'est terrifiant,
c'est
terrifiant, Alex Zemmour,
de dire ça. Non, c'est pas terrifiant, c'est pas bien, la vérité est terrifiant. Je vais
vous dire, oui, il
y
a un besoin de logement et de logement social, notamment à Paris, puisque nous ne sommes pas encore au niveau des 20% de
logement social,
de la loi, et nous allons en construire. Nous n'allons pas faire des cages à lapins.
D
'ailleurs, je vous invite, par exemple, à aller vous promener dans le secteur de Masséna, vers la bibliothèque François Mitterrand. Vous verrez un îlot qui a été travaillé par Christian de Porte-en-Parc, dans lequel il y a du logement social, dans lequel beaucoup de gens nous disent, franchement, j'aimerais bien y habiter. Et ceux qui ont du
logement... Vous ne le
donnez pas, parce qu'on va encore retrouver Chevenement et les autres.
Non, puisqu'on a mis en place des règles de transparence, et le clientélisme, on a fini avec ça.
C'était nos prédécesseurs. Ça change. Nolo, Nolo, qui ne t'a pas parlé, Eric.
Eric Nolo.
Je
pourrais
revenir là
-dessus
sur le
logement
social.
Réfléchissez et revenez.
Là, c'est sur le logement social. Moi, ça ne m'arrive pas souvent, cette phrase est même difficile à dire. Je suis d'accord avec Sarkozy. Oui, ça me fait bizarre. Sur Paris-Plage,
c
'est quand même très curieux qu'à Paris, ce soit plus facile de trouver du sable qu'un appartement. C'est quand même très...
Pourquoi ? C'est pas seulement par goût. C'est assez,
les manières. C'est
bien préparé. Non, pas
du tout. Elle
venait de
moi. Trois jours de boulot.
Non,
non,
trois minutes,
c
'est ça, là. Non, c'est pas seulement par goût de la boutade.
C
'est que... Comment ça se fait que c'est maintenant seulement que surgit dans vos préoccupations ce... Voilà. À mon avis, le logement à Paris, c'est la question
principale. Bien
sûr. C
'est la question numéro un. Parce qu'on
ne peut pas se loger à Paris. Et même d'habiter en proche,
c'est pour ça qu'ils ont la mairie.
D'abord, en 2001, quand nous avons été élus, nous avons mis en œuvre un programme. Nous avons financé 30 000 logements sociaux de 2001 à 2008. Et on s'est dit, on veut aller plus loin et plus vite vers l'objectif de 20% de logements sociaux à Paris. Je suis d'accord avec vous. Il y a un besoin de logements sociaux à Paris. Et donc, dans cette mandature, nous nous sommes engagés à créer 40 000 nouveaux logements sociaux. Et quand on dit logements sociaux, je donne juste un chiffre. Aujourd'hui, 70% des Parisiens sont éligibles au logement social. C'est-à-dire, ce sont des logements pour les classes moyennes, pour vraiment
tout un chacun. Ce qui est
troublant dans ce que vous dites, et la première partie du débat, c'est qu'on a l'impression que la préoccupation, c'est le pari du futur. Alors qu'en fait, il faudrait retrouver, en quelque sorte, un pari du passé, dans la mesure où les classes populaires devraient revenir à Paris. On doit revenir à une situation antérieure. Et là, on se focalise sur une question de tour,
moi, qui me paraît très secondaire.
Aujourd'hui, il y a beaucoup de réflexions sur l'évolution urbaine, sur les métropoles. Nous sommes très engagés dans ces réflexions. D'ailleurs, je suis surprise que Nicolas Sarkozy évoque le fait que... Enfin, semble dire que nous ne réfléchissons pas à l'avenir. On est engagés avec lui, d'ailleurs, dans une initiative qu'on soutient, qu'il a prise, qui est une bonne initiative, lancer une consultation de 10 équipes d'architectes, d'urbanistes. Et ces équipes-là sont en train de nous aider à réfléchir à la ville de demain.
Alors,
la consultation d'architectes,
ça,
il est d'accord avec vous. Là où il ne semble pas d'accord, finalement, d'après ce que je comprends, le président de la République, c'est de consulter les Parisiens. Ce qui dit que la moindre association peut, pour de très mauvaises raisons, empêcher la réalisation des projets les plus exceptionnels. Ce n'est pas la peine d'adorer le château de Versailles, dit-il. S'il y avait eu nos règles à cette époque, il n
'y
aurait pas de château de Versailles aujourd'hui. Et M. Mitterrand a parfaitement bien fait de mettre la pyramide de paie. Quel courage, quelle ambition au cœur du Louvre.
Je
ne
sais
pas si à l'époque, il en disait autant. Mais en tout cas, aujourd'hui, il trouve ça bien.
Alors, c'est vrai que nous, on a constaté quand même qu'avant 2001, les décisions se prenaient de cette façon-là. Et bien avant 2001, d'ailleurs. Quand le trou des Halles a été fait, c'est vrai qu'ils ne se sont pas embarrassés de consultations. Et d'ailleurs, ça n'a pas produit quelque chose d
'absolument
extraordinaire. Donc, la
consultation, la
concertation, on la pratique sur tous les projets urbains. Moi, elle me paraît essentielle à la démocratie.
Si vous tombez sur un Zemmour dans un quartier qui vous dit « je
veux pas le tour ». Voilà,
j'imagine que ça va être très compliqué.
Je ne sais pas
où il habite, mais j'espère qu'on n'a pas de projet à
côté de chez lui. J'espère aussi, j'espère
pour vous. Mais sinon, sinon, mais en même temps, moi, ça me paraît quelque chose
d'indispensable. L'association des personnes
de petite taille contre les immeubles de grande hauteur. Absolument, j'assume.
Ça me paraît absolument indispensable d'associer les habitants à l'évolution de leur ville.
Alors, quittons un peu les tours parisiennes, parce que je suis sûre que dans l'Arzac, là où on nous regarde, ils doivent se dire « on n'en a rien à foutre de vos tours ». Non,
parce qu
'ils
viennent voir Paris, justement. Ils n'ont pas envie de le voir abîmer, justement, les gars dans le Larzac. Ils ont raison, on ne va pas
l'abîmer. Oui, on est bien d
'accord.
On va l'embellir.
Oui, ça, ce n
'est
pas possible.
Ah,
c
'est... Non, mais ce qu'il
faut...
Non,
ce que je voudrais dire...
Ah non,
puisque vous n'aimez pas les tours, votre tour est passé. Allez, on oublie l'architecture parisienne pour prendre d'abord des nouvelles de M. Delannoye, parce que moi, j
'ai
l'impression quand même qu
'il
passe à un mauvais moment depuis plusieurs mois. Il ne gagne pas le poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. M. Sarkozy s'en prend à lui au cours de ses voeux ou au cours de conférences de presse. Est-ce qu'il
va bien, alors, M. Delannoye
?
Mais maintenant, il va pouvoir se vanter de ne pas avoir gagné les Jeux Olympiques, car avec la crise... Ah,
ça, c'est vrai.
Avec la crise économique et financière, les londoniens, ils n'en peuvent plus.
Ah, ça, c
'est vrai.
Ah,
oui, c'est vrai.
C
'est pas
vrai, c'est pas bête,
ça. Mais bon, on va
pas... Mais enfin, il n'y a pas fait de se traiter de perdre. Non, non, on avait... C'est le génisme, mec. Il va bien, Bertrand
Delannoye
va bien. Il est
à la tâche.
Vous savez,
en politique, il vaut mieux savoir rebondir, aimer
rebondir aussi. Non, mais il ne nous fait pas une grosse
déprime.
Ah, non, pas du tout. Non, non, ça va très bien. Remarquez
-vous, ça, vous arrangerez qu'il aille un peu moins bien, non ? Ah, ben, pourquoi ? Non, pas du tout. Vous êtes adjointe au maire.
Vous avez une grosse demande.
Première adjointe.
Oui,
s'il lui arrive quelque chose.
C'est arrivé en
2002. Ah, oui, effectivement, vous avez tenu la mairie de Paris quand il avait été agressé pendant une nuit blanche, d'ailleurs, d'un coup de poignard. C'est vous qui avez tenu la maison pendant ce temps-là. Mais quand même, sérieusement, il l'a dit, il l
'a
annoncé. Il ne fera pas un troisième mandat, M. Delannoye. Donc, la prochaine maire de Paris, en tout cas, la prochaine candidate à la mairie, c'est vous ?
2014, c'est loin, voilà. Et on n'y est pas. Moi, je suis quelqu'un de pragmatique. Ce mandat m'intéresse énormément. Ce que je fais me passionne. Je prends mon pied. Je vois en politique... Oh là,
carrément. Oui, oui,
ça me
plaît. C
'est comme
ça.
Ça me plaît.
Ah oui,
je
le revendis.
Bon, allez, ça va.
J
'aurais pas...
On prend le concept de la nuit blanche, frèrement.
Bon, voilà. Dans ce monde-là, ça
me
plaît beaucoup. Je trouve qu'on a de la chance que Paris ait une ville extraordinaire, qu'il y a plein de projets. Je travaille très bien avec Bertrand.
Autre sujet plus sérieux, celui-là, M. Delannoye a annoncé, là, la semaine dernière, son intention d'interdire de toutes les salles de représentation parisiennes l'humoriste Dieudonné. Suite à la dernière prestation au Zénith, où Dieudonné a fait monter sur scène un révisionniste, négationniste, M. Forisson, en présence en plus d'un figurant avec une tenue de juif dans les camps nazis. C'était assez terrible, c'est vrai, à avoir. Et là, vous avez réagi au sein de la mairie de Paris. Vous n'avez plus ça dans la capitale.
Oui. Alors, c'est clair que, pour tout ce qui concerne les salles municipales sur lesquelles on a un pouvoir, il n
'y
aura absolument pas de représentation possible. Ça a été fait, d'ailleurs, dans d'autres villes aussi, cette interdiction-là. Ce qu'a fait Dieudonné est absolument inacceptable. Ce sont des actes de haine, ce sont des actes totalement... Mais vraiment, enfin, il n
'y
a pas de mots pour les qualifier, tellement que c'est ignoble.
Mais je
n
'ai
pas compris ce que vous vouliez interdire. Est-ce que vous voulez interdire effectivement cette exhibition déplorable avec Forisson et cet homme déguisé en déporté ou est-ce que vous voulez interdire tout spectacle de Dieudonné,
Disons que Dieudonné, pour l'instant, ne donne pas des exemples de spectacles dans lesquels il ne crée pas ce type de provocation. D'ailleurs, il s'est enfermé...
Il n'a jamais été
jusque-là, quand même.
C'est une autre catégorie.
Oui, mais j'ai l'impression, en tous les cas, l'impression qu'il donne, c'est quand même qu'il s'est enfermé
dans
l'escalade et sans doute aussi pour faire par
les vies. On s'enferme dans
l'escalade, c'est intéressant comme image. Ben oui. Surtout
avec les tours.
C'est Laurent Routier qui l'a dit. Voilà.
La
logique de l'escalade.
C
'est mieux
déjà.
Donc, pour ce qui est des salles municipales, nous sommes totalement opposés à ce que Dieudonné puisse venir y faire des spectacles. Ensuite, le droit, on est en train de regarder ce que le droit permet ou pas pour des salles qui ne sont pas des salles municipales.
Non, mais vous comprenez bien comme ça. Non, mais vous lui
rendez service. Je veux dire, vous rentrez dans sa logique d'escalade. Et d'exclusion.
Voilà. Et de victimisation. Parce qu'il ne joue que sur la victimisation. Très dérangé. Michel Fugat.
Je sais que je ne
peux
pas défendre les idées qu'il défend. C'est impossible. C'est inimaginable. Mais qu'on interdise un saltimbanque de faire le saltimbanque, ça, ça me dérange très très très fort.
Mais je pense qu'on a une responsabilité. En tous les cas, si une salle municipale se prêtait à un spectacle de cette nature avec la violence, la violence de ce qui est... Il pourra continuer
à se
présenter dans les théâtres privés.
Le négationnisme, d'ailleurs, est puni par la loi.
C'est un délice.
Parce que si ce qu'a fait Dieudonné tombe sous le coup de la loi, qu'il soit jugé et condamné, mais pourquoi il y a une deuxième série de
sanctions ?
Parce que,
d'une
certaine façon...
Artistique.
D'abord, il
n
'y a rien d'artistique là-dedans. C'est un message...
Non, mais mettons à part l'exhibition. C'est un message politique de Dieudonné. On soit bien clair,
Dieudonné pourra continuer à faire ses spectacles dans tous les théâtres privés. Une mairie a aussi le droit de dire que dans les salles municipales, on ne veut plus de ce genre de choses.
Je croyais que vous
examiniez aussi la
possibilité qu'il
soit interdit complètement. Ah, Philippe Besson, vous pouvez peut-être intervenir.
Oui, moi, j'ai une position qui est assez proche de celle d'Éric Nolot. C'est-à
-dire
que
j
'ai tendance à penser qu'il faut que la loi s'applique.
C
'est-à
-dire
que là, on est dans l'abjection absolue. Donc, on est dans quelque chose qui est effectivement de l'ordre du négationnisme. Donc, on applique la loi. Après, je suis toujours un tout petit peu inquiet par les formes de censure préventive. Voilà, je me dis que c'est toujours un peu inquiétant parce que dès qu'on se met à censurer un tout petit peu, d'abord, je pense qu'on crée une victime. Et voilà, donc, c'est un peu compliqué comme débat. Et comme en plus, il a un théâtre à lui. Le théâtre de la Mador. Oui,
il
peut-il.
Anne Hidalgo, c'est la femme maintenant que je m'adresse. Celle qui a, entre autres, commenté cette semaine la mini-polémique liée au fait que Mme Rachida Dati, ministre de la Justice, ait repris le travail, selon certains.
C'est ce
que j'ai dit. Un peu trop tôt. Vous avez dit « Le congé maternité est un acquis. Le cas Rachida Dati ne doit pas devenir un exemple.
» Oui, je pense qu'on a une responsabilité quand même quand on est un personnage public. Ça ne me choque pas qu'elle reprenne son boulot. D'abord, c'est sans doute beaucoup plus facile pour Rachida Dati. Elle a un chauffeur, elle a du personnel à demeure, elle a un salaire de ministre. Donc je pense qu'il ne faut pas présenter un cas comme celui-ci comme celui d'une superwoman. Moi, ça m'a toujours... Je suis une féministe, vraiment. C
'est pour ça que je vous pose la question.
Et moi, ça m'a toujours agacée ce discours de certaines femmes politiques consistant à dire « Écoutez, ce n'est qu'une question d'organisation, on y arrive si on est bien organisée. » Non, c'est quand même une question d'argent. Si vous avez les moyens de vous organiser, d'avoir une nounou, d'avoir une femme de ménage, c'est quand même beaucoup plus facile de bosser et de pouvoir avoir une vie
épanouise. Vous-même, vous avez été enceinte lors de votre premier mandat. Vous avez
repris le travail rapidement.
J
'ai repris le travail assez
rapidement. Voilà, c'est ça, j'allais dire.
Parce qu'on n'a pas de congé maternité quand on est élu. Et voilà, c'est comme ça. J'ai repris le boulot assez rapidement. Je n'en ai pas fait un élément de gloire personnelle. J'ai beaucoup insisté sur le fait que ma situation n'avait rien à voir avec celle de femmes salariées qui sont dans des situations de dépendance ou de subordination qui n'est pas la mienne et que je ne fais pas le même type de job. D'abord, moi, ce n
'est
pas un job, c'est un mandat, c'est autre chose. Donc,
j
'ai bien insisté pour dire que surtout, on ne prenne pas en exemple des femmes qui ont une vie quand même différente avec toutes les aides nécessaires. C'est tout.
C
'est
amusant.
Je note que vous parlez, effectivement, je suis plutôt d'accord avec vous. Ah ben enfin ! Oui, je suis d'accord avec
elle, bien sûr. C'est
féministe, Éric Zemmour.
Oui, ça ne se sait pas.
Mais personne ne le sait. Ça ne se sait pas. Moi, je sais. Merci,
heureusement que vous êtes là. Et de gauche. C'est profondément de gauche.
Et par contre, je vous
écoute. Et effectivement, vous parlez d'art. Vous avez tout à fait raison. C'est plus facile quand on a des facilités financières et on est tout à fait d'accord. Mais je note, et ça, ça me frappe parce que vous n'êtes pas la seule, personne ne... On nous bassine depuis des années avec les enfants, les droits de l'enfant, le ceci de l'enfant, etc. Et là, sur Rachida Dati, personne ne parle de cette pauvre moume qui arrive sur Terre et qui ne voit pas sa mère au bout de trois jours. Et tout le monde s'en fout. C'est ça qui me sidère.
Mais non,
mais ce n
'est
pas vrai. Nicolas Canteloup a trouvé la raison et la solution à ça. Nicolas Canteloup a dit en fait, c'est la gamine qui a démissionné. Elle ne pouvait plus supporter la ministre de la Justice. Donc elle a démissionné.
Voilà.
Tout simplement. Mais c'est vrai que
le problème est
là. Et en plus, il y a un bébé qui n'a pas sa
mère.
C'est sa
vie.
C
'est trop facile de dire ça.
C
'est sa vie.
C'est
sa vie.
Moi,
il y a plein d'autres enfants qui souffrent et qui seront sans doute
dans des situations beaucoup plus
difficiles
que la petite Zora. À qui on souhaite une longue vie et
une belle
vie. Et un beau
capital affectif puisque le capital affectif il est bouclé à trois ans. Merci.
Et puis tout ça a quand
même
évité de parler d'autres choses.
Il faut peut-être lui souhaiter un père.
Parce que je
trouve ça... Non, non, mais non, pas qu'elle n'en ait pas. Je trouve ça très révélateur de l'époque. C'est-à-dire, il y a, c'est une femme qui a un enfant et le père,
on
ne le connaît pas. C'est le père anonyme. Espèce de fantasme comme ça, féministe. Le père anonyme. Vous savez, à la fin de L'homme pressé de Paul Morand, je me souviens d'un livre que j'ai beaucoup aimé et c'était prophétique. Il y avait
la
mère,
les
trois filles avec chacune leurs enfants et elles s'étaient toutes débarrassées des pères. Espèce de fantasme comme ça et vous voyez, Rachida
Dati, c'est une... Parfois, ce
sont les pères qui abandonnent les mères.
Oui, oui, bien
sûr. Mais ça, c'est dans le monde d'avant.
Je
ne
sais
pas. Parce que une femme qui n'est plus là aujourd'hui disait, je ne partage pas ce point de vue, mais elle disait pour le père, il suffit de la représentation
de l'image symbolique du père.
OK. Est-ce que vous serez le 20 janvier à la conférence de presse de Martine Aubry, grande conférence de presse de rentrée du Parti Socialiste mardi 20
janvier prochain. Alors, ça sera
le 21 normalement.
Ah, elle a décalé ?
Oui, parce que... À
cause de Barack Obama ? Voilà,
à cause de Barack Obama.
Peut-être que je vais décaler
ma première aussi. Et vous nous dites ça maintenant,
alors. Et
je vous le dis,
et
bien voilà.
Elle sera
revenue de Washington ? Et bien voilà, elle
aura un anniversaire. Il faut lui dire que le 21
janvier, c'est l'anniversaire de la mort de Louis XVI, elle ne peut pas faire ça.
Il
y en a
qui mangent
la
tête d'eau, vous ce jour
-là.
Vous avez
travaillé
avec Martine Aubry ? Merci.
Je la connais
bien, c'est une amie, j'ai travaillé avec elle. Voilà, donc...
C'est vrai qu'elle
s
'est
mis un stylo dans l'œil, comme nous l
'a
dit Alain Duhamel tout à
l'heure
?
Oui,
oui,
elle s'est blessée. Voilà, ça arrive. C'est
un accident. Et elle a un abandon, Dieu donné, il va faire un sketch avec elle. Je ne l'ai pas vue, là.
Je ne l'ai pas vue. Je ne
l'ai
pas vue, mais voilà, Martine Aubry est une femme courageuse qui a pris les choses en main. Elle résiste même au stylo. Elle résiste au stylo, elle résiste à beaucoup de choses.
C'est quand même difficile, en ce moment, on sent qu'au parti socialiste, il y a des clans qui se forment. Des
clans ? Des GPS ?
Alors
qu
'on nous avait promis la grande unité après le congrès de Reims, la grande unité,
elle
n'existe absolument pas.
D'abord, le congrès de Reims a été difficile.
Ça, on l'avait remarqué.
On a vu que le résultat s'est fait vraiment dans la douleur. En même temps, Martine Aubry est une femme de conviction, une femme exigeante, tonique. J'espère qu'elle
va
y arriver.
On lui souhaite et on vous le souhaite aussi. Merci, Mme Anne Hidalgo.
Anne Hidalgo